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Full text of "La Kabylie et les coutumes kabyles: Tome 1-3"

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1909 - 1975 



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PEABODY MUSEUM 
HARVARD UNIVERSITY 




XfpogTdphie Firmin-Didot et C*. — UetnU (Eviti,. 



El KABYLU 



LES COUTUMES KAB 



A. HANOTEAU A. LETOUH 



ll(M»B m L> HKIiti ROT. 



SECONDE EDITION 

>BTUI ET AUCaUlTÉR 
T DÉCilTg FOBllAfIT LA LËGISI^TIOfl ACTUELL 



TOME PREMIER 



PARIS 

Augustin CHALLAMEL, Éditei 

LIBRAIRIE ALatnilMtrB BT COLONIALE 

{>, BUS JACOB, BT RUE FURSTEHBEBO, 2 
189S 



umk nii 0) 



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PRÉFACE. 



Lorsque je fus chargé, il y a huit ans, du cours de 
Droit musulman et de Coutumes indigènes , à l'École de 
Droit d'Alger, l'idée me vint naturellement de faire à 
mes élèves quelques leçons sur les Kanoun kabyles. Mon 
titre même m'y obligeait. En admettant que la doctrine 
juridique codifiée par les quatre imams orthodoxes méri- 
tât le nom de droit écrit, et que celle, plus moderne et 
moins scientifique encore, des dissidents du M'zab pût, 
en tenant compte du M/, être rattachée à la première, les 
Kanoun des Berbères de la Grande Kabylie, de la Petite 
Kabylie, de l'Aurès, du Chenoua, de la confédération des 
Beni-Snous , constituaient évidemment les Coutumes in- 
digènes que j'avais reçu la mission d'enseigner. 

De l'Aurès on savait peu de chose, en 1881. Le con- 
naît-on mieux aujourd'hui? Je veux bien le croire, mais 
sans conviction extraordinaire. Ce qui est certain, c'est 
que, pauvres, disséminés sur un sol peu productif, les 



PRÉFACE. 

vent d'une vie publique très rudimentaire; 
inouns, se ressentant de cette indigence, ré- 
le surprises à ceux qui auront, dans l'avenir, 
le les étudier en jurisconsultes. 
. insignifiantes agglomérations du Chenoua, 
>talement arabisées des Beni-Snous, elles ne 
lucune étude juridique, 
de mes investigations était donc nettement 
n effort devait se porter sur la Kabylie pro- 
, celle dont on voit les cimes neigeuses se 
s le ciel bleu, au-dessus des flots bleus du 
[*, celle où le Berbère est demeuré surtout 
origines encore mystérieuses, où il offre 
intéressant du jeu de ses institutions sécu- 

urs, bonne fortune notable, la voie où j'allais 
vait été tracée déjà; j'avais à ma disposition 
[*, l'excellent ouvrage de MM. Lelourneux et 
a Kabylie et les Coutumes kabyles. 
savants auteurs, l'un m'était connu de répu- 
de l'école polytechnique, qui donne des sa- 
héros à la France, il avait passé la plus 
ie de son utile existence en Algérie ; il avait 
dant supérieur à. Fort^National même. Son 
leur et trovveur s'était appliqué à l'étude de 
3 ses administrés; il possédait à fond leurs 
•tait berbérisé à leur contact. L'autre avait été 
11 début de ma carrière. J'avais appris, non 
l'aimer, mais à admirer de près sa rare com- 
iique, la sûreté de son jugement, l'élégance 



PRÉFACE. 

et la précision de son style. Ne disait-on pas jadis de lui, 
à Bône, qu'il avait une spécialité universelle? 

Un livre issu d'une pareille collaboration devait être 
remarquable à tous égards. Aussi bien j'en avais apprécié, 
de vieille date, la solidité, pour l'avoir consulté comme 
magistrat. II ne me manquait, pour le juger définitive- 
ment, que de l'avoir lu d'une seule haleine. 

J'entrepris aussitôt cette lecture. J'en fus émerveillé 
et... découragé. Il ne me restait rien à faire. Certes mes 
prétentions étaient modestes. Je n'avais jamais songé à 
découvrir l'Amérique après Christophe Colomb. Mais 
encore, malgré ma modestie, ne pouvais-je me réduire 
à paraphraser ce qui était la clarté même. Je fermai 
le livre, bien décidé à abandonner mon projet. On ne 
refait pas ce qui est parfait. 

Mon ancien chef, devenu mon ami, m'a fait le grand 
honneur de me demander quelques mots de préface, des- 
tinés à être imprimés en tête de la seconde édition de La 
Kabylie. J'avais, pour répondre à son désir, écrit une 
vingtaine de pages, où je m'ingéniais à peindre le Berbère 
en pied , avec ses vices et ses vertus , son mahométisme 
nettoyé^ son humeur processive, sa verbosité, son âpreté 
au gain et à l'épargne, son dédain pour la femme et pour 
la famille, sa force de résistance contre la fatigue, sa so- 
briété, son farouche amour de l'indépendance; — où je 
décrivais la genèse du Kanoun, né de quo plerumque 
fit, conservé dans la mémoire des hommes par le procédé 
des rhapsodes homériques. J'ai tout jeté au feu. Le livre 
dit bien mieux que moi ce que je voulais dire. J'y renvoie 
le lecteur. 







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l'avait qu'un défaut : elle était devenue in- 
)rairie. Cette seconde édition m'ôte même 
rcher querelle, sur ce point, à MM. Ha- 
irneux. Ils sont à l'abri de toute critique. 

E. Zeys, 

FREVian PBiaiDKTT DI la cour d'appel D'AmER. 

[.'ÉcoLi DR Dnorr d'aijieh. 



it la notice qui précède, j'étais loin de m'atlen- 
imprimée qu'après le décès de H. Letourneux. 
âlait de celles qui défient les années et la mala- 
elire ces quelques pages avec tristesse, me de- 
modifior mes appréciations premières. Elles 
eurent l'expression d'un sentiment profond : ce 
ii vivant, je puis le maintenir aujourd'hui qu'il 
rite est une , elle garde son autorité après la 
; l'illustre et regretté savant auront au moins 
ioa œuvre de prédilection , replacée dans toutes 
[us exposée à périr. 



PREFACE 

DE LA PREMIÈRE ÉDITION. 



Au moment où la Kabylie commence b se transromi 
nueDC« de notre domination , nous avons pensé qu'il i 
sans intérêt de faire connaître les institutions sociales d'u: 
jusqu'à l'heure de notre conquête, a conservé son indépei 
antiques coutumes. Convaincus que l'étude des lieun ei 
naire nécessaire de l'étude de l'homme, nous avons con 
miére partie de ce livre & la description du pays , de ses 
et des conditions physiques de la vie kabyle. * 

Exempts de parti pris et de préjugés de race, nous a) 
unique préoccupation la recherche exacte de la vérité. Pe 
années, nous n'avons négligé aucun moyen d'investigatioi 
kanoun, lecture des délibérations des djemàa et des actes 
examen journalier des habitudes sociales et privées , rer 
pris directement auprès des hommes qui , par leur posii 
été mêlés activement aux afTaires avant l'occupation IVan 

Nous avons surtout trouvé un précieux auxiliaire en S 
Ameur, dont l'instruction, aussi développée que peut l'é 
marabout kabyle, s'étend au droit musulman aussi hier 
contumier, et dont la parole, par suite de sa valeur persi 
l'influence héréditaire de sa famille, était écoutée dans le 
sa tribu. 

En présence d'un droit dont les seules dispositions éci 
séminées au hasard dans les kaaoun, nous étions libres d 



PR^ACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. 

:e3 diverses parties. Nous avons adopté, autant que 
des codes français. Cette méthode nous a présenté 
ir dans nos recherches de longs tâtonnements et d'of- 
i classement qui lui est familier, 
ge d'aussi longue haleine et qui traite de matières si 
ons dû faire appel au concours de savants spécialistes : 
irHattute, M. le docteur Gosson , H. Bourgnignat et 
fas, auteur de la carte, veuillent bien recevoir nos 

A. Hanoteau, a. Letourneux. 

iléon , teplerabre 1868. 



t rédaction de cette Préface, de graves événements se 
m présence de nos désastres et de nos divisions, la 
ère s'est soulevée h la voix des Khouan. 
t cru néanmoins devoir maintenir scrupuleusement 
ns primitives, et n'ont voulu ni effacer un mot ni 



INTRODUCTION. 



Lorsqu'au mois de septembre 1868, nous termini 
le manuscrit de la Kabylie et les Coutumes kaby 
notre but était de faire connaître une antique civil 
tion, maintenue à travers les âges par l'énergie indoi 
table d'une race, qui avait jusqu'à nous échappé à te 
domination et dont les traditions avaient su résii 
même à l'influence de sa conversion à l'Islamisme. N 
avions en outre l'espoir que notre œuvre, fruit de 1 
gués observations et de consciencieuses recherches, p 
vait avoir une utile influence au point de vue des prog 
à réaliser dans l'organisation administrative. Elle n 
paraissait surtout destinée à favoriser l'introduction 
notre magistrature dans un pays dont le droit était j 
que-là presqu'ignoré , en lui ofl'rant un guide poui 
diriger dans le dédale de coutumes quelquefois com 
dictoires. 

La réoi^anisation de la justice était la préoccupai 
constante du maréchal Randon , alors ministre de 



VIII INTRODUCTION. 

guerre. 11 préparait rinstallation en plein centre de la 
Kabylie d'un tribunal d'appel emprunté à la Cour d'ap- 
pel et , comme corollaire , la rédaction par une commis- 
sion mixte d'un code civil kabyle qui aurait pu, en 
plusieurs matières, notamment en ce qui touche la tutelle 
et les conventions, s'approprier le texte à peine modifié 
de nos lois. 

La guerre de 1870 et la révolte de 1871 firent brus- 
quement évanouir ces projets. 

L'autonomie du village kabyle sombrait définitivement 
à la suite de ces événements et notre organisation judi- 
ciaire s'implantait bientôt en Kabylie sans avoir de docu- 
ment officiel pour lui servir de règle dans l'application 
d'un droit spécial, que nos magistrats durent respecter, 
car il était pour les Kabyles la seule mesure de leurs 
actes et le seul critérium de leurs conventions. 

Depuis 1874 , nos tribunaux fonctionnent régulièrement 
en Kabylie et nous pouvons constater que notre œuvre a 
souvent servi de base à leurs décisions. 

Les Présidents des Tribunaux de Tizi-Ouzou et de Bou- 
gie et les juges de paix des deux ressorts ont été chargés 
de réunir les kanouns de tous les villages, mais l'étude 
de ces nombreux documents n'a fait découvrir dans notre 
œuvre ni lacune importante ni erreur regrettable. Aujour- 
d'hui, comme en 1868, si l'on revenait (ce qui ne paraît 
pas probable) à l'idée d'une codification des coutumes 
kabyles à laquelle les kanouns , en raison de leur nature 
et de leur but ne peuvent fournir que des éléments insuf- 
fisants, notre livre offrirait encore aux futurs rédacteurs, 
les documents les plus complets. 



INTRODUCTION. ix 

La suppression des assesseurs, prononcée par le décret 
du mois d'avril dernier, ne peut qu'en augmenter l'uti- 
lité et en multiplier l'usage. 

D'un autre côté, la faveur avec laquelle le monde scien- 
tifique avait, dès son apparition, accueilli une œuvre qui 
pour beaucoup était comme la révélation d'un monde 
nouveau et curieux, n'avait pas tardé à épuiser les 
exemplaires livrés à la librairie. 

Nous avons dû en conséquence préparer une seconde 
édition comportant comme la précédente trois volu- 
mes. 

Le premier, qui contient la partie plus spécialement 
scientifique et statistique a exigé, par suite des nombreu- 
ses explorations et des recherches multipliées dont la 
Kabylie du Jurjura a été l'objet, des changements nota- 
bles et même pour certaines matières un remaniement 
complet (I). 

Dans les deux autres volumes, qui traitent de l'organi- 
sation administrative ancienne et du droit coutumier, 
nous avons respecté scrupuleusement le texte de la pre- 
mière édition; mais nous avons pensé qu'il convenait 

(i; La mort de M. Letoumeux survenue en 1890, n'aurait pas permis de 
réaliser cette revision sans le concours d*amis savants et dévoués, qui ont bien 
voulu accepter la mission de mettre en ordre et de compléter les notes laissées 
par celui dont ils avaient été souvent les distingués collaborateurs. MM. Tra- 
BOT et Battandibb, professeurs à TÉcole supérieure des sciences d*Alger, au- 
teurs d'une Flore Algérienne, pour la botanique-, M. Fischer, professeur à la 
même école, pour la géologie; M. Bourguignat, pour la malacologie, se 
sont acquis des droits à la profonde reconnaissance de tous ceux qui à un titre 
quelconque s'intéressent à la reproduction impatiemment attendue d'une 
œuvre dont répuisement de la première édition a consacré le légitime succès. 



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X INDRODUCTION. 

d'indiquer à titre d'appendice, les principaux textes des 
lois, décrets et arrêtés qui ont modifié depuis 1870 l'état 
ancien de la Kabylie et établi l'organisation administra- 
tive et judiciaire actuelle. Il nous a paru qu'il n'était pas 
sans intérêt pour le savant et le philosophe de suivre pour 
ainsi dire pas à pas les transformations opérées et nous 
avons tenu à fournir à leurs méditations des éléments de 
comparaison . 

G**^ Hanoteau, a. Letourneux. 



LA KABYLIE 



ET 



LES COUTUMES KABYLES- 



PREMIERE PARTIE. 



LA KABYLIE. 



DESCRIPTION PHYSIQUE. 



OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES. 

On donne , en Algérie , le nom de Kabyles aux populations de 
race berbère qui habitent les montagnes du littoral de la Médi- 
terranée. Les Beni-Henasser, au sud de Cherchell, les Houzala^ 
Beni-Miscera , Beni-Azzoun , dont les territoires bordent la Hitidja, 
sont des Kabyles, aussi bien que les montagnards du Jurjura 
ou des environs de CoUo. 

Malgré la communauté d'origine de ces populations, leur état 
politique et social est loin d'être identique. Toutes ont subi pro- 
fondément, mais à des degrés différents, Tinfluence arabe, ou 
plutôt l'influence de l'islamisme , représenté plus particulièrement 
par la race arabe , qui Ta importé et propagé à la suite de la 
conquête. 

Les unes, soumises depuis longtemps aux gouvernements mu- 
I. 1 



2 LA KABYLIE. 

sulmans qui se sont succédé , ont perdu jusqu'au souvenir de leur 
origine; elles se disent et se croient de bonne foi Arabes, ne 
parlent que Tarabe, obéissent docilement à des chefs nommés 
par l'autorité politique du pays et se soumettent sans arrière- 
pensée aux prescriptions de la loi musulmane. 

D'autres» tout en acceptant le code musulman et Tautorité de 
chefs nommés sans leur concours, ont conservé en partie les 
habitudes démocratiques particulières à leur race. Ces habitudes 
tempèrent, dans la pratique, ce que le pouvoir absolu peut avoir 
de trop arbitraire ; mais leur action s'exerce sans règles fixes , et 
leur efficacité dépend toujours de la force dont le gouvernement 
du pays dispose pour imposer ses volontés. 

D'autres enfin ont pu, grâce à un heureux concours de cir- 
constances, conserver jusqu'à nos jours leur indépendance, soit 
complète , soit au moins sans restrictions essentielles. Celles-là se 
gouvernent elles-mêmes au moyen d'institutions très démocra- 
tiques, et règlent toutes les transactions de la vie civile d'après 
d'anciennes coutumes qui se transmettent par la tradition. La loi 
musulmane, très vénérée cependant , n'est pas admise par elles 
comme un code obligatoire : cette loi est une des sources prin- 
cipales de leur droit commun,^ mais ne constitue pas ce droit 
lui-même , et lorsque ses dispositions sont contraires à une cou- 
tume approuvée de tous, elle est nettement laissée à l'écart. 

La vie sociale des Kabyles des deux premières c-atégories est 
pour nous assez facile à étudier. Dans Tordre poUtique, nous 
trouvons un pouvoir absolu , sans autres limites que la force et la 
justice du gouvernement, et quelquefois des habitudes populaires 
non définies et sans existence légale; dans l'ordre juridique, la 
loi musulmane. Or cette loi est écrite et parfaitement formulée : 
il nous suffit donc pour la connaître de consulter les auteurs 
musulmans. 

La tâche est tout autre lorsqu'il s'agit des Kabyles restés indé- 
pendants. Là, tout est pour nous obscurité et mystère. Institutions 
politiques et sociales, coutumes judiciaires, tout fonctionne, 
tout se meut en vertu d'une impulsion première et d'après des 
règles traditionnelles qu'aucun écrit ne peut nous révéler. 



DESCRIPTIF PHYSIQUE. 3 

Un puissant intérêt nous sollicite cependant à l'étude de ces 
institutioDS. On les retrouve, avec leurs caractères généraux, 
chez tous les peuples d^origine berbère qui , dans les contrées les 
plus diverses du nord de l'Afrique , ont échappé à la domination 
étrangère. 

En raisonnant sur des analogies qui n'ont rien de forcé, on 
peut conclure que ces institutions sont bien l'expression des ten- 
dances et des besoins de la race berbère. Leur connaissance peut 
donc être pour nous un excellent guide dans le choix des moyens 
propres à diriger vers la civilisation les populations de cette race , 
à laquelle appartient la majeure partie des habitants de l'Algérie. 

Pénétrés de cette idée, nous avons entrepris de faire connaître 
les coutumes kabyles, et, dans la prévision du but à atteindre, 
nos recherches ont porté naturellement sur celles qui ont le 
mieux résisté aux influences étrangères. 

Notre choix, à cet égard , ne pouvait être douteux. De tous les 
Kabyles, les habitants des montagnes qui versent leurs eaux dans 
la rivière du Sébaou sont ceux qui , ayant conservé le plus long- 
temps leur autonomie , ont aussi maintenu plus intacts leurs an- 
ciens usages. 

Pour fixer les idées, nous appellerons leur pays la Kabylie du 
Jurjura, du nom de la plus importante des chaînes de monta- 
gnes qui le sillonnent. Nous préférons cette dénomination à celle 
de Grande Kabylie , qui lui a été donnée quelquefois , parce que 
cette dernière implique sur les autres pays kabyles, comme éten- 
due de territoire ou comme nombre d'habitants, une idée de 
supériorité qui n'est peut-être pas suffisamment justifiée. 

Les limites les plus naturelles de la Kabylie du Jurjura sont : 
au nord, la Méditerranée; à l'ouest, le cours de Tisser, depuis 
son embouchure jusqu'aux ruines du pont de Ben-Hini ; au sud , 
le Jurjura et le prolongement occidental de cette chaîne jusqu'à 
risser; à l'est, le prolongement oriental du Jurjura, suivant la 
ligne de crêtes qui passe par les cols appelés Tizi *-n-Tirourda , 

1 Le mot : tisi, en kabyle, signifie an col, une dépression de terrain entre deux 
montagnes. 



4 LA KABYLIE. 

Tizi-Ichelladhen , Tizi-n-Cherià (col de la loi), Tizi-n-Tizberbar 
(col des vignes sauvages) , Tizi-Akfadou ^ , et va tomber à la mer 
à quelques lieues dans Test du cap Corbelin. Ces limites sont à 
peu près celles de Tancienne subdivision de Dellys. 

Nous avons été amenés quelquefois, dans le cours de nos 
études, à nous occuper des tribus du versant sud du Jurjura, 
dont les coutumes diffèrent très peu de celles de leurs voisins du 
versant nord; mais, en général, ce que nous dirons ne doit être 
appliqué qu'aux populations comprises dans le périmètre que 
nous venons de tracer. 
Ce sont ces populations qui ont été Tobjet de nos études. Hais 
. avant d^aborder leurs institutions, nous devons faire connaître 
les conditions physiques dans lesquelles elles vivent et se meu- 
vent. L'homme n'est pas indépendant de la terre qu'il foule, du 
sol aride ou fécond auquel il demande sa nourriture. Le monta- 
gnard et l'homme de la plaine n'ont jamais ni le même caractère 
ni les mêmes aptitudes. Le vent qui passe sur les cimes neigeuses 
apporte avec lui comme un souffle de liberté et d'indépendance ; 
l'atmosphère qui entoure l'homme, l'air froid ou chaud qu'il 
respire , l'eau même qu'il boit , modifient sa nature et changent 
ses destinées: la géographie explique l'histoire; le climat et le 
terrain ont sur la vie morale d'un peuple et sur ses destinées des 
influences que ne doivent négliger ni l'annaliste , ni le philosophe. 
Aussi croyons-nous devoir, avant d'entrer au cœur de notre sujet, 

^ On a donné deux étymologies du mot Akfadou, D'après l'une , il serait composé 
de deux mots, l'un arabe, A*a^ (rocher) , et l'autre kabyle, adhou (vent), et signiGe- 
rait le rocher du vent. L'autre conserve le mot kafei remplace le kabyle adhou par 
l'arabe adou (ennemi) , ce qui donnerait à Akfadou le sens de rocher de Vennemi. 
Ces deux étymologies sont aussi inadmissibles l'une que Tautre; la première, parce 
que dans Akfadou le son du d est celui de notre lettre française ou du ^ arabe, tan- 
dis que le kabyle a4hou s'écrit par un j^; la seconde, parce que l'arabe adou s'écrit 
par un o et que le second a à' Akfadou n'a que la valeur de notre voyelle a, que les 
indigènes kabyles ou arabes ne peuvent confondre avec le son de l'o. Si, du reste, les 

Kabyles eussent voulu dire le rocher du vent, en admettant qu'ils aient remplacé leur 
mot airou par l'arabe kaf, ils n'auraient pas manqué de dire K<^f Bouadhou ou 
Kaf Ouadhou. En arabe on e^t dit Kaf el-Adou (rocher de l'ennemi). Dans l'un et 
l'autre cas , l'altération de mots nécessaire pour produire Akfadou n'a aucune raison 
d'être. 11 est donc plus sage de dire que le mot Ahffadou est un nom de localité 
dont 00 ignore la signification. 



DESCRIPTION PHYSIQUE. 5 

développer avec détail tout ce qui se rapporte à la constitution 
physique du pays, à Tétat de la population et aux habitudes de 
la vie kabyle. 

OROGRAPHIE. 

Cette vaste région , montagneuse par excellence , est dominée 
parles crêtes du Djurjura, qui occupent la partie centrale et 
culminante d*une chaîne continue , dont les extrémités viennent 
former à TOuest , le promontoire du nord de Hénerville , et à FEst, 
le Gouraya de Bougie. Cette longue arête , entourant complète- 
ment la Kabylie, représente un arc à grand rayon, à courbure 
irrégulière, dont la concavité regarde la mer. Les crêtes rocheu- 
ses, aux mille dentelures, aux flancs escarpés, du Djurjura, s'a- 
baissent brusquement au Nord sur un vaste réseau de contreforts, 
aux lignes ondulées, que séparent de profonds ravins, et qui 
forment par excellence le massif kabyle. Une grande dépression , 
interrompue seulement dans la zone d'attache à la grande chaîne, 
se présente comme un fossé isolant entièrement ce massif, et le 
séparant de tous les groupes montagneux voisins. Le prolonge- 
ment du Djurjura au Nord-Est s'étale en une série de rameaux 
réunis par la chaîne de l'Akfadou , région superbement boisée , 
qui se poursuit en quelques contreforts jusqu'au rivage. Parallè- 
lement au littoral , de Dellys à Bougie , s'étend un bourrelet mon- 
tagneux auquel convient la désignation de chaîne littorale. A 
rOuest du Djurjura, qui tombe de ce côté presque d'un seul gra- 
din, l'arête principale se prolonge par une chaîne continue qui, 
par le Bou-Zegza vient se souder à l'Atlas Hétidjien d'un côté , et 
de l'autre s'abaisse graduellement dans la zone de collines et de 
montagnes peu élevées à laquelle on peut donner le nom de Beisse- 
Kabylie. 

Ces grandes lignes, nettement tracées, permettent de partager 
la Kabylie en quatre zones ou régions , ayant chacune leur carac- 
tère propre , que l'on peut définir de la manière suivante : 

V La région centrale, comprenant le Djurjura et tout le mas- 
sif kabyle , limité au Nord et à l'Est par la vallée du Sébaou , à 



J 



6 LA KAfiYLIE. 

rOuest et au Sud par la dépression de Drà-el-Mizàn. C'est le véri- 
table noyau de la Kabylie. 

2^ La région orientale^ massif forestier de TAMadou avec ses 
dépendances, établissant pour ainsi dire une barrière entre la Ka- 
bylie du Djurjura et celle des Babors. 

3^ La région littorale, qui n*est que le prolongement latéral de 
la précédente, mais avec un aspect assez différent; les forêts y 
sont localisées , et Taltitude diminue progressivement pour s'abais- 
ser aux collines du pays des Issers. 

V* La région occidentale, constituée par une chaîne principale, 
dont les contreforts descendent graduellement vers les collines 
basses du littoral. 

L'importance montagneuse de chacune de ces régions, va en 
décroissant dans cet ordre , tandis que les versants Sud et Sud-Est 
des crêtes les plus élevées , du Djurjura et de la chaîne de l'Akfa- 
dou, tombent rapidement à la vallée de Foued Sahel, qui forme 
un véritable fossé au pied de la Kabylie du Djurjura. 

§ I. — Région centrale. 

Le Djurjura, — La chaîne du Djurjuras'étend sur une longueur 
d'environ 60 kilomètres, de Tizi-Djaboub (le col du Roseau) 
(1185°^) à rOuest jusqu'à Tizi-n' Chria (le col de la loi) (1231») à 
l'Est. Elle se compose en réalité de deux chaînes, étroitement unies, 
formant un crête continue , dont les dépressions se maintiennent 
au-dessus de 1600 mètres , sauf dans la partie orientale (Chellata) ^ 

La chaîne principale , qui présente le caractère le plus gran- 
diose , le plus pittoresque avec ses crêtes dentelées , ses rochers 
saillants, ses murailles gigantesques aux flancs abrupts, est limitée 
à l'Est par le ravin et le col de Tirourda, seul point de la chaîne 
où l'on ait tenté le passage par une route carrossable , praticable 

I Les Kabyles conaaissent le nom de Djurjura ou Jurjura, qu'ils prononcent Djerd- 
Jera ou Dcherchera ; mais il est très peu usité parmi eux. Ils emploient pins volontiers 
le root Adrar (la montagne, ou la montagne par excellence) et Adrar Boudfel (la 
montagne de la Neige). Plus souvent ils ajoutent au mot adrar le nom de la tribu à 
laquelle appartient la partie de la chaîne qu'ils veulent désigner, ou se serrent des 
noms particuliers à chaque localité. (Note de la l'« Edition.) 



DESCRIPTION PHYSIQUE. 7 

seulement pendant quelques mois de Fêté. Ses crêtes hardies 
s'abaissent brusquement au Nord sur les contreforts du massif 
kabyle , ou s'échelonnent par des gradins escarpés sur la grande 
dépression de Boghni dans la partie Ouest. An Sud, une série de 
courts chaînons, parfois en saillie comme dans la partie centrale, 
descendent rapidement à la vallée de Toued Sahel, à des altitudes 
de ââO à 400 mètres. Ce versant, moins escarpé, si ce n'est au 
voisinage des crêtes, présente aussi des sentiers dnn passage 
plus facile. 

Le Djurjura est accessible dans toutes ses parties. Il n'est guère 
de piton, si escarpé qu'il paraisse, où les bergers kabyles ne con- 
duisent leurs chèvres en été. Couvert de neige depuis le com- 
mencement de novembre jusqu'à la fin de mai , il est à peu près 
infranchissable en hiver. Les neiges y persistent quelquefois, après 
les hivers rigoureux, jusqu'à la fin de juin , mais elles disparais- 
sent complètement , même dans les parties les plus abritées du 
versant Nord, dès le commencement de juillet. Ce n'est que dans 
les crevasses , ou bien dans les excavations profondes où elle s'est 
accumulée, que la neige durcie se conserve pendant la majeure 
partie de Tété ; c'est là que les pourvoyeurs kabyles vont la cher- 
cher pour en approvisionner les centres de Tizi-Ouzou , de Fort- 
National, de Boulra. La tribu des Alt-Kouffi, des Guechtoula, 
avait le privilège, moyennant certaines immunités, d'en fournir 
à la consommation des deys d'Alger. 

L'extrémité occidentale s'élève brusquement, par un seul gra- 
din de 1250 à 2000 mètres, et forme une crête saillante, dente- 
lée, dont la partie centrale est occupée par le Tamgout Haîzer 
(2123*) ; mais le point culminant de cette première arête, à peu de 
distance au Nord-Est, atteint 2164 mètres. Les arêtes rocheuses 
du flanc Nord sont très étroites , et conservent des altitudes éle- 
vées (1882") ; elles surplombent les contreforts du pays des Guech- 
toula, qui s'abaissent par des pentes plus ou moins adoucies sur 
la plaine boisée de Timri et les collines ondulées qui les séparent 
du massif des Maàtka. 

Sur ces chaînons mamelonnés, arides au voisinage des arêtes, 
mais bien arrosés dans les pentes inférieures, s'étendent les di- 



8 LA KABYLIE. 

verses tribus de la confédération des Guechtoula [Igouchdal) qui 
comprennent de TOuest à TEst : les AU-Ismail, les Aït-Kouffi, 
voisins des rochers de la grande chaîne ^ les AU-Mendès, les AU- 
boU'-Bi erdan, occupant une large vallée aux blocs énormes roulés 
dans les alluvions, les Aït-^bou^Addou, dont les derniers villages 
s'appuient aux escarpements rocheux. 

La dépression de Tizi-Ogoulmime (1772"*) forme im passage 
fréquenté entre les Alt-bou-Addou et les Beni>Meddour ; comme 
tous les cols de la grande chaîne , il est praticable pendant la belle 
saison aux bètes de somme qui peuvent passer d'un versant à 
Tautre sans trop de difficultés. 

La crête devient en ce point , fortement découpée en une série 
de masses rocheuses à flancs escarpés, que domine le massif im- 
posant de VAkouker (2305°^) à peine inférieur au géant de la 
chaîne , et d'une masse plus grandiose. C'est le véritable nœud du 
Djurjura, avec ses acolytes majestueux, les rochers à'El Kalaâ, 
(2158") et du Taletat, auquel se rattache l'escarpement pittores- 
que de Y AzeroU'Gougan (1976"). Au Nord, les rochers s'abaissent 
presque d'un seul jet sur la vallée de Timeras ; au Sud , viennent 
s'adosser deux contreforts saillants, le Ras Tigounatin (1873*^) 
prolongé par le Taouialt (1735°*), et la crête de Tiguerguert, qui 
fait face vers TEst au massif de Lella-Khedidja , dont la sépare un 
profond ravin. 

Sur un promontoire rocheux de cette partie de la chaîne, au 
Nord , sont échelonnés les villages de la Confédération des AU- 
Sedka; de leurs deux tribus du rocher, les Chermacha et les 
Aît-Irguerif le village le plus élevé, Taguemount, se trouve à 
Faltitudede 1,174 mètres; la tribu des Aogdal occupe la base 
de la montagne rocheuse et les collines mamelonnées du pied 
du massif kabyle. 

Des cols importants permettent de traverser cette partie de la 
grande chaîne : Tizi-Boulma (col de la prairie) (1686") auquel 
on accède parla porte [Tabbourt) des Aït-lrguen; Tizi-n* Açouel 
(17fcl") au pied du Taletat; Tabbourt-Tamellelt (Porte Blanche) 
(1638°*), Tabbotirt'Bouzgueur (Porte du Bœuf) (1785°*), Tizi-Tir- 
kabin (1398°*) sont des entailles pratiquées dans la muraille ro- 



DESCRIPTION PHYSIQUE. 9 

cheuse , auxquelles conduisent de véritables escaliers de géants. 

La crête s'abaisse graduellement vers TEst; profondément en- 
taillée par la coupure de FAcif el-Hammam , elle se relève à VA- 
zerounTidjer (1751™), sur le flanc duquel a été percée la route de 
Tirourda. 

Cette première chaîne, entièrement rocheuse, de W kilomètres 
d'étendue, se trouve dominée par une deuxième crête, qui forme 
danscette partie orientale Farète saillante du Djurjura. La dépres- 
sion de Tizi-n' Kotiilal (1578°") sert de point d'attache avec le 
massif de Lella-Khedidja (2308°^), dont la pyramide gigantesque, 
aux flancs rocheux , aux pentes assez régulières , domine toute 
cette zone montagneuse. Une première arête, étroite, rocheuse, 
d'une altitude supérieure à 2,000 mètres, forme la première 
partie de cette deuxième chaîne; après le col de Takerrat 
(1758"*), se profilent deux dômes rocheux, aux flancs boisés, 
comme ceux de LellarKhedidja, de cèdres gigantesques. Au delà 
de la croupe gazonnée que traverse le col des Aït-ou-Abane 
(1650*), la chaîne présente encore deux masses rocheuses, dont 
la principale, Azerou-n' Tirourda (1962") domine le col de Ti- 
rourda (1760*"), point culminant de la route carrossable. 

A TEst de Tirourda, la crête principale change totalement d'as- 
pect. EUle est constituée par des ondulations à pentes adoucies, 
gazonnées, conservant une altitude moyenne de 1700 à 1800 
mètres; elle s'abaisse en approchant du col de Chellata (1465°^). 
Les pics rocheux se montrent sur le versant Nord , chez les ///i7- 
ten; V Azerou-n Tohor (1884"), voisin de la crête, est le plus im- 
portant. 

Dans cette partie, sur ces versants non rocheux, ainsi que 
dans les dépressions qui séparent les lignes de crêtes, on rencontre 
des prairies naturelles qui se couvrent d'une herbe fine et courte , 
très recherchée des troupeaux. Les propriétaires de ces prai- 
ries y établissent des cabanes en branches ou en pierres sèches 
(azibs), qui servent d^abri aux bergers pendant l'été. — Les ha- 
bitations permanentes ne dépassent pas l'altitude de 1200 mètres ; 
les villages situés dans la zone rocheuse se trouvent chez les 
lUilten : les villages de Tirourda et de Taklich-n'aït Aksou occu- 



1 



10 LA KABYLIE. 

pent l'altitude d environ 1200 mètres; le village des Aït^u-- 
Aban ne se trouve qu'à 1050 mètres » entre les deux crêtes prin- 
cipales. 

Au col de Chellata, la crête redevient rocheuse et reproduit 
l'image d'un tronçon de la grande chaîne dans le Tizibert [VîhV^), 
et VAzerou des Bem-Ztkki (1707") dont les dentelures sont des 
plus pittoresques; elle vient enfin s'abaisser à la dépression de 
Tizi-n'Chria (1231°*). Ses contreforts au Nord, sont habités par 
les Illoula-ou-Malou , et les AU^Zikki, 

Massif Kabyle. — Aux flancs de la partie centrale du Djurjura, 
à partir du Taletat , viennent se souder au Nord une série de 
contreforts plus ou moins étendus, dont l'ensemble constitue la 
partie principale du massif kabyle. A l'exception de cette zone 
d'union avec le Djurjura sur 18 à 20 kilomètres, tout le massif 
central, d'une étendue de 70 kilomètres del'Est à l'Ouest , avec une 
largeur moyenne de 16 à 20, est complètement entouré par une 
dépression continue. Cette région montagneuse très compacte ne 
présente pasdecrêtesdepremierordre ; c'est une réunion de contre- 
forts séparés par d'étroites vallées, très encaissées et très profondes, 
qui forment autant de fossés à chacune des tribus dont les villa- 
ges nombreux et peuplés couronnent les points culminants. Du 
haut des pics du Djurjura, l'œil embrasse toute cette région, 
permet d'en fouiller les détails, et de suivre sur leurs crêtes tous 
ces villages , dont les maisons blanchies à la chaux donnent une 
note gaie dans ce pittoresque tableau. C'est là le siège de la 
grande agglomération kabyle : c'est du sommet de ces mame- 
lons que ces populations ont su conserver si longtemps leur in- 
dépendance. 

En réunissant les parties supérieures de ces contreforts, abstrac- 
tion faite des ravins , qui ne sont que des entailles dans le mas- 
sif , le pays donne Taspect d'un plateau irrégulier incliné de l'Est 
à l'Ouest, avec un léger bombement dans l'axe longitudinal. La 
partie occidentale se relève en une crête remarquable qui consti- 
tue une véritable chaîne dominant, au Nord, le pays des Issers. 
Cette crête de Timezerit, se maintient à l'altitude de 900 mètres ; 
elle s'abaisse sur le pays des Flissa-Mquira , à 500 mètres; puis 



DESCRIPTION PHYSIQUE. U 

le pays se relève graduellement chez les Maàtka , et atteint dans 
le contrefort oriental, chez les Ithourar, une altitude de 136^ 
mètres. 

Tous les ravins, qui découpent ce massif, convergent vers le 
Nord par des directions plus ou moins obliques , pour porter au 
Sébaou Técoulement des eaux de la chaîne du Djurjura. Les deux 
principaux affluents entament le massif dans toute sa largeur, du 
Sud au Nord ; Toued-il^s^* et Toued Bougdoura coulent dans des 
gorges étroites, et partagent en quelque sorte le massif en trois 
pâtés montagneux. 

Le plus important de beaucoup , à TEst , constitue le massif des 
Zouaoua {Igaottaouen); il comprend le territoire des communes 
mixtes du Djurjura et de Fort-National. Il est formé d'une arête 
principale, dirigée du Sud-Est au Nord-Ouest, qui vient se ratta- 
cher au Djurjura, au pied de FAzerou-Tidjer, et dont l'extrémité 
domine le confluent de Toued Aïssi et du Sébaou. Cet axe mon- 
tagneux , auquel on peut donner le nom de contrefort de Fort- 
National, est flanqué au Nord et au Sud de chaînons dont Fimpor- 
tance va en diminuant à mesure que Ton s'éloigne de la grande 
chaîne. Il forme ligne de partage entre les affluents de l'oued 
Alssi et ceux du Sébaou, et sert d'assiette à la grande route de 
Fort-National au col de Tirourda. 

Les altitudes de ses principaux sommets sont : 

mètree. 

MameloQ d'Oardja 1,395 

Tiferdhout (Ait bou Yoacef) 1,197 

Sook-el-Sebt (an-dessas de Michelel) 1,232 

Agoemonn — Izeni (Ait Iraten) 1,027 

Icberriden (AU irateo) 1,065 

Mamelon d'Aboodid (Aït Iraten) 1,058 

Fort National (Ait Iraten) 974 

Vers le point d'attache au Djurjura se détache le contrefort 
des Alt-Ithourar (ISGï'" au mamelon culminant). Les Alt-bou 
Youcef , et les Alt-Yahia occupent Tarète principale. Du Sebt des 
Alt-Yahiase détache un important contrefort qui, se bifurquant , 
forme vers le Nord , les lignes de crêtes que peuplent les Aït- 
bou-Chalb, les Aït-Khelili, les Aït-Fraoucen. Du côté de l'Ouest, 



12 LA KABYLIE. 

on rencontre les Alt-Menguellet. L^artëre principale se ramifie 
en éventail , près de Fort-National ; chacune de ses branches est 
occupée par une fraction de la grande tribu des Alt-lraten. 

Les autres chaînons se rattachent directement au Djurjura ; de 
l'Est à rOuest, on trouve : les contreforts des Ak*bil (1100"), des 
Alt-Attaf, des Aïtrbou-Drar (gens de la montagne); ce dernier, 
le plus important , se prolonge en une crête étroite , qui s'élargit 
en une sorte de presqu'île chez les Aït-Yenni (880" à Taourirt 
Mimoun). 

Le dernier contrefort, très court, mais très peuplé, est occupé 
par les Alt-bou-Akkach et les Aït-Ouacif , dont les villages se 
trouvent à une altitude moindre que les précédents (620°^ à Tiki- 
chourt). A l'Ouest s'étendent les rameaux rocheux des Aït-Sedka , 
qui s'abaissent vers la zone de collines de la dépression de 
Boghni. 

Le massif des Maàtka, entre l'Oued Alssi et le Bougdoura, 
présente une ligne de crêtes à peine saillante, sinueuse, dirigée 
de TEst à l'Ouest , et qui prolonge au delà du ravin la crête des 
Alt-Yenni. Le point culminant, Tirilt ou Guemoun, chez les Alt- 
Alssi, a 892 mètres. Les contreforts se dirigent du Sud au Nord, 
dominant au Nord la vallée de Tizi-Ouzou , au Sud la dépression 
des Guechtoulas. Les tribus qui habitent ces contreforts sont : 
sur le versant à l'oued Alssi , les Ouadhia , les Ait-Mahmoud , les 
Alt-Douéla; au centre les Alt- Alssi, les Alt-Zemenzer, les Maàtka; 
au Nord, les Alt-Khelifa; au Sud, les Cheurfa Iril ou Moula, les 
Mechtrass. 

A l'Ouest le massif des Flissa montre d'abord, sur la rive 
gauche de l'oued Bougdoura, une série de petits chaînons, 
broussailleux et boisés, à peine peuplés, dont l'altitude ne dé- 
passe guère 500 mètres; ils sont habités par les Flissa-Mzala; 
puis les contreforts se relèvent chez les Flissa M'Kira, et viennent 
se souder à l'arête remarquable , qui forme en quelque sorte le 
rempart du massif kabyle vers le Nord-Ouest; c'est la chaîne de 
Timezerit dont l'altitude de près de 900 mètres se maintient 
sensiblement constante sur 10 kilomètres; les points saillants 
sont : la Koubba de Timezerit, 88V mètres; le Souk-el-Arba , 890 



DESCRIPTION PHYSIQUE. 13 

mètres ; la Koubba de Si-Ali-bou-Nab , 885 mètres. Le flanc ouest 
s^abaisse par les contreforts des Beni-Mekla, sur la vallée de 
Toued Djema ; le versant Nord s'incline avec une pente très forte 
sur la vallée de Foued Chender; Textrémité de la chaîne se ter- 
mine au Nord-Est en une sorte de promontoire qui resserre la 
vallée du Sébaou, en face du Bordj-Sébaou (ancien fort turc 
en ruines). 

§ II. — Région orientale. 

Nous n'avons à nous occuper ici que du versant au Sébaou , 
limité par la crête de partage , qui sépare deux régions bien dif- 
férentes; et qui a été choisie, à juste raison, comme limite ad- 
ministrative des départements d'Alger et de Constantine. 

La chaîne principale , à laquelle on peut donner le nom géné- 
ral de chaîne à'Akfadou^ est dirigée sensiblement du Sud au 
Nord. Les sommets et les contreforts les plus élevés sont uniformé- 
ment couverts de magnifiques forêts de chênes-liège, chênes-zéen , 
chênes-afarès, entre lesquelles les dépressions et les vallées, 
entamant le sous-sol argileux, présentent seules des clairières, 
parfois très vastes. Les sommets culminants ne le cèdent guère 
en altitude à ceux du Djurjura, dans la partie voisine. Au-dessus 
du col de Chria, le djebel Zène porte son sommet boisé à 16^7 
mètres; puis vient la dépression du col d'Akfadou (1385"^), pas- 
sage facile qui peut être abordé par une route carrossable, con- 
duisant de Tizi-Ouzou à la vallée de l'oued Sahel. Au nord de ce 
col , nombre de sommets dépassent 1400 mètres; V Azerou-n' Tarât ^ 
au dôme saillant, atteint 1542 mètres. 

Les contreforts importants qui se développent vers FOuest, 
viennent se prolonger en une série de mamelons importants, 
plus ou moins isolés , jusqu'au-dessus de l'oued Sebaou. Toute 
cette région , occupée par les Aït-Hidjer, et les Alt-Roubri , pré- 
sente un aspect varié par le pittoresque des crêtes et des masses 
rocheuses , ainsi que par la beauté des forêts, mais qui se résume 
en un même faciès : sur les crêtes et les mamelons des zones 
forestières sur des nappes de grès, plus ou moins rocheuses, 



14 L\ KABYLIE. 

avec des pilons d'une grande hardiesse, portant des villages 
fièrement campés, et dans les vallées qui découpent le massif, 
des pentes plus ou moins adoucies par un sol argileux. 

Les contreforts des Alt-Salah, de Bou-Alem (1289"), du djebel 
Affroun (1317"), sont les principales arêtes. Plus au Nord, les 
crêtes qui dominent le versant de la rive droite de l'Acif-el-Ham- 
mam se prolongent à l'Ouest, où elles vont r^oindre le Tamgout 
des Beni-Djennad et la chaîne littorale par les massifs rocheux , 
plus ou moins escarpés, du Bou-Hini (1014'") du djebel Zeralb 
(933""), dominant Azazga et le grand coude du Sébaou. La route 
de Tizi-Ouzou à Bougie traverse cette pittoresque région. 

Le massif des Alt-Hidjer fait face au massif kabyle , dont il est 
séparé par la vallée du haut Sébaou (oued Boubehir). Cette 
dépression, large en moyenne de 5 à 6 kilomètres, est formée 
par une zone de collines argileuses, ondulées, dont l'altitude 
moyenne est de 300 à 450 mètres; elle constitue la partie pro- 
fonde du grand fossé qui entoure le massif kabyle. 

§ III. — Région littorale, 

L^ossature de cette région montagneuse est formée par une chaîne 
importante, qui s'étend de l'Est à l'Ouest, avec quelques légères 
inflexions, suivant une direction sensiblement parallèle à la côte, 
dont elle s'éloigne en moyenne de 7 à 9 kilomètres. Cette chaîne , 
d'une altitude de 900 à 1200 mètres, est interrompue à l'Est par 
les ravins du pays des Mzala, et vient se terminer à l'Ouest , au 
coude du Sébaou, au sud de Dellys. Elle a ainsi une longueur 
d'environ 65 kilomètres, et mérite la désignation de chaîne 
littorale. 

La crête est accidentée et rocheuse dans la partie orientale , où 
elle se soude aux divers chaînons du massif de l' Akfadou, dont elle 
reproduit exactement l'aspect et la structure. Le ravin profond de 
l'Acif-el-Hammam la partage en deux tronçons ; à TEst , le djebel 
Guerinou (1147°) avec ses contreforts, habités par les tribus des 
Beni'Hassaïn et à'Azouza; à l'Ouest, la crête boisée du Tamgout 
des Beni-Djennad y point culminant (1278°). 



DESCRIPTION PHYSIQUE. 15 

A rOuest de ce pic majestueux, la crête est assez monotone; les 
dépressions sont à peine marquées, et le versant Sud présente 
une pente assez régulière sur la vallée du Sébaou , sans autres 
accidents que des contreforts très courts, qui se relèvent pour 
constituer en avant de la crête, des pics plus ou moins escarpés, à 
l'aspect original , tel que le kef Makouda (725") , le kef Tarbant. 

Le versant Nord, au contraire, est constitué par une série de 
contreforts importants, présentant parfois des sommets plus éle- 
vés que la crête principale , et venant former, dans une suite de 
falaises souvent escarpées, une côte d*un abord difficile. Les 
chaînons, séparés par des torrents aux ravins étroits et profonds, 
rendent difficile rétablissement d*une route de rivage, en parti- 
culier du cap Tedlès (Taksebt) à Azeffoun. 

Dans la région d'Azeffoun (Port-Gueydon), les contreforts des 
Zerkfaoua (Izerfaouen) terrains incultes plus ou moins broussail- 
leux , sont dominés par le chaînon qui se détache du Tamgout avec 
une altitude de près de 1000 mètres, et vient former la montagne 
qui porte les ruines de Rusazus et le village kabyle d'Azeffoun 
(t31"), dominant le Mers-el-Faham , la baie et le centre européen 
de Port-Gueydon. 

Les contreforts occupés par les Flisset-el-Bahr reproduisent 
sensiblement le même aspect, mais ils présentent quelques parties 
boisées, qui vont passer plus loin à une véritable forêt (Mez- 
ranna). Sur le versant Sud habitent les Aït-Djennad. 

A rOuest, dans la région de Dellys, la crête présente quelques 
parties rocheuses , et forme un promontoire saillant -au signal 
à' Aîn-el'Arba (870"). Les Aït-Ouaguenoun et les Aït-Slyem 
(Sleggem), occupent les contreforts accidentés du flanc Nord; le 
contrefort des Beni-Thour vient se terminer à la pointe de Dellys, 
et à l'Ouest la chaîne s'abaisse rapidement sur le Sébaou par l'arête 
de Taourga. 

Vallée du Sébaou, — Entre la chaîne littorale et le massif ka- 
byle s'étend la vallée du Sébaou , zone de collines ondulées , dé- 
nudées, au sol argileux, qui forme une dépression remarquable 
et bien limitée, dont la largeur varie de 13 à 16 kilomètres. Cette 
zone, occupée par les Ameraoua, se trouve partagée en deux 



16 LA KABYLIE. 

branches formant ceinture au double massif du Belloua et des 
Alssa-Mimoun que sépare la coupure étroite du Sébaou. Le Belloua 
(695"") dominant Tizi-Ouzou, et le massif des Aïssa-Mimoun 
(801°*) ne sont qu'une dépendance , un Ilot séparé du massif ka- 
byle, et la gorge du Sébaou n'est que le [^olongement de la lon- 
gue et étroite coupure de Toued Âlssi, qui impose momentané- 
ment sa direction au Sébaou , dont il est Taffluent très capricieux 
par ses crues violentes. 

Après s'être élargie un instant à la jonction de ses branches, la 
vallée du Sébaou est étranglée au Bordj-Sébaou ; puis elle change 
de direction vers le Nord , et limite à l'Est les collines du pays 
des Issers, deuxième partie de la région littorale. 

Entre Visser et le Sébaou , deux lignes de collines mamelon- 
nées , sensiblement parallèles , vont en se relevant vers le Nord; 
leurs sommets culminants, le Bou-berak, aux flancs boisés (595"") 
et le djebel Djennad (^38°"), surplombent le rivage, dominant le 
premier l'embouchure du Sébaou , l'autre celle de Tisser. Ces mon- 
tagnes peu élevées forment transition aux collines qui s'étendent 
à rOuest jusqu'au pied du chaînon du Ménerville. Au Sud, elles 
s'abaissent également dans la dépression qui borde le flanc du 
massif kabyle des Flissa , et par laquelle pénètrent en Kabylie la 
route et le chemin de fer de Tizi-Ouzou. Toute cette région n'est 
pour ainsi dire qu'une enclave à la bordure de la Kabylie ; elle 
est habitée par les diverses fractions de la tribu arabe des Issers , 
qui parait avoir le moins subi le contact de ses voisins kabyles. 

§ IV. — Région occidentale. 

Eatre les collines des Issers et les collines qui bordent la partie 
orientede de la plaine de la Hétidja, se montre un premier bourre- 
let montagneux , qui se présente , tant par son aspect que par sa 
constitution géologique, comme une dépendance du massif ka- 
byle. Le col des Beni-Aïcha (Ménerville) forme une remarquable 
dépression, seul passage facile de pénétration dans le pays ka- 
byle. Au Nord, le chaînon du Bou-Arous (452°*), vient se terminer 
en falaise au cap Blanc. Au Sud, le massif se relève dans la ré- 



DESCRIPTION PHYSIQUE. 17 

gion des Khachna (630°"), et vient se souder à la chaîne des Am- 
mal, tronçon de la remarquable arête qui forme à FOuest le 
prolongement du Djurjura. 

Cette longue chaîne présente au milieu de chaînons et de con- 
treforts arrondis , des sommets culminants, des mamelons rocheux, 
aux flancs escarpés, qui donnent un cachet pittoresque aux pas- 
sages et défilés qui permettent de la traverser. Le Bou-Zegza, 
(1033°*) dont Taspect est si caractéristique à Fhorizon d'Alger, 
forme en quelque sorte le dernier éperon de cette chaîne au-des- 
sus de la Hétîdja. La gorge de Toued Keddara, et la remarqua- 
ble coupure de Tisser, bien connue sous le nom de gorges de 
Palestro , limitent le massif des Ammal, dont les crêtes se main- 
tiennent à l'altitude de 700 à 800 mètres. 

A FEst, la chaîne se relève dans le massif important des Beni^ 
Khalfotm, dont le dôme culminant, le Tegrimount atteint 1028 
mètres. Les flancs sont boisés au Sud et sur une partie du ver- 
sant Nord. La chaîne se poursuit avec une monotone régularité 
chez les Nezlioua, aux mamelons cultivés; elle est traversée par la 
route qui relie Drà-el-Hizàn à la grande voie de communication 
d'Alger à Constantine. Une crête boisée présentant sur le flanc 
Nord quelques contreforts rocheux chez les Frikat, vient se 
souder au prolongement direct du Djurjura, le djebel Galos 
(1286") qui contraste par ses flancs gazonnés et à peine brous- 
sailleux, et la régularité de sa crête, avec les escarpements ro- 
cheux et Farète dentelée que présente le premier tronçon de la 
grande chaîne. Les contreforts du Nord sont habités par les Alt- 
Ismad , de la confédération des Guechtoula. Ceux du Sud s'abais- 
sent sur le plateau du Hamza (Boulra), et les collines de Foued 
Sahel. 

Entre cette chaîne des Nezlioua et le massif kabyle des Flissa, 
s'étend la longue dépression de Drà-el-Mizàn, dont nous avons 
vu l'origine à FEst, au pied des escarpements des Alt-Sedka, et 
que nous avons suivie dans les collines de Boghni. Cette dépres- 
sion , large de 3 à i kilomètres , peut être désignée sous le nom 
de vallée de Drà-el-Mizân , bien que les cours d'eau, descendus 
de la grande chaîne, la traversent au lieu d'en profiter; mais, 

I. 2 



18 LA KABYLIE. 

par sa situation , aussi bien que par sa constitution géologique , 
elle forme le pendant de la vallée du Sébaou , et continue , sur 
cette bordure, le grand fossé du massif kabyle. Vers le Nord- 
Ouest, à partir du col de Tizi-Renif, cette dépression est, du 
reste , suivie par un affluent de Tisser, Toucd Djemà. 

Nous avons ainsi suivi, partant de Textrémité orientale du 
Djurjura, la zone, sensiblement elliptique, qui entoure comme 
d'un anneau incomplet , le massif central de la Grande Kabylie. 

HYDROGRAPHIE. 

Toute la région centrale , ainsi que le versant de la chaîne 
orientale , appartiennent au bassin du Sébaou , qui est le véri- 
table fleuve kabyle; la partie Ouest déverse ses eaux dans Tisser; 
les versants Sud et Est de la grande chaîne et de son prolonge- 
ment oriental font partie du bassin de Toued Sahel. Dans la 
zone littorale se succèdent une série de petits fleuves côtiers 
qui sont, pour la plupart, des torrents sans importance. 

Le Sébaou. — Le bassin de ce cours d'eau occupe environ les 
trois quarts de la région kabyle. 11 est nettement circonscrit, au 
Nord par la chaîne littorale , à TEst par la chaîne d*Akfadou, et au 
Sud par le Djurjura, et son prolongement. Du côté de TOuest, en 
dehors de la chaîne des Plissa, la limite est formée par deux 
faibles saillies, à peine marquées au milieu des dépressions voi- 
sines, le col de Tizi-Renif, entre le chaînon des Nezlioua et le 
massif des Plissa; et au Nord, le col d'Haussonviller, entre ce 
dernier massif et le chaînon du Bouberak. 

Ce bassin, limité à une aire relativement peu étendue, n'en 
est pas moins très important, en ce qu'il correspond à une 
région très pluvieuse et qu'il recueille les eaux d'un puissant 
massif montagneux , en particulier de tout le versant Nord du 
Djurjura, dont les crêtes, couvertes de neiges pendant près de 
six mois de Tannée , alimentent des sources très abondantes. Aussi 
les torrents qui en descendent sont-ils soumis à des crues violen- 
tes , aussi vite disparues qu'elles se sont rapidement produites , et 
qui rendent la traversée du pays difficile dans la mauvaise saison. 



DESCRIPTION PHYSIQUE. 19 

La branche mère du Sébaou sort de Textrémité orientale du 
Djurjura; Fun des principaux torrents a son origine au col de 
Tirourda, descend rapidement au Nord- Est, formant le ravin 
profond qui sépare les Illilten des Aït-Ithourar; à son débouché 
dans la large vallée , à 20 kilomètres à peine de la source , le 
thalweg n'est plus qu'à 300 mètres d'altitude. Dans cette vallée, 
la pente est faible ; le cours d'eau, qui a changé plusieurs fois de 
nom, suivant les tribus voisines, reçoit de l'Est deux torrents 
importants, descendus, l'un de Tizi-n'Chria, sous le nom d'oued 
Sahel, l'autre du col d'Akfadou : c'est l'Irzer-bou-Ergrad. Au 
confluent (215") , la rivière porte le nom d'oued Boubehir jus- 
qu'au grand coude au pied du chaînon d'Azazga. 

En ce point (147*°), la direction change brusquement; le Sébaou 
coule vers l'Ouest avec une pente très faible et un lit très large , 
au milieu d'une vallée étendue, recevant du Nord des affluents 
de peu d'importance, à pente très affaiblie, et du Sud des torrents 
plus ou moins violents, qui découpent le massif des Zouaôua. 
Après le confluent de l'oued Aïssi (77") , la vallée très large se 
resserre brusquement en changeant de direction pour traverser 
par une gorge étroite le massif du Belloua qu'elle contourne au 
Nord, en reprenant sa route vers l'Ouest. La vallée élargie de 
nouveau contourne le contrefort de Taourga , dernier éperon de 
la chaîne littorale , et se dirige vers le Nord jusqu'à son embou- 
chure. Resserrée entre la plaine du Camp-du-Maréchal et Rébe- 
val , elle s'élargit en aval , tandis que le Sébaou prend l'allure 
d'un véritable fleuve, qui vient se terminer dans une plage sa- 
bleuse à 6 kilomètres à l'Ouest de Dellys. 
\jt cours du Sébaou peut être évalué à 120 kilomètres. 
Les deux seuls affluents importants lui viennent du Djurjura , 
et lui apportent les eaux du massif kabyle. 

1** L'oued Aïssi y qui amène au confluent , à l'époque des crues , 
une plus grande masse d'eau que le Sébaou, est formé de la 
réunion de trois branches convergentes issues du voisinage des 
crêtes du Djurjura : l'oued Djemd, à l'Est, dont la source extrême 
provient des flancs de l'Azeron-n'Tirourda, voisine de celle du 
Sébaou , forme la coupure profonde qui sépare le contrefort do 



20 LA KABYLIE. 

Fort-National de celui des Aït- Yenni ; Foued el-Arbd descend des 
flancs de TAkouker, et Toued Takoucht , à FOuest , n'est que le 
prolongement de Tlrzer bou Chennacha, qui provient des crêtes 
voisines de Tizi-Ogoulmime . 

Le confluent, au pied du chaînon des Aït- Yenni , est à laltitude 
de 180 mètres; Foued Aïssi coule dans une étroite coupure 
jusqu'à son débouché dans la vallée du Sébaou. 

2® L'oued Bougdoura reçoit les eaux du massif de FHaïzer, 
mais les pentes des ravins s'abaissent brusquement , de telle sorte 
que Foued Boghni ne présente plus qu*une altitude de 24.0 
mètres sous le village de ce nom avant de traverser le massif 
kabyle ; le confluent avec le Sébaou , près de Drà-ben-Kedda , est 
du niveau de 40 mètres. Il reçoit à gauche plusieurs torrents , 
qui proviennent de Drà-el-Mizàn et du chaînon des Nezlioua j et 
traversent en écharpe la partie basse du massif des Plissa. 

Visser. — Ce fleuve , dont le bassin est bien plus étendu que le 
précédent, a ses origines d^s le djebel Lakhdar, à FEst de Bog- 
hari. Son cours, d'environ 200 kilomètres, n'appartient à la 
Kabylie que par sa partie inférieure. Avec son affluent, Foued 
Djemà des Harchaoua, Fisser borde au sud la chaîne occidentale 
dans les colUnes d'Aomar et de Thiers. L'Isser contourne, par 
une série de boucles, la colline de Palestro, et tourne brusque- 
ment au Nord pour pénétrer dans Fétroite coupure entaillée dans 
les rochers de la chaîne des Beni-Khalfoun. Ce défilé, de 4 kilo- 
mètres, connu sous le nom de gorges de Palestro, est un des 
passages pittoresques de l'Algérie; Fisser y coule en torrent au 
fond du ravin escarpé que dominent, la route à gauche, la voie 
ferrée à droite. La vallée, un instant élargie à la sortie des 
gorges, se resserre de nouveau pour pénétrer dans les collines 
de Beni-Amram par une coupure qui est l'image réduite du 
passage du Sébaou dans le Belloua. Puis la vallée s'étale défini- 
tivement en face de Souk-el-Haàd ; de chaque côté mais princi- 
palement sur la rive droite, s'étend une plaine alluvionnaire, 
que Fisser traverse en de nombreux méandres jusqu'à son 
embouchure, à 6 kilomètres à l'Ouest du cap Djinet. 

Le seul affluent à signaler est Foued Djema des Issei*s, qui sous 



DESCRIPTION PHYSIQUE. 21 

les noms d'oued Tamdirat, oued el-Hallouf , etc., reçoit les eaux 
de tout le versant Nord des Benî-Khalfoun et du flanc du massif 
des Plissa. 

Fleu ve$ côtiers, — Les seuls cours d'eau qui méritent d'être si- 
gnalés sont : 

1° L'oued el'Arba, entre Tisser et le Sébaou. 

â** A Fextrémité de la chaîne littorale, VAcif'el'Hamtnam^ qui 
traverse profondément cette chaîne, au pied du Tamgout des 
Alt-Djennad, et dont Forigine se trouve dans les forêts des con- 
treforts de TAkfadou. 

La vallée de Toued Sahel est tout entière, avec ses affluents, 
extérieure à la Grande Kabvlie. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 



OBSERVATIONS PRELIMINAIRES. 

L'immense muraille du Djurjura couverte de neiges pendant 
six mois de Tannée, que d'Alger Tœil du promeneur aperçoit à 
rhorizon , et les nombreux contreforts qui viennent s'y souder, ont 
longtemps irrité sans la satisfaire, la curiosité des géologues. La 
science y a pénétré à la suite de nos colonnes ; elle a pu facilement 
constater la constitution de la zone montagneuse centrale ; mais 
les hautes cimes avec leurs grandes masses calcaires, d'une com- 
position presque homogène, leurs failles nombreuses, et surtout 
la rareté de leurs couches fossilifères, ont souvent trompé les ' 
efforts des explorateurs. 

L'ingénieur des mines, Ville, est le premier qui ait pénétré avec 
nos soldats dans les hautes régions de la KabyUe , et donné les 
premières observations sur ce pays (1858). 

Plus tard, M. le Docteur Paul Mares, une première fois avec 
M. 0. Debeaux, une seconde fois en compagnie de M. LetoumeuXj 
a parcouru une partie de la chaîne du Djurjura. 

M. Péron (1867), en résidence àTizi-Ouzou, a parcouru avec 
un soin minutieux les environs de ce point et la zone des contre- 
forts ; dans une note à la Société Géologique *, il donne la descrip- 
tion des formations cristallines , et indique la composition du ter- 
rain miocène de la région de Tizi-Ouzou. 

Ville y à la suite de récentes explorations (1868) communique 

i PÉBox, Sur laconsUi. géolog. des montagnes de la grande KabyHe(BuU. Soc. 
Geol, de France, t. XXIV, p. 627) 1867. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 23 

à la Société Géologique de France, dans deux notes consécutives *, 
les résultats principaux de ses observations sur lextension des 
terrains anciens, du terrain nummulitique et des terrains 
miocènes, avec l'indication des roches éruptives du littoral. 

Les explorations de M. Letourneux dans la chaîne du Djurjura, 
en vue de recherches malacologiques et botaniques, mettent cet 
infatig-able chercheur en présence d'une Ammonite caractéristi- 
que du lias. Cette précieuse indication vient jeter un jour nou- 
veau sur la géologie de la grande chaîne , et confirmer Topinion 
émise a pr/ori par Coquand '" du rôle important joué par les calcaires 
liasiques dans les grandes crêtes de la Kabylie, par analogie avec 
les faits observés par lui dans la province de Constantine. 

Niçoise (i869), géologue du service des mines, entreprend Fé- 
tude de la chaîne du Djurjura et reconnaît Textension de la for- 
mation liasique sur les crêtes. Il a exposé le résumé de ses obser- 
l'ations dans son Catalogue des animaux fossiles de la province 
d'Alger (1870), et donné de plus longs détails avec un certain 
nombre de coupes dans la première édition de cet ouvrage. Faute 
de fossiles , et par suite de relations stratigraphiques douteuses , 
Nicaise émet une hypothèse très hardie que la mort ne lui a pas 
donné le temps de rectifier : l'existence du silurien et du dévo- 
nien, basée sur un simple faciès pétrologique. De nombreuses 
confusions sont établies entre les terrains éocènes et miocènes, 
dans lesquels aucune division n'a été encore indiquée. 

Depuis cette époque , aucun travail spécial n'a été fait sur la 
Grande Kabylie jusqu'au début de nos recherches (1884). 

H. Pomel, dans une course rapide à Tizi-Ouzou, en 1881 , avait 
entrevu, avec sa compétence sur les questions de géologie algé- 
rienne la présence de l'étage cartennien dans les formations 
miocènes de Tizi-Ouzou. Plus tard, il a bien voulu guider de son 
expérience mes premiers pas dans le Djurjura, et il n'a pas hé- 
sité à fixer au-dessus des calcaires liasiques , la position des cou- 
ches attribuées par Nicaise aux formations paléozolques; mes 

î ViLLi, Études géol. faites dans la Kabylie^ Bull. S. G. (t. XXV). —Minéralogie 
des environs de Dellys. (Bull. S. G.) 
3 CoQCvfiD, Description géolog. de la province de Constantine. 



24 LA KABYLIE. 

observations détaillées n'ont fait que confirmer cette interpréta- 
tion. 

Mes études personnelles ont porté sur toute la région. Com- 
mencées en 1884 pour établir la carte géologique au 200.000* , 
elles ont eu pour objectif principal la chaîne du Djurjura, à la- 
quelle j'ai consacré deux étés , 1884 et 1886, et que j'ai parcourue 
en tous sens. La classification des terrains éocènes et miocènes a 
été le résultat le plus important de mes explorations. Au fur et à 
mesure que les feuilles de TÉtat-Major au 50,000* ont été livrées 
au public, j'ai entrepris sur chacune d'elles les levés géologiques 
de détail; ce travail, terminé pour les feuilles de Ménerville, de 
Palestro, de Ben-Haroun, m'a permis d'approfondir les résultats 
obtenus ; j'espère le mener à bonne fin pour tout le reste de la 
Kabylie. 

J'ai donné, dans ma Description géologique de la Kabylie du 
Djurjura *, l'étude détaillée de chacune des formations géologi- 
ques de la région ; je me contenterai ici de présenter à grands 
traits, un aperçu de la constitution géologique, en indiquant 
les principales lignes oro-stratigraphiques de ce pays , qui pré- 
sente un cachet tout spécial , aussi bien au point de vue physique, 
qu'à l'égard de ses intéressantes populations. 

APERÇU GÉNÉRAL SUR LES FORMATIONS GÉOLOGIQUES 

VE LA KABYLIE. 

On rencontre en Kabylie, développés à des degrés divers, des 
représentants de la plupart des formations géologiques reconnues 
en Algérie. Les terrains primitifs ou azoïques y constituent une 
des zones les plus remarquables et les plus complètes. Les forma- 
tions secondaires se rapportent aux périodes jurassique et créta- 
cée. Hais ce sont surtout les terrains tertiaires qui jouent un rôle 
capital dans la constitution des principales lignes de crêtes (for- 
mations éocènes) aussi bien que dans les dépressions et les col- 
lines de la basse Kabylie (formations miocènes et pliocènes). 

1 1 vol. in-8. — Fontana. — Alger, 1890. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 25 

Ces terrains tertiaires s'y présentent avec une grande com- 
plexité d'assises diverses correspondant à une longue série de for- 
mations successives y qui ont, pour la plupart, occupé des bassins 
indépendants les uns des autres. Ils y présentent la série la plus 
complète qu'il soit possible d'observer dans la zone littorale du 
Tell algérien; en particulier, les terrains éocènes s'y trouvent 
largement représentés, avec toutes leurs divisions, à tel point que 
la Kabylie peut être considérée comme le type classique de ces 
formations en Algérie. En outre, les différents étages miocènes 
sont répartis dans des situations telles, qu'il est facile de recons- 
tituer les limites approchées des bassins dans lesquelles ces dé- 
pôts se sont effectués. De plus, la zone littorale , au moins dans 
sa partie occidentale , a été le siège de phénomènes éruptifs qui 
se sont reproduits à plusieurs phases de la période miocène ; les ro- 
ches qui ont cette origine se trouvent liées aux formations sédi- 
mentaires d'une manière assez remarquable, pour que l'époque 
d'apparition ait pu être fixée avec une certaine précision. 

Toutes ces conditions concourent à donner à la Kabylie une 
physionomie particulière, une individualité bien spéciale, qui 
en font une des régions naturelles les mieux caractérisées de 
l'Algérie. 

Les formations géologiques de la Kabylie peuvent se classer 
dans le tableau suivant, dans l'ordre de succession des terrains 
sédimentaires , en commençant par les plus anciens : 

Tableau des formations géologiques de la Kabylie. 

I. — PÉRIODE AZOIQUE. 

1^ Gboupb des schistes cbistallins. — Terrains cristallophylUens, 

Gneiss et roches granitoîdes; micaschistes, schistes satinés; calcaires cris- 
tallins. 

Occupent tout le massif kabyle et quelques îlots au Nord et à TOuest (Bel- 
loua, Bordj Ménaîel, Ménerville). 

7^ Gboupb dbs schistbs détbitiques. — Terrain archéen. — Phyllades 
argileux, schistes lustrés, argiles schisteuses, quartzites et conglomérats. 

Massif des Khachna et collines à TEst de Tisser (Souk-el-Hâd, Béni- 
Amram). 



26 



LA KABYLIE, 



II. — PERIODE JURASSIQUE. 






3° Lias inoyen. — Calcaires compacts des 
A. TKBttAiNS LiASiQUEs. l cr^^cs du Djurjura; pointements échelonnés 
Chaîne du Djurjura, crêtes ! J;°'^^^" '"^^^"^ occidentale, au voisinage de 

rocheuses. i jo r- » • ^ i . ^ •• 

4° [Aa$ supérieur, — Calcaires en dalles et 

calcaires marneux de Leila-Khedidjà. 



B. Jurassique supérieur. 

Dépressions et chaînons se- 
condaires du Djurjura. 



5° Grès rouges et poudingues. (Azcrou- 
Tidjer.) 

6<» Schistes argileux , grès micacés , poudin- 
gues h petits grains de quartz, de la route du 
col de Tirourda. 



III. — PÉRIODE CRÉTACÉE. 



A. Crétacé moyen. 

Versant Nord de la chaîne 
littorale. — Versant Sud du 
Djurjura. 



R. Crétacé supéhieur. 

Chaîne littorale. Flanc Sud- 
Ouest du Djurjura et chaîne 
occidentale. 



7» Étage Al bien. — Argiles schisteuses 
noires et grès quartziteux. — Azeflbun. — Sud 
du Djurjura. 

8" Étage Cénomanien, — Marnes, calcaires 
et grès argileux de la région d'AzelToun. 

9** Éta^e Sénonien. — Marnes grises et 
brunes avec calcaires en nodules et en pla- 
quettes. — Région de Dellys. — Montée d'A- 
omar à Rouira. 

10<> Étage Danien. — Argiles feuilletées 
grises et verdâtres, et grès quartziteux. — 
Versant Sud de la chaîne occidentale , depuis 
le Djurjura jusqu'au Bou-Zegza. 



IV. — PÉRIOD E ÉOCÈNE. 



/ 



A. Éogène movex. 

Forme toute la chaîne occi- 
dentale depuis le Rou-Zeg- 
za , et se prolonge sur les 
deux versants du Djurjura, 
s'étendant sur le flanc Sud 
jusqu'à l'extrémité orien- 
tale. 



1 1<» Étage Infrà-Nummutitigue. — Marnes 
grès calcarifères, calcaires, brèches et pou- 
dingues. — Tout le versant sud du Djurjura 
jusqu'au voisinage des crêtes. — Chaîne occi- 
dentale (Reni-Khalfoun, Ammal, Rou-Zegza. 

12» Étage Nummutitique, — Calcaires com- 
pacts, pétris de Nummulites. — Contreforts ro- 
cheux du Nord du Djurjura. — Gorges del'Isser* 
— Chaîne des Ammal. — Rou-Zegza. 

13® Étage Suprà-Nummutitigue. — Pou- 
dingues et grès argileux de Drâ el-Mizân , des 
contreforts des Guechtoula (^ord du Djurjura) 
et versant Sud dans la partie occidentale. — 
Chaîne des Neziioua, Reni-Khalfoun , Am- 
mal, etc. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 



27 



B. ÉOCÈNE SUPÉRIEUR. 

Partie Sud-Est des crêtes et 
contreforts du Djurjura. 

Région orientale et région 
littorale. 



/ 14^ Étage Medjanien. — Argiles et grès si- 
liceux à fucoïdes de Chellata et du col de Ti- 
rourda. — Occupe les crêtes et tout le versant 
Sud de la partie orientale du Djurjura. 

15** Éfage Numidien, — Argiles et quart- 
zites, surmontés des grès quartzeux forestiers. 
— Chaîne et contreforts de rAkfadou. — 
Chaîne littorale. — Vallée de Drâ-el-Mizan. 



V, — PÉRIODE NÉOGÊNE. 



A. Oligocèine. 
Chaîne littorale dans la région 
de Dellys. — Issers. — 
Béni-Rbalfoun. 

B. Miocène. 

Dépression autour du massif 
kabyle. — (Vallées du Sé- 
baou, et de Drâ-el-Mizan). 
— Collines des Issers. 



C. Pliocène. 
Littoral de la partie Ouest. 



î 



16" Étage Dettysien, —Grès et poudingues, 
surmontés d'alternances mamo-grèseuses. — 
Grès de Dellys. — Poudingues du Bou-Berak. 

— Versant Nord des Beni-Rbalfoun. 

170 Étage Cartennien, — Poudingues et 
grès à Clypéastres , surmontés de marnes dures. 

— Bordure de tout le massif kabyle. 

18° Étage Hetvétien, — Argiles marneuses 
et grès à Ostrea crassissima. — Vallée du Sé- 
baou, — Vallée de Drâ-el-Mizan. 

19° Étage Sahélien, — Marnes bleues com- 
pactes. — Vallée du Sébaou. —Pays des Issers. 

20° Pliocène supérieur. — Sables rouges 
argileux, conglomérats et lits caillouteux. — 
Collines du littoral de la région de xMénerville. 



VI. — PERIODE QUATERNAIRE. 

21° Alluvions anciennes et récentes des vallées. 
22° Plages marines émergées. Dellys. — Cap. Djinet. 

ROCHES ÉRUPTIVES. 

1«> Granité de Ménerville. 

2° Roches liparitiquesy contemporaines du début et de la première partie 
la formation Cartennienne (miocène inférieur), — Ménerville, — Zamouri, — 
Isserville, — Bordj-Ménaïel, — Bou-Berak. 

30 Roches basaltoïdes : andésites et labradorites. — Miocène moyen et 
supérietur, — Djebel Djinet, Bou-Berak, — Dellys. 

CONSTITUTION GÉNÉRALE DU SOL DE LA KABYLIE. 



Les divisions physiques de la Kabylie présentent des rapports 
si étroits avec la structure générale , que les grandes lignes oro- 



28 LA KABYLIE. 

graphiques tracées plus haut vont nous permettre d'indiquer les*" 
traits le^ plus saillants de la constitution géologique du pays. 

Massif kabyle. — La partie centrale, occupée par ce réseau 
de chaînons et de contreforts, que j'ai désigné sous le nom de 
massif kabyle, est constituée uniquement par les formations cris- 
tallines, gneiss, micaschistes, et calcaires cristallins en sous ordre, 
qui donnent à toute cette région un remarquable cachet d'uni- 
formité. Les parties les plus saillantes, les crêtes, sont formées 
par les pointemenis des roches les plus résistantes, les gneiss 
et roches granitoldes qui ont pénétré la masse des schistes. Les 
contreforts à reliefs moins accentués, à pentes plus adoucies, 
ont généralement pour assise des schistes, qui résistent moins 
facilement aux érosions. — Çà et là, les Ilots de calcaires, blancs 
ou bleuâtres, souvent marmoréens, sont indiqués par des saillies 
rocheuses de faible étendue. 

Dj tir jura. — Le Djurjura présente dans son étendue une lon- 
gue arête de calcaires liasiques, blancs, grisâtres ou parfois rosés, 
mais toujours durs, compacts, et qui forment ces crêtes aux mille 
dentelures, ces pics aigus, ces murailles rocheuses aux escarpe- 
ments abrupts. Dans la partie orientale, cette arête se dédouble, 
et les deux lignes de crêtes , à partir du Tamgout de Lella-Khe- 
didja, laissent entre elles des dépressions que remplissent les grés 
et les schistes jurassiques, dont le plus bel exemple se montre 
dans la vallée des Aït-ou-Abane. Sur le versant Sud, les terrains 
éocènes s'élèvent au voisinage des crêtes; les marnes, qui domi- 
nent, donnent lieu à des pentes adoucies qui conduisent aux prin- 
cipaux cols; mais aussi, les amas puissants de brèches calcaires, 
de conglomérats, qui appartiennent à cette formation, forment 
quelques contreforts saillants tels que le RasTaouialt. À partir de 
Lella-Khedidja, les contreforts, vers l'Est, sont formés des alter- 
nances argilo gréseuses de Féocène supérieur qui donnent lieu à 
des surfaces arrondies, rarement boisées, le plus souvent gazon- 
nées. Cette structure envahit la crête , du col de Tirourda à celui 
de Chellata et y forme une série d'ondulations , de talus à pente 
douce , faciles à suivre et qui contrastent avec les rochers de la 
crête principale à l'Ouest , et avec ceux du Tizibert , à l'Est. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 29 

Sous ces terrains éocènes, à TOuest, apparaissent dans les con- 
treforts inférieurs, les argiles et grès albiens, auxquels viennent 
s'adosser des conglomérats puissants, de formation continentale , 
d*àge miocène, qui attestent le passage d'une ancienne vallée. 

Le versant Nord du Djurjuraestconstitué également de terrains 
éocènes, mais ici, ce sont les calcaires à nummulites, à Faspect 
rocheux , que rien à distance ne permet de séparer de ceux du 
Lias, auxquels ils sont adossés. Ces calcaires éocènes atteignent 
de grandes hauteurs (1500 à 1600 mètres), mais ils restent tou- 
jours bien en contre-bas des crêtes. Au pied de ces calcaires se 
développent les assises grèso-argileuses suprà-nummulitiques, des 
contreforts des Guechtoula, qui forment leur dernière saillie au- 
dessus des collines de la dépression de Boghni et de Drà-el-Mizàn. 

Ainsi, dans la grande chaîne, les arêtes sont jurassiques, les 
flancs éocènes, et ce n'est qu'à un niveau inférieur qu'appa- 
raissent au Nord les schistes cristallins du msissif kabyle , au Sud 
les terrains crétacés, qui ne sont qu'une dépendance de la chaîne 
des Bibans. 

Chaîne littorale. — Au Nord du massif ancien, abstraction faite 
de la vallée miocène du Sébaou ^ la chaîne littorale est constituée 
par un soubassement de terrains crétacés, appartenant aux étages 
albien , cénomanien et sénonien. Ces terrains crétacés apparais- 
sent sur la majeure partie du versant Nord, jusqu'au rivage, et 
se montrent à découvert de place en place sur la crête. Us sont 
recouverts par des lambeaux, plus ou moins étendus des grès 
numidiens (éocène supérieur), bien remarquables par les forêts 
qu'ils supportent. Ces lambeaux disjoints, parfois réduits à des 
rochers de faible étendue , attestent l'extension de cette forma- 
tion gréseuse sur toute cette région, et aussi la puissance des 
phénomènes d'érosion qui ont pu faire disparaître ces grès sur 
de vastes surfaces, de manière à mettre au jour le substratum 
crétacé. Dans la région de Dellys, une partie importante de la 
crête (montagne d'Aïn-el-Arba, de Taourga) est formée des pou- 
dingues et grès oligocènes, qui ont subi leur part de ces ablations 
considérables; les lambeaux isolés qui se présentent à l'Est, au- 
dessus d'Abizar, en sont des témoins remarquables. 



30 LA KABYLÏE. 

Vers TEst, les grès numidiens sont conservés sur une grande 
épaisseur, au Tamgout des Beni-Djennad , et dans les crêtes des 
Beni-Hassain, où les forêts commencent à prendre deTimportance. 

Chaîne d'Akfadou. — Toute la région orientale, dans ses crêtes 
et dans ses contreforts, est constituée par une formation unique, 
qui présente , dans les dépressions et les vallées , les argiles de 
rassise inférieure, sur les crêtes et les mamelons, les grès de 
l'assise supérieure, les grès de Numidie, qui donnent le cachet 
tout spécial de cette région boisée par excellence. Ici, comme 
sur tout le littoral de la province de Constaniine (ancienne Numi- 
die) ces grès supportent d'admirables forêts, qui établissent un 
contraste si frappant avec la nudité désertique des plateaux et 
des chaînes crétacées de cette province. 

Sur tout le versant de TAkfadou qui appartient à la Grande 
Kabylie, les terrains crétacés n'apparaissent pas; ce n'est que sur 
le versant opposé, à la vallée de l'oued Sahel, que l'on peut cons- 
tater la complète analogie de structure avec la chaîne littorale. 
Mais ici les érosions, bien que considérables, n'ont pu entamer 
complètement ce terrain numidien, protégé, du reste, par la 
puissante épaisseur de ses argiles inférieures. 

Chaîne occidentale, — Si nous revenons à l'extrémité opposée 
du Djurjura, nous trouvons dans toute la chaîne qui en forme 
le prolongement jusqu'au Bou-Zegza, une assez grande unifor- 
mité de structure , en dépit de la variabilité extrême des forma- 
tions géologiques. D'une manière générale , toute la bordure , sur 
le versant Sud , est formée par les grès et argiles schisteuses du 
Danien, reposant sur les marnes du Sénonien. Au-dessus, formant 
les crêtes et les deux versants , se montrent les assises enchevêtrées 
des deux étages infrâ et suprà-nummulitique de Téocène moyen, 
le premier caractérisé par le développement local des puissantes 
couches de poudingues formant quelques saillies remarquables, 
surtout dans les Beni-Khalfoun. L'étage des grès et poudingues de 
Drâ-el-Mizàn se développe surtout sur le versant Nord , et les par- 
ties les plus argileuses, mélangées de grès friables, donnent lieu 
à de riches sols de culture (Nezioua, Beni-Khalfoun, Âmmal); à 
cette formation se rattachent des grès friables, grossiers, qui 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 31 

apportent une zone forestière importante, bien qu'elle ne soit pas 
comparable à celle de rAkfadou. 

Sur le versant Nord, chez les Beni-Khalfoun , une bande de 
terrains oligocènes, donne lieu à un sol, mi-partie broussailleux, 
mi-partie cultivé, qui semble continuer la zone précédente. La 
grande entaille par laquelle Tisser traverse cette chaîne permet 
de plonger profondément dans les assises géologiques sous-jacen- 
tes, et de reconnaître Tenchevètrement des diverses formations, 
avec les plissements et les failles qui les ont bouleversées. Au voi- 
sinage commencent à apparaître les calcaires nummulitiques, qui 
donnent parleurs rochers escarpés et dentelés, tout le cacbet pit- 
toresque à ce défilé remarquable. Mais avec les calcaires éocènes, 
apparaissent des pointements de calcaires liasiques, qui donnent 
un enseignement précieux, et de la plus haute importance : c^est 
que les relations étroites qui unissent les formations liasiques 
et éocènes dans la chaîne du Djurjura se poursuivent versTOuest, 
et que toute cette chaîne, prolongement du Djurjura, a. son axe 
formé de calcaires liasiques, comme la grande chaîne. Cet axe se 
trouve nettement jalonné par les pointements de calcaires liasi- 
ques qui forment le sommet culminant du Tegrimount, plusieurs 
sommets de la chaîne des Ammal , et un des pics saillants du Bou- 
Zegza. 

En résumé, la chaîne du Djurjura, et son prolongement à 
rOuest, appartiennent aux formations liasiques et éocènes, qui 
paraissent indiquer une zone limite, du côté du Sud, au massif 
ancien de laKabylie. 

Vallée de Drâ-el-Mizân. — Entre cette chaîne et le massif ka- 
byle s'éfend, de l'Est à l'Ouest, une longue et étroite dépression, 
à laquelle j'ai donné le nom, quoique impropre, de vallée de 
Drà-el-Mizàn. 

Cette dépression argileuse a été comblée , d'abord par la for- 
mation numidienne (Éocène supérieur) , puis par les dépôts suc- 
cessifs des formations miocènes, qui l'ont pénétré plus ou moins 
profondément , la mer cartennienne paraissant s'être arrêtée en 
aval de Drâ-el-Mizân , tandis que la mer helvétienne s'est étendue 
jusqu'à l'extrémité, au pied des crêtes des Khouriez. Cette exten- 



32 LA. KABYLIE. 

sion différente des dépôts miocènes, bien facile à constater, est 
encore rendue plus intéressante par ce fait, que la mer helvé- 
tienne a pénétré par un détroit, dont on peut suivre les limites, 
au delà de la chaîne des Nezlioua, au Sud, pour constituer un 
bassin , bien caractérisé , que Ton peut appeler le bassin helvé- 
tien de Ben-Haroun. 

 partir de Chabet-el-Àmeur, la dépression de Drà-el-Hizàn 
s'élargit et donne lieu à un système de monticules et de collines 
constituées par les zones miocènes entourant des Ilots anciens 
de schistes archéens. 

Massif des Khachna et de Ménerville. — A FOuesl de Tisser, 
et au Nord de la chaîne éocène des Àmmal, on retrouve une zone 
importante de terrains anciens , schistes et phyllades, en majeure 
partie d'âge archéen, constituant le petit massif des Khachna , 
image réduite du grand massif kabyle. 

Le col de Ménerville , occupé par des dépôts miocènes et plio- 
cènes, sépare ce massif de la ch€dne du Bou-Arous, extrêmement 
remarquable en ce qu'elle présente, associée à un lambeau de 
schistes cristallins, une zone granitique, pénétrée par de nom- 
breux pointements d'un roche éruptive, liparite miocène. 

Ce chaînon ancien et éruptif du Bou-Arous est entouré de 
toutes parts par les sédiments miocènes et pliocènes, qui en font 
une lie de la mer pliocène. 

A TEstles collines marneuses des Isser Ouïdan appartiennent aux 
formations du Miocène supérieur et du Pliocène, en majeure partie 
ravinées et nivelées par les alluvions de la période* quaternaire. 

Vallée du Sébaou. — La dépression occupée par la vallée du 
haut Sébaou , entre le massif kabyle et les dernières pentes des 
contreforts de TAkfadou , est encore constituée par une zone mio- 
cène. C'était un véritable ftord qui a été pénétré successivement par 
les mers miocènes, chacune d'elles ayant une extension dilérente. 
C'est ainsi que la mer helvétienne est venue le plus profondément, 
battre le pied des contreforts des Ithourar et des Beni-Zikki. 

Les sédiments cartenniens ne paraissent pas s'être étendus jus- 
qu'à cette limite extrême; mais ils ont formé, en quelque sorte, au 
massif kabyle , une sorte de bordure, qui ne parait avoir été dé- 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 33 

passée que tout à fait exceptionnellemeat par les dépôts ultérieurs. 

La situation du Cartennien autour du massif kabyle est abso- 
lument remarquable , de même qu'autour de chacun des Ilots de 
terrains anciens isolés du massif (le Belloua, le chaînon d'Haus- 
sonvillerj[. 

Quant au Sahélien, il semble s'être arrêté au coude du 
Sébaou, en dessous d'Azazga. 

Ces conditions de sédimentation paraissent s'être poursuivies 
vers l'Ouest, du côté de Tembouchure de Tisser. Les collines mar- 
neuses, aux mamelons arrondis , aux surfaces dénudées caractéri- 
sent nettement cette zone. 

Pays des Issers. — C'est dans cette zone, comprise entre le Sébaou 
inférieur et le chaînon de Ménerville, que les bassins miocènes 
ont occupé leur plus grande largeur. Cette partie est rendue 
particulièrement intéressante par l'enchevêtrement de ses di- 
verses formations miocènes et surtout par les nombreux pointe- 
ments de roches éruptives qui les traversent. La grande zone 
éruptive du djebel Djinet d'un côté, de l'autre les Uots des flancs 
du Bouberak , qui la rattachent à la zone de Dellys; enfin les poin- 
tements du Nord de Bordj-Hénalel , viennent donner une grande 
complexité aux études géologiques , et laissent eucore en suspens 
la solution de nombreuses questions de détail qui éclaireront 
d'une vive lumière l'histoire géologique de cette importante 
région. 

Il convient maintenant , après cet aperçu général, de définir 
d'une manière plus précise les diverses formations géologiques , 
et leur influence sur les différents aspects que nous signale la 
configuration extérieure. 

§ I. — Terrains azoïçues. 

Sous cette désignation , on peut réunir la série de schistes an- 
ciens, à structure plus ou moins cristalline, fréquemment modi- 
fiés par des intrusions de roches granitoldes; ces terrains peuvent 
se diviser en deux groupes : à la base , la formation des schistes 
cristallins; au-dessus des schistes et phyllades, mélangés de 

I. 3 



34 LA KABYLIE. 

conglomérats , dont la présence , à Tappui d'autres caractères 
distinctifs, implique une différence bien tranchée avec le terrain 
inférieur. 

1®. — SCHISTES CRISTALLINS. — TERRAIN CRISTALLOPHYLLIEN. 

Ces terrains qui occupent tout le massif central kabyle, ont 
été depuis longtemps reconnus et signalés. M. Ville, principale- 
ment, a indiqué leur extension et décrit les différents poiatements 
isolés de la masse principale. M. Pérou a étudié d'une manière 
particulière la constitution de la partie Nord du massif; il en a dé- 
crit les principales roches et leur distribution. 

A un point de vue général, ce terrain présente dans l'en- 
semble une grande monotonie de faciès; les roches se renouvel- 
lent et se succèdent sur de grandes épaisseurs sans modifications 
remarquables. Les études de détail permettent de constater, en 
bien des points, les actions métamorphiques éprouvées par les 
schistes sous l'influence des filons de granulite, et leur transfor- 
mation en roches gneissiques. Mais les observations intéressantes 
que j'ai déjà réunies sur cette question, ne m'autorisent pas encore 
à généraliser, et à attribuer à l'ensemble des gneiss la même ori- 
gine. 

Les roches, envisagées dans leur structure macroscopique, se 
rapportent aux deux types généraux des gneiss et des micas- 
chistes, auxquels s'ajoutent , d'une manière tout à fait secondaire, 
des calcaires cristallins. 

Gneiss, — Cette roche se présente sous ses différents aspects : 
gneiss rubané à mica noir, gneiss granitolde où la schistosité est 
à peine visible , gneiss glanduleux à gros noyaux de feldspath et 
de quartz. Les roches gneissiques sont fréquemment traversées 
de filons de quartz, de granulite à mica blanc, de pegmatite à 
grands cristaux de feldspath et à grandes lames de mica blanc. 
En quelques points, le gneiss est complètement pénétré d'une 
granulite à mica rare, qui forme des amas d'une certaine éten- 
due. Ailleurs des roches feldspathiques , plus ou moins tourmali- 
nifères, renfermant parfois des grenats, traversent en filons 
étroits la zone des gneiss. 



DESCRIPTION GEOLOGIQUK. 35 

Le granité est très rare, et n'occupe que des zones restreintes, 
à l'exception de la bande remarquable que s'étend au Nord de 
Ménerville et qui parait devoir être rapportée à une roche ter- 
tiaire. La situation isolée de ce dyke laisse place à cette hypo- 
thèse que j'examinerai plus loin. 

Quoi qu'il en soit de l'origine plus ou moins métamorphique 
de ces gneiss, ils se présentent en une masse compacte d'une 
entière cohésion et d'une grande puissance qui occupe un peu 
moins de la moitié du massif kabyle , dans la partie septentrio- 
nale. 

Micaschistes, — Les schistes qui forment une zone indépen- 
dante de la précédente présentent toutes les variétés de mica- 
schistes, depuis les roches constituées uniquement de paillettes de 
mica jusqu'aux schistes micacés. On y trouve les micaschistes à 
mica noir, riches en quartz , qui se présente souvent en lentilles 
allongées ; les micaschistes à mica blanc encore plus quartzeux. 
Ces roches se dissocient avec une extrême facilité , et la surface 
ne montre le plus souvent que des paillettes de mica et des débris 
de quartz. Ces vrais micaschistes sont, du reste, peu développés 
en surface; ils passent à une série de schistes micacés, de schistes 
sériciteux, dont la succession est difficile à suivre dans un massif 
aussi bouleversé et enfaillé. 

La partie supérieure est représentée par des schistes phylladi- 
formes, lustrés, satinés, qu'il est difficile de séparer de la série 
primitive; ils se distinguent du reste par un ensemble de carac- 
tères assez tranchés de la formation suivante des schistes détri- 
tiques. En quelques points, ces schistes soBt nettement modifiés 
par des filons de granulite, qui leur donnent uoe structure gneis- 
sique, mais sur des zones bien localisées, et dont l'origine ne 
peut laisser aucun doute. Ces roches se distinguent des gneiss par 
une tendance prononcée à la désagrégation des noyaux glandu- 
leux de quartz et de feldspath. Elles sont, du reste, très peu 
étendues, et la masse compacte des schistes ne présente , en gé- 
néral, que des filons de quartz d'une faible largeur. 

Calcaires cristallins. — Des calcaires cristallins, parfois en 
masse considérable, quelquefois en zones étroites, se montrent 



36 I^ KABYLÏE. 

intercalés in différemment dans les gneiss et les micaschistes. Ils 
sont le plus souvent entièrement cristallins, blancs, très com- 
pacts, mais nettement stratifiés; ils affectent généralement la 
disposition en lentilles, mais peuvent se présenter en couches 
de faible épaisseur, nettement interstratifiées dans les schistes 
cristallins. La pyrite de fer s'y rencontre fréquemment en petits 
cristaux, dont la décomposition donne lieu à des calcaires fétides, 
verdàtres, exhalant à la cassure une odeur très prononcée , comme 
ceux de Fort-National. — On y trouve aussi des paillettes de gra- 
phite. Ces calcaires blancs, saccharoldes, pourraient, sur bien des 
points, être utilisés comme marbres ; une exploitation de ce genre 
a été commencée dans les gorges de Foued Ksari, à 12 kilomè- 
tres au Nord de Drà-el-Mizàn. — On rencontre aussi des calcaires 
bleuâtres semblables à ceux du Bouzaréah (Alger), bien stratifiés 
soit dans les schistes, soit dans les gneiss. 

Situation. — Au point de vue de leur distribution géologique , 
ces roches anciennes se délimitent assez nettement dans la nature 
en deux groupes : les roches gneissiques avec granités, granu- 
lites et pegmatites , et les roches schisteuses plus ou moins mi- 
cacées; les calcaires forment des ilots dans Tun et l'autre groupe. 
Les zones occupées par les gneiss se reconnaissent à leur allure 
plus rocheuse, à leurs crêtes plus accidentées; les pentes des 
ravins y sont plus abruptes, tandis que les contreforts formés par 
les schistes présentent des ondulations plus douces, plus régu- 
lières, et des pentes plus propices à la culture. Les premières sont 
principalement le siège des quelques zones forestières, d'ailleurs 
peu étendues, qui se montrent au milieu du massif kabyle, sur- 
tout dans la partie occidentale , le massif des Flissa et la chaîne 
de Timezerit. 

Toute la région formant le p&té montagneux du massif kabyle , 
est entièrement constituée par les schistes cristallins. Les limites 
à l'Est, au Nord, à l'Ouest et au Sud-Ouest , sont nettement indi- 
quées par les dernières pentes , qui dominent la zone de dépres- 
sions entourant le massif. Au Sud, le terrain s'étend jusqu'au 
flanc des rochers du Djurjura, où il se met en contact, le plus 
souvent par failles, avec les terrains jurassiques. Au Sud-Est, chez 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 37 

lesIUoula-ou-Malou, ces schistes cristallins s'élèvent sur les pentes 
de la chaîne au-dessus du village d'Alt-Àziz. 

Les gneiss présentent un développement continu sur toute la 
partie Nord du massif, dans toute son étendue de TEst à TOuest, 
à exception d'une bordure qui forme limite ; cette zone gneis- 
sique, dans le massif des Zouaoua, atteint 10 kilomètres de lar- 
geur; elle se resserre à l'Ouest ^ chez les Maâtka , et vient former 
la majeure partie de la crôte des Flissa(Timezerit). La route, qui 
conduit de Tizi-Ouzou au col de Tirourda, permet de traverser 
obliquement toute la série de ces terrains, et d'en suivre toutes 
les modifications. Dans la première partie de la montée, au-des- 
sus du mamelon de Taksebt, ce sont les micaschistes qui bientôt 
font place aux gneiss, que l'on suit dans tous les lacets de la 
montée de Fort-National. Un Ilot de calcaire cristallin, très ré- 
duit sur ce point, vient se montrer entre Tamazirt et Azouza» Au 
delà de Fort-National , on suit ces gneiss , se superposant avec une 
inclinaison constante au Sud ; sans pouvoir apprécier la puissance 
de ce terrain, il est certain que son épaisseur atteint plusieurs 
milliers de mètres. — Sous le village de Taskenfout, à quelques 
kilomètres d'Ain -el-Hammam (Hichelet)^ on voit reparaître les 
schistes micacés, que la route ne quitte plus jusqu'à la maison 
cantonnière de Tizi-n'Djemà, au pied de la montée de Tirourda. 

Toute la zone méridionale du massif kabyle, tous les contre- 
forts qui ont leur point d'attache à la grande chaîne , appartien- 
nent à cette graude série de schistes, qui occupent les contreforts 
des Ithourar et des Alt-Yahia , à l'Est. 

En résumé, le massif cristallophyllien est formé de deux ban- 
des contiguës sensiblement d'égale largeur; les gneiss au Nord, 
les schistes au Sud. Diaprés cette disposition , et par suite de la 
présence d*une bordure de micaschistes sur le flanc Nord, et dans 
le massif du Belloua, il est permis d'admettre, d'une manière 
générale, que les gneiss forment une voûte auticlinale, très dis- 
loquée et irrégulière, dont les flancs sont recouverts par les mi- 
caschistes. 

Les Ilots de calcaire cristallins sont plus étendus dans les 
gneiss. Le plus important est celui de Fort-National, d'une Ion- 



38 LX KABYLIE. 

gueur de k à 5 kilomètres de TOuest à FEst, avec une largeur 
maxima de 1500 mètres. Ce calcaire est exploité en carrière. Au- 
dessus de Djemà-Sahridj, sur le bord même du massif, les ro- 
chers de Fiouan, formant escarpement, sont constitués des mêmes 
calcaires blancs , cristallins. Des Ilots nombreux se montrent dans 
la chaîne de Timezerît; un des plus remarquables se montre sur 
le flanc Nord, au-dessous des Ouled-Alian, à 5 kil. d*Hausson- 
viller. 

En dehors de ce massif kabvle, les formations cristallines 
occupent plusieurs Ilots qui ne sont que des dépendances ou des 
lambeaux de la zone continue qui s'étendait à TOuest , se rat- 
tachant probablement sur une certaine largeur avec les pointe- 
ments qui viennent aujourd'hui témoigner de l'étendue de ce 
massif ancien ; TUot du cap Hatifou , et le Bouzaréah. Cette zone 
ne me parait avoir été immergée au moins partiellement qu'à la 
fin de la période éocène. 

On trouve , au Nord du massif : 

1** Le Belloua et le djebel Aîssa-Mimoun , constitué essentiel- 
lement de micaschistes et schistes satinés , avec calcaires cristal- 
lins recouvrant les gneiss, qui se montrent seulement dans la 
coupure du Sébaou. 

2® Le chaînon d'Haussonviller, formé d'une série de mame- 
lons, parallèles à la chaîne de Timezerit , et d'une étendue de 12 
kilomètres; c'est une zone granito-gneissique , dans laquelle se 
montrent plusieurs Ilots de calcaire cristallin , rosé , à paillettes 
de mica. 

3** Région de Ménerville. — Les schistes micacés s'étendent sur 
l'axe du massif des Khachna, au Sud du col de Ménerville, et au 
Nord, le djebel Bou-Arous est constitué par des micaschistes, 
avec des gneiss dans les parties profondes. On y trouve quelques 
lentilles calcaires , notamment au-dessus de Zaàtra. 

2^. — GROUPE ARCHKEN. — PIIYLLADES, CONGLOMÉRATS ET QUARTZITES. 

Une puissante formation schisteuse surmonte la série des schis- 
tes cristallins, avec laquelle elle a été confondue. Au premier 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 39 

abord, les différences ne paraissent guère appréciables avec la 
partie supérieure du groupe des schistes précédents , qui se mon- 
trent faiblement micacés. Mais la présence dans cette nouvelle 
formation de roches conglomérées, de quartzites et de grès 
argileux d'origine détritique , indique une séparation nette avec 
les formations primitives cristallines. 

Les roches dominantes sont des phyllades argileux gris bleuâ- 
tres, quelquefois violacés, parfois assez rigides pour former des 
masses compactes à l'aspect rocheux. La surface est le plus sou- 
vent terne ; parfois elle présente un éclat brillant dû à la présence 
de paillettes de mica. Ces phyllades se dissocient fréquemment 
en baguettes fibreuses, qui prennent l'aspect de bois pourri. 
Ailleurs les schistes passent à de véritables argiles feuilletées 
verdàtres entremêlées de quartz blanc. Dans les parties infé- 
rieures se montrent des conglomérats schisteux , formés de frag- 
ments de schistes arrondis et disposés en tous sens, réunis par 
un ciment argileux. On trouve encore très fréquemment, et à diffé- 
rents niveaux, des conglomérats siliceux de grains de quartz ar- 
rondis, dont les fragments disséminés fournissent un excellent 
point de repère pour la détermination de ces schistes. En outre, 
des intercalations de grès argileux verdàtres , passant à des quart- 
zites, se montrent parfois sur de grandes épaisseurs. Ces assises 
schisteuses renferment aussi quelques zones de calcaires en bancs 
minces , différents des calcaires cristallins du terrain précédent. 
En résumé , les éléments lithologiques sont très variés , mais les 
phyllades et schistes lustrés dominent d'une façon absolue; on 
les traverse sur plusieurs kilomètres , sans modifications sensibles. 

De nombreux filons de quartz traversent ces schistes, qui de 
plus sont pénétrés, sur plusieurs points, de roches granulitiques, 
qui les modifient complètement et leur donnent une structure 
pseudo-gneissique. Ce sont de véritables phyllades gneissiques , 
qu'il n'est pas possible de confondre avec les gneiss précédents. 

Ces phyllades et quartzites renferment encore des amas de 
fer magnétique , distribués en couches et en lentilles , adoptant 
la structure de la roche encaissante , de telle sorte qu'une pla- 
quette de quartzite se montre peu à peu chargée de grains de 



40 LA KABYLIE. 

magné tite, remplaçant les grains de quartz. Ces Ilots métallifères 
se trouvent assez nombreux à Touest de Beni-Àmram , à Aln-Ou- 
drer, et sur les flancs du Chabet Zerzour. 

Cette série de phyllades et schistes s'éloigne , par la nature 
nettement détritique de quelques-unes de ses couches , du groupe 
des formations primitives. La discordance, indiquée par les 
conglomérats, est visible sur les bords de Toued Keddara, près 
du confluent de Toued el-Hàd, au pied Nord du Bou-Zegza. 
Cette formation vient donc se placer entre les terrains cristaUo- 
phylliens et les terrains paléozolques , et représente le groupe 
archéen ou précambrien. 

Ce terrain est bien développé dans la majeure partie du massif 
des Khachna, à TOuest de Tisser; il constitue également tous 
les lambeaux de terrains anciens qui se montrent entre Tisser et 
Foued Djemà^ au Sud-Ouest d'Isserville. Quelques lambeaux se 
montrent dans le chaînon d'Haussonviller, et sur le flanc Sud 
du Belloua, au-dessus de Tizi-Ouzou. Les études détaillées pour- 
ront sans doute en faire reconn€dtre quelques traces à la bordure 
Sud du massif kabyle, notamment dans la région des Flissa... 

§ II. — Terrains jurassiques. 

Les terrains jurassiques jouent un rôle capital dans la consti- 
tution des grandes crêtes rocheuses du Djurjura; en dehors de 
la chaîne , ils sont représentés par quelques pointements rocheux 
qui jalonnent vers TOuest Taxe d'une ancienne chaîne , dispa- 
rue sous les sédiments éocènes. 

La formation liasique , constituée par des calcaires de structure 
rocheuse , se présente dans les arêtes de la grande chaîne , tandis 
que la formation jurassique supérieure , composée de grès et de 
schistes , ne joue qu'un rôle secondaire , occupant une partie des 
grandes dépressions , concurremment avec les terrains éocènes. 

1^. — SÉRIE LIASIQUE. 

L'existence du lias dans le Djurjura a été signalée par la dé- 



DESCRIPTICXV GEOLOGIQUE. 41 

couverte par M. Letourneux d'une ammonite caractéristique du 
lias supérieur [Ammonites concavus, Sowerby). 

Les étages du lias présentent deux divisions distinctes , tant au 
point de vue lithologique que par les relations stratigraphiques. 
L'étage inférieur, qui parait représenter dans Tensemble le lias 
moyen , est de beaucoup le plus important par son extension et 
son développement en puissance; l'étage supérieur, équivalent 
du lias supérieur n'occupe qu'une faible étendue dans le Djur- 
jura. 

A. — LIAS MOYEN. — CALCAIBES COMPACTS DU DJUBJURA. 

Ce sont des calcaires généralement durs, à grain très fin, qui 
se présentent en bancs d'épaisseur variable, parfois très puis- 
sants, à peine séparés. De nombreux filonnets de calcaire spa- 
thiqiie traversent ces bancs et donnent à la roche un aspect semi- 
cristallin. Les calcaires, blancs ou grisâtres, présentent parfois 
une coloration rosée ou violacée , d'un bel aspect. Les bancs les 
plus compacts sont de véritables marbres, d'une structure uni- 
forme, rarement brécholde. 

Ces roches calcaires sont souvent pénétrées de silice noirâtre 
qui leur donne une extrême dureté; on rencontre aussi fré- 
quemment dans certains bancs une grande accumulation de 
rognons siliceux, qui se montrent en relief sur les surfaces cor- 
rodées avec des formes diverses. La présence de ces rognons de 
^ex, à surface rugueuse, est assez constante, et constitue un 
des caractères empiriques permettant , à défaut de fossiles , de 
distinguer ces roches liasiques, au moins dans la région. Les ro- 
gnons siliceux appartiennent probablement à des spongiaires. 

Quelques parties de ces calcaires ont été modifiées et passent à 
des dolomies; c'est ce qui existe principalement sur le flanc sud 
de TAzerou-n' Tirourda, à la montée du col de Tirourda. 

Les calcaires de cet étage forment des crêtes rocheuses dente- 
lées, des pitons aigus à flancs escarpés, le plus souvent abrupts, 
parfois de véritables murailles à parois verticales. La flanc nord 
de la chaîne du Djurjura en présente des exemples les plus typi- 
ques et les plus variés. 



42 L.\ KABYLIE. 

Ces rochers, le plus souvent absolument dénudés , se couvrent 
parfois , notamment sur le flanc Sud du Djurjura , d'une puissante 
végétation arborescente , et de magnifiques cèdres s'y montrent 
jusqu'à l'altitude de 2,000 mètres. 

Ce sont ces mêmes calcaires, avec leurs élancements hardis, 
leurs découpures pittoresques , leur aspect grandiose qui consti- 
tuent les crêtes rocheuses dans laquelle est entaillée la gorge du 
Chàbet-el-akra, et aussi les pics et crêtes dentelées de TOuarsenis. 

Les fossiles sont rares , et toujours empâtés dans des calcaires 
durs, ce qui en rend la détermination difficile. On y trouve des 
ammonites, généralement en fragments, des bélemnites, plus 
ou moins étirées , parfois des amas de brachiopodes (térébratules, 
rhynchonelles, spiriférines) , de nombreux articles et portions 
de tiges d'encrines, qui couvrent certaines couches, rarement 
des débris d'échinides (Cidaris). En quelques points les gastéro- 
podes sont assez abondants , mais toujours empâtés , et peu déter- 
minables. {Natica, Turrùella, Chemnitzia,) 

En dépit de mes recherches sur tous les points de la chaîne du 
Djurjura, il m'a été encore impossible de constituer une série , 
aussi importante que celle des calcaires de même âge de TOuar- 
senis, qui peuvent servir de type fossilifère *. 

J'ai déterminé dans le Djurjura, les espèces suivantes : 

Ammonites cf. Valdani d'Orb. 

Ammon, Loscombi Sow. 

Betemnites Sp. 

Terebratula (Waldh.) Waterhousi Davids. 

Rhpnchonella variabilis Scbl. 

Rhynch ietraedra Sow. 

Rhynch. cf. Moorei Davids. 

espèces caractéristiques du lias moyen. 

Les calcaires de celte formation se montrent, d'une manière 
presque absolue, entourés et recouverts par les formations juras- 
siques et éocènes; sur un petit nombre de points seulement, on 
les trouve en contact avec les terrains anciens (Beni-bou-Drar). 

1. FicuEUR, Soie géologique sur VOuarsenis (Assoc. franc, pour l'avanc, des 
sciences. Congrès de Paris 1889). 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 43 

Ils représentent certainement la formation sédimentaire la plus 
ancienne qui apparaisse dans la chaîne du Djurjura. C'est par 
une interprétation erronée de la situation des grès et des schistes 
jurassiques par rapport à ces calcaires, que Nicaise avait cru 
pouvoir annoncer Texistence probable des terrains paléozolques 
'Silurien et Dévonien) dans le Djurjura (1" édition de cet ouvrage) . 
L'épaisseur de ces calcaires est difficile à évaluer d*une manière 
précise ; à la montée de la route de Tirourda , ils se présentent au 
moins sur 250 mètres de puissance. 

B. — LIAS SUPÉRIEUR. — CALCAIRES EN DALLES DE LELLA-KHEDIDJA. 

Au-dessus des calcaires précédents repose en concordance, 
mais occupant seulement des surfaces très restreintes, une série 
d^assises calcaires, d'allure très différente, qui s'en distinguent 
nettement par leurs lignes des strates bien visibles à distance. Dans 
le Djurjura, ce terrain ne se montre que sur une partie de la crête 
de Lella-Khedidja, et constitue en particulier le sommet du pic, 
aussi que la majeure paiiiie du flanc nord. Il en existe encore des 
lambeaux puissants , mais peu étendus, sur le versant nord-est de 
la grande crête de THalzer, au nord de Tizi-Ogoulmime. Partout 
ailleurs, le terrain parait avoir été enlevé , si Ton en juge par les 
quelques couches marno-calcaires qui se montrent en plusieurs 
points à la partie supérieure des calcaires massifs du lias moyen. 

La base est constituée par des calcaires marneux au-dessus des- 
quels se montrent des calcaires durs, en bancs bien réglés, dont 
l'épaisseur varie de 5 à 25 centimètres. Les calcaires se débitent 
en plaquettes ou en dalles couvrant les pentes ; les couches s'in- 
tercalent de lits de marnes grises, parfois bariolées, rougeàtres 
ou lie-de-vin, qui donnent à Tensemble un aspect tout différent 
de celui des calcaires compacts sous-jacents. Ces calcaires renfer- 
ment aussi des parties siliceuses; on les voit passer irrégulière- 
ment à des brèches calcaires, dont la structure compacte ne diffère 
pas de l'aspect des autres couches calcaires. Ces assises nettement 
stratifiées, prennent un aspect rubané, qui permet de les distin- 
guer à distance de celles du lias moyen. Les crêtes sont moins 



44 LA KABYLIE. 

découpées, les pentes moins escarpées, moins rocheuses; c^est ce 
qui produit un certain contraste en particulier entre le versant 
nord et le flanc sud-est de Lella-Khedidja. 

Ces couches n ont pas moins de 120 à 150 mètres d'épaisseur 
sans modifications appréciables sur le flanc du Tamgout de Lella- 
Khedidja. 

Les fossiles y sont extrêmement rares, et ne se présentent que 
dans les couches marneuses de la base , dans la partie ouest de la 
chaîne du Djurjura. Ce sont des fragments d'ammonites en mau- 
vais état, parfois ferrugineux, des tronçons de bélemnites. J'ai 
déterminé seulement : Ammonites mimatensis d'Orb., du lias 
supérieur; c'est probablement de ces couches que provient Am- 
monites concavus^ Sow. = Amm. LythensiSj Wright, du lias 
sup. d'Angleterre. 

T. — SÉRIE JURASSIQUE. 

La formation jurassique, superposée au lias dans le Djurjura, 
comprend deux termes qui paraissent former une série continue , 
mais dont Tattribution exacte ne peut être précisée , faute de 
fossiles, que des recherches minutieuses , poursuivies sur bien des 
points, ne m'ont pas permis de découvrir. 

Au point de vuepétrographique, ces deux termes se définissent 
ainsi : 

A la base : Grès rouges et poudingues. 

Au-dessus : Schistes argileux et grès micacés. 

A. — Grès rouges et poudingues. — Ce terrain forme une bande 
continue et étroite aux flancs de la crête liasique de la chaîne prin- 
cipale du Djurjura, et présente, sur cette étendue de près de 50 
kilomètres, des caractères lithologiques bien constants. Ces grès 
ont participé aux grands plissements de la crête, et se montrent 
rejetés sur les deux versants. 

La roche type est un grès rouge brique constitué presque uni- 
quement de petits grains de quartz , moucheté de petits points 
blancs qui paraissent à première vue des grains d'un feldspath 
altéré. Çà et là se montrent quelques paillettes de mica. Ce grès 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 45 

se présente en bancs d^épaisseur variable, pouvant atteindre 50 
centimètres, intercalés de minces couches d'argiles rouges. Les 
premières couches sont presque partout plus argileuses; le grès 
est assez homogène dans toute répaisseur. A la partie supérieure 
intimement liés aux grès, se montrent des couches de poudingues 
avec la même coloration , qui semble indiquer la continuité des 
dépôts. 

Ces poudingues sont formés d'éléments de petites dimensions, 
principalement composés de grains de quartz , de débris de gneiss 
et de schistes, et de fragments de grès, réunis par un ciment si- 
liceux rouge. Ces roches se désagrègent sur certains points; les 
éléments roulés sont enlevés, laissant leur empreinte dans la gan- 
gue qui prend Taspect d'une roche scoriacée. On les rencontre 
d^une manière constante à la partie supérieure des grès, à la zone 
limite de la formation des schistes qui les surmontent; leur épais- 
seur est très variable ; ils atteignent parfois un grand développe- 
ment en même temps que les éléments sont de grande taille; 
ils sont particulièrement puissants au voisinage du village d'ÂIt- 
Abdallah , sur le flanc nord de l'Azerou-n' Tohor. 

La puissance moyenne des grès, telle qu'on peut l'obseiTer à 
la montée du col de Tirourda, sur le flanc sud de l'Âzerou- 
Tidjer, est d'environ 100 mètres ; ce qui donne pour la formation 
totale , avec les poudingues , une épaisseur approximative de 120 
mètres. 

Partout où ces grès ont une allure indépendante de celle des 
calcaires liasiques, ils forment de petites crêtes rocheuses, d'as- 
pect brun noirâtre ou rouge , qui n'offrent ni les dentelures ni 
les escarpements des calcaires. La surface est généralement brous- 
sailleuse, rarement boisée de manière à former une zone fores- 
tière. 

Dans toute la chaîne principale du Djurjura, les grès forment 
sur les pentes des crêtes calcaires , des bandes rougeàtres de 
coloration bien accentuée, qui permet de les reconnaître à 
distance. Dans ces conditions, la surface des grès a été, en géné- 
ral, aplanie par les ravinements violents des pentes, et ils ne 
paraissent former le plus souvent qu'une mince couverture sur le 



46 LA KABYLIE. 

flanc des calcaires. Quelle que soit la situation de ces grès, ils 
constituent toujours, entre les calcaires liasiques et les schistes 
qui les surmontent, un zone intermédiaire bien tranchée. Ils s'ap- 
puient toujours sur les calcaires, soit sur les calcaires du lias su- 
périeur partout où ils existent , soit, le plus souvent , sur ceux du 
lias moyen. Les ablations subies par les assises du lias supérieur, 
avant le dépôt de ces grès , paraissent indiquer une lacune d'une 
assez longue durée entre les dépôts de Tépoque liasique et la 
sédimentation des grès rouges. 

B. — Schistes argileux et grès micacés. — Cette formation 
schisteuse, bien que limitée à une étendue moins grande que 
celle des grès rouges dans la chaîne de Djurjura, occupe une 
surface plus considérable; elle se montre aussi plus puissante et 
remplit les principales dépressions comprises entre les crêtes 
rocheuses. 

Des schistes argileux , véritables phyllades de couleur gris-noî- 
ràtre ou bleuâtre, se succèdent sur une grande épaisseur, sans 
modifications bien sensibles; çà et là la structure phylladique est 
moins accusée, mais les argiles schisteuses sont toujours dures, 
écailleuses, se fragmentent en lamelles et en feuillets plus ou 
moins contournés. Dans ces schistes s'intercalent d'une manière 
irrégulière des bancs minces de grès quartziteux noirs ou verdâ- 
tres, fortement micacés; on y trouve aussi quelques couches de 
poudingues, de faible épaisseur, constitués presque uniquement 
de grains de quartz blanc, de la grosseur d'un pois, empâtés dans 
un ciment siliceux noirâtre. Ces poudingues sont très durs et se 
trouvent intercalés dans la masse, soit au milieu des schistes, 
soit au voisinage des grès. Ils diffèrent absolument d'aspect 
avec les poudingues rouges de la formation sous-jacente. 

Ces schistes argileux sont fortement laminés , contournés en 
tous sens; ils sont fréquemment traversés de filons de quartz 
blanc; j'y ai rencontré quelques veines de barytine à la montée 
de Tirourda. Par leur allure tourmentée, ils présentent l'aspect 
de schistes anciens, et ne diffèrent pas sensiblement, à première 
vue, de certaines zones de phyllades argileux de la formation 
cristalline. 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 47 

La surface de ce terrain présente des pentes en général adou- 
cies, ondulées, sans relief remarquable, et se distingue nettement 
de la ligne rocheuse des calcaires liasiques et aussi de la zone des 
grès rouges. Quelques parties, dans les dépressions, sont cultivées 
et plantées de figuiers, notamment dans la vallée des Aït-ou- 
Abane; le plus souvent le sol est broussailleux et ingrat. 

La puissance de cette formation schisteuse est difficile à évaluer, 
cependant il me parait impossible de lui attribuer une épaisseur 
de moins de 300 mètres. — Pas plus que dans la série des grès 
rouges, à laquelle ces schistes sont liés d'une manière intime, 
je n'ai été assez heureux pour rencontrer ici la moindre trace 
de fossiles. 

Cette absence de débris organisés laisse le champ libre à toute 
hypothèse sur la situation stratigraphique de cette double série 
d'assises. J'ai reconnu dans la région des Babors que ces schistes 
étaient inférieurs au néocomien; ils sont donc certainement de 
Tépoque jurassique. D*autre part, à TOuarsenis, une indication 
précieuse m'a été fournie par la présence de grès rouges et pou- 
dingues identiques d'aspect avec ceux du Djurjura, au-dessus des 
couches de Toxfordien supérieur. Les grès rouges me paraissent 
représenter le corallien , qui est gréseux dans la province d'Oran , 
et la série des schistes qui suivent appartient au jurassique su- 
périeur, dans une large limite. 

L'hypothèse de Nicaise, sur l'existence du silurien et du dé- 
vonien , représentés par ces grès rouges et schistes , reposait sur 
une interprétation erronée de la coupe de l'Azerou-Tidjer, que je 
donne plus loin (fig. 1, page suivante). 

SITUATION DES TERRAINS JURASSIQUES DANS LE DJURJURA. 

Les calcaires du lias moyen forment un grand pli anticUnal 
dont Taxe correspond à la grande ligne des crêtes de la chaîne 
principale jusque sur le flanc est de l'Azerou-Tidjer. Dans la par- 
tie occidentale (massif de l'Haïzer), les calcaires du'Uas supérieur 
montrent leurs strates fortement iucUnées sur le versant nord , et 
plusieurs failles, relevant les bancs calcaires massifs, donnent 



48 



L V KABYLIE. 



naissance à ces contreforts courts, escarpés , semblables à de gi- 
gantesques gradins. Sur les deux versants une étroite bordure 
de grès rouges s'étend d'un bout à l'autre de la chaîne , en pen- 
dage opposé. 

Une coupe remarquable est donnée par les tranchées de la 
route de Fort-National au col de Tirourda, qui entaille les calcai- 
i*es liasiques en deux points; sur le flanc de TAzerou-Tidjer au 
Nord, et sur les pentes de TAzerou-n^Tirourda, au Sud. 



Col de 
Tironrcla 



: Azcroa n'Tlroarda 
1957T 



Axeraa Tïdjer 






Tizi n'^eraÀ 




Fig 1 . — Coupe de la montée de la route de Tirourda. (Versant Nord.) 

1 



Échelle 



60.000» 



; hauteurs doublées. 



A. Sohkies cristaUliw. — B. Calcaires compacts; B. Cale dolomitiqnes. — (Lias moyen). — D. Urée 
ronges, D. Poudingnes. — E : Schistes argileux et grès micacés (Jorass. supérieur). — d. Argiles 
et grès à f aooldes (Éoc supérieur). — F. Failles. 



Les calcaires liasiques forment à TAzerou-Tidjer un pli anti- 
clinal très aigu, dont on distingue nettement les lignes à quelque 
distance, sur le bord opposé du ravin. Par suite d'un pli syncli- 
nal, les mêmes calcaires reparaissent à TAzerou-n^Tirourda où 
ils sont de nouveau plissés. Dans Tintervalle les grès 4*ouges et 
schistes jurassiques sont plissés en fond de bateau. 

Dans le chaînon de Lella Khedidja, les calcaires du lias moyen 
constituent tout le soubassement du pic sur les flancs duquel ils 
se montrent de trois côtés. Ils sont recouverts par les bancs 
calcaires du lias supérieur qui sont ondulés, au sommet du pic, 
et s'inclinent d'une manière très nette au Nord, pour passer sous 
les grès et schistes jurassiques, repliés ici en un synclinal, et par- 
tiellement recouverts par un Ilot important de terrain éocène. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 



49 



A l'Est du col de Tirourda, les calcaires liasiques ne forment 
que quelques pointements sous les schistes jurassiques; mais ils 
reparaissent pour former la crête du Tîzibert et des Alt-Zikki , 



LeDa-Khedicya 
2308'P 



.Abonni Louara 



1700» 







Pig. 2. — Coupe du Tamgout de Lella Khedidja. 

1 



Echelle 



60.000« 



; haut, doublées. 



B. Calcaires da lias moyen. — C. Cale, du lias supérieur. — D. Grès rouges; D^ Poudingues; E. 
schistes argileux (junss. supérieur.). — a. liâmes rouges, giès et oaloalres brèches à nnminu- 
Utes (éooène moyen A). 

jusqu'à Tizi-n'Chrîa. Le versant Nord est constitué par un plisse- 
ment des schistes et grès jurassiques, laissant reparaître au Nord 
quelques pointements calcaires du lias moyen. 

En dehors de la chaîne du Djurjura, les terrains jurassiques 
ne sont représentés que par quelques Ilots rocheux de calcaires 
du lias moyen et supérieur, faisant saillie au milieu des terrains 
éocènes. Les principaux sont : le pointement duTegrimount; celui 
de l'Azerou-n'Cuergour, dominant l'entrée des gorges de Tisser 
{côté Sud) ; le dôme de TAzerou-n'Aïn-Sultane, au Sud du djebel 
Ammal, etc. 



§ m. — Terrains crétacés. 

Les terrains crétacés ne prennent qu'une part secondaire à la 
constitution géologique de la Kabylie, où ils forment deux 
bandes, Tune au Nord dans la zone littorale, l'autre au Sud, en 
dehors du Djurjura et de son prolongement occidental. 

La bande littorale se rattache à la grande formation crétacée de 
la région de Bougie et de la Kabylie des Babors ; la bande méri- 

I. 4 



50 LA KABYLIE. 

dionale est une dépendance du massif crétacé de TAtlas Métid- 
jien. 

Dans ces deux zones, le crétacé appartient à la série des étages 
moyen et supérieur. 

1®. — ÉTAGE ALBIEN (gAULt). 

A cette formation , bien développée dans la région de Bougie, 
et au Sud dans celle d'Aumale, n'appartiennent en Kabylie que 
deux zones très étroites : Tune formant une partie des contreforts 
des Beni-Meddour et des Beni-Yala, sur le versant Sud du Djur- 
jura; l'autre s'étendant sur le littoral, avec de nombreuses inter- 
ruptions depuis Azeffoun jusqu'au voisinage de Dellys. 

Les couches attribuées d'après Nicaise à l'étage Aptien , dans 
la première édition de cet ouvrage, en dessous de Tizi-Djaboub 
(Djurjura) appartiennent à une formation plus récente, celle des 
grès daniens. 

Le gault est ici très pauvre en fossiles; mais sa constitution 
lithologique , et ses relations stratigraphiques ne permettent pas 
de le confondre avec aucune des autres formations crétacées. 

Il est constitué par une épaisseur considérable d'alternances 
d'argiles et de lits gréseux; les argiles sont schisteuses, se débi- 
tent en petits feuillets minces; les grès sont durs, quartziteux, 
jaunâtres, ferrugineux, généralement fragmentés en plaquettes à 
surface légèrement ondulée , et très fréquemment impressionnés 
de lignes sinueuses en relief. Les argiles sont noires ou brunes, 
dures , formant sur le flanc des ravins des escarpements caracté- 
ristiques ; elles constituent un sol aride , couvert de broussailles 
courtes , mais devenant forestier avec le développement des grès. 

20. — ÉTAGE CÉNOMANIEN. 

L'étage Cénomanien , avec son faciès typique, n'existe pas dans 
la Grande Kabylie. Il n'y en a pas de traces dans la zone crétacée 
du versant Sud du Djurjura. J'attribue à cet étage une série d'assi- 
ses dont Fensemble constitue la majeure partie du crétacé de la ré- 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 51 

gion d'Azeffoun dans les Zerkfaoua et une partie des Beni-Djennad, 
sar une longueur d'environ 30 kilomètres, de TOuest à l'Est. Ces 
terrains n'ont encore fourni aucun débris fossile, et leur attri- 
bution n*est basée que sur la situation stratigraphique entre le 
Gault et le Sénonien. 

Cette formation peut se définir de la manière suivante : 

1^ A la base : Grès plus ou moins puissants, nettement stratifiés, 
intercalés de marnes grises et de couches irrégulières de calcaires 
bleuâtres en lits minces. 

a**Maumes calcaires gris bleuâtres avec grès argileux en couches 
minces, ondulées et contournées, et argiles schisteuses se débi- 
tant en feuillets minces. 

3^ Grès avec intercalations argileuses, distribués en bancs bien 
stratifiés, moins puissants qu'à la base. 

Toutes ces couches sont, en général, à stratification nette 
moins manifeste cependant pour l'assise 2. Les grès supérieurs 
forment des crêtes bien marquées dans les parties élevées du mas- 
sif. Ce terrain est fortement plissé , enfaillé ; mais le plongement 
général a lieu vers le Sud. 

La puissance de cette formation dans le contrefort qui pro- 
longe au Nord le Tamgout des Aït-Djennad est supérieure à &00 
mètres. Tous les contreforts des Zerkfaoua, qui s'élèvent jusqu'au 
voisinage de 1000 mètres, sont formés par ce terrain, qui se 
montre dans le fond des ravins, sauf dans les parties basses , où il 
recouvre le Gault. 

fen ai rien reconnu dans toute la Grande Kabylie qui puisse 
être rapporté à l'étage Turonien. 

30, — ÉTAGE SÉNONIEN. 

Le terrain Sénonien se montre, dans la région de Palestre et 
de Ben-Uaroun, et dans la région littorale, aux environs de Del- 
lys, comme une dépendance de la puissante formation qui consti- 
tue la majeure partie de l'Atlas Hétidjien. Il présente ici un faciès 
vaseux; les fossiles y sont rares, très disséminés et peu variés. A 
ce point de vue , la formation diffère absolument de celle qui s'é- 



52 LA KABYLIE. 

tend plus au Sud, à la bordure des Hauts-Plateaux, dans la région 
de Bogharî , et à TEst , aux environs de Bordj-bou-Arréridj et de 
Sétif. 

Ce terrain est essentiellement marno-calcaire, mais plus spécia- 
lement marneux ; les calcaires s'y montrent d'une manière irrégu- 
lière , affectent la disposition en lentilles , et ne présentent pas de 
stratification nettement tracée comme dans le Cénomanien. 

Les marnes se présentent sous différents aspects se rattachant à 
deux types principaux. 

A la partie inférieure , se trouvent des argiles marneuses très 
foncées, noires et bleuâtres, schisteuses mais fissiles^ se débitant 
en petites feuillets minces. De nombreux filonnets de calcite tra- 
versent ces marnes dans toutes les directions, et leur donnent par- 
fois une rigidité qui se traduit par des escarpements à pente très 
forte sur le flanc des ravins. Ces marnes renferment frécpiem- 
ment des blocs arrondis, lenticulaires, d'un calcaire jaune à 
la surface, bleu à Tintérieur, et parsemés sans ordre dans la 
masse. Ces blocs sont de toute dimension, et atteignent par- 
fois un volume énorme, avec une épaisseur de 3 à 4 mètres. Par- 
fois ces nodules jaunes sont disposés en zones dont l'orientation 
donne quelques directions de strates. 

Ces marnes noires, très puissantes par places, ailleurs rem- 
placées par des marnes grises délitescentes , passent insensible- 
ment à des marnes plus calcaires, d'un aspect différent. Celles-ci 
sont bleuâtres ou gris jaunâtres , schisteuses, dures, se débitant 
en fragments esquilleux; de place en place, des zones calcaires 
schistoldes donnent quelques lignes de strates, mais toujours 
interrompues et sans continuité. 

Ces marnes forment, en général , un sol ingrat et stérile , à 
peine couvert de quelques broussailles; mais, sur les points où 
elles se dissocient plus facilement, on trouve d'excellentes zones 
de culture, notamment dans la région au Sud de Ben-Haroun 
(Harchaoua) et dans la vallée de l'Oued Oubay (Dellys). 

Les environs de Palestro , les tranchées du chemin de fer sous 
la colline qui porte le village, permettent de se rendre compte 
des diversités de faciès du Sénonien. La ligne d'Alger à Cons- 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 53 

tantine traverse encore les couches fortement plissées et écrasées 
(le ce terrain , à la montée de Bouïra. Le Sénonien renferme ici 
de nombreuses masses lenticulaires de gypse , plus ou moins ter- 
reux; ces gypses avec le sel gemme qui les accompagne, ont 
créé mille difficultés à l'établissement de la voie ferrée. 

Une bande de Sénonien se prolonge vers l'Est, sur le versant 
Sud du Djurjura , dans les Merkalla et les Beni-Meddour. 

Au Sud de Ben-Haroun, ces marnes sénoniennes sont assez 
fossilifères et présentent les espèces caractéristiques : 

Ostrea proboscidea d'Arch. Ostrea Nicaitei, Coq. 

0. Pomelit Coq. O. acanthonota. Coq. 

0. Eenouif Coq. 0. Peroni, Coq. 

0. Villei, Coq. O. Vesicularis, Lamk. 

Partout ailleurs le terrain est très pauvre en fossiles , et ne 
présente que quelques traces d'Inocerames, rarement avec des 
portions de test, qui paraissent se rapporter à Inoceramus Cripsi, 
Lamk, et Inoc. Goldfussi, Mantell. 

Dans la région de Dellys , le Sénonien se développe avec des 
caractères analogues dans la vallée de Toued Oubay , et sur le 
versant Sud de la chaîne littorale jusque sous le Kef-Hakouda. 
Les lambeaux qui indiquent le prolongement de ce terrain à 
rOuest, se montrent de chaque côté de la route de Rébeval à 
Haussooviller, autour des fermes de Kouanine. 

V. — ÉTAGE DAMEN. 

Au-dessus du Sénonien, et formant une zone remarquablement 
continue depuis les Beni-Yala (versant Sud du Djurjura) , sur tout 
le flanc de la chaîne occidentale jusqu'au Bou-Zegza, s'étend 
une série d'assises argilo-grèseuses , dont l'aspect tranche d'une 
manière absolue sur le faciès des marnes calcaires du Sénonien. 

Cette formation débute souvent par quelques couches minces 
d'une roche détritique à petits éléments, qu'on peut à peine quali- 
fier de poudingue , et qui renferme parfois une véritable luma- 
chclle de débris d'Ostrea. Au-dessus se montrent des alternances 
d'argiles vertes et jaunâtres feuilletées , et de petits lits de grès 
durs quartziteux, qui se fragmentent en plaquettes, couvrant le 



à 



54 LA KABYLIE. 

sol. Ces alternances se reproduisent sur une épaisseur variable , 
qui en certains points atteint 150 mètres; les couches gréseuses 
sont très irrégulièrement réparties; parfois les argiles vertes 
dominent presque exclusivement et présentent des ravinements 
assez caractéristiques. Dans les parties élevées les bancs de grès 
deviennent plus épais, et on passe insensiblement à l'assise supé- 
rieure , où les bancs de grès durs , quartzeux , puissants de 50 
centimètres à 2 mètres, parfois accumulés en masses rocheuses, 
se succèdent avec de minces intercalations d'argiles schisteuses. 

Les assises de ce terrain sont fortement plissées et contournées ; 
les tranchées du chemin de fer de Palestro , à la sortie des gorges 
(côté Sud) , présentent de magnifiques exemples de ces plisse- 
ments. On traverse également ce terrain dans ses parties infé- 
rieures, aux abords de la station de Thiers ; et dans la montée 
d'Aomar à Bouïra, on peut encore admirer les remarquables dis- 
locations de ces couches gréseuses. 

Ce terrain est, le plus souvent, couvert d'une broussaille serrée, 
parfois impénétrable ; raremcntle sol y est cultivable, lesfragments 
et blocs de grès couvrant le sol de leurs débris. Les couches supé- 
rieures gréseuses sont souvent recouvertes d'une zone forestière 
(Ammal) . Dans les Ouled-el-Azïz (Bouïra) , le sol est utilisé par de 
belles plantations d'oliviers et de figuiers. 

Cette formation argilo-grèseuse repose toujours sur le Sénonien, 
en concordance apparente; mais elle déborde au Nord de la 
chaîne des Ammal pour s'étendre transgressivement sur les schistes 
anciens. Cette zone remarquable, qui n'a pas moins de 200 mètres 
de puissance avec tout son développement sur le flanc Sud du 
Bou-Zegza, forme partout le substratum des terrains éocènes; 
elle se prolonge vers l'Ouest, sur le versant Nord de l'Atlas mé- 
tidjien et se continue dans la partie littorale du massif de Cher- 
chell. Je n'en ai pas rencontré de traces dans la chaîne littorale 
(Dellys, Azeflfoun). 

§ IV. — Terrains éocènes. 

Les formations éocènes de la Kabylie se rapportent aux deux 
groupes de l'Éocène moyen et de TÉocène supérieur. Le groupe 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 55 

inférieur Suessonien n'est pas représenté dans cette vaste région ; 
par contre , il est développé presque exclusivement dans la Kaby- 
lie de Sétif et du Guergour. C'est également au Suessonien qu'il 
faut rapporter toutes les zones éocènes et lambeaux du massif qui 
borde les Hauts-Plateaux, au Sud d'Aumale et vers Boghari. 

Les formations de TÉocène moyen, ou du groupe Nummuliti- 
que, occupent une situation remarquablement indépendante et 
s'étendent sur une zone continue qui commence vers l'Ouest au 
Bou-Zegza pour se terminer à l'extrémité orientale du Djurjura. 
Cette zone n'est qu'un tronçon , mais de beaucoup le plus impor- 
tant en Algérie, d'une longue chaîne s'étendant sur tout le lit- 
toral, depuis le cap Tenès jusqu'en Tunisie. Mais cette chaîne est 
presque complètement démantelée; les terrains éocènes n'y sont 
représentés que par des lambeaux souvent très espacés , ou re- 
couverts par des formations plus récentes. La bande éocène de la 
Kabylie présente à ce point de vue , une importance capitale , en 
ce que les diverses formations y sont à découvert sur une étendue 
assez considérable pour permettre l'étude de toutes les modifica- 
tions qu'elles comportent. Elle peut être considérée comme clas- 
sique pour cette série d'assises , et ce n'est que par analogie avec 
les différents étages de la Kabylie qu'il est possible de déterminer 
l'âge des différents lambeaux éocènes, pauvres en fossiles, tant 
dans le littoral de la province de Constantine , que sur le flanc de 
TAtlas Métidjien, au djebel Chénoua, au cap Tenès. 

D'autre part les étages de l'Éocène supérieur s'y trouvent repré- 
sentés avec toute leur puissance, et les relations stratigraphiques 
s'y présentent d'une manière assez nette, pour que la Kabylie 
ait pu donner, par l'étude de ces terrains , la solution d'impor- 
tantes questions jde géologie générale algérienne , longtemps dis- 
cutées , notamment sur l'âge d'une remarquable formation de 
grès désignés plus loin sous le nom de Grès de Numidie. 

Les études détaillées poursuivies sur toute la région m'ont 
permis d'arriver à des conclusions précises sur la classification de 
toutes ces formations éocènes, d'un aspect très varié , mais ingra- 
tes par suite de la rareté des fossiles et du peu de netteté des 
zones de stratification. 



56 LA KABYLIE. 

Tandis que les dépôts de TÉocène moyen occupent une bande 
relativement étroite, cantonnée au flanc du Djurjura et à la chaîne 
occidentale, les assises de TÉocène supérieur s'étendent sur de 
vastes surfaces , notamment dans toute la région orientale (Akfa- 
dou), dans la chaîne littorale, et aussi, au pied du Djurjura (ré- 
gion de Drà-el-Mizan). 

A. — ÉOCÈNE MOYEN (GROUPE NUMMULITIQUE). 

La formation nummulitique n'est bien caractérisée que dans les 
calcaires massifs qui constituent une puissante assise, bien indivi- 
dualisée. Ces calcaires sont absolument distincts par leur struc- 
ture, mais surtout par les espèces entièrement différentes des 
nummulites , de ceux qui constituent des assises puissantes dans 
le Suessonien, notamment dans la région de Soukharras. 

Au-dessous de ces calcaires, une série de marnes, de grès calca- 
rifères , de poudingues et de puissantes brèches calcaires constitue 
la base de la formation ; les nummulites s'y rencontrent à différents 
niveaux, mais toujours en faible quantité, et parfois manquent 
totalement sur de grandes épaisseurs. On ne retrouve pas d'ac- 
cumulations comparables à celles des calcaires, sauf sur quelques 
points, dans les calcaires-brèches des couches supérieures. 

Au-dessus des calcaires, une série de marnes et grès débutant 
généralement par des poudingues , dont les éléments sont emprun- 
tés aux calcaires nummulitiques sous-jacents , renferme encore 
des nummulites, mais à Tétat d'exception; ces dépôts sont encore 
moins nummulitiques que les précédents , et sur de vastes espa- 
ces on ne rencontre que des traces de ces fossiles , empâtés dans 
les grès. 

Telles sont les trois divisions de l'Éocène moyen : Fétage inter- 
médiaire, formé par les calcaires à nummulites , pouvant être dé- 
signé sous le nom d'étage nummulitique, les deux autres forment, 
les étages infrà-,et suprà-nummuUtiques. 

Ces trois formations successives paraissent s'être déposées , en 
Kabylie, dans une sorte de long canal étroit, de plus de 100 kilo- 
mètres de longueur, compris entre le massif ancien au Nord et 



DESCRlPTiaV GÉOLOGIQUE. o7 

les terrains crétacés au Sud. Il est important de constater les re- 
lations étroites qui unissent cette zone nummulitique à la bande 
de calcaires liasiques ; ces relations sont surtout remarquables dans 
le Djurjura, où les calcaires du lias ont fourni de nombreux élé- 
ments à Faccumulation des poudingues répartis à di£Férents ni- 
veaux , ce qui indique nettement la présence de rivages escarpés 
de rochers liasiques battus par les flots de la mer éocène. D'au- 
tre part y il n'est pas moins intéressant de signaler les rapproche- 
ments et les relations du contact entre les calcaires liasiques et les 
calcaires nummulitiques qui présentent un aspect à peu près 
identique , à distance , à tel point que la confusion a pu s'établir 
entre ces deux séries, faisant préjuger de l'existence des calcaires 
nummulitiques dans toute la chaîne' du Djurjura, parla présence 
de quelques contreforts de ces roches si faciles à distinguer, 
tandis que les calcaires liasiques ne donnent souvent qu'un carac- 
tère négatif, l'absence de fossiles. 

La zone éocène repose d'une manière remarquablement cons- 
tante , sur le versant Sud, sur les argiles et grès du Danien. D'une 
manière générale, l'étage inférieur forme bordure au Sud, l'étage 
supérieur s'étend en couronnement et se développe sur le flanc 
Nord, tandis que les calcaires à nummulites n'apparaissent que 
par intervalles , le plus souvent par l'ablation du terrain supérieur. 

1*. — ÉTAGE INFRA-NU&IMULITIQUE. 

Cette première série de dépôts a la plus grande extension en 
longueur, et s'étend jusqu'à l'extrémité orientale du Djurjura, à 
Tizi-n' Ghria, mais en se maintenant d'une manière absolue sur 
le versant Sud de la grande chaîne. 

Ce terrain a participé, plus qu'aucun autre de cette série, aux 
mouvements qui ont produit le relief principal du Djurjura. Il se 
trouve porté au voisinage des crêtes, à Tizi Ogoulmine; et sur 
le flanc Sud de TAkouker , il forme des contreforts à 1875 mètres 
d'altitude. Dans le chaînon de Lella Khedidja, il forme même en 
partie le couronnement de la crête, à l'Azerou n' Takerrat (1915") 
et il constitue le piton d'Agouni-Louara (2018"). 



58 LA KABYLIE. 

Ce terrain présente une si grande complexité de structure , une 
si grande variété dans les distributions des roches, qu'il est im- 
possible de donner une définition précise de la nature pétrogra- 
phique et une division en zones bien tranchées. De toute la série 
sédimentaire des formations secondaires et tertiaires d'Algérie , 
il n'en est pas qui présente à un tel degré la réunion et Fen- 
chevètrement de tant de roches de nature diverse. J'ajouterai 
que c'est précisément cette complexité qui donne à cet étage son 
faciès particulier, ne permettant pas de le confondre avec aucun 
autre de la série tertiaire, de telle sorte que des lambeaux, même 
extrêmement restreints, appartenant à ce terrain, deviennent 
faciles à classer au simple aspect pétrographique pour le géologue 
familiarisé avec son alUire. 

Ce terrain se compose à différents niveaux, de : 1® Argiles 
schisteuses verdàtres, violacées ou lie-de-vin, intercalées de 
minces lits gréseux ou de calcaires schistoldes ; 

2** Marnes blanches et jaunâtres, avec bancs irréguliers de 
calcaires durs en dalles peu épaisses; 

3** Alternances de marnes grises grumeleuses et de grès cal- 
carifères jaunâtres; 

4** Brèches calcaires à petits éléments, parfois cimentés en 
bancs compacts et puissants, ayant l'aspect de roches calcaires, 
souvent distribuées irrégulièrement dans les couches précédentes ; 
ces brèches calcaires ont un aspect caractéristique ; 

5^ Poudingues à éléments de toutes dimensions depuis des 
graines de quartz de la grosseur d'un pois, jusqu'à d'énormes 
blocs calcaires, fortement cimentés, parfois intercalés dans les 
grès calcarifères, le plus souvent accumulés en grandes masses 
à la partie supérieure. 

Les roches conglomérées , brèches et poudingues , se montrent 
d'une manière très irrégulière et s'observent à tous les niveaux , 
principalement dans les zones moyenne et supérieure, où se 
développent sur un grand nombre de points de puissantes accu- 
mulations de poudingues , toujours locaUsés sur d'assez faibles 
largeurs. Il est remarquable de constater que ces poudingues sont 
puissants au voisinage des Ilots de calcaires liasiques disséminés 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 



59 



dans la chaîne des Beni-Khalfoun et des Àmmal; ils paraissent 
nettement correspondre à un dépôt de falaise, et sont, sur- 
tout en ces points , constitués de galets et blocs liasiques. 

Le versant Sud de la chaîne des Beni-Khalfoun, au Nord de 
Palestro, présente un développement remarquable de lasuces- 
sion de ces assises dans toute leur variété. Le sentier qui conduit 
au Tegrimount, sur le contrefort d'Azama, permet d'en suivre 
toute la série. Ces couches inclinées assez régulièrement au Nord, 
se replient pour former à la crête un pli anticlinal ainsi que 
rindique la coupe suivante : 



728^ 



Atoçha ^]^ 




Fig. 8. — Coupe du contrefort d'Azama au col des Ouled Abane. 

1 



Échelle 



ÔO.OOO» 



; haut, doublées. 



&3, So. Danien, argiles et grès. — AA^. lÉocène iufrà-nnmmiilitiqae; — A. Marnes et caloairos for- 
mant pli antlollnal ; — Aj , grès, brèches et pondingues ; — G. Grès des Beni-Khalfoon (snprà- 
nammaUtique) ; — G^. alternances de marnes et grès du même étagei 



Les couches de cet étage n'ont pas moins de 330 mètres 
d'épaisseur; elles ont été fortement disloquées et enlevées avant 
le dépôt des grès C, de telle sorte que les couches inférieures 
seules apparaissent au col. 

Les assises moyennes renferment dans les marnes, grès et 
petits poudingues, des nummulites en assez grande quantité; 
« les calcaires brèches supérieurs sont particulièrement remplis 
de ces foraminifères , avec lesquels on rencontre quelques frag- 
ments de Ostrea, cf. Brongmarti, Bronn. 

En s éloignant de ce point soit à TEst soit à TOuest sur la crête , 
on ne tarde pas à voir les couches supérieures s'intercaler de 
poudingues qui se montrent puissamment développés au djebel 
Ouled-Ben-Saâd , à l'Est du Tegrimount. A l'entrée des gorges 



60 



LA KABYLIE. 



de Palestro (Sud), on traverse une zone de poudingues d'une 
grande épaisseur, qui s'appliquent sur le rocher liasîque de 
FAzerou-n' Guergour, que la route traverse en tunnel. 

Dans tout le prolongement de cette chaîne, à l'Est, on peut 
suivre ce terrain avec ses dififérents aspects. La montée de la route 
d'Aomar à Drà-el-Mizan permet de le traverser avec un faciès 
assez monotone d'alternances de marnes jaunes et blanches et de 
grès calcarifères. (Voir plus loin, fig. 7.) 

A l'extrémité occidentale du Djurjura, une bonne coupe est 
donnée par le sentier qui conduit à Tizi-Djaboub. On y observe 
sur une épaisseur de plus de 300 mètres la superposition indi- 
quée par le croquis ci-dessous : 



S.SO. 



Tisi I^^aboub 



IfJE. 



mo» 




^ ' \ \ \ \ \ \ 



Fig. 4. — Coupe de la montée Sud de Tizi-Djaboub. 

Échelle ^— - ; haut, doublées. 
30.000» 

G. — Argiles et grès de Tétage danien. — 1. Hamee blanches et jaunâtres avec grès caloarifèree et 
calcaires, — brèches à petites nummulites. — 2. Marnes et calcaires en plaquettes et en dalles, avec 
nombreuses couches de poudingues ; — a , b. Niveau des nununuHtes. — 3. Grès calcarifères en 
bancs quelquefois puissante ; conglomérats peu fréquenta. — C, poudingues ; Cj , Grès et marnes de 
l'étage Bupri-nummulitique. 



L'assise 2 renferme de nombreuses nummulites libres, qui 
m'ont fourni les espèces déterminables ; les fossiles recueillis en 
ce point sont : 



Serpula spirulœa, Lamk. 
Janira^ sp. 

Turritella, Nerita, fragments. 
Polypiers {Solefiastrœa P) 
Nummulites Mauretana, n. sp. 
Numm, contorta, Defr. 
Numm. Rouaulii, d'Arch. 



Numm. Ixvigata, Lamk, yar. Leiourneuxi. 

Numm, Kabyliana, n. sp. 
Numm. Aturica, Joly et Leymeric. 
N. DjurJurensiSf n. sp. 
iV. Munieri^ n. sp. 



ï 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 



61 



On suit ce terrain sur tout le flanc Sud du Djurjura, où il 
constitue les contreforts remarquables du Ras Tigounatine et 
du Ras Taouialt, où les calcaires-brèches ont une grande 
épaisseur. 

Dans le chaînon de Lella Khedidja, les calcaires du lias moyen 
et supérieur, sont entourés dans une ceinture presque continue , 
boisée, les assises de notre étage, que Ton peut bien étudier au 
voisinage de la maison de Tala-Rana. De nombreux Ilots, dis- 
séminés à la surface des grès et schistes jurassiques, sur le ver- 
sant Nord du Tamgout, indiquent Vextension primitive. 

La situation de ce terrain éocène par rapport aux formations 
jurassiques, est indiquée par le diagramme suivant, à réunir à 
la fig. 2. 



RasTûâmi 



'OimiJiOliam 



Crête 




Fig. ô. — Yersant Est de Lella Khedidja. 

Echelle — - — ; haut, doublées. 
75.000 • 

X. Sehlsiefl cristalUus ; — /, 11m moyen ; r, lias supérleor. — J. Grès ronges et pondingnes jorMsI- 
qnes ; J, «chiitet argileux id ; — éoctoe: A, L Marnes schisteuses bariolées, cale en plaquettes ; 
3. Poudingnes et brèches calcaires à uummulites ; — D. Éocène supérieur ; — F. failles. 



Cette formation disparaît sous les argiles et grès de l'Éocène 
supérieur, mais on la retrouve à Chellata, sur le flanc du Tizi- 
bert, et sur toute la bordure des rochers liasiques des Ouzella- 
guen. 

2*". — ÉTAGE NUUMULITIQUE. (CALCAIRES.) 

Les calcaires à nummulites, qui présentent le caractère le plus 
saillant de cette série , sont distribués d'une manière irrégulière 
en Kabylie. Dans toute la région comme sur tous les points où 
j'ai pu les étudier, ils présentent un aspect analogue à celui des 
calcaires liasiques; comme ceux-ci, ils sont rocheux, escarpés, 



62 • LA KABYLIE. 

forment des pics et des crêtes dentelées, des murailles abruptes. 
A Texamen de ces roches, il n*est guère possible d'établir de 
confusion ; les calcaires éocènes sont presque toujours pétris de 
nummulites et d'alvéolines; d'autre part, les calcaires liasiques 
ont comme caractère distinctif, en dehors des rares fossiles, la 
présence des rognons et nodules siliceux qui ont été signalés 
ci-dessus. 

Le calcaire à nummulites est le plus souvent à grain fin et à 
texture régulière; parfois il cimente de petits grains de quartz. 
Il est dur, sub-cristallin, et compact. On trouve accidentellement 
les calcaires brèchoïdes, dans lesquels les fragments ont été repris 
sur place et cimentés par une marne rouge dure, qui n'enlève 
rien à la compacité de la roche. 

La stratification est généralement difficile à observer, les sur- 
faces étant plus ou moins recouvertes de blocs détritiques. 

D'une manière générale , ces calcaires se montrent toujours au 
Nord de la zone occupée par le terrain précédent, dont ils sont 
séparés par des Ilots de calcaires liasiques; ailleurs ils sont recou- 
verts partiellement par les couches de l'étage suprà-nummuliti- 
que qui s'étendent sur l'étage inférieur, de telle sorte que la zone 
de contact est masquée , et la superposition directe des deux for- 
mations n'est pas facile à observer. IjSl situation relative au Bou- 
Zegza est nettement indiquée par la superposition des calcaires 
nummulitiques à toute la série des poudingues inférieurs. 

D'autre part, le calcaire à nummulites se trouve cantonné ab- 
solument sur le versant Nord de la chaîne du Djurjura, tandis que 
l'étage inférieur occupe le flanc Sud. Cette situation respective 
de deux zones séparées par la grande chaîne jurassique parait 
indiquer un changement de bassin, conséquence d'une série 
d'oscillations intermédiaires aux deux formations. 

Sur le flanc Nord du Djurjura, les calcaires à nummulites 
atteignent leur altitude maximaà 1,550 mètres environ chez les 
Béni bou Rérdan; ils constituent un premier gradin en contre-bas 
de la crête principale. En plusieurs points, ils se montrent direc- 
tement superposés aux calcaires liasiques, parfois aux grès rou- 
ges, quelquefois même aux schistes cristallins. 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 63 

Les calcaires à nummulites sont répartis , dans la zone éocène 
de la Kabylie, en deux massifs assez éloignés, entre lesquels 
aucun lambeau apparent ne vient affirmer la continuité , qui ne 
saurait paraître douteuse; tout Tintervalle est occupé par les forma- 
tions plus récentes, principalement par le terrain suprà nummuli- 
tique. Le premier massif peut être désigné sous le nom de groupe 
de Tisser et du Bou-Zegza ; l'autre , à l'Est , forme le groupe du 
Djurjura. En outre, un Ilot très restreint, mais important par sa 
situation, se trouve à l'extrémité orientale de la chaîne, chez les 
Aït-Zikki. 

Dans le groupe de Tisser, les calcaires à nummulites forment 
les pointements rocheux du Coudiat Tricourbas , Tun des som- 
mets du djebel Ammal, partiellement recouverts par la forma- 
tion suivante. Il est évident que dans toute cette région les calcaires 
ont été recouverts par la formation suprà-nummulitique ; ce n^est 
qu'à la suite des mouvements ultérieurs et des dénudations que 
les calcaires sont devenus visibles. Les ravinements profonds les 
amènent au jour, et en particulier, la grande coupure de Tisseï 
a joué, à cet égard, un rôle important. A peu de distance, à 
l'Est, dès que la chaîne prend des reliefs plus considérables dans 
le massif des Beni-Khalfoun , les calcaires ne se montrent plus, et 
l'on ne rencontre que l'étage supérieur. Aussi ne doit-on pas 
s'étonner des nombreuses interruptions de continuité qui rédui- 
sent ces calcaires à Tétat d'Ilots, et même de cette grande lacune 
qui s'étend jusqu'au Djurjura. 

La route qui traverse les gorges de Tisser permet de rele- 
ver la succession des diverses zones de la formation calcaire, 
avec les nombreuses failles et les plissements qui l'ont acci- 
dentée. 

Les calcaires y présentent une épaisseur totale de 150 à 200 
mètres, et renferment les espèces suivantes : Nummulites Kabij- 
liana, Ntimm. Aturica, Numm, Djurjurensisj Assilina granulosa, 
avec des Alvéolines, des Orbitoldes, des Miliolidées. 

A TEst de Tisser, les pointements sont plus restreints, les rela- 
tions des diverses formations jurassiques, éocènes et oligocènes, 
sont indiquées dans la coupe schématique suivante : 



LA KABYLIE. 

Dans le Djurjura, les premiers 
lambeaux se montrent chez les 
Béai bou Dror (Bou-Adenane), à 
i l'état de rochers peu étendus, au 
I voisinage des calcaires liasiques. 
° La masse la plus importante forme 
' le Khouriez, promontoire escarpé 
t (1532") en avant du Djurjura et 
j presque indépendant. Puis une 
zone continue se développe sur 
le ilanc de la grande chaloe , 
■* I V chez les Alt-bou Addoii, et les Alt- 

f ^ f hou-Rerdan , et se termine A l'Aze- 

^ Ê. - rou-Mendès, gigantesque masse 

I 4 * rocheuse en sailHe vers 'le Nord- 

S I -^l Ouest. 
■S -J' d £ A l'extrémité orientale, chez les 

B a a^ Alt-Zikki , les calcaires à nummu- 

§• a o I ' 

8 ". j-H lites forment une petite crête re- 
^ « S «1 marquablement dentelée, adossée 
Û es. *"* terrains jurassiques. 



i% 



s 



— ETAGE SrPBA-NDHHULITIQOE. 
g ^ (POUDINGUES El GRÈS DE DBA-BL- 

I I Cette formation est en discor- 

1*' dance absolue avec les précéden- 
I tes; relativement aux calcaires, il 
I n'y a pas de plus belle démonstra- 
I tion que l'accumulation des galets 
I et blocs de calcùre nummuUiique 
>i dans les poudingues, qui consti- 
tuent presque partout la base de 
notre terrain. Avec l'étage infé- 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 65 

rieur, la discordance est manifeste en bien des points dans le 
massif des Beni-Khalfoun. 

La constitution de ce terrain est assez simple; c'est un mé- 
lange de couches arénacées et argileuses avec dés intercalations 
de poudingues à différents niveaux, mais présentant surtout de 
grandes accumulations de conglomérats à la base. Il y a princi- 
palement à remarquer l'absence des éléments calcaires, qui cons- 
tituent entièrement le terrain précédent et qui prédominent dans 
rétage inférieur. 

La succession des dépôts parait avoir subi une marche gra- 
duelle du Sud au Nord ; c'est ainsi que l'assise inférieure déve- 
loppée sur le versant Sud et une partie de la crête parait distincte 
et presque indépendante des assises du versant Nord. 

Grès des Beni-Khalfoiin, — Sur le flanc Sud et sur une partie 
de la crête des Beni-Khalfoun, ce sont des grès grossiers, jaunâ- 
tres, ocracés, avec poudingues à petits éléments; ils sont distri- 
bués en bancs d'épaisseur irrégulière , entre lesquels s'interca- 
lent de minces lits d'argiles verdàtres. Ces couches sont très 
friables, et dans les parties supérieures conglomérées, les grains 
de quartz et petits fragments de calcaire liasique couvrent le sol 
de leurs débris. Dans ces poudingues se trouvent les premiers 
galets de calcaire à nummulites roulé , mais ces galets sont extrê- 
mement rares. Ces grès ne présentent nulle part une apparence 
rocheuse ; ils diffèrent absolument par leur structure et leur allure 
des grès de TÉocène supérieur. 

Ce terrain est facilement reconnaissable à distance par la na- 
ture de sa végétation. Il forme des croupes arrondies, sans aspé- 
rités rocheuses. C'est une zone éminemment forestière, présen- 
tant un beau développement de chênes-liège , moins vigoureux 
cependant que ceux de rAkfadou; sur ce terrain se développent 
les forêts de Tegrimount, de Matoussa, de Guergour, de Begass. 

Ces grès, d'une épaisseur moyenne de 100 mètres, ne m'ont 
pas donné trace de fossiles; à la partie supérieure, les poudingues 
deviennent plus grossiers et se rattachent à la grande zone qui 
caractérise surtout cet étage. 

Poudingues et grès de Drâ-el-Mizan. — A la base se trouvent 

I. 5 



66 LA KABYLIE. 

généralement les poudingues à ciment argileux ou calcaire, 
éminemment caractérisés par Tabondance des fragments cal- 
caires, galets et blocs énormes, parmi lesquels se montrent tou- 
jours et parfois en majorité les débris du calcaire à nummulites 
de Tétage précédent. C'est au flanc du Djurjura que Ton peut 
observer la plus grande accumulation de ces poudingues. En 
suivant la crête , à TEst de Tizi-Djaboub , on rencontre les pre- 
miers ilôts de ces poudingues, qui constituent à peu distance une 
grosse masse rocheuse (Agouni-Lebkhal) ; les galets et blocs de 
calcaire nummulitique, entièrement roulés, donnent de fort beaux 
échantillons de ces calcaires. Les bancs de poudingues se mon- 
trent jusqu'à 1700 mètres d'altitude et forment le premier gra- 
din , accolé au flanc Ouest du massif de l'Halzer ; leur puissance 
ici dépasse 500 mètres. C*est la plus grande accumulation de 
dépôts détritiques que j'aie pu observer dans la région, où les 
poudingues sont si répandus à difierents étages. 

Ces poudingues, d'épaisseur très variable, et très réduite à 
peu de distance, sont recouverts d'alternances de grès plus ou 
moins grossiers et de marnes grises grumeleuses, très rarement 
schisteuses. Les grès sont jaunâtres, friables, souvent micacés; 
les alternances se succèdent en nombre indéfini , sur une grande 
épaisseur, et constituent un terrain des plus monotones. En 
beaucoup de points, les lits marneux l'emportent sur les grès, 
comme chez les Nezliona. On retrouve souvent à difi*érents ni- 
veaux de ces couches de nouveaux bancs de poudingues, formant 
des lentilles irrégulières, et toujours bien caractérisés par la pré- 
sence des galets de calcaire nummulitique. 

Les poudingues sont parfois rocheux, comme dans le Djurjura, 
et vers Drà-el-Mizan ; ils forment des escarpements grisâtres, aux 
flancs broussailleux ou boisés; le terrain argilo-grèseux forme 
des contreforts et croupes ondulés , gazonnés ou couverts d'une 
courte broussaille; mais les parties où les marnes dominent, 
chez les Nezlioua , les Ammal , donnent de bonnes terres de cul- 
ture, avec figuiers, oliviers, en beUes plantations. 

Ces grès ne renferment que des nummulites, rarement déga- 
gées, le plus souvent à la surface des grès. Ces nummulites ap- 



1 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 67 

partiennent à des espèces différentes de celles des étages pré- 
cédents; les principales sont : Nummulites perfora ta y Assilina 
exponens. 

Le voisinage immédiat de Drâ-el-Mizan présente un des exem- 
ples les plus remarquables de la variabilité des couches de ce 
terrain et des nombreuses récurrences de poudingues ; les couches 
y sont fortement plissées, ainsi que les tranchées de la roule 
permettent de le constater. 







Fig. 7. — Coupe d'Aomar à Dra-el Mizan. 

Échelle , haut, triplées. 

80.000« *^ 

A. Étage infrà«nummalitiqae ; manies et grès calcaires ; — 0. Foadingnes; C \, Grès jaon&tres friables, 
Cg. Alternances mamo-grèseuses (étage suprà-nammalltique). — B. Argiles bariolées et grès 
qnartxenx (Komidien) ; — n. Conglomérats ; atterrissementa miooènes de BouXra ; — h. Marnes 
et grè* à Ottrta eraêiUHma (helTétien). 



Cette formation contourne l'extrémité occidentale du Djurjura, 
s'étendant au Sud sur l'étage inférieur, au Nord sur les calcaires 
à nummulites. Sur le versant Sud, les derniers lambeaux peuvent 
s'observer à Tizi Boulma; je n'en ai pas observé plus à l'Est. 
Sur le versant Nord, ce terrain constitue la majeure partie des 
contreforts des Guechtoula ; chez les Beni-bou-Addou , les couches 
repliées en fond de bateau , montrent bien leurs relations avec 
les calcaires à nummulites. (Fig. 8.) 

Cette formation se montre ici en relations continues avec les 
calcaires nummulitiques. 

En résumé, cette série de dépôts de TÉocène moyen est 
caractérisée , dans les deux étages infrà et suprà nummulitiques , 
par la présence de conglomérats , entre lesquels vient se placer 
la formation des calcaires à nummulites. Ces dépôts corres- 
pondent à deux périodes d'agitation locale, annonçant les grands 



LA. KABYLIE. 



mouvements du sol, qui ont fait émerger toute cette formation, 
et préparé les grands plissements da Djurjura. Au milieu se 
place une période de sédimentation calme, pendant laquelle se 



Fig. 8. — Contrefort d«i Bcni-boo-Addon. 

Écballe ; hant. doDbléei. 

«O.OOO* 

1, CklcalreB llulqDo :~ J. Orta loagte jnmiiIqaH; — B. Calolra à DumniiIiUi ; — C. PoudiuffOM ; 



sont formés les calcaires , dans une mer où pullulaient lea fora- 
minifères (nummulites , alvéolines, orbitoldes, etc.). 



- IfOCENE StlPEBIBUB. 



Le groupe de l'Éocène supérieur diffère de la série num- 
mulitique de l'Eocène moyen, d'abord par ses caractères pétro- 
graphiques, ensuite par l'absence ou l'extrême rareté des num- 
mulites. D'une manière générale , c'est un ensemble de grès 
quartzeux, parfois remarquablement homogène, avec des argiles 
schisteuses ou feuilletées, à faciès crétacé; les calcaires y sont 
rares et représentés seulement par des lentilles ou plaquettes 
minces de marno-calcaires qui sont le gisement habituel des 
fucoldes caractérisant ces dépôts. En dehors de ces fucoldes, 
dont les gisements sont très disséminés, et de rares nummulites 
appartenant à de petites espèces , les fosàles font absolument dé- 
faut. Ces caractères rapprochent cette série de formations du 
Flysch alpin et du Macigno italien ; à l'inverse de ce qui se pré- 
sente pour la Suisse et la Ligurie où ce faciès correspond d'une 
manière très inégale à divers étages éocènes et oligocènes , nous 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 69 

pouvons donner en Algérie des limites précises, qui paraissent 
correspondre à la période de FÉocène supérieur. C'est encore la 
Kabylie, dans sa partie orientale, qui a fourni la solution sur 
Y&ge de ces formations. 

Ce n'est que sur le versant Sud-Est du Djurjura que ces dé- 
pôts occupent une partie du bassin antérieurement rempli par les 
formations de TEocène moyen; partout ailleurs, ils se sont déve- 
loppés sur les terrains plus anciens : schistes cristallins et terrains 
crétacés. Toute la zone étroite occupée par la mer nummulitique 
à l'ouest du Djurjura s'est trouvée complètement émergée à la fin 
de cette période, et ce n'est que sur la bordure Nord que s'est 
creusée, vers la fin de la deuxième période, une nouvelle dé- 
pression presque indépendante et seulement contiguô à la pre- 
mière zone. 

l"". ETAGE INFÉRIEUR — MEDJANIEN — ARGILES ET GRÉS 

A FUCOIDES DE CHELLATA. 

Ce terrain occupe une grande partie du versant Sud et de la 
crête de la partie orientale du Djurjura ; il commence à se mon- 
trer vers le milieu de la chaîne , sur le flanc du contrefort de 
Taoolalt, et s'étend vers le Nord-Est, sur le flanc Est dé la chaîne 
d'Akfadou. 

Les argiles qui dominent surtout dans les parties inférieures , 
sont schisteuses, feuilletées; elles sont généralement brunes, 
mais souvent aussi bariolées , lie-de-vin ou bleu verdâtre , avec 
coloration assez accentuée. Les alternances de grès y constituent 
des plaquettes de faible épaisseur. Au-dessus les argiles sont plus 
dures, les grès augmentent d'épaisseur; et à la partie supérieure, 
les assises gréseuses se présentent en bancs puissants de plus 
d'un mètre. 

Ces grès ont des aspects assez variables; en général, ils sont 
durs, à grain très fin, tantôt entièrement quartzeux, tantôt à 
ciment argileux ; le plus souvent , ils se montrent jaunâtres à la 
surface , verdàtres dans les cassures, les grès se fragmentent en 
débris anguleux, de forme plus ou moins cubique, qui se mon- 



70 LA KABYLIE. 

trent à la surface du sol argileux; ces roches résistant à la dis- 
sociation, le sol reste toujours argileux, et ne devient pas sa- 
bleux, malgré la prédominaoïce des grès. 

Dans les parties supérieures, on rencontre assez fréquemment, 
mais d'une manière très irrégulière, des intercalations de couches 
marno-calcaires gris bleuâtre, d'apparence schisteuse, qui sont 
en général de faible épaisseur. Ces feuillets marneux présentent , 
en certains points, de nombreuses empreintes de fucoïdes se rap- 
portant aux Chondrites Targionii, Brongn. et Chondrites intrica- 
tus^ Br. avec leurs variétés; ce sont les mêmes empreintes que 
dans le Flysch des Alpes de Vadtitz, du Voralberg , etc. 

Quelques traces de conglomérats se montrent dans ces cou- 
ches, au voisinage des rochers de calcaires liasiques qui en ont 
fourni les éléments, notamment aux cols de Tirourda et de Chel- 
lata. 

Ces couches sont fortement plissées dans le Djurjura. On peut 
juger d'une manière assez complète de leur allure, et de leur 
puissance, d'au moins 500 mètres, à la montée de la route de 
Maillot au col de Tirourda, à partir de Toued Tixeriden. 

Les contreforts que forme ce terrain montrent des croupes 
arrondies , à pentes assez fortes , mais non abruptes ; quelques 
parties rocheuses, mais sans escarpements remarquables, s'y 
montrent irrégulièrement, partout où dominent les grès de Tas- 
sise supérieure. Les parties inférieures argileuses donnent lieu à 
des terres de culture et des plantations d'oliviers et de figuiers, 
parfois magnifiques; l'assise moyenne des grès supporte un sol 
broussailleux avec quelques arbres (chênes verts), qui devien- 
nent plus abondants et forment de petites forêts dans la zone 
des grès supérieurs ; mais ces forêts sont très localisées et n'offrent 
rien de comparable à celles qui recouvrent les grès numidiens 
de l'étage suivant. Sur la crête, à des altitudes supérieures à 
1600 mètres, le sol est simplement gazonné; la crête du Djurjura, 
de Tirourda à Chellata, présente l'aspect des Hautes-Chaumes 
des Vosges , avec une grande monotonie d'allure , qui contraste 
d'une façon d'autant plus remarquable avec les crêtes rocheuses 
voisines que forment les calcaires liasiques. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 71 

Ce terrain recouvre en discordance la formation infrà num- 
muli tique; d'autre part, bien qu'il ne se montre pas en contact 
immédiat avec le terrain suprà nummulitique , la situation rela- 
tive des lambeaux les plus rapprochés, chez les Béni Yala, à 
rOuest du TaouYalt, ne peut laisser aucun doute sur Tindépendance 
absolue des deux formations, et Tantériorité de toute la série 
nummulitique à Tétage des grès à fucoïdes. 

Ce terrain joue un rôle très important en dehors de la Kabylie, 
et constitue plusieurs massifs montagneux importants , tels que 
le Dira d'Aumale, le djebel Kteuf, au-dessus de Mansourah, le 
dj. Hzita<, et les sommets principaux qui entourent au Nord, à 
l'Est et au Sud-Est la plaine de la Medjana ; c'est en raison de cette 
importance , que je désigne ce terrain sous le nom d'étage Med- 
janien , pour le distinguer du suivant. 



2**. — ÉTAGE SUPERIEUR. — NUMIDIEN. 

Ce terrain, caractérisé par ses grès forestiers, joue un rôle 
principal dans la constitution du massif de l'Alifadou et do la 
chaîne littorale. D'une manière générale, il se montre indépen- 
dant de la formation précédente ; la mer s'est étendue à cette 
époque sur de vastes surfaces émergées antérieurement pendant 
toute la durée de la période éocène. 

Cette formation a été plus ou moins démantelée , et les témoins, 
parfois réduits à quelques rochers , indiquent suffisamment son 
extension primitive. 

Dans le bassin de Drâ-el-Mizan , ce terrain occupe la dépres- 
sion au pied des contrefoi'ts nummuli tiques; dans la chaîne 
littorale et orientale , il couronne les crêtes et une partie du ver- 
sant Nord jusqu'à la mer. 

Deux assises bien distinctes par leur faciès , mais partout entiè- 
rement concordantes , constituent cette formation. 

A la partie inférieure, une assise argileuse, très irrégulière, 
comme extension et comme épaisseur, parait avoir comblé les 
dépressions existantes. 



72 LA K4BYLIE. 

Des argiles grises ou verdàtres, souvent bariolées, s'intercalent 
d'une manière très irrégulière de petites couches rigides , parmi 
lesquelles dominent des grès quartzeux noirs, très durs, qui sont 
caractéristiques et que je n'ai rencontrés dans aucune formation 
analogue; ces grès sont remarquables par les cassures nettes 
qui les fragmentent et surtout par les fractures incomplètes qui 
entaillent plus ou moins profondément la surface dans tous les 
sens. Les argiles renferment aussi des plaquettes minces de 
calcaires marneux, gris ou blancs^ à l'aspect de calcaires li- 
thographiques, à surface ondulée etplissée, renfermant quel- 
quefois des empreintes de fucoïdes; ces calcaires en lentilles 
allongées, empâtent souvent des silex blancs à structure jaspée. 

Sur quelques points, notamment sur la bordure du massif 
ancien , dans la vall ée de Drà-el-Mizan , on trouve à la base des 
poudingues peu cohérents, formés aux dépens des schistes et 
galets de quartz. Ces poudingues passent ici à des argiles schis- 
teuses dures, formant une zone continue, assez étroite, à la 
bordure du massif ancien. 

L'assise supérieure est formée de grès, qui présentent des carac- 
tères remarquablement uniformes et constants sur de grandes 
étendues. Ce sont ces grès si développés sur toute la zone littorale 
de la province de Constantine et en Tunisie, auxquels M. Pomel a 
donné le nom de grès de Numidie. Ces grès sont absolument 
quartzeux, uniquement composés de grains de quartz blanc, 
parfois assez grossiers pour présenter l'apparence de petits pou- 
dmgues. 

Us se montrent en bancs puissants, dont l'épaisseur moyenne 
est de 1 mètre , mais pouvant dépasser 3 à 4 mètres, et sont in- 
tercalés de lits très minces d'argiles bariolées. Ces grès sont pres- 
que toujours très friables; les surfaces corrodées, plus ou moins 
arrondies, se réduisent en sables quartzeux; parfois la destruction 
superficielle est à peu près complète , et l'on ne trouve plus qu'un 
terrain sableux jaunâtre , au milieu duquel se montrent seulement 
quelques blocs de grès. 

Les terrains argileux formés par l'assise inférieure montrent 
des surfaces plus ou moins ondulées, ravinées sans escarpements; 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 73 

le sol donne d'assez bonnes terres 
de culture ; les plantations d'oli- 
viers et de figuiers y réussissent à 
particulièrement dans tonte la î 
région orientale. « 
Les grès ont un faciès absolu- | 
ment remarquable; ils consti- s 
tuent des contreforts rocbeux , ' 
des crêtes plus ou moins den- J 
telées et escarpées, à l'aspect | 
noir&tre. En générai, ils se mon- \ 
trent à la surface en accumula- 4 "^ 
tioa de blocs énormes , qui don- 2 x 
nent à ces chaînons un aspect ^ - 

très pittoresque. Ce terrain S, I 

a s 

forme une zone éminemment ^ » 

forestière; c'est une région très "". J ^ 

boisée d'arbres magnifiques , de *! ^ | 

cbènes liège , de chênes zèn , e(£. ; .^ o B 

les grandes forêts du littoral se a -1 ri 

trouvent sur ces grès; Akfadou, 

Iakouren, Taourirt^lgbil , etc. 

La puissance maxima visible 

des argiles inférieures est d'envi- « ^ | 

ron 150 mètres; les grès ont !■ | 

une épaisseur de 100 mètres au " ^ 



Il 1 



C'est surtout dans la région » | 

orientale entièrement constituée ^ 

par ce terrain que l'on peut ju- % 

ger de tout son développement \ 

et de toute son importance. Les 1 

couches y sont ondulées et plis- à 

Bées; les argiles se maintenant '. 

dans les dépressions, les grès | 

formant les contreforts et tous J 



74 LA KABYLIE. 

les sommets isolés, tels que ceux qui supportent un certain nom- 
bre de villages des Beni-Roubri (Chebel , Hoknea), et chez les 
Iril n' Zekri (Tagma, Tirilt bou-Ksès, etc.). 

Ce terrain est discordant sur le précédent , et de plus sa situa- 
tion trangressive en fait une formation entièrement distincte. 

Dans la région littorale, il constitue des sommets importants, 
notamment le Tamgout des Béni Djennad ; sur la crête , les nom- 
breux lambeaux se succèdent, ainsi que sur les principaux con- 
treforts, mais ici le terrain est représenté presque uniquement 
par les grès, dont les derniers lambeaux, réduits à quelques ro- 
chers, se montrent au voisinage de Dellys, sur le Sénonien , et au 
Sud-Est de Rébeval, dans la même situation. 

Dans la vallée de Drà-el-Mizan , les grès ont été presque entière- 
ment enlevés, et ne forment plus que quelques Ilots bien saillants, 
autour de Boghni , et au nord de Drà-el-Mizan ; mais partout les 
argiles inférieures s' étendent dans cette dépression , où elles sont 
plus ou moins masquées par les argiles de Thelvétien (miocène 
moyen). A DrA-el-Mizan, ces argiles numidiennes se montrent 
nettement au-dessus des poudingues et grès de l'étage suprà-num- 
mulitique. 




Fig. 10. — Coupe au N.-E. de Tizi-Renif. 

1 



Échelle 



20.000« 



Sch. Schistes cristallins. — Numidien : 1, argiles dores schisteuses ; S, argiles et qn&rtsitee ; n. 
Couche 4 nummulites ; 3, grès numidien. — K. Cartennien f Mioc-inr.) ; — h. Helvétien (Mioc. 
moyen). 



Vei^sTEst, àTizi-Renif , la formation est assez complète , et d'au- 
tant plus intéressante que les argiles renferment avec quelques 
petits fossiles les seules nummulites qui aient été, jusqu'ici, ren- 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 75 

contrées dans ce terrain. Les relations avec les formations mio^ 
cènes sont indiquées dans la coupe ci-contre (Fig. 10). 

On suit les argiles, avec quelques lambeaux de grès, vers Cha- 
bet-el-Ameur, et on les voit se terminer à Souk-el-Hâd, sans 
atteindre le col de Ménerville. 



§ V. — Terrains néogènes. 

A. — OLIGOCÈNE — ÉTAGE DELLYSIEX — GRES DE DELLYS. 

Cette formation, à laquelle j*ai donné le nom de Dellysien, 
faute de pouvoir Tassimiler aux étages classiques, est principale- 
ment développée dans la région de Dellys et dans le bassin in- 
férieur du Sébaou. 

D'une manière générale , ce terrain est constitué par des con- 
glomérats et des grès plus ou moins intercalés de marnes. Le type 
de ces conglomérats peut être pris au Coudiat-el-Ardja , en face 
de Rébeval. Les éléments en sont surtout empruntés aux terrains 
anciens : schistes, quartz, granulite, pegmatite, gneiss. Au Bou- 
berak, et dans le chaînon de Dellys, ces poudingues sont réduits 
à quelques couches, et les assises inférieures sont représentées 
par des grès plus ou moins grossiers, à éléments détritiques, 
pouvant former des parties rocheuses, au Bouberak. 

Au-dessus viennent des alternances nombreuses de grès grisâ- 
tres friables, micacés, en couches minces et de marnes grises, 
grumeleuses, délitescentes. 

Ces alternances marno-grèseuses , régulièrement stratifiées, 
donnent lieu à un sol argilo-sableux , formant d'excellentes terres 
de culture dans la région de Bois-Sacré. Les grès et poudin- 
gues sont plus ou moins couverts de broussailles, parfois même 
d'une zone forestière (Bou-berak). 

Ce terrain constitue la majeure partie des collines de la région 
comprise entre Tisser et le Sébaou. Le diagramme suivant montre 
ses relations avec les formations (Fig 11). 

Ce terrain constitue en Kabylie, deux zones importantes: Tune 



i 



?« LA KABYLÏE. 

dans la région de Dellys, l'autre au flanc de la chaîne nummulïti- 

que des Beni-Khalfoun et des Ammal. 

Dans la région de Dellys, outre le 

I chaînon au pied duquel s'adosse la 

' I ville, on peut suivre un dévelop- 

^ pement important de cette formation 

.1. dans la crête de Taourga et d'Aln- 

^ el-Arha, où les poudingaes pubsants, 

M surmontés d'une grande épaisseur de 

^ grès, ont participé aux dislocations 

ti de la chaîne littorale. Des lambeaux 

■ ■- remarquahies sur le flanc Sud, for- 

I I ment le Kef Hakouda. le Kef Tarbant, 

^ 3 et plus à l'Est la crête d'Abizar. Ce 

ï I ^ terrain est partout démantelé, mais 

g I" i" cette zone permet de constater, d'une 

è -S % part la superposition aux grès numi- 

■gj .. ^ dicns, de l'autre le passage sous le 

^ ^ g ^ Cai*tennien. Ce sont les limites entre 

•S 1^ I lesquelles se place cette formation 

§■ ^ I puissante de 400 mètres, extrêmement 

Y -â 5 pauvre en fossiles , car dans toute cette 

„■ â ré^on , malgré des recherches atten- 

M ^ tives , je n'ai pu rencontrer encore que 

I des foraminifères : Rhabdamina , No- 

t dosaria, Denialina, Textularia, Rola- 

6 lia, OpercuitTia, Comuspira. 

I Dans la zone des Beni-KhalfouD , on 

I peut suivre , sur une longueur de 20 à 

^ 25 kilomètres et une largeur de 2 A &, 

|, cette formation constituée de poudln- 

I gués surmontés de marnes et grès, 

^ dont les couches forment d'une ma- 
nière continue un pli synclinal de l'Est 
à l'Ouest. — Ces couches sont légèrement modifiées à l'entrée 
des gorges de Tisser, où le chemin de fer les traverse sous forme 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 77 

d'argiles schisteuses grises, entre deux pointements de calcaire 
nummulitique. A peu de distance de la station de Béni Amram , 
les grès renferment quelques fossiles peu déterminables , mollus- 
ques : Pecius, Cardita, Arca, avec des operculines. 

En résumé, en rattachant ces deux zones qui ne sont certaine- 
ment interrompues que par des phénomènes d'érosion , on peut 
remarquer que ce terrain s'étend en Kabylie sur une longueur 
de 70 kilomètres. 

B. — SÉRIE MIOCÈNE. 

Les formations miocènes Je la Kabylie peuvent se diviser en 
trois étages nettement séparés , et discordants entre eux. Ce sont 
ces divisions, classiques pour l'Algérie, auxquelles M. Pomel a ap- 
pliqué les désignations de Cartenmen, A' Helvétien et de Sahélien. 
— La Kabylie présente des représentants de chacune de ces forma- 
lions qui paraissent s*ètre déposées dans des conditions spéciales, 
dans des dépressions creusées au pied des chaînes principales à 
la fin de la période oligocène. Il semble que les grandes lignes 
orographiques de la Kabylie aient été tracées à cette époque , et 
que les mouvements postérieurs n'aient eu comme conséquences 
que d'accentuer les reliefs principaux, et de former les chaînons 
secondaires. Les terrains miocènes ne dépassent pas, en effet, 
Taltitude de 700. mètres , et sauf en un point remarquable , les 
chaînes déjà constituées ne paraissent pas avoir servi d'assiette 
aux dépôts de cette période. 

C'est dans les dépressions qui entourent le massif ancien , la 
vallée du Sébaou à l'Est et au Nord, la vallée de Drâ-el-Mizan , 
au Sud et à l'Ouest, que les mers miocènes ont pénétré, comme 
en des fiords étroits, chacune avec une extension différente. 

1**. — ÉTAGE CARTENNIEN. 

Ce terrain occupe une situation remarquable par la bordure con- 
tinue qu'il forme autour du massif kabyle , au Nord et à l'Ouest. 
Et non seulement autour du massif central , mais encore autour 



i 



78 LA KABYLIE. 

de presque tous les Ilots de terrains anciens, le massif des Alssa- 
Mimoun et du Belloua, le massif des Beni-Alcha, au Sud de Méner- 
vUle, on peut suivre d'une manière nette les limites du bassin où 
se sont eflfectués les dépôts de cette époque. La partie large de la 
vallée du Sébaou nous montre une vaste cuvette comblée par 
les sédiments successifs de chacune des périodes miocènes. 

Le Cartennien a été presque partout recouvert par les forma- 
tions suivantes, et ce n'est, dans la plupart des cas, que par l'effet 
des érosions que ce terrain est mis à découvert, sauf peut-être 
sur une partie des bordures indiquées ci-dessus, où le relèvement 
des couches les fait affleurer à un niveau assez élevé. Aussi ne 
montre-t-il, sur aucun point , la succession complète de ses assises ; 
le plus souvent , il a été démantelé en grande partie avant le dépôt 
du terrain helvétien qui lui succède. 

On peut distinguer deux assises bien tranchées et d'importance 
inégale ; à la base , conglomérats et grès ; au-dessus , marnes dures 
à cassure conchoïde, d'aspect caractéristique. 

Les poudingues inférieurs existent d'une manière constante, 
avec des épaisseurs très irrégulières ; ils sont généralement cons- 
titués par des débris roulés des roches sous-jacentes ; schistes gneiss, 
pegmatite, granulite. Le plus souvent compacts, bien cimen- 
tés, ils sont parfois incohérents et peu différents par l'aspect des 
alluvions anciennes du voisinage ; tel est le cas dans la vallée de 
l'oued Djema, en dessous de Chabet-el-Ameur. La coloration 
rouge , parfois intense , est très fréquente, et presque caractéristi- 
que. Ces poudingues atteignent parfois plus de 150 mètres d'é- 
paisseur (Ménerville, Bellefontaine) ; ailleurs ils sont réduits à 
quelques couches qui passent à des grès plus ou moins grossiers, 
qui forment la zone fossilifère de l'étage. Ces grès, gris bleuâtres , 
se montrent particulièrement remarquables au flanc de la chaîne 
de Timezerit, depuis le Camp-dn-Maréchal , jusqu'à la hauteur de 
Bordj-Ménalel. Cette zone est sans contredit la plus riche en fos- 
siles de toutes les assises sédimentaires de la région ; les échinides 
y sont abondants et variés, quoique généralement difficiles à ob- 
tenir en bon état ; les pectens, anomies , moUusques bivalves y 
sont fréquents. 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 79 

L'assise supérieure est nettement caractérisée par des marnes 
calcaires, gris-bleuàtres, dures, à délit conchoïde, qui se détrem- 
pent difficilement et donnent lieu à un terrain solide , sur lequel 
les ravinements produisent des talus arrondis à pente très forte. 
Les ondulations que forment la surface de ces marnes ont un 
aspect particulier, et diffèrent absolument de celles des autres 
terrains marneux de la région. Ces marnes dures constituent un 
sol en général peu cultivable , broussailleux , sauf sur les points 
où la surface a été adoucie par les marnes des étages suivants. 
Fréquemment , elles sont traversées de filonnets de calcite , dont 
les fragments en plaquettes couvrent le sol. 

Ces marnes ne renferment, en général, d'autres fossiles que des 
foraminifères ; en quelques points , des zones calcaires intercalées , 
présentent de véritables lumacbelles de débris d'huîtres. C'est 
dans la zone des grès que git la faune remarquable de ce terrain. 
Les échinides abondent surtout dans certaines couches qu'ils carac- 
térisent par leur accumulation ; telles sont les couches à clypéas- 
très des Chennacha, les couches à amphiopées de Tizi-Renif. — 
Ces Échinides ont été l'objet d'une étude remarquable de M. Pomel; 
on les trouvera décrits et figurés dans les fascicules de la Paléon- 
tologie algérienne (Échinides, 2* et 3* fascicules). 

Sarsella Ficheuri, Pomel. Hypsoclypus doma, Pom. 

Hemipaiagus Ficheuri, Pom. Clypeaster pubfolium , Pom. 
Trachypatagus iuberculatus, Wright. Clypeaster Ficheuri , Pom. 

Schizobrissits maurilanicus j Pom. Clypeaster disculus ^ Pom. 

Sehizaster Letourneuxi , Pom. Clypeaster Pouyannei , Pom. 

Sckizasier Ficheuri , Pom. Clypeaster suboblongtu, Pom. 

Pericosmus Ficheuri ^ Pom. Clypeaster intermedius , Desm. 

Pliolampas Ficheuri , Pom. Clypeaster acclivis, Pom. 

Echinolampas pyguroldes, Pom. Amphiope Villei, Pom. 

Echinolampas flexuosus , Vom, Amphiope personata^ Pom. 

avec les espèces suivantes : 

Ostrea Boblayei . Desh. Panopœa Menardi, Desh. 

Spondylus crassicosla , Lmk. Megasiphonïa aturi, Bast , 

et autres Mollusques , 
Pecten Burdigalensis , Bast. Polypiers, dents de Carcharodon, etc. 

D'une manière générale, l'allure du terrain cartennîen est 
simple et très constante dans le bassin du Sébaou. Les strates de 



i 



80 LA K.4BYL1E. 

poudingues et grès sont inclinées contre le massif aaqael elles 
s'adossent et se relèvent sar le versant opposé, l'iotervalle du 
pli synclinal étant occupé par les marnes, le plus soovent re- 
couvertes par les marnes de l'é- 
tage Sahélien. Les couches se re- 
8 lèvent également autour du massif 
I des Alssa Mimoun , ainsi que l'in- 
- dique la coupe ci-contre. 
j|- Autour de Tizi-Ouzou , les cou- 

1 , ches gréseuses du Cartennien sont 
I affectées d'un plissement ondulé 
1 II bien visible dans les trancbées de 

3 ^ I la route qui descend vers le Sé- 

I I "S baou. Les poudingues sont relevés 

j I I au Nord-Est sur le flanc du Belloua 

M _■ I jusqu'à l'altitude de 470 mètres; 

1^1 ^1 les marnes s'étendent sous le 
■r |S 1" I bourg , et sous le village kabyle A 
S I 1 1 l'Est et à l'Ouest. Une faUle re- 
^ S I? a marquable vient limiter la zone 
des grès cartenniens sous le bordj , 
au Sud , et s'étend sur le flanc dn 
Kef-en-Nadji , & l'Est ; elle met ces 
grès en contact avec les marnes du 
^ I Sahélien. Au Sud de la grande 

] dépression , constituée en majeure 
S partie par les marnes sahéliennes 
s (route de Bou-Ninoun), les pou- 
S dingues et grè^ cartenniens re- 
H montent dans la gorge de l'oued 
< 9ebt, où ils se montrent assez 

riches en ëchinides, difflciles à 
dégager; ces poudingues forment également tout le flanc du 
contrefort des Hassenaoua, s'élevant jusqu'à 549 mètres, et for- 
tement inclinés au Nord ; ils viennent passer sous les marnes 
cartenuiennes , dans ces collines boisées de magnifiques oliviers. 



II 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 81 

On peut suivre la bordure des grès cartenniens vers FOuest, 
sur la rive gauche de Toued Bougdoura , en face de Drà-ben 
Kedda, puis sur tout le flanc de la chaîne de Timezerit. Les 
couches gréseuses s'y montrent très fossilifères en plusieurs 
points : Camp-du-Maréchal , Beni-Yanane, Chennacha (carrières 
exploitées pour la construction du chemin de fer), Béni Amram, 
et plus à rOuest, au dessous de Tizerouïn, etc. 

Les marnes de l'étage Cartennien sont le plus souvent recou- 
vertes par les marnes sahéliennes qui ont rempli la dépression ; 
elles sont visibles d'une manière très nette sur tout le flanc de la 
petite zone de collines qui s'étend du Kef-el-Aogab (Sébaou) , au 
Coadiat Ralcha (Isser), au nord de la dépression d'Haussonviller. 
Les relations des différents étages miocènes et de l'oligocène sont 
particulièrement remarquables dans toute cette bande , qui est 
en outre jalonnée par plusieurs petits pointements de roches 
éruptives. 

Le Cartennien parait avoir occupé une grande partie du pays 
des Isser Chergui; ses marnes se montrent au voisinage du ri- 
vage, sur les flancs du Bou-berak , et de chaque côté du Djebel 
Djinet, où elles ont été pénétrées et modifiées par les injections 
de la roche éruptive basaltolde qui forme Tarête de cette mon- 
tagne. (Voir plus loin, fig. 14, page 93). 

Dans la dépression de Drà-el-Mizan , le terrain cartennien ne 
parait pas avoir dépassé vers l'Est le col de Tizi-Renif ; du moins, 
je n'ai pu constater au delà la présence d'aucun lambeau. Au- 
dessus du village de Tizi-Renif, c'est une puissante assise de pou- 
dingues et grès durs, fossilifères, qui remonte sur les assises 
nununulitiques jusqu'au Marabout Sidi Sliman (798") au voi- 
sinage de la crête. Certaines couches de ces grès sont absolument 
pétries d^amphiopées , avec quelques clypcastres et d'autres 
échinides. Cet Uot important est le commencement d'un zone 
qui se développe au flanc du massif ancien des Flissa, et où les 
poudingues sont caractérisés par leur coloration rutilante (Cha- 
bet-el-Ameur). Ces poudingues plus ou moins démantelés se 
suivent à l'Ouest d'Isserville et viennent se rattacher à la zone 
continue qui forme le flanc Sud de la dépression de Ménerville. 

I. 6 



82 LA KABYLIE. 

Toutes les collines qui occupent cette dépression à TEst et à 
rOuest , montrent un beau développement des marnes carten- 
niennes , qui viennent au Nord butter par faille contre la zone 
éruptive. De place en place, les grès présentent des fossiles, 
principalement des clypéastres. Dans cette dépression de Méner- 
viQe (col des Beni-Aïcha) , le Cartennien a été recouvert succes- 
sivement par THelvétien, le Sahélien, et le Pliocène ; ce n'est que 
par suite de Tablation de ces différentes formations, qui se re- 
trouvent dans quelques témoins importants, que le Cartennien 
se trouve amené au jour sur la majeure partie du terrain. 

J'ajouterai que cette zone cartennienne de la Kabylie se pro- 
longe sur les pentes inférieures de F Atlas métidjien, et qu'elle 
peut être considérée comme ayant formé continuité avec les Uots 
actuellement visibles du cap Hatifou , et du flanc de la Bou- 
zaréah , qui se trouvent dans des conditions identiques par rap- 
port aux terrains anciens. 

ATTERRISSEMENTS DE BOUIRA. 

Une puissante formation alluvionnaire constituée par des 
conglomérats, parfois cimentés à l'état depoudingues, mais le 
plus souvent à peine cohérents, surmontés de grès et sables 
grossiers et d'argiles limoneuses jaunes ou l'ougeàtres, s'étend 
sur toute la partie inférieure des contreforts du versant Sud du 
Djurjura. Ces dépôts fortement inclinés au Nord, et relevés par 
plusieurs failles, se montrent depuis la vallée de l'oued Sahel 
jusqu'à l'altitude de 900 mètres (Beni-Hammad), sur le flanc Sud 
de Lella Khedidja. Au Nord-Ouest de Boulra^ les collines boisées 
du Kef Tekouka sont formées de ces atterrissements rougeàtres, 
qui ont absolument Taspect d'alluvions quaternaires. Cette zone , 
surmontant le Sénonien et le Danien de la vallée de l'O. Djema, 
vient former tout le couronnement du Drà Ikrelef, longue arête, 
sur le flanc de laquelle, à l'Ouest, on voit ces conglomérats et 
argiles limoneuses passer sous les grès helvé tiens de Ben-Haroun. 
La situation stratigraphique indique que ces dépôts rouges , dont 
quelques lambeaux se montrent autour d'Aomar, sont antérieurs 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 83 

à rHelvétien. Ils appartiennent à une grande nappe d'alluvions 
dont j'ai reconnu la continuité depuis les environs de Médéa 
jusqu*à Irzer Amokran (vallée de la Soummam). C'est une for- 
mation continentale que je considère comme contemporaine des 
dépôts marins du Cartennien , et qu'il était important de signaler 
ici, à cause du rôle qu'elle joue dans la constitution du versant 
Sud du Djurjura. 



20 — ÉTAGE HELVÉTIEN. 

Ce terrain est représenté par des marnes grises ou jaunâtres, 
fortement argileuses, qui se détrempent avec la plus grande 
facilité sous l'action de l'eau et constituent un sol très instable. 
Ces marnes s'intercalent de grès en bancs minces, fragmentés 
en plaquettes à la surface du sol. Ces grès sont grisâtres ou jau- 
nâtres et forment parfois des bancs de deux à trois décimètres 
d'épaisseur. 

Cette assise marneuse constitue à elle seule la partie visible du 
terrain sur la plus grande étendue; ce n'est que sur quelques 
points, et notamment sur les bords du bassin, que l'on trouve 
les couches supérieures, représentées par des grès jaunes sableux, 
plus ou moins friables, avec poudingues, qui renferment çà et 
là des bancs d'Ostrea crassissima. Cette coquille bien carac- 
téristique permet, dans les zones indécises, de définir le terrain 
hdvétien. On y trouve rarement d'autres fossiles ; les grès pré- 
sentent quelquefois des moules de mollusques bivalves, et des 
fragments d'échinides mal conservés. 

Ce terrain fortement argileux donne lieu à des collines on- 
dulées, presque toujours dénudées , sans broussailles ni arbres, 
sauf sur les rares points où les grès dominent; le sol est parti- 
colièrement propice h la culture des céréales, La mer helvétienne 
parait avoir pénétré plus profondément que les autres forma- 
tions miocènes dans les dépressions indiquées autour du massif 
Kabyle. C'est ainsi que toute la vallée de l'oued Boubehir (Haut 
Sébaou) , avec sa zone de collines , est constituée par l'Helvétien 



84 LA. RABYLIE. 

qui se montre au pied des contreforts des Aït-lthourar et des II- 
loula-ou-Malou. D'autre part on trouve également les marnes 
helvétiennes au fond de la dépression de Boghni, au pied du 
massif nunmiulitique du Khouriez. Entre ces deux points ex- 
trêmes , l'intervalle occupé par les contreforts anciens n'occupe 
guère qu'une largeur de 18 kilomètres. 

Dans la vallée du Sébaou, THelvétien fait place au Sahélien, 
dans la partie moyenne depuis le coude d'Azazga jusqu'à Bordj- 
Sébaou; mais il se retrouve daus toute la vallée inférieure jusqu'à 
l'embouchure ; passant au Nord de la colline cartennienne qui 
borde la dépression d'Haussonviller, ce terrain vient rejoindre la 
bande helvétienne qui occupe avec des intervalles plus ou moins 
étendus, par suite d'ablations considérables, le bassin de Drà-el- 
Mizan et de Boghni. 

Il est remarquable de signaler ici la superposition directe de 
ces argiles helvétiennes aux argUes et grès de l'étage Numidien. 

En dehors de cette bande qui suit la dépression de Drà-el- 
Mizan , l'Helvétien se retrouve au sud de la chaîne nummulitique 
dans un petit bassin de forme ovale, que je désigne sous le nom 
de bassin de Ben-Haroun. A Taide des différents lambeaux de 
marnes helvétiennes échelonnés sur les deux versants de la 
chaîne des Nezlioua, il est facile de suivre le passage de la mer 
helvétienne par un défilé qui correspond à la dépression actuelle 
de Teniet-el-Begass. C'est un des exemples remarquables qui per- 
mettent la reconstitution des différents bassins occupés par les 
mers miocènes. 

Dans la région de Ben-Haroun, l'Helvétien repose princi- 
palement sur le Danien , mais aussi sur un lambeau des atterris- 
sements miocènes signalés plus haut ; en outre, il vient s'étendre 
sur le flanc des terrains nummuUtiques. 

Sa constitution est plus complète , et son épaisseur plus grande 
que dans le fiord de Drà-el-Mizan. On y observe la successioa 
suivante de bas en haut : 

V Poudingues et grès inférieurs. 

2^ Marnes argileuses et grès. 

3** Grès et poudingues supérieurs à Ostrea crassiss ima. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 85 

Ces assises, d'une épaisseur totale de 200 mètres, forment un 
large pli synclinal, entre Ben-Haroun et Aomar. 

En dernier lieu, on peut constater que ITIelvétien, représenté 
par quelques lambeaux avec Ostrea crassisstma , s'étend de 
chaque côté du col de Ménerville, d'une manière qui ne laisse 
aucun doute sur la continuité. 



3®. — ÉTAGE SAHÉLIEN. 

La série miocène se termine par une formation marneuse , re- 
marquablement homogène , qui occupe dans les dépressions de 
la Kabylie une étendue bien plus restreinte que la formation 
précédente. Elle ne pénètre pas dans la vallée de Drà-el-Mizan , 
qui parait émergée définitivement à la suite des dépôts helvé- 
tiens jusqu'au voisinage d'Isserville ; mais elle s'étend dans la 
majeure partie de la vallée du Sébaou , jusqu'au grand coude 
d'Azazga. Elle constitue la majeure partie des collines qui avoi- 
ânent le cours inférieur de Tisser, entoure Fllot ancien de Mé- 
nerville, et, passant au col, se développe vers l'Ouest autour 
de Bellefontaine et de l'oued Corso. 

Si ces dépôts affectent une grande indépendance à l'égard de 
FHelvétien, ils se montrent, au contraire, et d'une manière très 
remarquable, en relations très étroites avec le Cartennien, qu'ils 
accompagnent partout dans le bassin du Sébaou. Dans cette lon- 
gue bande, dédoublée autour du massif cristallin des Âïssa- 
Mimoun, et autour du chaînon ancien d'Haussonviller, le Mio- 
cène supérieur parait avoir comblé un canal, parfois très étroit, 
dont les bords étaient formés par le Cartennien relevé sur les 
pentes du massif ancien. C'est le grand plissement syncUnal du 
Cartennien , qui a formé la cuvette dans laquelle s'est étendue la 
mer sahélienne. Les dépôts de cette formation se maintiennent, 
dans les dépressions qu'ils occupent , à des altitudes très faibles , 
qui dépassent à peine 300 mètres ; les actions orogéniques qui 
ont influencé les terrains précédents ne paraissent pas avoir 
affecté ce dernier. 



86 LA KABYLIE. 

Ce terrain est constitué d'une manière absolue par des marnes 
argileuses compactes, de couleur bleue, d'une structure homo- 
gène et constante se présentant, dans les conditions normales, 
sans aucune intercalation de couches arénacées, sables ou grès. 
Elles sont extrêmement délitescentes , deviennent très coulantes 
sous l'action de l'eau, et produisent, partout où elles sont enta- 
mées par des tranchées , des glissements qui arrivent fatalement 
et se renouvellent jusqu'à formation de talus à pentes douces. Ce 
terrain est encore plus désastreux , à ce point de vue , que l'Hel- 
vétien ; les travaux du chemin de fer d'Alger à Ménerville et à 
Palestro en ont trop ressenti les effets. Ces marnes donnent au 
sol qu'elles constituent, un faciès bien constant. Des collines 
arrondies à pente douce , toujours privées de végétation brous- 
sailleuse y mais dont le sol est propice à la culture des céréales , 
donnent à ce terrain un aspect spécial qui ne peut se confondre, 
par places, qu'avec celui des collines helvétiennes. Rien de plus 
monotone que ces ondulations que l'on peut suivre sur la route 
de Ménerville à Tizi-Ouzou, et au delà jusque vers Azazga. 

L'absence de grès dans ces marnes donne à ces collines une 
régularité d'allures que ne possède pas le terrain helvétien , plus 
ou moins accidenté de quelques parties rigides. La différence est 
bien sensible quand on passe des collines sahéliennes sur le ter- 
rain helvétien ; par exemple d'Isserville à Chabet-el-Ameur. La 
distinction avec les marnes de l'étage Cartennien est bien plus 
tranchée ; rien n'est plus net à cet égard que la base des collines 
qui s'étendent au nord d'Haussonviller. 

Les fossiles sont mal conservés dans ce terrain; mais sur cer- 
tains points, notamment au voisinage du col de Ménerville, à 
Zamouri, à Djerabat, à l'Est de Bois-Sacré, on peut recueillir 
une faune assez importantte de mollusques conservés avec leur 
test, de polypiers, de foraminifères, etc. 

Ce sont de nombreux Pleurotomes , des Turritelles , des Cônes , 
des Natices, dont la liste serait trop longue ici. 

Parmi les espèces caractéristiques qui permettent d'établir la 
comparaison avec le Tortonien d'Italie, on peut citer : Pleur otoma 
mo7iilis,Pleurot. venmta, Pleur, rotulata, Turritella bicarinata , 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 87 

Turr. marginalis, Natica macilenta^ Natica Leberonensis , Natica 
redemptay Dentalium Badense, Dentalium Bouei, Ostrea Digi- 
ialina, Pecten Vindascznus , Pecten cristatus, Pecten latissiinusj 
Cardita Jouanneti, Pectunculus stellatus. Venus islandicoïdes , 
Cytherea pedemontana y Ceratotrochus multispinosus , Trochocya-- 
thiis crassus, Dendrophyllia arnica, etc. 

En résumé y cette zone sahélienne s'étend en Kabylie sur une 
longueur d'environ 100 kilomètres, avec des caractères bien 
constants. 

C. — PLIOCÈNE. 

Les formations pliocènes marines de la Kabylie se réduisent à 
une plate-forme légèrement inclinée , plus ou moins démantelée , 
s'étendant à une faible distance du littoral. Ce terrain est surtout 
développé à l'Ouest de Ménerville, sur les plateaux du Corso ; au 
col , la zone pliocène étroite , au nord de Ménerville , indique le 
passage de la mer dans ce défilé qui formait déjà détroit pendant 
toute la durée des formations miocènes. Une bande pliocène 
contourne au Nord le massif ancien de Ménerville et s'étend sur 
le littoral jusqu'au delà de l'embouchure de Tisser, au pied du 
djebel Djinet. Une zone encore plus étroite se montre sur le lit- 
toral, un peu à l'Est, entre l'oued el Arba et l'embouchure du 
Sébaou. 11 n'en existe pas de traces à l'est du Sébaou . 

Le terrain pliocène est représenté ici par une formation unique, 
qui présente des caractères pétrographiques bien constants , et qui 
correspond à Y étage supérieur du Pliocène du Sahel d'Alger. 

est constitué par des sables jaunes ou rouges, parfois ruti- 
lants, généralement argileux, dans lesquels s'intercalent d'une 
manière irrégulière des zones caillouteuses dont les éléments sont 
presque uniquement constitués de grains de quartz blanc. Les 
fossiles qu'ils renferment appartiennent en majorité aux espèces 
levantes. 

On peut citer : Pecten opeixularis, Pecten scabrellus, Pecten 
crislatus , Pectunculus violacescens , Turritella communisy etc. 

Ce terrain forme en général une couverture de faible épaisseur, 



88 LA KABYLIE. 

qui au maximum atteint 50 mètres; il se distingue nettement 
par sa nature sableuse , dont la coloration plus ou moins intense 
se révèle à Tœil à de grandes distances. Ce sol très propice à la 
culture , se montre le plus fréquemment couvert de broussailles, 
dont la limite établit une ligne de démarcation avec les collines 
dénudées du Sahélien. 

§ VI. — Terrains quaternaires. 

Des formations alluvionnaires, de niveaux différents, permet- 
tent de suivre sur les flancs des grandes vallées , les phases suc- 
cessives de l'extension des eaux et les phénomènes d'érosions qui 
ont amené le thalweg à son niveau actuel. En Kabylie, où les 
principales rivières ont une origine torrentielle , le creusement 
des vallées a été très actif et on ae doit pas s'étonner de trouver, 
à des altitudes assez élevées au-dessus du lit actuel, les traces 
des zones alluvionnaires anciennes. 

D'autre part, la zone littorale présente des lambeaux de dépôts 
marins, dont la situation par rapport aux couches pliocènes, aussi 
bien que leur faible altitude , indiquent une formation quater- 
naire. Ce sont des représentants des plages émergées dont la 
présence a été signalée sur tout le rivage de l'Afrique du Nord , 
par M. Pomel. 

1** Plages émergées, — Ces formations littorales paraissent se 
rapporter à deux niveaux distincts, qui se montrent dans leur 
situation relative au voisinage du cap Djinet. 

Le niveau ancien est représenté par des lambeaux, extrême- 
ment restreints, à Djinet et à Dellys, à une altitude d'environ 
40 mètres. Le niveau récent se présente en zones étroites , dont 
l'altitude varie de 10 à 25 mètres. 

Cette dernière zone s'étend en plaine littorale de Toued Amara 
au cap Djinet, et de l'oued el Arba à l'embouchure du Sébaou. 

2* Dépôts alluvionnaires, — On peut établir dans les alluvions 
de chacune des vallées actuelles , deux divisions : l'une comprend 
les atterrissements caillouteux, plus ou moins démantelés, à des 
niveaux en général assez élevés au-dessus de la vallée actuelle; 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 89 

ce sont les alluvions anciennes échelonnées à plusieurs niveaux, 
et qui correspondent à une première période quaternaire, peut- 
être même au Pliocène supérieur. 

En deuxième lieu , les dépôts limoneux et caillouteux qui for- 
ment le sol des vallées, et dans lesquels les cours d'eau actuels 
ont creusé leurs berges, appartiennent à la période récente. 

Vallée du Sébaou, — Les niveaux alluvionnaires les plus élevés 
s'observent au voisinage de Mékla et de Temda, à [des altitudes 
variant de 300 à 330 mètres, le lit du Sébaou étant à 120 mètres; 
ces dénivellations permettent de juger de la puissance des éro- 
sions dues aux passages successifs du cours d'eau. 

On peut résumer pour ces alluvions anciennes la succession 
d'une manière générale de la manière suivante : 

1* Niveaux supérieurs, — Sommet des collines dominant de 
180 à 200 mètres la vallée du Sébaou. — Collines dominant de 
135 mètres risser, au voisinage de l'embouchure. 

2* Niveaux moyens. — Terrasses en contre-bas des collines pré- 
cédentes, de 100 à 120 mètres dans la vallée du Sébaou , de 70 à 
80 mètres dans la vallée inférieure de Tisser. 

3® Niveaux inférieurs. — D'une altitude variant de 20 à 40 
mètres au-dessus des vallées actuelles. 

Ce sont là les termes se rapportant aux alluvions anciennes. 
Quant aux alluvions qui appartiennent à la partie récente de 
la période quaternaire , ce sont ou des plaines produites par 
Félargissement des vallées : la plaine du Camp- du- Maréchal 
(Sébaou) , la plaine des Issers (Isser) , ou bien des cônes de déjec- 
tion au débouché des torrents du Djurjura; la plus remarquable 
de ces zones , au pied des crêtes calcaires des Aït-bou-Rerdan , 
forme la magnifique plaine de Tineri, couverte d'oliviers, au 
milieu d'amas de blocs calcaires, sous lesquels débouchent les 
magnifiques sources d'Aïn-Sultan (Mechtrass). L'origine glaciaire 
de ces amas de blocs doit être rejetée d'une manière absolue; 
c^est un simple cône de déjection , analogue à tant d'autres qui 
se présentent dans les mêmes conditions sur la rive gauche de 
•la vallée de Toued Sahel. 



90 LA. KABYLIE. 

§ VIL — Roches éruptives. 

Les formations éruptives de la Kabylie sont localisées dans la 
zone littorale de la partie occidentale, ayant pour limite vers 
TEst la pointe de Dellys; vers le Sud, elles ne s'éloignent pas à 
plus de 15 kilomètres du littoral. Elles se répartissent en deux 
Ilots importants avec pointements secondaires ; le principal s'é- 
tend d'une manière presque continue de Tembouchure de Tisser 
à Dellys; c'est le massif du djebel Djinet avec ses prolongements 
à l'Est et au Sud. Le deuxième groupe se développe dans la 
région de Ménerville entre le col et le littoral. 

Cette dernière partie est constituée par les roches les plus 
anciennes , la première a été principalement la zone des émissions 
les plus récentes. Ces roches éruptives se lient d'une manière si 
étroite aux formations miocènes de la région, que leur histoire 
se rattache à celle des diverses phases de la période miocène. 
Les relations que présentent les roches éruptives avec les couches 
sédimentaires permettent d'établir, avec une certaine précision, 
l'époque de l'apparition de chacune de ces roches. A ce point 
de vue , la Kabylie est encore une des régions les plus favorisées , 
et les renseignements importants qu'elle fournit , ont pu servir de 
base à un essai de classification des roches éruptives de F Algérie. 

1^ Granité de Ménerville. — Une zone importante s'étend au 
Nord de Ménerville, sur le flanc du Djebel-bou-Arous , sur une 
étendue de 10 kilomètres de l'Ouest à l'Est. Elle est constituée 
par un granité à mica noir, qui présente l'aspect d'un granité 
ancien. Cette roche a pénétré les schistes cristallins du voisinage ; 
mais aucune indication précise n'est fournie sur son âge ; elle est 
certainement antérieure au Cartennien. La structure microscopi- 
que, étudiée par M. Curie , rapproche cette roche d'une granulite , 
qui dans la région de Bougie (Béni Mimoun), a traversé et modi- 
fié le terrain Sénonien. L'analogie est si complète qu'il ne parait 
pas y avoir lieu de séparer les deux roches. Ces considérations, 
d'une certaine importance, sont les seules qui appuient l'hypo- 
thèse de Tàge tertiaire (Éocène) de ce granité. - 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 91 

Toutes les autres roches éruptives de la région sont contempo- 
raines des dépôts miocènes. Les plus anciennes sont postérieures 
au Dellysien (Oligocène). Elles peuvent se diviser en deux grou- 
pes : les liparites et les andésites avec labradorites. 

2° Liparites. — Roches compactes à aspect porphyrique , sou- 
vent désagrégées à la surface, mais constituant aussi des pointe- 
ments rocheux , des filons étendus , comme au djebel Sidi Feredj 
de Ménerville. Ces roches paraissent un peu antérieures et con- 
temporaines de la première partie de la période du Cartennien , 
c'est-à-dire de la base de Fépoque Miocène. Elles se présentent 
sous différents aspects, dont les extrêmes diffèrent sensiblement 
de texture. Mais les différents types paraissent passer graduel- 
lement de Tun à l'autre, et leurs époques d'arrivée successive 
paraissent s'échelonner dans des limites assez restreintes. 

Les liparites quartzifères , les plus anciennes , sont des roches 
compactes à aspect de silex corné , à pâte verte ou violette , dans 
laquelle on aperçoit quelques cristaux de quartz et des lamelles 
de mica noir. 

Les liparites feldspathiques sont des roches blanchâtres à as- 
pect caverneux et rude de trachyte. 

Ces roches constituent en entier , avec leurs variétés , tous les 
pointements du Nord de Ménerville : le cap Blanc, Zamouri , etc. 
Au Sud de Bordj Ménalel, le Drâ-Zeg-Etter en présente toutes 
les modifications. Dans le petit massif ancien qui s'étend vers l'Est 
se présentent de nombreux pointements liparitiques ; mais les 
plus remarquables par leur situation sont ceux qui s'échelonnent 
au flanc de la chaîne des Flissa. 

Dans une zone étroite, occupée par les poudingues et grès 
carteuuiens, on peut voir la liparite traverser les poudingues, 
puis, reprise par les eaux, se mélanger aux éléments du conglo- 
mérat, et enfin un 2' filon traverser les grès les plus récents. 
C'est ce qu'indique la coupe suivante (Fig. 13). 

D'autres pointements de liparite se montrent au nord de Bordj 
Menalel, au Coudiat Ralcha, et sur le flanc du Bouberak. Sur la 
bordure de la zone cartennienne qui s'étend au Nord de la 
dépression d'Haussonviller, on voit ces pointements liparitiques 



92 



LA KABYLIE. 



recouverts par les poudiDgues cartenniens qui en ont emprunté 
les éléments. 

3** Andésites, Labradorites. — Ce sont des roches grises ou 
verdâtres, ou noirâtres, presque toujours décomposées, et se 
présentant eu tufs terreux. Ces roches altérées renferment de 
nombreux zéolithes, des filonnets de calcite. Ces roches appar- 



Asib Amar Ali 




Fig. 13. — Coupe schématique & trayers la zone éruptlve, à Touest de Tizerouin 

(Ronafa). 

Échelle — ; haut, doublées. 

On. Gneiss et p^matite ; — Cartezmlen : A. poadingnes à débris de gneiss, pegmatite, etc.; B. Grès 
grossiers à Echinides, ayec débris de roche liporitiqne ic; G. Grès friables à clypéastres, etc. — 
m ^. Hames sabéliennes. — xc. V^ filon de'liparite modifiant A, reoonrert par B; ~ ic j. S* filon 
modifiant les grès B et C. 



tiennent à plusieurs séries, et leur arrivée au jour a dû se pro- 
duire à différentes reprises. 

Ces roches forment toute la zone éruptive du djebel Djennad 
(Djinet) et son prolongement au Sud (DrÀ-Rahmane) et à FEst sur 
le flanc du Bouberak. On peut constater nettement que ces roches 
ont pénétré et profondément modifié les marnes du Cartennien 
et de THelvétien ; d'autre part, elles paraissent, en majeure par- 
tie, antérieures au Sahélien. La colline de Drà-Rahmane est à ce 
sujet, des plus instructives; elle montre la roche intercalée dans 
les grès helvétiens, puis s'étendant en nappes au-dessus de ce 
terrain. 

Au cap Djinet, quelques dykes rocheux isolés, exploités en car- 
rière pour la ville d*Alger, sont constitués par une labradorite 
compacte à structure prismatique. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE 



93 



La roche a pénétré le Cartennien en s'épanchant à la surface , 
ainsi que l'indique la coupe suivante : 



J)[)eiinad 




Cap1>jtiiel 



OtaecLAmara 



Fig. 14. — Coupe & travers la partie Ouest du djebel Djennad. 

; haut, triplées. 



ËcheUi 



e 



60.000C 



OArtennien : C. Grès et calcaires; c |. Marnes. — m ^. Marnes da Sahélien. — X. Labradorlte; 
a. Zone modifiée. — b. Lambeau de cartennien englobé. 



Dans la région de Dellys, les pointements éruptifs se trouvent 
disposés en falaise , de chaque côté du cap Bengut , entre Dellys 
et le Sébaou , sur une faible largeur. Le filon de la pointe de Dellys 
se rattache à une série d'Ilots qui se présentent en rochers très 
restreints y dans les marnes helvétiennes , à TEst de la route ^ 
entre Ben-n'Choud et Tagdempt. 



Résumé. — Essai sur la fo7*mation progressive du sol 

de la Kabylie, 

Comme résumé de Tétude analytique qui vient d'être exposée , 
il convient de reprendre dans ses grandes lignes Thistoire géolo- 
gique de la Kabylie. Ce pays présente une individualité géo- 
graphique et géologique bien tranchée; c'est sans contredit la 
région naturelle la mieux caractérisée en Algérie. Ainsi que 
l'étude des formations tertiaires nous Ta montré y il est possible 
de reconstituer, avec un certain degré de précision , l'extension 
progressive de la mer à chacune des époques des temps néogènes. 

Le massif central de la Kabylie, constitué par des formations 
cristallines, parait émergé, d'une manière absolue, depuis Tau* 
rore des temps paléozolques. C'est le témoin le plus important, 
sur le littoral algérien , de ce grand continent ancien, qui devait 
se prolonger à l'Ouest en Andalousie , et à l'Est vers la Sicile. Il 



94 LA KABYLIE. 

est à présumer que toute cette zone littorale ancienne est restée 
émergée pendant toute la durée de Tère primaire, ainsi qu'au 
début des temps secondaires, pendant la période triasique. 

A l'époque du Lias , la mer est venue prendre possession de la 
partie méridionale; c'est alors que se sont produits, aux flancs 
du massif ancien , ces dépôts calcaires que nous voyons redres- 
sés dans les crêtes du Djurjura, et dont les lambeaux , à l'Ouest 
vers le Bou-Zegza , à TEst vers le Gouraya de Bougie , permettent 
de suivre la continuité. A partir de cette époque, le massif cris- 
tallin et archéen , est bien limité au Sud et à TEst, et la mer s'est 
étendue au Sud pour y déposer les sédiments jurassiques et cré- 
tacés. Après la formation des calcaires du Lias supérieur , cette 
zone parait avoir été émergée pendant la majeure partie de la 
période jurassique; c*est pendant cette période continentale que 
les phénomènes d'érosion enlèvent sur de grandes surfaces, 
les assises du Lias supérieur, de manière à n'en laisser que des 
témoins très localisés. Vers la fin de la période jurassique, la mer 
revient à nouveau, mais sans dépasser sensiblement au Nord 
la zone liasique, elle dépose sur les calcaires massifs du Lias 
moyen, et sur les lambeaux du Lias supérieur^ une nappe de sé- 
diments , grès rouges , poudingues et argiles gréseuses , qui vont 
se transformer en schistes. Tout semble indiquer que ces dépôts 
liasiques et jurassiques, relevés et plissés, ont formé une bordure 
au massif ancien pendant toute la période crétacée. La mer Néo- 
comienne ne parait pas avoir approché de cette bordure, au 
moins dans notre région. 

Mais à l'époque du Gault, un mouvement important s'est 
produit ; la mer est venue battre le pied de la zone jurassique 
occupant remplacement du Djurjura, et, fait plus important, elle 
envahit toute la zone septentrionale du massif ancien , s'éten- 
dant probablement sur toute la région littorale jusque vers 
Dellys. A partir de ce moment, et pendant le reste de la pé- 
riode crétacée, le massif ancien est entouré de trois côtés, au 
Nord , à l'Est et au Sud , par la mer dans laquelle vont se déposer 
les sédiments du Gault, du Cénomanien et du Sénonien. 

Les oscillations qui se sont produites pendant cette durée , 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 95 

sont indiquées par la transgressivité du Sénonien sur le Céno- 
manien. Il est probable que toute la zone crétacée littorale a été 
émergée à la fin de Tépoque sénonienne, tandis que sûr la 
bordure méridionale, les sédiments argilo-arénacés du Danien 
empiétaient sur la zone jurassique, et même sur les terrains an- 
ciens (oued Corso). 

A la fin de la période crétacée , toute la région est continentale, 
et la mer, au début des temps tertiaires, se trouve reculée, au 
Sud au delà des Portes-de-Fer, à TEst dans la Petite Kabylie. 
Cette situation persiste pendant la première partie de la période 
éocène (Suessonienne) , et pendant ce temps, les érosions exercent 
leur action sur les terrains crétacés , notamment sur le Danien , 
dont les assises supérieures sont démantelées. 

Au commencement de TÉocène moyen, la mer pénètre de 
nouveau en Kabylie , mais dans une zone intermédiaire entre le 
massif ancien et la région crétacée; elle parait s'engager dans un 
canal étroit sur remplacement de la zone jurassique eflTondrée , 
dont les lambeaux persistent sous forme d'Ilots dans cette mer 
éocène; elle s'étend sur les terrains jurassiques du Djurjura et 
se prolonge ainsi vers TEst. 

Cette époque de TÉocène moyen, marquée parle développe- 
ment de la faune nummulitique , correspond à une série d'oscil- 
lations, qui déplacent faiblement les limites de la mer; mais des 
actions orogéniques importantes se manifestent surtout dans la 
région du Djurjura; la mer, d*abord localisée au Sud, passe au 
Nord pendant que s'édifient ces calcaires, aux dépens de la pro- 
digieuse accumulation des nummulites; puis ces calcaires sont 
émergés à leur tour, et la mer vient battre leurs falaises, les 
détruire peu à peu , et former de leurs débris ces amas puissants 
de poudingues qui forment ceinture aux rochers calcaires de 
l'extrémité occidentale de la chaîne. 

Le calme s'établit peu à peu, et la fin de cette période nummu- 
litique est marquée par le retrait de la mer de toute la région 
occidentale jusqu'au Djurjura. 

La période de TÉocène supérieur peut se partager en deux 
phases distinctes, pendant lesquelles la mer a présenté ime 



96 LAl KABYLIE. 

extension bien différente. Durant la première phase , le Djurjura, 
dans sa partie orientale, est recouvert par les eaux qui s'étendent 
au Sud -Ouest vers Aumale , au Sud-Est vers la Hedjana , occupant 
un bassin très étendu sur^toute la zone actuelle des Plateaux Cons- 
tantinois. La deuxième phase, ou époque Numidienne, est mar- 
quée par un changement complet de bassin. Toute la région 
littorale, toute la région orientale sont immergées; et la mer re- 
couvre les dépôts crétacés, en même temps qu'elle s'étend sur 
tout le littoral de la Numidie et en Tunisie. En outre , une dé- 
pression s'est creusée , probablement à la suite du plissement du 
Djurjura, entre la zone nummulitique et le massif ancien, et la 
mer Numidienne pénètre dans ce fiord étroit de Drâ-el-Mizan et de 
Boghni, tandis qu'au Nord-Ouest elle s'étend sur les terrains 
anciens, établissant pour la première fois une séparation entre 
le massif kabyle et le massif des Khachna. Cette époque repré- 
sente la plus grande extension de la mer sur le territoire de la 
Kabylie. 

A peine formés , ces dépôts sont émergés sur toute leur étendue, 
et la mer se retire , abandonnant complètement , à nouveau , le 
sol de la Kabylie, qui se trouve , à la fin de la période éocène, 
comme à la fin de la période crétacée, constituer une région 
compacte. 

A partir de ce moment, la mer ne s'étendra plus que dans des 
bassins étroits, dans des dépressions assez nettement limitées, où 
nous allons suivre ses retraits successifs pendant la période 
néogène. 

Durant cette émersion, les grès numidiens, soumis à de puis- 
santes actions d'érosion , vont être démantelés et enlevés sur de 
grandes surfaces, de sorte qu'au retour de la mer, à l'époque oli- 
gocène, des lambeaux isolés de ces grès en seront les seuls 
témoins. 

La mer oligocène a occupé un bassin mal défini , mais qui pa- 
rait s'être étendu sur une partie de la chaîne littorale , sur toute 
la région des Issers, et au Sud, au pied de la chaîne des Béni- 
Khalfoun et des Ammal, entre la zone nummulitique et le massif 
ancien des Khachna, Nouvelle émersion, à la suite de ces dé- 



DESCRIPTia\ GEOLOGIQUE. 97 

pots oligocènes, qiiiont été démantelés avant l'extension de la 
mer cartennienne. Cette émersion a coïncidé avec un mouvement 
orogénique important, qui a élevé les assises oligocènes à la crête 
d'Ain-el-Arba (870°*). La chaîne littorale parait définitivement 
constituée, ainsi que la chaîne occidentale. 

Pendant la période miocène , la mer restera cantonnée , mais 
avec des mouvements de retrait et de progression , dans les deux 
l(mgues et étroites dépressions, autour du massif kabyle : vallée 
du Sébaou, vallée de DrÀ-el-BIizan. Ces dépressions paraissent 
s être formées dans des plis synclinaux , conséquences du mouve- 
ment orogénique précédent. 

La mer cartennienne empiète le plus profondément sur le pour- 
tour du massif kabyle, ainsi que l'indique sa bordure continue 
de poudingues adossés aux schistes cristallins. Elle s'étend à l'Est 
dans la vallée du Sébaou jusqu'au coude d'Azazga, sans trop le 
dépasser; dans la vallée de Drâ-el-Blizan, elle ne dépasse pas 
Tizi-Renif. 

Elle contourne, à l'Est et au Nord, les Ilots anciens d'isserville, 
et vient pour la première fois occuper le détroit de Ménervilie. 
Une émersion partielle se produit, avec une lacune dans la sédi- 
mentation , puis la mer helvétienne vient s'étendre dans toute la 
longueur des dépressions , jusqu'au fond de la vallée du Sébaou , 
et de la vallée de Boghni. De plus, elle traverse la zone éocène , 
probablement par un détroit resserré (Teniet-el-Begass) et vient, 
au Sud de cette chaîne, occuper le bassin de Ben-Haroun. Elle 
a, vers TOuest une extension plus considérable que la mer carten- 
nienne. 

A la fin de l'helvétien, par suite du mouvement important qui 
a imprimé son action sur les principales chaînes de l'Algérie , la 
mer se retire, et, pendant l'époque sahélienne, elle n occupe plus 
que le fiord tracé par la vallée du Sébaou , dans le pli synclinal 
formé par le cartennien. 

La fin de la période miocène , comme celle de la période éo- 
cène, est marquée de nouveau par Témersion totale de la Kabylie. 
Ce n'est plus que dans la dernière partie de l'époque pliocène 
que la mer pénètre sur le littoral , dans la partie occidentale , 

I. 7 



98 LA KABYLIE. 

traverse le détroit de Ménerville, mais sans s'écarter sensiblement 
du rivage actuel. À cette époque également les vallées commen* 
cent à se creuser, et les premières alluvions, les plus anciennes, 
à se déposer sur leur parcours. 

Enfin la période quaternaire est marquée par le creusement 
progressif des vallées, par les actions puissantes d'érosion, qui 
ont entamé sur d'aussi grandes épaisseurs les dépôts miocènes. 

Le mouvement d'exhaussement du sol est indiqué par le relè- 
vement des terrasses marines en quelques points de la côte (Dji- 
net, Dellys). 

En résumé , chacune des périodes importantes de la série des 
temps secondaires et tertiaires a marqué sa trace dans l'his- 
toire géologique de la Kabylie. — Les zones maritimes ont cons- 
tamment varié de situation et d'étendue, tantôt dans une direc- 
tion, tantôt dans une autre. Les changements les plus complets à 
cet égard se sont produits : 

l"" Au début et à la fin de la période nummulitique (Éocène 
moyen); 

T Au début et à la fin de la période numidienne (Éocène supé- 
rieur) ; 

S"" Au commencement de la période cartennienne ; 

W A la fin de la période helvétienne. 

C'est , en somme , une histoire très mouvementée , que ceUe de 
la formation du sol kabyle ; aussi est-il difficile d'attribuer à cha- 
cun des nombreux mouvements orogéniques la part qui lui revient 
dans la constitution des grandes rides montagneuses. 

J'estime que c'est principalement à la fin de l'oligocène que 
la chaîne du Jurjura, la chaîne littorale et le massif d'Akfadou 
ont pris sensiblement leur structure générale; les plissements de 
la fin de l'helvétien et de la fin du sahélien n'ont pu qu'ac- 
centuer les reliefs. 

La formation de la chaîne du Djurjura et de son prolongement 
à rOuest (chaîne occidentale)- me parait la conséquence d'une 
pression latérale, véritable poussée du Sud au Nord, dont l'action 
répétée a eu pour résultat la production de cette ride saiUante , 
dominant partout d'une manière remarquable le massif ancien 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 99 

qui s'étend au Nord sur toute son étendue. A TEst, le massif 

d'Akfadou est le résultat d'une série de plissements et d'ondulations 

dont les axes principaux sont dirigés sensiblement Nord-Sud. — i 

La poussée latérale a relevé presque partout les couches sur le 

versant de la Soummam de l'Est à l'Ouest. 

Au Nord, la chaîne littorale est sensiblement parallèle à la J 

crête principale du Djurjura; les couches; sur le versant Nord, i 

ont une tendance générale à s'incliner au Sud , vers le massif an- i 

cien, qui est ainsi entouré de trois côtés par des chaînes qui le 
dominent d'une façon plus ou moins complète. 



SOURCES MINERALES. 

Les sources minérales ne sont pas très nombreuses, ni remar- 
quables en Kabylie. Les principales, qui aient été signalées et 
analysées, sont* : 

i^ Les sources alcalines, gazeuses et ferrugineuses de l'oued 
Edjeleta . près Ben-Haroun , qui sortent du Sénonien , presque au 
contact de Thelvétien ; les unes sont gazeuses , les autres ferrugi- 
neuses. Elles sont utilisées en boisson; elles ont été l'objet d'un 
commencement d'exploitation, qu'il serait à désirer de voir pros- 
pérer. 

^ Source alcaline ferrugineuse froide d'Aïn Bakti, au nord 
d'Hausson ville r, au contact du dellysien et.de l'helvétien. 

3** Source ferrugineuse froide de Mazer, à 15 kil. à l'est de Del- 
lys, sortant des grès numidiens ; 

ï^ Sources ferrugineuses du Café-Maure, route muletière de Del- 
lys à Tizi-Ouzou, à 10 kilomètres de Dellys, au contact du séno- 
nien et du dellysien. — Ces sources sont peu abondantes. 

5** Source ferrugineuse de Souk-el-Arba (Fort-National) sort 
des gneiss, — température 19*. 

6° Source minérale de Hadjer-el-Hammam , chez les Aït-Attaf , 
aa pied du Djurjura; dépose du travertin blanc. 

7** Source thermale de Hammam Tellat (au Nord de Palestro). 

1 ?(ous empruntons ces documents à la Notice publiée par le ser?ice des Mines 
de l'Algérie 1889. 



^ 



,1 



■»i 



100 LA KABYLIE. 



GITES METALLIFERES ET CARRIERES. 

Les gites métallifères ne paraissent pas importants. On a signalé 
depuis longtemps la présence de minerai de fer à Tétat d'hy- 
droxyde et de fer oxydulé chez les MaÀtka, les Aït-Yenni , les Aït- 
Menguellet. 

Les points qui ont été explorés dans une certaine mesure sont 
les suivants^ : 

1*^ Région de Palestro, indices de galène au voisinage du vil- 
lage des Ouled Arkoub, à 8 kil. ouest-nord-ouest de Palestro; 
d'autres, dans des calcaires dolomitiques jurassiques au-dessus 
de Tellat, à 3 kil. au nord de Palestro. 

2° Belloua. Galène associée à une certaine proportion de blende 
et à des traces de cuivre pyriteux, disséminée en veinules et en 
nodules dans des calcaires appartenant au terrain cristallophyl- 
lien, à 3 kil. nord-est de Tizi-Ouzou. 

3° Région de Ménerville; mines de fer : Guedara, à 2^,5 sud 
de Ménerville. Hématite tendre, affleurant dans un Ilot de 
schistes et quartzites archéens. 

Oued Keddache, à 3 kil. nord de Ménerville. Fer oligiste 
avec traces de pyrite , au contact du micaschiste et de la roche 
éruplive (liparite), a été l'objet de quelques travaux d'exploration 
abandonnés depuis longtemps. 

Bordj Caïd-Ladi, à l'ouest de Beni-Amram. Fer oligiste avec 
fer oxydulé en portions de couches intercalées dans l'Archéen , et 
passant latéralement aux quartzites de ce terrain, avec complète 
identité dans la structure. 

Aïn-Oudrer, au nord du point précédent; même minéral et 
dans les mêmes conditions de gisement, épaisseur bien visible 
et très considérable. 

Les carrières de la Kabylie n'ont été exploitées que dans le 
voisinage des centres. A Dellys, c'est un grès grossier appartenant 
à Tétage dellysien. — A Tizi-Ouzou , grès et calcaires gréseux 
de Tétage cartennien. Ces mêmes grès ont été exploités pour 

1 D'après la Notice minéralogiquo du service des Mines (1889). 



DESCRIPTION GEOLOGIQUE. 101 

la construction des ouvrages d'art de la voie ferrée de Tizi-Ouzou, 
aux Chennacha, sud d'Haussonviller; au Camp-du- Maréchal; à 
Ménerville, ce grès cartennlen est également utilisé pour les cons- 
tmctions. 

A Drâ-el-Mizan, ce sont les grès grossiers éocènes supra num- 
mulitiques, avec les calcaires marneux de Tétage numidien. 
À Fort-National, on exploite les calcaires cristallins blancs, à 
pyrite de fer. Ces mêmes calcaires ont été exploités comme mar- 
bres dans Toued Ksari, au nord de Drà-el-Mizan. 

La situation des calcaires du Djurjura les rend inexploitables; 
dans les gorges de Tisser, les calcaires liasiques et nummulitiques 
ont été utilisés pour la construction des travaux du chemin 
de fer. 

Enfin au cap Djinet, on exploite le basalte labradorique pour 
l'entretien des chaussées d'Alger. 

Les gypses sont très rares. Je ne puis citer comme important que 
les gypses dlsserville en plaquettes dans l'helvétien, exploités 
depuis quelques années. (E. F.) 

FORÊTS. 

Ibn Khaldoun affirme qu'à l'époque où il écrivait, c'est-à-dire 
dans la seconde moitié du quatorzième siècle, les montagnes de 
la Kabylie étaient tellement boisées, que le voyageur ne pouvait 
y trouver son chemin. 

S'il en était ainsi, l'état du pays aurait bien changé; mais 
est-il possible d'accepter comme exacte cette assertion de l'histo- 
rien arabe? Lui-même nous fournit des raisons pour que nous 
n'y ajoutions pas une foi entière. 

Il donne en effet une liste détaillée de ce qu'il appelle les tribus 
les plus marquantes des Zouaoua , et ces tribus sont à peu près 
toutes celles qui habitent encore la chaîne du Jurjura et ses prin- 
cipaux contre-forts. Leur population devait être assez considé- 
rable, puisqu'il nous les représente comme bravant, dans lexirs 
montagnes , le gouvernement régulier établi à Bougie et ne lui 
payant l'impôt qu'autant qu'elles le voulaient bien. Cette popu- 



102 Lk KABYLIE. 

lation n a pas dû s'augmenter sensiblement, car ce n'est pas chez 
un peuple aussi pauvre que les Kabyles que le chiffre de la popu- 
lation prend un accroissement rapide. Or, maintenant que nous 
connaissons bien le pays, nous savons que le sol occupé parées 
tribus ne peut suffire à nourrir les habitants, bien qu'ils en tirent 
par la culture tout le parti possible. Comment ce même sol eût-il 
pu faire vivre des populations, même moins nombreuses^ s'il eût 
été couvert de forêts? 

Tout en admettant donc, dans une certaine limite, que le pays 
ait pu être plus boisé il y a cinq siècles que maintenant , on ne 
peut s'empêcher de conclure qu'il y a beaucoup d'exagération 
dans le récit d'Ibn Khaldoun. 

Pour rester dans la vérité rigoureuse des faits , on peut dire 
que, en Kabylie, il y a beaucoup d'arbres fruitiers, mais peu de 
forêts*. Nous rangeons parmi les arbres fruitiers les Chênes à 
glands doux, dont les fruits forment la base de la nourriture chez 
un grand nombre de tribus, et les frênes, dont les feuilles, re- 
cueillies et conservées avec soin, constituent le seul fourrage que 
les Kabyles donnent à leurs bestiaux pendant l'automne et au 
commencement de l'hiver. 

Il existe néanmoins dans le pays des massifs boisés d'une cer- 
taine étendue. 

Les principaux massifs boisés se trouvent chez les Ait Khalfoun, 
près dp col de Begas^ chez les Inezliouen, les Iflissen Oum el-Lil, 
les Maàtka, chez les (Mezana) Slyem Béni au Tamgout des Alt 
Djennad, chez les Aït Roubri et enfin près du col d'Akfadou, 
chez les Alt Idjer; dans ce dernier canton existe une grande 
forêt qui offre à l'exploitation des ressources importantes. 

Les essences dominantes sont : le Chêne-liège [Quercus Suber). 
le Chêne zé' n {Quercus Mirbeckii) et le Chêne à feuilles de Châ- 
taignier ou kabyle [Quercus ccLstaneae folio). 

Les Chênes-liège peuvent descendre assez bas dans la région 
des collines , surtout au bord de la mer (2). 

1 Les belles forêts se trouvent situées dans la partie orientale de la grande 
Kabylie dans le triangle limité par Azeffoun , Akbou et Bougie. (L. T.) 
' 11 existe en Kabylie environ 40.000 bect. de forêts de chênes liège. (L. T.) 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 103 

Le Chêne ze' n, qui aime l'humidité et craint Tincendie, contre 
lequel il n'est pas protégé par une cuirasse comme le Chêne-liège, 
occupe surtout les ravins , les pentes fraîches des plateaux élevés 
et le bord des ruisseaux. 11 croit sur une zone étendue dans le Tell 
algérien, depuis la Calle jusqu'à Tlemcen. Son port est majes- 
tueux , son bois lourd, et sa fibre résistante. Il a le défaut de se 
fendre lors même qu'on le laisse sécher à Tombre, défaut qui 
est attribué à la persistance de la sève. On a essayé d'y remédier 
soit en le plongeant dans des fosses remplies d'eau, soit en l'injec- 
tant de divers sels, entre autres de sulfate de fer ou de sulfate de 
cuivre. 

Le Chêne kabyle ou Chêne à feuilles de Châtaignier ne se ren- 
contre que sur des montagnes d'une certaine élévation , et ne 
parait pas descendre au-dessous de mille mètres. On Ta signalé 
pour la première fois dans le Caucase. En Algérie, on ne le ren- 
contre que dans la Kabylie du Jurjura et dans la Kabylie orien- 
tale, au sommet du Goufi, dans la tribu des Béni Four'al, dans le 
Babor, le Tababort et les montagnes voisines. 

Moins élevé que le Chêne zé' n, il a moins besoin d'humidité et 
semble se plaire surtout sur les crêtes. Son bois est moins lourd 
que celui du ze'n et se fend moins facilement. C'est un excellent 
bois de charpej^te, et les jeunes sujets fournissent de bons poteaux 
pour le service télégraphique. 

Les glands de ces deux espèces, quoique loin de valoir ceux 
du Quercus Ballota, sont cependant mangés par les Kabyles de 
plusieurs tribus, notamment par les Aït Idjer, qui les conservent 
dans l'eau et leur enlèvent une partie de leur àcreté en les fai- 
sant bouillir avec de la cendre. 

Le Chêne à feuilles de Châtaignier, très abondant dans les 
forêts voisines du col d'Akfadou et chez les Aït R'oubri se re- 
trouve encore au Tamgout des Aït Djennad. Il pousse partout en 
compagnie du Chêne ze'n, mais il descend moins bas que ce 
dernier (1). 



^ Le Q. Castanexfolia s'bybride ayec le Q. Suber et donne ainsi naissance à des 
Faux-lièges qui ne produisent qu'un liège de nulle valeur. (L. T.) 



104 LA KABYLIE. 

Le Chène-Iiège abonde surtout dans les massifs des Aït Khal- 
foun , des Inezliouen, des Maàtka, des Iflissen Oum-el-Lil. 

Les bois de la Kabylie renferment diverses autres essences, 
mais très secondaires : 

Le Micocoulier [Celtis australis et en kabyle Ibikes) , qui at- 
teint un magnifique développement ; 

L'Aune [Alnus glutinosa, en kabyle Asr'arsif), assez abondant 
près des ruisseaux ; 

Le Saule pédicellé [Salix pedicellaki); 

L'Érable à grandes feuilles [Acer oblusatum, en kabyle el- 
Kikeb) ; 

Le Cerisier sauvage [Cerasus avium, en kabyle Ardlim) ; 

Le Laurier {Laurus nobilis, en kabyle Rond) ; 

Le Lentisque [Pistacia Lentiscus, en kabyle Tidekt) ; 

L'Alaterne {Rhamnus Alaternus , en kabyle Meliles) ; 

Le Térébinthe [Pistacia Terebinthus, en kabyle Ibejji) ; 

Les arbrisseaux qui forment des fourrés sous le couvert des 
Chênes sont les suivants : 

V Anagyris fœtida [Kharoub el-Klab, Caroubier des chiens); 

L'Arbousier [Arbutus Unedo, en kabyle Isisnou); 

Le Myrte [Myrtus communis^ en kabyle Achilmoun); 

Le Cytisus triflorus (en kabyle Ilouggui) ; , 

Trois Genêts épineux (en kabyle Azezzou) ; 

Le Filaria à feuilles étroites [Phillyrea angtistifolia , en ka^^yle 
Thamethotiala)\ 

Le Filaria à grandes feuilles [Phillyrea latifolia, en kabyle 
Ached) ; 

Le Mespilus oxyacantha (en kabyle Idmim) ; 

Le Prunier sauvage [Prunus spinosa et insilitia, en kabyle 
Aberkouk Bouchchen); 

Un Rosier sauvage {Rosa sempervirens, en kabyle Thaafert) ; 

Enfin la Bruyère arborescente [Erica arborea, en kabyle Akhe- 
lendj). 

Dans le Jurjura proprement dit , les Chênes sont remplacés par 
les Conifères : Cèdres et Genévriers [Cedrus Atlantica^ Juniperus 
OxycedruSy J, nana), isolés ou formant çà et là quelques massifs. 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE. 105 

Les grandes masses calcaires nourrissent en outre un certain 
nombre d'arbrisseaux : 

Le Houx (Ilex Aquifolium, en kabyle Irsel); 

L'Érable de Montpellier [Acer Monspessulanum)\ 

Le Nerprun des Alpes [Rhamnus Alpintis); 

L'If, qui vient souvent à l'état de buisson (Taxtis baccata^ en 
kabyle Tifouzzel) ; 

Le Cratœgus monogyna et un certain nombre d'Églantiers. 

MÉTÉOROLOGIE. 

Tout ce qui touche à la météorologie est traité dans la Topo- 
graphie médicale , à laquelle nous renvoyons le lecteur. 



i 



HISTOIRE NATURELLE. 



FLORE DE LA KABYLIE 



PREMIERE PARTIE. 
PHANÉROGA^MIE. 



SVPLOBATIONS BOTANIQUES DANS LA KABYLIE DU JUBJUBA. 

Le 20 juin 1785, Tillustre auteur du Flora Atlantica, revenant 
de Sétif à Alger, traversa les Biban et campa aux Alt Mançour, 
avec rintention de pénétrer au cœur du Jurjura. Mais l'état po- 
litique du pays y occupé « par la nation formidable du sultan 
BoQzit » , ne permit pas à Desfontaines de réaliser son désir, et 
il dut s'éloigner, en se contentant de récolter les plantes de la 
vallée * . 

Bien des années devaient s'écouler avant qu'un botaniste pût 
entrer dans le pays si bien gardé de l'indépendance kabyle. 

H. Dufour, médecin militaire , est le premier qui ait entamé la 
fiore de cette contrée sur un des points extrêmes de son littoral. 
De 1834 à 1840, il a exploré les environs immédiats de Bougie. 

Après lui, M. Durieu de Maisonneuve, dont les recherches, de 
1842 à 1844 , enrichirent la flore algérienne de tant de décou- 
vertes, continua à Bougie l'œuvre du docteur Dufour 2. 

Ces explorations ne pouvaient comprendre qu'un rayon très 

1 Destontaines a décourert, à Bougie, le Bupleurum plantagineum et le Pen- 
niselum asperifolium, 

^ On doit à ces savants la constatation des plantes suivantes : Suphorbia den- 
droides, Galium brunneum^ Lithospermum rosmarinifolium , Bupleurum fru- 
iicosum, Ambrosia inaritima, Lappa communis, Convolvulus Sabatius, 



108 LA KABYLIE. 

limité autour d'une place que la guerre maintenait en état de 
blocus. La science ne devait pénétrer dans le Jurjura qu^à la suite 
de nos colonnes. En 1851, H. Tinterprète militaire Schousboë eut 
la gloire de ravir à la montagne sa première dépouille , les rouges 
pétales du Pœonia Altantica . 

La colonne rentrée , la Kabylie se referma. De 1852 à 185!^, 
H. Martial de Brettes, aujourd'hui chef de bataillon, étudia la 
flore des environs de Dellys et fit dans le Jurjura quelques courses 
fructueuses. 

11 était donné à HH. Gosson et Henri de la Perraudière d'ac- 
complir la première exploration sérieuse de la chaîne du Jurjura. 

Au moment même où, en 185i, avait lieu la première expé- 
dition contre les Igaouaouen, les deux courageux botanistes, 
après avoir vainement tenté de s'élever sur les contre-forts qui 
dominent Tizi Ouzzou, se rendirent à Drà el-Mizan, où ils n'arri- 
vèrent qu'en traversant le territoire presque insurgé des Iflissen . 
Après une rapide exploration des environs du fort, ils rejoignirent 
le capitaine Beauprêtre à son campement de Tizi-n-Tleta, entre 
les Ir'ill Imoula et les Aït bou Addou. Le 25 juin , les deux savants 
traversaient les derniers villages de cette tribu, et, escaladant le 
Jurjura, visitaient le lac et la cascade au-dessus de Tizi-n-Tese- 
lent, puis les crêtes qui les dominent. A la suite de cette course, 
M. Gosson, atteint par la dysenterie, dut revenir à Drâ el-Hizan. 
Il en repartit avec son compagnon le 2 juillet, et le 3, après 
avoir exploré le Drà Inguel et l'Azib des Aït Koufi , ils s'élevaient 
sur les flancs du Tamgout Aïzer ; mais la fatigue et le manque de 
Vivres ne leur permirent pas d'en atteindre le sommet. Ges deux 
grandes courses avaient amené la découverte de nombreuses es- 
pèces des plus intéressantes, parmi lesquelles il faut compter 
VIsatis Djurdjurœ. Les intrépides voyageurs durent songer au 
retour, et rentrèrent à Alger, en herborisant dans la vallée de 
l'Isser et fouillant le petit lac des Aït Khalfoun^ 

En 1858, au mois de juillet, le docteur Paul Mares et H. Odon 

I Cette excursion amena la découverte des Isatis DJurdjurx, Mattia gymnandra, 
Leontodon DJurdjurx, Euphorbia cernua, plantes spéciales à la Kabylie du Jur- 
jura, et la constatation des Vicia glauca, Sedum Olympicum. Spirxa filipendula. 



HISTOIRE NATURELLE. 109 

Debeaux, pharmacien militaire de Fambulance à Fort-Napoléon, 
pénétrèrent de nouveau dans la montagne par le col de Tirourda, 
visitèrent la vallée des Alt Ouàban , et le lendemain arrivèrent 
au sommet extrême du Jurjura, le pic de Lalla Khadidja. H. De- 
beaux a, dans une lettre à M. Durieu de Haisonneuve, constaté 
les résultats botaniques de cette coui*se. 
M. 0. Debeaux a aussi étudié la flore des contre-forts ^ 
A partir de ce moment, les explorations devaient se multi- 
plier. 

H. le docteur Thévenon, en résidence à Drà el-Mizan, profitait 
d'un séjour prolongé pendant deux années (1860-1861) dans cette 
localité pour étudier à fond la végétation des plaines accidentées 
de Drà el-Hizan et de Bour'ni , ainsi que la flore des contre-forts 
voisins. A trois reprises il parvenait au sommet du Jurjura, deux 
fois en explorant les Alt Koufi et le Tamgout Aizer, une autre fois 
en suivant la ligne des crêtes entre Drà el-Hizan et Tizi Ouja- 
boub2. 

Pendant cette période, M. Durand, officier du bureau arabe 
du même cercle , faisait une fructueuse exploration à Tizi Ou- 
goulmim, col situé à 2,122 mètres, entre les Alt Koufi et les Alt 
Meddour. 

Dans Tété de Tannée 1861, Tun de nous, M. Letourneux, 
accompagnait H. Gosson dans l'exploration de la zone des grandes 
forêts de Chênes, de Taourirt Cuir il au col d'Akfadou. Tous deux 
descendaient ensuite dans la vallée de TOued Sahel et s'arrêtaient 
à Akbou , où venait les surprendre la nouvelle de la mort d'Henri 
de la Perraudière, qu'ils avaient laissé malade à Bougie. La 

Pkyiospermum actexfolium , Euphorbia Allantica. Cephalaria Atlantica , Se- 
neeio Absinihium ei Perralderii, Galium Perralderii, Vicia ochroleuca, Hy- 
pericum Naudinianum et monlanuniy etc., qui n'avaient pas encore été tus en 
Algérie, ou qui n'araient été rencontrés que dans les montagnes de TAurès. 

^ Ces messieurs ont enrichi la flore kabyle des Erodium trichomanefolium^ 
AnthylUs moniana, Lonicera arborea, Helichrysum lacteum^ Hieracium pre- 
nanthoides , Jasione intermedia , Scilla Arisiidis , etc. 

' M. le docteur Thévenon a cueilli le premier, dans la chaîne du Jurjura, les 
Hibes petrxum^ Sorbus AriOf Onosma echioides, Nephrodium pallidum^ Del- 
phinium Balansx, lonopsidium albiflorum, Lavatera stenopetaktt Hypericum 
suberosum, Sedum Cepxa, Mandragora microcarpa, Atropa Belladona ^ AlyS' 
ntm spinosMtn , etc. 



110 LA KABYLIE. 

Kabylie devait servir de tombeau à Tun des deux hardis bota- 
nistes qui, les premiers, l'avaient explorée ^ 

L'année suivante, M. Lirou, professeur à Alger, visitait la 
partie du Jurjura comprise entre Akbou et le col d'Akfadou et 
une portion de la vallée de TOued Sahel^. 

En 1862, M. Durando, dont le nom est familier à tous ceux qui 
s'occupent de la flore algérienne , a fait une course de quelques 
jours à Fort-Napoléon. 

Depuis cette époque, M. Letoumeux a accompli, en mai et en 
juin 1866, une nouvelle excursion, en eompagnie du docteur 
Paul Mares. Partis de Fort-Napoléon , ils ont traversé le Sébaou , 
exploré le Djebel Afroun , Tifrit , la forêt d'Akfadou depuis Agoul- 
mim Aberkan jusqu'au col, puis les cols de Tizi-n-Cherià,,Cliel- 
lata, Tirourda, le Jurjura des Ait Boudrar, Lalla Khadidja et les 
grands rochers qui s'élèvent au-dessus de Bou Adnan jusqu'à 
Thabbourt Bouzgueur^. 

Enfin M. Letourneux , il y a quelques mois , retournait à Ti- 
rourda et aux crêtes qui commandent le col, et explorait, dix 
jours plus tard , le pays des Ait Ouàban et Alt Daoud , afin d'étu- 
dier la végétation automnale , qui n'avait pas été observée encore 
sur les hautes cimes du Jurjura*. 



1 Cette courte reconnaissance a ajouté à la flore kabyle : Orobus niger. Myosotis 
macrocalycina , Hypericum Àfrum, Scutellaria Columnx, Isoeles Perralderiana^ 
Polamogeton polygonifolius , Linaria elatinoides , Àgrostis alba var. olivetorum , 
Àira capillaris , etc. 

> M. Lirou a recueilli plusieurs plantes intéressantes : Mattihiola trislis. Car- 
richtera Veille, Cisius Cltuii, Helianthemum rubellum^ Reseda Phyteuma, Sa- 
ponaria Vaccariaf Silène tridentata, Cerastium dichotomunij Rhamnus Àlpinus, 
Bhus pentaphylla ^ AstragiUus Glaux, Crupina viUgaris, Salvia viridis , Cleonia 
Lusiianica^ Cephalanthera Xiphophyllum, Aspleniumpalmatum^Sialice Thouini, 

3 Cette excursion a fourni à la flore kabyle : Aquilegia vulgaris yar. viscosa^ 
Alyssum ccUycinum, Sisymbrium Alliaria^ Bivanea luUa, Belianlhetnum 
Œlandicum var. canum, Astrocarpus Clusii, Ranunculw ViUarsiif R, lateriftorus^ 
Silène Choulellii, Mœhringia trinervia, Alihsta hirsuta, Genisla Numidica, 
Circœa Lutetiana, Ribes Uva-crispa, Notobasis Syriaca^ Campanula mollis, 
Primula grandiflora, Veronica serpyllifolia , Myosotis cespitosGy Daphne 
oleoideSy Euphorbia amygdaloides, Scilla campanulata, Urginea anthericoides^ 
Platanthera montana, Orchis païens , Luzula Forsteri, Carex flava , Festuca 
spadicea , Osmunda regalis , Isoetes velata. 

^ De ces dernières courses, M. Letourneux a rapporté : CheUdonium majvs, 
Sorbus torminalis, Evonymus laUfolia, Odontites Djurdjurx et Ailantica^ Pteri* 



HISTOIRE NATURELLE. 110 

Aujourd'hui la masse de la végétation des hautes montagnes 
est connue ; mais il reste bien des points inexplorés sur le littoral 
depuis Dellys jusqu'à Toudja; la flore du massif des Ait Khalfoun 
et des Ammal est presque ignorée, et les botanistes futurs ont 
encore à espérer de belles découvertes. 

Néanmoins, nous pensons que, dès à présent, les caractères 
généraux de la flore kabyle sont fixés, et que les résultats des 
nouvelles explorations ne pourront que les confirmer. 

[ Depuis la rédaction de cet article l'exploration botanique de 
la Kabylie a été complétée par M. Letoumeux lui-même et prin- 
cipalement par MM. Battandier et Trabut qui ont de 1880 à 1892 
visité à peu près toutes les stations intéressantes , les résultats de 
ces recherches sont consignés dans le bulletin de Société botani- 
que de France et dans la Flore de r Algérie, M. le docteur A. Cha= 
bert a fait aussi en 1889 une série d'herborisations dans le Jurjura. 
Foy. Soc. bot. de France. L.T.] 

CONSIDÉRATIONS OKNKRALES. 

Le pays que nous examinons au point de vue de la botanique 
est délimité de la manière suivante : au nord, la mer; à l'ouest, 
une ligne qui, partant de Mers el-Hadjadj, passe parle col des 
Alt (Béni) Alcha, de là au pont de Ben Hini sur Tisser, et de ce 
pœnt se dirige sur l'Oued Sahel , en suivant la vieille route tur- 
que jusqu'à Bordj Boulra; au sud et à l'est, le cours de l'Oued 
Sahel, jusqu'à son embouchure. 

Il correspond à peu près exactement à la Kabylie du Jurjura, 
en y ajoutant , pour obtenir une limite naturelle, le terrain com- 
pris entre les crêtes du Jurjura et l'Oued Sahel, qui appartient 
aux subdivisions d'Aumale et de Bougie. 

Cette contrée , plus étendue et plus peuplée que la plupart de 
nos départements , baignée par la mer, traversée par une chaîne 
de montagnes très élevée à laquelle viennent s'arc-bouter de 
nombreux contre-forts, arrosée par trois fleuves torrentueux, 

longifolia, Ileracleum Sphondylium ^ Adenocarpus commutatus^ Gcnista Ka- 
bjflica, Erica scopanUf etc. 



i 



112 LA KABYLIE. 

Tisser, le Sébaou et TOued Sahel^ présente quatre régions, dif- 
férentes d'aspect et de végétation, indépendamment de la zone 
maritime. Ces régions sont : 1** les plaines ; 2** les contre-forts ; 
3° les forêts de Chênes; 4° le Jurjura. 

1^ La région des plaines comprend : le fond des bassins de 
Tisser et de ses affluents, notamment de TOued Djemàa; le ter- 
rain qui sépare le Jurjura du massif des Haàtka et où s'élève le 
poste de Dràel-Mizan; les bords du Sébaou, jusqu'au pied des 
contre-forts, et le bord occidental de la vallée de TOued Sahel. 

Le nom àe plaines ne peut s'appliquer à cette région que d'une 
manière relative, et ne doit pas faire naître l'idée d'une vaste 
étendue de terre complètement plate et unie *. 

Les vallées , en effet, ne présentent pas une très grande largeur 
et, suivant que les. montagnes et leurs puissants contre-forts s'é- 
cartent ou se rapprochent, le bassin s'étend ou se resserre. D'un 
autre côté, le terrain monte d'une manière sensible depuis la 
mer jusqu'au moment où les rivières ne sont plus que des torrents 
encaissés dans des berges abruptes. Enfin cette différence de ni- 
veau, que Ton peut évaluer de 10 à 300 mètres, ne résulte point 
d'une pente uniforme; chaque bassin est en général découpé en 
ondulations qui se renflent le plus souvent en s'approchant des 
contre-forts, dont elles paraissent être la continuation et comme 
l'épanouissement . 

Ce qui forme le caractère saillant de cette région , c'est qu'elle 
est presque entièrement consacrée à la culture des céréales. A 
part quelques massifs d'Oliviers et même d'Orangers, comme chez 
les Hechtra et à Tiniri chez les Alt Mendès, et quelques jardins de 
Figuiers , on ne trouve de végétation arborescente que sur le bord 
immédiat des rivières, où s'élèvent de grands Frênes , les Popuius 
alba et nigra, des Ormes, des Aunes et quelques buissons de 
Lauriers-Rose. 

Les marais y sont excessivement rares; nous ne pouvons guère 
citer que celui de Bon llef , au pied du contre-fort des Alt Iraten , 
qui forme un fourré de quelques hectares, et quelques mares non 

1 Voir la description topographique. 
3 Voir la description topographique. 



HISTOIKE NATURELLE. 113 

loin de Drâ el-Hizan , sur le bord desquelles le docteur Thévenon 
a trouvé le Pilularia minuta. Complètement desséchées par le 
soleil à partir du mois de juillet, sauf sur quelques pentes, où 
poussent des champs de bechna ou de dra [Sorghum vulgare et 
PermiciUaria spicata), ces plaines sont couvertes au mois de mai 
de moissons d'orge et de blé dur qui ondulent sous la brise. Aux 
épis se mêlent de nombreuses Ombellifères, surtout les Ridolfia 
segetum, Ammi majus et Visnagay Daucus maximus, aureus et 
muricaius, Ptychotis verticillata , Cachnjs pterochlœna; au-des- 
sous, dans l'épaisseur des récoltes, se cachent les Turgenia lati- 
folia, Scandix Pecien- Veneris, Eryngiiim dichotomum et Krubera 
leptophylla. 

Les Graminées y sont également nombreuses : on y trouve en 
abondance les Lolium pererme et temulentum, Anthoxanthtim 
odoraium, Phalaris Canariensis et brachystachys, Lagurus ovatiis, 
Gastridium lendigerum , Cynodon Dactylon y Triseium paniceum^ 
Cynomrus polybracteatus et echinatus, Melica ciliata^ Briza 
maxima, Dactylis glomeratay BromvLS rigidus, macrostachyus et 
mollis, Fesiuca artmdinacea y genictdata et rigida, Hordeum 
mitrinttm, maritimum et jEgilops ovata. 

Les autres familles sont bien moins largement représentées : 
nous signalerons les Salvia bicolor, Pallenis spinosa, Scabiosa 
maritima, Teucrium resupinatum , Euphorbia Terracinay Stachys 
Duriœi;ei parmi les Composées , les Centaurea pullata , Scolymus 
Hispanicîis et grandiflorus, 

La vallée de TOued Sahel se distingue par une végétation plus 
méridionale ; le souffle chaud des vents du midi qui y descend 
sans obstacle, et qu'arrête le Jurjura, lui crée une température 
plus douce : aussi y trouve-t-on plusieurs espèces qu'on ne ren- 
contre pas dans les autres plaines. Telles sont : Linaria elatinoi- 
des y Carrichtera VellsSy Rhiis pentaphylla y Astragalus GlauXy 
Cleonia Lusiianica y Statice Thouiniy Matthiola tris lis y Saponaria 
Vaccaria, dont quelques-unes appartiennent plus spécialement 
à la flore des Hauts plateaux. 

En somme, cette région ne présente au botaniste qu'un mé- 
diocre intérêt. 

I. 8 



J14 LA KABYLIE. 

2^ Si nous abordons les contre-forts qui se détachent à l'ouest 
de la grande chaîne du Jurjura et se relient au ïnassif des Maàtka , 
nous trouvons une région aussi bien caractérisée , mais qui n'of- 
fre encore au naturaliste que des récoltes peu abondantes. 

Si la plaine est le pays des moissons, les contre-forts sont le 
pays des vergers. 

La culture a encore ici envahi presque tout le terrain : à part 
quelques maquis dans le creux des ravins, quelques cimes dénu- 
dées, quelques restes de forêts de Chènes-liègc , Thomme atout 
conquis, et sur les flancs roides des contre-forts s'étagent les 
Oliviers y les Figuiers, les Chênes à glands doux et les Frênes; 
partout où s'épanche une source, où filtre un suintement, s'étale 
un petit jardin presque entièrement envahi par les énormes 
feuilles des Cucurbitacées. 

Dans la plaine alternent les grès, les argiles et les marnes : la 
charpente des contre-forts est uniquement composée de roches 
cristallines, de grès et de schistes^; aussi la végétation a-t-elle 
un caractère d'uniformité et de monotonie désespérante , malgré 
la différence d'altitude, qui n'est pas moindre de 1,000 mètres 
entre le pied et les sommets de cette région , qui rentre en partie 
dans la zone montagneuse inférieure. 

Rien n'est triste comme les crêtes des contre-forts ; sur un sol 
presque nu poussent isolément des touffes de Diss (Ampelodesmos 
tenax), de Calycotome spinosa, de Daphne Gnidium, de rares 
Cistes (C Monspeltensis et salvifolius)^ des Qî/ercw5 //ex rabougris 
et le Globularia Alypum, 

Le long des chemins creux qui serpentent de la rivière aux 
villages groupés sur chacune des vertèbres des contre-forts, la 
flore est plus variée; dans les haies les Sambucus nigra et Ebulus 
se mêlent aux Églantiers, au Lyciiim barbarum, au Prunus insi- 
titia et au Cratœgus oxyacaniha; sur les talus croissent les Cam- 
panula dichotoma, PrasiummajuSj Cirsium echinatum, Lupinus 
anguslifolius , Heliotropium Europâsum, Momordica Eiatentwi, 
Hyoscyamus niger; parmi les buissons de Ronces grimpent les 

i Nous ne mentiounons pas quelques gisements sans importance de calcaires 
métamorphiques , qui n'ont aucune influence sur la végétation. 



HISTOIRE NATURELLE. 115 

Bf^onia dioica, Smiiax aspera, Clematis Flammula et cirrhosa; 
le Lonicera Etriisca éienà ses branches flexibles jusqu*au milieu 
de la route, et, lorsqu'on approche de la cime, les rosettes du 
Saxifraga globulifera se plaquent aux rochers tout festonnés de 
Selaginella denticulata. 

Dans quelques ravins privilégiés se trouve résumé toute la 
flore de la région : aux plantes que nous avons indiquées se joi- 
gnent les Viola odorata, Galium Tunetanuniy Achillea Ligtistica, 
Cynanchum Vmcetoxicum, Origanum hirtum, Clinopodium vul- 
gare\9X. plumosum y Lamiumflexuosum, PhlomisBoveiei btloba, 
Teucrium pseudoscorodonia et flavum, Achyranthes argentea^ 
Rumex scutatuSy Phalangium Liliago, Simethis bicolovy Aceras 
intacta et anthropophora , Orchis undulatifolia , Galium ellipti- 
cum. Géranium Atlanticum, Brunella vtdgaris , Marrubium vul- 
gare, Ajuga Iva, Micromeria Grœca, Calamintha heterotricha y 
Lavandula Stœchas, Mentha Pulegium, Lampsana virgata, 
Crospermum Dalechampii, Phœnopus vimineus, Andryala inie- 
grifolia, Trachelium Câsruleum, Plumbago Europœa, Asparagus 
albus et tenuifolius et Saniolina canescens. Les rares maquis 
composés surtout de Quercus Ilex, à'Erica arborea, à^Arbutus 
Unedo, au milieu desquels s'élève le Cirsium giganteum, sont 
envahis par le Pieris aquilina. 

Lorsqu'un filet d'eau vient à traverser la route, on trouve 
sur ses bords Scrofularia tenuipes, Lobelia Laurentia, Veronica 
Beccabunga, Mentha rottmdifolia y Thelygonum Cynocrambey 
quelquefois un petit buisson de Ruscus aculeatus et, le long du 
canal humide creusé dans le schiste du ravin, de grandes touf- 
fes à'Acanthus mollis , dont les vaches kabyles sont avides, 
les feuilles rondes du Nardosmia fragrans et de nombreuses 
Fougères : Cheilanthes odora, Adiantim. Capillus-Venerisy 
Asplenium Serpentini, Cystopteris fragilis, Aspidium aculea- 
lum. 

A l'ombre des Figuiers croissent, dans les vergers, en quantité 
énorme, le Lonas inodora et les diverses espèces de Scorpiurus ; 
quelquefois un pied de Delphinium Staphysagria ou Orientale et 
quelques Coquelicots émaillent les maigres moissons d'orge que 



116 LA KABYLÏE. 

le Kabyle cultive chaque anuée, plutôt par tradition que dans 
Tespoir d'une récolte qui Tindemnise de ses sueurs. 

A Tautomne le Daucus setifolius envahit les maquis et les bois 
de Chênes-liège. 

En somme, la flore des montagnes ne se trahit que par de 
rares espèces : on ne rencontre sur les contre-forts ni les Qtiercus 
Mirbeckiiy ni cette végétation spéciale de TEdough, des Benî 
Salah et de la Kabylie de Collo , qui donnent aux forêts qui cou- 
vrent ces massifs une physionomie si remarquable , bien que leur 
altitude n'atteigne pas ceUe des points les plus élevés de la région 
qui nous occupe. C'est ailleurs que nous les retrouverons en 
Kabylie. 

Nous le répétons : ce qui fait l'intérêt de cette région , c'est le 
verger. Là est son cachet, là sa richesse. Lorsque, du fond des 
rivières qui divisent le pays , le regard monte vers les cimes , il 
s'arrête d'abord sur une bordure d'Aunes qui ceignent les jardins 
établis chaque été dans le lit même du torrent; au delà, des 
Frênes , que chaque automne la main avare du Kabyle dépouille 
de leurs feuilles , mêlent leur vert gai à la teinte grisâtre des Oli- 
viers et des Chênes verts au travers desquels apparaissent , comme 
le fond du tableau, des Figuiers d'un ton jaunâtre. A mesure que 
le regard s'élève, l'Olivier disparait; mais le Frêne, le Figuier 
et le Chêne à glands doux escaladent la pente rude jusqu'à son 
sommet. Nous verrons bientôt que ce n'est pas là l'extrême limite 
de ces trois arbres. 

Quant à l'Olivier, il atteint très rarement 900 mètres d'alti- 
tude. 

Tels sont, esquissés à grands traits, les caractères principaux 
de cette région; mais, en approchant des flancs du Jurjura, elle 
s'enrichit de plantes qui appartiennent à la zone montagneuse 
moyenne , et nous rencontrons pour la première fois une espèce 
propre à la Kabylie. 

A 10 kilomètres au moins avant d'arriver au pied de grands 
massifs calcaires, àTiferdoudh, on commence à remarquer sur 
le dos de contre-forts le Chamœpeuce Casabonm; un peu plus loin 
l'œil s'arrête sur les premières toufles à'Artemisia Absinthium; 



HISTŒRE NATURELLE. 117 

enfin, avant d'atteindre la grande chaîne, on admire le bel Isatis 
Djurdjurœ^. 

Ce ne sont point là des plantes des contre-forts , c'est le Jurjura 
qui les leur envoie; elles ne montent pas, elles sont descen- 
dues. 

3^ La troisième région est bien autrement intéressante. 

Elle comprend toute la chaîne de montagnes qui des environs 
de Dellys s'étend vers le sud et se réunit au vrai Jurjura par le 
col de Tizi-n-Cherià , ainsi que tout le pâté qui vient se relier à 
cette chaîne par des arêtes perpendiculaires, et forme, chez les 
Alt Idjer et les Izerfaouen , des pics dont le sommet s'élève entre 
l,iOOet 1,600 mètres. 

Cette région est , de même que les contre-forts , exclusivement 
cristalline ou schisteuse ; quelques assises de calcaire nummuli- 
tique s'y montrent seulement aux environs de Tizi-n- Cherià. 

C'est par excellence la région des forêts. Dans les prairies les 
plus basses le Chêne-liège forme des bois entiers; en s'élevant, 
on voit apparaître, le long des ruisseaux, d'abord le Quercus 
Mirbeckiiy puis le Quercus castaneœfolia , qui sur les hauteurs 
devient dominant. Le premier semble affectionner les ravins hu- 
mides , le second se plaît sur les crêtes sèches. 

Dans cette région, les pentes sont bien moins accentuées que 
dans la seconde ; elle présente même des plateaux et des prairies 
qui forment clairière dans la forêt. 

Les arbres à chatons (Cupulifères, Salicinées, Bétulinées) com- 
posent presque uniquement les bois. On rencontre çà et là les 
Celiis Australis, Cerasus aviiim , et, vers les sommets, VIlex 
Aquifolium et \Acer obtusatum. Du reste peu de fourrés, surtout 
dans la partie supérieure. 

La population kabyle y est très peu dense ; elle se tient en gé- 
néral à la limite des forêts et fait peu de cultures. 

La zone inférieure de cette région, quoique située à la même 
altitude que le sommet des contre-forts , présente une végétation 

1 Noos l'aTODS TU auprès du rillage de Zaknoun , à 900 mètres d'altitude environ 
M. Cosson l*a également recueilli à Ibadissen , à peu près à la même hauteur (894 
mètres). 



118 LA KABYLIE. 

toute diflFérente et qui a la plus grande analogie avec celle de 
TEdough ou des Béni Salah de Bùne. 

Ainsi on y retrouve : Gemsta Numidica et ulicina, Urginea 
anthericoides y Scilla Aristidis, Viola sylveslrisy Androsœmiim 
officinale , Circeea LiUetianay Luzula Forsteri, Solidago virga- 
aiirea, Brachy podium sylvaticurriy Carex maxima, C divulsa, 
C. ptmctata, C. sylvatica, Ldmodorum abortivum, Plaianthera 
montanay Biscutella radicata. Vicia polyphylla et aliissima, 
Veronica montana , Lampsana macrocarpa, Sanicula Europœa, 
Barbarea vulgains, Helianthemum Tuberaria, et, chose plus 
remarquable encore, VHypericum Afrum, qui habite les marais 
des environs de la Galle. 

Ainsi apparaît, à une énorme distance, une végétation identi* 
que; car la plupart de ces plantes ne se retrouvent pas dans les 
montagnes intermédiaires. L'influence du sol, qui est de même 
nature dans ces massifs, peut servir d'explication rationnelle à ce 
phénomène. 

Il y a, du reste, un .certain nombre d'espèces qui manquent sur 
l'un des points et sont remplacées par d'autres. 

Si les grandes forêts de la Kabylie n'ont ni le Pinus maritima 
ni le Caslanea vulgariSy si communs à TEdough et au Seba Rous 
de CoUo, on y trouve les Phillyrea angustifolia , Astrocarpus 
Clusii, Euphorbia amygdaloides , Galintn lucidum, qui font 
défaut dans ces deux localités. 

Au-dessus de cette zone montagneuse inférieure qui s'élève à 
1,000 ou 1,100 mètres, commence la zone moyenne , caractérisée 
par : Viola gracilis , Primula grandiflora , Polentilla Pensylvanica 
et micrantha , Orobus niger, Sisymbrium Alliaria, Acer Mons^ 
pessulanumy Ranunculus lateriflorm , Arabis pseudotwriiis , A. 
vemay A, sagittata, Lamium longiflorum^ Scutellaria Columnœ , 
Mœhringia trinervia, Balansœa Fontanesii, Vetonica serpylU- 
folia. Myosotis macrocalycina^ Artemisia Absinthium, Smyr- 
nium rotiindifolium , Physocauhis nodosus, Chammpeuce Casa- 
bonx y Festuca spadicea y Luzula îiodulosa, Geum sylvaticum, etc. 

Enfin , sur les hautes crêtes de la forêt qui atteignent ou dé- 
passent 1,500 mètres, se montrent quelques rares plantes de la 



HISTOIRE NATURELLE. 119 

zone montagneuse supérieure : Senecio Perraldmi, Cynosurus 
Balansœ, Cratœgus oxyacantha var. hirstita, Doronicum scor- 
pioides. 

h"" La quatrième région comprend la chcLlne du Jurjura depuis 
Tizi-n-Cherià jusqu'à Tizi Oujaboub. 

Elle a sa moindre altitude à 1150 ou 1200 mètres, et porte ses 
sommets jusqu'à 2300. 

Le Jurjura, comme nous Tavons dit, se compose d'énormes 
masses calcaires redressées tantôt sur un seul plan, tantôt sur 
deux ou trois lignes plus ou moins parallèles et comme enchâs- 
sées dans une gangue de roches cristallines, éruptives ou schis- 
teuses. 

En quittant Tizi-n-Cherià on trouve d'abord les rochers pitto- 
resquement découpés des Alt Ziki ; au delà , la crête de la mon- 
tagne est le plus ordinairement formée par une sorte de plateau 
gazonné que flanquent çà et là quelques relèvements calcaires; 
mais, à partir de Tizi-n-Tirourda , les grandes crêtes se massent 
et Ton ne retrouve plus guère les surfaces gazonnées que sur 
les cols et sur leurs flancs, où elles forment des pentes rapides. 
Le cercle de Drà el-Mizan renferme les masses rocheuses les plus 
considérables , quoique le point le plus élevé de la chaîne (Lalla 
Khadidja, 2308 mètres) soit situé dans l'annexe des Aït Man- 

cour. 

• 

Bien que les plateaux s'élèvent quelquefois à une grande hau- 
teur, on ne commence à trouver de Cèdres qu'aux abords de Ti- 
rourda (à l'Azrou-n-Tehour). A partir de ce point jusqu'à Lalla 
Khadidja, ils se présentent en plus ou moins grand nombre sur 
les rochers ou constituent des massifs généralement peu étendus. 
A Takherrat, ils descendent en formant une traînée sur le ver- 
sant sud, où ils reparaisssent encore plus bas, le long des fentes 
d'un énorme ravin. 

Dans le cercle de Drà el-Mizan , la plupart des grands rochers 
sont tellement escarpés qu'ils n'admettent pas de végétation arbo- 
rescente, et ce n'est guère qu'au-dessus de Aït Koufii, et sur les 
flancs du Tamgout Aïzer, que les Cèdres constituent un véritable 
massif. Au-dessous de la grande chaîne , sur le versant de l'oued 



120 L.\ KABYLIE. 

Sahel, on les retrouve mêlés aux Chênes verts sur une montagne 
formant plateau à son sommet. 

La région du Jurjura comprend nécessairement les zones mon- 
tagneuses moyenne et supérieure. 

Dans la plupart des points accessibles, les espèces de la zone 
moyenne se trouvent au pied des grandes masses rocheuses ou sur 
les pelouses des cols les plus bas, tandis que les plantes delà 
zone supérieure sont cantonnées avec les Cèdres sur les crêtes 
extrêmes. 

Néanmoins, sur les flancs du Tamgout Aïzer et surtout sur les 
pentes au nord des montagnes qui forment le mechmel (terrain 
communal) des Alt Daoud et des Alt Ouàban , le mélange s*opère 
d^une manière plus intime, et la forêt descend beaucoup plus bas. 
Dans cette dernière localité , des bords du ruisseau qui coule aux 
fond d'une étroite vallée jusqu'aux sommets, le botaniste marché 
sous le couvert des Cèdres, mêlés d*abord aux Chênes verts ((?. 
Ballota)^ puis aux Quercus Mirbeckii, et enfin à un taillis impé- 
nétrable d'arbrisseaux que Ton ne rencontre ailleurs qu'en rares 
bouquets, le long des crêtes ou des traînées de pierres qui encom- 
brent les ravins les plus élevés. Là seulement nous avons revu, 
presque dans les mêmes conditions, la grande végétation du Ta- 
babort, et, sauf Tabsence de VAbies BaborensiSy on aurait pu 
sie croire, en traversant le fouillis inextricable qui se trouve au 
nord du mechmel , dans les fourrés vierges du Bois noir [r'ah'ba 
el'kahlà). 

Dans ce coin de forêt que les bergers abandonnent aux singes 
et aux sangliers, où le pied glisse sur le terreau noir et sur les 
débris accumulés des arbres morts de vieillesse , où Ton se fraye 
avec difficulté un passage au milieu d'un dédale de branches en- 
trelacées, se trouve certainement le point le plus intéressant 
d'exploration pour la végétation arborescente , et il y reste proba- 
blement de nombreuses découvertes à faire. 

Là se voient réunis : Acer Monspessulanumj A . obtusatum, Ilex 
Aquifolium, Sorbus Aria, S. torminalis, Evonymm latifolius^ 
Lonicera arborea, Cotoneaster Fontanesii, Amelanchier vulga- 
ris, Taxus baccata, Juniperus Oxycedrits, Quercus Mirbeckii, 



1 



\ 



f 



HISTOIRE NATURELLE. 121 

Cedrus Libani var. Atlantica, Rhamnus Alpinus, Cerasuspros- 
iraiaeiavium^RibespetrâBîim, Cratœgiis oxyacantha var. hirsuta, 
Lattrus nobilis, Daphne Laweola, 

Le sol est couvert par milliers de toufifes de Pœonia Atlantica et 
de Phi/sospermttm acteaefolium. 

Dans les autres parties du Jurjura, au milieu des pentes gazon- 
nées qui séparent les grands relèvements, les eaux, qui coulent 
presque toujours au contact des terrains calcaires et des roches 
cristallines ou schisteuses, donnent naissance, en s'épanchant, à 
de petits Ilots de verdure, où croissent réunies des espèces appar- 
tenant aux trois zones montagneuses : Sorbus Aria, Taxus bac- 
ccUa, IlexAqiiifolium, Aquilegia viscosa, Thalictnim saxatile, 
Ribes petrœum, Lonicera Etrusca, Androsœmum officinale, Nar- 
dosmia fragrans, Campanula Trachelium, Rosa canina et collina, 
Rusctis aculeaius, Primula grandi flora, etc. Cette végétation 
européenne et septentrionale, où le Campanula alata fait seul 
disparate , contraste avec les pelouses où fleurissent de nombreux 
représentants de la flore africaine ou méridionale : Asiragalus 
NumidicuSy Cephalaria Atlantica, Helichrysum lacteum, Genista 
tricuspidata , Bupleurum spinosum et montanum, Cerastium 
Boissieriet les Odontites Djurdjurœ et Atlantica, 

Nous signalerons parmi les espèces de la zone moyenne , outre 
^^Sisymbrium Alliaria, Arabis pseudoturritis, ve^ma et sagittata, 
Scutellaria Columnœ , Artemisia Absinthium , Smymium rotun- 
difolium, Chamaepeuce Casabonœ, Primula grandi flora. Viola 
g^acUis, Potentilla micrantha et Pensylvanica, Geum sylvaticum, 
P^siuca spadicea et Luzula nodulosa, qui se rencontrent dans la 
'^gion des forêts de Chênes, et de V Isatis Djurdjiirœ déjà men- 
"^^Qé, les plantes suivantes : 

^ÇUilegia vulgaris var. viscosa; A. calycinum; 

^^^thiola tristis; loruypsidium albiflorum ; 

'^^<ibis albida ; Hutchinsia petrœa; 

• ^Uriculatay Enjsimum grandi florum ; 

• PUTvula ; Lepidium calycotrichum ; 
*if««iij» Allant icum; Bivonea lulea; 

' ^^rpyUifolium ; Sinapis pubescens ; 

" ^mpestre; Ilelianlàemum glaucum; 



122 



LA KABYLIE. 



Dianlhus Liburnicus; 

Silène velutina ; 

Siellaria média; 

Ârenaria serpyllifolia ; 

Cerastium dichotomum : 

C, brachypeCalum ; 

Althœa hirmla ; 

Géranium malvœflorum: 

Erodium monlanum ; 

Rhamnus Alatemus var . prostra- 

tus; 
Genisa Kabylica ; 
Trifolium ochroleucum; 
Ficia ochroleuca: 
Cerasus prostrala ; 
Rosa Serafini ; 
Paront/chia Aurasiaca : 
Sedum amplexicaule : 
S, hispidum ; 
Saxifraga spathulata : 
S. tridactyÙies: 
Selinopsis montana ; 
Bupieurum montanum: 
Thapsia villosa; 
Anthriscus sylvestrts; 
Bifora testiculata ; 
Tussilago Far f ara: 
Anthémis punctata; 
Crupina vulgaris; 
Carduncellus pinnatus; 
Carduus tnacrocephalus : 



Notobasis Syriaca; 
Chamœpeuce Casabonœ; 
Tragopogon crocifolium; 
Jasione perennis var. intermedia ; 
Campanula mollis; 
C. Trachelium; 
Androsace maxima ; 
Convolvulus Sabatius; 
Uthospermum incrassalum; 
Àtropa Beliadona; 
f-'erba^cum Boœrhatii : 
Linaria aparinoides ; 
L, simplex; 
L, marginata; 
CalaminUia Alpina; 
Salvia Sclarea; 
S. paiula; 
Siderilis incana; 
Stachys circinnata; 
Teucrium Chamsedrys; 
Armer ia allioides; 
A, plantaginea ; 
Plantago Mauritanica ; 
Euphorbia cemua; 
Çuercus castanexfolia ; 
Aspkodelus luteus; 
Potamogeton polygonifolius ; 
Carex flaca; 
Kœleria cristata ; 
Festuca Atlantica; 
Pteris longifolia; etc. 



Les plantes caractéristiques de la zone supérieure sont, en 
Kabylie : 



Thalictrum minus var. saxatile: 
Ranunculus Fillarsii; 
Delphinium Baiansœ; 
Pmonia Atlantica ; 
Berberis Hispanica ; 
Fumaria Atlantica; 
Alyssum spinosum ; 
Helianthemum Œlandlcum var. 



canum; 



II, Fontanesii; 



Silène Atlantica; 

Alsine verna ; 

Cerastium Atlanticum ; 

C, Boissieri; 

Géranium tuberosum ; 

Erodium trichomanefoUum ; 

Rhamnus Alpinus et var. Libano- 

ticus ; 
Anthyllis montana; 
Medicago Cupaniana: 



HISTOIRE NATURELLE. 



Jtlragatwt Numiàicui: 

flcia OHobryckioide»: 

y. glauea; 

Spiraa filipendula: 

PoUntiUa cauleteenti 

CnUxgai ox'jaeanlha- var, h 

suta: 
Àmtlanchier rulgarii: 
Cotoneatter Fontanetii: 
Sorbut Aria: 
S. torminalU: 
SeUrantkus annuus var. 
Stdum Ott/mpicum : 
mba Uca-Crisp.i : 
R. petraum : 
PIgrhotU .-/llanlica: 
Piatplnella Tragiutn: 
Bupieurum tpinorum; 
Fhgtotpermum aclexfolium : 
Lonicera arborea; 
(iaiium Perralderii ; 
Cepkalaria Mlanlica: 
Scabiota crenata: 
huit monlana; 
Pyrtthrum corymbomm var. 
Utlichrysuin tacleum; 



Senecio .-ibêinlkitim ; 
S. Perralderianus; 
CardnnceUus atractyloidei ; 
Jurinica hnmilis vsir. Bocconi; 
Calananche moiUawa; 
Leontodon Djurdjurx; 
HieractuM prenanthoides vai 

grandi fol) um ; 
Primula grandiflora; 
Ci/noglossvm Nebrodeme ; 
Mallia gijmnandra; 
yeronira rotea; 
OdontHes Djurjurx: 
Dapkne oleoides; 
Euphorbia Mlantica : 
Alc/iemiUa areenSit; 
Junipenu nana; 
Cedrus l.ibani var. Atlantica ; 
Taxus baccala; 
Gagea polijmorpha ; 
Scilia campanulata : 
Aretta macrottachi/a : 
6'ï>to«unt< Baianss: 
Colobackne Cerardi; 
Kephrodlum paltidum: 
lêoetes Perralderiana: etc. 



Ud petit nombre seulement de ces espèces sont nouvelles pour 
1a science et propres à la Kabylie du Jurjura. Ce sont : 

Itolit Djurij^vrir: Mallia gymnandra, cspèc« dou- 
Cailla Kabijlùxi : velle d'un oienre oriental ; 

iMtUodon Djurjuiœ: ItoeUs Perralderiana: 

Euphorbia cenata : OdonUtes Djurdjunr. 



Parmi les plantes déjà connues dont ce pays est la seule station 
en Aigrie, nous citerons : 



{}robus niger: 

Sedum Olymptcum, qui n'éuiil 

coDDU qu'au moDt Olympe di 

Bitbynie ; 
Carex flava, plante de France; 
NephrodiumpaUidum,àéihtTouvt 

en Tunisie par L. Kralik. 



Aontiiuni/ut ialeriflorut, constaté 
sur plusieurs points de l'Europe; 

HeUaiUhemum Œlandiatm var. 
eanum, du midi de l'Europe; 

Adenoearpus commvtalus , de l.i 
r^on méditerranéenne occi- 
dentale; 



124 



LA KABYLIE. 



Le Jurjura possède en commun : 

1** Avec le Tababort : 



Pœonia Mlantica; 

Arabi$ pseudoturritis ; 

Âlsineverna; 

Cerastium Boissieri; 

Rhamnus Alpinus et var. Libano^ 

tiens , vu aussi dans TAurès et 

au djebel bou Thaleb -, 
PoCentiUa catUescens ; 
Amelanchier vulgans; 
Cotoneaster Fontanesii; 
Soràus Aria; 
S, torminatis; 



Ribes petrœum; 

Physospermum actexfoUum^ éga* 
lement rencontré dans les forêts 
des Béni Four'al , en compagnie 
du Pxonia AtUmtica; 

Lonicera arborea ; 

Galium Perralderii; 

Helichrtjsum lacteum; 

Senecio Perralderianus; 

Hieracium prenanthoides var. 

Daphne oleoides; etc. 



2° Avec TAurès : 



Hanunculus VillarsU; 
Erodium trichomanefolium; 
Ficia glauca; 
Spirma Filipendula; 
Amelanchier vulgaris; 
Paronychia Aurasiaca; 
Ribes Uva-crispa; 



Helichnjsum lacteum; 
Senecio Absintliium; 
Calananche montana; 
Euphorbia Atlantica; 
Gagea polt/morpha; 
Avena macroslachya; etc. 



Les espèces suivantes sont communes à plusieurs des hautes 
montagnes de l'Algérie : Berberis Hispanica, Arabis albida et 
parvula, Draba Hispanicay Lepidium calycotrichum , Hélianthe- 
mum Fontanesii, Viola gracilis, Silène velutina et Atlantica, 
Cerasus prostrata y Sorbus Aria, Potentilla hirta et micrantha, Se- 
dum amplexicaide^ Selinopsis montana, Bupleurum spinosum et 
montanum, Smyrnium rotundifolium , Valerianella gibbosa. An- 
thémis punctata, Chamœpeuce Casabonœ, Jurinœa hnmilisvsv, 
Bocconi, Hieracium prenanthoides , Jasione perennis var. inter- 
média, Primidagrandiflora, Convolvulm Sabatius, Linaria mar- 
ginata, Veronica rosea, Scutellaina Columnae, Lamium longiflo^ 
rum, Armeria allioides, Rumex tuberosus, Taxns baccata, 
Platanthera montana, Cynosums Balansœ, etc. 

Les Scilla Anstidis, Sanicula Europœa, Genista Numidica, 
Orchis patens, Platanthera montana, Urginea anthericoides ne 



HISTOIRE NATURELLE. 125 

se retrouvent qu'à TEdough et dans les grandes forêts de TEst. 

Le Myosotis macrocalycina n'avait été vu que chez les Béni 
Four'al, le Chelidonium majus qu'à Tebessa, le Cephalaria Atlan- 
iica qu'à Fedj el-Makta. 

La flore du Jurjura consacre d'une manière éclatante la grande 
loi de la compensation de la latitude par l'altitude. 

Ainsi les espèces qui , dans le nord ou le centre de la France , 
sont des plantes de plaine, ne descendent guère, en Kabylie, au- 
dessous de 800 ou de 1000 mètres (ex. Sanicula Eurovâsa, Lu- 
zula Forsieri, Ilex Aquifolium , Riiscus aculeatus, Geum urba- 
num, etc.). 

Quelques-unes exigent même une altitude plus grande : Carex 
flava, 1300 à 1400 mètres; Trifolium ochroleucum y 1400 à 
1500 mètres; Chelidonium majus, 1200 à 1300 mètres; Sedum 
acre, 1500 mètres; Primula grandi ftora, au-dessus de 1400 mètres. 

Les végétaux des collines du centre de la France occupent un 
étage supérieur, et se mêlent avec les espèces des montagnes du 
Midi : Amelanchier vulgaris, Ribes petrœum, Sorbus Aria, Ribes 
Uvacrispa, Aquilegia viscosa, Potentilla caulescens , Artemisia 
Abstnt/uum, ChamsBpeuce Casabonœ, Taxus baccata, Anthyllis 
manlana, Potentilla hirta et micrant/ia, Alchemilla arvensis var., 
Intila montana, etc. 

Les végétaux d'Italie exigent une moindre différence : Acer 
obtnsatum, Vicia ochroleuca et glauca, S cilla campanulata, 
Daphne oleoides. 

Il en est de même des plantes de l'Asie Mineure, de la Grèce et 
de l'Espagne : Berberis Hispanica, Alyssum spinosum, Lonicera 
arborea (Sierra-Nevada), Luzula nodulosa (Grèce et Sicile), Ara- 
bis pseudoturritis (Orient), Draba Hispanica, Arabis albida 
(Orient) , Quercus Mirbeckii (Espagne) . 

Cette loi se vérifie pour l'Algérie elle-même : un grand nombre 
des espèces de la zone moyenne et quelques-unes de la zone su- 
périeure reparaissent sur les hauts plateaux à une altitude bien 
moins considérable^ mais sous une latitude plus méridionale. 
Nous citerons YAstragalus Numidicus, qui ne descend pas au-des- 
sous de 1800 mètres dans le Jurjura, fructifie sur la route de 



126 LA KABYLIE. 

Batna à 1000 mètres, et se retrouve tout près de Biskra à 150 ou 
200 mètres ; le Chelidonium majiis du col de Tizi-n-Cherià , qui 
croit dans les jardins de Tebessa; VAlyssum serpyllifotium, plante 
des haates montagnes dans le Tell , qui se rencontre aux portes 
de Batna. 

Le Matihiola tristis, VAlyssum calycinum, sont dans le même 
cas. 

VErodium morUanum est une espèce de la plaine chez les Ne- 
memcha. 

Le Bifora testiculata infeste les moissons à Teniet el-Hàd et près 
de Souk Arras. 

VAndrosace maxima, le Lithosponnum incrassatum , se mon- 
trent également parmi les blés auprès d'El-Ksour. 

La zone maritime de la Kabylie jurjurienne est encore fort peu 
connue. Elle n^a été étudiée qu'à Bougie. 

Les eûtes sont, en général, abruptes, et plongent dans la mer 
sans laisser ni grèves ni dunes à leur pied. Aussi la bande sur la- 
quelle la mer exerce son influence ne constitue-t-elle qu'une 
ligne étroite. 

Les espèces qu'on y observe surtout sont lès suivantes : 

Cakile maritima. Géranium Atlanlicum, Genista lirdfolia et 
Charegia, Ononis brachycarpa, Medicago littoralis et marina ^ 
Colutea arborescens, Sedum multiceps, Eryngium maritimum, 
Bupleurum plantagineum et fruticosum, Pimpinella Tragium, 
Crithmum maritimum, Galium brunneum, Puioria Caiabrica, 
Ambrosia maritima. Anthémis maritima, SeneciooTaticus, Lappa 
communis, Erica mtdliflora, Convolvulus Sabatius, Lithosper- 
mum rosmarinifolium, Amarantus chlorostachys, Polygonum ma- 
ritimum, Euphorbia dendroides, Juniperus Phœnicea, Damaso- 
nium Bourgaei, Posidonia Caulini, Cymodocea ssquorea, Panera- 
Hum maritimum, Car ex Halleriana, Digitaria sanguinalis, 
Setaria viridis, Hemarlhria fasciculata, Pennisetum asperifolium, 
Bromus intermedius, Asplenium palmatum , etc. 

Le Genista Charegia et le Bupleurum plantagineum sont spé- 
ciaux à Bougie. 



HISTOIRE NATURELLE. 127 

Nous ne croyons pas une plus longue énumération nécessaire 
pour faire apprécier le caractère de la flore dans la Kabylie du 
Jurjura. Il est évident que le caractère de cette flore est complè- 
tement méditerranéen. 

Les centres hispanique et alpin sont représentés largement, 
ainsi qu'on devait s'y attendre ; le centre caucasicjue y fait sur^ 
tout sentir son influence par la présence du Qtiercus castaneœ- 
folia, qui donne aux grandes forêts leur cachet spécial. Ce bel 
arbre est, avec le Cèdre, qui s'étend du Maroc au Liban, le trait 
d'union entre l'Afrique et l'Asie. 

Le Cèdre descend dans le Jurjura entre 1200 et 1300 mètres. 
Dans la petite vallée des Aït OuÀban , cerclée par de puissants 
relèvements, quelques pieds s'avancent en sentinelles perdues 
jusqu'au thalweg y au milieu des vergers de Figuiers, qui remon- 
tent à 150 mètres plus haut (près de 1(^00 mètres). 

Dans ce même bassin, il se mêle au Quercus BcUlota Ilex , 
qui, sans doute protégé par les hautes barrières des roches cal- 
caires, s'élève à plus de 1600 mètres, et constitue dans toute la 
partie inférieure de la pente l'essence dominante. Nous avons 
cueiUi sous son ombre le Pœonia Altantica et le Physospei^mum 
actemfoliutn. 

Par un phénomène inverse, le Chêne zé'n [Querctis Mirbeckii), 
qui, près de Philippeville et de la Calle, descend jusqu'à la mer, 
ne se montre en Kabylie qu'à une altitude considérable , et dans 
le Jurjura, où il est très rare, on ne l'aperçoit guère qu'à envi- 
ron 1500 mètres. Ce fait est-il dû à la prédominance du Q. Ballota, 
qui est remplacé dans l'Est par le Q. Suber, moins réfractaire au 
progrès du zé'n? La question de l'influence réciproque des es- 
sences forestières sur leur propagation est des plus intéres- 
santes. 

Cette raison, que nous indiquons sans la discuter, expliquerait 
peut-être pourquoi la région des contre-forts, si riche en Chênes 
à glands doux, n'a pas un seul Querctis Mirbeckii à une altitude 
supérieure au massif forestier de l'Edough, d'une nature géolo- 
gique identique, mais où manque le Q. Ballota. 



4 

i 



128 LA KABYLIE. 

Il nous reste à dire quelques mots sur la distribution des diver- 
ses familles. 

Si Ton considère Tensemble de la flore kabyle , les Composées 
l'emportent de beaucoup (161) ; viennent ensuite les Légumineu- 
ses (136), puis les Graminées (103). Le quatrième rang appartient 
aux Ombellifères (67). 

Les autres familles importantes donnent les chiffres suivants : 

Crucifères .>0 

Labiées 48 

Caryophyliées 44 

Liliacées ;]2 

Scrofalarinées 31 

RenoDCulacées 29 

Rosacées et Pomacées 28 

Rubiacées 27 

Orchidées 26 

Il est évident qu*une connaissance plus approfondie de la flore 
modifiera peut-être ces résultats d une manière sensible ; mais ce 
qui variera sans doute beaucoup moins sera le caractère. spécial 
des régions déterminé par la diffusion des espèces. 

Ainsi les plaines se feront toujours remarquer par la prédomi- 
nance des Ombellifères et des Graminées. 

La région des contre-forts se distinguera d'une manière moins 
tranchée ; cependant on doit y signaler Fabondance des Labiées. 

La région des grandes forêts de Chênes, nous Tavons déjà dit, 
esi le pays des arbres à chatons, Cupulifères, Bétulinées, Salici- 
nées. Les Légumineuses y sont aussi fort nombreuses, et les Cypé- 
racées, relativement très répandues. 

La végétation arborescente du Jurjura est toute différente : les 
Conifères et les Pomacées constituent les essences dominantes; les 
Composées, les Caryophyliées, les Légumineuses, les Crassulacées 
et les Renonculacées fournissent à la végétation herbacée les con- 
tingents les plus nombreux. 

Puisse cette étude, nécessairement incomplète, attirer l'atten- 
tion sur une contrée hier encore inconnue. Le pays est aujour- 
d'hui ouvert: une route carrossable va relier Fort-Napoléon à la 



lUSTOiaE NATURELLE. 129 

vallée de Touecl Sahel, en traversant la montagne. Le Jurjura ne 
sera plus qu'à deux jours d'Alger, et bientôt le prodrome d'un sa- 
vant botaniste aura remplacé notre ébauche imparfaite. 

CATALOGUE DES PLANTES PHANÉROGAMES, 

DRESSÉ AVEC LE CONCOURS DE M. LE DOCTEUR E. COSSON. 

L'œuvre que nous présentons au public n'est pas seulement la 
nôtre ; une grande part en revient à M. le docteur Ernest Cosson, 
qui a bien voulu examiner les récoltes de H. Letourneux, dé- 
pouiller les matériaux qu'il amasse depuis si longtemps pour la 
flore de l'Algérie, joindre ses notes à nos renseignements person- 
nels et fondre dans une œuvre unique les deux catalogues. Nous 
devons aussi le remercier de l'amicale bienveillance avec laquelle ' 
il nous a fourni tous les documents qui nous étaient utiles pour 
l'étude de la flore kabyle. 

Notre catalogue présentera donc le résultat complet des explo- 
rations entreprises par MM. Cosson , Henri de la Perraudière et 
Letourneux. 

Gr^ce à la généreuse complaisance de M. le docteur Thévenon , 
qui nous a communiqué son herbier et qui a remis à M. le docteur 
Cosson de précieuses indications, nous avons pu profiter de ses re- 
cherches, en même temps que des herborisations de M. Durand , 
dont les plantes se trouvaient dans le même herbier. 

M. le docteur Paul Mares a également apporté son contingent à 
l'œuvre commune. 

Toutes les plantes ont été scrupuleusement déterminées par 
M. Cosson. 

[Cette deuxième édition du catalogue des plantes de Kabylie a 
été revue par HM. Cosson, Battandier et Trabut à qui M. Letour- 
neux avait soumis son manuscrit.] 





ABREVIATIONS. 


Thév. 


Thévenon. 


Lx. 


DR. 


Diirieu de Malsonneiive. 


Mar. 


H. P. 


Henri de la Perraudière. 


0. Deb. 



Letourneux. 
Paul Mares. 
Odon Debeaux 
I. 9 



LA K.ABYLIE. 

Battandier et Trabiit Flore d'Algérie. Cau*. Cauvet. 

iil indique que la piante a élé récoltée par M. le docteur Cos- 



1\EN0^XULACÉES. 



ntttlaL. — Ar. Zenzou, t sarmentosa » — Kab. ^:;rasou, 
mt, ' pendula, lutricata » Timedjerdim. — Partout à Bougie ; 
du Sébaou; vallée de l'Isser; Fort-Napoléon; Drâ-el-Mizan 
; cap Djiuet (Lx) etc. 

— Ar. ZenMV. —Kab. ^zenzou;T(mzzimt. — C. Bougie; 
iuet [Lu) ; ATt Daoud ; Agouot-el-Ilaoua ; Tabbourt-Bouzgueur 
)râ-el-MizaRl; Meclitra!. 

nuj L. var. saxatile Gaud. (7'. saxatile Sclileicb , O. C.) — 
iirjura : Mechmel des Aid Daoud; Agoimi-el-Haoua ; Tab- 
louzgueiir (Lx) ; Azib des Ait-K.oufi (Ooss. , H. P.). 
ala \.. — Akbou (Lx); Hrâ-el-Mizan (Thév.]. 
alii L. — Bougie (Cauv.) ; moissons dans la plaine du Sébaou 
. — Akbou, oued Sahel (Lx) 
iDC— Bougie (Cauv.); Paleslro (Balt. etTrab.). 
ieraceui L. var. cœnosus {/t. cœnosusGuss.), {R. homœophi/l- 
t. Trab.) Merghennis, • fleur des marais » ; Tamejjirt-n-tam, 
mrl f petite maiife de la grenouille a. — Tizi Ouzzou (Lx) ; 
denalel (de Brettes) ; DrA-el-IilizaD frhév.). 
. — Djurdjura (Ba«-et-Trab). 

chophytlus. — Kab. lUergliennU; Drâ-el-Mizan (Thév.); 
ivdolii. — Étang des Ait Kliairoun! 

var, callheefolia (P. calthœfolfa Reich. — F. grandiflara. 
Kab. rt6iouf. — A. C. dans la zone des forêts de chines; Tab- 
touzgueur (Lx). 

l'élûmes Kabyles en recherchent les griQes dont elles compo- 
le sorte de potage. 
L. ^ Thatibourt-Bouzgueur (Lx). 
tlœfolius Boiss. — Lalla Khadidjà (Lx). 
Djurdjura (Batt.-et Trab.) ZegUtil, • elTusus ■. — Bougie 
sf. — A. C. Jurjura oriental (Lx) et occidental (Coss.), 
M Drâ-el-Mizaa (Thév.). 

'lellatut (A. flabellatus Desf.). — Ar. Djerb-es-Seba ■ scro- 
mis » i Rehab-el-fiakroun, « l'étrier de la tortue « It- 
ou!; djebel Arroun(Lx). 

iï Valil. — Cliellata (Lirou); A^rou de Tirourda, Tabboiirt 
eur (Lx) ; Tizi-n-Teselent (Coss.). 

var. macrop/ir/llKS (A. macrophyllas Desf.). Kab. Telba- 
C. dans les lieux humides : Buugie, Akfadou, Djemaâ Salia- 
) ; Tizi-n-tleta et base du Djurjura oriental (Coss.). 



T^r 



HISTOIRE ^NATURELLE. 131 

Rammcalas F'illarsu DC. — (R. Âurasiacus Pom., Batt.) Kab. Telhaout, — 
Lalla Khadidja (Lx) ; sommet du Jurjura occidental (Coss. H. P.). 

— ophioglossifolius Vill. — Plaine de Bougie (Lx.), Bordj Mesaiel (de 

Brettes); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— lateriflorus D. C. — Agoulmim Abcrkan (Lx.). 

— Philonotis Ehrh. — R. Sardous Crantz. — Bougie (Cauv.). 

var. intermedius. — Plaine de Bougie (Lx.). Dâr-Bel-Abbes (Lx). 

var. trilobus {R, triloùus Desf.). — Bougie (Cauv.); Bordj Menaîel (de 

Brettes); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— muricatus L. — Ar. Oud'en-el Hatlouf, « oreille de sanglier » . --- Bordj 

Menaîel (de Brettes); Drâ-el-Mizan (Thév.). Djemaâ Saharidj et em- 
bouchure de risser (Lx) . 

— parviflorus, L. — Entre Tizi-Ouzzou et Fort-National (Batt. et Trab.). 

— aroensis L. — A. C. dans les moissons; Bougie (Lx.);Tifrit (Lirou). 

vallée du Sébaou (Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.); Tizi-n-Tleta (Coss.). 
Nigella arvensis L. var. intermedia (Batt. et Trab.). 

— Hispanica L. var. inlermedim Coss. — Vallée de Drâ-el-Mizan (Coss.); 

Tizi Ougoulmim (Durand in herb. Thévenon). 

— satica L. — Environs de Bordj-Menaïel subspont. 

— Damascena L. — Bougie (Cauv.); Toudja (Lx); Akbou (Lx); vallée du 

Sébaou (Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.). 
Aqnllegia vulgaris L. — 4r. Agilia. — Mechmel des Aïd Daoud ; Agouni-el- 

Uaoua (Lx). 
Delphininm Ajacis L. — Moissons à Fort- National (non. D. Orientale), 

— peregrinum L. var. halteralum, — Collines au-dessus de TOued Sébaou> 

Maillot (Lx). 

— Baiamœ Boiss. et Reut. — Sommets calcaires du haut Djurjura (Lx); 

Tizi Oujaboub (Thév.). 

— penlagynum Dcsf. — Zone des contreforts (Lx) ; Ait Ouaban (Mar.); Tizi 

Oujaboub et vallée de Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— Sfaphfjsagria L. — Maillot (Lx) ; Mechtra (Coss.) ; Fort-National (Lx). 
Paeonia cora//ina L. var. MlanlicaCoss, — Kab. Taroummanl guiddaoun, 

c la grenade des singes » ; Tefah'al guiddaoun « la pomme des sin- 
ges ». — Agouni-el-Haoua ; Ait Daoud, Ait Ouaban sous les cèdres 
(Lx); AU Kouû (Thév.). Tirourda (Trab.). 

BERBÉRIDÉES. 

Berbexis Hispanica Boiss et Reut. Ar. Admamai c couleur de sang »; 
Alzara (Lccl.); Kab. Tazgouarty « épineux, perforant ». — C. dans 
le Jurjura au dessus de 1400 mètres : Ait lUilten (O. Deb.); Agou- 
ni-el-Haoua, Alt Yala (Lx); Lalla Khadidja (Mar.); Djebel Aizer 
(Thév.). etc. 

PAPA VER ACÉES. 

P9Lpa,yreT somniferum L. var. setigerum, Ar. Abou Nouniy • le père du som- 
meil ». Kab. Harir Jgranala, «soie des champs ». — Alluvionsde 
l'oued Saliel près Akbou (Lx). 



^ 



132 LA KABYLIE. 

Papaver Rhœas L. Ar. Ben Naman a Porgueilleux » Kab. Harir Igran. — C. 
C. Bougie, Akbou (Lir.); Ait Koufl (Coss.); Fort-National (Lx); Tizi- 
Ouz-zou (Coss.) ; etc. 

— (lubiumL. (mêmes noms que P. Rhœas). — Cliellata (Lir.)-, Bordj Borni 

(Coss.). 

— htjhndum L. Ar. mêmes noms. — Akbou (Lx); Cbellata (Lir.). Maillot 

(Lx). Fort- National ; Drâ-el-Mizan (Thév.); bois de Boni (Lx). 
Rœmeria hybrida D. C. Kab. Ourir — Cbellata (Lir.); Drâ-el-Mlzan 

(ïbév.). 
Glaucium corniculatum Curt. Ar. Abou Groun, « cornu » ; Ben Naman-el- 

ber/touchj o pavot sauvage ». —Akbou (Lx); Cbellata (Lir.); oued 

Sabel. Maillot (Lx). 

— luleum Scop. — Ar. mamila. — Bougie; Duf. Dellys, Cap Djioet (Lx) 
Ghelidonium mo/tts L. — Ar. Mamiran, Mamiroun; Eurotig Safar, « les 

racines jaunes »; Beuglet-el-Khoth-theifa^ « Therbe de Tbirondelle v . 
— - Tirourda (Lx). 

FUAL\RLVCÉES. 

Hypeconm pendulum L. — Ar. DJehira, « belle » . — Oued Sabel près 

Akbou (Lx). 
Fnmaria officinalis L. Ar. Chahtredjy « la reine des berbes ». — Kab. — 

Tigad guisr% TiJoujarguisrHy o le cautère du vautour ». — Bougie 

(Cauv.). Alt Idjer (Lx). 

— parviflora Lmk. — Ar. Absissa ou Besibsa, a le petit fenouil »; Chah- 

thredj; Kaleila, « petite , misérable ». — Vallée de Tisser, dans les 
moissons, Ait Daoud (Lx). 

— densiflora D. C. (F. micrantha Lag.). — Ar. Gilalou, « amère ». — 

Drâ-el-Mizan (Tbév.). 

— capreolata L. Ar. CliahtredJ. A. C. — Jurjura occidental, Ait KouG, 

Tizi-n-Tesennent (Coss.); Fort National (O. Deb.); Tizi Ouzzou 
(Coss.); Drà-el-Mizan (Tbév.). 

— agraria Log. — Ar. Aïzoug (Lecl.); Ragma, « brodée i — Cbellata 

(Lir.); Drâ-el-Mizan (Tbév.); Souk-el-Djema, vallée de Tisser 

(Coss.). 
var. AUanlica C; F, aUantica Coss. etD. R. berb. olim. — Jurjura 

occidental ; cascade près Tizi-n-Tesennent. 

var. rupestris Boiss.; (F. mpestris H. P. Boiss. et Reut.). — Issers, 

Paiestro (sec. Batt.). 

CaUClFÈRES. 

Matthiola tristis R. Br. Ar. Gouslk-el-maza, « patte de chèvre ». — Akbou 
Cbellata (Lir.). 

— tricuspidata R. Br. — Ar. Gouth-el-Maza, — Cap Djinet (Lx). 



HISTOIRE NATURELLE. 133 

Matthiola parciflora R. Br. — Alluvions de l'oued Sahel près Akbou (Lx); 
Kabylie (Batt.). 

Nastortiimi officinale, R. Br. — Ar. Querninech, Gueminouch, «t cornu »; 
Harra^ • de saveur piquante, aromatique. Kab. Timegsin, « aquati- 
que ». — ce. sources et ruisseaux. 

Barbarea vulgaris R. Br. — Taour'irt-Ir*il (Coss. et Lx) ; Agouni-el-Haoua , 
Tizi Boulma, Aït bou Addou (Lx.) Batt.; Tizi-n-ïesennent (Coss.). 

— stoloni/era Pom. — Djurjura (Batt.). 

Arabis albida Hev. — Forêts de cèdres et grands rochers du Djurdjura (Lx.); 
Chellata (Lir.); Aït Illilten (O. Deb.);Lana Khadidja (Mar.); Azib 
des AU Koufi (Coss.) , etc. 

— p$eudoturrUislào\^. Heidr. — Forêt d*Akradou (Coss.). Acherchour en 

Tensaout (Lx); Aït bou Addou (H. P.). 

— turrita L. — Montagne au-dessus de Toudja (Lx). 

— sagittata D. C. — Akfadou, Acherchour en tensaout (Lx); Aït bou Ad- 

dou (Coss.); Djurdjura (Batt.). 

— pubescens Poir. — Forêt de Boni. (Lx) ; zone du Djurjura : Chellata 

(Lir.); Acherchour-en-Tinsaout, Tirourda (Lx); Ait Ismaïl, Aït bou 
Addou Coss. (Hop.) ; etc. 

— vema R. Br. — Djebel Afroun (Lx); Chellata (Lir.); Fort-National 

(O. Deb.) A. C. dans le Djurjura. 

— auriculata Link. — Rochers calcaires du Djurjura; Tizi-n-Cheria , 

Agourni-el-Haoua, etc. (Lx). 

— Doumetil Coss. — Entre TAzrou des Aït Idjer et Tirourda (Bàtt.-et- 

Trab.). 

— parvula L. Duf. (^. latifolia D. R.) — Rochers calcaires du Djurjura : 

Tizi-n-Cheria , Tabbourt-Bouzgueur (Lx) , etc. 
Gardamine hirsuta L. — Forêts de cèdres et forêts de chênes, A. C. (Lx), 

Drâ-el Mizan (Thév.). 
Xalcolmia Africana R. Br. — Alluvions de l'oued Sahel près Akbou (Lx). 
Sitymbrium toruiosum Desf. (Malcolmia torulosa Boiss.). — Oued Sahel, 

alluvions près Akbou (Lx). 
~ Tfialianum J. Gay. (Arabis Thaliana L.) — Drâ-el-Mizan frhév.); 

vallée de Tisser. 

— Irio L. — Ar. Cheliath, a longuement sagittée. » — Imecheddalen 

(Lx). C. C. 

— erf/simoides Duf. — Akbou (Lx); El Adjiba (Batt. et Trab.). 

— officinale Scop. — Djurjura; Aïzer; Aït bou Addou, Ait Ali (Coss.). C. 

— runcinatum Lag. -- Akbou , alluvions de Toued Sahel (Lx); Maillot (Batt. 

et Trab.). 

— alliaria Scop. — Aït Boudrar, Aïd Yala, Djebel Afroun (Lx); Aïd bou 

Addou (Coss). 
Brysimam grandiflorum Desf. — C. dans le Jurjura : col de Tirourda 
(Mar. Lx); Aïd Ouaban (Q Deb.); Agouni-el-Haoua (Lx); Ait bou 
Addou, Aït KouO (Coss.); Tamgout Aïzer, Tizi Oujaboub (Thév.). 

— squarrosum Jan? (ex Batt.). — Tamgout Aïzer (Batt. et Trab.). 

~ Kunzeanum Boiss . et Reut. — Oued Sahel , alluvions près Akbou (LxV 



134 L-i KABYLIE. 

Gonringia orlentalis Andrz. — Drâ-el-Mizan (Thév.). 

Moricandia arvensis D. C. — Oued Sahel, alluvioDs près d'Akbou; pentes 

schisteuses dans la vallée de Tisser (Lx). 
Diplotaxis tenuisiligua Delîle {D. aurieulata D. R.). — Palestro (Batt. et 

Trab.). 

— muralis D. C. — Palestro, vallée de Tisser (Batt. et Trab.). 

— Harra Boiss. {Sisymbrium pendulum Desf.). — Oued Sahel près 

Akbou (Lx) ; Maillot (Batt. et Trab.). 

— vif gâta D. C. — Collmes à Akbou (Lx). — Bords de Tisser (de Brettes, 

Batt.). 
Brassica nigra Koch. — Bordj Sebaou (de Brettes). 

— oleracea L. — On cultive en Kabylie les variétés suivantes ; 

var. aeephala D. C. — Kab. Akrenbith, Tizouzout. 

var. capitula D. C. — Chou pommé, Ar. Achâoueh, 

var. Botrfjfis Botrytis L. — Chou-fleur, cultivé par les colons. 

— NapusL. var. B. r api fera. — Ar. Khardel^ Lefl. — Kab. Taberrouit. 

Cultivé. 

— Bapa L. var. rapifera. — Cultivé. 

— amplexicaulis Coss. (Sisymbrium amplexicaule Desf.). Sinapis am- 

plexkaulis D. C. — C. C. dans toute la Kabylie : fleurit dès jan- 
vier : Akbou, Toudja (Lx). 

— Gravinœ Ten. — C. dans toute la chaîne du Djurjura, au pied et dans 

les fissures des rochers. 
Sinapis pubescens L. — Taourirt guir'il (Coss. Lx); tout le Djurjura; A. C. 
var. drcinata Bougie (Cauvet). 

— arvensis L. — Kab. Achnaf. — Drâ-el-Mizan (Thév. de Brtte, A. C. 

dans les plaines. 

var. Orientalis (Drâ-el-Mizan fThév.), 

Ernca sativa Link. forma stenocarpa (E, stenocarpa. Boiss. et Reut.). 

Oued Sahel , alluvions près Akbou (Lx). 
Raphanus saiivus L. — Cultivé dans les jardins par les colons. 

— Baphanistrum L. — C. C. Tizi Ouzzou (Coss.) , etc. 

Alyssum alpestre L. var. serpyllifolium {A, serpyllifolium Desf.). — Ar. 
Aguerma, A. C. dans tout le haut Djurjura : Tiroiu*da (Lx); Lalla 
Khadidja (Mares, O. Deb.); Tamgout Aïzer (Thév.) ; Aïtbou Ad- 
dou (Coss.); etc. 

— montanum L. {A. Atlantieum Desf.) — C. dans le Djurjura. Descend 

jusqu^à Chellata (Lirou). 

— campestre L. — Oued Sahel , Akbou (Lx); Tizi-n-Tleta (Coss.). 

— Granatense Boiss. et Reut. var. luleolum (A. luteolum Pomel), (A, 

Calycinum L.,Lx olim). — Entre Tizi-n-Imechedolen et Tirourda 
(Lx); Tala Rana (H. Duhamel). 

— spinosum L. (Plilolrichum spinosum Boiss). — Sommet du Tamgout 

Aïzer (Thév. , Batt. et Trab. , Lx). 
Koniga marilima R. Br. — Bougie, Dellys, cap Djinet (Lx.). 
Draba Uispanica Boiss. — Tous les sommets rocheux du Djurjura, Tizi berd 

(Lirou); Tirourda (Lx); etc. 



f 



'X. 



HISTOIRE NATURELLE. 135 

Draba muralis L. — Dj, AfrouD (Lx); Fort National (0. Deb.) ; Djurjura occi- 
dental (Thév.); etc. 

Brophila vulgaris. D. C. — Djurjura et contreforts : Tizi-n-Ciieria , Tirourda 
(Lx); Fort National (0. Deb.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

Thlaspi perfoliatum L. — A. C. dans la zone montagneuse : Agouni-el' 
Haoua, Djebel Afroun (Lx.); Djurjura occidental (Coss.); Drâ-el-Mi- 
zan (Thév.) ; etc. 
var. Tinneanum {T. Tinneanum. A, et E. Huet.) — Djurjura au- 
dessus de 1,200 m. (Batt.). Diaprés M. Cosson, ne serait qu'une 
simple forme du précédent. 

Teesdalia Lepidium D. G. — Tamgout Aïd Djennad, Tizi-n- Cheria , Agouni- 
el-Haoua , Haut Djurjura (Lx.). 

Iberis odorata L. Iberis parviflora Munby! — Chellata (Lirou); Akbou 
(Lx}. C. C. (Batt.). 

Hntchinsia petrœa R. Br. — Djebel Afroun, Tirourda, Tabbourt Bouz- 
gueur (Lx.). 

Capsella Bursa-pastoris Mœnch. — C. C. en Kabylie se trouve même au 
sommet de Lalla Khadidja. 

loBopsidium albiflorum D. R. in Duchartre. — Djurjura au-dessus de 
1,200 m. (Lx); Drâ Selama près Drâ-el-Mizan (Thév.). 

BivoiuBa lutea D. C. — C. dans le Djurjura; Tizi-n-Cheria, Tirourda (Lx) ; etc. 

Lepidium latifolium L. — Bougie, au fond du port, près la gare (Lx.). 
-- humifusum Req. Coss. lUnstr. AU. {L. calycotrichum Kunzc; L. Gra- 
natense Coss., ollm; L. Dhayense Munby. — Azib des Ait Koufi 
(H. P.), Tamgout Aïzer (Batt. et Trab.); Aïd bou R'erdan (Lx). 

— glastifoiium Desf. — Djebel Afroun, Akfadou (Lx); Drâ-el-Mizan 

Crhév.). A. C. dans les forêts du massif montagneux. 

Athionema Thomasianum J. Gay. — Fentes des rochers et pierrailles cal- 
caires à Lalla Khadidja (D^ Chabert). 

Clj^olà, Jonthlaspi L. — Chellata (Lirou); Tabbourt Bouzgueur et Djurjura 
occidental (Lx). 

Garrichtera Félix D. C. — Chellata (Lirou); oued Sahel, alluvlons près 
Akbou (Lx). 

Psychine stylosa Desf. — Haute vallée de Tisser, Palestro (Batt. et Trab.). 

Biscntella auriculata L. — Oued Sahel, alluvions près Akbou (Lx). 

— didymaL. var. Âpula, — Kab. Tifelleft « le petit navet •. C. C. Bougie 

(Cauv.) Chellata (Lirou); Tizi Ouzzou (Coss.); Drâ-el-Mizan (Thév.); 
etc. 

— radicata Co-»s. et D. R. (B. raphanifolia Poir. et Desf. ex parte non alio- 

rura). — Forêts de chênes de la Kabylie, forêts d'Akfadou (Coss., 

Lx). Dj. Afroun , Iakouren (Lx), etc. 
Senebiera Coronopus Poir. — Vallées de ITsser et du Sébaou; pelouses du 

Djurjura (Lx). 
Isatis 0;ur/ttr«Coss. etD. R. — Kab. Timerzouga Boudrar. — Tahalount 

(Mares); Tizi-n-Kouilal (O. Deb.); Tirourda (Lx), Zaknoun, Ait 

Daoud, Tirkabin (Lx); Ibadissen chez les Ait bou Addou où l'espèce 

a été découverte (H. P. Coss.) 



136 LA KABYLIE. 

Isatis tinctoria L. — Djurjura près Bou Adnan (Batt. et Trab.}. 

Neslia paniculata Desv. — Aïd Bou-Youcef (Lx). 

Gakile maritima Scop. — Bougie (D. R.); embouchure du Sébaou, plage 
du cap Djinet (Lx). 

Crambe filiformis Jacq. (C. reniformis Desf.) — Chemins creux des contre- 
forts : Aït Fraouçen (Lx) ; etc. 

Muricaria prostrata Desv. — Oued Sahel, alluvions près Akbou (Lx). 

Rapistrnm rugosum, AIL var. Linnxanum, Coss. Comp. Ail. (H. Linnœa- 
num Boiss. et Reut.) — Drâ-el-Mizao (Thév.). Tizi-n-tleta Coss. 
var. Orientale, Coss. Comp, AU, Bougie (Desf.). 

Cordylocarpus muricatus Desf. — Oued Sahel, alluvions et champs cul- 
tivés près Akbou (Lx). 

CAPPARIDÉES. 

Capparis spinosa L. Ar. Kabbar, Kab. TilouUt, Tatlabout — Contreforts 
chez les Aït Iraten et les Aït Fraouçen (Lx.); Gorges de Tisser près 
Palestro ; etc. 
var. rupestris. — Bougie (Dufour); cap Djinet (Lx.). 

CISTINÉES. 

Gistus heterophijllus DesL — Djurjura (de Brettes). 

— villosus L.; C, incanus L.; C, polf/morphus Willk. — Djurjura occi- 

dental (Coss., Thév.); Palestro (Batt. et Trab.) 

— albidus L. — Le Guergour près Drâ-el-Mizan (Thév.); de Bouira à 

Béni Mansour (Batt. et Trab.) 

— Monspeliensis L. — C. C. partout. 

— salvixfolius L. — Aussi C. que le précédent. 

— Clusii Dun. — Vallée de Toued Sahel : Akbou (Lirou); Maillot (Batt. et 

Trab.) ; etc. 

Tous les Cistes portent en arabe le nom de Touzzal, TouzzcUa et 
aussi de Hateby menu bois à brûler, et en kabyle celui d*A^'ar qui 
a la même signification, ou bien de Touzzelt, Le Cisius albidus est 
aussi appelé Ar. Lat/iée, Kab. Tatheia, thé, 
Helianthemom Tuberaria Mill. — Forêt d*Akfadou, Tifrit, Acherchour- 
en-Tensaout (Lx) ; Taourit Iril (Batt. et Trab.). 

— guttatum Mill. Ait Idjer (Lx), Drâ-el-Mizan (Thév.) 

var. fnacroxepalum, — Tifrit, Djebel Afroun, sables du cap Djinet 

(Lx). 

— Nilolicum Pers. — Chellata (Lirou) ; Drâ-el-Mizan (Thév.) A. C. partout 

(Batt. et Trab.). 

— salicifolium Pers. — Oued Sahel (Lx). C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— .€gtjptiacum Mill. — Vallée de ITsser. Terrains sablonneux (Lx). 

— Lippii Pers. (//. sessiliflorum Pers.). — Dunes boisées à Tembou- 

chure de ITsser (\A), 
- .Elandicum D. C. var. canum (//. canum Dun.) — Forêts de cèdres du 
Djurjura (Lx, Batt.). 



HISTOIRE NATURELLE. 137 

HelUatbsmam rubeltum Presl. — Ch«tlâta (Lirou); Tironrda (Lx); etc. 

— lavandulxfolium D. C. — Maillot (Lx); Drfl-el-Mizan (Thév.). 

— virgalum Pers. ■— C. C. C. partout (Ratl. et Trab.). 

— glauevm Pers. — Chellata (LJron); Djurjura (Bait. et Trab.); Tizi-n- 

Cheria (Lx); Tamgoui Aïzer (Thév.); Tizi-n-Tesellent (Coss.). 

— Fontanetii Boiss. et Reut. — C. dans le haut Djurjura (Lx) ; Lalla Kha- 

didja (Harès, Duraod); etc. 
Pnmana Ixcipei Spach. — Bougie (Dufour) ; cap Djinet (Lx). 

— titcida Spach [Hetiantliemum gluCinosum Pers,). — Bougie (Du- 

four, Lx); vallées de l'oued Sahel et de Tisser); capDjiuet (Lx): 
C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— Spachiî Greo. et Godr. — Durjura (Batt. et Trab.). 

VIOLARIÉES. 

Viola odorata L. — Ar. Ben LeifendJ. — Farfir, « violet ». — A. C. dans 
le Djurjura : sur le versant Sud : Ait Yala, Imesheddalen , etc.] 
(Ij); Fort-Ifatioiial, Djemâa Saharidj (Lx); Drd-el-Mizan (Thév.). 
TIgrimount au-dessus de Palestre (Lx); etc. 
-- sijlvestris Lmk, Koch. — Akradou, Achercliour-en-Tensaout (Lx); 
ATt Iraten (Batt. et Ti-ab.). Tirourda (Trab.) 

— Fontanesii Coss., et D. R. [f. gracilù Sîbih. et Sm. ; f. calcarala 

Desr.; y. Munbi/ana Boiss. et Reut.). — C. dans tout le Djurjura 
à partir d' Akradou, Battandier et Trabut signalent la forme Mwn- 
6^ana dans la zone des forêts; la forme ^tneasis Guss. au Tam- 
gout Aîzer et la forme Aurasiaca {F. Aarasiaca Pomelj h Lalla 
Khadidja. 

RÉSÉDACÉES. 

A>tr<K»rpiM Clutii J. Gay. — Tifrit, Acherchour-cn-Tensao«t , Akfadou 

(Lx) ; Kabylie [Batt. et Trab.). 
R«seda aibti L. — Ar. Dil-et-Kliarouf et Kab. TkeUenml Zémetiar, 

t queue d'agneau i. — C. C. partout, surtout dans les plaines et 

sur les contre-forts. 

— Pki/leuma L. — Chellata (Lirou) ; Akbou (Lx). 

— iHlea L. — Vallée de l'Isser (Lx). 

rar. Heglecia Miill. — Akbou (Lx) ; Maillot (Batt. et Ti'ab.). 

— lateola L. — C. le long des chemins et dans le Djurjura; Tirourda 

(Maris); Ait Daoud (Ia); Tizi Ouzzou (Coss.); etc. 

POLYGALÉES. 

PolycaU Nicxensis Risso. (Non P. rosea Desf. qui est spécial a l'ouest de la 
province d'Orao) — A. C. dans toute la Kabylie, Toudja, oued Sahel 
(Lx); Drd-el-Mizan (Coss.), etc. 

— MompeUaca L. — Bougie, Akbou (Lx), 



138 LA KABYLIE. 

Polygala rupestris Pourr. (P. saxatilis Desf.) — Rochers au-dessiis de 
ïoudja (Lx). 

FRANKÉNIACÊES. 

FranlLeniB, pulvetiilerUa L. — Oued Sahel, alluvions près Akbou (Lx). 

— iœvis L. — Bougie, cap Djinet (Lx). 

SILÉNÉES. 

Silène inflata Smith (S. Bekeii Desf. non L.) — C. en Kabylie daus les 
moissons (Lx) ; Aït bou Addou, Drâ Inguel (Goss.). 

— tridentata Desf. — Akbou (Lirou) Kabylie (Batt. et ïrab.). 

— neglecta Ten. — Entre El-Kçeur et Taourirt Guirll (Batt. et Trab.). 

— nocturna L. — Bougie (Lx) Aït KouG, Djurjura occidental (Coss.). 

— cinerea Desf. — Drâ-el-Mizan (Batt. et Trab.). 

— Gallica L. — Toudja (Lx.), Tizi Ouzzou, Djurjura occidental (Coss.), 

Drâ-el-Mizan (de Breltes, Thév.); C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— disticha Willd. — Vallée de Tisser (Coss.) ; oued Sahel (Lx) C C. par- 

tout (Batt. et Trab.). 

— imbricata Desf. — Toudja, Akbou (Lx); Igaouaen (Thév.); Tizi Ouz- 

zou, Aït bou Addou (Coss.). C. C. (Batt. et Trab.). 

— ambigua Camb. (5. glauca Pourr.) Bougie Tabbourt Bouzgueur (Lx) ; 

Akbou (Lirou); Fort National (O. Deb.); Kabylie (Batt. et Trab.). 

— colorata Poir. (S. bipariila Desf.) — Bougie Tizi-n-Imecheddalen (Lx). 

C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 
var. decumbens. Sables du cap Djinet (Lx). 

— Atlantica Coss. et D. R. — Lalla Khadidja (IVfarès); Agouni-el-Haaua et 

Aït Yala sous les cèdres (Lx); Djurjura (BaU. et Trab.). 

— ChotUettii Coss. — - Djebel Afroun (Lx) ; Djurjura (Batt. et Trab.). 

— Nicœensis Ail. — Sables près le cap Djinet (Lx). 

— reticulata Desf. — Drâ-el-Mizan (de Brettes) ; Kabylie (Batt. et Trab.). 

— muscipula L. Kab. Lazouz guizan, a la glu des mouches ». Oued 

Sahel, Akbou (Lx); Drâ-el-Mizan (de Brettes). 

— pteropleura Boiss. et Reut. — Maillot (Batt. et Trab.); Drâ-el-Mizan 

(Thév.). 

— rubella L. — Oued Summam (Lx). 

— fuscata Link. — Oued Sebaou, Tizi-n-tleta (Coss.); Drâ-el-Mizan 

(Thév.). C. C. C. Tout le Tell (Batt. et Trab.). 

— pseudO'Atocion Desf. — Toudja , Akbou , Tirourda , Agouni-el-Haoua , 

Tabbourt-Bouzgueur (Lx) ; etc. 

— Italîca D. C. var. mellifera (S. inellifera Boiss. et Reut ). — Djurjura 

(Batt. et Trab.); Tirourda, Tabbourt-Bouzgueur (Lx); Fort- Na- 
tional (Durando); Drâ Inguel, Aït bou Addou (Coss.). 

— rosulata Soy. Will. etGodr. — Haut Djurjura (Lx). 

— Aristidis Pomel (S. bupleuroides Deaï. non L. sec. Batt.). — Gorges de 

ITsser près Palestro, rochers, Bou Zegza (Lx). 



HISTOIRE NATURELLE. 139 

Silène t^elutina Poiirr. — Tizi-n-Cheria , Tirourda, liant Djurjura (Lx); Drâ 
Inguel; Ait bou Addou (Coss.). 

Melaadriam macrocarpum, — Lychnis macrocarpa Boiss. — C. C. sur- 
tout dans les contrefurts : Aît Bou- Addou (Coss.); etc. 

Eudianthe lœta (Lychnis iMa Ait.) — Drâ-el-Mizan (Coss.), vallées du Se- 
baou et de la Summam (Lx). 

— Loiseleurii Gten. Godr. (Lychnis Corsica IjOïs.) — Prairies au-dessous 

de Taourirt Guir'il (Batt. et Trab.). 

— Cœli-rosa var. aspera. — C. C. dans toute la Kabylie. 

Saponaria depressa Biv. — Pentes au-dessous de Lella Khadidja (D' Cha- 
bcrt). 

— Vaccaria L. — Chellata (L.) C. à Akbou (Lx). 

Tuiiica compressa Fisch. et Mey. Desf. — Gypsophila compressa Desf. — 
Dianthella Clauson : Kab. Oudmé, d'après Lirou — C. dans toute 
la Kabylie. Tizi Oujaboub (Thév.) ; etc. 

Dianthns velutint^ Guss. — C. dans toute la Kabylie (Lx, Batt.). 

— Liàurnicus Bartl. — Taourirt Guir'il (Coss. Lx); Lalla Khadidja 

(O. Deb.) ; Tizi Qijaboub (Thév.) ; etc. 
var. pusiUus. Coss. — Tala Rana, Tizi Boulma (Lx). 

— soTulatus Desf. — Tizi-n-Clieria , Agouni-el-Haoua (Lx); Djurjura oc- 

cidental (Coss.); C. C. (Batt. et Trab.). 

— Siculus Presl (D. virgineus L. d'après Godron) — Abondant dans tout 

le Djurjura. 

Nom des DianihuSj en arabe Khoufel; en kabyle 7\ikhoufeU, 
Abou Zedouz. 
Yelezia rigida L. — El Adjiba (Batt. et Trab.). 

ALSINÉES. 

Sagina apetala L. — Drâ-el-Mizan (Thév.) C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— riliata Pries. — Djurjura (Balt. et Trab.). 

— marilima Don. — Tout le littoral (Balt. et Trab.). 

BoiTonia Duval-Jouvii Batt. et Trab. — Tala Rana , Lalla-Khadidja (Batt. 

et Trab.). 
Alsine (fAttz/b///7 Crantz — Toudja (Lx); vallées de ITsser et du Sébaou (Lx); 

Aïd bou Addou (Coss.); etc. C. C. C partout (Batt; et Trab.). 

— cerna Barth. — Fissures des rochers dans tout le haut Djurjura. 

— montana Fenzl (Minttartia montana Lœfl.) — Alluvions de Toued 

Sahel près Akbou (Lx). 
Mœhringia trinervia Clairv. (M. pentandra J. Gay). — Dj. Afroun (Lx;. 
J^reDSLTiA serpyliifoUa L. — A. C. dans le Djurjura — Dj. Afroun (Lx). 

— procumbens Vahl. — Chellata (Lirou). C. surtout le littoral (Batt. et 

Trab.). 

— emarginala Brot, — Terrains sablonneux sur tout le littoral (Balt. et 

Trab.). 
-- spaJhulata Desf; (J. cerastoïdes Poir.) — Vallée de Tisser (Lx). 

— grandiflora Ali. — Lalla Khadidja, versant Sud (Batt. et Trab.). 



140 LA KABYLIE. 

Stellaria média VilJ. — Bougie (Lx); Djurjiira occidental (Ck)ss.) C. C, C. 

partout (Batt. et Trab.). 
Holostenm umbellatum L. — Akfadou, Dj. Afroun (Lx); Djurjura (Batt. et 

Trab.). 
Cerastium glaucum Gren. var. octandrum {Mœnchia octandra J. Gay.) 
— Chellata (Lirou); Akfadou (Lx) ; Fort-National (O. Deb.)-,etc. A. C- 

— dichotomum L. — Chellata (Lirou) ; Djurjura (Batt. et Trab.). 

— Atlanticum D. R. — Djurjura occidental (Coss.) C. C. C. dans tout 

rAtlas(Batt. et Trab.). 

— pumilum Curt. — Fort-National (0. Deb.); Drâ-el-Mizan (Thév.); etc. 

A. C. 

— glomeratum Thuil. — Abondant dans le Djurjura : Tizi-n-tleta , Ait 

KouH (Coss.), etc. C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 
— - brachf/petalum Desp. — Dj. Afroun, Tirourda (Lx); Djurjura occiden- 
tal (Coss.), A. C. 

— Boissieri Gren. — Abondant sur les sommets du Djurjura : Dj. Afroun, 

Tirourda, Agouni-al-Haoua , Tizi Boulma (Lx); Lalla-Khadidja, 

(Mares); Aït Koufi (Coss.); etc. 
Spergula arvensis L. — C. dans tous les lieux sablonneux du littoral. 

(Batt. et Trab.). 
Spergalaria rubra Pers. — Bords du Sébaou (Lx). C. C. C. partout (Batt. , 

et Trab). 

— diandra Heldr. — Vallée de Tisser (Coss.) C. C.( Batt. et Trab). 

— marina Wiilk. — C. C. C. lieux marécageux du littoral (Batt. et Trab.) 

— média Pers. — Vallée de la Summam près Bougie (Lx). 

LINÉES. 

Linum Gallicum L. — C. dans les vallées de Tisser et du Sébaou (Coss.<, Lx) 
Tizi Ouzzou (Coss.); Drâ-el-Mizan (de Brettes, Thév.); etc. 

— strictum L. — C. C. dans toute la Rabylie et partout. 
var. alternum Pers. — Embouchure de Tisser (Lx). 

— cortjmbiferum Desf. — C. C. dans toute la Kabylie. 

— ^ristidis Batt. et Trab. — Aomar (Batt.). 

— tenue Desf. — Embouchure de Tisser (Lx). 

— marilimum L. — Embouchure de Tisser (Lx). 

— angustifolium Huds. — C. en Kabylie. C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— usitatisximum L. — Ar. Kit an, Kab. Tifest. — Cultivé de temps im- 

mémorial par plusieurs tribus du littoral. 

MALVACÉES. 

Malope maîacoides L. (M. siipulacea Cav.). Kab. Timchet-en-TadJemarfy 
« Tétrille de la jument » — A. C. en Kabylie; Bougie, cap Djinet 
(Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.) ; Air Bou Addou (Coss.). 

var. intermedia, — Forme du haut Djurjurja ; Lalla Khadidja, 

Aizer (Batt. et Trab.); Tala Rana (T.x). 



HISTOIRE NATURELLE. 141 

Xalva sylcesiris L. — Kab. Taméjjirt, nom générique. — C. G. dans a 
Kabylie comme dans toute TÂlgérie. 

— Nicceensis AIL — C. bord des chemins, décombres: Tizi Ouzzou (de 

Brettes) , Drâ-el-Mizan (Coss.), etc. 

— parviflora L. — C en Kabylie , surtout dans le bas pays : Bougie 

(Cauv.); vallée de Tisser. (Coss.), etc. 
Lavatera arborea L. — Assez souvent cultivé dans les jardins. L. — Bougie- 

— Crelica L, — C. C. partout. 

— Stenopetaia Coss. et D. R. — Drâ-el-Mizan (Batt. et Trab.). 

— Oibia L. var^ hispida, — A. C. en Kabylie; Bougie, Akfadou, cap Djinet 

(Lx) ; Drâ-el-Mizan (Coss.); Bordj Menaïel (de Brettes) ; etc. 

— marilima Gouan. — Ait Ouaban dans leDjurjura (Batt. et Trab.). 

— trimestri$ L. — A. C. oued Summam (Lx); Djemâa Saharidj, cap Djinet 

(Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.) ; Tizi-n-tl ^ta (Coss.); etc. 
AUhœa officinalis L. — Ar. Khethmia^ Kab. Améjjir^ Marais à Tembou- 
chure de Tisser (Lx). 

— hirsuta L.. — Azrou de Tirourda (Lx). 

— longiflora Boiss. et Reut. — Béni Mansour, Bouira (Batt. et Trab.) 
Hibiscus escuUntus L. — Ar. Guenaouia , le Gombo ~ Cultivé à Bougie. 

et à Dellys. 

GÉRANIACÉES. 

Géranium tuberosum L. — Tizi Ougoulmim , Lalla Khadidja (Durand). 

— malcxflorum Boiss. et Reut. — Zone des cèdres dans le Djurjura : Me- 

cbmel des Ait Daoud , Ait Boudrar, Aït Yala (Lx) ; Tamgout Aïzer 
(Batt. et Trab.); Altbou Addou (Coss.); etc. 

— AtlaïUicum Boiss. et Reut. (G. sijloaticum Desf.). — Bougie (Krémer); 

Cliellata (Lirou); Tifrit, Dj. Afroun, Akfadou (Lx), etc. 

— fiohemicum L. — Achercbour-cn-Tensaout, forêt d* Akfadou (Lx); Djur- 

jura (Batt. et Trab.). 

— Ptjrenaicum L. — Acherchour-en-Tensaout , forêt d'Akfadou (Lx); Aït 

Koufi (Thév.); Djurjura (Batt et Trab.). 

— molle L. — C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— rotundifolium L. — Toudja (Lx); Aït bou Addou (Coss.). 

~ dissecium L. A. C. Bougie (Cauv.); ravius des Aït Iraten (Lx); Drâ-el- 
Mizan Cfhév.); etc. 

— lucidum L. — C. dans les chemins creux (Lx); Cbellata (Lirou), Drâ-el- 

Mizan (Thév.); Aït bou Addou, Aït Koufl (Coss). 

— Bobertianum L. — A. C. — Drâ-el-Mizan, Ait Koufi (Coss.); etc. 
Brodium cfieHanthifoiium Boiss. , Elench. (E. trichomanxfolium Boiss. 

Olim). — Crêtes du haut Jurjura près Lalla Khadidja (Mares, O. 
Deb., Lx, etc.) 

— cicutarium Lcra. — Maillot (Batt et Trab.); Ait Yala (Lx). 

— moichatumVUér, Willd. —Tizi Ouzzou (Coss.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 



I LA K.ABYLIE. 

«dinm ctconium Willd. — Oued Saliel (Lx). 

- gvllalum Willd. (Géranium, Desf.) — Maillot, El Adjila (Batt. et 

Trab.)- 

- oiplenioîdes Desf. — Kabylie (Munbyj?? 

- laciniatttm Willd. — Sables maritimes près Bougie (Palanqiie). 
ïar. Solunlinum Todaro. — Cap Djinet (Lx). 

- Mauritanicum Coss. et O. R. — Sables du littoral près l'embouchure 

de risser (Lx). 
-- C/iium Willd. — Ait bon Addou (Coss.) C. C. C. partout sur le littoral 
(Batt. et Trab.). 

- alnlfoUum Guss. (£. crassifolium Mitnby). -- Issers, Dellys, Kabytie 

(Batt. et Trab.). 

- malacoidei Willd. — Pas rare en Kabylie : Drâ-el-Mizan (Thév.), etc. 



iTPerlcnm perforalum L. — (Tlzi-Ouzzou (Coss.); Contrerorts des Ait 
Iraten (Lx); Drâ-el-Nizan (Tbév.). 

- Âfrum Desr. Lamk. — Taourirt guir'il (Coss., Lx)i Akfadou (Lx;. 

- ciliatutn Link; H. {dentatum Lois.). — Toudja (Lx); Akbou (Lx) DrA- 

el-Mizan (Batt. et Trab.), 

- fnon/anum L. — Mechmel des Aït OuabaD , Ait Daoud , ATt Boudrar; 

Aït Yala (Lx); ATt bou Addou (Coss. H. P.); Djiirjura [Batt. el Trab. 

- Amtrale Ten. {H. repens Desf.). — Pas bieo rare eu Kabylie : Taourirt 

guir'il (Coss. et Lx) ; Akfadou (Lx); Drà-el-Mizan (Thëv.). C. C. dans 
tout le Tell (Batt. et Trab.). 

- Nattdintanum Coss. D. R. — A. C. sur les rochers irrigués : Hammaii 

Mellouleo, Tabbourt Bouzgueur (Lx); Cascade au-dessous de Tizi 
Tesenneat (Coss. H. P.)-, Tizi Oujaboub (Thé?.); gorges de Tisser eu 
face du tunnel de la route (Lx): etc. 

- tomenlosum L. — Akbou, Dar bel Abbès prèsBordj. Menaïe! (Lx). 

- pubexcens Boiss. H. suberotum Salzm. — Drâ-el-Mizan (Tbév.). 
1 officinale An. (H. Jndrosœmum L.) — Agoulmim Aber- 

kaii, forât d' Akfadou (Lx). 



er oblutatum Willd., Kil. — Ar. (ïfïyoô, Guigueb. — Tifril, Akfadou, 
Mechmel des Aid Daoud (Lx); ATt Ouaban (0. Deb,); Ait KouG 
(Thév.); Ibadissen (H. P. et Coss.); etc. 

- Monspessulanum L. Ar. et Kab. Qeiqob. C. dans tout le Djurjura : à 

l'Azib Aït Roufi, un pjed atteint trois mètres de tour (Thév.). 

- Monspesmlano-obtMsatum Coss. inéd. — Mechmel des Aït Ouaban et 

des Ait Daoud (Lx). Hybride. 



^PH^ff^>^ 



HISTOIRE NATUREL 



TlUi TifUfera L. — Ar. Dalia. Kab. ^zber 
C. C. haies, broussailles, forêts. Ab 
Kabyles. 

OXALEDÉES. 

Oxalla comiculata L. — Cap Djinet, ravin d 
partout (Batt. et. Trab.) 

— eemua Tbunb. — Plante du Cap, natu 

gérien et même en Tunisie. On la i 
à Oeurs simples : elle ne rructide pas. 

ZYGCffllYLLÉES. 

TrUmlna terrestris L. — Sables maritimes | 
Alluvjoas de l'oiied Sahel (Lx). 

RUTACÉES. 

Rot» montana Glus. — Ar. Fidjel. — C. C 
gneuse (Lx, Butt. et Trab.). 

— anguttifatia Pers. (A. Chalepensls L.). — 

Bougie (Cauv.). 

— bracteostt D. C. Ar. Fidjel. — Bougie, Te 

AURAHTIACÉES. 

Citra% Awantium L.; Bisso. ~ Ar. et Kab. Te 
en Kabylie et surtout à Toudja près B 

— Madarensii Lour. — Ar. Madalina. — 

par les Européens. 

— Biqaradia Duli. — Ar. Throudj. Dans q 

— Limonium Risao. var. vulgaris. — Ar. Li 

A, C. dans les jardins. 

ïar. dulcit. (C. Luinia dulcU Rtsso. 

doux ■. — <> et là dans les orangerie 

CORIARIÉES. 

Corf«rl& myrlifolia L. — Ar. Aroux, Bouiia 
Ait Daoud , Aît Yala (Lx) ; etc. 



LA KABYLIE. 



CltLASTRlNI^.ES. 

'olius Scap. — Mechoiel des Aîl Oiiabaii et des Ait Daoïid 

ILICINÉES. 

L. — Ar. Beuhs. Rab. Irsel, Igour'sel. ~- Assez répandu, 
daos le Djiirjura; Tiroiirda, Tata Tainzieb-el-Laz (Mares); 
1 des Alt O.iaban et des AU Daoïid, AgoiiDi-el-Haoïia, 
I (Li); massif de l'AUer; ATd bon Addou (Coss.). 

RHAMNÉES. 

L. — Ar. Sedra — Kab. Taz^ougarl. — C. C. dans les 

ik. — Ar. .4nnab, ^nnaba. — Cnltivé. 

mus L, — Ar. MelUa, Qased. — Kab. Amlilès. C. C par- 

Dussailles, baies, bords des ruisseaux. 

Urata Boiss. {Rh. myrti/oUa WilIk.V — Haut Jurjura, 

i fissures des rocbers calcaires. — Tabbouit Bouzgueiir 

lima (Lx); Aît bon Addou (Coss., H. P.); Oujaboub (BatL). 

■- Ar. Chérira, Zeboudj harami, * faux oliviers ■. —Tou- 

lou, cap Djiuet (Lx). 

— Tizibert (Lirou)) Tirourda (Lx); Alt KouÛ (Coss., 
Blc. 

xnotica. — Tirourda (Lx)-, entre Lalla Kbadidja et Ta~ 
(Marès); Ait KouG (Thév.); Aît bon Addou (Ck»s., H. P.). 

TÉRÉBINTHACÉES. 

nlkux L. — Ar. Setkoxtm-el'Kifan t le pislacbier des 
B — Kab. Ibejji. — Toudja, Tifril, Aîl Ouaban, Ait 
Lx)i Drâ-el-Mizan (Tliév.). 

>esf. — Ar. Bethoum. — Kab. tbfjji et TUmelell. — 
I, lakkoureu (Trab.); A. C. dans l'oued Saliel (T.x); AU 
!t Aîl Iriden près Drâ-el-Mizan (Thév.); etc. 

— Ar. DliTou. — Kab. lidekt. — C. C. C. partout. 

la Desf. — Ar. Teiira, Legg. — Kab. Taia d'après Liroii. 
!e de l'oued Sabel (Lx Coss.) ; Akbou (Lirou). 

LÉGUMINEUSES. 

n L. — Ar. Kkarroub-el-Kelab, * carroube des chieus ■ , 
mb-el-Mati, « carroube des clièvi-es i. — Kab. Aoufni 



HISTCMRE NATURELLE. 

• puant », lambout, Oufnim-n-Tarat, » le puant des chècrt 

— C. C. sur les collines, les coutrerorts et le Djujura. 

tHes Eurojiatus L. — Semé par le génie le long du chemin de Fort-Efi 

nal à Tirourda ; a prospéré sur les pentes abruptes. 
calTCotome apinosa Link. — Ar. CueTuloul. — Kab. Azzou-^zez: 

— C. C. C. Tout le Tell Algérien, le Djurjura, etc. (Batt. et Tn 
SparUam junceum L. — Ar. Tkagtliag. — flou Tkerthag. — I 

Atktrthage. — Collines calcaires ou marneuses. Vallée Aa Séli 

dans les alluvions, C. sur le versant sud du Djurjura (Lx); etc. 
SkrathamnOB purgans Gren. et Godr. S. Balantœ, Boiss. et Reut. — 

niëCa purgans D. C). — Entre Tala Rana et Lalla Kbadldja (I 

et Trab,). 
Genista Cossoniana Batt. et Trab. — Maillot (Batt. et Trab.). 

— filiramea Pomel. Djurjura. 

— Numidica Spach. — Ar. Thagthag. — Tifrit (Lx). 

~ nUcina Spach. — Chaîne du littoral : Dj, Afroun, Tifrit (Lx); etc. 

— tricuspidata Degf. — Ar. Guendout. Kab. Ttizouggarl-boulrt 

t jujubier des chameaux ». — C. C. surtout dans la zone littoi 
de Dellys à Bougie. 

— Kab>itica Coss., inédit. — Ar, Guendout. Kab. Azzou. — Plateat 

grès entre Taourirt gutr'il et Toudja (Lx). — Est sans doute id 

que à C. f^epref Pomel ? 
~ ferox Poir. — Ar. Gvendoul, sur le littoral; d'Alger Ddlys (Bal 

Trab.); embouchure de ITsser (Lx). 
Tar, înermis (G. cAaregia Coss., G. Saldilana Pomel). Boi 

route du grand Phaie [Cauvet, Lx). 
R«tam» tp/uerocarpa Boiss. {Spartium spharocarpum Desr.) Ar. 6e' 

— Pentes sud et est du Djurjura : Bouira , Béni Mansour, VL 

(Batt. et Trab.)) Akbou, oued Sahel (Lx). 
Cytiana caR(/i>an<, D. C. i.C. candicant, L.). — Bougie, route du g 

Phare (Lx); Djiirjm-a (Batt. et Trab.). 

— trip,OTUt L'Hér. — Kab. Ilouggui, Tilouggvil. — C. C. daos la 

des contreforts et dans les forêts (Lx); Djurjura (Batt.). 
A.Fg7rolobiniii Linnsamttii Walp. — Ar. MCmeuch, Mimich. — 

n-Clieria, Tirourda (Lx); Dj. ïachentirt (Théï.). 
Adenocappos commutalus Guss. {^. Cebennensis Delile). — Forêt d'I 

dou près Tala Guitan (Lx). 
Laplmu htrsutns L. — Djurjura (Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.) 

— angiutifotius L. — Kab. /ôioi* giiiTe/", <• fève de cochon o. — C. sui 

dans la zone des contreforts. Fort-National (Lx). 
Ononls Aragonemit AsBo. — Lalla Khadidja , versant sud (Batt. et Tr 
-- 5teii/aGuss. — Abbou (Lirou) ; Isser, Kabylie (Batt. elTrab.). 

— tÎKon L. — Maillot (Lx). C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— brachycarpa D. C. — Gouraïa (D. R.), Ait .\fançour(Lirou Abbou) ( 

vallée de ITsser (Coss. H. P.). 

— bnelflora D. C. ^Toudja (Lx); Dra-el-MÎMn (Thév.). 

— fialrix L. — Kab. Touizourazt. — Bougie, Agouni-el-Haoua (Lx) 



146 LA. KABYLIB. 

halouat (Mares); Bouira, Tizi Oujaboub, l>râ-eI-Mizan (Balt. H 
Trab.). 
OnoniB ramosisnima Dest — Alluvions de l'oued Sahel près Akbou (Lx). 

— Ceniaia !.. — Tiiingout Aïzer (Bail, et Trab.). 

— pendula Desf. — Vallées de l'oued Sahel (U); du Sébaou (Coss., H. P.); 

de risser (de Brettrs). C. C. C. Tout le Tell et la ri'f Ion montagaeiise 
iuférieiire. 

— reclinala L. — Bougie (D. B., U), Akbou (Lx) ; Maillot (Balt.). 

— alopeeuroidea L. — Les Issers (Bail, et Trab.), 

var. Irifoliala Cosson. — O. Salzmaniti Boiss. et Reut. — Drâ-el- 

Miian (Thév.). 

— militsima L. — Prairies et broussailles du Tell (Batt. et Trab.); vallée 

de risser (Coss., H. P.). 

— Columnx Ail. — Ait Daoud (Lx); Djiirjura (Balt. et Trab.). 

■ — hifpida Desf. — Tifrit, Akfadou (Lx); Drft-el-Mizan (Thév.). 

— TVna Pomel (O. villosissima Lx olim non Oesr., d'après Hattandier.) — 

Cap Djioet, vallée du Sébaou (Li); Tizt-Oiizzou et vallée de Tisser 
(Coss., H. P.). 

— alba Poir. — Tala BaDa (Li). 

— variegala L. — Bougie, cap Djinet , embouchure de Tisser (Lx) ; sables 

maritimes sur tout le littoral (Batt. et Trab.). 
AnthyllU cgtisoldet L. — Gouraia, au-dessus de Bougie (Pumel). 

— monlana L. — Co) de Tirourda (Mares, Lx); Ait llliltea (O. Deb.); 

Lalla Khadidja (Batt. et Trab.). 

— t^lntraria L. — C. partout. Bougie (Coss.); Fort -National (Lx); Drâ- 

el-Mizan (Thév.); A» Koufi (11. P.); etc. 
PIiTS&DthyllU tetraphyUa Boiss. (^. ttlraphylla L.). C. C. partout Tell 

(Batt. et Trab.). 
Hedlcago lupulina L. — Toudja, ATt Daoud (Lx). 
var. cupaniana. ( U. Cnpaniana Guss.), liantes pelouses de la mon- 

tagoe depuis le col d'Akladou jusqu'au Tamgout Aïzer. N'est peul- 

étre qu'une forme vivace du précédeat. 

— secundiflora D. R. — Drâ-el-Mizan (Thév.) ; Djurjura (BaU. et Trab.). 

— saliva L. — Akbou, AU Iraieu, plaiue du Sébaou (Lx). 

— scuUllala Ail. — UrA-el-Mizao (de Brettes); Tizi-n-Tleta (Coss., H. P.). 

— orbicularh AU. — Bougie (Cauï.), grand Phare (Li). 

var, margiaata (W. marginaCa Willd.) ~ DrA-el-Mizao. TitI 

Oujaboub (Batt. et Trab.). 

— Soleirotii Duby [it. plagioipûa: D. R.). — Dellys (Batt. et Trab.). 

— Echinus D. C. — Vallée de Tisser, Drâ-el-Miiau (Coss., H. P.). 

— ciUari$ Willd. — Tizi-Ouzzou (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— cotrugala D. B. — Dellys (Batt. et Trab,). 

— Hélix Willd. — C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— litloralii Robde. — Bougie (I). R.); cap Djinet (Lx). 

~ tribiUoides Lmk. — Bougie, Akbou (Lx);Tizi OJJaboub (Batt. et Trab,). 

— mariaa L. — Sabirs maritimes; Bougie, Dellys, cap Djinet, etc. C, C, 

sur les plages. 



HISTOIRE NATURELLE. 147 

Medicago Gerardi Waldst. et Kit. ~ Rougie (Cauv.); Tamgout Aïzer (Ratt. 
et Trab.). 

— iurbinata Willd. — Ait Ismaïl (Ratt. et Trab.). 

— MurexyiïWé, var. sphœrocarpa Rert. — Rougie (Cauv., Lx); cap Djinet 

(Lx). 

— maculata Willd. — C. C. C. (Ratt. et Trab.). 

— Uzppacea Lmk. — Oued Sahel, Akbou (Lx). 

var. pentacycla D. C. Akbou (Lx); Tizi-Ouzzou (de Rrettes); Drâ-el- 

Mizan (Coss., H. P.). 

— denticulaia Willd. — Drâ-el-Mizau (Thév.); C. C. C. (Ratt. et Trab.). 

— apiculata Willd. — Vallées de Tisser et du Sébaou (Coss.) C. C. C. 

(Ratt. et Trab.). 

— minima Lmk. — Toudja, Tabbourt Rouzgueur (Lx). C. C. C. (Ratt. et 

Trab.). 

Les Luzernes portent chez les indigènes le nom générique de 
Nefel, 
Trigonella Fœnum-Grœcum L. Ar. Heulba. — Cultivé comme Fourrage. 

— gladiata Ster. {T. prosCrata D. C). — Ar. Mechad — Kab. Amechehad. 

— Tabbourt Rouzgueur sur les pelouses du haut Djurjura (Lx). 

— Monspetiaca L. — AUuvions de Toued Sahel près d' Akbou (Lx); Drâ- 

el-Mizan (de Rrettes). 

— polycerata L. — AUuvions de Toued Sahel, près Akbou (Lx). 
Melilotns Messanensis Desf. — AUuvions de l'oued Sahel et du Sebaou (Lx). 

— sulcata Desf. — Drâ-el-Mizan (Thév.). C. C. partout (Ratt. et Trab.). 

— tnacrocarpa D. R. — AUuvions de Toued Sahel près Akbou (Lx). 

— Indica Ail. (M, parviflora Desf.). — C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 
Trifolimn stellatum L. — Rougie D. R. C. C. C. partout. 

— angusUfolium L. — C. C. C. partout de Rougie à Dcliys et à Pdleslro. 
var. intermedium (T. intermedium Guss.) — vallée de Foued Sahel. 

R. (Lx). 

— incamatum L. — Issers (Ratt. et Trab.). 

— ochroleucumL. — Tirourda (Mares); AïtKoufl, Ait bou Addou (Coss., 

H. P.); Djurjura (Ratt. et Trab.). 

— prttttnse L. — Rougie (D. R.); Ait bou Addou, vallée de Tisser (Coss., 

H. P.); C. C. C. partout; Tell et montagnes (Batt. et Trab.). 

— pallidum Walldst. et Kit. — C. C. C. (Ratt. et Trab.). 

— Cherleri L. — Akbou, Agouni-el-Haoua (Lx). C. C. C. (Ratl. et Trab.). 

— lappaceum L. — Akbou, oued Sahel (Lx), Tizi-n-Tleta (Coss., H. P.), 

ce. C. (Batt. et Trab.). 

— maritimum Huds. — C. sur le littoral : Acherchour-en-Tensaout (Lx) ; 

vallée du Sébaou (Coss., H. P.). C. C. C. (Ratt. et Trab.). 

— Panormitanum Presl. — C. dans toutes les vallées. Drâ-el-Mizan 

(Thév.) ; Djurjura (Lx) , etc. 

— Ugusticum Ralb. — Toudja (Lx). C. C. C. (Ratt. et Trab.). 

— arcense Desf. — C. dans les lieux secs (Batt. et Trab.) , Taourirt guiril 

(Coss., Lx); Tizi-Ouzzou (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.), etc. 

— Boeconi Savl. — A. R. , mais très répandu (Batt. et Trab.) ; Taourirt 



148 LA KABYLIE. 

guir'il (Coss. , Lx); vallée du Sebaou, Tlzi-Ouzzou (Coss. » H. P.). 
Trifolium siriatum L. var. spinescens Lange. — Lalla Kbadidja , Djurjurat 
(Bat. et Trab.), 

— scahrum L. — Aïd Daoud (Lx); Tizi-n-TleU (Coss., H. P.).C. C. C. 

(Balt. et Trab.). 

— sublerraneum L. — C. C. C. Pelouses (Batt. et Trab.). 

— fragiferum L. — Vallée de Tisser Tizi-n-Tleta (Coss. , H. P). Très com- 

mun d'après Battandier et Trabut. 

— resupinatum L. — C. C. C. dans toute la Kabylie (Coss., Lx) et partout 

(Batt. et Trab.). 

— tomentosum L. — Bougie (Cauvet). C. C. C. (Batt. et Trab.). 

— glomeratum L. — C. C. dans la Kabylie , surtout dans les montagnes. 

— repens L. — A. C. dans les prairies des montagnes (Lx). C. C. C. marais 

(Batt. et Trab.). 

— nigrescens Viv. — Tizi-Ouzzou (Coss., H. P.). C. partout d'après Bat- 

tandier. 

— istlimocarpum Brut. — Vallée de Tisser, Tizi-n-tleta (Coss. , H. P.). 

— filiforme L. — Pâturages humides du Djurjura et des grandes forêts : 

Acherchour-en-Tensaout (Lx). 

■ — procumbens L. — Acherchour-en-Tensaout (Lx); Sebaou, Tizi-Ouzzou, 
Tizi-n-Tleta , Ait Koufi (Coss. , H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.) Les 
trèfles portent le nom arabe de Nefel et le nom kabyle (Tlkenfed 
c qui a une grosse fleur ». 

Doryeninm rectum D. C. (Bonjeania recta Rchb.). — C. au bord des ruis- 
seaux Djemâa Saharidj , Acherchour-en-Tensaout (Lx), etc. 

TetrsLgonolohua purpureu$ Mœnch. — Fort^National (Lx). C. C. C. (Batt. 
et Trab.). 
— - biflorus Seringe. — Tizi-Ouzzou, Drâ-el-Mizan (Thév.). C. C. C. pelou- 
ses sablonneuses (Batt. et Trab.). 

— siliquosus Roth. — Ait Idjer, région des contreforts (Lx); Kabylie 

(Balt. et Trab.). 
Lotus /)arî?27ZorM*Desf. —Tizi-Ouzzou (Coss. , H. P.) ; Drâ-el-Mizan (Thév.). 
C. C. Littoral. (Batt. et Trab.) 

— hispidus Desf. — vallée du Sebaou (Lx). 

— Conimbricensis Brot. var. Granatensis Wilk. — AU Yala (Lx) ; A. C. 

partout : pelouses un peu sèches (Batt. et Trab.). 

— comiculatus L. — Bougie (D. R., Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.); Kabylie 

(Batt. et Trab.). 

var. kabytica Batt. petite forme velue, très touffue (Tamgout Aïzer 

(Chab.). 

— major Scop. — Akbou; cap Djinet, embouchure de ITsser (Lx). 

— Creticus L. — Environs de Bougie (Coss.). C. C. C. sables du littoral 

(Batt. et Trab.). 

— cytisoides L. — Bougie (I). R.) ; Tirourda (Lx) ; Akbou (Lirou) ; Tabbourt 

Bouzgueur (Lx) ; Ait Bou-Addou (Coss., H. P.) ; Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— omithopodioides L. — Bougie (D. R. Lx) ; Tizi-Ouzzou (Coss., H. P.); 

A. C. partout dans le Tell (Batt. et Trab.). 



T 



TT 



HISTOIRE NATURELLE. 149 

Lotus edulis L. — Drâ-el-Mizan (Thév.); cap Djinet (Lx). C. C. C. partout 

(Batt. et Tràb.). 
Astragalus epiglottis L. — Grand phare près Bougie (Lx) ; Akbou (Lirou). 
var. pedunculata (Â, asperulus L. Duf.)* El-Adjiba (Batt et Trab. j. 

— pentagiottis L. — Bougie, Akbou (Lx); Drâ-el-lVlizan (Thév.). 

— Glaux L. — Chellata (Lirou) j Akbou (Lx). 

— geniculatus Desf. — Alluvions de l'oued Sahel près Akbou (Lx). 

C. C. lit des rivières du Tell (Batt. et Trab.). 

— sesameus L. — Akbou (Lx) ; Drâ-el-Mizan (Thév.) ; Djurjura (Batt. et 

Trab.). 
-- cruciatus Lik. — Akbou, alluvions de Toued Sahel (Lx). 

— Bœticus L. — C. C. C. champs cultivés du Tell (Batt. et Trab.). 

— depressus L. — Tamgout Aîzer (Batt. et Trab.). 

— hamosus L. — Bougie, Akbou,. vallée du Sébaou Isser (Lx). C. C. C. 

partout dans le Tell (Batt. et Trab.). 

— caprinus L. — Bougie (Dufour) ; Ait Idjer, cap Djinet (Lx). C. C. C. 

broussailles du Tell (Batt. et Trab.). 

— Monspessulanus L. var. chlorocyaneus Costa [A, chloroctjaneus Boiss. 

et Reut.). — Bougie (Dufour, Lx); Akbou^ Toudja (Lx), entre Toued 
Sahel et Guelaat Béni Abbès. C. C. C. broussailles du Tell (Batt. 
et Trab.). 

— armatus L. {AnthfjUis Numidica Coss. et D. R.) {/fcanthyllis armata 

Pomel). — Ar. Kedad et GoundaL — C. C. dans tout le Djurjura, 
de Tirourda au Tamgout Aizer. 

Eroj^haca Bœtica Boiss. — {Phaca Bœtica L.) Kab. Ibaoun guilef « fève s 
de cochon 9. —Vallée de Tisser (Lx); Drà Selama près Drâ-el- 
Mizan (Thév., de Brettes). C. C. broussailles du Tell (Batt. et Trab.) . 

Bisemila Pelecinus L. — Gazons du Djurjura. Tabbourt Bouzgueur (Lx). 

Colntea arborescens h. — Ar. Guelouta. — Environs de Bougie (Coss.). 

Psoralea bituminosa L. — Kab. Ifelfel guir'zer, c poivre de ruisseaux » 
A. C, dans toute la Kabylie, surtout au bord des ruisseaux. 

PhaseoluB vulgaris L. — Cultivé dans les jardins surtout par les colons. 

Oolichos Lubia Forsk. — Ar. Loubia. — Cultivé abondamment par les 
Kabyles qui le sèment le long des cours d*eau , dans les terres qui 
restent à sec en été. 

Vicia sa/ioa L. — Ar. DjUbana, Kab. Trajilbant. Cultivé et subspontané. 
var. macrocarpa Bert. — Tizi Ouzzou (Coss. H. P.). 

— angustifolia Roth. — Mêmes noms indigènes que Tespèce précédente. 

A. C. surtout dans les moissons : Akbou (Lx) , etc. 

— amphicarpa Dorth. — Lalla Khadidja (Batt. et Trab.). 

— lalhfjroides L. — Sous les cèdres. Djurjura (de Brettes); Kabylie (Batt. 

et Trab.). 
-- peregrina L. — Vallée du Sebaou, Ait Idjer (Lx). C. C. C. (Batt. et 
Trab.). 

— lutea L. var. hirta. Balb. — Plaine du Sebaou , oued Sahel , Ait Idjer 

(Lx). C. C. C. partout (Batt. et Trab.) 

— hybrida L. — Bougie (Cauvet). 



150 LA KABYLIE. 

Vicia Faba L. — Ar. Foui. Kab. Ibaour, Ibiou. — Cultivée et subspontaDée. 

— Narbonensis L. — Bougie, Tondja, vallée du Sébaou (Lx); Drâ-el-Mi- 

zan (Thev.). 

— BUhynica L. — Bougie et zone des forêts (Lx) ; Fort-National (Durando). 

— onobrycinoides L. — C. C. dans le Djurjura, surtout sous les cèdres. 

— altissima Desf. — Forêt d*Akfadou, Ilmaten, Agoulmlm Aberkan. 

— sicula Guss. (Orobus afropurpureiu Desf.). — Plaines du Sebaou et de 

risser (Lx). C. C. C. Prés et bois du Tell (Batt. et Trab.). 

— Atlantica Pomel (F. ochroleuca Munby, non Tenore d*après Battan- 

dier. — C. dans les grandes forêts de chênes et sous les cèdres du 
Djurjura. 

— polyphylla Desf. (r, tenuifolia Roth, var. latifolia Lange, d'après 

Battandier). — Taourirt guir'il (Coss. , Lx), col d*Akfadou (Lx). 

— Monardi Boiss. — Drâ-el-Mizan (Thév.) Kabylie (Batt. et Trab.). 

— atropurpurea Desf. — C. C. C. Moissons, champs (Batt. et Trab.). 

Vallée de Tisser (La). 
~ glauca Presl. — Tirourda; Agouni-el-Haoua , Tabbourt Bouzgueur, etc. 
(Lx). Djurjura occidental : Tizi-n-Tesellent (Coss. , H. P). 

— disperma D. C. — Broussailles et haies de tout le Tell (Batt. et Trab.). 

— leucantlia Bîv. Djurjura occidental (Coss. , H. P.). ^ 

— hirsuta Koch. (Ervum hirsutum Lx.) — Oued Sahel; Taourirt guir'il 

(Batt.). 

— letrasperma Mœnch, var. gracilis (Ervum gracile D. C), grand phare 

à Bougie (Lx); Djemaa Saharidj ; oued Isser (Lx). C. C. C. (Batt. et 
Trab.). 

— nigricans M. Bieb. — Toudja, Acherchour-en-Tensaout (Lx). 

— Lens Coss. et Germ. (Lens esculenla Mœnch.) — Cultivé assez abon- 

damment dans certaines tribus sous le nom de Tilentit. 
Gicer arielinum L. — Ar. Nommez. Cuit, partout par les indigènes. 
Pisum arvense L. — Cultivé par les Kabyles sous le nom d*JJilban, 
liathyrus Clymenum L. — Bougie (Dufour), Tifrit (Lx); Cbellata (Urou) , 
vallée de Tisser (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). C. C. ainsi 
que la forme à folioles étroites (L. lenuifolitts Desf.). 

— OchrvLS D C. (Pisum Oclirus L.). — Djemâa Saharidj, Fort-National 

(Lx.), C. C. C. Champs, cultures (Batt. et Trab.). 

— Jphacah. — C. C. C. Tizi-n-Tleta (Coss., IL P.); etc. 

— saticus L. — Ar. Djilbem, Kab. .^jilban. Très cultivé par les Ka- 

byles. 

— annuus. — Fort-National (Trab.). 

— Cicera L. — Akbou (IJrou). C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— odoratus L. — Cultivé dans les jardins sous le nom de Mohammed ou /tli, 

— hirsutus L. — Djemâa Saharidj , cap Djinet (Lx) ; Tizi-n-Tiela (Coss. , 

H. P.). 

— latifotius L. — Bougie (Dufour) ; Fort-National (Lx), C. C. 

— tuberosus L. — Dellys (A. Meyer). 

— niger Wim. (Orobus niger^ L.) — Taourirt guir'il (Coss., Lx); Agoulmloci 

Aberkan, Akfadou (Lx); etc. 



HISTOIRE NATURELLE. loi 

Lathyras spkxricus Retz. — Âït bou Addou (Coss. , H. P.). 

— angulalus L. Gren. et Godr. — Ghellata (Lirou). 
Scorpinms subcillosa L. — Bougie (D. R.)^ TizUOuzzou (Goss., H. P.). 

G. G. G. (Batt. et Trab.). 

— sulcata L. G. dans toute Jla Kabylie, de Bougie (Dufour) jusqu'à Tizi 
Ouzzou (Goss.) et Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— cermieulata L. — Aussi G. que le précédent. 
Les Kabyles donnent à tous les Scorpiurus le nom de Tagou- 

rit : ils écrasent les fruits pour recueillir les graines qui servent à 
leur alimentation. 
Coronilla pentapht/lla Desf. — Bougie (Lx); Kabylie (Batt. et Trab.). 

— juncea L. — Bougie (Dufour); Acherchour-en-Tensaout Aït Idjer, 
cap Djinet (Lx). — G. G. G. broussailles du Sabel et région monta- 
gneuse (Batt. et Trab.). 

~ Atlantica Boiss. et Reut. — Akfadou, Acherchour-en-Tensaout (Lx) 
AU Koufi (Goss , H. P.); etc. 
Arthrolobiiim ebracteatum D. G. (Omithopus ebracteatus Brot.). — 
Bords du Sebaou (Lx). — G. G. G. pelouses sècbes, broussailles 
(Batt. et Trab.). 

— scorpioides D. G. — Toudja (Lx) ; Akbou (Lirou) ; Drà Inguel (1 ,900 ".) ; 
Drâ-el-Mizan (Thév.). G. G. G. (Batt. et Trab.). 

Omitbopas compresxus L. — Vallée du Sebaou (Lx); Tizi-Ouzzou (Goss., 
H. P.). G. G. G. lieux sablonneux du littoral (Batt. et Trab.). 

HIppocrepU unisiliguosa L. — Forêt d*Akfadou, Acherchour-en-Tensaout, 
oued Sabel (Lx). 

— cUiata Willd. — Akbou (Lx). G. G. G. (Batt. et Trab.). 
-- muUisiliquosQ L. — Bougie (Gauv., Lx); oued Sahel (Lx); G. G. G. 

(Batt. et Trab.). 

— Salzmanni Boiss. et Reut. — Toudja (Lx); Ghellata (Lirou); Aït bou 
Addou, Bordj Bor'ni (Goss., H. P.). 

Ibeniis pinnala Desf. — G. Zone des contreforts (Lx); Drâ-el-Mizan 

(Thév.); etc. 
Hedysamm capitalum Desf. — Bougie, Akbou, vallée du Sebaou (Lx); 

vallée de ITsser (Goss.); Drâ-el-Mizan (Thév.); etc. G. 

— corotuirium L. — Bougie (Dufour), embouchure de Toued Summam 
(Lx) ; Akbou (Lx). 

— fUxuosum L. Desf. — Tizi-Ouzzou, vallée de Tisser, Tizi-n-Tleta (Coss. 

H. P.); Drâ-el-Mizan , etc. G. G. G. tout le Tell. (Batt. et Trab.). 
\ — Lct Hedtjsarum ont en arabe le nom de ^ella devenu Tasoulla en 

kabyle. 
^ Onobrychis capui^gaUl Lmk. — Bougie, Akbou, vallée du Sebaou (Lx); 
j Drâ-el-Mizan (Thév.). G. G. G. pelouses (Batt. et Trab.). 

[ — alba Dcsv. — Tizi-Ojjaboub (Batt. et Trab.). 

— vtnosa Desv. {Hedysarum venosum Desf.). — pentes marneuses chez 

les Béni Mansour (Lx). 
Ceratonia Siliqua L. — Ar. Kharroub, — G. G. en Kabylie et dans tout le 
Tell. 



152 LA KABYLIE. 



Acacia Famesiana Willd. — Ar. Ban, fréquemment cultivé par les indigè- 
nés et quelquefois subspontané. 



ROSACÉES. 



Amygdalus communis L. Ar. Louz, Louza, Kab. Talouzl. — Ckiltivé à 

Bougie, à Toudja et ailleurs : spontané dans Toued Sahel, chez les 

Imecheddalen (Lx). 
Persica vulgaris Mill. — Ar. Kkokha. — Cultivé. 
Armeniaca vulgaris Lmk, — Ar. Mechmech. Cultivé. 
Prunus imititia. L. — Ar. Berk'ouk\ Mn Begra. Kab. Aberh'ouk 

bouchchen, t prune de chacal ». — C. en Kabylie : broussailles et 

baies. 

— spinosa L. — Ar. //ï». Kab. Aberk'ouk! bouchchen. — Drâ-el-Mizan 

(Thév.); Kabylie chez les Ait Ismaïl (Batt. et Trab.). 

— domestica L. — Ar. .4ln begra, « œil de vache ». Kab. Aberk'ouk', Cul- 

tivé. 
Gerasus prostrata Seringe (P. prostrata Labill.). Kab. A bon Dhifur^ « le 
père des griffes »; Abertsis borczerou, » la figue des rochers ». 
C. dans les fentes des hauts massifs calcaires du Djurjiu*a. 

— avium Lois. — Ar. Habb-el-Melouk, « la baie des Anges »; Kerasia 

Kab. Ardhrim et Ârdhlim, — A. C. dans la région des grandes 

forêts sur les sols siliceux. 
Spiraa filipendula L. — Ait bou Addou (Coss., U. P.). 
Oeum urbanum L. (G. urbanum var. B. maurilanlcum Pomel). — Toudja 

(Lx) , Taourirt guirll (Coss. , Lx) ; djebel Afroun , Acherchour en 

Tensaout ; chemin creux chez les Alt Daoud (Lx) ; etc. 

— sylvaticum Pourr. (G. Altanticum Desf.). — Forêt de Taourirt guiril 

(Coss., Lx); Agoulmim Aberkan, Ait Daoud, Agouni-el-Haoua (Lx); 
Cèdres près Lalia Khadidja (O. Deb. sub G. helerocarpum) ; Ait 
Koufi, Tizi-n-Tesennent (H. P.) ; etc. 
Potentilla micrantha Ram. — Cette plante qui a tout à fait le port du Fra- 
garia vesca a été prise pour lui par de nombreux colons et voya- 
geurs. — Elle n'est pas rare dans la zone des forêts de chênes Afarez 
et de cèdres, surtout au voisinage de Lalla Khadidja. 

— caulescens L. — Col de Tirourda (Mar., O. Deb.); Aït Ouaban, Aït 

bou Addou, Azrout Idjer, etc. (Batt. et Trab.). 

— hirta L. — Taourirt guirll (Coss., Lx); Acherchour-en-Tensaout , 

Agouni-el-Haoua (Lx); Aït Koufi (Coss., H. P.); Djurjura (Batt. et 
Trab.). 

— replans. L. — C. en Kabylie et partout. 

Rubus fruticosus L. — var. discolor (R, discolor Wiche et Nées). — Ar. 
Àlaig, Ollaîg, — Son fruit : Tout-ez-Zeroub, « la mûre des haies ». 
Kab. — Inïjjil 4madar\ Tabr'a, Son fruit : TizottoL — C. C. 
partout en Kabylie, haies, buissons et forêts. 



r 



HISTOIRE NATURELLE. 153 

Rosa sempervirens L. — Ar. Ouerd. Kab. Tiâfert, Azenzou (noms géné- 
riques). — C. C. C. Haies et broussailles, bord des ruisseaux, etc. 

— canina L. — Répandu dans la zone des contreforts. — Iflissen, entre le 

Sebaou et Drâ-el-Mizan (Ait bou Addou (Coss., H. P.). — var. 

Nitens Desv. — Fort-National (Batt. et Trab.). 
var. Andegavensis {R, Andegavemis Desv.). Ait Daoud , Agouni-el- 

Haoua (Lx); Djurjura (Batt. et Trab.). 
var. collina (R. coUina Jacq.). — Tizi-Oukfadou (Lx) ; Ait bou 

Addou (Coss., H. P.). 
var. sepium {R. sepium Thuill.). — Toudja, Tizi-en-Cheria, Ait Ira- 

ten (Lx); Aït bou Addou (Coss., H. P.). 
var. Pouzini {R. Pouzini Trattinick). — Région montagneuse du 

Djurjura (Batt. et Trab.). 

— Serafini Viv. — Tizi-n-Cheria (Lx); Tirourda (Mûres); Lalla Khadidja 

(O. Deb.); Imeeheddalen , Aït Yala (Lx). Djurjura (Batt. et Trab.). 
A^rimonia Eupatoria L. — A. C. en Kabylie : Agouni-el-Haoua (Lx); 

Drâ-el-Mizan (Thév.); Aït bou Addou (Coss., H. P.); gorges de 

ITsser près Palestro (Lx). 
Poterimn ancistroides Desf. — Bougie (Cauvet); toudja (Lx). 

— Fonlanesii Spach (Sanguisorba Mauritanica Desf.). — Djurjura (Batt. 

et Trab.). 

— Durisei Spach. — Aït Daoud (Lx). 

— Magnolii Spach. — Bougie Tifrit Tabbourt Bouzgueur (Lx) ; Tizi-Ouz- 

zou (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.), etc. 

— verrucosum Ehrenb. — Aït Bou- Addou (Coss., H. P.). 

Aphanes cornucopioides Lag. — Toudja (Lx), route de Fort-National à 

Tirourda, Djurjura A. C. (Batt. et Trab.). 
GratflBgns oxyacantha L. — Ar. Admam^ Demim, Kab. Idmim^ a couleur 

de sang » à cause de «es fruits rouges. — Çà et là : Tizi-Ouzzou 

Drâ-el-Mizan, Aït bou Addou (Coss., H. P.). 
var. monogyna (C. monogyna Jacq.) — Aït Koufi (Coss. H. P.). 

C. C. C. partout (Batt. et Trab.). 

— laciniala Ucr. {C. eriocarpa Pomel). — Kab. Ademamaï, Idmim, — 

Taourirt guir'il (Coss., Lx) ; Tizi-Oukfadou (Lx) ; Tirourda (0. Deb.) ; 
Tizi-n-Tesennent, Aït bou Addou (Coss., H. P.); Aït Koufi (Thév.). 

— Azarolus L. — Ar. Zarour. Kab. Azarour. — Oued Sahel (Lx) ; Djur- 

jura (Batt. et Trab.); ravin du Chendoua près Drâ-el-Mizan (Thév.). 

var. Aronia (C, Aronia Bosc). — Grand phare et Sidi-Yahia près 

Bougie (Lx) , versant sud du Djurjura : Imeeheddalen (Lx). 

Briobotrya Japonica Lindl. — Cultivé aujourd'hui, même par les indi- 
gènes. 

Gotoneaster Fontanesii Spach. — Askajdem près le col de Tirourda (Lx); 
Djurjura (Batt. et Trab.). 

Amelanchier vulgaris Miench. — Kab. Asr'arsif bouzerou « Taulne des 
rochers »; Tefah' guiddaoun, « la pomme des singes ». — Ti- 
rourda, Agouni-el-Haoua (Lx); Ait lUilten (O. Deb. sub Coto- 
neaster); Aït bou Addou (Coss., H. P.); Tamgout Aïzer (Thév.). 



LA KABYLIE. 

Ar. Indjac. K.ab. Tifirest, du lalin Pyrui. — Cnltivé. 
ik. — Ar. et Kab. Tefah', Tefak'a. ~- Cultivé, 
ers. — Ar. Sferdjet. Kab. Takthounia, du nom latin 

- Cnllirt. 

. Ar. Roitba, Nelk, — .Askajdcm , Mecbmel des Ait 
t Daoud, Ait Boudrar (Lx). ; Ait KonS au-dessus de 
Lid, s la grotte de la poudre • (Thév.); Djurjura (Batt. 

iti. — Ar. et Kab. Attrait. — Forêt d'Akradon, près 
Mrkan, Meehmel des Ait Ouaban et des Ait Daond (Lx). 

GRANATÉES. 
.. — Ar. Roumman. Kab. Taroummant. Ctdtivé. 

OVAGRARIÉES. 

um L. — Ait bou Addou (Coss., H. V.); Ait Allai 

ux faumides, partout (Batt. et Trab.). 

Forum. ~ E. Toamefortii Michalet. Akradou (Lx). 

- Aciierchour-en-Tensaout (L»). 
hreb. — Tala Rana (BaU. et Trab.). 

- Agoulmim Aberkaa, Acberchour-eii-Tenaaout, Ait 
!cheddaleu (Lx). Bord des ruisseaux. C. C. C. (Batt. et 



CIRCËACÉEIS. 

L. — Forél d*Akf3duu, Agotilmim Aberkin, djebel 
I; etc. 

HALORAGÉES. 

icUtalw» L. — Mare, cbez les .Aie Iraien (Li). 
>. C. — Igoulmimen (Li). 

CALLITRICHINÉES. 
is Scop. — Fort-MatioDal (Lx). 

1.YTHRARIÉES. 

L. — A. C. forêt d'AkfadoH, Ait Zikki, Aitidjer (Lx); 
iD (TbéT.). 



HISTOIRE NATURELLE. 

Lsrthmm flexuoium Lag. (L. Grxfferl Ten.). -~ 
Ouzzoti (Coss., H. P.). Vallée de l'Isser, 
C. C. C. Lieux humides (Batt. eC Trab.)- 

— Uffuopifotium L. — Plaine du Sebaou (Li); DrS 

C. C. C. Lieux frais, partout (Batt. et Trab 

— bibracteatvm Salzm. — Vallée de Tisser, Souk- 

C. C. C. fond des mares (Batt. et Trab.). 
PeplU Porlula L. — Tata Semda (Coss., Lx). 

TAKURISaMÉES. 

Tamarix GaUica L. — Ar. Tharpi. Kab. Amemn 
partout : embouchure de la Summaro près I 
et du Sebaou, etc. 

— Jfricana Poir. — Mêmes uoms que le précé 

commun. 

MYRTACÉES. 



Hyrttu eommunii L. — Ar. Rikan, « odorant d, I 
— C. C. partout ; coltines et broussailles. 

CUCURBITACÉES. 

Cncnrbita moiekata Ducb. — Cuit. 

— Pepo Seringe. — Ar. Kaboula, Bouchouka. - 

en mangent les fleurs aussi bien que les Trut 
Cneamls Melo L. — Ar. Betikh; Kab. Afgout. ■— C 

— latieus L. — Ar. KMar. — Cttltivé. 

— Citruitui Seringe. — Ar. Delda. — Cultivé. 
I<aC«narla evlgarit Seringe. — Ar. Kerda; Kat 
Bryania dîaica Jacq. — Kab. Tar'a Bouchcken, n t 

dans toutes les haies et broussailles. 
Kcbaliiun élaUrivm Ricli. [Moinordica Elaleriun 
r'ioul, « melon d'âne «. — C. siu-tout daa 
dans les plaines. 

PORTULACÉES. 



, oteracea L, — kt. Ridjeba. — C. < 
champs irrigués. 
Hontia Portulaca fontana h. — Croupes de ta chai 
et Iakhouren (Lx)-, Fort-National (Batt. etl 

PARONYCIIIftES. 

PolycarpOB letraphylliim L. fils. — C. <'. à peu pri 



156 LA KABYLIE. 

Polycarpon Bimrm J. Gay. — C. C. dans les fissures des grands rochers du 
Djurdjura: Akbou (Lirou); Imecheddalen , Aït Y va (Lx); Maillot, 
£1 Adjiba (Batt. et Trab.). 

Lœflingia Hispanica L. — G. G. vallée de Toued Sahel (Batt. et Trab.; Lx). 

Paronychia echinaia Lmk. — G. G. G. Ghamps et culture partout. 

— argerUea Lmk. — Pas rare en Kabylie : Akbou (Lx); Djurjura occiden- 

tal, Drâ-el-Mizan (Thév.), etc. 

— Aurasiaca Webb. — Entre Ghellata et Tirourda (l-x) ; Djurjura oc- 

cidental, AU Koufi (Goss., H. P.); etc. 

— nivea D. G. — G. G. broussailles, lieux secs (Batt. et Trab.) : Tizi 

boulma (Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.); etc. 

var. maûrosepala Boiss. — Lit de Toued Sahel, Mlûliot (Batt. et 

Trab.). 
Hemiaria glabra L. — Zone des forêts : Tifrit (Lx) ; Djurjura (Batt et Trab.). 

— hirsuta L. — Tirourda, Lalla Khadidja (Batt et Trab.). 

— cinerea D. C. Vallée du Sebaou (Lx); G. G. partout (Batt et Trab.). — 

— permixta Guss. {H. hebecarpa J. Gay.). — Aït Bon Addou (Goss., 

H. P.). Kabylie (Batt. et Trab.). 
Gorrigiola litloralis L. — Agoulmim Aberkan (Lx). G. G. tout le littoral 

(Batt. et Trab.). 
Scleranthus annuus L. — Azrout Idjer (Batt. et Trab.). 
var. polycarpus {Se. verlicillatus Tausch). — Aït Daoud Agouni-eK 

Haoua (Lx); Aït bou Addou (Goss., H. P.). 
Pteranthus echinatus Desf. — Oued Sahel, près Maillot (Lx). — G. G. G. 

Lieux argileux du littoral et de Fintérieur (Batt et Trab.). 



GRASSULAGEES. 



TillsBa muscosa L. — Djebel Afroun, chaîne littorale des Flisset-el-Bahar 
(Lx), etc.; G. G. G. Lieux sablonneux et stériles (Batt. et Trab.). 

Sedum rubens L. {Crassula rubens L.) — Toudja (Lx). — Un peu partout 
(Batt et Trab.). 

— cœspUosum D. G. — Plus commun que le précédent. — Tala taberkant 

chez les Aït Yala (Lx) ; etc. 
~ Cepœa L. — Forêts de chênes. Toudja , Akfadou (Lx) ; Drâ-el-Mizan 
(Thév.). 

— cœruleum Vahl. (L. azureum Desf.). — G. G. G. partout. 

-- hispidum Desf. — Kab. Teibbouchin-en-tamckichty t mamelles de 
chatte ». — G. G. Surtout dans les chemins creux, de Bougie 
(GosSk, Lx). à Drâ-el-Mizan (Thév). 

— tuberosum Goss. et Lx. — Gorges de Tisser; montagne de Tigrimount, 

au-dessus de Palestro (Lx). 

— acre L. — Bougie (Palanque); col de Tirourda (Mares); Tizin-Kouilal, 

Agouni-el-IIaoua , Tizi boulma (Lx); Tala Hana (Batt.). 
var. sexangulare L. — Gorges de Tisser, haut Jurjura (Lx). 



HISTOIRE NATURELLE. 157 

Sfldam multicepi Coss. et D. B. — Route de Rougie au grand Phare où il 
croît abondaimnent daDS les fissures des rochers (Coss.. Lx); Toudja 
(Ut). 

— amplexicauk D. C, ^ A. C. dans la montagne. — Col de Tirourda 

(Mares, O. Deb.). — Djurjura occidental. Ait Yala Tizl boulnia 
(Lx); Aît KouG (Cuss., H. P.). 

— allitsimum Poir. — C. C. C. partout, — Bougie (D. R.); etc. 

— album L. — A. C. sur toutes les montagnes calcaires. 

ïar. micrantkum [S. micranlhvtn Bast.). — Plus C. que le type 

sur les hautes sommités du Djurdjura. 

— Majellense Tess. (S. Olympîcvni Boiss. olim). Tamgond Aîzer et hauts 

sommets du Djurdjura oriental (Coss., H. P., Thév., Batt. et 
Trab., Li). 

— dasyphyllum L. — Bougie (Coss.); Aît Ouaban (Lu); Djurjura A. C. 

var, glandulifentm (.S. gtandviiferum Guss.) Plus C. que le précé- 
dent dans le haut Djurjura, col de Tirourda (0. Deb.); Tizi Boiil- 
ma (Li); Ait KouC (Coss., H. P.). 

UmblUcoB horisontalis Guss. — Kab. Tibekkebakin « les petites cuvettes 
C. C. C. partout. 

— pendutinus D. C. var. deflexus. — Djurjura ; Ait Ouaban (Lx); Fort- 

National, El Adjiba (Batt., Trab.). 
Platorinla Salzmani Boiss. — 1". A Dcurs jaunes ; cap Djinet (Lx). 2" ^ 
fleurs rouges- purpurines : Aîzer, Lalla Khadidja (Batt. et Trab.). 

— intermedia Boiss. et Reut. — Vallée du Sebaou (Lx);Tizi Ouzzou 

(Coss-, H. P., Batt.) i Drâ-el-Mizan (Thév.). 

CACTÉES. ' 

OpantlK Fitnu {ndica Haw. — Ar. Karmous Ençara t ligues Ats chré- 
tiens u, hendi ■ l'Indienne i. — Berb. Tromouchl. — Cultivé 
abondamment : quelquefois subspontané dans les fissures des grands 
rochers. 

FïCaDÉES. 

Meflembryanthemum nodiflorum L. — Rochers maritimes près de Del- 

lys (Lx). 
Aixoon Hitpanicum L. (1), — Alluvions de l'oued Sahél près d'Akbou 
(Lx) ; El-Adjiba (BaU. et Trab.). 

GBOSSU LABIÉES. 

Ribes Uoa-Critpa L. — Berb. de l'Aurès, a Tizourin l'niVfen •, raisin des 
bergers ». — Askajdem, Tabbourt Bouzgueur, Ait hou R'erdan 
(Lx); hauts sommets du Djurjura, Tamgout Aîzer (Batt. et Trab.). 

— peireum Wutr. — Hammam près Tirourda, Mechmel des Ait Ouaban et 

des Aît Daoud (Lx), Tamgout Aîzer (Thév.); Aît KouD (Coss., 
H. P.), Djurjura, versant nord (Batt. et Trab.). 



LA KABYLIR. 



SAXIt'RAGEILS. 

'actglilns 1-. — Djebel ArrouD, Tizi-n-Cheria , Agouni-cl- 

, Tabbuurt Boiizgueur (Lx) ; El-Adjiba (Batt. et Trab.). 

Baiss. et Reut. {S. granulala Desf. non L.). — C. C. C. 

1 montagneuse (Batt. et Trab). 

; Boisa, et Reut. (S. tabulicota Pomel). — Cliellata (Lirou); 

laiioDal (Q Deb.); TUi-n-teselleot (Cosa., H. P.). 

itu/ana &ois5.(5. Debeauxii Pomel). — Fort-National (O.Deb.). 

i Uesf. major Batt. — Gorges de Palcstro, Ait Khalfoun 

et Trab.). 

inaUrnis (S. Grauateasis Botss. et Reut.) — Ne saurait 

Iparé spéciOqucmeat de S. spalutata Desr. — C. C. Dans 

B du Djurdjura et des eontrerorts. 

OMBELLIFÈRES. 

poea L. — Grandes fortts : Abrudou, A^oulmiui Aberkan 

}jiirjuni (Balt. et Trab.). 

Ttlieri Boiss. — Bougie (Durour); Toudja (Lx); vallées du 

I et de risser (Coss., H. P.); ete. 

I Vahl. — Kab. tcheher 0*lazid, ■ l'éperon du coq »> — 

L. — Imecbeddalen (Li); Maillot, BuuJra (Batt et Trab.). 

m Desr. — C. surtout dans tes vallées et dans la zone des 

Torts. 

tum L. — Rab' Icheher Ouiazid; Takadjert-ea-tntkert, • 

: de perdrix ■. — Commun. — Broussailles, partout (Balt. 

b.)- 

N L. — Sables du liUoral. A. C. (Batt. et Trab.). Bougie, 

, cap Djinet (Lx); etc. 

t Lmk. — Alluvions de l'oued Sahcl près d'Akbou (Lx) ; Ël- 

{Balt. et Trab.). 
t-fenerit L. — Djebel Afroiin, Akbau (Lx); Tizi-n-Tlela 

H. P.). C. C. C. 

L. — Cliellata (Lirou) ; Djurjiira, C. (Batt. et Trab.). 

eeslrU Hoiïra. — Aît 1)0U Addou, Ait KouO (Coss., H. P.); 

ra (Batt. et Trab.). 

HolTm. {5c, Cerefolium L.) — Cultivé dans les jardins. 
1 temulvm L. — .A. C. dans les grandes forêts : Acberrchour-- 
isaout, djebel Afroun, Tifrit (Lx) ; Tizi-u-Tleta, Aît bou Addoti 

, H. P.). 

%odomi Tauscli. — (CharophijUmn nodonum Lmk.) — A.)t 

djebel Afroun (Lx); Ait bou Addou (H. P.). Djurjura (Balt, 

b.). 



\ 



HISTOIRE NATURELLE. 

na Ftmianetii Boiss. et Reiil. [Scandix gk 

(Li), djebel Arrouii (Lx) ; Forl-Natioiual (U. 

AîtKoufi(Coss., H. P.). C. région AIJanUi(i 

Bnninm incraMalum Boiss. — Cliellala (Liroii); .\kl 

(Tliév.); champs, moissons C. C. C. (Batt. et 

— MaurUanicvm Boiss. et Reut. — Djebel Afroui 

(Marès)i Aît bou Addou (Coss., II. P.). A 
l'Atlas (Batt. et Trab.). 

— Chabeiii Batt. — Sommet de Lalla Kliadidja (ft 

— Âlpinum Waldst. et Kit. (R. Nioale BoiM.). - 

et Trab.). 
PtyehotlB terticillata Duby {Seieli tertieiUatum t 
moissons et pâturages. 

— .Illantiea don. — Agouni-el-Uaoïia , Tizi bouli 

cidenlal , Aït Koufi (Cois., H. P.). 
SeUnopsla montana Cost. et D. R. — Forêt de Bon 

Cheria, Tiroiirda, Tabbourt-Bouzgueur, Ti 

Khadidja (0. Deb.); Ait KouB, Ait bou Ad« 

Gorges de Palestro. 
PlmplneUft Tragium Vill. — Bougie (Dufour, L!i), 

Khadidja (Mar.)i TiUDgout Aizer (Tbëv.); 

H. P.). 
var. Batlandieri {P. Batlandieri Chab.). 

goût Aizer (Cbab., Batt.). 

— lutea, Uest — {ReuUra Fontanetii Boiss.) — < 
Amml majuM. L. 1/3 —Kab. Mhrilal. C. C. partout 

— fiinaga, L. — Ar. Souah-ea-Nebi, « le. eure>de 

TabeUaout. — C. C. C. surtout dans les tern 
SiaoH Amomum, h. — Ait Attar(Lx). Yakkouren (B 
Deverrateoparia,Coss. etD. R. — OuedSahel, allu 
Apium graveotent, L, — Ar. Kerafis. — C. C. par 
Heloaaladlnm tiodifforum, Kocb. — C. C. C. dans 1 

aquatiques. 
PetrossllBiun iativum, L. Roiïm. — Ar. Magdtnou 

tivé. Existe à l'état sauvage sur un graod no 

goes de l'Algérie. A chercher dans le Djurd 
RidolSa Mcgetum, Morii. — Kab. Tentaout, t color 

— C C. C. dans presque toutes les moisson 
Bapleomm protraclum, Link. — C. C. champs et n 

— feitttUtimum, L. vsr. Columnœ. — C. C. C. Moi 

— temicompotilMUi, L. var. (B. glaucuin Rab. etC 

Saliel près d'Akbou (l.xj; A. C. (Batt.). 
^ molUaiium, Coss. et Dur. — C. dans tout le Dji 
(Marn , 0. Dcb.) ; Mechmel ATt Ouâban , Ag 

— tpinoium ],. Dis. — Kab. TesenneiU, » la | 

dans le DjurjurJ : descend très bas sur le D 
dans les alluTions (Lx). 



160 LK KABYUE. 

Bupleurum plantagineum , Desf. — Bougie (Desf, — D. R. , Lx. etc.)- 

. -r frtUicosuniy L. — Le long du chemin de Bougie au grand phare, et brous- 
sailles du Gouraia (D. R. Dufour, Palanque, etc.). 

Hippomarathnim pterochlœnum Boiss. {Cachrys plerochlœna, D. G.) ^ 
cap Djinet (Lx). C. C. Sahel, etc. (Batt. etTrab.). 

Smymiam Olusatrum^ L. — C. C. C. dans les ravins des contreforts et des 
montagnes basses. 

— rotundifoUum, Miil. — Taourirt guir'il (Coss., Lx); Téfrit, Dj. Âfroun. , 

Akfadou (Lx), Ait Koufl, Aït Bou-Addou (H. P.); etc. 
Fhysospermiim actexfolium^ Koch. — Haute région du Djurjura , sous les 

cèdres. Ait bou Addou (H. P.) -, etc. 
Goniam maculatuvi L. — Çà et là parmi les décombres , à la porte des villes*, 

Dj. Tachentirt près Drâ-el-Mizan (Tbév.). 
Mag^daris tomentosa, Koch. — Ar. Kelakh. Kab. Ouffal, « fragile ». A. C. 

sur les contreforts. Drâ-el-Mizan (de Brettes, Thév.). 

— panacina D. G. — Entre Drâ-el-Mizan et Bordj Bor'ni (Goss., H. P.); 

Drâ-el-Mizan (Batt. etTrab.). 
Mhamanta 5tct«/a, L. — Tirourda (Lx); Aït Bou-Addou (Goss. , H. P.); 

Djurjura (Batt. et Trab.). 
Seseli varium ïrev.; Coss. var. Mlanticum (S. jétlarUicum^ Boiss.). — 

Haut Djurjura (Batt. , Ghab. , Lx). 
Fœnicalam t7u/^are , Gaertn. — Ar. Besbes — Kab. Tannessaout , Simsous, 

« de saveur douce, aromatique ». — G. G. partout dans le Tell. 
Grithmam maritimum, L. — Rochers maritimes près Bougie, près Dellys, 

à Test du cap Djinet , etc. 
Kundmaimia Sicula^ D. G. — G. G. G. Gouraïa (Dufour); Ghellata (Lirou). 

Vallée de Tisser (Goss. ; H. P.) ; etc. 
(EskAnthe globulosa^ L. — G. G. G. partout. Marais et plames humides. 

— anomala Goss. et D. R. — Kab. Mouachfet? — Aussi commun que le 

précédent en Kabylie. 
iBthasa CtjTuxpium L. — Bougie (D. R.). 
Femla communiSj D. G. — Ar. Besbès harami, « faux fenouil ». — G. G. C. 

partout. 

— sulcata, Desf. — A. G. dans le Tell : Aït Fraouen (Lx); Tizi-Ouzzou 

(Goss., H. P.); etc. 
Heracleum Atlanlicum^ Goss. — {H. Sphondt/lium^ Coss. olim nonL.) — 

— fleurs d'un jaune verdâtre. — Angoulmim Aberkan (Lx). 

Thapsia Garganica L. — Ar. Bov Nefa, (n l'utile i. — Kab. Adrias^ 
Adriès, — G. G. G. 

— oillosa L. -^ Dj. Afroun, sables entre le cap Djinet et Tisser (Lx); Aït 

Koufl (Goss., H. P.). 
Margotia laserpitioides, Boiss. {M, gummtfera^ Lange). — Tifrit (Lx) ; 

Nador près Drâ-el-Mizan (Thév.); Djurjura (de Brettes). 
ElaDOselimun Fontanesii Boiss. — Drâ-el-Mizan (Goss., H. P.). G. G. C. 

coteaux secs (Batt. et Trab.). 

— meoides Koch. — Drâ-el-Mizan (Thév.). — A. G. région montagneuse, 

Djurjura (Batt. et Trab.). 



HISTOIRE NATURELLE. 161 

Gumintim Cyminum L. — Ar. Kemmoun. — Cultivé quelquefois par les 

indigènes. 
Torilis nodosa Gacrln. — C. C. C. tout le Tell et région montagneuse. 

— neglecta Rœm et Sch. — Aussi commun que le précédent. 

— Ilelvetica Roch. var. hifrons. — Djurjura (Batt. et Trab.). 
Gaucalis leptophtjlla^ L. -— Akbou, vallée du Sebaou (Lx). C. C. C. mois- 
sons, champs (Batt. et Trab.). 

— cœrulescens Boiss. Mauritanica, Pomel. — Djurjura occidental. Djur- 

jura (Batt. et Trab.). 

— daucoides, L. — Tirourda Akbou (Lx). 

Turgenia latifolia IIofTm. — Vallée de Toued Sahel et du Sebaou (Lx); 

Drâ-el-xMizan (Thév.). C. C. C. moissons (Batt. et Trab.). 
OrlsLysL platycarpos Koch. — Akbou (Lx); Aït Daoud (Lx); Paleslro (Batt. 

et Trab.). 

— maritima Koch. — Sables près Bougie, cap Djinet, etc. (Lx). 
Daucus setifoliits Desf . — Akfadou , Tifrit (Lx) ; Nador près Drâ-el-Mizan 

Tizi Oujaboub (Thév.). Djurjura (Batt. et Trab.). 

— crinitus Desf. — Tizi Ouzzou (Coss. , H. P.), Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— hispidus Desf. (D, gummifer Lmk. — D. Gingidium auct.). C. C. 

sur les rochers maritimes : Bougie , Dellys , cap Djinet , etc. 

— maximus, Desf. — Kab. Tazdelt^ t la couveuse, celle qui fait un nid » ; 

Sekniou, d'après Thévenon. C. C. C. dans les vallées. 

— Carota L. — Mêmes localités , mais plus rare. (Batt. et Trab.). 

— muricatus L. — Ar. Haska. Kab. OuazdeL — C. C. dans les mois- 

sons : vallées du Sebaou , de ITsser, etc. 

— aureus Desf. — Kab. Abellaou « fâcheux, nuisible ». — Forme des 

peuplements denses sur les collines argileuses (Batt. et Trab.). 
Goriandram sativum L. — Ar. Kecber. — Cultivé et quelquefois subspon- 

tané^ employé jusqu'à l'abus comme condiment. 
Bifora testiculata D. C. — Akbou Tizi-n-tleta (Coss. , H. P.). 

ARALÏACÉES. 

Hedera Eélix L. — Ar. Louaia^ « liane », Cissous, Leblah^ o plante 
sarmenteuse ». Kdih, Jd'afal j Tanouflat, — C. C. dans la zone des 
forêts et sur les contreforts. — Aïn Touarden (Coss.^ H. P.). 

CAPRIFOLIACÉES. 

Sambucus Ebulus L. — Akhilouan , Arouari — A. C. surtout dans la ré- 
gion des contreforts. 

— nigra L. — Kab. Agridh^ Akhilouan^ OudkoUj « qui a une odeur 

pénétrante ». — Fréquemment planté en haies par les Kabyles et 
ça et là subspontané. 
Vibonmin Tinus L. — Ar. Rond-el-Harami, « faux laurier » , Mour'ir; 
Cliedjanâ ma d'après Meyer. — Kab. Agridh guir'zer^ « sureau 
de ruisseau »; IsenbeL — Bougie (D. R.); Tachentirt (Thév.). — 
C. dans la région montagneuse fraîche. 
I. 11 



162 LA KABYLIE. 

Vibumam Lanlana L. — var. glabrescens. — Mechmel AU timban (Chabert). 
Lonicera impiexa Aït. — Ar. SoUhan-el-U'aba, t le roi de la broussaille. 

Kab. Jnaraf. — Bougie, broussailles à rembouebure de Tisser 

(Lx). 

— Etruaca Santi. — Ar. Solthan-el-R'aba, Zalir-el-ÀceL « la fleur de 

miel ». — Kab. Anaraf. — Tirourda (Mares); Tizi-n-Kouilal 
(O. Deb.); Tizi Hout, Agouni-el-Haoua (Lx); Aït Koufi (Coss., 
IL P.); Tamgout Aïzer et tribu des Inezliouen (Thév.). 

— arborea Boiss. — Kab. Isenbel. — Mechmel des Aït Ouâban et des Aït 

Daoud, Agoimi-el-IIaoua , Tabbourt Bouzgueur (Lx); Lalla Klia- 
didja (Mares, O. Deb.); Tamgout Aïzer (Thév.). 

RUBIACÉES. 

Rubia peregrina L. — var. longifoUa. — Ar. Foua, Kab. Taroribia (sans 
doute du latin Rubia?) — Bougie (Dufour); forêt d^Akfadou, Aït 
Fraouçen (Lx). G. dans la zone des contreforts. 

— tinciorum L. — Aïn Taourden Subspt. (Coss., IL P.). 

— Ixvis Poir. — Bougie (Lx); Chellata (Lirou). 

Galiam ellipticum Willd. — Toudja (Lx). C. dans la zone des grandes 
forêts et du Djurjura , descend même sur les contreforts. 

— verum L. — Gazons du haut Djurjura : Tirourda (Lx). 

— lucidum AU. — Gouraïa (Dufour), très abondant dans tort le Djurdjura. 

— Tunetanum Lmk. — A. C. dans toute la Kabvlie. 

— brunneum Munby. — Gouraïa près Bougie (D. R.). 

— erectum Huds. — Tizi Tesennent (Chabert). 

— glomeratum Desf. — Akbou (Lx); Drâ-el-Mizan, Tizi-n-Tlcta (Coss., 

H. P.) ; vallée du Sebaou et Ras Djinet (Lx), etc. 

— palustre L. — Bougie (Dufour). 

var. elongatum Presl. — Embouchure de Tisser (Lx). 

— Perralderii Coss. — Kab. Ilarkos bouzerou, « le fard des rochers ». — 

Tizi-n-Cheria , Tirourda , Tabbourt Bouzgueur (Lx) ; Ait Koufi près 
R'ar-el-Baroud (H. P.); cascade au-dessous de Tizi-n-Tesennent 
(IL P.). Tizi Ougoulmim (Durand), A. C. dans les fissures des ro- 
ches calcaires du haut Djurdjura. 

— Parisiense L. var. eriocarpum (G, liiigiosum D. C). — Tizi-Ouzzou 

(Coss., H. P.). 
var. Idocarpum (G. Anglicum Huds.) — Akbou (Lx). 

— Àparine L. — Kab. Imentadh^ « Taccrocheur ». — Dj. Afroun (Lx); 

Tizi Ouzzou (Coss., H. P.). A. C. dans toute la région. 
var. Faillantix, — Bordj Bor'ni (Coss., H. P.). 

— tricorne With. — C. C. dans les moissons. 

— saccharatum Ail. — Aussi répandu que le précédent. — Drâ-el-Mizan 

(Thév.); Tizi-n-TleU (Coss., H. P.), etc. 

— verticillatum Danth — Djurdjura (Batt. et Trab.). 

— murale Ail. — Forêt d'Akfadou, Toudja (Lx); haut Djurdjura (Cliab.). 
Vaillantia muralis L. — Bougie (Cauv.). 



HISTOIRE NATURELLE. 163 

Vaillantia hispida L. — Rochers près de Tifrit, Dj. Afroun (Lx); etc. 
Asperula odorata L. — Forêt d'Akfadou (Lx). — Rég. Atlant. Alg. loco 
Rabylie (Mimby.). 

— Idrsuta Desf. —Forêt de Boni (Lx), A. C. surtout Djurjura occidental : 

Drâ-el-Mizan (Thév.); Tizi Oiigoulmin (Durand); Bordj Bor'ni, Ait 
bou Addou, Ait Koufi (Coss., IL P.); etc. 

— aristala L. f. — Bougie (Dufour); vallée de Toued Sahel (Lx); col 

de Tirourda (0. Deb.); Lalla Khadidja (Mares); etc. 

— Ixvigata L. — C. C. dans toute la région montagneuse. 

— arcensis L. — Kab. ' Jroubiou, — Aït Uaïdiel (Lirou), Ait Idjer, Tizi 

boulma (Lx); etc. 
Patoria Calabrica Pers. — Bougie, Sidi Yaliia (Dufour, D. R.); Tirourda 

(Mares, Q Deb.); Tirouel , Tabbourt-Bouzgueur (Lx); Drâ-el-Mizan 

(Tiiév.). 
Sherardia arvensis L. — C. C. dans les moissons des vallées-Tizi-n-TIeta 

(Coss., IL P.). etc. 
Cracianella angustifolia L. — C. C. dans tout le Djurjura, Dra-el-Mizan 

(Coss., IL P.); etc. 

— maritima L. — Sables maritimes près de Bougie, près de Dellys (Lx). 

VALÉRIANÉES. 

Gentranthus ruber D. C. — Tabbourt-Bouzgueur (Lx). 

— angustifolius D. C. — Djurdjura (herb. Pomel). 

' — CalcUrapa Dufr. — A. C. dans le Djurjura ; Ait boudrar (Lx); Azib des 

Aït Kouû (Coss., H. P.); etc. 
Valeriana tuberosa L. — Kab. Iscmmamen , f les acides ». — A. C. sur 

tous les sommets du Djurjura. 
Valerianella carinata Lois. — Tirourda; haut Djurdjura (Lx). 

— cjibbosaD, C. — Dj. Afroun (Lx); Chellata (Lirou); Djurjura (Coss., 

Lx, etc.). 

— Morisonii D. C. — Route de Bougie au grand Phare (Lx). 

— microcarpa Lois. — A. C. dans la zone montagneuse : Tizi-n-Cherîa 

(Lx); Drû-el-Mizan (Thév.); Djurjura occidental (Coss., II. P.); etc. 

— Iruncaia D. C. — Tala Rana (Lx). — Pelouses du haut Djurjura. 

— discoidea Lois. — Chellata (Lirou); Akbou (Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.). 
Fedia graciliflora Fisch. et Mey. — Kab. JJeJig-en-Tekouk , « fleur du 

coucou ». — Très commun dans toute la Kabylie. 

— comuta Spach {F. capul-boris Pomel). — Grand phare prés de Bougie 

(Lx). Djurjura (Batt. et Trab.). 

DIPSACÉES. 

BipsacQS sylccstrls L. — Bougie, Tala Guitan, Aït Idjer, Oued Sahel, etc. 

Gephalaria ,4tlantica Coss. et D. R. manusc. et herb. —Tirourda, Mech- 
mcl des Aït Ouâban et des Ait Daoud (Lx). Découvert à TAzib des 
Aït Koufi par M.M. Cosson et H. de la Perraudière. 



164 LA KABYLIE. 

Knaatia arvensis Coult. — Mechmel des Ait Ouâban et des Aït Daoud, 

Agouni-el-Haoua (Lx) ; etc. 
Scabiosa simplex Desf. — A. C. Akbou, vallée du Sébaou (Lx) , etc. 

— Monspeliensis Jacq. — Kab. Boubouch. — Aït Daoud (Lx); Tizi Ouz- 

zou (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (de Brettes); etc. 

— crenata Cyrill. — Sommet du col de Tirourda (Marès, O. Deb.). Askaj- 

dero, Tizi boulma (Lx), hauts sommets du Djurjura. 

— argentea L. — Djurdjura (sec. Chab.). 

— maritima L. — Ar. Bou Mrar. — Kab. Imetzouel, Tamrart^ 

« Tamère i. — C. C. C. dans toute la Rabylie. 

var. ochroleuca (S. graiidîjlora Desf.). — Kabylie (Batt. et Trab.). 

var. duhia — Drâ-el-Mizan (Batt. et Trab.). 

— semipapposa Salzm. — C. C. C. (Trab. et Batt.). 

— Columbaria L. — Djurjura (de Brettes). 

— daucoides Desf. — Tizi Oiijaboub (Batt. et Trab.). 

— ff'ebbiana Don. — Aït Attaf (Lx). 

— urceolata Desf. (S. ruiaefolia Vabl.). — A. C. sables maritimes : Bou- 

gie, embouchure du Sebaou près Dellys, cap Djinet (Lx); etc. 

COMPOSÉES. 

CORYMBIFÈRES. 

Eupatorium cannabimim L. — Forêt d'Akfadou, Aït Zikki, Ait Daoud 

(Lx); Vallée des Aït Ouâban (Marès, O. Deb.), etc. 
Tussilage Farfara L. — Tamziebt-el-laz , Hammam Melloulen, chez les 

Ait Daoud, Agouni-el-Haoua (Lx); etc. 
Nardosmia fragrans Rchb. — Bougie (D. R.). A. C. dans les grandes forêts 

et dans le Djurjura : Akfadou, Ait Ouâban, Ait Koufi ; etc. 
linossrris vulgaris D. C. — Indiqué par Munby en Kabylie. N'y a point été 

cueilli à ma connaissance. 
Solidago Virga-aurea L. — C. dans les forêts de chênes et sous les cèdres : 

Agoulmim Aberkan, Dj. Afroun Ait Daoud ; etc. 
Phagnalon saxatile Cass. — A. C. vallée du Sebaou et de Tisser (Coss., 

H. P.) ; oued Sahel , etc. 

— rupestre D. C. — Djurjura, Tizi Boulma (Lx), Tizi Ouzzou, Aït Kouû 

(Coss., H. P.). 

Gonyza ambigua D. C. — Djurjura occidental (Coss., H. P.). 

Erigeron Canadense L. — Tizi Ouzzou et vallées du Sebaou (Lx). 

Bellis annuaL, — C. dans tous les pâturages humides : Bougie (Lx); Djur- 
jura, etc. 

— sylvestris Cyrill. — Bougie (Dufour). Abondant dans la région mon- 

tagneuse. 

— rotundifolia Boiss. et Reut. — Drâ-el-Mizan (Thév.). 

Doronicnm scorpioides Willd. D C. — Grandes forêts du Djurjura. Akfa- 
dou, Tizit Hout, cèdres des Aït-Yala (Lx); Tizi-n-tesennent (Coss., 
IL P.). 



] 



HISTOIRE NATURELLE. 165 

Evax asleriscifloî'a Pers. ~ Toudja (Lx). C. dans la région des forêts. Drâ- 
el-Mizan (Tliév.) ; etc. 

— ptjgmœa Pers. — Haut Djurjura (Balt. et Trab.)- 

— Heldreichii Pari. — Agouni-el-Haoua (Lx), sous les cèdres (Batt. et 

Trab.). 
Ulcropas bombycinus Lag. — Kab. Tadout bouUi, « laine de brebis ». 
Chellata (Lirou) ; Akbou (Lx); Ait Daoud, Agouni-el-Haoua (Lx); 
Drâ-el-Mizan (Thév.) ; etc. 

— erectus L. — Oued Sahel près Akbou (Lx). 

— supinus L. — Toudja, Djurjura occidental; plaine du Sébaou (Lx); etc. 
Inula montana L. — C. C. dans tout le Djurjura. 

— graveolens Desf. — Bougie (Dufour); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— viscosa Alt. — Ar. Magramen, Kab. Amagrameii. — C. C. C. par- 

tout. 

— crlthmoides L. — Bougie, embouchure de Tisser (Lx). 
Jasonia Sicula D C. — Bougie (Dufour); embouchure de Tisser (Lx). 
Palicaria dtjsenterica Gœrtn. — Bougie (Lx); Taourirt guir'il (Coss. , Lx). 

— odora Rehb. — A. C. Bougie, Tizi Ouzzou, vallée de Tisser, etc. 

— longifolia Boiss. — Embouchure de Tisser (Lx); Aomar Batt. et Trab.). 
Astericfcas mar iti?nu$ Mœnch. — C. C. sur le liltoral. 

— aquaticus Mœnch. — Bords du Sébaou, cap Djinet (Lx); Drâ-el-Mi- 

zan (Thév.); etc. 
Pallenis spinosa Cass. — C. C. partout : Bougie, Djurjura occidental, cap 

Djinet; etc. 
Xanthium antiquorum Wallr. — Ar. SbouU-el-Far, « Tépi de la souris ». 

Kab. Hasek ir'erdaouuy « le ciiardon des ratons. — A. C. en Ka- 

bylie : Akbou (Coss., Lx); Djemâa Saharidj (Lx); Drâ-el-Mizan 

(Thév.) ; etc. 

— spinosum L. Ar. Chouk-ech-Chilan , « Tépine du Diable ». — Kab. 

Jkkar. — Dellys; Zaknoun, à 1,1000 m (Lx). -— Cette plante, très 
nuisible aux Kabyles qui marchent pieds nus, a été récemment 
introduite dans le pays. 

Ambrosia maritima L. — Bougie. 

Anthémis maritima L. — Rochers du grand Phare près Bougie (Lx). 

— pedunculata Desf. — Akbou (Lx). 

— punctata Vahl. — Toudja (Lx); Lalla Khadidja (Mares) ; Tabbourt- 

Bouzgueur, Ait bou Addou (Lx); Azib des Ait Koufi (Coss., H. P.). 

— tuberculata Boiss. — C. C. dans tout le Djurjura. 
Periderea fuscata Webb. (^. fuscata Brot.) — Bougie (Dufour); etc. 
Anacyclas Pyrethrum Cass. — Ar. Countas. — Kab. Agountas, — Hautes 

pelouses du Djurjura : entre Tizi-n-lmecheddabu et Tirourda (Lx), 
etc. 

— clavatus Pers. — Ar. Ridjel-el-Korab^ c pied de corbeaux. > — Kab. 

Addar-en-Tegurfa , « même signification ». — Bougie (Dufour); 
Akbou, oued Sahel (Lx); vallée de Tisser (Coss., H. P). 

— tomentosus D C. — Cap Djinet (Lx). 

Ormenis mixta D C. — A. C dans les vallées du Sébaou et de Tisser. 



ICB LA KAHÏLIE. 

AchilUa Ligustka Ail. — Contreforts : Fort-National (T,x). 
'OiQM.amaritima{'osi.{.-tlkanaiinmaritima'L.)—E.mhaa.c\\. derisser;!.^). 
SantollDB canescens Lag. — Chellata (Liroii); (Tiroiirda (Mares); tout le 

sommet et le versant sud du DJiirjura. 
Pyrethrum glabrum (ioss. et D. R, manusc. {C/tnjsanthemum patudosuin 

Uesf.). — Bougie (D. R.) Ahbou (Lx); Drû-el-Mizan (Tliév.) ; Tizl- 

n-Tleta (Coss. , 11. P.). 
catum Wi\i. (Chrysaiilhemum fuscatnm Vicst). — Alluvions de 

l'oued Sahd près Akbou (Lx). 
■ijmboium Willd. Vur. — Route de Bougie au grand Phare. C. C. 

dans le haut Djnrjura. 
icoiiis Mucnuli. — Ar, ftezaina. — C. C. en Kabjlie. 
nthemum sege/KW L. — Tizi-Ouzzou (Coss. , II. P); Ail Iralen(lA). 

A, C. versant sud du Djnrjura. 
•onarium L. — Kal>. Oua:idouz. — i'.. C. C. partout. 
inodora Oœrtn. — D'une abondance Tastidieusc, surtout dans la 

région des contreforts, 
sla Absiiit/iium L. — Kab. .-tbainlh (nom donné depuis peu de 

temps). — Toute la haute chatne du Djnrjura. 
borescens L. — .\r. CkcJ'eral Miriein. o la plante de otarie, u — C 

sur toutes les falaises du littoral abonde à Uoufiie jusque daus 

l'intérieur de la ville. 
mp/iorata Vill. forma (A. Kabylica C.liabert]. — Ait Bou-Yousef 

(Chab.). 
miiestris L. — Alluvions de l'oued Sahel entre .\kbou et Beni-Man- 

sonr(Lx). 
■rba-alba Asso. — Kl-Adjiba (Batt. et Trab.). 
B tjrandiflorus L'Ilérlt. — Kab. Itaa Ifezzimeu, i le père des agrafes 

ou deslKiulons s. — La Réunion (1a) ; Toudja (L\l Ait Ouâbou lO. 

Deh.); l)i-â-el-.Mizun (Thév.)-, Simk-cl-Djeni;lii de l'isser iCoss., U. 

P.); etc. 
rtjalus D. C. - Bougie (Lx). (L C. C. dans la région des contreforts 

et dans les forets, 
rysnm lactcum Coss. et D. IV. — Col de Tirourda (Mares); lUillen. 

(O. Deb. ); .Medunel des .AU Daoud et At;oiini-cl-Haoua sous les 

cèdres iLx). 
m^aiicstï Cambess. — .\. C. en Knbylie : Bougie; Tirourda, Fort- 
National, l)ril-el-Mizan , etc. 
alinm luteo-album L. — Maillot, Fort-National (l.x); Vît Boudrar 

(Thév.); etc. 
gcrmanica !.. — Drâ-el-Mizan ( Tlu'v.). 
ittlhulala Presl. — C. C. à peu près partiiut. 
uimnîana Guss. — Forêts de Taourirt guir'il et d'Akfadou , Ait lïaoud 

(Lx); Dra-el-Slizau (Coss., IL P.). 
Callica Coss. et Cerm. {filago Gallica L.) — A. C. en Rabylie. 
o vulgaris L. — A. C. jardins et vergers. Toudja (Lx); Dril-el Mi^an 
(Thév.); etc. 



HISTOIRE NATURELLE. 167 

Senecio lividus L. — Icherridhcn (Lx). 

— crassifolius Willd (5. Leucanthemifolius. Poir.) — Bougie (Cauvet Lx) ; 

Forêt d'Akfadou (Lx). 
~ ycbrodensis L. (5. Balansx Boiss. et Reut. — Tizi Hout, versant sud 
du Djurdjura (Lx), Azib Aït-Koufi (Coss., IL P.); gorges de Tisser 
près Palestro (Lx). 

— delpliinifolius] Vahl. — C. dans les vallées de l'oued Sahel, du Sébaou 

et de lisser. 

— erraticus Bert. — Bougie (D. R., Dufour); vallée du Sebaou et em- 

bouchure de risscr (Lx). 

— Perr aider ianus Coss. (S. Atlanticus Coss. Olim non Boiss. et Reut.), 

— Tizi Hout près Lafla Khadidja (Mares, Lx); forêt des AU Yala 
(Lx); Tizi-n-tesenncnt et Azib des Ait KouO, où la plante a été 
découverte par H. de la Perraudière. 

— Jbsint/iium Coss. et D. R. (5. Gallerandianus Coss. et D. R. Olim). 

— Tizi Hout, Lalla Khadidja (Mares, O. Deb., Lx); Tamgout Aïzer 
(Thév.). 

CINAROCÉPHALES. 



Galendula suffruticosa Vahl. — Kab. Tak'soul Ougazîr, o la petite as- 
siette de la roche •. — Bougie; Tabbourt-Bouzgueur (Lx); Djur- 
jura occidental; Aït Kouû, Ait bou Addou (Coss., H. P.); etc. 

var. tomentosa, {C. marginala Willd.), — Bougie (Balt. et Trab.), 

Djurjura (Batt. et Trab.). 

var. foliosa. {C. foliosa Batt.) — Gorges de Palestro (Batt. et 

Trab.). 

— arvensis L. — C. C. C. partout. 

— paroiflora Raf. — Oued Sahel, alluvions près Akbou. 
Echinops spinosus L. — Kab. Tasekra. — C. C. partout. 
Gardopathium amethystinum Spach. — Vallée de Tisser (Coss., H. P.). 
Xeranthemum inapertum Willd. — Col de Tirourda (Mares); Agouni-el- 

Haoua, Tizi-n-Kouilal (Lx); Ait Koufi (Coss., H. P.). 
Stœhelina dubia L. — Haut Djurjura : Tabbourt Bouzgueur (Lx). 
Garlina lanaia L. — C. C. vallées de Toued Sahel, du Sebaou et de Tisser. 

— corymbosa L. — Abondant dans toute la zone montagneuse. 

— racemosa L. — Kab. j4bou Nekkar, — Bougie (Dufour); C. dans 

les trois grandes vallées de la Kabylie; Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— gummifera Less. — Ar. j4ddad. — Kab. Tabounckkart ^ diminutif 

du précédent. — C. C. partout, surtout sur les pelouses. 
Atractylis cancellala L. — A. C. dans toute la Kabylie. 

— cxspistosa Desf. — Versant sud du Djurjura : oued Sahel, Ime- 

cheddalen, au-dessus de Maillot (Batt., Lx). 

— serrala Pomel (//. jyrolifera Boiss. var. sec. Coss.) — Vallée de Toued 

Sahel (Batt. et Trab.). Béni .Mansour. 
Microlonchas Clusii Spach. — Oued Sahel. I>i'â-el-!^Iizan (Coss., H. P.). 



A 



168 . LA KABYLIE. 

Microlonchas leptolonchus Spach. — Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— Duriœi Spach. — Collines à Akbou (Lx). 

Grupina vulgaris Cass. — Rab. Tissenanin. — Chellata (Lirou); Ait 
Baoud, Agouni-el-Haoua (Lx). 

— Crupinastrum Vis. — Tirourda, AïtOuaban, Tala Rana (Lx). 
Gentaurea Tagana Brot. — C. G. G. sur les collines, les contreforts et 

dans les forêts de chênes liège. 

— amara L. — Forêt d'Akfadou, Taourirt guir'il (Coss., Tx); Acherchour- 

en-tensaout (Lx). 

— pullata L. — Ar. Djouz. — G. C. G. surtout dans les terres argileuses. 

— parviflora Desf. — Aït Daoud , Ait Yala (Lx) \ vallée de Toued Sahel 

(Batt. et Trab.). 

— acaulis L. — Palestro, Maillot (Batt. et Trab.). 

— pubescens Willd. — Tizi Oujaboub (Thév.); Tizi-n-Kouilal (Lx). Haut 

Djurjura (Lx) ; etc. 

— eriophora L. — Alluvions de l'oued Sahel près d'Akbou (Lx); Maillot 

(Batt. et Trab.). 

— Melitensis L. [C. ApuLa Lmk). — 1/2 Kab. Itim, — 1 Akbou (Lx) ; 

Drâ-el-Mizan, vallée du Sebaou (Goss., H. P.); cap Djinet (Lx); etc- 

— Nicxensis AH. (C. fuscata Desf.). — Akbou (Lirou, Lx); vallée du 

Sebaou, Tizi Ouzzou (Goss., H. P.); I)râ-eI-Mizan (Thév.). 

— Algeriensis Goss. et D. R. {C, acutangula Boiss. et Reut.). — Akbou 

(Lx); vallées du Sebaou et de Tisser (Goss., H. P.); le Ghendoua 
près Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— Calcitrapa L. — 1/2 Ar. Hasek — Kab. Anehkar ou Aneggar. — 

G. G. G. partout, de Bougie à Tisser. 

— Fontanesii Spach. — Ait Daoud, Ait Yala (Lx). Djurjura central. 

— sphaerocephala L. — Bougie (Dufour); Tala Guitan (Lx); Drâ-el-Mizan 

(Thév.). 

— Seridis L. var. — Terrains sablonneux de tout le littoral (sec. Batt. 

et Trab.). 

— napifolia L. — Bougie (Lx); Tizi Ouzzou (Goss., H. P.); Drâ-el-Mizan 

(Thév.) ; etc. 
Kentrophyllum lanaium D. G. — Ar. Hasek. — G. G. moissons des 

vallées. 
Onobroma helenioides Spreng. — Agouni Bouchehou (Lx). 
Carduncellus pinnatus D. G. — Bougie (Dufour); G. pelouses du haut 

Djurjura. 

— cosruleus D. G. — 1/2 Kab. Merguert d'après Thévenon : Tamerguert? 

A. G. — Plaine de Bougie (Lx); vallée de Tisser, Tizi-n-Tlela (Goss., 
IL P.); Drâ-el-:Mizan (Thév.). 

— muUifidus Goss. et D. R. {Carthamus ?nutUfidus Desf.) — Tizi Ouz- 

zou (Goss., U. P.); Drâ-el-Mizan (de Brettes, Thév.). 

— calvus Boiss. et Reut. — Versant sud du Djurjura, vers le bas (Lx); 

au pied du Tachentirt près Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— carlinoides {Onobroma carlinoides Porael). — Maillot, Tala-Rana. 

Tamgout Aizir (Lx). 



HlSTOmE NATURELLE. 169 

Cardnncellns sfriclui Pomel {C. cahus var. d'après Coss.). — Sommets 
du Djiirjura occidental .- AU Yala, Tizi boulma (L\); Tamgout 
Aïzer (Batt. et Trab.). 

— alrartf/loides Coss. et D. R. — C. dans tout le liaul Djurjiira ; Mp'^Ii- 

mel des Ait Oaoud (Lx); Lalla Kliadidja (O. Deb.); Tizi 

Tizi-n-Kouilal, Tizi boulma (Lx); Tamgout Aïzer (Thév.); 1 

tesennent (Coss., II. P.). 
CarthamuB ttncloriuis L. — Ar. Kortham. — Cultivé par les Aït Ou: 

Ait Daoud et Aït boudrar. 
Silybnm Marianuoi L. -~ Kab. Taoura. — C. C. C. décombres, bore 

cliemÏDs. 
Galactites loincntosa Moench. — Ar. Chouk-el-br'al, « l'épiae de l'S 

— Kab. Ar'eddou boui-'hut, > le rejetoa, la tige de l'âoe 

C. C. C. partout. 

— mnlabilit D. R. — Aït Koutt (Coss., H. P.) . Haut Djurjura. 
Onopordon macracanfhum Schousb. — Kab. Jfriz. — C. C. régio' 

contrerorts : ^à et là ailleurs. 
Clnara Carduncu/us L. — Kab. Taga et aussi .-/reddioa. — Abo 
dans les terres prorondes. Cultivé dans tous les villages kabyle 
CardauB macroeephalus Dcsf. — C, C. dans le haut Djurdjura. 

— Numidictts !>. R. — Djebel Arroua, forêt d'Akfadou (Lx), 

— pijcnocepkalas L. — C. C. au bord des chemins et près des villes 
NotobaslB Stjriaca (.:ass. — Aït Daiiiid,- versant sud du Djurjura 

Yala (Lii); etc. 
Picnomoo Acarna Cass. — Akfndou, vallée de l'oued Sabel, .\kbou (( 

Lx)i Ait Ouaban, Imecheddalcn (Lx); etc. 
Cirstom gitjanteum Spreng. — A. C. dans tous les ravins de Kabylie. 

— Kirbense Pomel. — Ait Ali {Ratt. et Trab.). 

— echinaluin D. C. — (;. dans le haut Djurjura; forêt d'Akfi 

Akbou (Coss., Lx); Drâ-el-Mizan , etc. 
Ctaamnpence CasabonK D. C. — Abondant dans toute la région 

tagneuse depuis Toudja jusqu'aux portes de Drâ-el-Mizan. 
L«.ppa coiamunls Sparb. —Bougie (D. R.); Tabbourt Bouzgueur<Lx) 
Rhaponticam acaute H. C. — A. C. dans la zone montagneuse. 
Lenzea conifera D. C. — Akbou (Lirou); Tirourda, Ait Daoud (Lx); 

el'Mizan (Coss., IL P.); etc. 
Serratala mvernnutu Desf, — Cliellata (Lirou); pelouses du Djurdjura 

Drâ-el-Mizan iTliév,). 
Jnrincea humilis D. C. {Serraluta hwnitis Desf.) Var. Ilocconi. — 

Tiikerl. — Haut Djurjura, sur les pelouses; C. 



ClllCOB.ACEES. 



ScolymnB maeulalus L. — A. C. cap Djiaet (Lx); Drâ-el-Mizan (M 
Tizi-n-Tleta (Coss., II. P.); etc. 



170 LA KABYUE. 

Scolymus f/ispanicus h. — C. C. surtout dans les plaines. — Cultivé par les 
Kabyles. 
— grandifiorus Dcsf. — A peu près aussi eommuD que le précédent. 

En Rabylie, les Scolymes portent le nom d'/zifou. On les appelle 
aussi Djeniii d'après Tliévenon. Eu arabe Cuernina (Trab.). 
Lampsana macrocarpa Coss, — Forêts de Taourirt guir'il et d'Akfadou 
(Coss., I.x). 
iidlolas stellaCus D. C. — C. 0. dans les moissons et les pâturages, 
iris radialah. — Kab. Tourmest-cn-Tainrarl , a la molaire de la vieille 
Temme «. — A. {'.. région montagneuse, Djurjura occidental 
(Coss., H. P.). 

- var. craisifolia. — Bougie (Coss.). 

inois poli/morp/ra I). C. — C. C. vallées et collines. 

- var. Cretica. — Pelouses des montagnes : Drâ-cl-Mizan (Coss,, 

H. P.). 
plam iHtyhus L. — Bougie {Lx}. 

- var. divaricatum {C. diuaricalum Sehultz.) — Kob. ./rlilou. — 

C. C. C. partont. 

lanche cœrulea L. — C. dans tout le Djurjura. 

lonlatta Coss. et D. B. — Kab. Oulman, << la laine lilée o. — Chellata 
(Lirou); Tizi Hout, Tabbourt-Bouzgucur, Tizi Boulma, Ail Yala 
(l,x); Ait Koufi (H. P.), etc. 

tlea L. — Oued Sahel, Akbou (Lx) ; C. dans la plaine du Sebaou (Lx) ; 
Dril-el-Mizan (Coss., II. P.); etc. 

I barbata Gœrtn. — Ait Idjer iLi); Tizi-Ouzzou (Coss., II. P.); etc. 

mbetlaCa Bert, — Bougie (Cauvet). 

llissiina Pers. — C. C. partout.' 

permum laciniatam Xi. C. val", calcttrapifollum. — C. dans le Djur- 
jura et sur le versant occidental. 

^hieris glnbra L. — Oued Sahel, Akbou (Lx). 

'•adicata L. var. NcapoUlana. — Chellata (Lirou); Tizin-KouUal 
(1^); 'Ilzi Ouzzou (Coss., II. P.l; Drd-el-Mizan (Thév.). 

a .F.tnemis L. — Dril-el-Mizan (Thév.); Tizi-n-TIcta (Coss., IL P.). 

•xeigata h. — C. dans tout le Djurjura. 

odon lijurdjarie Coss. — Azib des Ait Kouû (IL P.). — C. sur les 
crêtes et les hautes pelouses du Djurjura. 

nssia Satzmanni Sehultz (K. Mulleri Sehultz). — Akbou (Lx). 
C. C. C. partout (Batt. et Trab). 

cia lUspida Rolh. — Dr.l-el-Mizan (Tiiév.). 

uberosa D. C. — Bougie (Durour)^ oued Sahel, Imeclieddalen (l.\). 

slia cupuliijera IJ. R. — Bougie, oued Sahel, Akbou (Lxj. 

lOgon glabrum L. — Ar. T/ielma. — A. C. en Kabylie. 

ipogoD crocifolius L. — Haut Djurdjura : Tabbourt-Bouzgucur; Tiz- 
Boulma (Lx). Leila Khadidja (Batt. et Trab.). 

oDera coronopifolia Desf. — Ar. Teima. Kab. Taoulman. — A. C. 
dans la montagne : Tizi Bert (Lirou); Tizi Hout, Tabbourt-Bouz- 
gucur (Lx); Ait KouB (Coss. , II. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.); etc. 



HISTOIRE NATURELLE. 171 

Scorzanera undulata Vahl. (5. deliciosa Guss.l. — Dans le baiit Djiirjura : 
AgouDi el-IIaoua, Tabbourl-Boiizi;ueur ILx); etc. 

nrospermnm Daleekampti Desf, — G. sur les talus, le long des ehemins : 
Bougie, Akbou (I,x|; Tizi Ouzzou (Coss., 11. P.)-, Drd-el-Mizaii 
(Tbév.); etc. 

— picrioides Desf. Bougie (Dtifonr, l.x); oned Saliel (I.x); etc. 
Helmlntbla echiovfes Gaîrln. — Ar. Ilalafa. — C, C. plaines et eont 

forts. Très rechercbé comme fourrage vert. 

— buriivi Scliuliz (//, glomerala Pomcl). — C. C. C. dans les Iriclies 

pluiaes. — A. C. dans la région des grandes forêts et dans le Dj 
jura : Tizi OuzzoUy. nr3-el-.Mizan, Bordj Bur'ni, etc. 

— racemosa (Deckera raremosa Pomel|. — Uoiiira, Djurdjura, < 

(sec. Batt,). 

— acuUala D. C. — Ar. Lisaa-et-ferd. Kab. Hm BoazgHeur, « lan^ 

de bœiir u. — Vallée de l'Isser, Drâ-cl-Mizan {Guss. H. P.i. A. G 

— /lalansie Coss, et D. R. — Maillot (Bail, et Trab.). 
Lactuca Scariola L. — Gorges de l'Isser (l.x). 

— Haligna L. — Embouchure de l'oued Sunimani, bords du Sebaou (L) 

— muralis D. C. {Prenanthes ?nm-alis L.). Agoulmiiii Aberkaii (Lx). 
Taraxacnm Deiu-Leoitis Desf. — Pelouses des moutagnes. Drd-el-Ali: 

(Tbév.); Tizi-n-Tesennent (Coss., H. P.); etc. 
Barkbansia taraxacifoUa D. G. var. vesicaria. — Bordj Bor'ni (Cu; 
II. P.). 

— macrophijlla Spreng. — Bougie (Durour); vallée de la Summam (Lx) 
.SUteorrhiza 6u/6osn Cass. ~ Ait Yeiini, Drâ-el-Mizan (Tbév.); etc. 
Crépis pukhra L. — DrS-el-Mizan Tizi-n-Teseiinent ((ï>ss., II. P.). 

— cirtjata {Lantpsmia virrja ta Desf.). — C. C. Fort-National (Durando); i 
Phœnopas vimiiieus D. G. — Akraduti (l.x) ; Tizi-u-Tesennent it'MSS. H. I 

etc. 
Picridlnm vulijare Desf. — A. G. Bougie, Fort- National (Lx); Tizi-Q-Tli 

Ait bou Addou (Gnss., H. P.). 
Soncbas asper Vill. — Bougie, Akbou, embouebure de l'Isser (Lx); etc. 

— oteraccus L. — G. G. à peu près partout. 

— tenerrimus L. — C. G. de Bougie à Drfl-el-Mizan. 

Ges SoHc/ius qui sont mangés crus par les Kabyles portent les ne 
de TimerMUfja et de Tifaf, Tifufl. 

— marilimus L. ~ <:. C. G. dans tous les lieux bumides de la K.abylie 
ZoUlkoferia resedifolia Coss. {SohcAus i-hoiidrilloides Desf.). — Alluvi 

de l'oued Sahel près d'Akbou (Lx). 

— dicaricata iSonclius divarkalvs llesf.). — Siicronjnchxis nutlicat 

I.crs. — Akbou (Lx). 
Hleracinm Pilnsella L. — Forêts de Taourirt guir'il et d'Akfai 
(Goss.,Lxl; Lalia Kbadidja (Mares, 0. Deb.); Tabbourt-Bouzgu 
(Lx);etc. 

— prmantkoides Vi!l, var. (//. graadifoUum Scbullz bip.). ForêU 

cèdres près de Lalla Kbadidja (Mares, 0. Deb., Lx). 

— Saxatile Jacq. — Tizi Ilout (Lx). 



172 LA KABYLIE. 

Andryala integrifolia L. — Kab. Tadouth boulU, « laine de brebis » — . 
— C. C. C. en Kabylie. 

— tenuifolia D. C. — Akbou (Lx); Drâ-el-Mlzan (Thév.); etc. 

LOBÉLIACÉES. 

Laurentia Michelii Alph. D. C. — Col de Tirourda, Souk-ei-Arbâ (0. Deb.); 
Tamziebt-el-Laz, bords du Sebaou (Lx); Tizi Ouzzou (Coss., 
H. P.); etc. 

CAMPANULACÉES. 

Jasione perennis Lmk. var. intermedia (/. sessiliflora Boiss.). Hautes son)- 
mités du Djurjura dans les fissures : Agouni-el-IIaoua (Lx) ; Lalla 
Kbadidja (O. Deb.). 

Gampanula mollis L. — R. Azrou de Tirourda (Lx). 

— dichotoma Desf. — C. C. partout. 

— Trachelium L. — Ait Boudrar, Ait Daoud (Lx); Tizi-n-Tesennent 

(Coss., H. P.). 

— Erinus L. — C. Bougie, Tizi-n-Cheriâ, Ait Daoud, Imecheddalen (Lx); 

Drâ-el-Mizan (Coss., H. P.). 

— alata Desf. — Forêt d'Akfadou, Agoulmin Aberkan, Ait Daoud, Ime- 

cheddalen (Lx) ; etc. 

— macroîThiza J. Gay (C. Atlantica Pomel). — Tabbourt-Bouzgueur, 

Tizi Boulma, Ait Bou-R'erdan (Lx); Tamgout Aïzer (Batt. et Trab., 
Chabert. 

— Rapunculus L. — A. C. vallée de Tisser, Tizi-n-Tesennent, Ait Roufi 

(Coss., H. P.). 
var. verruculosa. — Forêt d'Akfadou (Coss. Lx)*; C. dans le Djur- 
jura. 
Specularia falcata Alph. D. C. — C. dans la région des grandes forêts de 
chênes; Akbou (Lirou). 

— hybrida Alph. I). C. — Djebel Afroun (Lx); Chellata (Lirou); A. C. 

dans le Djurjura : Ait Boudrar, Agouni-el-Haoua, etc. 
Trachelium cxruleum L. — C. C. dans la région des contreforts. Drâ-el- 
Mizan (Thév.) ; etc. 

ÉRICACÉES. 

Arbatns (Jnedo L. — Ar. Sasnou , Lindj, Kab. IsUnou. — C. C. C. dans 

toute la broussaille et dans les forêts. 
Erica arborea L. — Ar. Abou Haddad, « le père du forgeron ». Kab. 

Jkhelendj. — Très commun : région des contreforts et forêts. 

— multiflora L. — Mêmes noms. — Partie littorale : couvre seule le Gou- 

raïa et les falaises près Bougie; Ait Idjer (Lx); etc. 

— scoparia L. — R. plateaux de grès entre Taourirt Guir'il et Toudja 

(Lx). 



HISTOIRE NATURELLE. 173 



PRIMULACEES. 

Primnla grandi flora Lmk. — Région des grandes forêts de chênes et Djur- 
jura. La fleur est toujours d'un blanc de lait. 

Androsace 7na:rma L. — Djurjura Oriental, Tizi-n-Cheriâ, Akbou (Lx) ; etc. 

Cyclamen /4fricanum Boiss. et Reut. — Kab. Tazerdart (Lecl.) — . C. 
C. sur les collines et dans les forêts. 

Goris Monspeliensis L. — Bougie (Lx) ; oued Sahel (Charoy) ; Maillot , em- 
bouchure de risser (Lx). 

Anagallis arvensis L. — Très commun partout. 
var. platyphfjUa (A, platypliylla Baudot). — Bougie (Lx). 

— Unifolia L. — Forêt de Boni (Lx); C. sur le Djurjura. Drâ-el-Mizan 

(Ck)ss. H. P.). 
Asterolinam Linum stellaium Lmk. et HofTm. — Drâ-el-Mizan (Thév.). 
SamoluB Valerandi L. — Ar. SoUhan-el-Behatry a le Sultan des jardins 

arrosés ». — C. G. partout au bord des eaux. 

OLÉINÉES. 

Olea Europœa L. — Rab. Spontané : Azebboudj. Cultivé : Azemmourt^ 
Tazemmourt, — Cultivé abondamment jusqu'à 1,000 ou 1,100". — 
Spontané à Bougie , dans Toued Sahel et dans les gorges de Tisser. 

Philljrrea latifolia L. — Ar. Quetham, Quedham. — Kab. Ached. — 
C. C. dans les maquis, les haies et les forêts. 

— mediaL. — Mêmes noms indigènes. — Bougie (Coss.); Toudja (Lx) ; etc. 

— angustifolia L. — Kab. Tamet Ouala. — Tifrit, Aït Daoud (Lx); 

Bouira, forêt d'El-Rih' (Trab.). 
Fraxlnns australis J. Gay. — Ar. Dardor, — Kab. Aslen, — Vallée de la 
Summam (Lx). — C. C. partout. 

— dimorpha Coss. et D. R. — Kab. Aslen boudrar, « frêne de mon- 

tagne ». — Montagnes près de Toudja (Lx). 

JASMINÉES. 

Mongoriom Sambac Juss. Desf. — Ar. FelL — Cultivé. 
Jasminam fruHcans L. — Ar. et Kab. Jasmin; lasmoun. — C. C. surtout 
dans la région des contreforts. 

— officinale L. Cultivé. 

APOCYNÉES. 

Nerinm Oleander L. — Ar. Dejla (Daphne?) — Kab. Ililée.—C. C partout, 
dans les vallées au bord des eaux. 



LA KABYLIK. 



.ASCLEPIADKES. 

Vincetoxlcom officinale. Mœnch, — Bougie (D R). C. C. Dans la région 

montagneuse. 
Cynancbam acvtum L. — Sables près Bougie , vallée du Sébaou près Tizi- 

Ouzzoïi (I.)- 

GESTIANÉES. 

grandiflora Viv. — Ar.Ckadja (Tliév.) Kab. Ak'ltlou (L.), — C. C. 
partout. 

ea ramosisslma Pers, {H. puUhella Pries). — Kab. ^ktilùu. — 
Bougie (D R.); Akhou, embouchure de Tisser (I,x). 

ntaurium Pers. var. xuff'ruticosa. — Kab. Ak'lilou. — C. C. col- 
lines. 

icata Pers. — Plaine du Sebaou (Lx); Tizi-Ouzznii (Coss); Drfl-el- 
Mizau (Mar.). 

iritima Pers. — Akbou (Lirou); Dr^-el-Mizan (Thév.). 

al& filrformis Lmk, — Mare an djebel Aftouii |Lx). 

CONVOLVULACÉES. 

ralos Cantabrica L. — Assez commun partout. 

eolor L. — Vallées du Sebaou et de Tisser. 

dulattts C. (Cav. eoolcuhides Pesf.) — . Clicllata (Lirou) ; Akbon (E\). 

venais L. — C. C. C. partout. 

fu(«.t L. — Vallée de l'oued Sahel. Akbou (I.irou). 

hatius Viï. {C. .Vaurilaiticus Boiss.) Bougie (D. R.). I.x. — Commun 

dans tout le Djurjara. 
Utxoides L. — C. C. C. partout, 
var. sericcus. — Azib des Ait KoiiO (Coks. , II. P.). 
egia sepîum R. Br. — Kab. Mer^bouh'at, » casse-pots •. — A. C. 

parmi les buissons dans les lieux humides. 
Cretica L. — Bougie (Coss.); Dar-bel-Abbès ù remboiichiire de 

Tisser (Lx). 

CUSCUTÉES. 

a planiftora Teu. — Kab. Ilnrir-ÙuzMU , o la soie des genêts épi- 
neux ». — Assez commun dans toute la Kabylie. 
yor C. Bauh. — Hammam près de Tirourda (Lx). 

BORBAGIKÉES. 

ropinm siiiiînuin L. — Dar-bcl-Abbcs, à l'embouchure de Tisser 



IirSTOIRE NATURELLE. 175 

Heliotropium Europœum L. — C. C. 5 peu près partout. 
Gerinthe major Link (C. aspera Roth). — Kab. Mf/ci-en-TarionU, « le lait 
de Fâoesse ». — Assez commun partout. 

— gymnandra Gasp. — Kab. Aiffii^en-Tarioult, — C. surtout dans la ré" 

gion des contreforts. 
Echiam grandi florum Desf. — Bougie, cap DjUiet (Lx). 

— maritimum Willd. — Cap Djinet (Lx). 

— plantagineum L. — Kab. liés ouguendouz, « langue de veau ». — Com- 

mun dans toute la Kabylie. 

— liaiicum L. — Tirourda (Mares); vallée de Tisser (Coss. , H. P.). DrA- 

el-Mizan (Tbév.). 

— Pomponium Boiss. — Vallée du haut Sebaou (Lx). 

NoDnea nigricans D. C. — Toudja (Lx) ; vallée de Toucd Sahel près d'Akbou 
(Lx). 

Borrago officinalis L. — Kab. Clieikh Lebk'oul — C. surtout dans les val- 
lées. Les Kabyles en manjiçent les feuilles bouillies. 

Anchasa italica Retz. — Kab. Tir'ounan, Taiiarajjelh (Thév.)— C. C. 
dans toutes les vallées. 

Onosma echioides L. — Kab. Tassebr'a J/iaraJjadh, f multidore ». — ïme- 
cheddalen Ait Gala, Tizi boulma (Lx); Tamgout Aïzer (Thév.); etc. 

Lithospermum arvense L. — Ait Idjer (Lx). 

var. incrassatum (L. incrassalum Guss). — (1) Chellala (Lirou), 

Akbou (Lx); haut Djurdjura (Coss., H. P. Lx). 

— Apuium Valil. — Vallée du Sébaou (Lx). 

— rosmarinifolium Ten. -Bougie (D. R.); route du grand Phare (Lx). 
Alkanna iinctoria Taush (Atic/iusa tinctoria Desf.). — Cap Djinet (Lx). 
Myosotis cœspitosa Schultz var. Slcuia, — /igoulmim Aberkan(L\). Mare 

des Aït Khalfoun (Batt. et Trab.). 

— macrocaiycina Coss. — Forêts de Taourirt guir'il (Coss. , Lx) ; Akfa- 

dou, Agouni-el-Haoua (Lx). Aït Idjer, Aïzer (Batt. et Trab). 

— hispida Schlecht. — Djebel Afroun (Lx); Drâ-cl-Mizan (Thév.). 
Aspemgo procumbens L. — Guelaat Béni Abbès (Lx), Akbou (Lirou); 

oued Sahel, Agouni-el-Haoua (Lx). 
Cynoglossum pictum Ait. — Kab. Taseir'a, — C. C. en Kabylie. 

— Nebrodense Guss. — Kab. Taseir'a Jsfaror. — Haut DJurjura. Près 

de Tirourda (O. Deb). 

— cheirifoliu7n L. — Kab. Taseir'a. — Jsfar'ar. — Tabbourt Bouzguëur 

(Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.). 
Mattia gymnandra Coss. — Kab. Taseir'a. — Découvert par IL de la Per- 
raudière et M. E. Cosson, chez les Ait Koufi — Haut Djurjura occi- 
dental depuis l'Aizer jusqu'à Tizi Hout. 

SOLANÉES. 

Lyciam Barbarum L. — Kab. Aoudjez. — Assez commun dans les haies : 

— Imecheddalen, Ait Iraten (Lx); etc. 

Mandragora officinarum L. — Cercle de Drâ-el-Mizan (Thév.). 



176 LA KABYLIE. 

Solanam villosiim Lmk. — Azib des Ait Koufi, Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— nlgruin L. Assez commun région des contrerorts (Lx); vallée de Tisser 

(Coss., H. P.). 

— duleamara h. — R. Djeniâa Saharidj (Ls). 

— iuberosum L. — Ar, et Kab, Satata , Patata. — Cultivé par les Euro- 

péens et même par quelques Kabyles. 
Melongena L. (5. esculenlum Dum.). — Ar. Bedindjal et Bedindjau. 
Cultivé dans les jardins. 
iperslcnm esctttenfumyUM. {Solanum Lycopersicum I..) — Ar. Toma- 

lisc/i et Tomatum. -~- Cultivé et parfois siibspontaué. 
sicnm annuum L. — Ar. l'âlfel ahiner, * poivre rouge. Kab, Ife/fet- 

— Cultivé abondamment dans les jardins kabyles, 
(jiros^m Willd. — Ar. Felfel lialou , o piment doux a. Également eultivé. 
tlama glauca Grabam. — Subspontaoé à Bougie sur les murs et dans 

les décombres. 
Tabacum L. — Ar. Doukban, « fumée s. — Cultivé surtout par les colons, 
ipa Selladona L. — Bla idour', Ibdu idour't, a qui en mange perd la 

tête ». — Aït Mendès (Thév.). 
irtL Stramonium L. ~ Chedjeret-d-Djehenna , * plante d'enfer ». — 

C. surtout dans les jardins et champs en friche. 
arborea Hott. (D. suaieolem Ilumb. et Bompl.). — Cultivé depuis la 

conquête et siibspontaaé dans les décombres près Bougie, 
scfamns niger L. — Ar. Sikran, n l'enivrant ». Kab. A6om Nerjouf. 
Aït Iraten près Fort-National (Lx); Drâ-el-Mizan (Coss., FI. P.); Ait 

KouO (Thév.) ; etc. 
albui L. — Kab. ^bou Nerjouf. — A. C. Bougie, Ait Iraten; cap 
IJjinel (l-ï) ; Drâ-el-Mizan (Thév.). 

VEUBASCÉES. 

lascnm Blatlaria L. — Bougie (Coss.); Taourirt giiir'il (Coss., Lx); 

Tizi-n-Chcria, Ait Daoud (Lx). 
Boerhavii E. — Kab. Birhoum. — Tout le Djurjura. 
sinuatum L. — Ar. MeçelAa. Kab. Titneria/U, n le balai «, Tiseroua, 

même sens. — C. C. C. paitout. 
phlomoides L. ~ Kabylie (sec. Munby). Nous ne l'y avons pas vu. 
ia Cretica L. — Plaine du Sebaou (Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.). 
taciaiata Poir. — Bougie (Lx), 
betomcœfolia Desf. — Tondja, Tirkabin (Lx). 

SCROFULARINÉES. 

rla elalcnoides Desf. — Bougie (Lirou); oued Sahel, Akbou (Lx); 

Maillot, El-Adjiba (Batt. et Trab.). 
spttria Mill. — Ait Idjer, vallée du Sebaou (Lx), Tizi-c-tleta (Coss., H. P.). 
Orœca Chav. — Embouchure de l'Isser (Lx). 



HISTOIRE NATURELLE. 177 

liinari'a pedunculafa Spreng. — Sables du cap Djinet (Lx). 

— triplifjUa MilL — Chcllata (Lirou); Tabboiirt Bouzgueur (Lx); Ait bon 

Addou (Coss., IL P.). 

— apaHnoides Chav. (L. helerophylla DesL non Spreng.). C. C. dans 

toute la région montagneuse. 

— simplex D. C. — Agouni-el-Haoua , Tala-Rana, sous les Cèdres (Lx). 

— marginata DesL Tizi-n-Cheriâ, Tirourda, Tabbourt Bouzgueur (Lx). 

— reflexa DesL — C. C. (]. partout. 

forma lutea (très petites fleurs jaunes) Toudja (Lx). 

— virgata DesL — Fort-National (0. Deb.); Drâ-el-Mizan (de Brettcs, 

Thév.). 
Anarrhinam p€datu?n DesL -— Très commun, surtout sur les talus des 

chemins. 
Antirrhinam Oronlium L. — C C. à peu près partout. 
var. grandijîorum (.4. calycinum Lmk). — Bougie (Lx); vallée de 

risser (Coss , H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 
Scroftelaria ienuipes Coss. et D. R. -> Forêt d'Akfadou, Agoulroim Aberkan 

(Lx); Fort-National (0. Deb.). 

— sambucifolia L. — Bougie, cap Djinet (Lx). 

— auriculata L. — Embouchure de Toued Summam (Lx) ; Tizi Ouzzou, 

Tizi-n-Tesellent (Coss., IL p.); Drâ-€l-Mizan (Thév.). 

— hispida DesL var. — Drâ-el-Mizan (Thév.)-, Djurjura occidental (Coss., 

IL P.). 

— Ixvigata Vahl. — Toudja (Lx); à peu près tout le Djurjura. 

— canina L. — Akbou (Lirou); Drâ-el-Mizan (Thév.); Tizi-n-Tesenneut 

(Coss. et H. P.). 
Erinus Àlpinus L. — Fentes des rochers à Tizi-n-Djemâ (Lx). 
Veronica Beccabunga L. — C, C. C. partout dans les lieux aquatiques. 

— .^nagallis L. — Fontaine près Djemâa Saharidj (Lx). 

— rosea Desf. — Tout le Djurdjura dans la zone des cèdres, 

— moniana L. — Forêt d'Akfadou, Agoulmim Aberkan, Acherchour-en- 

Tensaout (Lx). 

— sei^pyllifolia L. — Dans les grandes forêts de chênes : Akfadou. 

— arvensis L. — Çà et là, un peu partout. 

— agrestis L. — Djurjura occidental : Tizi-en-Tesennent (Coss., IL 

P.). 

— prœcox A\\, — Ait Ouaban, Ait Daoud (Lx). 

— hederœfolia L. — Chemins creux des contreforts : Drâ-el-Mizan 

(Thév.). 

— Cymbalaria Badarro. — Oued Sahel (Lx). 
Enfira^ia riscosa Benth. — A. C. en Kabylie. 

— latifoUa Griseb. — Ait Yala (Lx). 

Odontites purpurea Don. (Euphi'asia purpurea DesL) — Maillot (Trab. 
et Batt.). 

— Jtlantica Coss. Col de Tirourda, Askajdem, sous les Cèdres (Lx). 

— Djurdjurw Coss. (O. violacea Pomel). — CIol de Tirourda, Ait Ouaban, 

AU Daoud (Lx). 
I. 12 



t 



178 LA KABYLIE. 



OROBANCHKKS. 



Phelipsea Schultzii Walp. — Ar. liadim — Kab. Ouazdouz (Tliév.) ; - 
Toiidja (Lx); Drâ-el-Mizan. 

— ^futeli F. Schuitz. — Drâ-cI-Mizan (Thé?.)- 

Orobanche condensata Moris. — Maquis et broussailles à Drâ^el-Mizan 

(Thév.). 

— minor Suit. — Tondja (Lx); Akbou, pelouses des Ait Idjer (Lx). 

— amethyxiea Thuill. — Toudja (Lx); Djurjura (Coss.). 

— Epithymum I). C. — Sur le Thymus Âlgeriensis (Bail, el ïrab.). 

— fcnlida Poir. — Boule de Bougie au grand Phare (Lx). 

ACANTHACKES. 

Acanthas mollis L. — Kab. Taferfera. — C. C. dans lous les ravias frais. 
Les Kabyles rcniploient eomme Tourrage vert. 

VERBÉNACÉES. 

• 

Lippia nodiflora Rich. — Vallée de l'oued Sabel, Dar bel Abbès (Lx). 
Verbena qf/icinalis L. — C. C, C. partout. 

— supina L. — Dar Bel-Abbès ù Tembouchure de Tisser (Lx). 

Vitex j^gnus-caUus L. — Ar. Keff Meriem « la main de Marie », Bou 
mcnten t le puant ». — Environs de Dcllys, bords de Tisser (Lx). 

LABIÉES. 

Ocimum Basilicum L. — Ar. Hahboq Trendj « Basilie citronnelle •. Cultivé. 

— minimum L. — Ar. Ilabboq, — (Cultivé. 

Lavandula Slœchas L. — Kab. Amezzir — ('. C C. sur toutes les collines 
et sur les coteaux. 

— mvUtJida L. — Kab. Jmezzir. — Bougie (Cauv.). 

Mentha rotundifoUa L. — Kab. Tisuejjirty Timercithin (sing. Àmerçath), 
— C. C. C. partout. 

— aqualica L. — Fossés dans la plaine de Bougie (Lx). 

— Pulegium L. — Ar. FelihoUy et Feligou, — Kab. Boulougguit, — C. C. C. 

partout. 

— viridis L. — Ar. Nana, — Cultivé comme condiment. 
Lycopus Europœus L. — Bougie, vallée du Sébaou (Lx). 
Origanum hirtiim Limk. — A. C. dans la région des contreforts. 

— cinereum De Noë. — Haut Djurjura : Tazeroiit (O. Deb.); Agouni-el- 

Haona (Lx). 
Thymus liirius Willd. — Tizi-n-Clieriâ , Tirourda (Lx). 

— lanceolatus DesL — Assez commun dans toute la région montagneuse. 

— ciliatus Benth. 




HISTOIRE NATURELLE. 179 

Thymus var. Algeriensis {Ta, .4lgeriensis Boiss. et Reut.). — C. dans le 
Djurjura. 

— Fontanesii Boiss. et Reut. — Oued Saliel (Lx). 

Micromeria Grœca Benth. — C. C. dans la région des contrerorts et dans 
le Djurjura. 

— Le 1/. Juliana indiqué par Munby en Kabylie croît dans la région des 

Babors. 
Galamintha heterolricha Boiss. et Reut. — Bougie. (D. R.); Drâ-el-Mizan, 
Ait Aht'af (Thév.). 

— grandi flora Mœneh. var. parviflora, Cofs. — Bougie (Cauv.). 

— officinalis L. Iakkouren (Trab.). 

— Alpina Benth. — Tout le haut Djurjura. 

— La plupart des Labiées odorantes de cette section reçoivent le nom 

indigène de Zatar ou Zater, 

Clinopodimn vufgare L. var. plumosum (C, plumosum Sieb. — C. Mun- 
by anum de Salles) C, villosum De Noë. — A. C. sur les contreforts 
et dans les grandes forêts. 

Melissa officinalis L. var. — Kab. Ifer-en^Tezizouït « l'aile de Tabeille ». 

— Cultivé à Djemâa Saharidj. — Environs de Drâ-el-Mizan (Thév.); 
montagnes au-dessus de Bordj Bor'ni (Coss., IL P.). 

Salvia viridis L. — Akbou (Lx); Djurjura Oriental (Lirou). 

— Sclarea L. Tirourda (Mares) ; Aït Ouâban (Lx). 

— palula Desf. — Pelouses du Djurjura à TEst du col de Tirourda (Lx) ; 

Chellata (Lirou). 

— bicolor Desf. — Ar. Dil et Sebà « queue de lion » . — Kab. Abou an-- 

zaren a qui a des narines » — Commun parmi les moissons de 
la plaine du Sebaou (Lx), Tizi Oiizzou (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan 
(Thév.). 

— Vtrbenacd L. — C. C. C. partout. 

RosmarlBVS officinalis L. — Ar. Kelil, Azir, — Kab. Akçlily Amezzir? 

— Bougie, vallée de Toued Sahel. Imecheddalen , Maillot, etc. 
Nepeta mullibracteala Desf. — Tizi Oujaboub (Thév.). 

— acerosa Webb. — Agouni-el-Haoua (Lx). 

Bnmella vulgaris L. — A. C. sur les contreforts et dans le Djurjura. 

var. alba [B. alba PalL). — Ravin d*lakkouren, Aït Boudrar 

(Lx). 
Cleonia Lusitanica L. — Chellata (Lirou); oued Sahel, Akbou (Lx). 
Scutellaria Cotumnx AU. — Grandes forêts de chênes : Taourirt guir'il, 

djebel Afroun, etc. 
Sideritis incana L. {S. virgata Desf ). — Tamgout Aizer (Thév.). 
Marmbiam Alysson L. — Bougie, Toudja (Lx) ; oued Sahel, Akbou (Lirou). 

— vulgare L. — Ar. Meriouna. — C. C. C. partout. 

Betonica Algeriensis De Noë. — Grandes forêts de chênes et Djurjura. 
Stachys circinnata L'Hérit. — Toudja (Lx). — C. dans tout le Djurjura 

— hirta L. — C. C. C. partout. 

— Duriœi De Noë. — Vallée du Sebaou (Coss., H. P.). 

— arenaria\îi\\\, — Sables du cap Djinet (Lx). 



180 LA KABYLIE. 

Lamimn ïongiflorum Ten. — Forét de Taourirt giiir'il (('.oss., Lx). Tam- 
goiit Aïzer (Ex). — Assez fréquent dans tout le Djurjura. 

— Jlexuostim Ten. — Forêt de Taourirt Guir'il (Coss., Lx); djebel Afroun, 

Akbou, Tizi-n-Kouîlal (Lx); Mechtra (Coss., U. P.). 

— amplexicaule L. — C. partout, jardins et vergers. 

— purpureum L. — Ravin dTakkouren (Lx). 

— grandiflorum Pourr. — {L, maculatum L. Desf.). Tamgout Aïzer (Lx). 
Ballota nigra L. — Bougie (Cauvet). 

Phlomis biloba Desf. — Kab. Tiçabounin « les petits savons ». — Fort- 
National (Lx); Tizi Oiizzou, Tizi-n-tleta , vallée de Tisser ((^oss. 
H. P.); etc. 

— Bovei De Noë. — Kab. Jgaref; Amçzzour' bouzgueur t oreille de 

bœuf ». — Assez commun dans la région montagneuse. 

— ffei'ba'Fenti L. — Ar. Djedda (Thév.) ; Zinin, — Kab. Tajajaount. Val- 

lées de Foued Sahel, du Sébaou (Lx); Drâ-el-Mizan (doss., H. P.). 
Prasimn vtajus L. — Ar. Oud'en-el-Kharouf « oreille d'agneau ». — C. 

sur les contreforts et dans la région montagneuse. 
Teucrium fruticans L. — Gouraïa (Lirou) ; route de Bougie au grand Phare, 

Toudja (Lx). 

— pseudochamxpUtjs L. — Cbellata (Lirou); Akbou, Ait Daoud (Lx), etc. 

— Pseudoscorodonia Desf. — C. dans la région montagneuse. 
var. ad T, Scorodoniam vergens. — Aït Daoud (Lx). 

de Taourirt guir'il à El-Kseur. 

— resupinatum Desf. — Dans toutes les vallées de la Kabylie. — Drâ-el- 

Mizan (Tbév.). 

— scorpioides Schreb. — Bougie (D R.); oued Sahel, bords du Sebaou 

(Lx) ; etc. 

— Chamxdrtjs L. — Dans tout le Djurjura. 

— JlavumL. — Ar. .4ïag (Mey.). — Bougie (D. R., Lx); Drâ-el-Mizan 

(Théy.)- Assez commun dans la région des contreforts et du Djur- 
jura. 

— Polium L. — Ar. Chendgoura — C. C. dans toute la Kabylie. 
AJugaVra Schreb. — Ar. Chendgoura,- Meusk-el-Kfieia, — Kab. /fmeuski 

lekhela. — Assez commun partout. 

— reptans L. — Grand ravin d'/aMowr^ (Lx). 

GLOBULARIÉES. 

Globalaria Alijpum L. — Ar. Melhifet-el- Khadem a le petit manteau 
bleu de la négresse ». — Kab. Taselr'a. — Assez commun sur les 
coteaux et dans la montagne. Fort employé comme drastique. 

PLOMBAGINÉES. 

Armeria Bxtica Boiss. var. À f ricana. — Sables du cap Djinet (Lx). 

— allioides Boiss. — Djurdjura ; Tizi Hout. Tizi-n-Kouilal (Lx); Tizi 

Ougoulmim (Durand, in herb, Thév.). 



HISTOIRE NATURELLE. 181 

Armeria plantagiîiea Willd. — Sur les pelouses des hauts sommets du Djur- 
jura. — Les Kabyles attribuent à la racine de cette plante des 
vertus aphrodisiaques. 

Statice sinuaCa L. — Sables du cap Djinet (Lx). 

— Thouini Viv. — Vallée de Toued Sahcl, près Akbou (Lirou, Lx). — 

— minuta L. Dcllys (Salle). 

— echioldes L. — Alluvions de Toued Sahel, près d'Akbou (Lx). 
Plmnbago europica L. — Toudja (Lx) ; AU At't'af (Thév.). Assez commun 

dans la région des contreforts. 



'©■ 



PLANTAGINÉES. 

Plantago major L. — Ar. Mesasa. — Vallée de la Summam, Ait Idjer, 
vallée du Sebaou (Lx) ; etc. 

— inter média Gilibert. — Ait Ali (Batt. et Trab.). 

— albicans L. — Vallée de Toued Sahel, alluvions près Akbou (Lx). 

— Beilardi Ail. (P. pUosa Pourr.). — Dar b3l Abbès, à Tembouchure de 

l'Isser (Lx). 

— lanceolata L. — Ar. Kelb'el-.-igreb « le chien du Scorpion » (Thév.). 

— Ait bon Addou (Coss., H. P.). Djurjura. 

— iagopus L. — C. C. partout. 

— maritima L. — Embouchure de Tisser (Lx). 

— Mauritanica Boiss. et Reut. — C. dans tout le Djurjura méridional. 

— - serrariaL. — Kab. Àzouzim. — i\, sur le littoral. Bougie, Dcllys, 
cap Djinet, etc. 

— Coronopus L. — Akfadou (Lx); col de Tirourda (Mares); Drâ-el-Mizan 

(Thév.); etc. 

— Psfjllium L. — C. dans toute la Kabylie. 

PHYTOLACCÉES. 

Phytolacca decandra L. — Naturalisé dans les décombres autour de Bougie. 
Pircimia dioica Moq. Tand. — Cultivé sous le nom de Bellombra et sub- 
spontané. 

SALSOLACftES. 

Beta vulgaris Moq. Tand. r- Ar. Siiq. — C. C. partout et cultivé. Une forme 

à tubercule rond et plat est vendue sous le nom de Banga. 
Ghenopodium opulifolium Sehrad. — Bougie (Lx); Ait Ali ((^oss., II. P.). 

— murale L. — Bougie (Dufuar); Deliys (Lx). 

— album L. — Ar. BVtou. —Kab. Tablabt. - Ait Daoud (Lx). 

— ambrosioides L. — C. dans la région littorale. Bougie, Dcllys, embou- 

chure du Sebaou, etc. 
Atrlplex patuîa L. — Drâ-el-Mizan (Thév.). 
var. hastala {A. haslata L.). — Kab. Aklsoun (Thév.). — Drâ-el- 
Mizan (Thév.). 



LA KABYME. 

pipiez horlentin L. ~ Cultivé chez les Ait aiâbaQ et les Ait Daoud sous le 
nom de Blitou . du latin Blitum, 

- Halimus L, — Ar. Guetliaf et MelliK — C. bord de la mer, remonte 

dans les vallées, le long des cours d'eau. 
Ucomla kerbacea L. — Places maritimes : Bouj^e, Dcllys, cap Djinet, etc. 
Isola Kali L. — Bougie, embouchure du Sebaou, près Detlys (Lï). 

- vcrmiculata L. — Ar. Souirf, lukrif Gvelaat Béni- Abbés (Lxi; oued 

Sahel ICharoy). 

- longifoUa Forsk. (S. oppositifolia DesD. — Aa. Sfinmoamed. Allu- 

vions de l'oued Sahel, près .\kbou (Lx); au-dessus d'Ia'il'Ali (Lx), 
io^ton saticHs Moq.-Tand. — Oaed Sahel au S. de Maillot. (Bait. et 

Trab.). Spontanée. 
nda frnticosa Forsk. — Ar. Oussera, Adjereme, — Bougie (Lx). 
abaaia articulata Moq.-Tand. — Ar. Belbel, Baguef. — Maillot (Batt. 

et Trab.). 

AM.\R.ANTACÉF5. 

larantna patutits Bert. — Bougie (D. R.). 

- Blitum L. sec. Moq.-Tand. {A. ii/leeilrit Uesf.). — Tizi Ouzzou (Lx); 

Dra-el-Mizan (Thév.l. 

- coudalus L. — Cultivé comme légume chez les Ait Boudrar. 

xolua (tefîexut Ralln. {Amaranlus proHralus, Balb.). — Ain Taourden 

(Coss., H. P.l. 
hyrantbes argeitlea Ltmk. ~ A. C. partout, Bougie (Lx). Commun 

dans la région des contrerorts. 
lycnemnin FonlaneiU D. R. et Moq.-Tand. — Au-dessus d'Ir'il-Ali. 

(Lx). Oued Sahel, Maillot, etc. (Rivière, Lx, Batt. et Trab.). 

POLYGONÉES. 

im«x crispus L. — ATt Bou-Addou (Coss., H. P.); embouchure de l'isser 
(Lxl. 

- ciingtomeralus Miirr. — Aît Ali, vallée de Tisser (Coss., II. P.); DrS- 

el-Mi/an (Thév.l. 

- obtusifotins L. — Ait Bou-Addou (Coss., H. P.). 

- pnicher L. ~ Kab. Asemmoum « acide o. — A. C. partout. 

- Bucephalophorus L. — C. C. C. partout. 

-- AcetoteUa L, — Kab. Tatemmoumt. ~ Tizi Ouzzou, Tizi-n-tleta 
(Coss., II. P.); Drâ-el-Miian (Tliév.). 

- tkijrtaidex Dcsf. — Toudja (Lx) ; Lalla Khadidja (Le Bissonnays) , Drâ- 

eI-Mizan(Thév.); etc. 

- tuhefotut L. - Kab. Taslhamt. — Commun dans la haute région du 

Djurjura. 

- scutaius L. — Éboulis prés Tirourda (Mares, O. Deb.); Ait Daoud 

(Lx). Commun sur le versant méridional du Djurjura. 
aex tpinosa Campd, — Assez commua partout. 



HISTOIRE NATURELLE. 183 

Polygonom aviculare L. — C. C. C. 

— Bellardi AU. — Agoulmim Aberkan (Lx); Tizi-n-tleta (Coss., H. P.). 

— marUîmum L. — Sables maritimes : Bougie, embouchure du Sebaou, 

cap Djinet (Lx). 

— Persicaria L. — Fort-Nalioual (Lx). 

— lapât hifolium L. — Ait AtVai (Lx). 

— Convolvulus L. — Bougie (Dufour). 

. LAURINKES. 

Lauras nobilis L. — Ar. Rond, Kab. Taselt. — Forêt d^Akfadou, consoles 
des rochers à Tizi-n-Chcriâ , djebel Afroun (Lx). 

THYMÉLÉES. 

Daphne oleoides L. — Schreb. — Tirourda, Askajdem (Lx). 

— Gnidium L. — Ar. Le:^zaz^ Cebbar! — Kab. /ilezza:^. — C. C. C. 

partout. — Employé comme vésicant et pour la teinture en noir. 

— Laureola L. — Kab. jéslen guiddaoum « le frêne des singes ». Telt 

ad'rar « le maître de la montagne u. — (). dans tout le haut 
Djurjura. 
Thymelœa Passerina Coss. et Germ. (Stellera Passerina L.). — Tizin-Tleta 
(Coss., IL P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— hirsufa Endl. — Ar. }f€tnan, ~ A. C. dans toute la Kabylie. 

SANTALACÉES. 

Osyris aiba L. — Ar. Thagtliag, — K^^^.()uar-en'Ncguer « qui laisse des 
héritiers, des enfants mâles ». — A. C. haies dans la région des 
contreforts, broussailles des coteaux. 

Thesiam humile Vahl. — Alluvions de Toued Sahel, près d'Akbou (Lx). 

— hnmifusum D. C. var. divaricatum, T, dirariccUum Jan. — Djebel 

Afroun, Tifrit (Lx). 

EUPIIORBIACÉES. 

Euphorbia Peplis L. — Sables maritimes : Bougie (Duf.); embouchure du 
Sebaou près Dellys, cap Djinet (Lx). 

— Chamœstjce L. — Aït Idjer (Lx). 

— dendroides L. — Ar. Lebbin , « la laiteuse », Radim. — Bougie 

(Duf., D R.). 
-— Àtlantica Coss. — Tizi Boulma (Lx). — Djurjura occidental (Coss., 
IL P.). 

— pubescens Valh. — Ar. Lebbin. — C. C. dans les prairies et les marais, 

au bord des eaux. 

— amygdaloides L. — Forêt d'Akfadou, Agoulmim Aberkan (Lx). 

— Cossoniana Boiss. — Tizi Ouzzou (de Brettes). j 



J.A RABYLIE. 

LorbU ctineifalia Guss. — Tm Boulma (Ui. 

ftelioscopia L. — Ar. C/iemtîa a soluire ». — C. C. C. partout. 

■eraua Cosi. et l> R. — For£t d'Akradou, djebel ATroun', A;:oiini-elj 

Haoua (Lx) ; .\a bon Addou, Ait Ali (Coss. et il. P.| ^ Drâ-el-Mi- 

xan (Thfiï.). 
exiijna L. — Akbou, djebel AFroun (Lv); Ttïj Oiizzoïi, Tizi-n-Tleta 

Kioss., H. P.l: etc. 
Pépins L. — t^liellata (Liroiii. 

— var. pephides (i". peploîdes Gouan|. — Toudja (Lx). 
falcata h. — A. 0. partout, 
pjnea L. — Tabbourt, liouz^ueiir, Tizi Boiilraa (Lx); Tamgoiit Aîzer 

(Thév.i. ~ Djiirjiira occidental. 
Terraelna L. — Vallée du Sebaoïi , Bordj Sébaou (de Brcttes) ; vallée 

de rrsser (<:oss., 11. P.); etc. 
Paralias L. — Sables maritimes à l'Est de Bougie et probablement 

ailleurs sur la côte. 
nrialis annua \.. — C. C. C. partout. 

ophora Unctoria kA\: de Juss. — C. C. dans les terrains bas et cultives, 
itu communU L. — .\r. Kheroud. — Bougie, sous les remparts; 

Dellys; le long du clicmin de fer, etc. 

ARISTOI.OCIIIÉES. 

tolochia longa L. — Bougie (Cauvet); cap njinet (I.k). 

Fonf ane»ï Hoiss. et Reut. — X, R. Bougie (l>. H. h Djemâa Saliarid 

iLx); vallée de l'Isser^Coss.. 11. P.); etc. 
altissima l. — R. Drâ-el-Mizan (Tliév.). 

i;ïTlftÉES. 

ma ffj/pocislis L. — Çà et la sur les coteaux : vallée de l'oued Sabel -, 
Tizi Ranif, près Dra-el-Mizan (Tliév.); etc. 

l'RTICÉKS. 

:b urens L. — Contreforts (Lxl; Dra-el-Mizan (Thév.). 

dioica L. Var (//. AtlatUica, Blume). — C. dans les grandes forêts de 

chênes et le Djurjura. 
meinbranacea Poir. — Aïa Taourden (Coss., II. P.); Drfî-cl-.Mizan 

(Théï.); Dar bel Abbés (Lx). 
pilulifera L. — <!. C. t). surtout parmi les décombres. Les Orties 

portent en arabe le nom de llarràîq « brûlant • et en Kabylie 

celui A' A^ek'douf. 
>taria diffusa Mert. et Kocli. — C. C. C. haies et décombres. Bougie 

(Dufour); Fort-National lLx);.\ït Ali, Ain Taourden (Coss., 11. P.); 

Dellys;etc. 



HISTOIRE NATURELLE. 185 

Parietaria Mauntanica D. R. — Rochers, beaucoup plus rare : Djemaâ 
Saliaridj (Lx). 

— LusUanica L. — Région des contreforts; Ait Daoud (Lx). 
Theligonum Ctjnocrambe L. — Kab. Tesfadhant t qui fait gonfler les 

entrailles ». — Bougie, Toudja, Djemaâ Saharedj (Lx); etc. 
Ficus Carica L. — Ar. Kerma, — Kab. Tanqalet^ Tanqoult; la figue : 

Ar. Karmous, — Kab. Tabehhsist; Zém Ametchi spontané C. C. 

rochers, bord des ruisseaux dans la montagne cultivée en grand 

par les Kabyles. 
Morus nigra L. — Ar. Toula. — Cultivé dans les vergers kabyles. 

— alba L. — Cultivée Bougie, Tizi Ouzzoft, Dellys, etc. 

CELTlDftES. 

Geltls australis L. — Ar. K'eih'ob^ Guigob^ Tenaz. — Kab. Ibik'ès. — A. 
C. dans toute la Kabylie. 

IILMACÉES. 

Ulmas campestris L. — Ar. Nechein. — Kab. Ocelmou. — C. C. 

CUPULIFÈRES. 

Quercus îusitanica Lrak. Var. Mirbeckii{Q. Mirbeckii, D. R.). — Ar. Zan. 
— Kab. Tec/tt; 3lba? C. C. C. — Dans toute la région montagneuse- 

— s. var. angusUfolia Trabut, Fl, Alg.y marabout de Sidi Brahim à lak- 

kouren (Trabut). 

— s. var. microp/ujUa Trabut. Bouira (Trab.). 

— s. var. subpedunculaia Bouira (Trabut). 

— castaneœfolia A. Mey.; Q. Âfarez Pomel. — Kab. Afaris ou Afarez 

Forêt deTaourirt guiril, d'Akfadou, Dj. Afroun Trifrit, etc. 
-- f. virescens Trab. — Akfadou (Trab.). 

— f. incana Trab. — Akfadou , Taourirt (Trab.). 

— Suber L. — Ar. Fernan. — Kab. Iggui, Azdel, Afema — C. C. C dans 

toute la partie siliceuse de la Kabylie. 

— Ilex var. Ballota — Ar. Bellout. — Kab. Tasaft, Abelloul. C. C. C. 

surtout dans les terrains calcaires. 

— coccifera L. — Ar. Kei^ouch bellout-el-Hallouf, Akenoucli Akechrit, — 

Sables entre le cap Djinet et Tembouchure de Tisser. 

— kabijiica Trab. (Suber X Castanexfolia) Akfadou, Taourirt guir'il.' 

— Numidica Trab, (CaslaneœfoUa X Suber) -^ Q.pseudo suber var. cas- 

ianeœfoUa Wenzizr; Q. Pseiido su6er (Coss. , D. R.), no» Sanvti 
nec Desf. 
—Morisii Borzi (ilex X suber) Bouira (Trabut), 

— Mirbecku X ilex Trabut. — Bouira (Trab.). 

Castanea vesca L. — Cultivé. Il en existe un très vieux à Daoud Ain. 



- 'i^^îTW^ 



186 LA KABYLIE. 

JUGLANDÉES. 

Juglans jrgia L. — Ar. et Kab. Djouz. — Cultivé par les Kabyles dans les 
terraÎQS calcaires du Djurjura. 

SALICINÉKS. 

SsAiiL purpurea L. — R. vallée du Sebaou (Lx). 

— pedicellata Desf. — Ar. Aoud-el-ma « Tarbre de Teau » , Khilaf, — 

Kab. Tafsent, — A. C. en Kabylie. 
Populas alba L. — Ar. Çafçaf, — Bougie, vallée de Toued Sahel, bord du 
Sébaou et de Toued Aïssi. 

— nigra L. — Même nom indigène. Bords du Sébaou et de Toucd Aïssi 

où il est bien spontané. Planté à Tizi Ouzzou et ailleurs. 

— fastigiata Poir. — Ar. Harhora, — Montagnes aux environs de Pa- 

lestro où il existait longtemps avant la conquête. 

BETULINÉES. 

Alnus glutinosa L. — Ar. Aoud-el-Âhmar t le bois rouge ». — Kab. 
Açr'arsif pour Açr'ar ouacif t l'arbre de la rivière ». — Très 
commun le long des cours d'eau du Djurjura. 

GNÉTACÈES. 

Bphedra Nebrodensis Tineo {Ephedra Grœca C. A. Mey.). — Ar. Alenda. 

— Djurjura (Batt. et Trab.). 

— fragilis Desf. — Kab. Azrena, Arzoum d'après Meycr. — Bougie, cap 

Djinet (Lx). 

CONIFÈRES. 

Gallitris guadriralvis Vent. {Thuya articulata DesL). — Ar. Aràr me- 
glouh,—Kdh, Teghargharf ;Amelzi. —Embouchure du Sébaou (Lx). 

Janiperus Oxyccdrus L. — Ar. Taga, — Kab. Tamerbout. — Bougie 
(D R.); A. C. dans le Djurjura. 

— nana Willd. — Ar. Taga. — Kab. Tamerbout. — Pelouses du haut 

Djurjura. 

— Phcenicea L, — Ar. Ardr, Djinda. — Falaises près Bougie et le long 

du littoral. 
Gedrus Libani Barrel. var. Atlantica Coss. (C, AUantica Manetti). — 

Ar. Meddady Begnoun, — Berb. IngxieL Iguenguea, Abaoual* 

Tout le haut Djurjura. 
Taxus baccata L. — Kab. Teifouzzel, Kifouzzel « arbre de fer », Teurch. 

— (jà et là dans la région des cèdres. 



HISTOIRE NATURELLE. 187 

Pinus Pinea L. — Cultivé pour son fruit. — \r. Çnouher, le fruit : Zgougou, 

— Ualepensis Mill. — Ar. Çnoubet, — Kab. Azoumbai^ Bolda. — 

Bougie, oued Sahel, Alt Ouâban. — Rare dans le Djurjura. 

MONOGOTTLÉDONÉES. 

ALISMACKES. 

Damasoniam fiourgœi (]oss. — Bougie (Coss.). 

Alisma Planlago L. — Kab. Mcsasat bouaman u plantain d'eau ». — 
Commun partout : Bougie, vallées du Sébaou, de Tisser, etc. 

PALMÉES. 

Ghamœrops humilis L. — Ar. Doum. — Kab. Taguezdomt y Tezzomt , 
Ousser; Ousran, — Commun dans toute la région basse. 

PhsBnix dactylifera L. — Ar. Nekhla. — Kab. Tazdaïf , la datte : Téini. 
— Planté ça et là pour rornement. 

COLCIIICACÉES. 

Golchicum Bertolonli Steven. — Aomar (Batt. et Trab.). 

— SteteniYi,\v[ïX\\. — Kab. Abdouquûire^ « qui prend à la gorge ». — Agou- 

ni-el-Haoua , Tizi boulma (Lx). 

— autumnale L. — Kab. Abàouq, — A. C. dans toute la Kabylie. 
Merendera filifolia Cambess. — Contreforts; Drâ-el-Mizan (Thév.). 

LILIACÉES. 

Tulipa Celsiana Redouté vùr. fragrans (T. fragrans Munby). — A. C. sur 

les coteaux et dans les forêts ; Djurjura. 
Fritillaria Mauritanica Boiss. et Reut. — (F. Metsanaisis Coss. olim 

non Rafln sec. Baker) (F. Oranensis Pomel). — Bougie (Kremer); 

Chellata (Lirou); Djurjura oriental (Lx). 
Gagea pnlymorpha Boiss. — Chellata (Lirou); Tizi-IIout, Ait Daoud (Lx). 

— fibrosa Rœm. et Schult {Ornithogaluin fibrosum Dcsf.). — Contre- 

forts (Lx); Drâ-el-Mizan (Romain, Thév.). 
Muscari neglcctum Guss. (M, At/antieum Boiss. et Reut.). — Kabylie 

(Batt. et Trab.). 
Bellevalia comosa Kunth. — C. C. à peu près partout. 

— dubia Rœm. et Schult. — Drâ-el-Mizan (Thév.). 
Scllla parviflora Desf. —A. C. coteaux. Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— autumnalis L. — C. C. dans tonte la Kabylie. Drâ-el-Mizan (Thév.): 

Palestro (Lx); etc. 

— obtusifolia Poir. — C. en Kabylie : Bougie (Dufour) ; Palestro (Lx) ; etc. 

— Peruvlana L. [S, /temispfuerica Boiss.). — A. C. Bougie, Ait Iratan 

(Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.); etc. 



1 



188 LA KABYLIE. 

SciUa lingulata Poir. — C. C. Bougie (Coss.); Palcstro (Lx)j Drâ-el-Mizan 
(ïhév.). 
var, longifolia, — Djebel Tigrimount (Lx). 

— Jristidis Coss. — Kabylie (O. Deb.). Ravin d*Iakkotiren , Tamgout des 

Alt Djennad, Agoulmim Aberkan, Tala Guizan (Lx); etc. 
Endymion campanulatus L. {Scilla campanulala Ait. E. patulus Gren. et 
Godr., var. algerienxisBatX. etTrab.). — Haut Djurjura : Tirourda, 
Ïizi-Hout, Tamgout Aïzer (Lx). 
Urginea maritima Boiss. {Scilla maritima L.). {Urginea scilla Steinb.) 
Ar. Onsel, Pharaoun^ Brol ed'-dib « oignon de chacal ». — Kab. 
Iklil. — C. C. partout. 

— anthericoides Steinb. {Scilla anthericoides Poir.). — Acherchour-en- 

Tensaout, Tala Guizan, col d'Akfadou (Lx). 

— fugax Steinb. — C. C. coteaux, contreforts et montagnes. 
Omithogalmn arabicum L. — C dans la région des contreforts, Ait Iraten 

(Lx); Drâ-el-Mizan (Tbév.), etc. 

— iSarbonense L. — A. C. dans les moissons et cbamps cultivés. 

— umbellatum L. — C. C. à peu près partout. 

var. Bœlicum (O. Bœticum Boiss.). — A. C, en Rabylie. 

Uropetalum serotinum Glaw. (Dipcadi serotinum Medic). — Tizi-n-Tlela 

(Coss., IL P.). 
AUinm subhirsutum L. — Aît Daoud (Lx). 

— roseum L. — Ar. Bçol-el-Khela a ail du désert ». — Commun partout 

broussailles, cbamps, coteaux. 

— triquetruni L. — Environs de Bougie, oued Sabel, baies des contreforts 

(Lx), etc. 

— Chamœmoly L. — Commun dans le Djurjura, Drâ-el-Mizan (Tbév.). 

— pallens L. — Commun dans toute la Kabylie. 

— nigrum L. — Toudja (Lx). Tifrit (Lirou); Akbou, vallée du Sébaou Lx); 

(Drâ-el-Mizan (Tbév.); etc. 

— Trichocnemix J. Gay. — Gouraïa (D. R.). 

— sativum L. — Ar. Toum. — Kab. Ichcher. — Cultivé assez abondam- 

ment par les Kabyles. 

— Cepa L. — Ar. BçoL — Kab. Abçol. — Cultivé. 

— torrum L. Ar. Qorrath, — Cultivé par les Européens. 

— /impeiopras^im L. — Ar. Bcol-ed-dib. — Kab. Âbçol bouchchen « oi- 

gnon du chacal ». — Agouni-el-Haoua, cap Djinet (Lx); etc. 
Asphodelus microcarpus Viv. — Ar. Beroiiag, — Kab. Jberouag. — Très 

commun partout. 
Asphodeline tutea Rehb. (Àsphodehts luteus L.). — Commun dans tout le 

haut Djurjura. 
Phalangium Liliago, Schreb. var. algeriensis (Ph. algeriense Boiss. et 

Reut.). — A. C. dans les endroits humides du Djurjura. 
Simethis bicolor Kunth. {Phalangium bicolor D. C). — Cbellata (Lirou); 

forêt d*Akfadou, Vit Idjer (Lx); etc. 



--,^,-TTJ-JT- ' 



HISTOIRE NATORELLE. 189 



ASPARAGIJNEES. 

Asparagus albus L. — Ar. Sekkoum. Kab. — Isekkim. — A. C. coteaux, 
région des contrerorts, etc. 

— acutifolius L. — Commun dans les haies, le long des chemins. Fort- 

National, Aït ïdjcr (Lx); etc. 

— stiputaria Forsk {A. horridus L. f.). L. — Ar. Sekkoum, — Kab. Isek- 

kim, — Maillot (Lx). 

— officinalis L. — Sables marécageux à l'embonchure de Tisser (Lx). 
Rascus aculeatus L. — Ar. Aneb ed'-d'ib « raisin de chacal », Khizana. 

— Kab. Areradj, — Çà et là dans tout le Djurjura. 

— Itypoglossum L. — Ar. Kakka fel Ouerga. — Ravins et haies des 

contreforts : forêts d'Akfudou, Djebel Afroun, etc. 
Smilax aspera L. — Ar. Zegrech , Alenda, — Kab. Izkerclii. — Commun 
dans les haies des contreforts, dans les ravins et les bois. 
var. Mauritanka (S, Mauritanica Poir.). Un peu plus rare que le 

. type. 

DIOSCORÉES. 

Tamus communis L. — Ar. Louai « la liane n ^ Fachrachim, — Kab. //s- 
berbour bouchchen « la treille du chacal •. — C. C. haies et brous- 
sailles. 

IRIDÉES. 

Trlchonema bulbocodlum Ker. — Commun dans le Djurjura. Rougie (Cau- 
vet); Drâ-el-Mizan (Thév.); Azib des Ait Kouû (Coss., H. P.); etc. 

— Columnœ Rehb. {Komulea ColumnxSeh, et Maur.). — Bougie (Cauvet). 

— Linaresii Gren. et Godr. (Homulea Linaresii Pari.), var. — Tamgout 

Aïzer (Balt. et Trab.). 

— Rouyanum (Homulea Rouyana Batt.et ïrab.). — Dellys (Batt. et Trab.). 
Gladiolus segetum Gawl. — C. C. moissons (Batt. et Trab.); Bougie (Lx); 

Drâ-el-Mizan (Thév.), etc. 
— Byzantinus Mill. — Bougie, Akbou (Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.). 
Irisjuttcea Poir. — Ar. Boits (Thév.), Nouar Tekouk « fleur de coucous ». 

— Coteaux secs. Tala Meknea (Lx) ; Drâ-el-Mizan (Thév.); etc: Les 
bulbes sont comestibles. 

— spuria L. — Ait Idjer; Djemâa Saharidj. 

var. Reichenbachiana, — Plaine de Bougie (Lx). 

— fœtidissima L. -— Embouchure de l'oued Summam (Lx). Commun 

surtout dans la région des contreforts. 

— Pseudo-Acorus L. — Assez commun dans la vallée du Sébaou et à 

Tembouchure de Tisser. 

— unguicuiaris Poir. (/. slylosa Desf.). — Commun sur les coteaux et 

même dans la montagne. 



1 



190 LA KABYLIE. 

Iris Sisyrlnchium L. — C. C. C partout. 
— alata Poir. (/. scorpiotdes Desf.). — Coteaux, broussailles. Bougie, 
embouchure de l'Isser (Lx) : etc. 



AMARYLLIDÉES. 

Leucoimn auhtmMale L. — Bougie (D. R.); Palestro (Lx); Drâ-el-Mizan 

(Thév.). 
Narcissus Tazetta L. var. aègericus (N, algirus Pomel). — Assez commun 

dans les lieux humides, le Djurjura; Tizi-Boulma (Lx); Drâ-el- 

Mizan (Thév.); etc. 

— serotinus L. — Coteaux secs. Drâ-el-Mizaa (Thév.). 

— elegawt Spach. — Bougie (I). R.); contreforts (Lx); Drâ-el-Mizan (Thé?.). 
Agave Americana L. — Ar. Sebbara (nom de Taloès). — Planté en haies et 

subspontané. 
Pancratiom maritimum L. — Plages sablonneuses : embouchures de la 
Summam et du Sébaou ; cap Djinet (Lx). 

— coWnum Coss. et D. R. {P, fœtidum Pomel). — Crevasses des rochers 

dans le Gouraïa. 



ORCHIDEES. 

Aceras anthropoph^ra R. Br. — Forêt de Boni. (Lx); eootreforts du Djur- 
jura, ravins près Fort-National (Lx). 

— intacta Rehb. f. iOrchis intacta Link). — Ait Daoud (Lx); Drâ-el- 

Mizan (Thév.). 
Loroglossom hircinum C. Rich. {Satyrlum hircinum L.) — Tizi-n-Koui- 

lal, Tabbourt Bouzgueur (Lx); Drâ-el Mizan (Thév.). 
Serapias IJngua L. — C. C. broussailles, coteaux (Batt. et Trab.); pelouses 

et prairies dans la région des forêts (Lx). 

— cordigera L. — Ça et là parmi les asphodèles : Tala Guitan (Lx): Drâ- 

el-Mizan (Thév.). 

— occultata J. Gay. {S, laxiflora var. paroiflora Rehb. f.}. — Broiis^ 

sailles, coteaux; Drâ-el-Mizan (Thév.); etc. 
Anacamptis pyramidalis C. Rich. (Orchis condensata Desf.). — Tifrit, 

forêt d'Akfadou iLx). 
Orchis coriophora L. — Grandes forêts de chênes : Tifrit (Lx). 
var. fragrans Boiss. (O. fragrans Poil.). — Bougie, Akbou (Lx). 

— pseudo'sambucina Tin.; Rehb. f. (O. Markusii. Tineo). — Taourirt 

Gnir'il (Batt. et Trab.). 

— provincialis Balb. (O. lœta Steiuh.). — IzerTaoun (Lx). 

— papiUonacea L. — A. C. pelouses humides : Ait Idjir, Tala Guitan (Lx). 

— lactea Poir. (O. acuminaia Desf.). — Aâsez commun sur les coteaux et 

parmi les broussailles. 



HISTOIRE NATURELLE. 191 

Orchis iongicruris Link. — Vallée du Sébaou près TiziOuzzou (Tliév.); çà et 
là sur les coteaux. 

— païens Desf. — Région des forêts de chéaes. Akfadou, Aït Idjir (Lx). 

— longicornu Poir. — C. C. coteaux et broussailles : région des contre- 

forts : Fort-National (Lx) ; etc. 

— mascuia L. — Akbou (Lirou); Tiz-Ougoulmim (Durand); montagnes 

au dessus de laisser (Thév.). 

— laiifolia, L. var. — Forêt d'Akfadou, djebel Afroun (Lx); Drâ-el-Mi- 

zan (Thév.); Azib des Aït Koufl (Coss., H. P.). 
Barlia longibracteata Parlât. (Orchis longibracteata Biv.) (O. liobertiana 

Lois.). — Vallée de Tisser près Bordj Menaïei (Lx). 
Ophrys lutea Cav. — C. C. partout. 

— fusca Link. — Également commun. 

var. .itlantka (O. ÀlUintica Munby). — Akbou (Lirou). 

— Spéculum Link. — DriX-el-Mizan (Thév.). Broussailles du littoral. 

— tenthredinifera Willd. — Commun sur les collines partout. Ait Daoud 

(Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— bombyliflora Link. (O. tabamfera Willd.) — Plus rare que le précé- 

dent. — Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— apifera Huds. — Ça et là. Agouni-el-Haoua (Lx); Drâ-el-Mizan 

(Thév.). 
Platanthera montana Schmidt. (Orchis chlorantha Cust.) — Forêt d'Akfa- 

dou (Lx); Kabylie (Batt. et Trab.). 
Gephalanthera A'/p/<o/7%//7^m Rehb. f. — (Serapias A'iphophyllum L. f.) 

(S. ensifoUa Murr.) — Forêt d*Akfadou (Lx); Chellata (Lirou). 
Limodorum aborUvum Sw. — Toudja, forêt d'Akfadou, Acherchour-en- 

Tensaout, Akbou (Lx); Ait Kbalfoun (Thév.). 
Epipactis latifoUa Ail. — Taourirt-Guir'il, forêt d'Akfadou (Coss., Lx); 

cèdres près Lalla Khadidja (Mares); Alt Daoud, Aït Yala (Lx); etc. 
Spiranthes autumnalis C. Rich. — R. Drâ-el-Mizan (Thév.). 



JONCAGINEES. 

4 

Triglochin laxiflorum Guss. — Collines près Maillot (Lx); Drâ-el-Mizan 
(Thév.). 

— maritimum L. — Embouchure de la Summam (Lx). Serait peut-être le 

BarrelierL 

POTAMÉES. 

Potamogeton nalans L. — Tala Semda (Coss., Lx). 

— pol/jgoni/oUus Pourr. — Tala Semda (Coss., Lx); Acherchour-en-Ten- 

saout (Lx). 

— lucens L. — Étang des Aït Khalfoun (Coss., H. P.). 

— tricho'des Chamisso. — Étang des Aït Khalfotm (Coss., H. P.). 
ZannichelUa palustris L. — Djurjura (Lx) ; Drâ-el-Mizan (Thév.). 



LA KABYLIE. 



zosteraci^:es. 

Pâsidonla Oceantca Uelcli (P. Caul'mi Kœnig). — C. partout , le loog de la 

côie : Bougie, Dellys, etc. 
Cymodoc«a nodosa Ascliers. {Zostera nodosa lier,) {C. xqitorea Kep,). 

— Bougie, Dellys (l.x). 

LEMNACÊES. 
Lemna minor L. — Tala Meknea (Lx). 

AROIDÉES. 

Biaram liovei Bliinie. — Kali. Tikitmovt. — Tabbourt Bousgueur (Lx) ; DrU- 

ri-Mizaa {Tliév.l. 
Arisarum milgare Taig. — Ar. Bon Gougija. — Kab. /fbgoug. — C. C. C 

partout. 
A.mm ilalicutn ton. —hr.BouGouga. —Kab. /tOgovg.— C. C. C. partout. 
Ambrosinia Ùassii L. — A. C. partout dans les broussailles. 

TYPHACÉES. 

Tfpba anguHiJoUn !.. — Ar. Bourdi, — Kab. Tabamla. — Oued Saliel, 
vallées du Sébaou et de Tisser. 

— lalifolia L. — Étang des Ait Kbalfoun (Coss., H. P.). 

JONCÉES. 

Lnxnla Forsferi I). C. — (ïrandes forêts de clifnes : Agoulniini Aberkan 
(Li). 

— nodulosa E, Mey, {L. Grxca Kuntb). — Forêt de Taourirt (iuir'il K^ss.l; 

Torét d'Akradoit, Meclimel des Ait Daoud, Agouni-el-llaoua <Lx): 
Clieltata (Lirou); etc. Tout le liant Djurjura. 
JancoB fjlavcus Elirh. {J. in/lexus L-). — Ar, Smar. — Kab. ^semmar 
(noms génériques). — C. C. dans le DJurjitra. 

— effusus L. var. congtameratut (J. conglomertilus L.}. — Tala Semda 

{Coss,, Lx) ; Tizi-n-Tleta iCoss., H. P.). 

— tnarititmu Lmk. — A. C. sur le littoral ; oued Sahcl (Liron). 

— acutui L. — Bougie, vallées du Sébaou et de Tisser |Lx) ; Drâ-el-Mizan 

(Théf.). 

— obtusi/lorus Ehrii. — Environs du cap Djinct, dans la vallée de Tisser. 

— mulliflorus Desf. — Prairies marécageuses. C. Ait Idjer. (l.x) ; etc. 

— Iieterophylhis L. Dut {J. Àtlanlicus Laharpe). — AkTadou; Tala 

Semda (Cu&s., Lx). 

— lampocarpus Ehrh. — Tala Tasibamtli, .Vit Y ii la (l.x); DrJ-el-Mizan 

(Théï.); Tizi-n-Tleta (Coss., II. P.); etc. 

— FontaneMl J. Gay. in Laharpe {J. strialvs Coss. et D. R. non Schousb.). 



HISTOIRE NATURKr.LE. 193 

Drâ-el-Mizan , Tizi-n-Tleta (Coss., H. P.); ça et là dans le Djur- 
jura. 
Jancus Fontanesii var. macrocephalus. — Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— valvatus Link. var. caricinus (J, caricinus D. R.). — Imeclieddalen. 

AU Yala, Tizi-Boulma (Lx); Drâ-el-Mizan (de Brettes, Thér); ïizi- 
n-Tleta (Coss., H. P.). 

— Tenageia Ehrh. L. — Drâ-el-Mizan (Coss., H. P.). 

— foliosus Desf. — A. C. région des forêts de chênes : Akfadou Acher- 

chour-en-Tensaout (Lx) ; etc. 

— bu/onius L. — C. C. C. dans les lieux humides. 

— capitatus Welg. — Marais à Test de Tisser (Lx). 

CYPÉRACÉES. 

Carex divisa Huds. — Tizi-Boulma (Lx); Drâ-el-Mizan (Romain, Thév.). 

— vulpina L. — Bougie, Agouni-el-Haoua, embouchure de l*Isser (Lx); 

Drâ-el-Mizan (Thév.), etc. 

— muricata L. — A. C. Bougie; Acherchour-en-Tensaout, djebel Afroun 

(Lx); Drâ-el-Mizan, Bordj Bor'ni (Coss., H. P.). 
var. divulsa (C, divulsa Good.). — C. dans toute la Kabylie. 

— Linkii Schiiuhr {C. Gynomane Bert.). — Acherchour-en-Tensaout (Lx). 

— halleriana Asso (C, gynobasis Vill.). — Bougie (D. R. , Dufour); 

Toudja (Lx). 

— maxima Scop. — Région des forêts de chênes, bord des ruisseaux; 

forêt d' Akfadou , Agoulmim Aberkan (Lx). 

— glauca Scop. — Embouchure de Tisser (Lx). 

var. sermlata (C, serrulata Biv.). — Drâ-el-Mizan (Tliév.). 

— cchinata Desf. — Bougie (D. R.); forêt d'Akfadou, Imecheddaleo. 

— distans L. — Bougie, Imecheddalen (Lx) ; Chellata (Lirou). 

— flava L. — Aïnser-el-Asakeur près Tirourda, Tizi-Boulma (Lx). RR. 

— punctafa Gaud. — Région des grandes forêts de chênes ; Taourirt 

Guir'il (Coss., Lx); Acherchour-en-Tensaout (Lx). 

— sylvatica Huds. — A. C. dans la même région, le long des ruisseaux. 
Scirpus Saoli Sebast. et Maur. — A. C. au bord des fontaines et dans 

les endroits tourbeux des contreforts et du Djurjura. 

— lacustris L. — Étang des Ait Khalfoun (Coss., H. P.). 

— Holoschœnus L. — C. C. partout. 

— maritimus L. — Drâ-el-Mizan (Thév.); étang des Aït Khalfoun (Coss., 
Fimbrystylis dichotoma Vahl. — Rebeval, lit du Sebaou (Trab.). 
Schœnus nig^ricans L. — A. C. Bougie, oued Sahel, embouchure de 

Tisser, etc. 
Cyperus schœnoides Gne&^h. (Schœnus mucronatus L.). — Embouchure des 
rivières : la Summam, le Sébaou, Tisser, etc. 

— iongus L. — Petite plaine de Bougie (Lx). 

var. badins J. Gay. (C. badins Desf.). — Ar. Salda. — Kab. Tirelt 

(nom générique). — Tizi Ouzzou, Drâ-el-Mizan, Tizi-n-Tleta (Coss., 

— fuscus L. Rebeval lit du Sebaou (Trab.). 

I. 13 



194 L4 KABYLIE. 

Cjrperas rolundush. (C. O/eramïarg., Tozz.). — Bougie (D. R., Duf.); Drâ- 
el-Mizan (Coss., H. P.). 

forma tetrastachyos {C. telrastachyos Desf.). — Âlliivions de 

l'oued Sahel près Akbou (Lx). 

— esculentus L. — Ar. Hablhel-A-ùz « le fruit du bien aimé ». — Bougie 

(Cauvet). Quelquefois cultivé pour ses tubercules. 

— flavescens L. — A. R. Ait Idjer, Oued Aïssi (Lx). Rebeval (Trab.). 
Heleocharis jDa/u5/m R. Br. — Entre les Ait Idjer et Djemâa Saliaridj (Lx). 



GRAMINEES. 

Zea Mays L. — Ar. Mesihoura t Tenveloppée » , Dhourra. — Kab. Ak'bal^ 

— Cultivé surtout dans les jardins. 
Anthoxantham odoratum L. — C. C. partout en Kabylie. 

var. ovatum. — Vallée du Sébaou (Coss., H. P.). 

Phalaris canariensis L. — Ar. Berraka. — Kab. Jbsis. — Vallée du 

Sébaou (Lx); de Tisser (Coss., H. P.) ; etc. 

— brachystachys Link. — Oued Summam (Lx)-, Souk-el-Djemâ, vallée 

de risser (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.)-, Tizi-n-Tleta. 

— paradoxa L. — Bougie, Akbou (Lx); vallée de Tisser (Coss.); Drâ- 

el-Mizan (Thév); Tizi-n-Tleta (Coss., H. P.); etc. 

— truncata Guss. — Vallées du Sébaou et de Tisser, Tizi-Ouzzou (Coss.). 

— noflosa L. — Kab. Sibous, — Embouchure de Toued Summam prés 

Bougie (Lx); Tala Semda (Coss., Lx). 

— cxrulescens Desf. — Embouchure de la la Summam et de Tisser (Lx), 

Souk-el-Djemâ , Tizi-n-Tleta (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 
Oplismenus Crus Galli Kunth {Panicum Crus Galli L.). — Scherridhcn. 
Digitaria sanguinalis Scop. — Bougie (D. R.). 
Paspalum distichum L. — Tizi Ouzou, Rebeval (Trab.). 
Panicum miliaceum L. — Quelquefois cultivé. Oued Sahel. 
Setaria viridis P. B. — Bougie (Dufour). 

— glauca P. B. -— Environs de Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— verticillata P. B. — Lieux cultivés, fossés ; Ait Fraouçen (Lx). 
Penicillaria 5/)zVa/a Willd. (Pcnnisetum typhoideum Rich.}. — Ar. Dhrâa. 

— Kab. llnL — Cultivé en Kabylie. 
Erianthus Raoennœ P. B. (Saccharum Ravennx L.). — Dellys (Duv. Jouve). 
Imperata clylindrlca P. B. — Bougie, Akbou, sables du cap Djinet. 
Hemarthria fasciculata Kunth. — Bougie (Dufour). 
àorghum Jlalepense Pers. — Ar. Dhourra. — Kab. Tadkhamt. — Lieux 

frais, fossés : Bougie (D. R.); plaine du Sébaou (Lx); etc. 

— vulgare Pers. — Ar. Bechna, — Cultivé abondamment. 
Androposon hirtus L. — C. C. C. partout. 

Pollinia distachya Spreng. (Andropogon dislachyon L.). — Bougie 

(D. R.); forêt d'Akfadou (Lx). 
Grypsis alopecuroides Schrad. — Bords inondés de Toued Summam : 
Alopecurus pratensis L. var. ventricosus, — Drâ-el-Mizan (Thév.). 



HISTOIRE NATURELLE. 195 

Alopecums bulbosus L. var. macrostachyus (A. mcCcrostachyus Poir.). 

— Col d'Akfadou (Coss., Lx) ; Drâ-el-Mizan (Tliév.). 

Phleum pratense L. var. nodosum (P/t. nodosum L.). — Taourirt Guir'il 
(Coss., Lx); Azib des Ait Kouû (Coss., II. P.). 

— Bcphmeri Wib. (Phalaris phleoides L.). — Tirourda (Batt. et Trab.). 

— Gerardi Ail. — Tamgout Aïzer (Batt. et Trab.). 

Mibora minima Desf. — Plaine du Sébaou (Lx); Dfâ-el-Mizan (Thév.). 
Lafi^urus ovatus L. — C. C. C. partout. 

Agrostis alba L. — Tala Tahammant (Ait Yala) , embouchure de Tisser (Lx). 
var. coarctata (Coss. et D. R. — Djurjura occidental (Coss., H. P.). 

— Heuieri Boiss. (^. capillaris Desf. non L.). A. alba, var. Fontanesii 

D. R. — Bougie (D. R.) ; Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— castellana (A. olivetorum Godr.). — Taourirt Guir'il (Coss., Lx). 

— verticillata Vil!. — Oued Sahel près d'Akbou (Lx). A. C. en Kabylie. 

— pallida D. C — Vallée du Sébaou (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 
Gastridium lendigerum Gaud. — C. C. C. en Kabylie. 

Polypog^on Monspeliense Desf. — A. C. dans les lieux humides : embou- 
chure de la Summam et de Tisser (Lx) ; Drâ-el-Mizan (Thév.) ; etc. 

Ammophila arenaria Link. — Cap Djinet (Lx). 

Piptatherum miliaceum Coss. {Agrostis miliacea L.). — Plaine de Bougie 
(Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.). — C. C. dans les haies et broussailles. 

Stipa pennata L. — Oued Sahel (Lx); Lalla Khadidja (Batt. et Trab.). 

— parviflora Desf. — Maillot (Batt., Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— tortilis Desf. — Sidi Yahia près Bougie, Toudja, Akbou (Lx) ; etc. 
Arthratherum Sahelicum Trab. {Aristida Sahelica), voisin de A. plu- 

mosum. — Oued Sahel (Batt. et Trab.); alluvions près Akbou (Lx). 
Gynodoa dactylon Rich. — C. C. dans toute la Kabylie. 
Spartinaytmcea Willd. — Ar. Keççaba. — Sables maritimes : Kabylie (Meyer). 
Echinaria capUata Desf. — A. C. partout. 
Gorynephorus articulatus P. B. — Versant méridional du Djurjura : 

Imecheddalen, Tala Rana (Lx); etc. 
Aira caryophyllea L. — Akbou (Lx); Djurjura occidental, près de Bordj'- 

Bor'ni (Coss., II. P.). 

— capillaris Host. — Taourirt Guir'il (Coss.); forêt d*Akfadou (Lx); 

Fort-National (Batt. et Trab.); Palestro, Tigîrimount (Trab.). 
Deschampsia flexuosa Nées {Aira ftexuosa L.). — Tamgout Aïzer (Batt. 

et Trab.). 
Holcns lanaius L. — AU Ali (Coss., IL P.). 
Arrhenatherum elatlus Mert. et Koch, var. bulbosum. — Kab. Azekkoun. 

— A. C. dans le Djurjura. 

Gaudinia fragiUs P. B. — C. C. dans toute la Kabylie. 
Avena saliva L. — Cultivé par quelques Européens. Subspontané à Drâ-el. 
Mizan, Tizi-n-Tleta (Coss., H. P.). 

— sferilisL. — A. C. en Kabylie; Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— barbaia Brot. — Vallée de Tisser. 

— falua L. — Bougie (Cauvet). 

— bromoides Gouan ; L., var. australis — Commun dans le haut Djurjura. 







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196 



LA KABYLIE. 



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Avena macrosiachya Balansa. — A. C. sur les pelouses du haut Djurjura et 

des forêts de cèdres. 
Trisetam flavesrens P. B. — Commun dans toute la montagne. 

— paniceum Pers. (Avena panicca Lmk.) Trisetum neg/ectum Rœm. et 

Schullz. — Oued Sahel près d'Akbou (Lx). Vallée du Sébaou, 
Drâ-el-Mizan (Coss., H. P.); cap Djinet (Lx). 
Kœleria phleoides Peft. — Lieux stériles, bord des chemins, A. C. 

— hispida D. C. — Bougie, vallée de Tisser (Coss.). 

— pubescens P. B. — Oued Sahel près Akbou (Lx). 

— cristata Pers. — Tizi-n-Imecheddalen (Lx). 
var. glauca. — Oued Sahel (Batt. et Trab.). 

Phrafi^mites communis Trin. — Ar. K'rob. — Kab. Tar'aninU. — Cours 
d'eau, mares, fossés, C. C. C 

— var. Isiaca. — C. dans les marais. 

Amndo Donax L. — Ar. K'çob. — Kab. Ar'anim, — Cultivé dans les jardins 
et plantt'* en haies. Allusions du Sebaou. 

— Pliniana Turr. (Mêmes noms indigènes). — - C. C. surtout dans les 

vallées. 
Ampelodesmos tenax Link. — Ar. Dis. — Kab. Jdics, Idlés. — C. C. C. 
Gynosurus cristatus L., var. pobjbracteatus {C. polybractealus Poir.) {C. 

Crisla gallx Munby). — A. C. dans toute la Kabylie. 

— elegans Desf. — C. dans la région montagneuse. 

— echinatus L. — Ïizi-Ouzzou (Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— Batansx Coss. et D. R. — Forêts de ïaourirt Guir'il et d'Akfadou 

(Coss., Lx); Djurjura (Lx). 
■Lamarckia aurea Mœnch. — Murs, rochers, talus. Commun partout. 
Melica a7ea/a L. — Akbou (Lx); Tizi-Ouzzou, vallée de Tisser (Coss., 
H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

var. Nebrodensis (M. Nebrodensts Pari.). — Azib des Aït Kouû 

(Thév.); embouchure de Tisser (Lx). 
var. bra^hyantha Ilackel. — Djurjura (Batt. et Trab.). 

— Cupani Guss. — Djurjura (Batt. et Trab.). 

— minuta L., var. saxatilis. — Bougie (D. R.); grand phare a Bougie. 
var. ptjramidalis (M. pyramidalis Desf.) {M. mintUa var. lalifo- 

lia Coss.). — Bougie (Cauvet). 

— uniflora Retz. — Forêt d'Akfadou, cap Djinet (Lx). 
Gatabrosa aquatica P. B. — Bougie (D. R.). 

Glyceria^ti//an* R. Br., var. plicata Griseb. — Ait Idjer (Lx); Tala Semda. 

var. spicata (Gl. spicata Guss.) x\ït Khalfoun (Batt. Trab.). 

Briza maxima L. — Kab. Djikor-en-Tiouinas ^ « la perle des boucles 
d'oreilles i. — C. C. à peu près dans toute la Kabylie. 

— minor L. — Bougie, prairies des forêts (Lx); Drâ-el-Mizan (Thév.). 
Sclerochloa dura P. B. — Toudja, Akbou (Lx). 

Eragrostis vulgaris Coss. et Germ., var. megastachya (Briza Eragrostis L.). 

— Plaine de Tisser près Bordj Menaïel (Lx). 
Poa annua L. — C. C. C partout; Drâ-el-Mizan (Thév.); etc. 

— Jlpina L. var. Bivonœ. — Ait Ouban vers l.TOO" (Batt. et Trab.). 



HISTOIRE NATURELLE. 197 

Poa DJurjurx Trab. — Col de Tirourda, Tamgout Aïzer (Batt. et 

Trab.). 

— bulbosa L. — C. C. C. partout en Kabylie. 

— trivialis L. — C. C. C. partout. 

JEluropus liltoralis Pari. var. llUoralis (Poa liUoralis GouaD). — Dellys 
(Trab.). 

Dactylls glomerala L. — Ar. Medjema « l'étoile ». — Kab. Àffar. — Abon- 
dante partout. 

var. Hispanica [D, Ilispanica Roth.). — Oued Sahel, Akbou 

(Lx). 

Bromus sterilis L. — Djurjura, au dessus de Bordj Bor'ni (Coss., IL P.). 

— Madritensis L. — C. Bougie, Akbou (Lx) \ Drâ-el-Mizan (Thév.). Tizi- 

n-Tleta, Ait Ali (Coss., II. P.); etc. 

— rigidus Roth. — C. C. en Kabylie. 

var. Gussonii, Coss. et 0. R. {B. Gussonii Parlât.) — Drû-el-Mlzan 

(Thév.). 

— tectorum L. — Commun. 

— ^ rûbem L. — Lieux incultes, C. ; Bougie (D. R.); Ait Iratcn (Lx); etc. 

— macrostachyus Desf. — Ar. Char-el-llallouf et Kab. Anzad guUef 

poil de sanglier ». — C. C. en Kabylie. 

— Jlopecuros Poir. (B. contortus Desf.). — Fort-National (Batt. et Trab.) 

— squarrosus L. — Akfadou (Lx); Djurjura occidental (Coss.) ; etc. 

— intermedtus Guss. — Bougie (D. R.). 

— mollh L. — C. C. partout. 

var. leiostachys. — Embouchure de Foued Summam (Lx). 

— erectus Iluds. — A. C. sur le haut Djurjura. 

Festuca aerulescem Desf. — Bordj Menaiel (Lx); Drâ-el-lVlizan (Thév.). 

— spadicea Gouan, var. Durcnidoi Hack. {F. Durandoi Clauson). — Forêt 

d'Akfadou (Lx); Kabylie (Batt. et Trab.). 

— ovina var. duriuscula Koch (F. duriuscula L.) — Tizi-n-Tesenneut 

(Coss., IL P.). 

var. DJutjurœ Trab. — Haut Djurjura (Batt. et Trab.). 

var. lœois. — Sommets du Djurjura (Batt. et Trab.). 

— Allantlca Duc, Jouv. — Bougie, Akfadou, Djurjura (Batt. et Trab.). 

— arundinacea Schreb. — Embouchure de la Summam (Lx); vallée du 

Sébaou, AitKoufi (Coss., IL P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— Sicula Presl. — Oued Summam (Lx); Taourirt Ir'il (Coss., Lx); Drâ- 

el-Mizan, Bordj Bor'ni (Coss., IL P.); etc. 

— Mf/uros L., var. scluroides (/•'. Sciuroldes Roth.). — Bougie ((^auvet). 

— geniculata AVilld. — Oued Summam (Lx) ; Tizi-Ouzzou, vallée de Tisser 

(Coss., H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— Liguslica Bert. — Plaine de Bougie (Lx). 

— rigida Kunth {Poa rigida L.). — Oued Sahel près xVkbou (Lx). Tizi- 

Ouzzou, Tizi-n-Tleta. (Coss., IL P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

— maritima D. C. — Embouchure A\\ Sébaou près Dellys (Lx). 

— Poa Kunth (triticum Poa D. C.) var. aristata, — Kabylie (Batt. et 

Trab.). 



198 LA KABYLIE. 

Brachypodlnm sylvaticum Rœm. et Schult. — A. C. en Kabylie. 

— pinnatum P. B. — Bougie (D. R.); Taourirt Guir'il et forêt d'Akfadou 

(Coss., Lx); Drâ-el-Mizm (Thév.); etc. 

— distachyon Rœm. et Schult. — Bougie, Toudja, Akbou (Lx); Tizi-Ouz- 

zou, Tizi-n-Tleta (Coss., H. P.); etc. 
Liolium perenne L. — Ar. Ziouan, — Commun en Rabylie. 

var. Italicum. — C. dans les plaines et sur les contreforts. 

7nultiflorum Coss. et D. R. (L. muUiflorum Lmk). — C. C. champs, 

moissons. 
var. rigidum (^oss. et D. R. (L. rigidum Gaud.). — Drâ-el-Mizan 

(Thév.). 

— tetnukrUum L. — A. C. dans les moissons. 

var. speciosum Coss., et D. R. (L.speciomm Koch). — Drâ-el-Mizan 

(Thév.) ; etc. 
Hordeum murinum L. — Ar. SbouH-el-Far^ « Tépi de la souris ». — Rab. 
Tlmzin bour'ioul, « orge d'âne ». — C. C. C. partout. 
var. major. — Plaine de Bougie (Lx). 

— maritimum AVith. — Commun sur le littoral : Bougie, etc. 

— bulbosum L. — Assez commun partout, depuis Bougie jusqu'au Tam- 

gout Aïzer. 

— Caput Medusx Coss. et D. R. {Elymus cnniius Schreb.). — Kab. Tikdert 

bour'ioui, « Tépi de l'âne ». — Djurjura (Lx); Drâ-el-Mizan 
(Thév.). 

— FAiropxum AU. — Bois montagneux, Djurjura (Batt. et Trab.); Drâ- 

el-Mizan (Thév.). 

— vulgare L. — Ar. Chair ^ « poilu ». — Kab. Tlmzin. — Cultivé. 

— kexastichum L. — Cultivé par les Européens. 

— dUtichum L. — Aussi cultivé mais plus rarement. 

Secale Céréale L. — Cultivé exceptionnellement par quelques colons. 
Triticum sativum Lmk. — Ar. Guemh'. — Kab. Amendi, Imendi Irden. — 
Cultivé surtout par les Européens. 

— lurgidum ]j. — Cultivé, mais très rarement. 

— darum Desf. — Cultivé abondamment par les indigènes. 

— repens L. — Ar. Guezmiry Khafour. — Kab. Affàr. -- C. C. C. Infeste 

souvent les moissons. 

— junceum L. — Sables maritimes : cap Djinet (Lx) ; etc. 

iEgilops ventncosa Tausch. — Ar. Guemh' et IJadjila, « le blé de la per- 
drix ». — Lieux incuites, plaines. Oued Sahel (Lx). 

— ovata L. — Ar. Hachichet-el-Uadjela « l'herbe de la perdrix ». — 

Champs, bord des chemins. C. C. (]. 

var. Iriartstata Coss. etD. R. ( f>\ triaristata AVilld.). — A. C. 

var. trlspiculata Hack. ap. Batt. et Trab. — Région montagneuse, 

Djurjura, Fort-National (Batt. et Trab.). 

— triticoides. — Drâ-el-Mizan (Batt. et Trab.). 

— triuncialis L. — Çù et là en Kabylie, Tizi-Ouzzou (Coss., H. P.). 
Lepturus incurvalus Trin. — Oued Sahel, près d'Akbou (Lx). 

— fiUformis Trin. — A. C. dans toutes les parties basses de la Kabylie. 



HISTOIRE NATURELLE. 199 

Monerma, CfjUndrica Coss. et D. R. (Lepturus cylindricus Trin.). — Vallée 
de risser et embouchure du fleuve (Coss., Lx). 



FOUGÈRES. 

Ceterach ojficinarum C. Bauli. — Commun sur les contreforts et le Djur- 
jura. 

Notochlœna ^cllea R. Br. — Tizi-n-Clierià (Lx). 

Polypodium culgare h. — Sur les arbres et les rochers. C. C. dans la ré- 
gion montagneuse. 

Gymnoc^amme leptophtjlla Desv. (Gram?nULs leptophf/lia Sw.). — Forêt 
d'Akfadon (Lx);Tizi-Ouzzou(Coss.,H. P.); Drâ-el-Mizan (Thév.). 

Pteris aquilina L. — Kab. Ifilkou (du latin filix). — Abondant dans toute 
la région montueuse de la Kabylie. 

— hngifolia L. (P. lanceolata Desf.). — Rivière de l'Est chez les Ait 

Yenni (Lx). 
Athsrriam fiiix feminea Roth. — Iakouren (Trab.). 
Cheilanthes fragrans Mett. (Polypodium fragrans L.) (Chnlanlhes odoi'a 

Sw). — C. contreforts, grandes forêts, Djurjura. 
Adiantum Capillus Feneris. L. — (]. C. au bord de toutes les sources. 
Scolopendriam officinale Sw. — Grandes forêts de chênes : Akfadou, 

Agoulmim Aberkan, djebel Afroun, Iakkouren (Lx) ; etc. 

— Ilemionitis Cav. — Bougie (D. R.) ; grand phare à Bougie (Lx) ; Toudja 
Asplenium Hemionitis L. {A, palmatum Lmk.). — Gouraïa (Lirou). 

— Trichomanes L. — C dans toute la Kabylie. 

— lanceolatum Huds. — Dellys (Batt. et Trab.). 

— Adiantum nigrum L. — Assez commun en Kabylie. 

y ar. m yirgilii Boiss. — Toudja, forêt d*Akfadou (Lx); Tazrout 

(0. Deb.); Tizi-Ouzzou (Coss., H. P.); cap Djinet (Lx). 

— Petrarc/ix D. R. — Bougie, Gouraïa (Batt. et Trab.). 
Gystopteris fragilis Bernh. — Acherchour-en-Tensaout (Lx) ; Chellata 

(Lirou); Ait bou Addou (H. P.). 
Nephrodiam rigidum Desv. (Aspidium rigidum Sw.) (Var. australe 

Tn.) {Sephrodium pallidum Bory et Chaub.). — Ait bou R'erdan 

(Lx); Tamgout Aïzer (Thév.). 
Aspidium aculeatum Sw., var. angulare. — Ait Ouâban, Ait Daoud, Ait 

boudrar (Lx). 
Osmunda regalis L. — Ar. Ferech bent es Solthan^ « le lit de la fille du 

Sulthan ». — Kab. Taret't'ast. — Bord des ruisseaux dans les grandes 

forêts de chênes : Agoulmim Aberkan, djebel Afroun (Lx); etc. 

Les Kabyles font manger cette fougère à leurs bœufs pendant 

l'hiver. 

MARSILÉACÉES. 
Piluiaria minuta D. R. — Vallée de Tisser (Thév.). 



< \ 



^ 



200 



LA KABYLIE. 



ISOÉTACÉES. 

Isoetes Perralderiana D. R. et A. Lx. — Ruisseau au dessous de Taia 
Semda (Lx). 

— relata A. Br. — Agoulmim Aberkan (Lx). 

— hystrix D. R. — Pelouses des montagnes^ Chellata (Lirou): Hadjar 

bou-el-Haia près Drâ-el-Mizan (Thév.); etc. 

— Duriœi Bon'. ~ Kabylie (O. Deb.); sommets gazoïmés de la chaîne 

littorale (Lx). 

ÉQUISÉTACÉES. 

Eqoisetam Tel/naleia Ebrh. — Mechmel des Aït Daoud (Lx); AU Ismaïl 
(Coss., H. P.). 

— ramosissimum Desf. — Akbou, ^Vït Idjer, embouchure de l'Isser (Lx); 

I)rà-el-Mizan (Thév.). 



LY(:OPODL\CKES. 

Selaginella denticulata Link. — Ar. Khezz. 
des chemios creux. 

CHARACÉES. 



— C C le long des talus et 



Cbara fœlida A. Br. — A. C. dans la région maritime. 

var. gymnophylla A. Br. (C. gymnophylla A. Br.). — Ar. Kh^zz- 

el-ma, « mousse d'eiîu ». — Étang des Aït Khalfoun (Thév.}. 
— fragilis Desv. — Rabylie (Lx). Abonde à la Reghaîa. 
~ coronata TÀ7A A. Br. — Étang des Aït Khalfoun (Coss. et IL P.). 



RÉSUME. 



Renonculacées 32 

Berbéridées 1 

Pupavéracées 8 

Fumariacées 6 

Crucifères. 78 

Capparidées 1 

Cistinées 20 

Violariées 3 

Résédacées 5 

Polygalées 3 

Frankéniacées 2 

Silénées. ... 62 

Linées 8 

Malvacées 15 

Géraniacées 21 

llypéricinées 9 



Acérinées 

Ampélidées 

Oxalidées 

Zygophyllées . , 

Rutacées 

Aurantiacées. . . 

Coriarées 

(^éiastrinées 

llicinées 

Rhamnées 

Térébinthacées 



3 
1 
2 
1 
3 
4 
1 
1 
1 
5 
4 



Légumineuses 184 

38 

1 

4 

1 



Rosacées. . . 
Granatées . . 
Onagrariées 
(^ircéacées. . 



HrSTOlRE NATURELLE. 



201 



Haloragées . . . 
Callitrichinées. 
Lythrariées. . . 
Tamarlscinées 

Myrtacées 

(Uicurbitacées. 
Portulacées. . . 



2 

1 

5 

8 

1 

7 

2 

Paronychiées . 14 

Crassulacées 18 

Cactées 1 

Fîcoidées 2 

Grossulariées 2 

SaxLfragées 4 

Ombeilirères 81 

Araliacées 1 

Caprifoliacées 7 

Rubiacées 29 

Valérianées 12 

Dipsacées 12 

^ 1 Coryoïbifères 74 

4» l 

V3 1 

S, < Cinarocéphales 62 193 

S / 

o f 

^ \ Chicoracées 57 

Lobéliacées 1 

Campanulacées 11 

Ericacées. , 

Primulacées 

Oléinées '. 

Jasminées 

Apocynées 

Asclépiadées 

Gentianées 

(convolvulacées 

(^usculées 



4 

8 

; 6 

3 

1 

2 

6 

9 

2 

BoragiQées 27 

17 

7 

34 

7 

1 

4 



Solanées 

Verbascées 

Scrofiilariiiées 

Orobanchées 

Acanthacées 

Verbénacées 

Labiées 61 

Globiilariées 1 

Plombaginées 8 

PlantagÎQées 11 



Phytolacées 2 

Salsolacées 15 

Amarantacées 6 

Polygonées 16 

Laurinées 1 

Thymélées 5 

Santalacées 3 

Euphorbiacées 19 

Aristolochiées 

(^ytinées 

Urticées 

(^eltidées 

Ulmacées 



3 

1 

11 

1 

1 

Cupulifères 10 

1 

5 

1 

2 

8 

2 

2 

4 

36 

7 

7 

13 

7 

29 

2 



Juglandées 

Salicinées 

Bétulinées 

Gnétacées 

Conifères 

Alismacées 

Palmées 

Colchicacées 

Liliacées 

Asparaginées 

Dioscorées 

Irldées 

Amaryllidées 

Orchidées 

Joncaginées 

Potamées 

Zosteracées 

Lemnacées 

Aroidées 

Typhacées 

Joncées 

(^ypéracées 24 

Graminées 148 



5 
2 
1 
4 
2 
16 



Total des phanérogames. 1.591 

Fougères 20 

Marsiléacées 

Isoétacées 

Équisétacées 

Lycopodiacces 

Characées 



1 
4 
2 
1 
3 



Total général 1.622 



202 LA KABYLIE. 



CATALOGUE 



DES MOUSSKS DE LA KABYLIE DU DJURJVRA 



ACROC\RPES. 

PHASGÉES. 

1 Phascum rectum Scli.; Syn., p. 20. — Tizi-Ouzzou, Belloua (Gaod.). 

WEISL\CÉES. 

2 Eucladium verlicUlatum L. ; Sch., p. 45. — Djurjura. 

3 Hymen ostomum microstomum Sch., p. 34. — Bougie (D. R.). 

4 — toriile Schwaegr. ; Scli., p. 35. — Bougie (D. R.). 

5 Gymnostomum calcareum Nées et llorns.; Scli., p. 40. — Ait Idjer (Let.). 

6 'Weisia ciridula Dill; Sch., p. 51. — De Fort-National à Afensou (Lx). 

7 — mucronaia Brueh; Sch., p. 53. — Bouïroun (Gand.). 

8 DicranoiTtreisia cirrhata Hcdw. ; Sch., p. 55. — Fort-National (Let.). 

9 Dicranella varia Hedw. ; Sch., p. 74, var. tenuifolia, — Tifrit naïl- 

El-Hadj (Let.). 

10 Dicranium scoparium L. ; Sch. p. 91. — Tala Guizan, forêt d*Akfadou. 

11 Campylopus brevipilus Sch., p. i06. — Aït Idjer (Let.). 

FISSIDENTACÉES. 

12 Fissidens incurvas VV. et M.; Sch., p. 112. — Contreforts du Djurjura 

(Let.). 

13 — pusiilus Wilh.; Sch., p. 113. — Bou Khalfa (Gand.); Rabylie (Lel.). 

14 — exilis lledw. ; Sch., p. — Ait Idjer (Let.). 

15 — crassipes Wils. ; Sch., p. 113, var. Philiberti Besch. — Bougie (Phil.). 

16 — serruialus Brid. ; Sch., p. 117, var. ^/r/ra nw* Besch. — Akfadou, Ait 

Daoud (l^t.). 

17 — laxifoHus L. ; var. Bonoaleti Sch. et Par. — Forêt d' Akfadou (Let.). 

18 — adianlhoides DiW. : Sch-, p. 119. — Haut Djurjura (Let); Kabylic 

(Trab.). 

19 — grandi frons Brid.: Sch., p. 121. — Forêt d'Akfadou (Let.). 



HISTOIRE NATURELLE. 



(:eratoi>ontacees. 

30 Ceratodon purpureus L. ; Scli., p. I3â. — Tizi-Ouzzoïi (Gaad.)- 

SI Leptotrichnm yifj^t'cau/e Scliagr. : Suli. , p. 143. — J>jurjiira (Nicaise)i 

Kabjlie (Trab.). 
33 — sttbttlatum Briich. ; Scli., p. 143. — Kabylie <Trab.). 
33 Distichinm eaptllaceum L.; Scb., p. 14G. — Col de Tirourda (Trab.): 

Jurjiira iNie.i. 

porri.u;ÉES. 

3-1 Pottia minuluta Scbgr. ; Sch., p. ISI. — Le loag lies taltis à Forl-Na- 

lional (l.et.). 
24 — truHctila 1,. ; Sch., p. 153. — Kort- National (Let.(. 
3(> — lanceoiala Diks. [Jnaciilijpta Hoelil); Scb., p. 157. — Fort-NatioDal 

(O. Deb.); Anidjer(Ul.). 
27 TPichoBtoiniim crispûlum Br. ; Seh., p. 171. — Dellys tLel.|. 
38 — flaio-vii-ens Br. ; Sch., p. 17-1. — njurjiira (Nicaîse). 
2!) — barbula Schwgr. ^ Scb., p. 177. — Fort-^Vational lO. Deb.; Lel.l. 

30 — niliduin Liod.; Scb., p. 173. — Kabylie. 

31 Barbnla nmbigua Br. et Sch. — Kabylie {Gand.). 
33 — aioidet Koch; Sch., p. 191. — Ait Idjer (Ut.). 

33 — membroHifolia Kocb; Scb., p. 102. — Bougie il). R.). 

34 — alrovirens Sm.; Sch., p. 19J. — njiirjtira (O. Deb.). 

35 — cuneifolia Diks. ; Sub., p. i»8. — Fort- National, Isser (Lel.). 

36 — marginala Br. et Scb.; Scb., p. 199. — Ait Idjer, Agoulmim Aber- 

kan<Let.). 

37 — muralixh., Scb., p. 301. — Tizi-Ouzzou (Gand.); Forl-Naiional (I,et.). 

38 — un/juiculata Dill. ; Scb., p. 203. — Dellys (Let.|. 

39 — /ii/toj; lledw. ; Sch., p. 30.i. — Tiii-Ouzzoïi (Gand.). 

40 — cylindrica Tayl.; Scb,, p. 308. — Djurjura (Nicaise). 

41 — cinealU Brid. ; Sch., p. 20'j. — Fort-National (Let.i; Kabylie (Trab.). 
43 — Wa(rt D. II. et Mont. — Fort- National (I.*!.). 

43 — concoluta Uedw.; Scb., p. 214. — Ait Idjer, Akfadou (Let.). 

44 — squarrota Brid.; Sch., p. 221. — Kabylie (Gand.). 

4i — subulata L. : Sch., p. 333. — Uordj Boghui (Cuss.) ; Fort- .National ( Let.). 
4G — inermU Br. ; Sch., p. 224. — Forl-National (Let.). 

47 — IxBipila Brid. ; Sch., p. 236. — Akfadou iLet.)-, Kabylie (Gand.). 

48 — ruraUs L.; Sch., p. 329. — Auiy/'e ll>- I'-); Djurjura (Trab., Gand.); 

Fort-National (Lel.). 

49 — MUUeri Br. i Scb., p. 333. — Djebel Djurjura. 

GIIIMMIACËES. 
&0 CincUdotns fonliaaloides lledw. : Scli., p. 336. — Djurjura (Lci,). 



304 LA KABYUE. 

SI Orvimmïa. apocarpa L.-. Suh. , p. 339. — Tablabalt (Let.); Djurjiira 

iTrab.). 
à2 — pultinala Dilt. ; Scli., p. 3-18. — Fort- National, Afensou, Tablabalt 

(Let.). 
as — lrickopkijlla{JTt^.\ Sch.,p. 256, var. meridionalU. — Ait Idjer (Let.). 
SI — — var. tfnella. — Rochers dans la forêt d'Akfadou (Let.). 

55 — feucopAaa Grev. ; Scii. , p. 261.— Korft d'Akfadou (l-et.). 

56 — commutala Hiib. ; Sch., p. 263. — Fort- National, Djiirjura (O. Deb.). 

57 Racomitrinm canesams Hedw. ; Scli., p. 2S0. -~ TJzi-Oiizzoïi (Gaod.), 

stérile. 

58 — acicttlaie Brid. ; Scb., p. 239. — Aït Idjer (Let.). 

59 Hedwigia dilata Dlcks.; Scb., p, 234. — Akfadou (Ut); Tizi-Oiizzou. 

60 Zygodon virldîtximus Diks. ; Sch., p. 29Ô. — Kabylic iTrab.). 

CI Orthotrichom anomafuin Iledw. ; Sch., p. 300. — Forêts de chénes- 
liège. Ait Idjer, Akfadou, Kort-NatioDal (Let.). 

62 — cupulatum lloiïm. ; Sch., p. 313. — Djebel Afroun, forêt d'.4kfadou 

(Let.); Tirourda (Trab.). 

63 ~ pumitum Swartz; Sch., p. 263. — Fort-National iLet.|!... 

B4 — fallax (Sw.l ; Schwgr. ; Sch., p. 2&J. — Fort-Satioual (I,et.). 

65 — leneUuiii Br. -. Sch., p. 365. — Tizi-OuzzOu (Gaod.). 

66 — affine Schrad. ; Seh., p. 265. — Forêt d'Akfadou, Ait Daoud (Lei.). 

67 — païens Br. ; Sch., p. 267. — .Vit Idjer (Let.). 

6S — rufieitre SchleicI). \ Sch., p. 270. — Djebel Afroun (Let.). 
ea — diaphasium Schrad.; Sch., p. 277. — Fort-National (Let.). 

70 - leiacarpum Br. et Scli. : Sch., p. 278. — Mecliniel des Ait Daoud (Let.). 

71 — l.i/ellU Ilook. etTay].; Sch., p. 27». — Tizi-OuzzouiGaud.). 

ENCAI.YPTÉRS. 

72 Enc&lypta vttlgarU Iledw. ; Sch., p. 341. — Fort- National, Thabboiirt 

Bouzgueur (Let.i. 

PHYSCOMITRIÉES. 

73 Bntostbodon Templetoni Ilook.; Scli., p. 379. — Fort-National (Let.). 

74 — ciirEisettii Sch., p. 318. — .Vit Idjer (Let.j. 

75 Fnnaria ci/n(>-ea Walil. ; Sch., p. 320. — Forêt d'Akfadou |Lel.); Bougie 

76 — cort('e.cu Spr. ; Sch.. p. 322. — Fort-Nulioual |Let.). 

77 — hijgromelrira L.; Sch., p. 323. ~ Fort-National, Djebel Afroun, Aït 

Idjcr (Let.); Djurjura (Nicaise); Tizi-Ouzzou iGand.). 

BRYACÉES. 

78 VTebera aMiotlna Iledw. : Sch., p. 339. — Sommet de I.alla Khadidja. 

79 — 7o;cci CreT. ; Sch., p. 343. — Fort- National (I,et.). 

80 Bpynm pendaliiin Schngr. illirnscli.l: Sch., p. 411. — Fort -National, 

gorges de Tisser \J.et.). 



r 



HISTOIRE NATURELLE. 205 

81 Bryum torguescens Br. et Scli.; Sch., p. 431. — Forêt d'Akfadou (I.et.). 
St — eryfhrocarpum Scligr. ; Sch., p. 436. — Fort-National, Afensou (I^t.). 
83 — atropurpureum Web. et Mohr. ; Sch., p. 438. — Djurjura, Thab- 

bourt Bouzgiieur (Let.). 
84 forma macrothecium. — Bougie (D. R.). 

85 — gemmiparum de Not.; Sch., p. 442. — Djurjura (Coss.); Bouïra. 

86 — cœspititium L. ; Sch., p. 443. — Entre Tizi-Ouzzou et Fort-NationaL 

87 — argenteum L. ; Sch., p. 449. — Djurjura (Let.). 

88 — capillare L.; Sch., p. 449. — Fort-National (Let.) ; Djurjura (T^ Perr.). 

89 - Donianum Grev. ; Sch., p. 454 {B. platyloma Bryol. Europ.). — Forêt 

d'ARfadou, Acherchour-en-Tensaout (Let.); Kabylie (Gand.). 

90 — psetido-triquelrum Hedw. ; Sch., p. 459. — Djurjura (Let.). 

91 — juliforme Solm. Laub. ; Sch., p. 466 (B. Julaceum Smith.). — Tifrit, 

Akfadou (Let.); col de Tirourda (Trab.). 

92 Mninm undulatum L. ; Sch., p. 476 forme à marge plus large, composée 

de 3 à 5 cellules. — Forêt d'Akfadou, Acherchour-en-Tensaout 
(Let.). 

93 — hornum L. ; Sch., p. 481. — Djurjura (Let.). Stérile. 

94 Aulacomnium palustre L.; Sch., p. 503, forme. — Djurjura (Nicaise). 

Stérile. 

95 Bartramia stricta Brid.; Sch.. p. 509. — Fort-National (0. Deb.); au- 

dessous de Tablabalt (Let.) ; Rabylie (Gand.). 

96 — pomiformis L.; Sch., p. 511, var. crispa. — Kabylie, Akfadou, Thab- 

bourt Bouzgueur (Let.). 

97 Anacolla H^ebbii Mont.; Sch., p. 513. — Kabylie (Let.). 

98 Philonotis fontana L.; Sch., p. 518. — Akfadou, Acherchour-en- 

Tensaout (Let.). 

99 — calcarea Br. et Sch.; Sch., p. 520. — Gorges de Tisser, Ait Daoud 

(Let.); Djurjura (Nicaise). 

100 Timmia Megapolitana Hedw.; Sch., p. 533. — Ait Daoud (Let.); 

crêtes du Djurjura (Let.; Nicaise). 

POLYTRICHÉES. 

101 Atrichum undulatum P. Beauv.; Sch., p. 534. — Forêt d'Akfadou; 

Agoulmim Aberkan (Let.). 

102 Pogonatum nanum Neck.; Sch. p. 534. — Fort-National (O. Deb.); C. 

dans les forêts du Djurjura (Let.). 

103 — aloides Hedw.; Sch., p. 551. — Tifrit, Akfadou (Let.). 

104 — urnigerum L.; — Ait Yahia (Let.) ex Sch. 

105 — alpinum Dill. L. — Ait Yahia (I^t.) ex Sch. 

106 Polytrichum formosum Hedw.; Sch., p. .S5I. — Tifrit, Tala Guizan (Let.). 

107 — Juniper inum Hedw.; Sch., 543. — De Fort-National à Djemâa Sa- 

haridj, Akfadou (Let.). 



lA KABYLIE. 



PLEDROCARFES. 



FONTmALACfiKS. 

intipyrelica L.; Scli., p. 56!. — Fontaines près Tirourda, 
izan près Akradou. Tifrit (l.et.). 

.MÎCKERACfcES. 

i/eromaWa H«l»-.;Scli., p. 561. — Alifadon, Tifrit (Let.). 

■nitkii Dicks.; Sch., p. âG2. — AkTadou (t«t.); Kabylic. 

nplanala L.: Scli., p. 569. — Ujurjiira (1^ Perr.|: Ir'zer 

en [T,et.). 

Ilook.; Sch., p. 566. — Djiirjura. 

iitroides L.; Sch., p. 574. — Fort- Nation al, Akradou (Let.). 

eylindrictts. — AU Idjcr (Let.). 
s gracile Oill.; Sch. , p. 575. — Tizi-Ouzzou (Gand.). 

CaUfomica Sull.; Sch., p. 577. — Tala Guizan , Alt Oua- 
.). 

FABRONIACÉES. 

\siHa Radd.-. Sch., p. 584. — Djebel Afroun, Akfadoti (J,e1.). 
olarisii Sch., p. 587. — Tizi-Ouzzou (Gaud.). 

LESKEACftliS. 

•iculala Ilub.; Sch., p. 508. — Kabylie (Gaod.). 
'Uirufosus L.; Sch., p. 601. ~ Kabylie, Tagucmmouut 
iand.). 

TIIUIDIÉF-S. 
•cognilum lledw.; Sch., p. 614. — Tizi-Ouzzou (Gand.). 



.Pttm fitiforme Hedw.; Sch., p. 61ê. — Agoulmim Aber- 

itd'Akradou(Let.). 

riata Scligr.: Sch., p. 630. — Tizi-Ouzzou, djebel Belloiia 

ife/)cn*Brid.;Sch.,p. 622. — Tizi-Ouzzoïi (Gand.). Stérile. 
mjurum Pull.; Sch., p. 639. — Djurjura (Let.; Nicaise). 
. graci/escens. — Aït Idjer (l*t.) ; Tizi-Ouzzou (Gand.l. 
iam iericeum L.; Sch., p. 633. — Rabylie (O. Deb.)t 
1 (Let.); Djurjura (Nicaise): Tizi-O.izzou (Gand.). 



HISTOIRE NATURELLE. 207 

185 hh. Var. méridionale. — Forêts du littoral (Lel.)- 

136 — Algerianvitt Btsc\i. {('.al. Mousses Alg.)— Djurjiira , près BurdjBo^lini 

(Cos.). 
121 — Phitip/ieanum Br, et Scli.; Scli., p. 633. — Taguemmount Azouz- 

128 Camptotheclnm aureum Lag.; Sch., p. 636. — Fort-Natiooal (0. Deb.); 

Bouiroun (Gand.). 

129 Brachythectam Liguaticitm de Not.: Scli., p. 64i. — Tala Guizaa 

(Let.). Stérile. 

130 — velutinum L.; Sch., p. 648, var. iniricalum. — Tala Guizan (Let.). 

131 — rutabvtum L.\ Scli., p. 653. ~ ForÉt d'Akradou (Let.); Kabylic. 

132 — popttleuiH lledw.; Scb., p. GSfi, var. nul/foKatum. — Ahradou (Let.). 

133 — plumosum Sw.; Sch., p. 657. — Tala Guizan (LeL|. 

134 Scleropodlom ilUcebrum Schgr.; Scb., p. 659. — Djurjura (O. Dcb). 

135 EDPhyncfaliun circinalum Brid.; Sch., p. 665. — C. dans la Kabylic 

136 — tlrialum Scbreb.; Sch., p. 666. — Tizi-Oiizzou (Gand.). 

136 6(« var. méridionale. — Kabylie (Trab.). 

137 — prxlongum L. ; Scb., p. 673. — Kabylie (LeL); Tizl-Ouzzou (Gand.). 

138 — Slokeini Turu.; Sch., p. 677. — Fort-Natioual (tt Deb.); Akfadou 

(Let.); Tizi-Onzzoïi (Gand.). 
r39 Rhynchosteglnm leneltum Dilis,; Scb., p. 680. — Forêt d'Akfadou 
(Let); Bougie. (D. R.|. 

140 — fOtt/i*r(w»iDik8.;Sch.,p. 683. — DjebelArroun, forêt d'Akradou(f^t.). 

141 — >nega;)o/ttanutnBland. ;Sch., p. 684. —Djnijura près Tirourda (Let.). 

142 — murale Hedw.; Sch., p. 685. — Agoulmim Aberkau , forêt d'Akfadou. 

143 ~- riuciforme Wils.; Sch., p. 686. — Fort-National , forêt d'Akfadoii. 

144 Thamntom alopecuruui h.; Sch., p. 6S8. — Forêt d'Akfadou, Tata, 

Giûzan (Let.). 

145 Pla^otheclnm sylvalicum L.; Scb., p. 700. — Forêt d'Akfadou (Let.). 

146 Hypnom aduncum Hedw.; Sch., 7S7. — Ait Idjer (I^t.). 

146 f/is var. A'nei^i. — Tala Gutzan, IgoulmitneD (Lel.). 

147 —fiUrinum L.; Sch., p. 740. — Djurjura (Lèl.). 

148 — commvtatum Hedw.; Sch., p. 741. — Tala Guizan, Ait Daoud (Let.): 

Djurjura (Nicaise). 

149 — fatcalum Brid.; Sch., p. 742. — Djurjura (La Perr.). 

tSO — molluicum Hed».; Sch., p. 769. — Crêtes du Djurjura, Ait Ouaban. 

151 — cupretsi/orme L.; Scb., p. 755. — C. en Kabylie. Foit-National 

(0. Deb ); forêt d'Akfadou, Tala Guizan, etc. (Let.). 

152 — cuxpidatum L. ; Sch., p. 789. — Fontaine près Tizi-n-Djeniâ (Let.). 

153 — purvm L.; Sch.. p. 701. — Tizi-Ouzzou (Gand.). 

154 Hylocomlum spkadens Hedw. ; Scli., p. 798, — Tizi-Qizzou (Gand.). 

155 — breeirostrum F.lirh,; Sch., p. 801. — Taguemmount Azouz (Gand.). 

156 — triqvetriun L.; Seb., p. 803. — Ait Idjer (Lcl(; Tizi-Oiizzou (Gand.). 



-5^rfrw^VJ 



208 LA KABYLIE. 



HÉPATIQUES. 



JUISGERMANNIEES. 

1 Scapania undulata Dum. (Jungerniannia undulata L.). — Akradou, 

Ait Idjer (Let.). 

2 Ghiloscyphas polyanthos Nées {/. polyantkos L.), var. rivularis. - 

Tala Semda près le col d'Akradou. 

3 Radula complanata Dum. (/. complanata L.). — Forêt d'Akfadou. 

4 Madotheca platyphylla (/. plaiyphyUa Dicks.). — Forêt d'Akfadou, 

Agoulmim Aberkan (Let.). 

5 — lœvigala Dum. — Grandes forêts de chênes, lakouren (Let.). 

6 Lejeunia serpyWfolia Libert (/. serpyUifolia Dicks.). — Forêt d'Akfa- 

dou, djebel Afroun (Let.). 

7 FmUania dilatata Nées (/. dilatata L.). — Forêt d'Akfadou (Lel). 

PELLIÉES. 

8 Fossombronia angulosa Raddi. — Foit-National dans les ravins. 

9 Pellia epiphylla Corda. — Kabylie (Trab.). 

10 Aneura mult\fida Dum. (Jungermannia muHifida Raddi). — Forêt 

d'Akfadou (Let.). 

MARCHANTIÉES. 

11 Lunularia vulgaris Meich. — Kabylie (Trab.). 

12 Rebottlia hemisphxrica Raddi, Nées (Marchantia hemisphxrica L.). 

— Fort-National, dans les ravins humides (Let.). 

13 Grimaldia die/toto?na Raddi. — Ravins au-dessous de Fort-National. 

14 Targionia hypophylla L. (7". Micheli Corda). — Fort-National (Let.). 

ANTIIOCÉROTÉES. 

!.'> Anthoceros punctatus L. — Forêt d*Akfadou (Let.). 

16 — Ixvis L. — Fort-National (Let.). 

RICCÏÉES. 

17 SphsBrocarpus Mlchelii Bell. Duby (S. ierrestris Micheli) (Targionla 

sphœrocarpa Dicks.). — Forêt d'Akfadou (Let.). 

18 Gorsinia marcliantioides Raddi. — Ait Idjer, forêt d'Akfadou (Lel.). 

19 Oxymitra pyramidata Bisch. {Riccia pyramidata Raddi.). — Forêt 

d'Akfadou, Ait Daoud (Let.). 

20 Riccia spinosissima Stephani. — Tigucrmount (Trab.). 

21 — lamellosa Raddi. — Adjiba (Trab.). 

22 — mamlllata Stephani in lilleris ad Trabut. —Adjiba (Trab.). 



HISTOIRE NATURELLE. 209 



FAUNE DE LA KABYLIE. 
MAMMIFÈRES ET OISEAUX. 



C0NSlDéR4TI0NS GÉNÉRALES. 

La Kabylie n'est pas riche en grands Mammifères; on com- 
prend facilement que les plaines découvertes et les contreforts, 
cultivés dans toute leur étendue par des populations agglomé- 
rées, ne leur présentent ni moyens d'existence ni repaires. Il sem- 
blerait qu'il dAt en être autrement des forêts du littoral et sur- 
tout des m£isses immenses du Jurjura. Hais ces rochers, si 
abruptes que soient les pentes , sont fréquentés pendant la belle 
saison par les troupeaux. 11 n'est pas de cime escarpée que ne 
foule, chaque jour, le pied agile des bergers, et, depuis long- 
temps , la haute montagne est veuve des Antilopes , des Gazelles 
ou des Mouflons à manchettes qui Tont habitée jadis, si toutefois 
ces races se sont aventurées aussi loin vers le nord^ 

Il est probable que les grandes futaies de chênes ont autrefois 
nourri ces bardes de Cerfs qui , au temps d'Énée , habitaient les 
côtés de la Numidie, et qui, aujourd'hui décimées par les armes 
à feu, ne se retrouvent plus que sur la frontière de la Tunisie. 

Le Sanglier, leur ancien compagnon , ne les a pas suivies dans 
leur mouvement de retraite : il existe encore en grande quantité 
dans la zone des forêts, où Ton rencontre aussi la Panthère, pour 
laquelle il constitue une proie facile et abondante. 

Le Lion ne se montre que rarement en Kabylie et ne quitte 
guère la vallée de l'oued Sahel. Quelquefois, cependant, il fait 
des incursions dans les bois, et parait même dans le Jurjura. 
Nous avons vu , près de Thabhourt Bouzgueur, une grotte où , 
dit-on, il vient chercher un refuge contre la neige. 

* La découverte récente d'ossements de grandes Antilopes et de Mouflons dans les 
grottes du littoral no laisse subsister aucun doute à cet égard. 

I. 14 



210 LA KABYLIK. 

L'animal qui semble caractériser la Kabylie est le Singe {Pi- 
thecus Inuus), On le retrouve aux gorges de la Chiffa et dans la Ka- 
bylie orientale ; mais nulle part ces quadrumanes ne sont aussi 
nombreux que dans la Kabylie du Jurjura. Leur multiplication 
est favorisée par le préjugé populaire qui voit en eux des hommes 
dont les ancêtres , ayant encouru la colère de Dieu , ont été privés 
de la parole ; aussi leur vie est-elle toujours épargnée , malgré 
leurs méfaits. Du phare de Bougie jusqu'aux gorges de Tisser, 
ils se montrent partout, et leurs déprédations font, surtout en 
automne , le désespoir des montagnards , qui emploient , pour les 
mettre en fuite et les écarter, la plus active surveillance et les 
moyens les plus bizarres. 

Si la vigilance des gardiens vient à se rel&cher un instant, 
les Singes , avertis par leurs sentinelles , ont bientôt dépouillé les 
arbres et dévasté les jardins. Lorsque le secours arrive, les ma- 
raudeurs sont déjà à l'abri, et du haut des rochers narguent le 
propriétaire furieux et désappointé. Quelquefois cependant leur 
gourmandise leur est fatale : la bande , gorgée de raisins, étour- 
die par le suc capiteux des figues mûres, se laisse surprendre, 
et abandonne aux mains des montagnards des otages ivres et 
titubants. 

Lorsqu'ils ont capturé un des malfaiteurs, les Kabyles lui 
attachent au cou un grelot et le l&chent ensuite. Le prisonnier, 
à peine rendu à la liberté , se met à la recherche de ses anciens 
compagnons; mais ceux-ci, effrayés du bruit insolite produit par 
leur camarade, refusent de le reconnaître et se sauvent devant 
lui. Il s'attache à leurs pas, et la troupe, toujours effrayée par le 
grelot persécuteur, s'enfonce dans les profondeurs de la mon- 
tagne , où elle reste longtemps à se remettre de son épouvante. 

Mais les grelots ne sont pas communs en Kabylie. Si l'on n'a 
pas sous la main cet instrument de terreur, on emprisonne le 
thorax du captif dans un gilet rouge artistement' cousu , et cette 
livrée de servitude produit sur les Singes le même effet que 
l'uniforme du gendarme sur les maraudeurs bimanes. 

Le groupe des carnassiers vermiformes et des petits félins est 
assez nombreux en Kabylie, où les poulaillers ont beaucoup à 



HISTOIRE NATURELLE. 211 

souffrir des ravages exercés par les Chacals , les Mangoustes , les 
Genettes, le Putois Bocamelle, etc. 

En revanche, on n'y voit pas ces troupes de rongeura qui in- 
festent les plaines du Sud. 

La grande classe des Oiseaux n^est représentée d'une manière 
brillante, dans le Jurjura, que par la famille des rapaces. On les 
aperçoit, tantôt posés au sommet des pitons ou sur les consoles 
des rochers, tantôt décrivant dans le ciel d'immenses spirales et 
se dirigeant vers les marchés , dont la voirie trouve en eux des 
agents officieux et protégés. 

Les Vautours , les Aigles , les Gypaètes , sont les dignes hôtes du 
Jurjura. Autour d'eux croassent Choucas et Corbeaux. 

La grâce cependant n^a pas été refusée à la montagne : elle y 
est représentée par les Hirondelles , les grands Martinets à ventre 
blanc , le Merle bleu et le Merle à plastron. 

Tous les jours en été , vers dix heures , on voit s'élever dans 
l'air en chantant , la troupe multicolore des Guêpiers. 

Dans les plaines, peu d'oiseaux; de temps à autre, une 
Alouette plane avec de joyeux gazouillements ; le Proyer se ba- 
lance au sommet d'une tige d^asphodèle, et le RoUier bleu se 
perche sur un buisson d'aubépine. Lorsque les chaleurs de Tété 
ont torréfié la plaine, à l'ombre des artichauts sauvages et des 
grands chardons, se réfugient la Caille d'Afrique et des com- 
pagnies de Poules de Carthage. 

Les rivières ne se peuplent de gibier que l'hiver. 

La région des contreforts est plus favorisée : les oiseaux chan- 
teurs et jaseurs se glissent dans les haies le long des chemins 
creux ; dans les vergers frais , le Rossignol chante , même à midi , 
perdu au milieu des branches et des pampres grimpants. 

Les grands bois sont silencieux , et leur majesté sombre n^est 
guère troublée que par le vol d'un Merle , le roucoulement mé- 
lancolique des Ramiers , le cri aigu de la Sittelle et le bruit sec 
produit par le bec des Épeiches frappant à temps égaux le tronc 
des vieux chênes. 

Parfois cependant passe dans les cimes une bande moqueuse 
et bruyante de Geais à tête noire, agaçant quelque Singe égaré. 



212 LA KABYLIE. 

Au bout d'un instant le bruit s'éloigne, et la forêt reprend sa 
solitude et sa tranquillité. 

Peu de naturalistes ont étudié les Mammifères et les Oiseaux de 
la Kabylie. M. Schousboë, qui, de môme que son père^ s est 
beaucoup occupé d'ornithologie , y a accompagné nos colonnes. 

Le commandant Loche ; seul , a particulièrement étudié cette 
partie de la faune kabyle. Il a rencontré près de Tizi Ôuzzou un 
des individus qui lui ont servi à établir une espèce nouvelle, la 
Genette Bonaparte. 

C'est grâce à la bienveillance avec laquelle M"' Loche, sa 
veuve, a bien voulu contrôler nos renseignements, que nous 
avons pu dresser, d'après la méthode suivie dans son catalogue , 
la liste à peu près complète des Mammifères et des Oiseaux de la 
Kabylie. 

MAMMIFÈRES. 



PRIMATES. 

SINGES. 

Pithectts Inuus E. GeofiFroy. — Le Magot, Buflbn. — Ar. Chadi, pLl ; 

K'erd, Xi. Kab. Ibki, pi. Ibkan; Iddou, pi. Iddaoun. — "Habite 
les ravins près de Bougie, la forêt d'Akfadou, les grands rochers 
du Jurjura. 

CARNASSIERS. 



CANIDES. 

Lupulus aureus Blainville (Canis aureus L.). — Le Chacal. — Ar. Dih, s^„^ ^ , 
Kab. Ouchchefij pi. Ouchchanen, — Commun partout. 

Vulpes ÀtlarUicus Bourguignat {Canis Vulpes var. Atlanticm Moritz Wa- 
gner, y, Alger iensis Loche). — Le tlenard d'Algérie. — Ar. Tsâlebj 
s^^^Atj . Kab. Abarer\ pi. Ibourar'. — Bois et collines rocheuses. 

■ 

Vulpes Niloticus Lesson {Canis Niioticus et Aigyptm E. Geoffroy). — Le 
Renard doré. — Ar. Tsâleb, v.^^j' . Kab. Abarer', pi. Jbourar', — 
La montagne. 

VIVEBRIDÉS. 

Hyœna striata Zimmermann. — L'Hyène rayée. — Ar. Dheba, f»-^, Kab. 
Jffis, pi. Iffisen, — Se trouve partout en Kabylie. ^ 



HISTOIRE NATURELLE. 213 

Mangusta Numidica G. Cuvier. — La Mangouste de Numidie, vulgaire- 
ment Raton. — Ar. Zerdi, ,^ij, et Zirda, Ôyj. K.ab. Izirdi^ 

pL Izirdiaoun, — Commun dans tous les endroits couverts et hu- 
mides. 
Gtonetta Àfra Fr. Cuvier. — Genette de Barbarie. — Ar. K'oth el-Khela^ 
bLir^i Li . Kab. Chebirdou , pi. Ichebourda, — Plaine du Sébaou , 
Tizi-Ouzzou (commandant Loche). 

— Bonapartis Loche. — La Genette Bonaparte. — Tizi-Ouzzou. 

FELIDES. 

Felis Lco L. — Le Lion. — Ar. Sbù^ f-y^'i S'atrf, *X)Lrf>; Àsed^ ^x.m.1. Kab. 

Izem^ pi. Izmaouen; Aïrad, pi. Airaden; Sid el-Hotuickchj « le 
seigneur des animaux; » Bab-en-Temourt, <c le maître de la terre. » 

— Assez rare dans les vallées de Tisser et du Sébaou ; se montre 
quelquefois dans les grandes forêts de chênes et dans la vallée de 
rOued Sahel. Il existe dans le Jurjura , près de Thabbourt Bouz- 
gueur, une grotte dans laquelle il se retire en hiver, d'après la tra- 
dition, pour se mettre à l'abri de la neige. 

— Pardus L. — La Panthère. — Ar. Nemeuvy y^i. Kab. Ar'ilaSy pi. 

Ir'ilasen. — Parties boisées de la Kabylie, surtout dans les endroits 
fréquentés par les Sangliers , dont ce félin fait sa nourriture habi- 
tuelle. 

— Serval Schreb. (F, Serval et Capensis L.). — Le Serval. — Ar. Oucheg, 

^Ij. Kab. Jmchick Boudrar, c Chat de montagne. » — Forêts et 
endroits humides des pays couverts. 

— Caracal L. — Le Caracal ou Lynx de Barbarie. — Ar. Ànag el-Erdh, 

^\^\ i^l-^^^î Bousboula^ SJ^---»y, « père de Fépi. » Kab. Oursel, 

— Parties boisées de la Kabylie, vallée de l'Oued Sahel. 

— Libyens Olivier. — Le Chat-Tigre de Libye. — Ar. K'oth el-Khela 

Oucheg^ bJs^l ]a3, ^^^j. Kab. Amchich Boudrar, c Chat de mon- 
tagne. » — Broussailles et ravins. 

— Catttë L. — Le Chat sauvage. — Ar. K'oth el-Khela^ biir^l )a3, Kab. 

Mo^ich Berran. — Habite les collines boisées au bord des plaines ; 
Oued Sahel. 

MUSTÉLIDÉS. 

Putoritts Bocamela De Selys Longchamps. — Le Putois Bocamelle. — Ar. 
Farel'Kheily J^ljli ; Nems, ÎL.^. Kab. Thader'ar'ats, pi. Thi- 
der'ar'athin. — Assez commun dans la région des contre-forts. 

Lutra vulgaris Erxib. {Mustela Lutra L.). — La Loutre. — Ar. Kelb el-Ma, 
•Ul ^.^JS', a Chien d'eau. » Kab. Ahjoun Bouaman, «Chien d'eau. • 

— Oued Sébaou, marais au pied des contre-forts des Ait Iraten. 



Phoca Monarhus Hermann. — Le Phoque à ventre blanc. — Habite les ro- 
chers et les grottes aux environs de Bougie. 



Thuralops Thursio P. Gervais. — Le Dauphin Nesarnak. — Ar. Denfil, 
J^O. — Habite les cites de la Kabylie et la rade de Bougie. 

PACHYDERMES. 

Stw Scrofn L. — Le Sanglier. — Ar. Ilalloufel-R'aba, ÂjLiJI ^ JU.. Kab. 
llef, pi. Ilfan. — Commun partout. 

CHÉIROPTÈRES. 

Tespertillo mtirinus L. — Le Vesperlilion des murs. — Ar. Tkfir el-Lil, 
jJJIjJs; Outhouislk, io.^J>.. Kab. Ametchourial, Azour'' 
itennal. — Grottes, vieux murs. 

Rhinolophus uiiihaslalvs GeolTr. — Le Rhiuoloplie unifer. — Ar. Tkeir 
el-lM. Kab. JMiir'nennaï. — Fissnres des rocbers. 

INSECTIVORES. 



SORtClDÉS. 

Sor«x tetragonurus Hermann. ~ La Musaraigne Carrelet. — Ar. Far 

el-Kkela, iiâr^l .L». Kab. Ar'erda et-Lekhela. — Enfirons de 

Dellys, vallées de l'Isser et du Sébaon. 
Croddnra .^/-onea De Selys Longcbamps. — La Musette. — Ar. Far el- 

Fkela, lii^l ,lj. Kab. Ar'erda d-Lekkela. — Dans les champs et 

les vergers. 
Ceo»»opuB fodten.1 Cb. Bonaparte. — Le Crossope aquatique. — Ar. Far 

el-Kliela. Kab. Ar'erda el-Lckheta. — Plaines et marais du Sébaou 

et de l'Oued Sabel. 

ÉBINICÉIDÉS. 

Erlnac«na Algirus Lereboiillet et Duvemoy. ~ Le Hérisson d'Algérie. — 
Ar. Ganfoud, ^jB^. Kab. Initi, pi. Initaoun. — Vergers et brous- 
sailles. 



HISTOIRE NATURELLE. 215 



RONGEURS. 



M t RIDES. 

Myoxus Munbijanus PomeL — Le Loir de Munby. — Ar. Far et-Ahela, 
Kab. Thader'ar'ats, — Région montagneuse. Vergers; contre- 
forts. 

Dipus Gerboa Desmarets. — La Gerboise. — Ar. DJerboa^ ^yj^* *^^* '^''' 
erda el-Lekheia, — Versant sud du Jurjura. 

Gerbillus Shawii Duvernoy. — La Gerbille de Shaw. — Ar. Far el-Khda. 
Kab. Àr'erda el^Lekhela. — Vallées : Sébaou, Oued Sahel. 

— Selfjsii Pomel. — La Gerbille de Selys. — Ar. Far el-Kheta. Kab. 

Ar'erda el-Lekhela, — Collines de la basse Kabylie. 

— Gerbii Loche. — La Gerbille de Gerbe. — Ar. Far el-Khela, Kab. 

Ar'erda el-Lekhela, — Collines boisées et vergers. 
Mus decumanus Palias. — Le Surmulot. — Ar. Far el-Khela. Kab. Ar'- 
erda. — Dellys, Bougie, Tïzi-Ouzzou. 

— Rattus L. — Le Rat noir. — Ar. Thobba, tX. Kab. Ar'erda. — Trop 

commun dans les villes et les villages. 

— Alexandrinus E. Geoffroy. — Le Rat d'Alexandrie. — Ar. Thobba^ 

Far, Kab. Ar'erda. — Habite les villes et les villages. 

— sylvaticus. — Le Mulot. — Ar. Far. Kab. Ar'erda el'Lekhela. — 

Champs et vergers. 

— Alglrus Pomel. — Le Rat d'Algérie. — Ar. Far el-Khela. Kab. Ar'- 

erda el'Lekhela. — Champs et vergers comme le précédent. 

— Musculus L. — La Souris. — Ar. Far^ A3. — Toute l'Algérie. 

— Barbarus L. — Le Rat rayé ou Rat à bandes. — Ar. Zeurdaniy ^^^su 

« le rayé. » Kab. Ar'erda el-Lehhela. — Commun partout aans les 
maquis. 

HYSTRI€IDëS. 

Hystrix crUtata L. — Le Porc-épic huppé. — Ar. Dheurban^ -A^ya Kab. 
A roui, pi. Arouin. — Toutes les parties rocheuses de l'Algérie. 

LÉPORIDÉS. 

Lepns MediterraneusL. — Le Lièvre méditerranéen. — Ar. Arneb, v-^jl. 

> Kab. Aouthoul, pi. louihal. — Se trouve partout en Kabylie. 
Ganicttlus Algirus Lereboullet et P. Gervais. — Le Lapin d'Algérie. — Ar. 

K'ounin, ^^y. Kab. Agounin^ pi. Igouninen. — Habite les bois 

et les broussailles de toute la Kabylie, surtout dans la zone du 

littoral. 



1 



216 LA KABYUE. 



OISEAUX. 



RAPACES. 

VULTUHIDKS. 

Oyps fulvus Ch. Bonaparle {l'uKur fultus Brissou). — Le Vautour fauve 
ou Griffon. — Ar. Nasser, j^, Kab. Iguider, pi. Igoudar. — 

Les grandes masses rocheuses du Jurjura et les falaises inaccessi- 
bles du littoral. 
Neophron Percnopterus Savigny. — Le Percnoplère, vulgairement le Fau- 
tour charognard. — Ar. Hukhma, l^s^j, Kab. Isi-'i, pi. Isr'an. — 
Commun partout où se trouvent des charognes. Niche dans le Jur- 
jura. 

GYPÀÉTIDKS. 

Gypaetus barbatus G. Cuvier. — Le Gypaète barbu. — Ar. ^gneb. y,^\is, ; 
Bou Lahia, JLar^ *;. Kab. JfaiAou, du latin Falco. — Ou le trouve 
dans le Jurjura. 

FALCONIDÉS. 

Aquila/c//ra Savigny. — L'Aigle fauve. — Ar. Jgueb, wlic. Kab. ,4falkou, 

— Jurjura et forêts de chênes. 

— nœvioides Ch. Bonaparte. — L'Aigle ravisseur. — Ar. .-igueh, Kab. 

Jfalkou. — Jurjura et vallée de Toued Sahel. 

Pseudaetus BonelUi Ch. Bonaparte. — L'Aigle Bonelli. — Ar. Agueb, Kab. 
Jfalkou, — Jurjura, forêts d*Akfadou et des Aït Idjer, le Gouraîa. 

Jeraetus pennatus Kaup. — L'Aigle botté. — Ar. Àgueb, Kab. Afalkou, — 
Région du Jurjura. Rare. 

Pandion Ifaiixtus Ch. Bonaparte. — Le Balbusard des rivières. — Ar* et 
kab. Bou Khafem^ v'Là.^, « le père de la bague. » — Cours in- 
férieur de risser et du Sébaou jusqu'au dessus de Tizi-Ouzzou. 

Gircaetus GalUcus Vieillard. — Le Jean-le-blanc. — Ar. Àgueb. — Plaines, 
Isser, Sébaou, Oued Sahcl. 

Buteo cinercus Ch. Bonaparte. — La Buse. — Ar. Jgiieb. Kab. Àfalhou. 

— Assez commune dans toute la Kabylie. 

— Cirtemis Ch. Bonaparte. — La Buse d'Algérie. — Ar. Agueb. — Forêts 

d*Akfadou et des Aït Idjer. 
Falco communis Briss. et F. peregrinus Briss. — Le Faucon. — Ar. El-Baz, 
;UI; Their el-IIor, .sM yJs, Kab. El-Baz. — Grands rochers du 
Jurjura. 



HISTOIRE NATURELLE. 217 

Hypotriorchis Subbuteo Ch. Bonaparte. — Le Hobereau commun. — Ar. 

Bou Âftieïra, iL^^. Rab. Abou Amar, — Le Jurjura et le 

littoral. 
iEsalon Lithofalco Ch. Bonaparte. — L'Emerillon. — Ar. Bou Ameïra. 

Kab. j4bou Amar. — Habite toute la Kabylie, surtout la montagne. 
Tinnunoulus alaudarius Ch. Bonaparte. — La Cresserelle. — Ar. Bou 

Ameîra, Kab. Abou Amar. — Niche dans les grands rochers du 

Jurjura. 
Erythropus vespertiûus Ch. Bonaparte. — Le Kobez à pieds rouges. — 

Ar. Bou Ameîra. Kab. Abou Amar. — Environs de Dellys, vallée 

de ITsser. 
Acdpiter Nisus Ch. Bonaparte {Falco Nîsus L.). — L'Épervier. — Ar. 

Bou Ameîra. Kab. Abou Amar. — Assez commun partout. 
Hilvus regalis Briss. — Le Milan royal. — Ar. Siouna, SJ *-«mi. Kab. Asiouan. 

— Assez commun en Kabylie. 

— niger Briss. {Falco ater Gmel.). — Le Milan noir. — Ar. Saf^ âl*«. 

Kab. Asiouan. — Plus rare que l'espèce précédente. 

— /Egyptius Gray. — Le Milan d'Egypte. — Ar. Saf^ iS^- ^9^- Asiouan. 

— A été observé quelquefois dans le Jurjura et aux environs de 
Bougie. 

Elanns cxruleus Desfontaines , d'après Charles Bonaparte. — L'Élanion 
blanc. — Ar. Their el-Hor^ js^\ JL>. Kab. El-Baz. — Grands ro- 
chers du Jurjura. Rare. 

Circus œruginosus Ch. Bonaparte. — Le Busard des marais. — Ar. Saf, 
SiouTia. Kab. Asiouan. — Plaines et marais. 

Strigiceps cineraceus Ch. Bonaparte. — Le Strigiceps Montagu. — Ar. 
Bou Ameîra. Kab. Abou Amar. — Assez rare en Kabylie. Région 
des forêts. 

— Swainsoni Ch. Bonaparte. — Le Strigiceps pâle. — Signalé en Ka- 

bylie. 

— cyaneus Ch. Bonaparte {Fako cyaneus G. Cuvier). — ■ L'Oiseau Saint- 

Martin. — Assez commun dans les vallées. 

STAIGIDÉS. 

StHx flammea L. — L'Effraie commune. — Ar. Their el-Lil, JJiJI wJ?, 

« l'oiseau de nuit. » Kab. Imidrouf. — Assez commune ii Bougie, 

Dellys, etc. 
Syrninm Aluco Savigny. — La Chouette Hulotte. — Ar. Bou Bourou, 

jj.j» *j. Kab. Imiâroufy Tâab. — Forêts de chênes, dans les ravins. 
Otus vulgaris Flemm. et Charles Bonaparte. — Le Hibou commun. — 

Ar. Bou Rourou. Kab. Abou Rourou. — Parties boisées de la Ka- 
bylie. 
Braohyotus yEgolius Ch. Bonaparte. — Le Brachyote vulgaire. — Ar. Bou 

Rourou. Kab. Abou Rourou. — Environs de Dellys, vallée de 

risscr. 



LA KABYLIE. 

s Ch. Bonapai'te, — Le Grand Diic. — Ar, Bou Roun». Kab, 

^bott Riturou. — Grandes forêts, le Jurjura. 
calaphla Savignyi \\. Geoffroy Saiot-lliliiire. — L'Ascalaplie Savigny. — 

Ar. et kab. Bou Rourou, .4bou Rowou. — Montagnes boisées de la 

Kabylie. 
opB Zorca Cli. Bonaparte. — Le Scops on Petit Duc. — Ar. Bou Rourou; 

Bouma, ti.js. Kab. Imidroaf. -~ Bois et rochers. 
b«nfl Perxica Ch. Bonaparte (Strix Numida Levailiant junior), — La 

Chevêche Éaéridionale. — Ar. Moukn, îfj>; Maârouf, Lij.'w; 

Bouma, t'y. Kab. Imidnuf. — Rochers du Jurjura, Oued Sahel. 

p,issii:reaux. 



CORVIDES. 

rvus Corax L. — Le Corbeau. — Ar. R'orab, •— ^'j=. Kab. 4çuerfioH, pi. 

fguerfiouen. — Grands bois et rochers du Jurjura. 
»iedala turrinm Brehm d'après Ch. Bonaparte. — Le Choucas. — Kab. 

Itchalchâa. — Habile les fissures des grands rocliers du Jurjura, 

Thabbourt Boungueur. 
egiln» Cz-racw/tM G.Cuïier. — Le Coracias. — Ar. R'erib Sara , ,^^ji . 

ï.Le Kab. Uckatchda. — Habite les tissures des grandes masses 

rocheuses du Jurjura et les cavernes des falaises près de Bougie. 



:a Mauritanica Malherbe et Levailiant junior. — La Pic de Mauritanie. 

— Ar. Agaag, kUs. Kab. Iguiiler. — Forêts de chênes ze'n, 
Tmlns cervicalis CM. Bonaparte (C alrlcapUlus H. Geoffroy). — 1* Geai 

à tête noire. — Ar. DJârir', ^j^ ; Derraz, \\,i. Kab. Ajiir'ir', 
pi. Jjouâr'. — Commun dans tontes les forêts. 

STURNIDKS. 

irnns vulgaris L. — L'Ktoiirnean ou le Sansonnet. — Ar. Zerzour.j^jjj . 
Kab. ^zerzour, pi. Iztrzar. — Commun. S'abat en immenses vols 
dans les vergers, à l'époque de la maturitil des olives. 

atop roseu» Temming. — Le ^lartin-roselin ou Merle rose. — l>e passage 
en Kabylie, où il arrive ordinairement à la suite des sauterelles. 

FBI^GILLinÉS. 

aser dometticus Briss. {FringiUa domeslica L,). — Le Moineau franc. 

— Ar. ZaoTtch, (ijU- Kab. A-iaoucb, pi. Iziouchin. — Commun 
partout, (..es moineaux nichent, dans certaines vallées, en si grand 
nombre, que les arbres ploient sous le poids de leurs nids. 



HISTOIRE NATURELLE. 219 

Passer Ilalix Ch. Bouaparte. — Le Moineau d'Italie. — Ar. Zaouch. Kab. 
Azaouch, — Çà et là ; moins commun que Fespèce précédente. 

— salicicola Ch. fionaparte (P. Hispaniolensis Degl.)- — Le Moineau d'Es- 

pagne. — Ar. Zaouch Harami, ^'i^ C/^j'i* — Plus commun 
que le précédent. 

Pyrgita montana Ch. Bonaparte (Passer campestris Briss.). — Le Friquet. 
— Plaines : Tizi-Ouzzou, Oued Sahel. 

Coccothranstes tmlgaris Vieillard (Loxia Coccothraustes L.). — Le Gros- 
bec. — Rare partout. 

Fringilla montifringiUa L. — Le Pinson des Ardennes. — Vergers. Aussi 
rare que le précédent. 

— spodiogena Ch. Bonaparte (F, Africana Levaillant junior). — Le Pin- 

son aux joues grises. — Ar. Ben el'Akhdar, jtjkaLUI u. Kab. 

AmenferrloUy Abenferriou, — Vergers des contreforts. 
Peironia stulta Strickl. d'Après Ch. Bonaparte (Fringilla Petronia L.). — 

La Soulcie ou le Moineau des bois. — Lieux frais et boisés, Ait 

Idjer. 
Ghlorospiza Chloris Ch. Bonaparte (Loxia ChlorU L.). — Le Verdier. — 

Ar. Ben e/-//AArfar, jIjàUI jj. Kab. Aberzigzaou. —Commun 

dans les vallées et les vergers des contreforts. 
Carduelis elegans Stephens, Ch. fionaparte (Fringilla Carduelis L.). — Le 
Chardonneret. — Ar. Mekni, JL5C». Kab. Thîmerhemt , ^\, Tld- 

merkemim, — Commun partout. 
Serinas meridionalis Ch. fionaparte (Fringilla Serinus L.). — Le Cini et le 

Serin de Provence. — Ar. Kanali. — Assez rare. Vallées et vergers. 
Loxia curvirostra L. — Le Bec-croisé. — De passage en Kabylie. Vergers et 

forêts. 
Unota cannabina Ch. Bonaparte. — La Linotte. — Kab. Akelkoul Azoug- 

gar', — Très commune dans les champs cultivés. 
Gynchramns miliaria Ch. Bonaparte (Emberiza miliaria L.). — Le 

Proyer, vulgairement Gros-bec, — Ar. Derris, jr*ij^' ^^^' ^^^^'' 

raïSy Agmoumès. — Toute la Kabylie. 
Emberiza Citrinella L. — Le Bruant. — Kab. Akelkoul Azigzaou. — 

Tonte la Kabylie. 

— Cirlus L. — Le Zizi ou Bruant des haies. — Kab. Akelkoul. — Toute la 

Kabylie. Plus rare que le précédent. 

— Cia L. — Le Bruant fou. — Kab. Akelkoul. — Les contreforts, la 

haute montagne. 
Schœnicola arundinacea Ch. Bonaparte (Emberiza Schœniclus L.]. — 

L'Ortolan des roseaux. — Marais dans la vallée du Sébaou, bords 

du Sébaou. 
Hortulanns chlorocephalus Ch. Bonaparte (Emberiza hortulaaa L.). — 

L'Ortolan. — Environs de Dellys et de Bougie. 



LA KABYLIE. 



pdns viseieonu L. — I.a Draine. — Ar. Derdous . ji-j-5 j J {an latin Tur- 
dus/). Kab. /tmergoit, pi, Inierga. — De passage en Kabylie. 

- pilarit L. — La Lilorne. — Ar. Derdous. Kab. Àmergou. — Toute la 

Kabylie, surtout la région des forêts et du Jurjiira. 

- musicus L. — La Grive. — Ar. Derdous. Kab. Amergou, — Toute la 

Kabylie, en automne : les vergers, le Jurjura. 

- illiaeus L. — Le Mauvis. — Ar. Derdous. Kab. Jmergou. — Les bois 

et les vei^ers ombreux, 
ruia torquata Gesn. d'après Cli. Bonaparte. — Le Merle à collier. — Ar. 
DJakmottma, î^^iS-. Kab. Ajahmoum Bou^rou. — Grands ro- 
chers du Jurjura. 

- vulgaris Ray {Turdus Merula L.). — Le Merle. — Ar. Djahmowna 

l'^tA; Thottl/toua, ïjtJî. Kab. Ajahmoum, Azourketif. — 
Commun dans les broussailles, les vergers et les Toréls. 
irocoBsyphus ci/aneuiOi. Bonaparte {Twdus Cyanus L.). — Le Merle 
bleu. — Ar. Djahmowna Zerga, ÎJjj If-t^. Kab. Tkanazt. 

— Hauts rochers du Jurjura, Goiiraïa près de Bougie. 

nticola. saxaliUi Ch. Bonaparte (Turdus saxatilU L.). — Le Merle de 
roelie. — .\r. Djalimouma. Kab. TkarzaU. — Jurjura. 

imolssa leucura Ch. Bonaparte. — La Dromolée rieuse. — Assez rare 
en Kabylie. Oued Sahel. 

clcola Œnanlhe Beelist. (MotaciUa Œnanthe L.). — Le Matteux. ~ 
Les plaines du Siîbaou, de Tisser, de l'Oued Sahel. 

- SCaiiaiina Temming. — Le KIotteux Stapazin. — Les coteaux rocbeux, 

les pentes du Jurjura. 

- albicollis Vieillard (5. aurila Temming). — Le Motteux à cou blanc. — 

Plus rare que les précédents, 
itlncola Ruhetra Cli. Bonaparte {.Holacilla Rubetra L.). — Le Traquet 
Tarier. — Assez commun dans les plaines. 

- rubicola Ch. Bonaparte {MotaciUa rublcofa ]..). — Le Traquet nibi- 

cole. — Habite les lieux humides, les prairies, le cours inférieur du 
Sébaou. 
tieilla. p/iœnicura Ch. Bonaparte {MotacUla pkoenicurus L.). — l,e Bou- 
ge-queue de muraille, le Rossignol de muraille. — Kab. Tkdammani. 

— Assez commun dans la zone des contreforts, broussailles. 

- Tithffs Ch. Bonaparte {MotaciUa erijtkacax L.). — Le Rouge-queue 

Tiihys. — Kab. Thàammant. — Tizi-Ouzjtou. 

kneciila Suecica Cli. Bonaparte {S'jlvia Cr/anecula Mey. et Wolf). — 
La Goi^e-Bleue. — Vallées de la Kabylie, Oued Sébaou , Oued 
Saliel. 

becnla famUiarU Blytb {MotaciUa Rubecula L.). — \jt Rouge- 
gorge. — Kab. .4âzU, pi. Idzzoua. — Commun dans toute la Ka- 
bylie. 



HISTOIRE NATURELI.E. 221 

PhilomelaLiiJsdniaCh. Bonaparte (Motacilla Luscinia h,), — liC Rossignol. 

— Aj'.,turc et persan Belbel^ J^> ^^^"' Uacen, ^^-u.». Jy, « le 
maître de la grâce. » Kab. Akour, pi. Ikouren^ — Les chemins creux, 
le bord des torrents, les profondeurs des grandes forêts, les ver- 
gers, où il chante même au milieu du jour. 

Gurmca atricapilla Briss. — La Fauvette à tête noire. — Kab. Asaflaou^ 
pi. Isefldoun. — Habite les baies et les broussailles. 

— hortensis Ch. Bonaparte. — La Fauvette des jardins. — Kab. Asaflaou, 

— Le Sahel de la province d'Alger. 

— Orpkea Brehm. (Stjlvia Orphea Teniming). — La Fauvette. — Kab. 

Asaflaou, — Habite les haies, les vergers et les fourrés. 

Sylvia cinerea Lath. {Motacilla Sylvia L.). — La Fauvette grise. — Kab. 
Asaflaou, — « Se rencontre dans toute PAlgérie » (commandant 
Loche). 

Sterparola conspicillaia Ch. Bonaparte. — La Sterparole à lunettes. — Ré- 
gion des contreforts et gorges du Jurjura. 

Pjrrophthalma melanocephala Ch. Bonaparte (Motacilla melanocephala 
Gmel.). — Le Pyrophthalme à tête noire. — Assez commun partout. 

Melizophilus Provincialis Ch. Bonaparte (Sylvia Provincialis Temming). 

— Le Pitchou. — Collines et Broussailles. Partout. 
Phyllopneaste sibUatrix Ch. Bonaparte (Sylvia sibilatrix Bechst., Tem- 
ming). — Le Pouillot sifQeur. — Vergers et ravins. 

— TrochUus Ch. Bonaparte (Motacilla Trochilus L.). — Le Pouillot Fitis. 

— Ravins et haies. 

— rufa Ch. Bonaparte. — Le Pouillot roux. — Mêmes lieux que les pré- 

cédents. 

— Bonellii Ch. Bonaparte. — Le Pouillot Bonelli. — Vallée de TOued Sé- 

baou , environs de Bougie. 
Galamoherpe turdoides Boie, Ch. Bonaparte (Turdus arundinaceus L.). — 
La Rousserolle turdoide. — Roseaux aux bords des rivières, marais. 

— arundinacea Boie (Motacilla arundinacea Gmel.). — La Rousserolle 

Effarvatte. — Parties humides des vallées. 
Galamodjrta Phragmitis Ch. Bonaparte. — La Phragmite des joncs. — Ma- 
rais , fossés et bords des rivières. 

— aquatica Ch. Bonaparte. — La Phragmite des eaux. — Mêmes lieux 

que la précédente. 
Gettia sericea Ch. Bonaparte (Sylvia Cetti T^ Marmora). — La Bouscarle 

de Provence. — Environs de Dellys et de Bougie. 
Ghloropeta pallida Ch. Bonaparte (Hypolais albida Z. Gerbe). — La 

Chloropète pâle. — Littoral. 
Hypolais polyglotta De Selys Longchamps (Sylvia Hypolais Lath.). — 

Lllypolaïde polyglotte. — Environs de Dellys et de Bougie. 
JBdon galactodes Ch. Bonaparte (/£. rubiginosus Degl.) — L'Ëdon rubigi- 
neux. — Assez commun en Kabylie. 
Gisticola schœnicola Ch. Bonaparte. — La Cisticole des roseaux. — Parties 

marécageuses de la Kabylie , embouchure de TOued Sahel , près de 

Bougie. 



m LA RABYLIE. 

Pmnella modularîs Cb. BoDaparte (MotaclUa modutaris L.). — Le Tratae- 
buisson. — Assez rare eo Kabylie. 

TBOGLODVTIDÉS. 

TroglodjrteB Europxui G. (envier {MntaciUa Troglodytes L.). — ï^ Tro- 
glodyte d'Europe. — Kab. Cibous. — Broussailles, jardins, vergers. 

CEHTHmÉS. 

Gerthia familiarix L. — îjt Grimpereau. — Grandes Toréts de chéues , bos- 
quets de grands arbres. 

Sitta cxsia Mey. et Wolf. — La Sittelle ou le Torche-pot. — Grandes Torils 
de chênes. Akradou, Ait Idjer. 

PAHIDÉS. 

Cpanlatea ultramarinus Ch. Bonaparte {Parut cœruleanus Malherbe et 

Levaîllant Jiiniur). — Le Cyaaiste à dos bleu. ~ Ar. Bom Reziza, 

ifijjy. — Les trois provinces de l'Algérie. 
Pâma major h. — La Charbonnière ou grosse Mésange. — A r. et kab. Afion 

Haddad, i\.i^ ^T. — Commune dans les vergers. 
Regnlua crUtatus Briss. — Le Roitelet. — Kab. Cibous. — Haies, forêts, 

jardins, abords des villages. 
— ignicapUlus Brehn.. Tcmiuing. — Le Roitelet à triple bandeau. — Kab. 

Cibout. — Mêmes lieui que le précédent. 

CINCLIDÉS. 

Cinclna at/uaticui Benot. {Slurnus Cineius \,.). — Le CJncle ou Merle d'eau. 
— \jc Merle d'eau n'a pas été vu par nous, mais il est signalé 
comme devant habiter les cours d'eau torr^tueux des hautes mon- 
tagnes de la Kabylie. 

MOTACILLInÉS. 

Hotacllla alba L. (W. cinerea Briss.). -- La Bergeronnette grise et la 
Lavandière. — Ar. Emiissi, ,,-■-,' Kab. ThabouzegraW. — 
Commune dans les prairies et les champs laliourés. 

Pallennra sulphurea Ch. Bonaparte (MolaciUa Boarula Gmel.). — La 
Bergeronnette jaune. — Ar. Jimsissi. Kab. Thabouzegralzt. — 
Avec la précédente, bords des eaux. 

Budytea flaea Ch. Bonaparte {Afolaeilla fiava L.). — La Bergeronnette de 
printemps. — Ar. Emsissi. Kab. Thabouzegralzt. — Commune 
dans les champs labourés , au bord des ruisseaux , ainsi que les va- 
riétés à tête noire et à tête cendrée. 

AgrodPoma campeslris Ch. Bonaparte {.-/lauda campeslris Briss.). — 
L'Alouette des marais. -- Assez commune dans les parties humides 
des vallées. 



HISTOIRE 

AnthiM Spinale t ta Degl. — L'Alot 

bord des eaux. 
— prateitsis Bechst. {Àlauda pn 

lieux que l'Aloiiett« Pipi. 
Dendronanthns arborent Ch. Boi 

chauips et les vallées. 



Calandrella brachijdactijla Ch. : 
AouM, «j^T. Kab. Thah 
chemins, champs daDS les ^ 

Alanda arventU L. — L'Alouette. 
Bord des chemins, champs, 

Hclanocorypha Calandra Ch. Ba 
Calandre. — Ar. Koubd. H 
précédente. 

Galerlda cristata Ch. Bonaparte {• 
la grosse Alouette buppci 
Commune partout. 

la: 

Tel«pbouas Tchagra Ch. Bonapar 

" Broussailles et buissons. 
Lanlns Mgerientis Lesson. — La 

round, j.i.j~,ji. Kab. At: 
Baneoctonns rufus Ch. Bonaparte 

rousse. — Ar. Bou Ras, , 

inune partout. 

OSK 

Orlolns Galhula L. — Le Loriot, 
bois, bord des rivières, où 



HuBclcapa airicapilla L. — Le B' 
— coUaris Beciist, , Ch. Bonapai 

Mêmes lieux que le précéd 
Bntalis Grisola CI). Bonaparte {/Ht 

elles. — Buissons, jardins, 



Hlrundo ruslica L — L'Ilirondelli 
Kab. TAi/r>e»fs(. — Villes 



224 LA KABYLIE. 

Cotfle riparia Cli. Bonaparte {Hirundo riparia L.). — L'Hirondelle de 
rivage. — Ar. Khoteifa. Kab. Tkifirellext. — Bougie, Sébaon, 
gorges de Tisser. 

Ptyoprogne rupeslrU Ch. Bonaparte (Hirundo rupestris Scop.)- — L'Hi- 
rondelle de rocher. — Gorges de Tisser. 

Chelldon urbicn Cli. Boaapùne (Hirundo urbica L.). — L'Hirondelle Cid- 
blanc ou Hirondelle de fenêtre. — Ar. Kkotkeifa. Kab. Thifirel- 
kst. — Excessivement commune partout. 

VOLUCBES. 



ZÏGODACTVLES. 

Cncnlns canorui L. — Le Coucou. — Ar. Tekouk, J^iCi'. Kab. Tek'ouk'. 
— Bois, grandes broussailles. 



Picna Nwnidicas Malherbe (P. Jaballa Levaillant). — Le Pic de Numidie. 

— kT. Sekkabech-Chtdjera, i^s^\ ._.LiCj.Kab, Abov Nekkab. 

Forêts et bois, Akfadou. 
— minor L. — L'Ëpeicliette. — Ar. Nekkab. Kab. Abou Nekkab. — 

Grandes forêts et bois de chênes- liège. 
Cecinni Faillantii Cli. Bonaparte (Picus .4tgirus Levaillant). — 1^ Pic de 

Levaillant. — Ar. Nekkab ech-ChedJera. Kab. Abou Nekkab. — 

Mêmes lieux que le précédent. 
Toux Torqvilla L. — I^ Torcol. — Foréta et vergers. 



Coraclas garrula L. — Le Rollier, — Ar. Cherak'rak', ^^^j>j^- Kab. 
.4clierk'erak'. — Forêts, ruines, collines boisées. 



NKBOPIDËS. 



HeropB .-tpiatter. L. — l^e Guêpier. — Ar. lamoun, ^.yLi . Kab. Mamoun, 
pi. lamouaen. — Commun en été dans tes vallées. Niche dans des 
trous profonds creusés dans les berges des rivières. 



ALCIiDINKS. 



Alceûo hispida L. — Le Martin-pêcheur. — Xt. Mtkhioth el-JHa, L(l ^^j-* 
Kab. Tlùr -izigutou. — Oued Sébaou, Isser, Oued Sahel. 



Upnpa Fpops L. — La Huppe. — Ar. Haudhoud, J.iJ.» ; Tebbib, 
Kab. Tehbib. — Ait Idjer, Jurjura. 



HISTOIRE N4TURELÏ-E. 225 



CYPSKLIDES. 

Gypselus Âpm Illiger {Hirundo Apus L.)* — Le Martinet noir. — Kab. 
Akemmoud y Thifirellest Iroumien, « l*Hirondelle des chrétiens ». 
— Commun dans les villes et sur le Jurjura. 

— Melba L. — Le grand Martinet à ventre blanc. — Gorges de Tisser, 

Jurjura. 

CAPRIMULGIDËS. 

Gaprimulgus Europœus. L. — L*Engouievent. — Kab. Ar'ioul Guidh, 
« TAne de la nuit » . — Bois et broussailles. 

— ruficollis Temming. — L*Eugoulevent à col roux. — Kab. Ar'ioul 

Guitd, — Mêmes lieux que le précédent. 

COLOMBES. 



COLUfilBIDES. 

Palombus torquatus Ch. Bonaparte (Co^mba Palumbus L.). — La Pa- 
lombe. — Ar. Zâthouthy t^^Wj. Kab. Azitkoutk. — Forêts et 
bois. 

Golumba Livia Briss. — Le Bizet. — Ar. IJamam el-Berri , ^ J I ^l^aw . 

Kab. Ithbir el-Lekhela. — Habite les fissures des grands rochers. 
Jurjura. 

Paltimbœna Columbella Ch. Bonaparte (Columba Onas L.). — Le Pigeon 
commun. — Ar. Hamam, >»Ua.. Kab. lihbir el-Lekhela. — Fis- 
sures et grottes des rochers, Jurjura, falaises près de Bougie. 

Tnrtur auritus Ray d*après Ch. Bonaparte {Columba Turtur L.). — 1^ 
Tourterelle. — Ar. Imama, î>Uj. Kab. Thafnilla, pi. T/iimel- 
louin, — Commune partout. 

HÉRONS. 



GBUIDKS. 



Gras cinerea Mey. et Wolf (Ardea Crus L.). — La Grue cendrée. — Ar. et 
kab. R'arnouk', ^y *^. — ï^e passage en hiver dans la vallée de 



l'oued Sahel. 

CICONIDKS. 



Giconia alba Belon (Ardea Ciconia L.). — Le Cigogne. — Ar. Belardj^ 
^.L)L) ; Bou Chek'chak', klA.a^^. Kab. IbelUredj. — Plaines et 

marais. Niche sur les gourbis et les maisons. 

I. 15 



LA KABYLIE. 



Lrâea cinerea L. — Le Héron huppé, — Ar, flou .4ak, iic ji ; Atchovek, 

j.^jfii-r — Grandes rivières de la Kabylie. 
ïaraetta Egretta Cli- Bonaparte (^rdea Egretta L.). — La petite Aigrette. 

— Oued Sahel près de Bougie, embouchure du Sébaou. 
SubulcnB /A» Ch. Bonaparw l..4rdea ^era]iy Boux). — Le Garde-bceurs. 

— Ar. Thir el-Begueur, jiJ! j_L, • l'oiseau des bœufs i. Kab. 
^saboua, Thir Amellal, • l'oiseau blanc >. — Prairies des vallées. 

Lrdeola minuta Oh. Bonaparte (Ardea minuta L.). — Le Blongios. — Les 
roseaux le long des rivières, )e Sébaou près Tizi Ouzzou, les marais, 
l'oned Sahel près de Bougie. 

PHÉNICOPTBBinÉS. 

'boenlcoptenu roseus Pallas. — Le Flamant. — Ar. Nekof, ^_à-T-> — 
Embouchure de l'oued Sahel près de Bougie, marais près de Dellys. 

PÉLAGIENS'. 



Ijaroides argentatui Ch. Bonaparte. ~ Le Goéland à manteau bleu et blanc. 
— Côtes de la Kabylie. 

jlapeilaraB fuscus Ch. Bonaparte. — Le Goéland brun. — Littoral. 

lavina Audouini Cli. Bonaparte [Larus Judouini Payraudeau et Levail- 
lant junior). — Le Goéland d'Audouin. — On le trouve sur le litto- 
ral, Dellys, Bougie. 

:,artia canus L. — La grande Mouette cendrée. — Côtes près de Bougie. 

■Ussa tridaelyla Ch. Bonaparte. — La Mouette tridaclyle. — Mêmes lieux 
que la précédente. 

ïela«tes Lambruschinii Cb. Bonaparte. — Le Gélaste à bec grêle. — Lit- 
toral de l'Algérie. 

lavta melanocepkala Ch. Bonaparte {Larus melanocepkalus Pallas). — 
La Mouette à tête noire. — Littoral de la Kabylie. 

lydrocoleas minutus Ch. Bonaparte (Larus miitulus Pallas). — La Mouette 
pygmée. — Littoral de la Kabylie, Bougie. 

Irlochelldan Caspia Ch. Bonaparte (Slerna Catpia Pallas). — Le Sterne 
Tscliegrava. — Littoral de l'Algérie. 

['halaascnB Cantiacus Cli. Bonaparte [Stettta major Briss.). — La Thalss- 
sée Caugpk. — Tout le littoral de l'Algérie. 

Iteraa Hirundo L. {S. Arctica Temming). — Le Pierre-Garin ou la grande 
Hirondelle de mer. — Littoral de la Kabylie, surtout les grèves. 

' Mous n'avons pas cru devoir mentionner les oiseaux de mer qui ne vivent pu 
abilaellement sur les c6[cs de la Kabylie. 



HISTOIRE NATURELLE. 227 

Stema fluoiatitis Naumana {S. Hirundo Temming). ~ L'Hirondelle de 

mer. — Grèves, embouchure des rivières. 
Hydroohelidon fitsipes Ch. Bonaparte {Stei-na fissipts L). — La Griselte 

noire ou ÉpouTantaii. — Tonte la côte. 



Pteroolee arenarius Temming. — Le Ganga unibande. — Ar. Kaudrl, 

j^.ijf. — Parait quelquefois dans la vallée de l'oued Sahel. 
Ptoroclams AUhala Ch. Bonaparte {Tetrao Alchala L.). — Le Ganga. — 

Ar. Gvelha, ïLà. — Se rencontre quelquefois en bandes dans la 

partie supérieure de la vallée de l'oued Sahel. 
CacoablBp«frosaCh.Bonaparte. — La Perdrix Gambra. — Ar. tladjel, ^^. 

Kab. Tkasekkourt, pi. Thisoukkrin. — Commune partout. 
Il existe dans le Jurjura une variété de la grosseur de la Perdrix greo' 

que ou Bartavelle. 
Cotomlx commun» Ch. Bonaparte {Tetrao Cotumix L.). — La Caille. — 

Ar. Semmana, uU,^. Kab. Tkiberdefelt, Testemmant. — 

Plaines. 
Tnmlx Afrieana Ch. Bonaparte {Tetrao njloaticut Desf.}. — La Caille 

d'Afrique. — Ar. SemmaTui. Kab. Tkiberdefelt. — Plaines, mois> 



Tetrax campettria Lea^, [Otii Tetrax L.). — La Cannepetière ou Poule 
de Cartbage. — Ar. et Kab. Rdada, ÏjU.. — Plaines du Sébaou, 
l'oued Sahel, Drâ e)-Mîzan. 

CHARIDBIIDÉS. 

Œdionemos crépitant Temming {Charadriu» Œdicnemm L.). — L'Œ- 
dicnème criard on grand Pluvier de terre. — Se trouve accidentel- 
lement dans la vallée de l'oued Sahel. 

Pla-Tialls apricariun Ch. Bonaparte. — Le Pluvier doré. — Ar. Dorreichn, 
i^.i. — Plaines et prairies, en hiver. 

Uorinellns Sibiricut Ch. Bonaparte (Charadrius Morinellus L.). — Le 
Pluvier Guignard. — Prairies et marais, en hiver, 

Charadrins Hiaticula L. — Le Pluvier ou Rebaudet h collier.' — Avec les 
précédents. 



s^*-?*' 



228 LA KABYLIE. 

Vanellus c?'islalus Mey. et Wolf (Tringa Fanellus L.). — Le Vanneau. -- 
Ar. Bibeth, js^-^i. Kab. Ibibidh. — Marais, prairies el champs la- 
bourés. 

GLARÉOLIDKS. 

Glareola pràfincola Ch. Bonaparte (Hirundo pratincola L.). — La Gla- 
réole ou Perdrix de mer. — Bords des eaux , marais. 

HKMATOPODIDÉS. 

Strepsilas interpres Ch. Bonaparte. — Le Coulon chaud ou Tourne-pierres. 

— Littoral. 

Hœmatopus ostraiegus L. — L'Huîtrier. — LittoraL 

RÉCUBVIROSTBIDÉS. 

Himanthopus candidus Ch. Bonaparte. — L*Échasse. — Bords des rivières, 

marais, Bougie. 
Recurvirostra Avocetla L. — L'Avocette. — Littoral. Rare. 

SCOLOPAGIDÉS. 

Scolopax msticola L. — La Bécasse. — Ar. Hamir el-FIadjel^ S^^^ k^ • 
fl l'Ane de la Perdrix » ; Bon Mesella , iL*^ ^ , a Toiseau à l'ai- 
guille d'emballage ». Kab. Jr'boub, pi. Ir'bouben, — Bois et brous- 
sailles. 

Gallinago scolopacinus Ch. Bonaparte (Scolopax Gallinago L.). — La 
Bécassine. — Ar. Becassina, ajuwUo. Kab. Bou Mekhiot. — Ma- 
rais et bord des ruisseaux. 

Lymnocrytes Gallinula Kaup. (Scolopax GaÀlinula L.). — La Bécassine 
sourde. — Ar. Becassina, Kab. Bou Mekhiot. — Avec la précé- 
dente. 

Totanus stagnalilis Bechst. (Scolopax Tolanus L.). — Le Chevalier des 
étangs. — De passage en Kabylie. Littoral. 

Helodromus ochropus Ch. Bonaparte (Tringa ochropus L.). — Le Bécas- 
seau ou Cul-blanc. — De passage en Kabylie. Rivages et marais. 

Numenius Àrquata L. — Le Courlis. — Prairies et surtout grèves du lit- 
toral. 
— pkieopus Lath. (Scolopax phœopus L.). — Le Cordieu ou le petit Cour- 
lis. — Mêmes lieux que le précédent ; plus commun. 

ballidés. 

Rallus aqualicus L. — Le Râle d'eau. — Marais et bords des rivières. 
Porzana Mametta Ch. Bonaparte (Rallus Porzana L.). — La Marouetle. 

— Marais et prairies humides. 



HISTOIRE NxVTURELLE. 229 

Zapomia pygmxa Cli. Bonaparte (Rallus DaUlonii Vieillard). — La Za- 
pornie de Bâillon. — Marais et grands fossés, embouchure de Toued 
Sahel près de Bougie. 
— minuta Ch. Bonaparte {Rallus pusillus Gme].). — La Zapornie minule. 

— Mêmes lieux que la précédente. 

Grex pratensis Beschi. Mey. et Wo\ï (Rallus Crex L.). —Le Râle de genêts. 

— Kab. Ar'ioul-en-Thisoukkrin ^ « l'Ane des Perdrix ». — Ma- 
rais, lieux humides et couverts de broussailles. 

Gallinula chloropus Lath. (Fulica chloropus L.). — La Poule d*eau. — Ar. 

LJejet el'Ma, .Lll î^. Kab. Thaiazit Bouaman, — Oued Sébaou, 

oued Sahel. 
Lupha crislala Ch. Bonaparte {Fulica cristala Gmel.). — La Foulque ca- 

ronculée. — Ar. R'ourra, iji. — Se trouve quelquefois près de 

Bougie. 
Fulica atra L. — La Foulque ou Morelle. — Ar. R'ourra, iji, —Grandes 

rivières, embouchure de Toued Sahel. 

ANSÉRÉS. 



ANSKBIDKS. 

Anser segelum Mey. et Wolf (^. sylvestris Briss.). — L'Oie sauvage. — Ar. 
Ouzza, ïjj, Kab. louezzioun. — S'abat en hiver dans les prés à 
Tembouchure de Toued Sahel et dans la vallée du Sébaou. 

ANATIOÉS. 

Anas Boschas L. — Le Canard sauvage. — Ar. Berak, ily. Kab. Abrik^ 

pi. Ibriken. — Cours d'eau et marais. — Les femmes kabyles 
élèvent des Canards et des Oies. 

Pterocyanea Circia Ch. Bonaparte (Anas Clrcia L.). — La Sarcelle com- 
mune. — Cours d'eau, surtout près du littoral 

Daflla acuta Ch. Bonaparte (Anas acuta L.). — Le Pilet. — Ar. Berak. 
Kab. Abrik. — Habite les mêmes lieux que le Canard sauvage or- 
dinaire, mais il est plus rare. 

Nyroca leucophlhabna Ch. Bonaparte. — La Sarcelle d'Egypte. — Ar. 
Berak, Kab. Abrik, — Mêmes lieux que les espèces précédentes. 
Rare. 

Il est probable que le genre Harle [Mergus) se trouve acciden- 
tellement dans les grands cours d'eau de la Kabylie ainsi que 
certaines espèces de Canards, tels que le Canard siffleiir, le Moril- 
lon, le Milouinan et le Garrot [Anas Pénélope L. , il. fultgula L. , 
A, ferina L., i4. Marila L., A. rufina Pallas, A. Clangulla L.), 



u:r- ' "T^ 



230 LA KABYLIE. 

mais nous n*avons pas la certitude que leur présence y ait été 
formellement constatée. 

Nous renvoyons, du reste, pour les Oiseaux qui pourraient être 
rencontrés en Kabylie, au Catalogue des Mammifères et des Oi- 
seaux de TAlgérie du commandant Loche , mort prématurément , 
victime de son zèle pour la science. 



REPTILES ET POISSONS. 

• 

Le massif du Jurjura n*a point, comme TAurès, une longue 
liste de Reptiles : on n'y trouve ni le Serpent à lunettes , ni le 
Céraste ; on n'y a point conservé , comme dans le sud du Hodna , 
le souvenir de grands Pythons , descendants du serpent de Ré- 
gulus. Le voisinage de la mer, un climat tempéré, sinon froid, 
sont évidemment les causes qui donnent à cette partie de la faune 
un caractère presque européen : on y rencontre, en effet, un 
grand nombre d'espèces qui se retrouvent dans le centre et même 
dans le nord de la France : Salamandra maculosay Anguis 
fragilis y Cistudo lutaria. Lacer ta viridis et miiralis, Tropido- 
notus natrix et viperùms, Zamenis Hippocrepis et atrovirens, 
Rana escidenta, Discoglossus picltis, Hyla arborea et Bufo vul- 
garis. 

Quant aux espèces algériennes : Testudo pusillay Tropidosaura 
Algira, Trogonophis Wiegmanni, Bufo pantherinus çX Euproctes 
Poiretii, elles sont communes, comme les précédentes, à la Ka- 
bylie et à tout le littoral de TAlgérie. 

Le Caméléon, si répandu dans tout l'ouest de notre colonie, 
n'apparaît que dans la vallée de l'Oued Sahel, là où l'atmos- 
phère est réchauffée par les vents sahariens. 

Jusqu'à présent, on n'avait signalé dans cette contrée aucun 
ophidien venimeux : ce n'est que tout récemment que nous avons 
rencontré sur les cimes du Jurjura, à 1800 mètres environ d'al- 
titude, une espèce du genre Vipera, V Aspic de France. 

La faune ichtyologique est encore moins riche et moins carac- 
térisée. 



HISTOIRE NATURELLE. 231 

La plupart des rivières de la Kabylie ne sont que des torrents 
rapides, et sans profondeur pendant Tété. Les pluies de Thiver 
et la fonte des neiges au printemps les transforment en vastes 
nappes d'eau jaunâtre et écumeuse, qui se précipitent avec fureur 
vers la mer, * entraînant des débris de toute sorte et broyant 
d'énormes galets. 

Les grandes masses du Jurjura abandonnent aux eaux de plu- 
sieurs rivières des sels calcaires , qui se déposent sur les pierres 
du fond. 

D'ailleurs point de lacs; des marais insignifiants, quelques 
flaques, qui, pour la plupart, se dessèchent en été. 

Dans des circonstances aussi défavorables, on ne peut s'éton- 
ner de la pauvreté des eaux , trop rapides pour nourrir des Cy- 
prinoldes, trop chargées de substances terreuses pour plaire à 
la famille des Salmonidés. 

Cependant on a indiqué au-dessous du col d'Akfadou un pois- 
son qui, d'après les renseignements donnés, semblerait appar- 
tenir au genre Salar : il faudrait sans doute le rechercher dans 
les ruisseaux qui, prenant leur naissance au milieu des grandes 
forêts de chênes, sortent de terrains cristallins ou schisteux et 
vont se déverser dans l'Oued Sahel. 

Jusqu'ici on n'a constaté dans l'Isser, le Sébaou et leurs af- 
fluents, que les deux poissons d'eau douce vulgaires de l'Algérie : 
Barbus Callensis Cuv. et Valenc. et Anguilla vulgaris L. 

L'Alose et le Mulet commun [Clupea Finta et Mugiliis Cephalus) 
remontent ces rivières jusqu'à plus de 40 kilomètres de leur em- 
bouchure , et il est probable que l'on doit rencontrer près de la 
mer quelques espèces de Gobius, sans doute le G. niger et le G. 
Paganellus. 

Quant à l'ichtyologie marine , elle ne diffère pas de celle du 
reste de l'Algérie, et nous renverrons, à cet égard, le lecteur aux 
ouvrages généraux sur la matière. 

Nous donnons seulement un catalogue des Reptiles. 



w ^_. 



232 LA KABYLIE. 



REPTILES. 



CHELONIENS. 

Testudo pusilla Shaw (T. Mauritanica Dum. et Bib., Guichenot). — La 

Tortue de terre. — Ar. Fakroun, a^S^, . K.ab. ipitr Bouakal. — 

Assez commune dans les broussailles et les bois. 
Gistudo lutaria Guother (C Europœa Gray, Dum.^ Guichenot). — La Gis- 

tude. — Ar. Fakrùun, ,\^S^ . K.ab. Ifker Bouaman. — Habite le 

Sébaou et plusieurs autres rivières. 
Emys leprosa Shaw (E. S igriz. Dum. et Bib.). — L'Émyde lépreuse. — Ar. 

Fakroun, .i%t^. K.ab. Ifker Bouaman. — Très commune dans les 

rivières, les marais et même les fossés. 
Ghelonia Caouana Sahw {C. corticala Rondelet, Strauch). — La Gaouane. 

— Ar. Fakroun el-Bc^hty ys^\ .>jt^. Kab. Ifkerlel-Bahr. — 

Assez commune sur les côtes de la Grande Kabylie. 

SAURIENS. 



CAMËLEONIENS. 



Ghamœleo cinereus AXûv . {C.vulgarisCav. etauct., Lacerta Chamxieoh,). 
— Le Caméléon. — Ar. et Kab. Tata, LJ\j. — Se trouve dans la 
vallée de Toued Sahel. 



GEGKOTIENS. 



Platydactylns muralis Dum. et Bib. (P. fdscicularis Cuv., Gray). — Le 
Gecko des murailles, vulgairement la Tarenle, — Ar. Zermoumia^ 
^yju K.ah. ThanejdamL'n-el'Heith, — Commun sur les murail- 
les, sur les rochers. 



LACEBTIENS. 



Tropidosaura Algira L. — Le Lézard d'Algérie. — Ar. MoxUab, v,^»U*.». 

Kab. Amoulah, — Commun sur tout le littoral. 
Lacerta viridis Petiver. — Le Lézard vert. — Ar. Moulab, s^^Uy, Kab. 

Àmoulab, — Dans les environs de Dellys et probablement encore 

dans le reste de la Kabylie. 

— ocellata Daud. — Le Lézard ocellé, le grand Lézard vert. — Ar. Mou- 

lab. Kab. ^tnoulab. — Commun partout. 

— tmiralis l^ur. — Le lézard des murailles. — Ar. Af07i/a6.Kab. Jmou- 

lab. — Le littoral, Dellys, Bougie et le Jurjura. 



HISTOIRE NATURELLE. 233 

Lacerta perspicillata Dum. et Bib. — Le Lézard à lunettes. — Ar. }fou- 

lab. Kab. Amoulah, — Habite le littoral. , 

A.canthodactyla8 lineomaculatus Dum. et Bib. — Le Lézard à raies. — 

Ar. Moulab» Kab. Àmoulab. — Assez commun, surtout dans les 

terrains sablonneux. Del lys, bas Sébaou. 
Eremias pardalis Leiht. — Le Lézard panthérin. — Ar. Moulab. Kab. 

Amaalab. — Assez commun dans le Jurjura. 



CIIALCIDIEJNS. 



SCINCOIDIENS. 

Ck>Dgyla8 ocellatus Gmel. — Le Gongyle ocellé, le Scinque. — Commun 

sous les pierres, dans les décombres , dans les sables des dunes. 
Seps Chalcides Columna, Ch. Bonaparte. — Le Seps Chalcide. — Ar. 

Ànech. — Commun dans les prairies et les marais. 
Anguis fragilis L. — L'Orvet, le Serpent aveugle. — Ar. Necchab, s >LiJ. 

Kab. Ànechchab, — Rare en Kabyiie. Plaine du Sébaou près de 

Tizi Ouzzou. 

AMPHISBÉNIENS. 

Trogonophis fViegmanni Kauss. — Le Trogonophis, TAmphisbène. — Ar. 
Anechj ^J^. Kab. j4nechckab. :— Çà et là sous les pierres, zone 

des collines et contreforts. 

OPHIDIENS. 

Goronella cucullata Dum. et Bib. — î^ Couleuvre à capuchon. — Ar. 

Anech, jA:^. Kab. Azrem, pi. Izerman (nom générique). — Toute 

TAlgérie. 
Tropidonotus Nalrlx L. — La Couleuvre vipérine. — Ar. Anech, ^^. 

Kab. Azrem. — Les plaines du Sébaou et de Tisser. 

— viperinus Latr. — La Vipérine. — Ar. Anech. Kab. Azrem. — Com- 

mune : environs de Tizi-Ouzzou. 
Zamenis Hippocrepis L. — La Couleuvre fer à cheval. — Ar. Anech, Kab. 
Azrem. — Très répandue partout. Offre plusieurs variétés de co- 
loration. 

— atrovirens Shaw {Z. viridiflaims Dum. et Bib.). — La Couleuvre verte 

et jaune. — Ar. Anech. Kab. Azrem. — Sur le littoral. Vallée du 

Sébaou. 
Gœlopeltis lacer tina Wagl. (Coluber Escuiapii Lacép.). — La Couleuvre 

d'Esculape. — Ar. Anech. Kab. Azrem. — Commune partout. 
Vipera Aspis L. — L'Aspic. — Sommet du Jurjura auprès du col de Ti- 

rourda. 



LA KABYLIE. 



BATRACIENS. 



BÀTBACIEns AKOUBES. 



h eicvhnta L. («. viridis Dum. el Bib.). — La GreDOuille verte, — Ar. 

Djerana, Xjl^. Kab. Amkerk'our Bovaman. — Commune par- 
tout. 
oglosHDB pictKS Otth. (Hana picla L.). — La Grenouille terrestre. — 

Ar. Djerana, t>\ya.. Kab, Aferi, pi, Ir'eraa. — Assez coramane 

dans les lieux frais. 
L arborea L. — La Rainette. — Kab. Tkamk'erk'ourt. — Commune 

sur les arbres et les hautes berbes. 
I vulgari$ Laur. — Le Crapaud commun. — Ar. Mguergver, ïy **-. 

Kab. Àmh'erk'our Abadli. — Commun dans presque tonte la 

Kabylie. 
oiridis Laur.. Uum. et Bib. (B. oariabilis Gervais). — Le Crapaud 

vert. — Ar. M'guerguer, ïJJui. Kab. Àmk'erl^our. — Forêt 

d'Akfadou, Ait Idjer. 
païUherinus Boj. {B. Arabious Greschm., B. Maurilanicus Schlegel). 

— Le Crapaud marclié. — Ar. M'guerguer, BtijÀ-. Kab. AmK- 

erk'our. — Cette espèce est la plus commune en Kabylie. 



mandra maculosa Laur. — La Salamandre comcaune'. — Kab. TAÏ- 
guedest. — Forêt d'Akfadou, Bougie, Fort-Napoléon. 

doctes Poirelii Gervais {Triton nebitiosusGuichenot, Lacerta paluitris 
L. Poirel). — \je Triton de Poiret, — Kab. Thiguedest Boaaman. 
— Vallée de l'oued Sébaou. 



ANIMAUX ARTICULÉS. 

L Kabylie n'a jamais été l'objet de recherches suivies et 
lodigues au point de vue des Crustacés, des Arachnides, des 
.podes et des lasectes. La conquête est encore trop récente 
' que l'on ait pu explorer en toute saison les grandes forêts de 
les des Alt Idjer et des Izerfaoua, les bois de cèdres et les 
es masses rocheuses du Jurjura, c'est-à-dire les régions les 
riches du pays. L'absence de roules, la difficulté de vivre 

ivers Buteurs prétendent que le mot talamandre vient du ooro perMU de cet 
I. lemender, dérivé de sam, feu , et anderoun, en dedans, • qui habile le feu >. 



HISTOIRE NATURELLE. 235 

au milieu d'une population pauvre et ignorante de tout confort, 
ont éloigné des grandes montagnes les entomologistes voyageurs, 
qui se sont presque tous dirigés vers le Sahara, dont la faune 
les séduisait par son caractère intertropical et leur offrait Tattrait 
de formes inconnues. 

Un petit nombre de savants se sont occupés, à ce point de vue 
spécial , de la Kabylie du Jurjura. 

Notre ami H. Lucas, membre de la commission scientifique, a 
fait à Bougie de magnifiques chasses dans un temps où Tétat du 
pays ne lui permettait pas de s'écarter des canons de la place. 

L'intrépide et malheureux Henri Le Tourneux de la Perrau- 
dière a visité en 1854 le pays des Aït Koufi , le Tamgout Aïzer et 
le pays des Maàtka; mais, après sa mort prématurée, ses récoltes 
entomologiques ont été perdues pour la science. 

L'abbé Chapelier a accompagné un peu plus tard, en qualité 
d'aumônier, une de nos colonnes, et, sous la protection de nos 
baïonnettes, il a exécuté quelques excursions fructueuses. 

H. Auguste Brondel, officier d'administration, a, vers 1865, 
exploré avec le plus grand soin et le plus grand succès les envi- 
rons de Dellys. 

Enfin M. Olivier, de Bône, le savant secrétaire de l'Académie 
d*Hippone, a fait, sur les pentes orientales du Jurjura et dans la 
vallée de l'Oued Sahel , des courses dont le résultat fait vivement 
regretter qu'il n'ait pas prolongé son séjour aux Aït Hançour. 

M. Lucas seul a publié ses découvertes ^ ; mais nous . avons 
eu pour nous renseigner : la riche collection de notre regret- 
table ami Poupillier, qui comprenait les Insectes recueillis par 
MM. Chapelier et Charpentier; un catalogue dressé par M. Bron- 
del, et des notes très intéressantes de M. Olivier. 

En ajoutant à ces documents le résultat de nos propres recher- 
ches, nous avons réussi à dresser une liste qui ne comprend 
certainement qu'une faible partie des espèces terrestres de la 
Kabylie du Jurjura, mais qui peut fournir d'utiles indications aux 
naturalistes. 

1 Exploration scientifique de C Algérie. — Nous devons à la bienveillance du sa- 
vant naturaliste du Muséum la détermination de la plupart de nos Insectes. 



nous parait d'autant plus difficile de formuler aujourd'hui 
onclusioiiH générales sur la faune des Articulés , que la plu- 
des explorations ont eu lieu, dans le Jurjura, à la Un du 
emps et en été. A celte époque , certaines familles apparais- 
et semblent s'emparer du pays, pendant que les Insectes 
cr et du premier printemps ont disparu, ne laissant à 
îrvateur que des débris mutilés sous la pierre qui leur a 

de tombeau. 

!st ainsi que les hautes régions de la Kabylie sont surtout 
isentées dans tes collections par une brillante et nombreuse 
de Longicornes (Ceramôi/x , Prinobms, Piirpuricenus, Ano^ 
s, Vesperus, Dorcadion, Leplura, etc.); tandis que les Ca- 
[ucs, si nombreux en automne et en hiver dans le reste de 
%rie, n'ont fourni que de rares individus d'espèces vulgaires, 

dans la mousse humide des fontaines. Cependant des frag~ 
s d'étytres trouvés par nous sous les cèdres démontrent que 

famille y a des représentants nombreux et de grande dimen- 

au moment de la fonte des neiges. 

région des forêts basses est remarquable par l'abondance 
trachélytres, des Xylophages, des Buprestes et des Bolito- 
es. Sous l'écorce des chènes-tiège se cachent de splendides 
[>es. 

r les gazons ras qui couvrent les sommets dénudés et les 
du Jurjura, courent ou rampent les Timarcha, les Meloe, 
ifirus, les Opatritm et les Cymindis. On y rencontre un grand 
[ire de ChrysomMes; mais les Mélasomcs, si nombreu.<c sur 
auts plateaux, y sont fort rares. 

caraclt^rc de le faune entomologique de la Kabylie est essen- 
ment méditerranéen . avec mélange de quelques espèces du 

do l'Kurope. He même que dans l'Edough, on y rencontre 
i^s iirand nombre d'espèces de la Sardaigne et de la Sicile , 
is qui' les types espagnols, dominants dans l'Ouest, ne four- 
ni qu'no oonlingent relativement restreint. 



HISTOIRE NATURELLE. 237 



CRUSTACÉS. 



DÉCAPODES. 



GATOMETOPES. 



Telpheusa fluviatilis {Cancer) Belon. — Bords des rivières et ruisseaux. 
Fort-Napoléon , gorges de Tisser. Commim partout. 



ALPHE£NS. 



Garidina longirostris Edw. — Embouchure des rivières, Isser, oued Sum- 
maiDj Sébaou. 

AMPHIPODES. 



CREVETTINES. 

Talitrus plattjcheles Guér. Expéd, scient, de la Morée, — Bords des ruis- 
seaux , sous les pierres légèrement enfoncées dans la terre. Dellys. 

Gammants fluviatilis Rocs. Ind. balustig. toni. III. — Ruisseaux et fla- 
ques d*eau près de Bougie et de Dellys. 

ISOPODES. 



GLOPORTIDBS. 

Lncasia myrmecophila Lucas. — Forêts d'Akfadou et des Aït R'oubri. 
Porcellio ff^agneri Bvdndi, Reisen in der Regenlschafù Àlgier, von M. Wa- 
gner. — Sous les pierres humides. Environs de Bougie. 

— Dovei Lucas. — Même localité et environs de Dellys. 

— Degeeri. Savign. et Aud. Descript. de r Egypte, — Sous les pierres du 

littoral. 

— variabilis Lucas. — Sous les pierres. Dellys. 

Armadillo officinalis Dumér. Dict. des se. nat. — Commun dans les forêts 
de lièges. Forêt d'Akfadou et au-dessus des gorges de ITsser. 

Armadillidiimi granulalum Brandt, Conspect, monogr. Onisc, — Assez 
commun sous les pierres. Environs de Bougie, bords du Sébaou. 

— comnitU atum Hràndt^ etRatzeb, in Arzneith. — Sous les pierres humi- 

des. 
Tylos Latreillei Savign. et Aud. Descr. de V Egypte. — Sous les pierres et 
les bois humides. Dellvs. 



PHYLLOPODES. 



a, cycladoidet Joly (ttaura). — Mares dans la vallée de l'oued 
Saliel. 

BBANCKIPIBNS. 

lipni stagnalU L. — Mares au col des Aît Aïcha, fossés le long de 
la route d'Alger à Dellys. 

CYPBOÏDES. 

bispinoza Lucas. — Mares el Tossës. Vallée de Tisser. 
aseottts Lucas. — fossés aux enviroos de Bougie, mares dans la vallée 
de risser. 

ARACHNIDES. 



ARANÉIDES. 

I Barbara Lucas. — Vallée de l'oued Sahel. 

Bphalna fValchenaeri Lucas. — Même vallée, eDTJroDS d'Akbou. 

'a erijUirina Latr. — Assez commun. Environs de Bougie. 

■guslata Lucas. — Sous les écorces des chénes-liège. Collines au- 
dessus de risscr, Ait Idjer. 

4a perfida Walck. Tabl. des Aran. — Mêmes localités que le pré- 
cédent. 

loculata Walck. — Mêmes localités et environs de Bougie. 

18 domeaticus Lucas. — Commun. Maisons et gourbis. DjemSa Sa- 
haridj. 

M diitincta Lucas. — Sous les pierres, dans la zone des contre- 
forts. 

, pitipes Lucas. — Sous les pierres. Vallée de l'oued Sahel. 

Ivicota Lucas. — Forêt d'Akfadou, bois de cbénes-liège au-dessus des 
gorges de Tisser. 

nida Lucas. — Sous les pierres. Vallée du Sébaou. 

idsB Algiriea Lucas. — Assez commun. Vallées de Tisser et de 
l'Oued Sahel. 

id«s mirabilis {.4ranea) Clerk. Jran. Suec. — Ait Idjer, Bougie. 

cinnaberiaus {Aranea) Walck. Hisl. nat. des Ara». — Assez com- 
mun. Région des contrerorts. 

ant/iophilus Léon Dtifour, Ann. gén. se. phijs. — Zone des contre- 
foris. Vallée de l'oued Sahel. 



HISTOIRE NATURELLE. 239 

Paipimanus gibbulus Léon Dufour, /. c. — Vallée de Foued Sahel, Bougie, 

sous les pierres. 
Salticus Mauritaniens Lucas. — Bougie, le long des murailles. 

— Algerinus Lucas. — Très commun dans toute rAlgérie (Lucas). 

— gesticulator Lucas. — Vallée de FOued Sahel , Bougie. 

— Bresnieri Lucas. — Oued Sahel, forêt d'Akfadou. 

— affinis Lucas. — Environs de Bougie (Lucas). 

— meticulosus Lucas. — Fort-Napoléon. 

— falvopitosus Lucas. — Environs de Bougie, oued Sahel. 

— mœstus Lucas. — Tizi Oizzou , Dellys. 

Thomisus rotundcUus Walck. Faune Franc, Aran. — Vallées de Toued 
Sahel et de Tisser. 

— fucatus Walck. /. c, — Environs de Bougie et de Dellys. 

— truncatus Walck. /. c. — Vallée de Tisser. Probablement commun. 

— on'ustus Walck. /. c. — Même localité, oued Sahel. 

— Numida Lucas. — Environs de Bougie. 

— atomarius (Aranea) Panz. Faun. Germ. — Bougie. 

— cilreus Walck. Faune Franc, — Bougie, vallée du Sébaou. 

— villosus Walck. /. c. — Bougie, Dellys. 

Philodromus rhombiferus Walck. /. c. — Commun sur les fleurs. Vallées 

de Toued Sahel et du Sébaou. 
Olios Barbarus Lucas. — Sous les pierres. Bougie, Tizi-Ouzzou. 

— Algerianus Lucas. — Mêmes lieux , Dellys. 
Sparassus smaragdulus Walck. /. c. — Forêt d'Akfadou. 

Glubiona lapidicola Walck. /. c. — Taourlrt Guirll, bois de chênes- liège 

au-dessus de Tisser. 
Drassns corticalis Lucas. — Mêmes localités. 
Drassus flavitarsis Lucas. — Environs de Dellys. 

— ertjtkrocephalus Lucas. — Vallées de Toued Sahel et de Tisser. 
Glotho Durandii Latr. Gêner, Crust. el Ins. (Supplément). — Forêt d'Akfa- 

dou , Djebel Afroun. 
Latrodectus omatus Lucas. — Sous les pierres. Bougie. 
Pholcus Barbarus Lucas. — Environs de Dellys, Fort-Napoléon. 
Tegenaria Guyonii Guér. Iconog. du Règne anim, de Cuvier, — Bougie, 

Dellys. 

— longipalpis Lucas. — Bois de chênes-liège. 

Epeira Armida Savign. et Aud. Descript, de VÉgypte, — Vallée de Toued 
Sahel. 

— apoclisa Walck. Faune Franc, — Même localité. 

— callophylla Walck. /. c, — Maisons à Bougie, Dellys, etc. 

— fasciata (Aranea) Latr. Gêner, Crust. et Insect, — Bougie. 

— sericea Oliv. Encycl, méthod. — Assez commun partout. 

— Opuntim Léon Dufour, Descript, de 6 Aran. etc. Ann, des se, nat. — 

Bougie, Dellys. 
Thiridion Punicum Lucas. — Commun dans les maisons. Bougie, Furt- 
Napoléon. 

— acuminatum Lucas. — Environs de Bougie. 



240 LA RABYLIE. 



SCORPIONIDES. 

Androctonus Occitanus {Scorpio) Amor. Journ, de Phys. — Commun par- 
tout sous les pierres. Col de Tirourda. 

Buthus palmatus Hempr. in Ehrenberg. — Collines près de Bougie, col 
d'Akfadou. 

Scorpius flavicaudus De Geer, Gerv. in Walck. (S, Europœus Edw., 
5. Germanicus Herbst, S. ierminalis Brull., S, Algericus Koeh). 
— Petit phare près de Bougie. 

Ghelifer cancroides (sub Phalangium) L. — Assez commun sous Técorce 
des chénes-liège et des oliviers. 

— scorpioides Herm. Mém, Apt, — Bois de chénes-liège. Akradou, oued 

Isser. 
Obisium pallipes Lucas, — Environs de Bougie. 

— ischnochetes (sub Chelifer) Herm. Mém, Apt,. Lucas, Gerv. — Environs 

de Bougie, forêt d*Akfadou. 

SOLPUGIDES. 
Galeodes Barbara Lucas. — Vallée de Toued Sahel. 

PIIALANGIDES. 

Phalangium Cirtanum (sub Opilio) Koch, Relsen in der Regentschaft 

Algier. — Vallées de Toued Sahel et du Sébaou. 
Phalangium Afrlcanum Lucas. — Environs de Bougie. 

— nigroviaculaium Lucas. — Même localité. 

— filipes Lucas. — Bougie (Lucas). 

— tuberculatum Lucas. — Oued Sahel , Dellys. 

— trogutoides Lucas. — Vallée de Toued Sahel. 

— tubercuUfenim Lucas. — Assez commun partout. 

Trogulus Africanus Lucas. — Région des contreforts, environs de Dellys. 

ACARIDES. 

Trombidium Barbarum Lucas. — Assez commun partout. Gorges de 

risser, Tirourda. 
Hydrachna erythrina Lucas. — Mares près de Bougie, col des Aït Aïcha, 

plaine du Sébaou. 
Gamasns Coleoptratorum (Acarus) L. — Parasite sur plusieurs Coléoptères, 

notamment sur YAteuc/ius sacer. 
Ixodes Ricinus {Acarus) L. — Assez commun partout. Fort-Napoléon. 

— Chelonius (Acarus) L. — ^ Sur le Testudo Mauritanica. 
Oribates lapidanus Lucas. — Sous les pierres. Vallée de Tisser, Jurjura. 
Sarcoptes scabiei {Acarus) De Geer. — Malheureusement trop commun en 

Kabylic. 

— Rqui Rasp. Bullel. gétiér, de thérapeutique. — Assez commun partout. 



HISTOIRE NATURELLE. 241 



MYRIAPODES. 



CHILOGNATHES. 

Olomeris sublimbata Lucas, Rev. ZooL — Bois de cliéaes-Uège , forêt 
d'Akradou. 

— flavomaculata Lucas. — Espèce très variable, commune dans les bois. 
Polydesmns Mauritanicus Lucas. — Sous les grosses pierres , au bord de la 

route entre Bougie et le Gouraïa. 

— complanatus {lulus) L. — Bougie , sous les pierres humides. 
Inlns lapidarius Lucas. — Assez commun partout sous les pierres. 

— fuscoUneatus Lucas. — Mêmes localités; plus commun que le précé- 

dent. 

CHILOPODES. 

Germatia coleoptrata (Scolopendra) L. — Assez commun dans toute la 

Grande Kabylie. 
Lithobins impressus Koch, Reisen in der Regentsckaft Algier, — Assez 

commun partout dans les lieux humides. 
Scolopendra ScopoUana Koch, /. c. — Oued Sahel. 
Geophilus fucatus Koch. /. c. — Forêt d'Akfadou. 

— Barbaricus Gerv. Magas. de ZooL — Vallée de Toued Sahel. 

— rubrovittatus Lucas. — Assez commun partout , surtout dans les bois. 

— microcephalus Lucas. — Assez commun. Bougie. 
Arthronomalus mandibularis Lucas. — Oued Sahel, vallée de Tisser. 

HEXAPODES. 



EPIZOIQUES. 

Pediculns capiiis Swamm. — Espèce excessivement commune dans toute 
l'Agérie (Lucas). 

— vestimenli Nitzsch, Magas. ent, de Germar. — Espèce aussi commune 

que la précédente. 
Phthirius inguinalis (Pediculns) Redl. — Les Kabyles, qui cependant 

s^épilent, ne sont point exempts de cette vermine. 
HflBmatopinus serratus (Pedtculus) Burm. Gêner, Insect. — Parasite sur la 

Souris {Mus Musculus). 

— spiculifer Gerv. — Parasite sur le Mus Barbarus. 

— spinulosus Burm. — Sur le Surmulot. 

— lyriocephalus (Pediculus) Burm. Gêner. InsecL — Sur le Lièvre. 

— Phoex {Pediculus) Lucas. — Sur le Phoca Monachus. 

— piliferus Denny. — Commun sur les Chiens kabyles. 

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342 



LA KABYLIE. 



Hœmatopiniis eurysUmus Burm. — Parasite du Bœuf et du Cheval. 

— ventricoms Denny. — Sur le Lièvre. 

— stenospis Burm. — Sur la Chèvre domestique. 

— tenuirostris Burm. — Sur le Cheval. 

— Mini {Pediculus) Redi. — Sur F Ane. 

— Suis (Pediculus) L. — Commua sur le Sanglier. 
Trichodectes latus {Ricinus) De Geer. — Sur le Chieu. 

— subrostratus Nitzsch. — Sur le Chat. 

— Vulpis Denny. — Sur le Renard. 

— exilis Nitzseh. — Sur la Loutre. 

— sphfxrocephalus (Pediculus) Redi. -^ Commun sur le Mouton. 

— Equi (Pediculus) L. — Très commun sur le Cheval et sur TAne. 

— scalaris Nitzseh. — Sur le Bœuf et sur TAne. 
Golpocephalam Zébra (Liotheum) Nitzseh. — Parasite sur la Cigogne. 

— flavescens (Liotheum) Nitzseh. — Sur le Gypaète. 

— subasquale (Liotheum) Nitzseh. — Sur la Corneille et le Choucas. 

— ochraceum Nitzseh. — Sur le Vanneau. 

— quadripustulatum Denny. — Sur la Ggogne. 

— Haliœti Denny. — Sur le Balbusard. 

— Percnopleri (Liotheum) Gerv. — Sur le Percnoptère. 
Menopon pallidum (Liotheum) Nitzseh. — Sur le Coq. 

— Carduelis Denny. — Sur le Chardonneret. 
Trinodon luridum Nitzseh. — Sur le Canard. 

— fulvomaculatum Denny. — Sur la Caille. 
Liomobotrion laticolle Denny. — Sur le Hobereau. 
Physostomnm sulphureum Nitzseh. — Sur le Loriot. 
Docophoras leontodon (Philopterus) Nitzseh. — Sur TÉtourneau. 

— icterodes (Philopterus) Nitzseh. — Sur le Canard. 

— brevicolUs Burm. — Sur le Vautour fauve. 

-— incompletus (Philopterus) Nitzseh. — Sur la Ggogne. 
- Upupa Denny. — Sur la Huppe. 

— Meropis Denny. — Sur le Martin-pécheur. 

— passerinus Denny. — Sur la Motacilla alba et la Motacilla flava 

— Nisi Denny. — Sur l'Épervier. 
Nirmus Fuite» Denny. — Sur la Foulque. 

— nebulosus Burm. — Sur TËtourneau. 

— Âpiastri Denny. — Sur le Guêpier. 

liipeorus versicolor (Philopterus) Nitzseh. — Sur la Cigogne. 
Goniocotes hologaster (Goniodes) >itzsch. — Sur les Poules. 



APHANIPTÈRES. 



Pulex irritans L. — Trop commun, pour le malheiu* des voyageurs. 

— Felis Bouché. — Sur le Chat. 

— Canis Curt. — Sur le Chien. 

— Musculi Dugès. — Sur la Souris. 

— Gallinœ Scht. — Sur les Poules. 



HISTOIRE NATURELLE. 243 

Puiez yetpertilionis Sam. — Sur Je fespertilio murinus et autres Chau- 
ves-Sourb. 

THYSANOURES. 

HachyUs pallipes Lucas. — Oued Sahel. 

Iiepiu&a myrmecophlla. — Commun dans les founnilières. 

COLÉOPTÈRES. 



CARHIVORA. 

Cidndala Maura L. — Environs de Dellys (Brond.)- Kab. Sept. (Uadon). 

— campettrit yar. Maroocana Fabr, — Dellys (Brond.) , Jurjura (Lx). 

— IHtignata Lait, et Dej. — Bougie. Environs de Dellys (Brond.). 

— littoralis Fabr. (C. Barbara Lap.). — Bougie (Lx). Dellys (Brond.)- 

— flexuosa Fabr. — G. sur le littoral. Dellys (Mad.), 
CaloBonut aycopkanta L. — -Forêt d'Akraduu (Lx). 

— Maderx Fabr. — Mechmel des Ait Daoud (Lx). 

CarabuB morbiUotui Fabr. C. dans toute la Kabylie. Jurjura (Lx). Environs 
de Dellys (Mad.). 
var. Mittrei Lueas. — Bougie (Lucas, Simon). 

— Numida Lap. — A. C. (Poupil., Lallemand. Mad.). 
var. Gerardi Buq. — Bougie (Li), Dellys (Mad.). 

Nftbria complanata L. — Environs de Bougie (Lx). 

— Tubiaunda Quens. — Même localité (Lx). 

— Jadaltistaca Ratah. — Gorges de Tisser (Li). Environs de DeHys (Mad.). 
LeUtna monCanut Steph. var. A fer Coq. — Kabylie (Lallemant). 
Notlophilua geminalut Dej. ^ Grande Kabylie (Poupil.). Dellys (Mad.). 
Aaaphldion (Tàchyfus) pallipei Duft. var. fiattii Schaum. — Dellys. 
Bembldlnm Gmei Kùst. {B. quadrigultatvm Duv.). — Dellys (Brond.). 

~ latentie Dej. (B. callosum Kust.). — Dellys (G! Olivier). 

— (Neja) ambiguum Dej. ^ (Madon). 

— (Pbbiphus) niliduluin Marsh. (B. rufipet Dull.). — Zone des forêts. 

Aît Idjer, Akfadou (Lx). 
~ (Pbbiphus) Andréas Fabr.? ~ Dellys (0. Olivier) 

— (Pai^tciDiuM) pu,nctulatum linp. — (Mad.). 

— (Philockthus) obiatum Ststv. — Jurjura (Lx). Oued Sahel (G. Olivier). 

— (Ocvs) harpaloides Serv, (B. rufetcem Guér.). — Environs de Dellys. 
Tacbys globului Dej. 

— bisbimaculatus Chur. — Dellys (Brond.). 

— parvulut Dej. 

— bitlriatus Duft. 

— (Tachïta) nanus Gyll. 
PsrIleptUB arealatvs Creutz. — Dellys. 

TrechiM rufueui Dej. — Alt Idjer. (Lx). Grande Kabylie (Chapelier). 

— quadrUtrialui Schrauk. (minuttts Fabr.). — Oued Sahet (G. Olivier). 



244 LA KABYLIE. 

Deltomems punctatissimus Fainn. — Grande Kabylie (Prophétie). Oiied 
Sahel (G. Olivier). Jurjura (Merkl). Djema Saharidj (Mad.). 

Broscns poHtus Dej. — Vallée de Toued Sahel, Tala Hamza (G. Olivier). 

Scarites huparius'Eov%i. (S. gigasFàbr,), — Sables maritimes. Bougie (Ta). 
Dellys (Brond.). 

— lœvigatus Fabr. — Bougie (Lx). Dellys (Brond.). 

— planus Bon. — Env. de Dellys (Brond.). 
Reicheia subterranea Putz. — Azeroubar (Mad.). 
Dyschirius chalybeus Putz. — Env. de Dellys (Brond.). 

— rufo-aeneus Chaud. — Kabylie (Chapelier, Poupill.). 
Siagona rufipes Fabr. — Env. de Dellys (Brond.). 

— gerardi Buq. — Grande Kabylie, forêt d'Akfadou (Ijc). 
Apotomus ru/us Rossi. — Kabylie (Chapelier). Dellys (Brond.). 
ChUenius (Epomis) eircumêcriplus Duft. — Kabylie , fontaine près de Ti- 

rourda (Lx). 

— spoliatus Rossi. — Oued Sahel (G. Olivier). Dellys (Brond.). 

— Borgiœ Dej. var. auricollis Gène. — Toute la Kabylie. 

— variegatus Fourc. — Dellys (Brond.). • 

— aercUus quens. — A. C. dans toute la Kabylie. 

var. Farrasi Lap. — Grande Kabylie (Chapelier) ; Tirourda , Akfa- 

dou (Lx). 

— chrysocephalus Rossi. — Jurjura, Akfadou (Lx). 

— tirens Ramb. {montanus Lue.). — Grande Kabylie (Chapelier). Jurjura 

(Lx). 

— Dinodes (azureus) Duft. var. algériens Raffr. — Kabylie (Raffray). 
Licinos punctatulus Fabr. {brevicollis Dej.). — Fort-National, Tirourda 

(Lx). Kabylie (Poupil.). 
AmblystomuB mauritaniens Dej. — Grande Kabylie, Ait Idjer (Lx). 
DitomuB (Aristus) capito Serv. — Env. de Dellys (Brond.). 

— (aristus) sphaerocephalns 01. — Même localité (Brond.). 
Carieras (Odontocabus) cordatus Dej. — Oued Sahel (G. Olivier). 

— trieuspidatns Fabr. — Grande Kabylie (Poupil.). 

— intereeptns Dej. (Lucasi Reiche, mandibnlaris Reiche). — Ait Daoud 

(Lx), Oued Sahel (Lirou). Grande Kabylie (Lallem.). 

— Dama Rossi. — Dellys (Brond.). 

— rotundicoUis Ramb.? — Grande Kabylie (Chapelier). 
Eriotomus vitlosulus Riche (rubens Fairm.). — Akbou (D' Duponchel). 
Anisodactylus binotatns Fabr. 

— héros Fab. {Dejeani Buq.). — Env. de Dellys (Brond.). Jurjura (Lx). 
Scybalicus kabylianus Reiche. — Kabylie (Chapelier). 

— oblonginsculns Dej. — Kabylie (Poupil.}. 

— cordicollis Serv. {ditomoides Dej.). — Grande KabyUe (Chapelier). 
Ophonns diffinis Dej. {rotnndicollis Fairm.). — Grande Kabylie (Poupil.), 

Dellys (Brond.). 

— incisus Dej. — Oued Sahel (G. Olivier). 

— rotnndatns Dej. — Tifrit, Aït Idjer (Lx). 

— planieollis Dej. — Aït Idjer (Lx). Dellys (Brond.). 



HISTOIRE NATURELLE. 245 

Ophonos ruficornis Fabr. — Oued Sahel (G. Olivier). 

— griseus Paaz. — Grande Kabylie (Chapelier). 
Harpatns punctato-vtriatus Dej. — Kabylie (Poupil.). 

— obHtus Dej. (siculus Dej.). — Graode Kabylie (Chapel., Poupil.) 

— consentaneus Dej. — Zone des grandes forêts, Djebel Afroun (Lx). 

— fulvus Dej. — Env. de Dellys (Brond.). 

— gondoti Dej. — Akfadou, Jurjura (Lx). 

— serripes quens. — Grande Kabylie (Charpentier). 
Stenolophus teutonus Schrauk. — C. dans les marais et lieux humides. 

— proximus Dej. — Env. de Dellys (Brond.). 

— flavipennis Lucas {consputus Luc.}. — Même localité (Brond.). 
Acinopus sabulosus Fabr. (/é, Lepeletieri Luc). — Kabylie (Poupil.). 

Dellys (Brond.). 

— cylindraceus Fairm. {elongatus La Brâl., laevipennis Fairm).^ — 

Grande Kabylie (Chapelier). 

— megacephalus Rossi. — Akbou (D*" Duponche]). 
ZabruB distinctus Luc. — Environs de Dellys (Brond.). 

— semipunclatus Fairm. — Grande Kabylie (Chapelier) Jurjura (Lx). 

— piger Dej. — Env. de Dellys (Brond.). 

— f ardus Zïmm, (puncticoUis Dej.). — Même localité (Brond.). 
Amara rufipes Dej. — Dellys (Brond.). 

— aenea Degeer (trivialis Gyll.). — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 

— famitiaris Duft. — Grande Kabylie (Poupil.). 

Pterostichus (Perçus) bitineatus Dej. (lineaUs Sol.). — A. C. Jurjura (Lx). 

— (Lyperosomus) elongatus Duft. (Tingitanus Luc). — Oued Sahel (Lx). 

— (Obthomus) barbants Dej. — Kabylie (PoupO.). 

— (Orthomus) aquilus Coq. — Kabylie (Poupil.). 

— (PoECiLUs) quadricoUis Dej. — Oued Sahel (G. Olivier). 

— (PoECiLUs) numidicus Luc. — Env. de Dellys (Brond.). 

— (PoECiLUS) crenxdatus Dej. {mauritaniens Dej.). — Akfadou (Lx). 

— (PoECiLUs) aerarius Coq. — Grande Kabylie (Prophette). 

— (Pœcilus) crenatus Dej. — Kabylie (Prophette). Jurjura (Lx). 
Abacetns (Astigis) Salzmanni Germ. — Env. de Dellys (Brond.). 
Sphodrus leucophthalmus L. — Même localité (Brond.). 

— (L^MOSTfiNUS) cotnplanatus Dej. — Grande Kabylie (Poupil.). 
var. barbarus Luc {atrocyaneus Fairm.). — Kabylie (Mad.). 

GalathuB (Bedelinus) circumseptus Germ. — Dellys (Brond.). 

— fuscipes Gœze var. algiricus Gaut. — Toute la Kabylie. 

— opacus Luc. — Dellys (Brond.). 

— melanocephalus L. var. — Jurjura (Lx). 
PlatyderuB gregarius Reiche. — Kabylie (Chapelier). 

Platynus algirinus Buq. — Dellys (Brond.), forêt de Mizrana (Lamey). 

— marginatus L. — Tazmalt (G. Olivier). 

— numidicus Luc. — Oued Sahel (G. Olivier). 

— fulgidicollis Er. 

— atratus Duft. 

— ruficornis Gœze (pallipes Fabr.). — Tazmalt (G. Olivier). 



M6 LA KABYLIE. 

Ollsthopns glabricoUii Genn. (punclicoUis Luc). — Grande Kabylie 

[Chapelier). Oued Sahel {Olivier). 
CTmlndlt silifentis Luc. var. Uucophtlialma Luc. — Edv. De Dell}'s 

— axUiarU Fabr, — Régions élevées. 

Dsmetrlas (aëtophorm) imperialis Germ. — Forêt d'Akfadou (Lx). 

— atricapillus L. 

Dromina tinearis 01. — Env. de Dellys (Brond.). 

Hetabtotns foveatus Fourc. {fnveolaïus Gyll.). — Kabylie (Charpentier). 

— obiairo-guttalus Duft. — Dellys (Brond.). 

— scapularîi Dej, — Même localité (Brond.). 

— (Blechsus) plagiatux Diift. — Tazmalt (G. Olivier). 
mauritanicus Luc. — (Mad.). 

taevipennU Luc. — Grande Kabylie (Chapelier). 

Uonycbns albo-notatu» Dej. var. atbo-maculatus Luc. — Dellys (Brond.). 
Lebla fulvicoUU Fabr. — Env. de Dellys (Brond.). 

— cyanocephata L. (fiumidica Luc.). — Au dessus de Tirourda, Ail 

Daoud (Lx). 

— IrimacKlata Villers (cyathigera Rossi). — Jurjura (Ch. Leprieur). 

— Lepida BruUê. — Forêts de lièges. Tifril (Lu). 

— scapvlarU Fourc. var. guadrimaculnta Dej. (Mad.). 
Znphlnm Chevrolati Br. ? — Env. de Dellys (Brond.). 

Drypta dentata Rossi. — Grande Kabylie (Poupil.). 

— dUtincta Rossi. — Forêt d'Akfadou (Lx). 

Oraphopterna (setrator Forsk.] var. luetuosuM Dej. — Vallée de l'oued 
Sahel (Lx). 

— exctamatiouis Fabr. — Même localité (G. Olivier). 
Brachyans humeralis Ahr. — Env. de Dellys (Brond.). 

— exhalons Rossi. — Même localité (Brond.). 

— immaculicomisnt]. — Kabylie (Chapelier), Dellys (Brond.). 

— crepitarta L. — Kabylie (Chapelier). 

— spiophia Serv. ^ Dellys (Brond.). 

— sclopeta Fabr. — Kabylie (Charpentier). 

— explodens Diifl. — Dellys (Brond.). 

— ovipennis Motsch. {IMhierryi Heiche). — Fort-National (Lx). 
Pauaans Favieri Fairni. ~ Kabylie (Poupil. J. Dellys (Brond.). Jurjnra (Lx:. 
HoUplns mucronalus Steph. — Env. de Dellys (Brond.). 

— fitlvui Fabr. — Même localité (Brond.). 

-^ variegatus Sttinn. — Même localité (Brond.). 

— ruficeps Chevr.? — Même localité (Brond.). .Vit Idjer (Lx). 
P«ltodytes (Cnkmidotls) caesus Diitl.? — Dellys (Brond.). 

Hyspobia (Pelobius) tarda Herbst. — Même localité (Brond..). Kabylie 

(Chapelier). 
Hypbydms variegaivs Aube. —Grande Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 
Cœlnmbna inaequalis Fabr. — Dellys (Brond.). 

— conflwm Fabr. — Même localité (Brond.). 

Bldessna (Yola) bicarinatits Latr. — Même localité (Brond.). 

— minutistimut Germ.? — Même localité (Brond.]. 



HISTOIRE NATURELLE. 347 

Hydroponu (Debonectes) bomhycinus I-epr. — (Mad.), 

— tepidus 01. — Kabylie (Poupil.}. Dellys (Brond.)- 

— Escheri Aube. — Grande Kabylie (Poupil.]. 

— Havipes 01. — Kabylie (Poupil.). 

— meridionalis Aube. — Dellys fBrood.). 
Notems lœois Sturm. — Vallée du Sebaou (Lx), 

LKOcopbUuB hyalunis Degeer, var. testaceut Aube. — Kabylie (Lx). 
Agabns bigtdtalus 01. — Grande Kabylie (Chapelier) Dellya (Broud.]. 

— polilm Reiche. — Kabylie (Cha^lier). 

— nefmlosus Forst. (bipunctatut Fabr.}. — Tala Mekuea, fontaiaes du 

Jurjura (Lx). 
Copelatns (Lioptebits) aCriceps Sharp. — Dellys (Rroud.). 
Colymbetea fuscus L. — Même localité (Brood). 
M«ladeiua coriaceum Lap. — Tala Mebnea (Lx). 
Dytlcns circutnflexus Fabr. — Dellys (Brond.). Sebaou, oued Sahel (Lx). 
Cybiatar laterimarginalls Degeer (Rœseti Fuessly). — Commun partout. 

Dellys (Brond.). 
Anlonogyma tlriatux 01. — Vallée du Sebaou (Lx). Dellys (Brond.). 
Gyplnas urinator III. — Forêts de Kabylie (Lx). Dellys (Brond). 

— Jiejeani Bnillé. — Tazmalt, oued Saliel (G. Olivier). 

AHPHIBIA. 

H«lophopns rufipex Bosc. (rugosus 01.)? — Dellys (Brond.). 

— aquaticm L. 

— obscurus Rey.* — Dellys (Brond). 

Hjrdraeiia teitacea Curtis. — Environs de Bougie (Lx). 

Berosns a/)ïn(( Brullé. —Dellys (Brond.). 

HydrollB (Hvdhophilus) piitaeeim Lap. {litermis Luc). — A. C. Dellys 

(Brond.), marais du Sebaou (Lx), oued Sahel [G. Olivier). 
Limnoxenus oblongus Herbst. — Environs de Dellys (Brond.). 

— corwexut Brullé. 

Anacaena limbata Fabr. — Aît Idjer (Lx). 
LaccobluB nigriceps Tliones.? — Env. de Dellys (Brond.). 
Hydroscapha gijrinoîdes Aube. — Bordj Menalel (Oi. Leprieur). 
Sphaaridlnm scarabaeoides L. — A. C. Fort-National (Lx). 
Crclonotnm orbiculare Fabr. — Zone des forêts (Lx). 

— Kispamcum Kùst. ? — Dellys (Brond.). 
Csrcyon (/uiiquilius L. — Même localité (Brond.). 

— nigriceps Marsh, (cealro-maeutatus Sturm). — (Mad.). 

— aiudis Payk. — Dellys (Brond.). 

Megastermum boUtophagum Marsh. — (Mad.). 

Hsterocerus jp. — Kabylie. 

Dryops (Parnus) aurilui Gceze {hydrobatet Kies.) — Kabylie (ChapeUer). 
nilmnlus {Limnius} Itiberctilatus Mùll, {fuscipes Reiche). —Environs de 

Dellys (Brond.). 
GeoryMOS coalatus Lap. — Dellys (Brond.). 



248 LA KABYLIE. 



BRACHELYTRA. 

Micropeplns fulvus £r. — Dellys (Brond.). 

Protinus clavicomis Steph. (atomantis Er.). — Zone des forêts, Tifrit, 

Akfadou (Lx). 
Anthobium luteicorne Er. {cuicticoUe Chevr.) — Env. Dellys (Brond.). 
Homalium r.œsum Grav. — Même localité (Brond.). 
Ancyrophoras angustalus Er. — Bordj Menaiel, inondations (Ch. Leprieur). 

— homalinus Er. — Même localité (Ch. Leprieur). 
Trogophloeus rivularis Motsch. (Tric/isoni Sharp). — (Mad.). 

— gracilis Manh. — Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 
Oxytelus inustus Grav. — Rabylie (Poupil.). 

— sculpturaius Grav. — Dellys (Brond.). 

— brevipennis Fauvel. — Bordj Menaïel (Ch. Leprieur.) 

— puncilus Er. — Même localité (Ch. Leprieur). 

— speculifrons Pand. — Même localité (Ch. Leprieur). 
Bledios taurus Germ. — Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 

— verres. — Kabylie (Poupil.). 

Sténos ater Manh. — Env. de Dellys (Brond.). 

— salinus Bris. ? — Même localité (Brond.). 

— xrosus Er. — Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 

Œdichims paederinus Er. — Dellys (Brond.) ; zone des forêts (Lx). 
Astenus (Sunius) fiUformis Lalr. — Kabylie (Poupil.). 

— filum Aube (rutilipennis Chevr.). — Dellys (Brond.). 

— jnelanurus Kùst.? — Même localité (Brond.). 
Stilicas orbiculatus Payk. — (Mad.). 

SoopœuB laevigatus Gyll. — Dellys (Brond.); vallée du Sebaou (Lx). Bordj 

Menaiel (Ch. Leprieur). 
Medon {Li(hocharis) propinguus Bris.? — Environs de Dellys (Brond.). 
Pœdems meridionalls Fauvel. 

— caligalus Er, 

— [ruâcolUs Fabr.]. var. algiricus Mots. — (Mad.). 
Dolicaon densiventris — Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 

— illyricus Er. •— Aït Idjer (Lx). Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 

— gracilis Grav. {/taemorrhous Er.). , — Zone des forêts et Fort-National. 
Pathroblum anale Luc. — Env. de Dellys (Brond.). 

Acheniam striatum Latr. — Même localité (Brond.). Bordj Menaiel 

(Ch. Leprieur). 
Diochus Staudingeri Kraatz. — Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 
Xantholinus coUaris Er. (ruficollis Luc). — Dellys (Brond.). 

— punctulatus Payk. — Même localité (Brond.). 

— glabratus Grav. — Kabylie (Poupil.). 

— grœcus Kraatz. — Environs de Dellys (Brond.). 

Greophilos maxillosus L. — Même localité (Brond.). Kabylie (Poupil.). 
Lelstotrophus marginalis Gène. — (Mad.). 




HISTOIRE NATURELLE. 249 

Staphylinns medioxîmus Fairm. — Dellys (Brond.). 

— (OcYPDS) olus MùlL — C. dans toute la Kabylie. 

ophthcUmicus Scop. (eyaneus Payk.). — Dellys (Brond.). 

aethiops Walll. — Kabylie (PoupiL). Dellys (Brond.). 

picipennis Fabr. — Zone des forêts. Ait Idjer (Lx). 

œneocephalus Degeer (cupreus Rossi). — Kabylie (Poupil.). Dellys 

(Brond.). 

planipennis Aube. — Bougie (Lucas). 

Gaflns xantholoma Grav. — En?, de Dellys (Brond.). 

— procerulus Grav. — Dellys (Brond.). 
Actobins prolixus Er. •— Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 

— procerulus Grav. — Dellys (Brond.). 
Philonthus irUermedius Lacord. — Kabylie (Poupil.). 

— plagiatus Fauv. — Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 

— debiUs Grav. — Env. de Dellys (Brond.). 

— discoideus Grav. 

— ebeninus Grav. — Kabylie (Poupil.). 

— fimetarius Grav. — Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 

— nigritulus Grav. 

— varius Gyll. 

Quedius crassus Fairm. — Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 

— declivus Fauv. — Mente localité (Ch. Leprieur). 

— prœcox Grav. (Ernestini Fauv.). — Même localité (Ch. Leprieur). 

— semiœneus Steph. (atlenuatus Luc). — Env. de Dellys (Brond.). 
Heterothops dissimilis Grav. — Même localité (Brond.). 
Euryporns seneiventris Luc. — Dellys Brond.). 
MycetoporuB Reichei Pand. — (Mad.). 

Tachinus fl^vo-limbatus Pand. (marguiellus Luc). — Kabylie (Poupil.). 
Dellys (Brond.). 

— flavipes Fabr. — Dellys (Brond.). 
Gilea silphoides L. 

Tachyporas solutus Er. {discus Reiche). — Grande Kabylie (Chapelier). 
Bordj Menaïel (Ch. Leprieur). 

— hypnoram Fabr. — C. zone des forêts (Lx). Dellys (Brond.). 

— pusillus Grav. — Zone des forêts, Akfadou (Lx). 

— nitidulus Fabr. 

Gonosoma (Conubus) pubescens Payk. — Kabylie (Poupil.). 

pedicularium Grav. (lividum Er.). — Oued Sahel (G. Olivier). 

Oligota pusillima Grav. — Dellys (Brond.). 

Homalota pulchra Kr. — Bordj Men Aïel (Ch. Leprieur). 

— aterrima Grav. — Même localité (Ch. Leprieur). 

— cava Fauv. — Même localité (Ch. Leprieur). 

Tachyusa ferialis Er. — Env. de Dellys (Brond.) Bordj Men Aïel (Ch. Le- 
prieur). 
Zyras (Myrmedonia) collaris Payk. — Dellys (Brond.). 
AstilbuB memnanius Mark, [tristis Luc). — Grande Kabylie (Prophette). 
Sipalia fumida Er. {Homa4. pallipes Luc). — Fort-National (Lx). 



250 LA KABYLIE. 

PhytosuB spinifer Curt. — En?, de Dellys (Brond.). 

Aleochara crassicornis Lacord. (rufipenni$ Er.). — Grande Kabylie. 

— grisea Kraatz? — En?, de Dellys (Brond.). 
Bolitochara lucida Gra?. ? — Zone des forêts. Akradou (Lx). 
Faiagaria obscura Gra?. — En?, de Dellys (Brond.). 

Gtenistes Kiesenwetten Rag. — Kabylie sept (Mad.). — ? Dellys (Brond.). 
Enoptostomus Desbrochersl RafiFr. {Leprieuri Pauly.). — Kabylie (Ch. Le- 

prieur.). 
Bryaxis Helferi Schmidt. — Vallée du Sebaou (Lx). Dellys (Brond.). 

— Kabyliana Raflfr. — Azib. Zamoun (Lx). Bordj Men Aïel (Ch. Le- 

prieur). 
-^ sanguinea L. — Dellys (Brond.). 
Pselophns sp, — Même localité (Brond.). 
Euplectos sp. 
Faroniis La/ertei Aube. 

CLAVICORNIA. 

Scydmœniis sp. — Kabylie. 

Neoraphes Margaritœ Reitt. 

Gholeva sh. {? cisleloides ). £n?irons de Dellys (Brond.). 

Gatops celer Luc. — Même localité (Brond.). . 

Myrmecobius agilis Luc. — Même localité (Brond.). Zone des forêts (Lx). 

Silpha (Parasilphà) punclicoUis Luc. — Dellys (Brond.). 

OlivieriBed, {granulata OL). — Kabylie (Poupil.) Dellys (Brond.). 

Oued Sahel (G. Oliv!). 

— (Thanatophilus) rugosa L. ?ar. tuberculata Luc. — Kabylie (Poupil), 

Dellys (Brond.). 

sinùata Fabr. — Grande Kabylie (Poupil.). 

Agathidium Leprieuri Bris. 

GybocephaluB festivus Er. (diadematus Chevr.). — Fort-National (Lx). 

Actinopteryx fucicola Allib. 

Scaphidinm guadrimaculalum 01. — Fort-National, Tala, Meknea (Lx). 

Scaphium immaeulcUum 01. — Dellys (Brond.). Ait Idjer (Lx). 

Scaphosoma agaricinum L. ? 

Tolyphus granulatus Guér. — Kabylie (Chapelier). 

Phalacrus coruscus Payk. — Dellys (Brond.) . 

Olibras Uguidus Er. — Kabylie (Chapelier) Dellys (Brond.). 

— pygmœiis Sturca. — Oued Sahel (G. 01i?ier). 

Stilbus testaceus Panz. {geminus 111.). — Kabylie (Chapelier). 
BraohypteruB sp. — Kabylie. 

— urticx Fabr. — Kabylie (Charpentier). Dellys (Brond.). 
Garpophilos mutUatus Er. — (Mad.). 

— immaculatus Lucas. — Dellys (Brond.). 

— hemipterus L. — Kabylie (Poupil.). 
Epurœa sp, 

MeU^ettes/uscus 01. — Dellys (Brond.). 



HISTOIRE NATURELLE. 25! 

Melierettes exilis Sturm. {nigrita Luc.)* Même localité (Brond.). 

Nitidnla flavomaculata Rossi (flexuosa Fabr.). — Même localité (Brond.). 

Xenostrongylus Deyrollei Duv. {hirsutus Fairm.). — Kabylie (Chapelier). 

Rhizopha^ns sp» — Kabylie. 

TemnochilSL cœrulea 01. — Kabylie (Chapelier). 

Tenebroides (Trooosita) mauritanicus L. — Dellys (Brond.). 

maroccanus Reitt. — Zone des forêts (Mad.). 

Thymalus limibatus Fabr. — Forêts de Kabylie (Lx). Dellys (Brond.). 

Gorticus celtis Germ. 

Torphins Fairmairei Mars. ? 

Eudophlœus spinuiosus Latr. 

Golydium elongatum Fabr. — Kabylie (Chàrp.); forêt d'Akfadou (Lx), 

Teredus cylindricus Ol. (nitidus Fabr.). 

Aphardion (Cerylon) semistriatum Perris». 

Xenoscelis costipennis Fairm. 

Lœmophlœns testaceus Fabr. (suberis Luc). — Dellys (Brond.) Kabylie 

— elongalulus Luc? — Dellys (Brond.). Tifrit (Lx). 

Hyliota (Bho^TKs) planatus L. — Fort-National (Lx). Dellys (Brond.). 

Silvanns bicorms £r. 

Colnocem f or micaria Motsch. — Environs de Dellys (Brond.). 

Merophysia formicaria Luc. — Même localité (Brond.). 

Holoparamecus caularum Aube. 

tttkthrlôiuB productus Rosh. 

Gortodere elegans, 

Bnicmus transversus 01. 

— minutus L. 

Revelieria Genei Aube. — dans un morceau de quercus suber, 

Gorticaria sp, — Kabylie. 

Berginos Tamarisci Woll. — Kabylie (Madon). 

Gryptophagns sp. — Kabylie. 

Atomaria sp. — Kabylie. 

EphistemuB sp. — Kabylie. 

Myrmecozenas picinus Aube. 

Aulacochilas Cfievrolati Luc. — Forêt d'Akfadou (Lx), Kabylie (Chapelier). 

Triplaz Lacordairei Crotcli (ruficolUs Luc). — Env. de Dellys (Brond.). 

— sp. — Env. de Dellys (Brond.). 

Lycoperdina penicillata Mars. — Dellys (Brond.), Jurjura (Lx). 

Dapsa barbara Luc — Grande Kabylie (Poupil.). 

Esarcns Letoumeuxi RalTr. — Env. de Dellys (teste RafTray)? — Ait Djen" 

nad (Lx). 
Tritoma (Mycetophagus) quadripustulata L. ? — Kabylie ((Chapelier). 
Dermestes lardarius Fabr.? — Grande Kabylie (Poupil.). 

— vulpinus Fabr. — Même région (Poupil.). 

— sardous Kûst (murinos Lucas). — Oued Sahel (G. Olivier). 

— bicolor Fabr. 

Attagenos bifasciatus 01. — Même région (Mad.). 
Anthrenus PimpineUx Fabr. — Kabylie (Poupil.). 



252 LA KABÎLIE. 

Anthrenus varius Fabr. — Dellys (Brond.). 

Torectus grandicollis Germ. {germari Luc). — Dellys (Brond.). 

Piatysoma algiricum Luc. 

— frontale Payk. — Forêt d'AJifadou (Lx). 
Hister major L. — - Toute la Kabylie. 

— quadrimaculatus L. — Dellys (Brond.). Oued Sahel (G. Olivier). 

— amplicollis Er. — Dellys (Brond.). Kabylie (Poupil.). 

— Mpunctatus Payk. — Mêmes localités. 

— neglectus Germ. ? — Grande Kabylie (Chapelier, Poupil.). 

— duodecimistriatus Schrank. — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 

— bimaculatus L. — Dellys (Brond.). 

TribaUus scaphidiformis III. — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 
StemocQBlis {Hetserius) fValkeri Lewis. — Bougie (E. Simon). 
Saprinus nilidulus Payk. — Kabylie (Poupil.). Dell}^ (Brond.). 

— pulcherrimus Weber {speculifer 111.). — Dellys (Brond.). 

— chalcites 111. — Kabylie (Poupil.). 

— dimidiatus 111. — Bougie (Lucas). Kabylie (Poupil,). 
Plegadems pusillus Rossi. — K. (Mad.). 

Onthophilus globulosus 01. {interruptus Reitt.). — Environs de Dellys 
(Brond.). 

LAMELLICORNIA. 

DorcuB Musimon Gène. — Tifrit, Akfudou (Lx). Dellys (Brond.). 

var. (mas) semisulcatus Muls. — Kabylie sept. (Mad.). 

Systenoceras (Platycems) caraboides L. — Jurjura (La Perraudière). 
Scarabœns (aieuchus) sacer L. — Kabylie. 

variolosus Fabr. — Toute la Kabylie. 

Gymnopleoms flagellatus Fabr. — Environs de Dellys (Brond.). 

— Sturmi Mac Leay. — Toute la Kabylie. 

Sisyphus schacfferi L. — C. surtout dans la montagne (Lx). 

Gopris hispanus L. {Paniscus 01.). — Env. de Dellys (Brond.). Kabylie. 

Babas bison L. — Kabylie. — Dellys (Brond.). 

Onitis (Chirgnitis) furcifer Rossi. — Dellys (Brond.). 

irrosatus Rossi. — Dellys (Brond.). 

~ sphinx Fabr. {Innus Fabr.). — Kabylie (Chapelier). 

— numida Cast. (strigalus Er.). Kabylie (Chapelier). Oued Sahel (Lx). 

— Jon 01. — Environs de Dellys (Brond.). 

— Belial Fabr. (Olivieri III.). — Même localité (Brond.). aied Sahel 

(G. Olivier). 
Gniticelius fulvus Gœze (flaoipes Fourc). — Dellys (Brond.). Jurjura (Lx). 

— palleus Fabr. [concinnus Gène.). — K. (Mad.). 
Onthophagus taurus Schreb. — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 

— crocaius Muls. } — Kabylie. 

— marginalis Gth\. {Maurus Luc). — Kabylie (Poupil.). 

— fracticornis Preyssl. — Dellys (Brond.). 

— maki III. 



HISTOIRE NATURELLE. 253 

Onthophagns meliteiisYBbT. (punctulatus Luc.).— KBbyiie(Pou^\l) Dellys 
(Brond.). 

— nigellus III. — Kabylie (Poupil.). 
Aphodius erraticus L. — Dellys (Brond.). 

— scybalarius Fabr. — Même localité (Brond.)* 

— fimetarius L. — Même localité (Brond.). Oued Sahel (G. Olivier). 

— granarius L. — Même localité (Brond.). Kabylie (Poupil.). 

— quadriguttcUus Ilerbst. — Environs de Dellys (Brond.). 

— lineolattts 111. — Même localité (Brond.). 

— nitidulus Fabr. — Même localité (Brond.). 

— lividus 01. — Même localité (Brond.). 

— satellitius Herbst. (Pécari Fabr.). — Même localité (Brond.). 
Ammoecius rugifrons Aube. — K (Mad.). 

— elevatus 01. — Dellys (Brond.). 
Pleurophorus cxsus Pauz. — Kabylie (Poupil.). 
Psammobins sabulosus Muls. — Environs de Dellys (Brond.). 

— sulcicollis 111. — Même localité (Brond.). 
Hybalus biretusui Mars. — Dellys (Marseul). 
Hybosoms lUigeri Reiche. — Dellys (Brond.). 

Bolboceras Bocchus Er. — Grande Kabylie (Poupil.). Oued Sahel (Lx). 
Geotrypes DouH Gory. — Jurjura (Lx). 

— hypocrita III. — A. C. partout. 

— (Thopectes) sp. — Kabylie (Poupil.). 

Trox [perlatus Gœze] var. Fabricii Reiche. — Toute la Kabylie. 
Glaphyrus maurus L. — Oued Sahel (G. Olivier). 

Amphicoma Bombylius Fabr. — Oued Sahel (G. Olivier). Dellys (Brond.). 
Kabylie (Poupil.). 

— fneîes Fabr, — Dellys (Brond.). Kabylie (Poupil.). 
Hoplia aulica L. — Kabylie (Chapelier). 
Hymenoplia strigosa III. ? — Kabylie (Poupil.). 
Triodonta unguicularis Er.? — Akfadou (Lx). Dellys (Brond.). 

— Morio Fabr. — Kabylie (Poupil.). 

Rhizotrogus maganosci Guér. — Grande Kabylie (Poupil.). 

— numidîcus Lucas. — Kabylie (Chapelier). Dellys (Brond.). 

— sp, — Kabylie. 
Anoxia àp. — Dellys (Brond.). 
Polyphylla fullo L. — Même localité (Brond.). 
Anlsoplia floricola Fabr. — Même localité (Brond.). 

PkyUopertha lineata Fabr. [algirica Reiche). — Jurjura (Lx). Dellys. 
Anomala sp. — Bougie (Lx). 

Pentodon algerinuses Herbst (monodon Luc). — Bougie (Lx). Dellys (Brond.). 
Galllcnemis Latreillei Lap. — Bougie (Lx). 
Phyllognathus Silenus Fabr. — Dellys (Brond.). Ait Idjer (Lx). 
Oryctes Grypus 111. — C. dans la zone des forêts (Lx). 
Getonia floralis Fabr. — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 
var. refulgens Herbst. — Dellys (Brond.). 

— [auraia L.] var. funeraria Gory. — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.;. 



254 LA KABYLIE. 

Getonia morio Fabr. — A. C. Mêmes régions. 

— opaca Fabr. (cardui Gyll.). — Dellys (Brond.)- 

Lteucocelis (Ojlythyrea) funesta Poda {siiciica L.). — Kabylîe (Poupil.). 

Dellys (Brond.). Fort-National (Lx). Bougie (Bertbier). 
Epicomatis (Tbopinota) crinita Charp. — Toute la Kabylie. 
Trichins zonatus Genn. — Zone des forêts (Lx). 

SERRICORNIA. 

Julodis Onopordi Fabr. var. — Oaed Sahel (G. Olivier). 
AcmsBOdera acuminipennis Lap. — Même localité (G. Olivier), Dellys 
(Brond.). Kabylie (Poupil.). 

— coM^tfiier Scop. 

— flavofasciaia Pill. {tœniata Fabr.). — Dellys (Brond.). 

— adspersula 111. — Boagie (Lucas). 

— discoidea Fabr. — Dellys (Brond.). Kabylie (Poupil.). 

Aurigena unicolo 01. (tarsata Fabr.). — Owd Sahel (G. Olivier). Kabylie 

(Poupil.). 
Gapnodis Tenebrionis L. Bougie (Lucas) Dellys (Brond.;. 

— tenebricosa Fabr. — Dellys (Brond.). 

Gyphosoma gravidum Lap. (Lawsoniae Cbevr.). — Vallée du Sd>aott (Lx). 
PoBcilonota variolosa Payk. {conspersa Gyll.). — Bougie (Lucas), DeMjrs 
(Brond.), Kabylie (Poupil.). 

— (Lamfra) decipiens Maimh. — Kabylie (Poupil.). 

Ancyloohira novemmaculata L. (flavo-maculata Fabr.). — Bougie (Lucas). 

— octoguttata L. Bougie (Lucas). ? 
Enrythyrea micans Fabr. — Kabylie (Poupil.). 
Gisanthobia Arioii Robert. — Taourirt Igbil (Lamey). 
Anthaxia hungarica Scop. {cyanicornis Fabr.). 

var. (elytrU cœruleus), — Drâ el Mizan (Mad.). 

— viminalis Lap. — Kabylie (Chapelier). 

— fulgidipennis Luc. — Même région (Chapelier). 

— mille folii Fabr. {smaragdifrons Luc). 

— umbellatarum Fabr. {incuUa Germ.). — Dellys (Brond.). Kabylie (Cha- 

pelier). 

— aurulenta Fabr. — Bougie (Lucas) Dellys (Brond.). 

- salicls Fabr. — Zone des forêts (Lx). Dellys (Brond.). 

— dimidiata Thunb. {saliceti Ul.). 

— istriana Rosh. (sepulchralis Lap.). — Dellys (Brond.). 
Sphenoptera mttaticollis Luc. — Kabylie. 

Gorœbus amethystinns 01. — Dellys (Brond.). 
Agrilns higuttatus Fabr. — Mizrana (Mad.). 

— roscidus Kies. — Dellys (Brond.). 

Aphanistiens augustatus Luc. — Dellys (Brond.). Akfadou (Lx). 

TrachsTS pygmœa Fabr. — Dellys (Brond.). 

Throscns sp. — Même localité (Brond.). 

Adelocera punctala Herbst {carbonaria Schrank). — Même localité. 



HISTOIRE NATURELLE. 255 

Heteroderes algirinus Luc. — Fort-Napoléon (Lx). 

Drasterias bimaculatus Rossi. — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 

Elater sp, — Dellys (Brond.). 

Grjrptohypiins sp, — Même localité (Brond.). 

Gardiophoras rufipes Gœze. — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 

— maurus Desbr. 

Melanotus dlchrous Er. (mauritanicus Luc). — Kabylie (Poupil.). 
Agriotes Olivieri Beshr,? — Kabylie (PoupiU). Dellys (Brond.). 

— obscurus L. — Kabylie (Poupil.). 

— marginipennis Luc. — Même région (Poupil.). 

Silesis terminatus Er. — Zone des forêts (G. Olivier). Dellys (Brond.). 

— rutilipennis III. {bicolor Luc). -^ Bordj Menaïel (Ch. Lepriem). 

MALACODERIVL\TA. 

Gebrio barbarus Luc? — Kabylie (Poupil.). 

— numidicus Luc — Kabylie (Poupil.). 

— melanocepkalus Luc. — Kabylie (Chapelier). 

— attenuatus Luc — Kabylie (Chapelier). 
Pelania mauritanica L. — Fort-National (Lx). 
Gantharis colona Er.? — Oued Sahel (G. Oliv.). 

— mauritanica Luc — Bougie (Lucas); Dellys (Brond.). 
Rhagonyclia scuteliaris Luc — Kabylie. 

— barbaraF, (sulcata Muls.). — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.); zone 

des forêts (Lx). 
Malthinns longipennis Luc — Kabylie (Poupil.). 
Troglops capitatus Er. — Dellys (Brond.). 
Golotes maculatus Cast. (trinotatus Er.). — Jurjura (Lx). 
Ebœus coUaris Er. — Dellys (Brond.). 

— a f finis Luc — Dellys (Brond.). 
Malachius mfus 01. — Kabylie (Mad.). 

— insignis Buq. — Kabylie (Chapelier). 

Gyrtosas meridionalis Ab. (Havilabris var. Peyron). — Kabylie (coll. 

Marseul, teste Peyron). 
Dasytes algiricus Luc — Kabylie (Mad.). 

— flaoescens Gêné. — Dellys (Brond.). 

— subœneus Schoûh? — Bougie (Brond.). 
Dolichosoma nobile Ulig. — Kabylie (Poupil.); Dellys (Brond.). 

— melanostoma Brullé (smaragdinum Luc). — Dellys (Brond.)... (Mad.). 
Lobonyx œneus Fabr. {ciliatus Graëlls). — Dellys (Brond.). 
Haplocnemns chlorosoma Luc. (cupreus Luc). — Kabylie (Poupil.). 
Dasytiscns vestitus Kiesenw. (var. B.). — Bordj Men Aïel (Ch. Leprienr). 
Danacaea imperialis Gêné. — Grandes forêts. AU Idjer (Lx). 

Melyris granulaia Fabr. — Kabylie (Chapelier). 



LA KABYLIE. 



TÉRÉDILES. 



■■' tramvertalis Cbarp. — Dellys (Brond.), Kabylie (Poupili), 

domesticus Sturm. ~ Kabylie (Poupil.). 
donalit Luc. — Dans les pioi. près de Bougie (Lx). 

as (TrùAodes) umbellatarum 01. — Dellys (BrondO- Kabylie (Poupil.). 

— .4mnioi Fabr. — Kabylie (Poupil.), 

metea genicotatus Klug {pexicoltit Fairm.}. — Bordj Men Met (Cli. 

Leprieur). 
!H)bla rtifipeu Degeer. — Kabylie (Poupil.). 

:has {Heteroptinus) obesus I.iic, (Lxtcati Boield.). — Kabylie (Poupil.). 
(Gt/nopterm) variegatus RossI {maviitanicut Luc.). — Dellys (Brood.). 

Kabylie (Poupil.). 
(EutapKrus) carlnaltu Luc. ifossutatut Luc.). — Dellys (Brood,). 
tilnm {SUodrepa) paniceum L. — Kabylie (Poupil.). 
:rycbu> vartus Itl. — Fort-Natioual (Lx). 
sericans Mars. — Palestro (Feuillebois). 
coronatui Mars. — M£nie localité (Feuillebois). 
xylon sexdenlatum 01. — Kabylie (Poupil.). 
ipertha pvsMata Fabr. — Kabylie (Poupil.). 
mpertha pusilla Fubr. — Kabylie (Poupil.). 
fjB. — Forêt d'Alifadou (Lx). 

HETEROMERA. 

losU puHctala Br. — Kabylie (Poupil.), Dellys (Broudel.). 
Uns mtIdicoUis Soh — Bougie (Lx). 
imia mkrocephala Sol. — Oued Sahel {Lx, G. Olivier). 
bychlle lazmaUensis Desbr. — Tazmalt (G. Olivier). 
steveni Soi. — Dellys (Brond.). 
kmzei Sol. — Oued Sabel (G. Olivier). 
subooata Bess. {Dejeani Bess.). — Jurjiira (Lx). 
impreMifrons Sul. — Jurjura (Lx). 
germari Sol. — Dellys. (Brond.). 
lypia (Thunbergi Stev; terliim). — Kabylie. 
loBtoma sukalvm DupoDcli. — Kabylie (Gbapelier) 
«sis filiformis F. — Kabylie (Chapelier). 
obliterata Sol. — Jurjura (Lx). 
punclieentris Esch. {hesperica Sol.). — Kabylie (Poupil.). Dellys. 

1 spinosa L., var. Olieieri sol. — Fort-National (Lx). 

irns vncinus Forst. {hespericits Sol.). — Kabylie (Chapelier). 
dttbius Sol. — Dellys (Brond.). 
aliclicui Gemm. [pvnclalus Ilerbst.). — Grande Kabylie, (Poupil.), 

Dellys (Brond.}. 
guadraticoUts Fairm. — Kabylie (coll. Reiclie). 
alratus Fabr. — Kabylie (Chapelier;. 



HISTOIRE NATURELLE. 257 

Blaps gigas L. — Dellys (Rrond.). Kabylie (Poiipil.)' 

— producta Cast. — Dellys (Rrond.). Kabylie (Poiipil.). 

— obtusa Sturm (?) — Grande Kabylie (Poupil.). 
Pimelia depressa Sol.? — Dellys (Rrond.), Rougie (Lx). 

— rugosa 01. var. Boyeii, Sol. — Dellys (Rrond.). 

— Claudia Ruq. {spectabilis Ilaag.). — Tazmalt (G. Olivier, MerkI). 
Sepidium variegatum Fabr. — Oued Sahel (Lx), Kabylie (Chapelier). 
Asida maura L. (sUphoides L.). — Kabylie (Poupil.), Dellys (Rrond.), 

Jurjura (Lx). 

— nigerrima AH. — Akbou (D' Duponchel). 

— opatroides AU. — Jurjura (Lx). 

Grjrpticns gibbulus Quens. — Dellys (Rrond.), Grande Kabylie (Poupil.). 

Oochrotns unicolor Luc. — Jurjura, Fort- National (Lx). 

Utoboras Moreleti Luc. — Jurjura (Lx). 

Phylax costatipennis Luc. — Dellys (Rrond.), Kabylie (Chapelier). 

Micrositus plicatus Luc. — Dellys (Rrond.). 

Hellopathes interstilialis Muls. ? — Jurjura (Lx). 

Opatrum emarginatum Luc. — Commun (G. Olivier, Poupil., (Lx). 

— (Gonocephalum) înslicum 01. (fuscum Kiist.). — Dellys (Rrond.). 
famelicum 01. (parvulum Luc). — Kabylie (Poupil.). 

pusillum Fabr. (perplexum Luc). — Grande Kabylie (Chapelier), 

Tazmalt (G. Olivier). 

Pachypterus mauritanicus Luc. — Grande Kabylie (Poupil.). 

Scleron armatum Waltl (algiricum Luc). — Rougie (Lucas). 

Uchenam pulcfiellum Luc. — Kabylie (Madon). 

Ammophthoras t'ufus Luc. — Dellys (Rrond.). 

Trachyscelis aphodioides Latr. — Oued Sebaou (Lx). 

Phaleria cadaverina Fabr.? — Dellys (Rrond.), Rougie (Lx). 

Diaperis bipustulata Lap. — Grande Kabylie (Chapelier), zone des forêts. 

Alphitophagus bifasciatus Say (quadripustulatus Steph.). — Kabylie. 

Tribolium 5p. — Kabylie (Poupil.). 

Gorticens fasciatus Fabr. — Kabylie (Madon). 

Tenebrio obscurus Fabr. — Grande Kabylie (Chapelier). 

Galcar elongatum Herbst. — Commun partout en Kabylie. 

Boromorphus tagenioides Luc. — Dellys (Rrond.), Kabylie (Poupil.). Jur- 
jura (Lx). 

Misolampns Goudoti Guér. — Zone des forêts (Lx). 

Helops Faldani Guér. — Grandes forêts, Akfadou (Lx). 

— insignis Luc. — Forêts du Jurjura, Aït Daoud (Lx). 

— obesus Ail. — Kabylie (coll. Reiche). 

— (Nesotes) tnfjerculipennis Luc. — Kabylie (Chapelier). 

— (Dr ASTixus) œnescens Reiche. — Kabylie (Chapelier). 

— (Catomus) pygmœus Kiist. (Juncorum Kùst.). — Dellys (Rrond.). 
Gossyphus Hoffmannseggi Herbst. — Kabylie (Poupil.), Fort-National (Lx). 

— Àlgiricus Lap. — Grande Kabylie (Poupil.). 
Gistela (Isomira) sp. — Dellys (Rrond.). 

(PRiorïYCHUS) anthracina Muls. — Kabylie (Chapelier). 

I. 17 



268 LA KABYLIE. 

Hellotannis nigripennîs var. eryihrocephalut Sol. — Dellys (Brond.)* 

— abdominalis Fabr., Lap. — Kabylie (Chapelier). 

— ovalis Lap. — Grande Kabylie (Poiipil.). 

— cmruUus Fabr. — Grande Kabylie (Poupil.). 

— distinctus Lap. — Dellys (Brond.). 
Phloeotrya f^andoueri Muls. ? — Kabylie (Poupil.). 

Lagria viridipennis Fabr. — Dellys (Brond.), Fort-National (Lx). 

— sp, {hirtaf) — Dellys (Brond.). 
Notoxus mauritaniens Laf. — Kabylie (Madon). 

— trifasciatus Rossi (cornutus Fabr.). — Dellys (Brond.). 

— numidicus Luc. — Dellys (Brond.). 

Amblyderas scabricollit Laf. — Dellys (Madon) ; Bordj Menaiel [D^ lie- 
prieur). 
Formioomns cceruleipennU Laf. — Dellys (Brond.). 

— pede^tris Rossi. — Dellys (Brond.). 

Anthicos (Leptalbus) Hodriguesi Latr. — Kabylie (Poupil.), Dellys (Brond.). 

— (s. str.) humilis Germ. — Grande Kabylie (Poupil.). 
floraHs Fabr. — Dellys (Brond.). 

instabilis Sehmidt. — Kabylie (Madon). 

tenellus Laf. — Dellys (Brond.). 

dickrous Laf. (OUvieri Destr.). — Bordj Menaïel (D' Leprieur). 

guadriguttatus Rossi. — Kabylie (Madon). 

lœciceps Baudi {antherinus olim.). — Dellys (Brond.), Kabylie. 

bifasciatus Rossi. — Dellys (Brond.). 

ocreatus Laf. — Kabylie (de Marseul). 

bicolor var. fumoius Luc. — Kabylie (Poupil.). 

Ochthenomus tenuicoUis Rossi. — Dellys (Brond.), Kabylie (Madon). 

Anaspis sp. — Dellys (Brond.). 

Mordella bipunctata Germ. — Dellys (Brond.). 

— aculeata L. — Dellys (Brond.). 
Stenalia testacea Fabr. — Dellys (Brond.). 

Evaniocera Dufouri Latr. (Boryi Luc). — Kabylie (Chapelier). 
Meloe proscarabxus L. — Oued Sahel (Lx). 

— violaceus Marsh. — Jurjura (Lx), Bougie (Lx). 

— majalis L. (macuUfrons Luc). — Bougie (Lucas), Dellys (Brond.), Jur- 

jura (Lx). 

— tuccius Rossi. — Grande Kabylie (Poupil.). 

— rugosus Marsh. — Bougie (Lucas). 

Gerocoma f'ahli Fabr. — Dellys (Brond.), Kabylie (Poupil.). 
Zonabris Oleae Lap. — Fort-National (Lx). 

— variabilis Billb. {tricincta Chevr.). — Dellys (Brond.). 

— Schreibersi Reiche. — Kabylie (Madon). 

— (Coryna) distincta Chevr. — Kabylie (Madon). 

OSnas afer L. — Commun. Dellys (Brond.); Fort-National (Lx). 
Lydns algiricus L. — Dellys (Brond.). 

— (Halosimus) viridissimus Luc. — Kabylie (Poupil.). Oued Sebaou (Lx). 
tijtta, (Cabatia) segetum Fabr. — Dellys (Brond.). 



HISTOIRE NATURELLE. 259 



Lsrtta (Lagorina) scutellata Lap. — Grande Kabylie (Poupil.). ^ 

Zonitis nigripennis Fabr. — Kabylie (PoupU.). '^ 

Ijeptopalpas rostratus Fabr. — Dellys (Brond.), Bougie (Lucas). | 

Anoncodes sp. — Kabylie (Chapelier). i 

Œdemera barbara Fabr. — Grande Kabylie (Poupil.), ] 

— cœrulea L. — Environs de Dellys (Brond.). i 

— lurida Marsh. ? — Grande Kabylie (PoupU.). ^ 
Stenostoma cœruieum Petagna. — Dellys (Brond.). 
Bfiyctems umbellatarum Fabr. — Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 

RHYNCHOPHORA. 



Brachycems transversus 01. — Kabylie (Madou). 

— barbarus L. (latro GylL), — Kabylie (Poupil.), Dellys (Brond.). 

— undatus var. maurilaniats 01. (Kœnigi Reiche in lîtt.). — Dellys 

(Brond.), Kabylie (Chapelier). 

— pltcatus Gyll.? — Environs de Dellys (Brond.). 

— Kabtjlianus Desbr. — Kabylie (ex auctoré). 

— algirus Fabr. — Grande Kabylie (Poupil.). 

Holcorrhinus seriehispidus Bohem. (o albo-marginatus Luc.). — En- 
virons de Dellys (Brond.). 
Brachyrrhinns corticalis Luc. — Grande Kabylie (Poupil.). 

— affaber Bohm. — Dellys (Brond.). 

— cribricoUU Gyll. — Grande Kabylie (Poupil.). 
Geonomus flabellipes 01. {ilUetabilis Bohem.). — Dellys (Brond.). 
Polydrosns chrysocephalus Chevr. — Dellys (Brond.), Jurjura (Lx). 
Platytarsus sulcirostris Chevr. — Environs de Dellys (Brond.). 
Rhytidoderes plicatus 01. — Grande Kabylie (Poupil.). 

Sitona variegatus Fahrs (seiuU/er Fahrs). — Kabylie (Poupil.), DeUys 
(Brond.). 

— cambricus Steph. — Kabylie (Chapelier). 

— lineatus L. — Dellys (Brond.). 

— (Ubovittatus Chevr. — Jurjura (Lx). 

— humeralis Steph. — Dellys (Brond.), Kabylie (Chapelier). 

— niger Ail. — Azib Zamoun (Lx). 

Gronops lunatus Fabr. — Environs de Dellys (Brond.). 

Hjrpera philanthus 01. (fuscata Bohem.). — DeUys (Brond.) , Kabylie. 

— circumvaga Bohem. — Dellys (Brond.). 

— pastinacx Rossi (tigrina Bohem.). — Dellys (Brond.), Kabylie (Poupil.). 

— signala Bohem. — Grande Kabylie (Poupil.). 

— variabilis Herbst. — Dellys (Brond,). 
Goniatns répandus Fabr. — Dellys (Brond.). 

— suavis Gyll. (chrysochlorus Luc). — Jurjura (Lx). 

Mecaspis (Plagiogbaphus) lacunosus Gyll. (excoriatus Gyll.). — Grande 
Kayblie (Poupil.). 

— (AsPBOPATHENis) bugiensis Godart. — Bougie {teste Godart}. 
mendicus Gyll. (surcfus Gyll.). — Environs de Dellys (Brond.). 



«1 



f 



260 lA KABYLIE. 

Mecaspis (s. str.). cœnobUa 01. (? alternans). — Dellys (Brond.). 

— (PsEUDOCLEONUs) seniUs Rosenh. (imbriatus Chevr.). — Grande Kaby- 

lie (Poupil.); environs de Dellys (Brond.). 

— (Cyphocleonus) morbillosus Fabr. — Rabylie (Poupil.), Dellys (Brond.). 

— (Chromosomus) barbarus 01. {ocularis Fabr.). — Grande Kabylie 

(Poupil.), Dellys (Brond.). 
Lixns anguinus L. — Grande Kabylie (Poupil.), Dellys (Brond.). 

— augurius Bohem. — Dellys (Brond.). 

— brevirostris Bohem. [nanus Bohem.). — Dellys (Brond.). 

— Jurinei Bohem. {ascanioides Villa.). — Dellys (Brond.). 

— Âlgirus L. ((ingv^iatus¥d\iT.). — Dellys (Brond.). 

— scoplax Bohem. — Dellys (Brond.). 

— elongatus Gœze (filiformis Fabr.). — Dellys (Brond.). 
Larlnus buccinator 01. — Dellys (Brond.). 

— Onopordi Fabr. — Dellys (Brond.), Kabylie (Poupil.), Bougie (Lucas). 

— rugicolUs Bohem. {albicans Luc.). — Dellys (Brond.). 

— maurus 01. — Kabylie (Poupil.); Dellys (Brond.). 

— ferrugatus Gyll. — Grande Kabylie (Poupil.); Dellys (Brond.). 

— Cynarx Fabr. — Toute la Kabylie. 

— Scobjmi 01. — Dellys (Brond.). 

— Havescens Germ. — Kabylie (Madon). 

— jaceaœ Fabr. — Dellys (Brond.). 

Rhinocyllns conicus Frôl. (latirostris Latc). — Env. de Dellys (Brond.). 

Anisorrhynchus barbatus Rossi {barbarus Bohem., férus Er.). — Grande 
Kabylie (Poupil.); Dellys (Brond.). 

Pachytychius discitliorax Desbr. {undulatus Desbr.). — Tazmalt (G. Oli- 
vier; type de Vundulatus), 

Smicronyx eyaneus Gyll. — Grande Kabylie (Poupil.), Dellys (Brond.). 

— opacus H. Bris. — Dellys (Brond.). 

Rhynchœnns pilosus var. irroralus Kiesw. — Kabylie (Madon). 
Acalles teter Bohem. {barbarus Lue.). — Dellys (Madon). 

— variegatus var. globulus H. Bris, (fascus Chevr.). — Dellys (Madon, 

Brond.). 
Miaras meridionalis H. Bris. — Kabylie (Madon). 
Mecinns longusculus Bohem. — Dellys (Brond.). 

— (Gymnetron) teter Fabr. — Dellys (Brond.). 
Tychius amplicoUis Aube. — Dellys (Brond.). 

— argentatus Chevr. — Dellys (Brond.). 

— suturalis Bris. ? — Grande Kabylie (Poupil.). 

Sibinia harmonica Chevr. (nigrovittata Desbr.). — Dellys (Brond.). 

— attalica Gyll. — Dellys (Brond.). 

— niveivittis Mars, (sublineata Chevr.). — Dellys (Brond.). 
Gionns Olivieri Rosensch.? — Dellys (Brond.). 
Ceuthoprhynchns {Stenocarus) Cardui Herbst? — Kabylie (Madon). 

— {Hypurus) Glaucii Chevr.? -— Bougie (Lx). 

— (s. str.) geographicus Gœze (echii Fabr.). Jurjura (Lx), Dellys (Brond.). 
ornatus Gyll. (Àndreax Redt.). — Dellys (Brond.), Bougie (Lx), 



BISTOIRE NATURELLE. 261 

Geathorrhynchns peregrinus Gyll. — Dellys (Brond.). 

— napi Gyll. — Bougie (Lx). 

Baris {Eumycterus) albosquamulata Bohem. — Dellys (Madon). 

— (5. sir.) picturata Mén. (opiparis Duv.). — Kabylie (Madon). 

spoUata Bohem. — Grande Kabylie (Poupil.). Dellys (Brond.). 

quadraticoUis Bohem. — Kabylie (Madon). 

prasina Bohem.? — Dellys (Brond.). 

cuprirostrisY^HiT. — Dellys (Brond.). 

cœrulescens Scop. — Kabylie (Madon). 

— (3ABIDIUS) timida 01. (niteus Fabr.). — Dellys (Brond.;. 
Balaninus turbatus Gyll. — Kabylie (l\fadon). 
Sphenophoms parumpunctatus Gyll. — Kabylie (Madou). 
Godiosoma spadix Herbst. — Dellys (Brond.). 

Nanophyes (Nanodiscus) transoersus Aube {Juniperi Chevr.). — Jurjura 
(Lx). 

— (.V. str,) hemisphœricus 01. — Dellys (Brond.). 

nitidulus Gyll. (C/ierrim Bohem.). — Dellys (Brond.). 

pœcilopterus H. Bris. — Dellys (Brond.). 

— (Corimalia) tamarisci Gyll. — Oued Sebaou (Lx), Dellys (Brond.), 

Bougie (Lx). 
Aplon fusciroslre Fabr. — Dellys (Brond.). 

— urticarium Herbst (vemale Payk.). — Grande Kabylie (Poupil.), Del- 

lys (Brond.). 

— malvx Fabr. — Dellys (Brond.) , Fort-National (Lx). 

— semiviUalum Gyll. (albopilosum Luc). — Dellys (Brond.). 

— lancirostre Chevr. — Dellys (Brond.). 

— onopordi Kirby? — Dellys (Brond.). 

— radiolus Marsh. — Dellys (Brond.). 

— œneum Fabr. — Dellys (Brond.). 

— rufirostre Fabr. — Grande Kabylie (Poupil.). 

— ononidis Kirby. — Dellys (Brond.). 

— pisi Fabr. — Kabylie (Madon). 

— Leprieuri Wenck. — Kabylie (Madon). 

— virens Herbst. — Dellys (Brond.). 

— curtirostre Germ. {kumile Germ.). — Dellys (Brond.). 

— violaceum Kirby? — Dellys (Brond.). 

— occuUum Faust. (? frumenlarium), — Kabylie (Madon). 

— tubiferum Gyll. — Dellys (Brond.). 

— tumarisci Gyll. ? — Dellys (Brond.), oued Sebaou (Lx). 
Auletobins maculipennis Duv. — Env. de Dellys (Brond.). 
Gyphus variolosus Fabr. — Kabylie (Madon). 
Myelophllns piniperda L. — Kabylie (Chapelier). 
Hylosiniia varius¥d\iv. — Grande Kabylie (Poupil.). 
PhlcBotribus scarabœoides Bern. (oless Fabr.). Kabylie (Poupil.). 
Hypobonis ficus Er. — Env. de Dellys (Brond.). 

Ips erosus Woll.? — Env. de Dellys (Brond.). 
Platypus cylindrus Fabr. — Grande Kabylie (Poupil.). 



LA KABYLIE. 

tsinoius Scop. {Uairottris Fobr. ). — Env. de Dellys (Brond.). 

CHYTARSUS) panfAtfWnvs Luc. — Kabylie (Poupil.). Dellvs 

.) 

Ml. — Kabylie (Chapelier, Poupil.]- 

Reicbe. — Kabylie (Chapelier). 

tûst ipygmxus fM.). — Jurjiira !Lx). Dellys [Brood.). 

PHYTOPHAGA. 

um var. iparsus Fabr. — Dellys [Brond.}. 

lobem. — Kabylie (Poupil.), I>ellys (Brond.), Jurjura (I.x). 

tat%u Ol. {meUagrinus Gène., nittrio Bohem.). — Dellys 

). Grande Kabylie (Poupil ). 

I. — Kabylie (Chapelier). 

01. {variegata Germ.). — Dellys (Brond.). 
lem. — Dellys (Brond.). 

variolosopunetatus Gy\i. — Dellys (Brond.). 
L. — Grande Kabylie (Chapelier;, Ferdjoua (Hénon). 
rinobitts) scutetlaris Germ. [letkifer Fairra.). — Entre 

le Bou Doua ou et la Kabylie (Lallemant, Loche); grande 
; (Poupil., Chapelier), Jurjura (Lx). 
o-macutata Buquet. — Kabylie (Chapelier). 

— Kabylie (Chapelier). 

aurllanicus Luc. — Bougie (Lucas), Dellys (Brond.). 

xuctiM Fabr.). — Env. de Dellys (Brond.). 

iwMOT L. — Env. de Dellys (Brond.). — Grande Kabylie 

■)- 

— Dellys (Brond.). 

Uén. — Grande Kabylie (Poupil.); Bordj Menaïel (D'. l.e- 

osum Luc. — Grande Kabylie (Poupil.), dans les genévriers. 

■ sertceus Fabr. — Dellys (Brond.). 

r. {puloerttUntus Er.). — Kubylie (Chapelier). 

iDum Villers(s(re/)f7wFabr.'.)?— Bordj Meuaïel (D'Le- 

'erus Kr. — Dellys (Brond.). 

uineum L. — Dellys (Brond.); forêt d'Akfadou (Lx). 

jkIvs L. — Dellys (Brond.), 

s L.— Grande Kabylie (Poupil.) , Dellys (Brond.). 

. — IJellys (Brond.). 

- Dellys (Brond.). 

st iglaucus Luc.). — Dellys (Brond.). 

nguepunclalus Luc. — Bougie, oued Sahel (Lx). 

s Luc. — Dellys (Brond.). 

Lap. — Dellys (Brond.). 

le « Vtsperut iltepetu Fabr. u du cat de Kabylie. p. 00. 



HISTOIRE NATURELLE. 263 

Pnrpurioenus DesfoniainesiYdîhr. — Katylie (Chapelier), oued Sebaou (Lx). 

— barbarus Luc. (Dumerili Luc.). — Oued Sahel, versant sud du 

Jurjura, Kabylie (Poupil.). 

Galchsenesthes oblongomaculata var. sexmactUata Guér. Kabylie (Cha- 
pelier). * 

Gerambyx cerdo var. Mirbecki Luc. — Dellys (Brond.), Kabylie (Chapelier), 
Akfadou (Lx). 

Pachydissus mauritaniens Buquet. — Dellys (Brond.). 

Aromia moschata var. thoracica Fisch. {rosarum Luc). — Forêt d' Akfa- 
dou (Lx). 

Parmena pubescens var. yflgirica Lap. — Dellys (Brond.), Fort-National 
(Lx), Kabylie (Poupil.). 

Deroplia (Belodera) Troberti Muls. — Env. de Dellys (Brond.). 

Nlphona picticornis Muls. — Dellys (Brond.). 

Agapanthia irrorata Fabr. — Grande Kabylie (Poupil.). 

— Jsphodeli Latr. — Kabylie (Poupil.). 

— annularis 01. — Dellys (Brond.). 

— Cardui L. — Grande Kabylie (Poupil.). 

Galamobias filum Rossi (gracilis Creutz.). — Dellys (Brond.), Kabylie 

(Chapelier). 
Phytœcla femoralis Muls. — Env. de Dellys (Brond.). 

— erytlirocnema Luc. (brevis Chevr.). — Dellys (Brond.), Kabylie (Cha- 

pelier), 

— cœrukscens Scop. (virescens Fabr.). — Dellys (Brond.). 

— malachitica Luc. — Dellys (Brond.). 

Goniosonla detrita Fabr. (viUigera Fabr.). Kabylie (Chapelier), Dellys 

(Brond.), Akfadou (Lx). 
Donacia apricans Lac. — Env. de Dellys (Brond.). 
Lema melahopvs L. — Env. de Dellys (Brond.). 

— Hofftnannuggi Luc. (purpuricollis Reiche). — Kabylie (Chapelier). 

— «p. — Env. de Dellys (Brond.). 
Grioceris siercoraria L. — Dellys (Brood.). 

— paracenthesis L. — Kabylie (Chapelier), Jurjura (Lxl. 

— campestris L. — Dellys (Brond.). 

Glytra (LATiDOSTOMrs) taxicomis Fabr. — Kabylie (Chapelier). 

— (Chlorostota) Guerini Bassi. — Jurjura (Lx), Dellys (Brond.), grande 

Kabylie (Poupil.). 
hordei Fabr. — Env. de Dellys (Brond.). 

— (Macrolenes) bimaculata Rossi. {ruficoUis Lac). — Dellys [Brond.)^ 

Akfadou (Lx)« 

— (TiTUBiEA) lUigeri Lac. — Env. de Dellys (Brond.). 

sexpunctata 01. — Env. de Dellys (Brond.). 

laticoUis 01. — Env. de Dellys (Brond.). 

octosignata Fabr. — Env. de Dellys (Brond.). 

octopunctata Fabr. — Dellys (Brond.). 

— (Lacan.«a) variolosa L. — Dellys (Brond.), Kabylie (Poupil.). 
paradoxa var. viclna Lac Kabylie (Madon). 



364 LA. KABYLIF.. 

. Clytra (Otiocephai.a) forcîpifera Luc. — Kabylie (MadoD). 
' (Coptocephala) wticolor Luc. — Dellys (Brond.). 
ptocephaJnB rugicoUit 01. {virgatui SuiTr.). — Dellys (BroDd.), Torét 
d'Akfadou (Lx). 

■ Sulfurem 01. — Kabylie (Chapelier). 

■ alboKutellaCuâ Suffr, (nijridorsum Chevr.), — Dellys (Brond.). 
' cransuî 01. {gracidus Luc). Kabylie (Chapelier). 

- blanduiui Harold {pulchellui Suffr.). — Dellys (Broud.). 
ibybrachys ip. (? LaUfmanti Mars.;. — Dellys (Brondel). 
losanms sp. {? lamarisci Schâfl.). — Dellys (Brood.), oued Sebaou (Lx). 
Jutephoms iinpreuut Roseali. — Dellys (Brond.). 

- cylindricus Luc. — Dellys (Brond.), grande Kabylie (Poupil.). 
upidea globasa Kùst. {nilida Luc). ~ Env. de Dellys (Brond*)- 
kspidsma pulchfUum Luc. — Bougie (Lucas), Jurjura (Lx). 
ftphiu ater CI. — Kabylie (Madon). 

omoscells rumicis Fabr. — Commun (Poupil., Brond., Lx). 
larcha rugoia L. (generosa Er.). — Kabylie. 

■ CraMalicollis Fairm. — Kabylie {ex auctore). 

- jmniea Luc. — Oued Sahel {ta.). 

- Endora Buquet. — Kabylie (Chapelier), Jurjura (Lx). 
■yaomela afra Er. — Deli>-s (Brond.). 

- Banksi Fabr. — Grande Kabylie (Porpil.). Dellys (Brond.). 

- chloris Luc. — Dellys (Brond.), Akfadou (Lx). 

- americana L. — Dellys (Brond.). 

- diluta var. numida Reiclie. — Kabylie (Madon). 

- ertflkromera Luc. (Sehotti Suffr.). — Grande Kabylie (Poupil.), Dellys 

(Broud.), Jurjura (Lx). 

- groaa Fabr. — Grande Kabytie (Poupil.), Dellys (Brond.), Jurjura (Lx). 
adOD ignitui Reiche. — Kabylie (Cliapetier). 

lacopfaora {Rkaphidopalpa) foveieoUis Ijic. [abdoininaiis Fabr.). — 

Grande Kabylie (Poupil). 
lacosoma tusitanicum L. — Dell]-s (Brond.), Kabylie (Poupil.). 
perns /lavipenais Luc. — Dellys (Brondel), Akradou (Lx). 
braca barbara Er. — Kabylie (ChapeLer). 

brncella xanlhomelxna Schrank (calmariensîs Fabr.), Dellys (Brond.), 
■habda elongata Br. — Dellys (Brond.). 
ipldodera impressa Fabr. ^ Oellt-s (Brond.). 

sp. ~- Dellys (Brond.). 

venlralù 111. — Kabylie (Madon). 

niUMphaga {orthocrepis) ruficoUU Luc. — Dellys (Brond.), Bordj 

Uenaïel (!>'. Lepricur). 
lUca (Ghaptodera) ampelophaga Guér. — Kabylie, sur les vignes, 
hthoaa ct/pariisiœ Koch. — Bougie (Lx), Dellys (Brond.). 

- nigriceps iledt. — Dellys (Brond.). 

- Poupillieri AU. — Dellys (Brond.). 
{opus brecis Ail. — Dellys (Brond.). 
tinroderma (rubidam Graëlls î). — Bougie (Lucas). 



HISTOIRE NATURELLE. 265 

Phyllotreta corrugata Reiche. — Dellys (Brond.). 

— parallela Boield. — Dellys (Brond.). 

— rugifrons Kiist. (bimaculata AIL). — Dellys (Brond.). 
Podagrica malvœ 111. — Grande Kabylie (Poupil.), Dellys (Brond.) 

— fuscicomis L. — Dellys (Brond.). 

— semirafa Kûst. (italica Ail.). — Kabylie (Chapelier). 
Batophila xrata Marsh. — Dellys (Brond.). 

GhsBtocnema (Plectroscelts) chlorophana Duft. — Dellys (Brond.). 

— conducta Motsch. — Dellys (Brond.). 

Mantnra (Bàlànomorphà) chrysanthemi Koch. — Dellys (Brond.). 
Thsramis (Longitarsus) melanocephala Gyll. — Dellys (Brond.). 

echii Kuch. — Dellys (Brond.). 

atriciUa L. ? — Dellys (Brond.). 

Sencieri Ail. — Tazmalt (G. Olivier). 

pellucida Foudr. — Dellys (Brond.). 

IcUeripunctata Rosenh. {biguttata Foudr.). — Dellys (Brond.). 

Dibolla timida 111. — Dellys (Brond.). 

— maura Ail. — Dellys (Brond.). 
Psylliodes inflata Reiclie. — Dellys (Brond.). 

— fusiformis III. — Dellys (Brond.). 

— cypricolor AU. — Kabylie (Madon). 

— palUdipennis Rosenh. — Dellys (Brond.). 
Hispa atra L. — Akfadou (Lx), Dellys (Brond.). 

— testacea L. — Dellys (Brond.), Fort-National (Lx). 
Gassida deflorata Suffr. — Dellys (Brond.). 

— inquinata Br. (depressa Suffr.). — Jurjura (Lx). 

— Àlgirica Bohem. (prasina Bohem.). — Dellys (Brond.), Kabylie (Poupil.), 

— hemisphxrica Herbst. — Dellys (Brond.). 

APIIIDIPHAGA. 

Adonia tariegaia Gœze (mutabilis Scriba). — Jurjura (Lx). 

Adolla iUnotata Schneid. [segyptiaca Reiehe). — Kabylie (Chapelier)- 

Jurjura (Lx). 
Goccinelia XQ-punctata L. (cariabilis Fabr). — Dellys (Brond.). 

— 7'punctata L. — Fort-National (Lx). 

— Doublieri Muls. — Dellys (Brond.). 

Thea ^i-punctata L. — Dellys (Brond.), Kabylie (Poupil.). 
VïcnM^is phalerata Costa. — Fort-National (Lx). 
Hyperaspis reppertsisl^tth^i. — Dellys (Brond.). 
Scjrmnus nigrinus Kugel.? — Grande Kabylie (Poupil.). 

— inierruplus Gœze {marginalis Rossi). — Jurjura (Lx). 

— sp. {impejcus Muls.?). Dellys (Brond.). 
Rhisobins litura Fabr. — Env. de Dellys (Brond.). 



266 LA K4BYLIE. 



ORTHOPTÈRES. 



FORFICULIENS. 

Forficesila gigarUea (Forficula) Fabr. — Bords de Tisser et de Toned Sa- 
bel, Bougie. 

— Mauritanica Lucas. — Envbrons de Bougie (Lucas). 

Forficula auricularis L. — Assez comrauD. Zone des contreforts, Fort- 
Napoléon. 

BLATTIENS. 

Kakerlac Americana (Blatta) L. — Dans les maisons et les fours. 

— Orientalis (Blatta) L. — Plus commune que la précédente. 

M AMIENS. 

Mantis bimaculata Burm. — Bougie (Lucas). — Assez commun dans la 
vallée du Sébaou. 

— religiosa L. — Fort-Napoléon. Assez commun dans la région des con- 

treforts. — Les Kabyles appellent la Mante « la jument de Sa- 
lomon ». 

PIIASMIENS. 

Bacillus Rossii (Pliasmd) Fabr. — Fort-Napoléon, Jurjura. 

— iobipes Lucas. — Forêt d^Akfadou. 

LOCUSTIENS. 

Decticas albifrons (Locusta) Fabr. — Vallée du Sébaou. 
Gonocephalos viandibularis Touss. Cbarp. — Même localité. 
Phaneroptera lUiifolia Fabr. — Vallée de Tisser et du Sébaou. 
Ephippiger pachygaster Lucas. — Assez commun. Fort-Napoléon, col des 
Alt Aïcha. 

— costaticollis Lucas. — Vallée du Sébaou, AU Daoud. 

— nigromarginata Lucas. — Contreforts et oued Sahel. 

GRYLLIENS. 

Gryllas campestris {Jclieta) L. — Commun sur les contreforts, plaine du 
Sébaou. 

— Capensis {.acheta) Fabr. — Gazons du Jurjura, Tizi-n-Djemâ , Sébaou. 

— mêlas {.acheta) Touss. Cbarp. — Champs argileux dans la vallée du 

Sébaou. 



HISTOIRE iNATURELLE. 267 

SphsBrinm Mauritanicum Lucas. — Assez commun dans ]es fourmilières , 

Akfadou. 
Gryllotalpa vulgaris Latr. — Fort-Napoléon, Bon Ilef, bords du Sébaou. 
Tryxalis nasuta (Gryllus) L. — Commun partout. 

— miniata Kleig. — Vallée du Sébaou, Tifrit. 

Pamphagns Numidicus {Gryllus) Poiret. — Assez commun zone des con- 
treforts, forêt d'Akfadou. 

— nigropunctatus Lucas. — Environs de Bougie, oued Sahel. 
Acridium Lineola (Grt/Uus) Fabr. — Assez commun dans les vallées. 

— peregrinum Oliv. — Trop commun depuis longues années dans toute 

TAIgérie. 

— plorans (Grijllus) Touss. Charp. — Trouvé en mai sur les bords du Sé- 

baou. 
Galliptamus Ilalicus {Grijllus) L. — Se trouve quelquefois abondamment 
dans les vallées. 

— marginellus Serv. — Avec le précédent, dont il ne serait qu'une variété, 

d*après M. I^cas. 
Œdipoda fuscocincla Lucas. — Assez commun dans les plaines, Isser. 

— flava {Gryllus) L. — Vallée de Toued Sahel. 

— Algeriana Lucas. — Pas très rare dans la vallée du Sébaou. 

— Insubrica {Gryllus) Scop. Faun. Insub. — Dans les foins et les hautes 

herbes, vallée du Sébaou. 

— migratoria (Gryllus) L. — Assez commun dans les lieux frais, Tifrit. 

— thalassina {Gryllus) Fabr. — Assez commun partout. 

— cruentata Brull. Expéd, de Morée. — Vallée de l'oued Sahel. 
Tetrix uncinata Serv. — Zone des contreforts, Ait Daoud. 

— bipunclala {Gryllus) L. — Environs de Bougie. 



HÉMIPTÈRES. 



HÉTÉROPTÈRES. 



NOTONECTIENS. 

Gorixa Geoffroyi Leach. — Étang des Ait Khalfoun, mares près Dellys. 
— stricla {Notonecta) L. — Assez commun. Vallées de Tisser et de l'oued 

Sahel. 
Notonecta glauea L. — Commun dans les mares et les fontaines. Tala 

Meknea. 

>ÉPIENS. 
Nepa cinerea L. — Environs de Dellys, vallée de Toued Sahel. 



268 LA. KABYLIE. 



LEPÏOPIENS. 

Leptopus littoralis Latr. — Environs de Bougie. 

— Echinops L. Dufour. — Environs de Bougie et de Dellys. 

VÉLIENS. 

Velia rivulorum (Hydrometra) Fabr. — Acherchour-n<^Tensaout, forêt 

d'Akfadou. 
Gerris lacustris (Cimex) L. — Mares près Drâ-el-Mizan. 

— aptera Schumm. — Vallée de l'oued Sahel. 

RÉDUVIENS. 

Emesodema domestica (Ploiaria) Scop. — Bougie. 
Harpactor hœmorrhoidalis (Reduvius) Fabr. — Assez commun. Environs 
de Bougie. 

— afflnis Lucas. — Forêt d'Akfadou, sous les écorccs. 
Reduvius personatus {Cimex) L. — Environs de Bougie. 

Pirates stridulus (Reduvius) Fabr. — Bois de chênes-liège, Tifrit, Ait Idjer. 

CORÉENS. 

Rhopalus errans (Coreus) Fabr. — Sur les asphodèles. Vallée du Sébaou, 
Tifrit. 

Coryzas Hyosciami {Cimex) L. — Sur les asphodèles. Forêt d*Akfadou. 

Pseudophlœus Fallenii (Coreus) Schill. — Commun dans les vallées. Forêt 
d'Akfadou. 

Coreus hirticomis Fabr. — Forêt d'Akfadou. 

Phyllomorpha Âlgirica Guér. — Forêt d'Akfadou , Tizi-n-Tirourda. 

Verlusia quadrata {Coreus) Fabr. — Assez commun sur les fleurs, au bord 
du Sébaou et à Tifrit. 

Syromastes Scapha {Coreus) Fabr. — Assez commun. Zone des contre- 
forts , Ait Iraten. 

— spiniger (Coreus) Fabr. — Commun partout. 

Alydus calcaratus (Cimex) L. — Vallée du Sébaou, Akfadou. 
Stenocephalus fugax (Coreus), — Gorges de Tisser, environs de Bougie. 

é 

LYCÉENS. 

Lygœus militaris (Cimex) L. — Conmiun partout. Bougie, Dellys, vallée 
du Sébaou. 

— equestris (Cimex) L. — Assez commun avec le précédent. Akfadou. 

— punctatoguttatus Fabr. — Pas très rare aux environs de Bougie. 
Pyrrhocoris aplerus (Cimex) L. — Commun. Se trouve même dans le Jur- 

jura. Ait Daoud. 

— /Egyptius (Cimex) L. — Aussi commun que le précédent. Akfadou. 




HISTOIRE NATURELLE. 269 

Polyacanthus Echii (Lygxus). — Sous les écorces. Tifrit, Akfadou, Rougie. 
Rliyparochromas margincpunctatus (Pachymerus), — Sous les pierres. 
Rougie. 

— guadratus {Lygxus) Fabr. — Forêts de lièges. Tifrit, Akfadou. 

— impressicollis Lucas. — Environs de Rougie. 
Stenogaster Lavaterœ {Lygxus) Fabr. — Rougie^ Akfadou. 

MIRIENS. 

Phsrtocoris nemoralis {Lygxus) Fabr. — Environs de Rougie, vallée du Sé- 
baou. 

— bipunctatus {Lygxus) Fabr. — Environs de Rougie. 

— pabuUnus {Cimex) L. — Assez commun partout. 

— ferrugatus {Lygxus) Fabr. — Rougie, col des Ait Aîcha. 

— lineolatus {Miris) Rruil. — Rougie (Lucas). 

— instabilis Lucas. — Vallée de l'oued Sahel, Akfadou. 

SCUTELLÉRIENS. 

Pentatoma Smaragdula {Cimex) Fabr. — G)mmun. Rougie (Lucas). 

— baccharum {Cimex) L. — Forêt d'Akfadou. 

— nigricornis {Cimex) Fabr. — Assez commun sur le littoral» 

— perlatus {Cydnus) Fabr. — Vallée du Sébaou, Tifrit. 

— plicaticoUis Lucas. — Tifrit, forêt d'Akfadou. 
Earydema ornata {Cimex) L. — Assez commun (Lucas). 
Sciocoris marginatus {Edessa) Fabr. — Vallée de l'oued Sahel. 
Cydnas tristis Fabr. — Environs de Rougie, Akfadou. 

— flavicornis Fabr. — Contreforts du Jurjura, vallée du Sébaou. 
Odontotarsas grammicus {Cimex) L. — Sous les pierres. Rougie, Fort-Na- 
poléon. 

Eurygaster Hottentotus {Tetyra) Fabr. — Vallée du Sébaou, Tifrit. — 
M. Lucas a rencontré près de Rougie la variété noire de cette 
espèce. 

Graphosoma lineata {Cimex) L. — Rougie (Lucas). 

Odontoscelis fuliginosa {Cimex) L. — Vallée de Toued Sahel, près Akbou. 

HOMOPTÈRES. 



STRÏDULIENS. 



é 

Gicada Omi L. — Commun. Zone des contrefoits, Jurjura , etc. 

— cantons {Teitigonia) Fabr. — Tifrit. 

— œstuans {Teitigonia) Fabr. — Rare. Zone des contreforts, chemin de 

Djemâa Saharidj. 



LA. KABYLIE. 



CICADELLIE^JS. 



pidata {Cicada) Fahr. — Forêt d'Akfadou. 

icialvt (Cicada) L. — Forêt d'Akradou, haute vaJlée du Sébaou. 

la Europma (tulgora) h. — Akfadou, Dj. Atroun. 

COCCISIESS. 

icx Fabr. — Bougie. — Nous avons rencontré sur V.4rKndo 
■Mrilanica une autre eq>èGe de Coecvs. 



NÉVROPTÈRES. 

TERMIENS. 

Hcotliê Fab. — Forêi d'Akfadou, forêts de cliênes-liège de l'oued 

er. 

us Rossi. — Forêt d'Akfadou, Jurfara. 

L1BELLUL1ENS. 

tamburii De Sélys. — Bords du Sébaou (Lx). 

onaiis De Sél)'s. — Environs de Bougie, oued Salie). 

osiu Vaad. Lind. — Qords du Sébaou. 

finù Vand. Lind. — Même localité et vallée de l'oued Sahel (Lx). 

bara (Agrion) Fabr. — Oued Sébaou. 

Charp. — Même localité. 

nilio Charp. — Oued Sahel, oued Sébaou. 

ii De Sélys. — Rivière des Ait Aïssi, oued Sébaou. 

MÏRMÉLÉONIENS. 

ibelluloides (MyrmeUo) L. — Oued Sébaou, forêt d'Akfadou (Lx). 

paUUUpennis Ramb. ~ Bougie. 

s Barbarus Latr. — Pas rare dans l'est de l'Algérie (Lucas). 

PANORPIENS. 

i Algirîca Ramb. — Assez commun dans toute ia Kabylie. 



r 



HISTOIRE NATURELLE. 271 



HYMÉNOPTÈRES. 



APIENS. 



ÀPIDES. 

Apis mellifica L. — Très répandu en Kabylie. 
Bombas hortorum {Apis) L. — Assez commun partout. 

— terrestris (Apis) L. — Assez commun. Fort-Napoléon, Aït Daoud. 

ÀNTHOPHORIDES. 

Anthophora nidulans {Centris) Fabr. — Bougie. 

— dispar De Saint-Farg. -— Vallée du Sébaou, Bougie. 

— pUipes (Megilla) Fabr. — Bougie. 

— peuTiata De Saint-Farg. — Assez commun partout 

— nasuta De Saint-Farg. — Est de TAlgérie. 

— atroalba De Saint-Farg. — Bougie, oued Sahel. 

— liturata De Saint-Farg. • — Oued Sébaou. 

— ferruginea De Saint-Farg. — Bougie (Lucas). 

Macrocera ruficoUis Brull. — Assez commun dans Test de FAlgérie. 
Bncera nigrilabris De Saint-Farg. — Bords de la Summam. 

— Numida De Saint-Farg. — Vallées du Sébaou et de l'oued Sahel. 

— Oraniensis De Saint-Farg. — Commun. Bougie, vallée du Sébaou, Fort- 

Napoléon. 

— Âlgîra De Saint-Farg. — Bougie. 

— ferruginea De Saint-Farg. — Vallée de Toued Sahel. 
Xylocopa Amedxi De Saint-Farg. — Bougie, oued Sébaou. 

ÀNDRÉNIDES. 

Andrena Lepeletieri Lucas {A. dorsalis De Saint-Farg.). — Environs de 
Bougie. 

— collaris De Saint-Farg. — Oued Sébaou, oued Isser. 

— Oraniensis De Saint-Farg. — Commun dans toute l'Algérie. 

— Flessx Panz. Faun. Germ. — Assez commun partout. 

— vetula De Saint-Farg. — Assez commun. Isser, oued Sébaou. 

— fusca De Saint-Farg. — Commun dans toute l'Algérie. 

— pygmœa Fabr. — Environs de Bougie. 

— tricincta Brull. — Forêts de chênes, Akfadou. 
Halictos albocinctun Lucas. — Vallée de l'oued Sahel. 

OSMIDES. 

Osmia tricomis Latr. — Commun partout. 

— Tunemis {Anthophora) Fabr. — Forêt d* Akfadou, Tifrit; 







iJl . 



272 



LA. KABYLIE. 



Osmia adunca {Apis) Panz.,— Habite Test et l'ouest de TAlgérie (Lucas). 

— fulviventris (Anthophora) Fabr. — Environs de Bougie. 
Ghalicodoma muraria (Xylocopà) Fabr. — Commun partout en Kabylie. 

— Sicula (Apis) Rossi. — Assez commun dans toute l'Algérie (Lucas). 
Megachile argentata {Anthophora) Fabr. — Oued Sébaou. 
Anthidiom Fontainesii De Saint-Farg. — Bougie , oued Sébaou. 

— Oraniense De Saint-Farg. — Fort-Napoléon. 

NOMÀDIDES. 

Melecta Punciata Fabr. — Bougie. 

Grocisa ramosa De Saint-Farg. — Oued Sébaou , Bougie. 

Nomada pusilla De Saint-Farg. — Vallée de Toued Sahel. 

— ferruginafa L. — Assez commun en Algérie. 

— flavomaculata Lucas. — Assez commun. Vallée du Sébaou. 

— agrestis Fabr. — Environs de Tizi Ouzzou. 
Sphecodes Africanus De Saint-Farg. — Environs de Bougie. 
Prosopis variegata Fabr. — Gorges de Tisser, vallée du Sébaou. 
Geratina Mauritanica De Saint-Farg. — Vallée de Toued Sahel. 

VESPIENS. 

Vespa Gerînanica Fabr. — Commun partout. 
Polistes Gallica (^espa) L. — Bougie, Fort-Napoléon. 

EUxMÉMENS. 

Eomenes pomiformis Fabr. — Assez commun. Bougie, Tizi Ouzzou. 
Odsmeras Notula De Saint-Farg. — Vallées de Tisser et du Sébaou. 

— bivittatus De Saint-Farg. — Bougie. 

— crenatus De Saint-Farg. — Assez commun en Algérie (Lucas). 

— parvulus De Saint-Farg. — Tizi Ouzzou, Djemâa Saharidj. 



0- 



CRABRONIENS. 



^^.' 

W'''' 



CBABRONIDES. 

Grossocerus stnatus De Saint-Farg. , Brull. — Assez commun sur tout le 

littoral. 
Tachytes nigrita De Saint-Farg. — Bougie. 

— tricolor (Larra) Fabr. — Assez commun. Vallées du Sébaou et de 

TOued Sahel. 
Gerceris quadricincta Vand. Lind. — Assez commun dans toute TAIgérie 
(Lucas). 

— cliieUata De Saint-Farg. — Environs de Bougie. 

Philanthus Abd-el-Kader De Saint-Farg. — Sables maritimes. Bougie, 
Dellys. 



HISTOIRE NATURELLE. 273 

Astata Boopt Vand. Lind. — Assez commun, surtout dans le cercle de 
Bougie. 

BBMBÉCIDES. 

Bembex oUvacea Rossi. — Région des contreforts. Fort-Napoléon. 
StlBUs omatus De Saint-Farg. — Environs de Bougie. 
— bifasciatus Latr. — Commun partout. 

SPHÉGIENS. 



SPHEGIDES. 

Galicurgus luteipennis {Pompitus) Fabr. — Environs de Bougie. 
Salitts bicolor Fabr. — Assez commun partout en Algérie. 
Pompilos viaticus Fabr. — Assez commun partout. 

— gibbus Fabr. — Très commun en Algérie. 

Sphex Afra De Sa'mt-Farg. — Bougie, Tizi Ouzzou, Dellys. 

— maxillosa Fabr. — Commun en Kabylie. 

Ammophila holosericea (Sphex) Fabr. — Environs de Bougie , Dellys. 
Microptersrx brevipennis (Pompilus) Fabr. — Même localité. 

SCOLIDES. 

Gampsomeris coUaris (Tiphia) Fabr. — Assez commun en Kabylie. 

Scolla hortorum Fabr. — Commun partout. 

Golpa aurea (Scolia ciliata) Fabr. — Assez commun en Kabylie. 

— interrupta (Scolia) Fabr. — Assez commun. Bougie. 

— senilis (Scolia) Fabr. — Vallée du Sébaou. 
Myzina sexfasciata (Scolia) Rossi. — Environs de Bougie. 

— Guerini Lucas. — Zone du littoral. Bougie , Dellys. 

MUTILUDES. 

Mutilla capUala Lucas. — Bougie, Oued Sébaou. 

— Maura L. — Environs de Bougie (Lucas). 

— arenaria Fabr. — Même localité , Isser. 

— rubricollis. — Environs de Bougie (Lucas). 

— quadrimaculata Lucas. — Forêt d'Akfadou. 

FORMICIENS. 

Atta capitata Latr. — Commun partout. 

BCyrmica Barbara (Formica) L. — Sous les pierres. Assez commun. 

— testaceo'pilosa Lucas. — Forêt d'Akfadou. 
VormicB» pvbescens Fabr. — x^ez répandue en Kabylie. 

— ligniperda Latr. — Fort-National, forêt d'Akfadou, l'ifrit. 

I. 18 



LA KABYLIE. 



CURYSIDIENS. 

Is igiiUa h. — Assez commun. Fort-National, vallée du Sébaou. 

ives Lucas. — Jurjura, oued Sabel. 

tsignit Lucas. — Bougie (Lucas), Akradou. 

hnun regiuin {ChrysU) Fabr. — Assez commun dans loute l'Algérie 

icans Lucas. — Bougie , gorges de Tisser, 

CHALCIDIENS. 
;»si« iniiUata KJug. — Bougie, dans un nid d'Al>eilles maçonnes (Lucas). 

ICHNEUMONIENS. 

i imtigator (Ichneumon) Fabr. — Assez commun en Kabylie. 

1 Ustaceus Gravenb. — Vallée de l'oued Sahel. 

LB ({'ce/or Lucas. — Oued Sahel, vallée du Sébaou. 

mon fasciatorius Gravenb. — Eavirons de Bougie. 

;astar tibialis Brull. — iu£me localité. 

TENTHRÉDINtEXS. 

n Blanchardi Brull. — Vallée de Tisser. 

LÉPIDOPTÈRES. 

RHWALOCÈRES. 

Huinina Fabr, (Papilîo L.). — Bougie, forêt d'Akradoii. 

Kapx {Papilio) L. — Assez commun en Kabylie. 

tissicœ (.Papilio) L. — Très commun partout. 

baris Bekmia God. — Route de Bougie au GouraTa (Lucas;. 

auce God. — Vallée du Sébaon. 

barls Belia Fabr, — Assez commun dans toute la Kabylie. 

\soniaGoA. — Fort- National, blockbaus Satomon près Bougie (Lucas;. 

uei Pierr. — Assez commun, oued Sahel. 

k didyma Fabr. ~ Assez répandu dans Test de TAIgcrie. 

a Cardui (Papilio) L. ~ Très commun partout. 

4s {Hipparchiii) Ocbs, — Commun en Kabylie. — M. Lucas signale 

une variété de cette espèce aux environs de Bougie. 
Uho Hubn. — Pris par M. Lucas sur le chemin de Bougie au 

Gouraïa. 
I Janira (Papilio) L. — Bougie, Fort-National. 
[ Esp. — Forêts des Aït Idjer, Jurjura. 



HISTOIRE NATURELLE. 275 

Satyrus PaslphœEsp, — Forêt d^Akfadou, Jurjnra. 

— Megœra [Papilio) L. — Environs de Bougie, Gouraîa (Lucas), Jur- 

jura. 
Thecla Rvbi (Papilio) L. — Environs de Bougie (Lucas). 
Polycmmatos Ballus Fabr. — Commun aux environs de Bougie (Lucas). 

— Mauritaniens Lucas. — Route de Bougie au Gouraîa. 

— Phlœas L. — Commun dans toute la Kabylie. 
LycsBna Bœtica L. — Bougie (Lucas). 

— Telicanus Hubn. — Même localité (Lucas). 

— Alexis Hubn. — Forêts d^Akfadou et du Jurjura. 

— Ârgiolus L. — Oued Sa bel. 
Hesperia Linea Fabr. — Pelouses du Jurjura. 
Syrictus MalvœYdhv.y Bois-Duv. — Bougie, Fort-National. 

HÉTÉROCÈRES. 

Maoroglossa Stellatarum {Sphinx) L. — Assez commun. Zone des contre- 
forts. 
Acherontia Atropos (Sphinx) L. — Bougie 'Lucas), Fort-National. 
Zygadna Algira Dup. — Assez commun dans toute la Kabylie. 

— Zuleima Pierr. — Bougie , oued Sabel. 
Eaclielia/>ti/cAra Esp.. Bois-Duv. — Très commim partout. 
Plusia Gamma Fabr. — Vallée du Sébaou. 

Aspilates sacraria Treits. — Oued Sahel, Jurjura. 
Botys polygonalis Dup. — Bougie. 

— hybridalis Treits. — Commun dans toute la Kabylie. 
AmopitL farinalis L., Treits. — Bougie, Isser. 
9TfCBXisJimbrialis Wien-Verz. — Fort-National , Bougie. 
Scopula ferrugalis Hubn. — Bougie. 

Tinea Ptilionella L. — Trop commun partout. 



DIPTÈRES. 



NÉMOCÈRES. 



CUUCIENS. 

Calez pipiens L. — Trop répandu dans les vallées. 

— annulatus Fabr. — Presque aussi commun que le précédent. 

TIPULIENS. 

Tipnla olerdcea L. — Bougie, vallées du Sébaou et de Toued Sahel. 

— modesta Macqt. — Environs de Bougie. 

Pachyrliina Histrio (TipxUa) Fabr. — Assez commun sur le bord des eaux. 



276 LA KABYLIE. 



BRACHYCÈRES 



TABANIENS. 

Paogonia maculata Fabr. — Assez commun sur les fleurs. 
Tabanus Morio Fabr. — Très commun dans toute FAlgérie. 

— carbonarius Meig. — Assez commun eu Algérie. 

— tomentosus Macqt. — Assez commun sur les fleurs du Thapsia Gar- 

ganica. 

NOTACANTUES. 

Stratiomys Cenisia Meig. — Vallée de TOued Sahel. 
Cyclogaster viliosus (Nemotelus) Fabr. — Bougie (Lucas). 
Chrysomyia formosa (Sargus) Meig. — Vallée du Sébaou , Isser. 
Nemotelus iongirostris Wiedm. — Bougie. 

TANYSTOMES. 

Dasypogon crassus Macqt. — Bougie (Lucas). 

— obscuripennis Macqt. — Eavirons de Bougie (Lucas) . 
Asilus Barbatiis Fabr. — Très commun partout. 

— castanipes Meig — Eavirons de Bougie (Lucas). 

— inconstans Meig. — Vallée du Sébaou , forêt d*Akfadou. 
Empis Morio Fabr. — Forêt d'Akfadou, Jurjura. 
Bombylins punctatus Fabr. — Bougie. 

— concolor Latr. — Abondamment répandu dans toute FAlgérie (Lucas). 

— major L. — Assez commun. Bougie , vallée du Sébaou. 

— sulphureus Fabr. — Jurjura (Lx). 
Usia major Macqt. — Pas rare sur le littoral. 

— claripennis Macqt. — Bougie. 

Mnlio infuscatiu Meig. — Oued Sahel , Bougie. 
Anthrax flava Latr. — Forêt d'Akfadou, Jurjura. 

BRACHYSTOMES. 

Thereva tugvbris {Bibio) Fabr. — Bougie. 
EristalU tenax (Musca) L. — Commun en Kabylie. 

— arbustorum Fabr. — Bougie , littoral. 
SYvittBu pipiens [Musca) L. — Bougie, Isser. 

ATHÉRICÈRES. 

Myopa lesiacea Fabr. — Assez commun en Kabylie. 

Œstrus Equi Fabr. — Très commun en Kabylie. 

Glytia contîmia (Musca) Panz. — Chemin de Bougie au Gourala (Lucas). 



HISTOIRE NATURELLE. 277 

Melanophora roralis (Musca) Fabr. — Rougie, col des Aït Aîcha. 
Saroophaga camaria {Musca) L. — Très coromuD dans toute TAIgérie. 

— hœmorrhoidalis [Musca] Fall. — Commun partout. 

— hcemorrhoa Meig. — Assez commun dans l'est de TAIgérie (Lucas). 
Stomozys caicitrans {Musca) L. — Oued Sébaou , Isser. 

Lnoilla Cœsar (Musca) L. — Très commun en Kabylie. 

Galliphora vomitoria {Musca) L. — Conunun dans les abattoirs, boucheries 

et sur les marchés kabyles. 
Musca coroina Fabr. — Commun dans toute la Kabylie. 
Spilogaster quinquemacuiata Macqt. — Rougie ^ sur les fleurs (Lucas). 
AnihomyiB, piuvialis (Musca) L. — Vallée du Sébaou, Fort-Napoléon. 
Scatophaga merdaria (Musca) Fabr. — Très commun en Kabylie. 
Dacas Oleœ (Oscinis) Fabr. — Assez commun partout. 
Thyreophora fuscata (Musca) Fabr. — Sur les charognes. Marchés kabyles. 

PUPIPARES. 

Hippobosca equina L. — Très commun dans toute TAlgérie. 
Omitliomsria viridis Latr. — Sur les Oiseaux. 

Nycteribia Fespertilionis (Pediculus) L. —Sur les ailes des Chauves-Souris 
(grottes de Tizi-R'ir, près des gorges de Tisser). 



MALACOLOGIE. 

Nous ne nous occuperons dans ce travail que des moUusques 
terrestres et d'eau douce ; aucune espèce spéciale n'ayant été si- 
gnalée dans la mer qui baigne les côtes de la Kabylie, de Tisser 
à Bougie, nous renverrons les naturalistes qui s'occupent de mol- 
lusques marins au catalogue très complet publié par M. Wein- 
kaufiP, catalogue qui comprend toutes les espèces du littoral al- 
gérien. 

Un seul point de la contrée qui nous occupe , Bougie , a eu le 
privilège d'attirer les recherches des naturalistes qui ont étudié 
la faune malacologique terrestre de l'Algérie. MH. Deshayes, For- 
bes, Wagner, Dupotet, Brondel, et en dernier lieu M. Bourgui- 
gnat , en ont parcouru les environs immédiats. 

L'intérieur du pays, longtemps inabordable, a eu pour pre- 
miers explorateurs MH. Paul Mares, Odon Debeaux, le baron Au- 
capitaine. Les deux derniers ont publié plusieurs opuscules. 

M. 0. Debeaux a décrit trois espèces nouvelles : Zoniies Djur- 



278 J.A KABYLIE. 

jurensis, Hélix cedretorum^ H. Kabyliana, et, sous Tappellation 
d'/f. Devauxi, une espèce déjà connue en Sicile sous le nom 
d'H. Mœsta. 

Le baron Aucapitaine a signalé VArion ru fus, qui, malheureur 
sèment, n'a pu être retrouvé. 

Le docteur Harès nous a remis une Hélice nouvelle , que nous 
décrivons sous le nom d'Hélix Nicaisiana. 

Le nombre des espèces connues ne s'élevait pas à 50 lorsque 
nous avons commencé nos explorations , qui ont compris les envi- 
rons de Bougie , T Arbalou , la région des contreforts , les forêts 
d'Akfadou , le djebel Afroun, le Jurjura depuis Tizi-n-Cheriâ jus- 
qu'au cercle de Drà el-Mizan , les gorges de Tisser et Tembouchure 
de ce fleuve. 

Il reste encore à explorer presque toute la zone maritime, la 
partie occidentale du Jurjura, le massif des Alt Khalfoun presque 
entier, Tétang des Alt Khalfoun, la cascade et le petit lac mon- 
tagnard de Tizi-n-Tesellent , que , à notre grand regret, nous n'a- 
vons pu visiter. Il est donc certain que les deux tiers seulement 
des mollusques de la Kabylie Jurjurienne figurent dans notre 
catalogue , et tout fait supposer que les genres algériens qui y font 
défaut, notamment le genre Vitrina, ne manquent point à cette 
contrée. 

D'après la classification de M. Bourguignat , le savant auteur de 
la Malacologie algérienne , la contrée qui nous occupe rentre tout 
entière dans les zones littorale et montagneuse. La première est 
de beaucoup la plus riche en individus comme en espèces. L'in- 
fluence de la mer, la nature diverse des terrains qui forment 
le littoral (argiles, sables ou marnes, rochers calcaires, cristallins 
ou schisteux) , la diCFérence des altitudes , une végétation puis- 
sante, tout concourt à y favoriser le développement desmollusques. 

Dans la région des forêts , les genres sont nombreux , mais les 
individus sont rares , et leur dissémination sur de vastes espaces 
en rend la recherche difficile : aussi l'explorateur doit- il s'armer 
de patience et invoquer le hasard. 

La haute chaîne du Jurjura est loin d'offrir une faune aussi 
riche que celle des Alpes , des Pyrénées, ou même de la Bouzaréah 



HISTOIRE NATURELLE. 279 

et de TEdough , en Algérie. Les Zonites y manquent presque com- 
plètement; les Hélices y sont peu communes etofiPrent presque 
toutes un test mince et fragile. Les Férussacies y sont très rares, 
les Piipa et les Pomatias se trouvent cantonnés le long des gran- 
des masses calcaires. En revanche , les fontaines et les mousses 
humides sont habitées par des espèces variées et intéressantes. 

Les contreforts sont plus mal partagés : la culture a tout en- 
vahi , les grands rochers y sont rares , le sol y est presque entiè- 
rement constitué par un massif de roches gneissiques , schisteuses 
ou granitiques souvent dénudées; Teau des fontaines est bue jus- 
qu'à la dernière goutte par des irrigations intermittentes. Les 
seuls points où les mollusques se montrent avec une certaine 
abondance sont les gisements très rares du calcaire métamor- 
phique. 

Pour compléter ce tableau , il nous reste à parler du massif cal- 
caire des Ait Khalfoun et des Ammal , que Tisser traverse au fond 
de gorges pittoresques, et qui fait suite, vers Fouest, au Jurjurapro- 
prement dit. Cette petite région montagneuse peu élevée , pres- 
que entièrement couverte de forêts de chènes-liège qui versent 
leur ombre sur un sol humide et herbeux , possède une faune nom- 
breuse et toute particulière. Aux espèces du Sahel et du littoral, elle 
joint des formes complètement nouvelles et d'un type original '. 

Si Ton considère Tensemble de la faune malacologique en Ka- 
bylie, on est immédiatement frappé du grand nombre d'espèces 
appartenant au centre Hispanique ou Pyrénéen : on en compte 
plus de W , parmi lesquelles figurent au premier rang les Pupa 
avenacea et Penchinatiana, qui n'ont pas d'autre station en Algérie. 

A ce noyau sont venus s'ajouter la série des espèces qui se re- 
trouvent tout autour du bassin de la Méditerranée , puis des types 
propres à la Sicile et à la Sardaigne (un Daudebardia, des Férus- 
sacies^ quelques Hélices) qui témoignent d'une antique communi- 
cation entre ces lies et une portion du littoral africain. 

Les espèces propres à la Kabylie sont assez nombreuses ; on en 
compte 15 : 

ï Zonites Tssericus, Butimus Bourguignatij Pupa Isserica, Pomatias Atlarf 
ticus. 



80 L4 K4ByLIE. 

DaudebartUa platysloma , Zonites Djurjurensis , Z. Issfiricus, 
omtoméea,H. lenabaria, H. Nicaissiana, H. cedretorum, 
xa,Bulimus Botirguignati , Pupa Isserica, P. KabyUana, 
bis Kabylianus, Pomatias Maresi, P. Atlanticus, Àmni- 
rambleia. 

avons inscrit en outre quatre espèces qui n'avaient jamais 
lalées en Algérie, mais qui ont été rencontrées ailleurs 
tabylie, soit par M. Bourguignat, soit par nous. Ce sont : 
^erbruggeriana, retrouvée à Kherata (Kabytîe des Babors) ; 
t'cat/^Tim, découverte à Philîppeville ; Ammcola Rottvie- 
qui habite le cercle de Bône, et A. Servainiana, qui vit 
ans les eaux chaudes du Hammam Sidi Djabailah, non 
la Galle. 

abylie du Jurjura est la seule partie de l'Algérie où aient 
leillies, parmi les espèces déjà connues, les Hélix limbata, 
^enchinaliana , P. avenacea, Limnœa^ereyra, espèces de 
et d'Espagne , auxquelles il faudrait joindre VArion ruftts, 
ite en Kabylie, ce qui parait douteux; Hetix Bardoemis et 
Uami, espèces de Tuuisie. 

es nos déterminations ont été revues avec soin par notre 
[. Bourgulgnat , aux ouvrages duquel nous renvoyons pour 
les coquilles algériennes dont nous ne donnons pas la des- 



UOLLUSQUES GASTÉROPODES. 

1. — GASTËROPODES INÛPEBCL-LÉS. 
§ 1, — PULHONACËS. 



rufus Micliaiid [Umax nt/us L., Arion Empiricoram Fénissac). — 
Fort-Nalioaal , Taguemmoimt Iiraddadea (AucapitaiDe). — Déter- 
mination plus que douteuse. 



HISTOIRE NATURELLE. 281 



LIMACIDES. 

Limax nyctelius Bourguignat (L. agrestls Terver et Aucapitaine non L. ) — 
Assez commun. Djemâa Sah^aridj, Ait Fraouçen, Aït Daoud, 
Bougie. 

— agrestis L. Rare. Forêl d'Akfadou. 

Milax gagates Gray {Limax gagates Draparnaud). Très commun Fort-Na- 
tional, Achercl)our-en-Tensaout , Aït Daoud. 

— scaptobius Bourguignat. — Bougie. 

testàcellidks. 

Testacella bisulcata Dupuy (Testacellus bisulcatus Risso). — Acherchour- 
en-Tensaout, Aït Daoud. 

— Brondeli Bourguignat. — Aït Daoud. 

DÀUDEBABDIDÉS. 

Dandebardia platystoma A. Letourneux. 

Testa anguste perforata, Talde compressa, supra conveziuscnla , hyalina, 
nitidissima, uniforniiter subviridulo-comea , et sub Talido lente argute 
striatula; — spira leviter cooTexa, valde laterali; apice obtusisslmo , pal- 
lidiore ac Iserigato; — anfractlbus 2 1/2 (primus compresse- rota ndatus) 
celerrime crescentibus, sutura profunda separatis; ultime roaximo, testam 
fere totam efformante, ad aperturam Talde dilatato, convexo-declin ac 
regulariter descendente; — apertura perobliqua, transverse obliquo-ro- 
tundata, amplissima, tîx lunata, inferne convexa , — peristomate acuto, 
recto, foliaceo; mary^ine supero arcuato et anlice laie provecto; margine 
coluroellari snperne Tix expansé. 

Coquille très comprimée, légèrement convexe en dessus et pourvue d'une 
perforation étroite. Test vitracé transparent , d*une teinte uniforme cor- 
née légèrement verdâtre, offrant, sous le foyer d'une forte loupe, de 
petites striations fines et délicates. Spire très latérale , un peu convexe , 
terminée par un sommet lisse très obtus et d'une teinte plus pâle que le 
reste de la coquille. Deux tours et demi , à croissance très rapide , séparés 
par une suture profonde. Premier tour comprimé arrondi ; deuxième tour 
très grand, très dilaté, formant à lui seul presque toute la coquille, 
présentent vers la suture une direction descendante régulière, et caractérisé 
en outre, vers l'ouverture, par une inclinaison accentuée uii peu en forme 
de toit. Ouverture très oblique, très développée, à peine échancrée, trans- 
versalement oblongue arrondie, assez convexe à la partie supérieure. 
Péristome droit, aigu, foliacé. Bord supérieur arqué, dilaté et dépassant 
de beaucoup le bord inférieur. Bord columellaire faiblement dilaté à sa 
partie supérieure. Bords marginaux réunis par une callosité des plus 
délicates. 

Haut. 1 1/2, diam. 4 millim. 

Cette Daudebardie habite dans les mousses à Tala Guizan (forêt d'Akfadou). 



282 LA RABYLIK. 



HKLICIDES. 

Hyalinia DJurjuretisis dessin. {ZotUtes Djurjurensis O. Debeaux). 

— Fort-Nationai (O Deb.), rochers au dessous de Tablabalt, Ait Daoud, sur 

les rochers de Mechmel. 

— Isserica Clessia (Zonites Issericus A. Let. in Bourguignat, Mollusque 

nouveattx, litigieux ou peu connus, f^ décade, septembre 1868}. 

Testa discoidea, carinata, supra planulata vel leviler concaTa, subtuscon- 
vexa ac centro-umbilicata , fragili, subpellucida , argute regulariterque 
striata, supra cornea, subtus leviter sublactescente; — spira planulata: — 
^nfractibus 6 convexiuscuris , carinalis (priolibus acute carinatis, ulUroo 
prope aperturam sub carinato) amplectantibus, lento crescentibus ac 
sutura impressa separatls; ultime maxime dilatato , snpra convexo declivi, 
subtus convexiusculo, ac carina submediana eleganter circumcincto; — 
apertura leviter obliqua, valide subangulato-lunata ; — peristomate recto, 
acuto ac simplici. 

Coquille discoïde, carénée, plane ou légèrement concave en dessus. — Con- 
vexe en dessous, présentant à sa partie centrale une perforation ombilicale, 
peu évasée, en forme d'entonnoir. Test fragile, assez transparent, mince, 
finement sillonné de stries régulières, d'une couleur cornée en dessus, 
passant en dessous à un ton légèrement lactescent. Spire plane comme 
celle d'un planorbe. Six tours peu convexes , embrassants , à croissance , 
très lente, séparés par une suture assez prononcée et entourés d*nne élé- 
gante carène. Dans les premiers tours, la carène, aiguë, comprimée 
en dessus, très saillante, est située vers la partie inférieure des tours; 
mais, vers les derniers tours, la carène devient peu à peu de plus en 
plus médiane et finit pour s'émoHSser. Dernier tour excessivement dilaté, 
très grand, convexe, incliné en dessus, faiblement convexe en dessons 
et entouré d'une carène émoussée. Ouverture légèrement oblique, fortement 
échancrée en forme de croissant. Péristome droit , simple et aigu. 

Diamètre 21 millimètres, hauteur 14 1/2. 

JjQS échantillons jeunes ressemblent à s'y méprendre, au Planorhis corn- 
planatus i. Habite les gorges de l'oued Isser. 

Hyaliana psafura Locard {Zonites psaturus Bourguignat). — Aît Khal- 
foun. 

— achlyophila Bourguignat (olim Zonites achlyophilus Bourguignat). — 

Bords de Toued Isser. 

— subpUcatula Bourguignat (olim Zonites suhplicatulus Bourguignat). — 

Rare. Environs de Bougie, sous les détritus. 

— Durandoiana Clessin (Zonites Durandoianus Bourguignat). — Bougie, 

sous les remparts et route du grand Phare. 

— eustilba Bourguignat (olim Zonites Durandoianus Bourguignat). — 

Thabbourt Bouzgueur, Tirourda , Bougie. 

— vitreola Locard (Zonites vitreolus Bourguignat in Servain). — Tirourda. 

1 Planorhis complanatus Studer 1789 (Hélix complannla L. 1758, Plan» 
orbis marginatus de Draparnaud , Michaud etc.). 



HISTOIRE NATURELLE. 283 

— subvitreola Bourguignat (Zonites subvUreolus Bourguignat in Servain). 

— Alluvions de Tisser. 

— Koppiana Ancey inéd. 

Testa perforaU (perforatione ad finem le?iter dilatata, cœterum minuta), 
depressa, tenuis, albido-hyalina , irldescenSf passim arcuatimque sub 
lente rix stiiolata, nitida. Spira convexiuscula ; anfractus 4 1/2 con?exius- 
cali, sutura exiliter pellucido-marginala , regulariter crescentes, ullimus 
major, depresso-rotundatus , subtus convexiusculus , non deflexus. Aper- 
turalunata, satis ampliuscula , vix obliqua, superne sinuata, margine su- 
pero antice repando , ad insertionem sat prorunde emarginato , basalifere 
recto , vix arcuato. 

Diam. 3, ait. 1/4 mlllim. 

Béni Sedka Chennacha, au dessus du village d'Agouni Oufourrou. Très rare 
(1 exemplaire). 

Cette jolie espèce de la série des Cryslalliniennes est remarquable par 
le sinus que forme le dernier tour à l'insertion du péristome à son bord 
supérieur. 

Elle est dédiée par M. Ancej à M. Emile Kopp, pharmacien militaire et 
aussi érudit que modeste qui a l'a aidé dans ses recherches à travers le 
<c massif du Djurjura ». 

Hyalinia apalista Bourguignat (olim Zonites apcUistus Bourguignat). — Ait 
Ouaban, fontaine dite Tala Tamziebtellaz. 

— diaphana Locard {Zonites diaphanus Moquin Tandon). — Alluvions de 

ITsser. 
Lemochroa piestia Bourguignat (olim Zonites piestiiLs Bourguignat Hélix 
Otthiana Pfieff,^ H, Jeannotiana Rossmôssier). — Environs de 
Bougie (Wagner et Deshayes). Abondante à Sidi-Yahia et sur la 
route du grand Phare. 

— Otthiana Albers {H, Otthiana Forbes, H. Jeannotiana Terver^) Zoni- 

tes otthianus Bourguignat olim, — Aït Daoud, Thabbourt Bouz- 
gueur. 

— speiranomala Bourguignat, in Péchaud, p. 31. — Gorges de Tisser. Rare. 

— titanodoiena Bourguignat in Péchaud, p. 28 et 32. — Tabbourt naît £r- 

gan, TiziBoutma. (Jurjura). 

— candidissima Beck (Hélix candidissima Draparnaud, Zonites candidis- 

sitnus Moquin Tandon. — Coquille abondante dans la Kabylie 
Bougie, Tizibert, Tablabalt, Aït Ziki, Tiûikout, etc. 
Hélix aperta Born (H. naticoides Draparnaud. Bordj Boghni (Aucapitaine), 
Fort-National, Bougie, etc. 

— Koregœlia Bourguignat (in Locard). — Djemâa Saharidj. 

— Sabatieri Ancey, spec. nov. 

Testa imperforata, globoso-oblonga, solidiuscula , striis incrementi irregu- 
laribus et rugosis sculpta, passim lineolis spiralibus obsolète impressa et 
granulosa, nitidula, luteo-virens, in ultimo 3 zonis fuscis ssspe evanidis 
vix adumbrata, — spira obtusa; convexo conoidea, brevluscula. Anfrac- 
tus fere 4 (primis laevigatis) , convexi , sutura im pressa sépara ti , celeriter 
aurescentes, ultimus maximus, globosus, antice longe sed haud abrupte 



284 LA KABYLIE. 

deflexDS; apertura ampla, obliqua, intus sordida , suboblonga, \i\ 
lunata, superne angulata, ex tas conrexa, fasciis obscure translucentibus ; 
— Coluroella regulariter lateque arcuata, albo-subincrassata , angulum 
nullum cum basi aut pariele efformans; margines callo nitido, Yix pers- 
picuo, inlerduro subalbidulo juncti; — peristoma simplex, subobtusatum. 

Alt. 29, diam. 18; ait. ap. 13 1/2; ait. apert. (obliqua) 16, diam. ejusdem 
12 milliiD. 

Tamgout de Lalla Khadidja (Jurjura) au nord de Maillot (Lallemant). 

Cette espèce fasciée appartient au groupe des Hélix aptrta Born , KoroS' 
gœlia Bourguignat, irUtis Pféiffer, Kalaritana Pruoer, etc. Elle s'en 
distingue par la présence des trois bandes, peu larges et peu marquées, 
quelquefois à peine visibles sur la surface du dernier tour, par sa sculp- 
ture granuleuse et assez grossière , sa forme générale , etc. 

Hélix melanostoma Draparnaud. — Chez les AU Iraten , AU Yennic. AU 
Oiiasif (Aucapitaine). 

— aspersa MùUer. — Commun partout. La variété turhînata est abon- 

dante dans le haut Jurjura. 

— Constantinip, Bourguignat \h, Conslantina Forbes, //. Cirtss Tervea. 

— Bougie, AU Aroran (Dupotet), Djemâa Saharidj et haut Sébaou 
O. Debeaux et Aucapitaine). 

— lactea Mùller. — Bordj Boghni, oued Aïssi, Djemâa Saharidj, haut 

Sébaou (Aucapitaine), bords de Tisser, Delly. 

— zonitomxa A. Letoumeux. 

Testa auguste profundeque perforata , sul^lobulosa, fragili, pcllucida, oblique 
striatula, corneo-albescente , ad apicem subluteolo-aurantiana, ad aper- 
turam sœpe comeo-olivacea (in speciminibus non adultis, supra fulro- 
cornea , subtus circa perforationero sublactescente) ; — spira plus minusve 
depressa, sœpius subconoidea; apice minuto ac levigato; — anfiractibus 
6 Vs regulariter lentequecrescentibus, coBvexiusculis, prioribus carinatis, 

— ultimis subangulatis ac demum rotundatis; sutura impressa; — aper- 
tura lunato-rotundata , obliqua, non descendente; peristomate recto, 
acuto, fragili; margine columellari ad perforationem expansiusculo ; mar- 
ginibus tenuissimo callo junctis. 

Coquille de forme subglobuleuse, fragile, transparente, mince comme celle 
d'un zonite, ornée de striations obliques et pourvue d'une perforation om- 
bilicale étroite bien que très profonde. Test corné blanchâtre , passant 
vers le sommet à une nuance jaunâtre légèrement orangée, et, vers l'ou- 
verture, à une teinte cornée-olivâtre, chez les individus jeunes, le test est 
en dessus d'une couleur uniforme fauve-cornée, tandis qu'en dessous il 
prend, vers la perforation ombilicale, un ton lactescent assez prononcé. 
Spire plus ou moins déprimée, mais le plus souvent élevée, comme sub- 
conoîde. Sommet lisse et petit. Six tours et demi convexes à croissance 
lente et régulière : les premiers tours sont carénés (la carène suit la suture, 
qui est nettement prononcée), puis les tours deviennent subanguleux et 
finissent par s'arrondir. Ouverture oblique non descendante, échancrée et 
arrondie. Périslome droit, simple, aigu et fragile. Bord columellaire di- 
laté et offrant certain développement autour de la perforation ombili- 
cale. Bords marginaux réunis par une callosité d'une extrême ténuité. 

Hauteur, 15, diam. 22 millim. 



HISTOIRE NATURELLE. 285 

Nous avons recaeilli cette magnifique espèce à Thabbourt Bouzgueur dans 
le Jurjura. 

Hélix lenabaria A. Letourneux. 

Testa aperte perforata, compresso-depressa, obscure angniala Tangalus ad 
aperturam e?ane8cit), sat fragili, subpellucida , sat valide striatula ac 
sub validissimo lente elegantissime snbroalleate decussata, uniformi- 
ter cornea aut corneo-oli?aoea; — Spira depressa, parnm convexa; 
apiceminuto, lerigato et leviter prominente, — anfractibus 6 regulariter 
crescentibus, supra convexis, prioribus carinatis; ultimis subangulatis , 
demum ad aperluram ultimo rolundato, sutura profunda separatis; 
ultirao majore, subangulato, ad aperturam non descendente ac leviter 
dilatato; aperlura obliqua, lunato-rotnndata; — peristomate acuto, recto, 
intus leviter labiato; margine columellari ad perforationem expansiusculo 
ac sat obtegente ; marginibus tenui callo junctis. 

Coquille très déprimée, obscurément anguleuse, assez fragile, subtrans- 
parente, d'une teinte uniforme cornée ou cornée-olivâtre et pourvue d'une 
perforation ombilicale bien ouverte. Test assez fortement sCrié et laissant 
apercevoir, au foyer d'une forte loupe, une infinité de petites malléa- 
tions tuberculiformes, qui sont les rudiments alvéolaires de poils très 
caducs. Spire déprimée, peu convexe, à sommet lisse, petit et légère- 
ment proéminent. Six tours à croissance régulière, convexes en dessus : 
les premiers carénés, les antres subanguleux et dont le dernier finit 
par s'arrondir vers l'ouverture. Suture profonde. Dernier tour proportion- 
nellement plus grand non descendant et assez dilaté vers l'ouverture; 
celle-ci oblique, échancrée-arrondie est entourée d'un péristome aigu; 
droit et faiblement bordé à l'extérieur. Bord columellaire légèrement ré- 
fléchi sur la perforation et la recouvrant en partie. Bords marginaux 
réunis par une callosité délicate. 

Haut. 11, diam. 19 mill. 

Cette Hélice a été recueillie à Thabbourt Bouzgueur, à Arbalou (Toudja), 
chez les Aït Ziki , à Tizi-n-Djemâ et dans la forêt des Ait Doud. 

ÏH. lenabaria se distingue de 1'^. Zonitomœa par sa taille plus petite; 
par sa coquille plus déprimée et comme écrasée; par sa spire comprimée, 
peu convexe et peu subconoîde, par ses tours à croissance un peu plus 
rapide, plus convexes et séparés par une suture plus profonde; par son 
dernier tour plus dilaté et relativement plus grand que celui de VH. Zoni- 
totnœa ; par sa perforation ombilicale plus large , bien que recouverte en 
partie par la réflexion du t>ord columellaire; enfin par son test orné de 
petites malléoles tuberculeuses, rudiments alvéolaires- de poils très 
caducs, etc. 

— Faidherbiana Bourgiiignat. — Mechmel des Aït Daoud. 

— lenaora Bourguigoat. — Ait Daoud, gorges de Tisser. 

— Nicaisiana A. Letourneux. 

Testa profunde perfora ta, compressa, supra convexa, subtus rotundata, 
sat fragili, subpellucida parum nitente, corneo-luteola , argute eleganter- 
que striata, — prsesertim circa suturam, ac sub lente malleato-aspersa; 
— spira convexa; apice nitido, minuto, corneo et lœvigato; — anfracti- 
bus 6 convexiusculis, regulariter crescentibus, sutura impressa separatis; 



286 LA KABYLIE. 

iiltimo majore, compresAo-rotundato , paululuro vix subangulato, ad 
aperturam recto; — apertora obliqua, lunata, transverse subrotundata: 
— perlslomate acuto, recto, simplici; maiigine columellari dilalato ac 
reflexo. 

Coquille comprimée, convexe en dessus, arrondie en dessous, assez fra- 
gile, peu brillante, subpellucide , d'une teinte cornée-jaunâtre pourvue 
d'une perforation ombilicale étroite et très profonde. Test sillonné de 
striationa ioes, délicates, saillantes, surtout vers la suture, et présen- 
tant en outre sur les premiers tours de spire une quantité de petites mal- 
léations ou dépresskma alvéolaires de poils aigus, courts et très caducs. 
Spire assez convexe. Sommet petit, saillant, lisse et corné. Six tours fai- 
blement convexes, à croissance régulière, séparés par une suture bien 
marquée. Dernier tour rectiligue ren Touverture, un peu dilaté, arrondi, 
tout en étant un peu comprimé et légèrement subanguleux. Ouverture 
oblique, écbancrée, transversalement subtrrondie. Péristome droit, sim- 
ple et tranchant. Bord columellaire dilaté et réfléclû à son sommet. 

Haut. 1072 , diam. 16 miliim. 

Environs de Fort -National (Mares 1858), Tizi-n-Djemâ , rocher dans le 
Mechmel des Aït-Daoud. 

Celle Hélice, que nous dédions à M. Nicaise, géologue des mines, \*mn des 
plus intrépides explorateurs du Jurjura , se distingue de Y H. ZmUtomœtt^ 
la seule espèce avec laquelle elle peut être confondue, par sa taille moitié 
plus petite, par sa perforation plus étroite, par son ouverture plus 
transversalement arrondie, par son test plus fortement strié et offrant 
sur ses tours supérieurs des malléations alvéolaires dues à des petits poUs 
très caducs , qui doivent recouvrir la coquille pendant le jeune âge de ce 
mollusque. 

Heliz dylica Bourguignat. 

Açouel , Tizi Boulroa. 

— Challamellana Bourguigoat. — AUuvions de Tisser, Tizi R*ir, marais 

de Bou llef , forêt des Ait Khalfoun. 

— Bastidiana Bourguignat. — Ait Daoud , gorges de Tisser. 

— Fradiniana Bourguignat. — Bougie. 

— Moquiniana Raymond. — Bougie, route du grand Phare sous les pierres. 

— lanuginosa de Boissy. — Bougie, Fort-National (Grasset, O. Debeaux), 

Taour'irt Amek*R'eren, Taddert Oufella (Aucapitaine) , gorges de 
de Tisser. 

— roseo-tincta Forbes (//. lanuginosa var. Rossmôssler et Morelet, 

H, flava Rossmôssler). — Bougie, Ait Ziki, Fort-National, gorges 
Tisser. 

— cedretorum O. Debeaux in Gassies. — Zones élevées du Jurjura de 

1,800 à 2,000 mètres. Tamgout de Lalla Khadidja (0. Debeaux et 
Aucapitaine). 

— Berbruggeriana A. Letourneux. 

Testa anguste perforata, compresso-dcpressa, obscure carinata, pellucida 
non nitente. uniformiter comea, striatula ac pilis minutis undique hir- 
:iuta; — spira convexa; apice minuto, Itevigato; — anfractibus 6 con- 
vexiusculis, lente et regulariter crescentibus, sutura sat impressa sépara- 



HISTOIRE NATURELLE. 287 

lis, prioribus carinaiis; peaultimo obscure carinato; — ultimo non 
carinato sed compresso, lente ad aperturam descendante; — apertora 
obliqua, lunata transTerse suboblongo-roiundata , infra rolandata; — pe- 
ristomate paululum albido-rosaceo, acuto, intus leviter încrassato, mar- 
gine columellari expanso. 

Coquille comprimée, peu globuleuse, obscurément carénée, transparente, 
sale, terne, jamais brillante, d'une teinte cornée uniforme et pourvue 
d'une perforation ombilicale étroite et profonde. Test sillonné de stria- 
tions fines ou érooussées, peu sensibles, et recouvert en outre de tous 
côtés par de petits poils jaunacés, très courts, excessivement résistants. 
Spire convexe à sommet lisse et petit. Six tours faiblement convexes, à 
croissance lente et régulière , séparés par une suture nettement prononcée. 
Les premiers tours sont carénés, les suivants, obscurément carénés, l'a- 
vant-dernier tour simplement subanguleux, le dernier parait simplement 
comprimé. Ce dernier tour assez développé, descend lentement vers l'ou- 
verture; celle-ci oblique, échancrée, arrondie à sa partie basale est trans- 
versalement oblongue-arrondie. Périslome- droit, aigu, d'un blanc un peu 
rosacé , — légèrement bordé à l'intérieur. Bord columellaire dilaté. 

Haut. 9. diam. 14 millim. 

Cette belle espèce du groupe des lanuginosa , que nous avons dédiée à notre 
ami Berbrugger, le savant conservateur de la bibliothèque et du musée 
d'Alger, a été d'abord découverte par nous sur le chemin du grand Phare, 
près de Bougie. Nous l'avons recueillie ensuite dans les gorges de Tisser. 

— Rusicadensis A. Letourneux. 

Testa anguste perforata , subconoïdea , obscure angulata (angulus ad apertu- 
ram evanescil), fraglli subpellucida, striatula, ac sub validissimo lente 
argutissime submalleolata , uniformiter cornea aut subrubello-cornea , in 
ultimo anfractu, zonula pallidiore obscure circumcincta; — spira conica^ 
aut tecliformi, sat elata; apice exiguo, nitido et lœvigato; — anfractibus 
6 regulariter crescentibus, — convexiusculis , sutura parum impressa 
separatis; ultimo majore, subaogulato, ad aperturam rotundato ac paulu- 
lum lente descendente; — apertura obliqua, lunato-rotundata; — peri- 
stomate recto, acuto, intus incrassato; margine columellari ad perforationem 
late expansiusculo. 

Coquille subconoîde, étroitement perforée et pourvue d'une carène obscure 
qui finit par disparaître vers l'ouverture. Test fragile, assez transparent, 
strié, laissant voir au foyer d'une loupe une quantité de petites malléa- 
tions, d'une teinte uniforme cornée ou cornée -rougeâtre, et entouré 
d'une zonule d'un ton plus pâle. Spire conique, comme tectiforme, assez 
élancée. Sommet petit, lisse et brillant. Six tours, faiblement convexes 
à croissance régulière, séparés par une suture peu profonde. Dernier tour 
relativement assez développé, présentant une direction légèrement des- 
cendante, subanguleuse et finissant par s'arrondir vers l'ouverture; celle- 
ci, oblique, est échancrée-arrondie, Péristome droit, aigu, épaissi à l'in- 
térieur. Bord columellaire largement réfléchi sur la perforation ombilicale. 
Callosité à peine sensible. 

Haut. 11, diam. 16 millim. 

Cette Hélice, qui se rapproche par sa forme de Vincarnala de France a 
d'abord été recueillie à Philippeville. En Kabylie, nous l'avons rencontrée à 



LA. KABYUE. 

Fort-Natioaat , Bougie, Arbalou et i Tul R'ir, aa-desins dea gorges de 
risaer. U. BourguigDat l'a tronvée aboodinle dans les dolmens de Rokaia. 

x apkœa À.. Letourneux. 

TeslB perforala, depressa, supre subtusqae convexa, in uKIrmi anfrieta 
obscure subangulaU (aagulo ad aperturam panlnlniD eranesceDle), fragili, 
pelluûda, omnino cornea; io supremïB tallde Rtriata ac drca saturam ra- 
diaLula, ia nltimo argute striatu)a,acpilis breviuimis, pallidloribas, noa 
cadacis, undique hirsula; — spira depresae-coDveia, lerïter eubcoDoidaU ; 
apice obtuso, Invi^alo el nitido; — an&actibus S ad G '/l- coDTexiuwulit, 
regulariter crescentibos, sutura Impressa sepiratis; ulUnu subaogulato 
Bublus couTexo, ad aperluram leate ac t'a. descendente; — apertura 
parum obliqua, trausierse lUDalo-obtonga; — peristomate reclo, aculO; 
margine columellari ad iaserliorem dUatalo ac paululum perforatioaem 

Coqaille déprimée, conveie en dessus el en dessous, fragile, tranqtarenle, 
entièremeul cornée et pourvue d'une petite perToralioni lest fortement 
alrié sur les tours supérienrs, comme radié vers la partie sulnrale, — 
présentant sur te dernier tour des slriations llnes, obliques, fort peu sen- 
sibles, et entièrement recouvert de poils persistants, d'un ton plus plie 
que la coquille et si petits qu'Us paraissent rudimanlalres. Spire déprimée 
convexe, l^èreneut conoîdale, à sommet oblua, lisse et brillant. Cinq 
tours à cinq tours et demi asseï conveie^ , à croissance régulière, séparés 
par une suture prononcée. Dernier i peine descendant vers l'ouverture, 
assez bien arrondi en dessous; présentant un peu au dessus de la partie 
médiane, un angle qui tend i disparaître vers l'ouverture. Celle-ci, peu 
oblique, asseï échaocrée, est transversalement semi^obiongue. Péristome 
droit, aigu. Bord eolumellaire dilaté et rénéchi sur la perforation ombili- 
cale i sa partie supérieure. 

Haut, s, diam. T miUim. 

Habilat — Dans les mousses du Hammam, au-dessus de Teit -en -Tarai, au- 
près de Tirourda. 

VHelix apkaa est une espèce Intermédiaire entre le groupe de \'H. tericaa 
el celui de l'.H lanugittosa. 

limbala DraparDaiid. — Parmi les feuilles mortes, au djebel Afroun, 
pet) Tifrit-uait El lladj. 

- Gougeti Terver. ~ ludique par MM. 0. Debeaux et Aucapitaine comme 

babitaut les cimes du Jurjura entre 1,800 et 3,000 mètres ? 

■ letUicula Perussac. — Djemâa Sah'aridj , Koukou, gorges de Tisser, 

Bougie, etc. 

■ abietina BourguigDat. — Sous les écorces à Acherchour-en-Tensaoïit , 

alluvions de Tisser, marais boisés de BoQ-Ilef. 
Paupilliert Bourguiguat. — AUuvioas de Tisser. 
pukhella Mùller. — Tizi R'ir Tirourda, Tala Tamziebtellaz. 
rupestrii Draparuaud. — Commun daus le Jurjura. 

- — ft. depressa. — Thabbourt Bouzgueiir. 

- — S. conoidea. — Hammam Mellouleu, Tbabbourt Bouzgueur, Fort- 

Natioual. 

- tasia Bourguignat. — Gori^es de Tisser, Azroun. Tidjerprès Tirourda. 



HISTOIRE NATURELLE. 289 

Heliz apicina Bour^uignat. — Gorges de Tisser. 

— Rozeti Michaud var. Hipponensia {II, Hippoïie.nsis ^lorelet). — Dellys. 

— submeridionalts Bourguignat (//. meridionalis Parreyss, //. fViata des 

auteurs Algériens. M. Bourguignat rapporte ù cette espèce les hé- 
lices recueillies par MM. 0. Debeaux et Aucapitaine à Tablabalt, 
chez les Aîd Yahiaed ù Djemâa Saharidj sous le nom d'//. striata. 

— subrostrala Bourguignat. — Ait Ziki. 

— Bardoensis Bourguignat. — Sur les gazons près Bougie. 

— Tellica Bourguignat. — Gorges de Tisser. 

— Uneata Olivi (//. niaritima Draparnaud, //. liurdlgalensis Morelet). 

— Bougie, Djemâa Saharidj , Tizi Ouzzou. 

— lauta Lowe (H. submaritima Draparnaud, H. variabilisy pars 0. De- 

beaux). — Très commun dans le Jurjura. Ait David, Tizi Hout, 
Agounich Haoua. 

— variabills Draparnaud. — Bougie (Forbes). 

— Flognfjana Bourguignat. — Kabylie (Bourguignat). 

— alluvionum Servain — Oued Sebaou. 

— fœdata Uagenmùller. — Bougie. 

— fnsesta Parreyss (//. Devauxl O. Debaux). — Mezegguen, Tablabalt (O. 

Debaux), zone des contreforts : 

— Kabyliana O. Debeaux in Gassies. — Régions élevées du Jurjura sous 

les pierres, à Tombre des cèdres, entre 1,500 et 2,000 mètres. AU 
Meliikeuch, Tirourda, Tamgout de Lalla Khadidja. (O. Debeaux, 
Aucapitaine), Thabbourt Bouzgueur, Bougie, gorges de Tisser. 

— diloHcata Bourguignat. — Bougie. 

— Cretica Férussac. — Ait Ziki. Parties basses du Jurjura. 

— cuphorcopsis A. Letourneux. — Fort-National. 

— Pisana Millier. {H, rhodostoma Draparnaud). — Commun sur le lit- 

toral. Vallée du Sébaou, Bougie, Dellys. 

— sfiparum Rossmôssler. — Assez commun dans la grande Kabylie. 
- Terceri Michaud. — Espèce signalée à Bougie par Forbes. 

— cespitum Draparnaud. — Vallée du Sébaou (O. Debeaux), Bordj Boghni, 

oued Aîssi, oued Djemâa (Aucapitaine), Tizi Ouzzou. 

— arenarum Bourguignat var. minor. — Fort-National (Mares), Tizi 

Ouzzou. 

— (icompsia Bourguignat. — Sables maritimes à Tembouchure de la Scem- 

mam près Bougie. 

— pyramidata Draparnaud. — Très commun partout. Bougie, Dellys, 

Drâ-el-Mizan, gorges de Tisser, Asif bouarab (Aucapitame). 

— Tristami L. Pfeiffer. — Tamgout de Lalla Khadidja (2,300 mètres) dans 

les fentes des rochers. 

— amanda Rossmôssler. — Bougie , Fort-National , Dellys. 

— ra?/)/awa/a Mùller (/y. albella), pars Terver. —Dellys, embouchure de 

Tisser. 

— terrestris Chemnitz (H, trockUus Poiret, //. elegans Gmelin). — Bougie 

(Dupotet, Forbes). 

— Irochoides Poirei. — Bougie, cap Djinet. 

1. 19 






290 LA KABYLIE. 

Hélix conoidea Draparnaud. — Très commun à Bougie (Joba fils), embou- 
chure derisser. 
— • Barbara Linné {BuUmus ventrosus Férussac). — Très abondant sur 
le littoral. Bougie, Dellys, etc. 

— acuta MûUer (Bulimus acutus Bruguière). — Très commun, surtout sur 

les côtes. 
Bolimns Jeannoti Terver {B. Terveri Dupotet). — Gouraïa au-dessus de Bou- 
gie (Forbes et Deshayes), Sidi Yahia près Bougie, Arbalou Toudja, 
gorges de Tisser. 

— omphalodes A. Letourneux (B. euryomphalus olim A. Letourneux , nom 

déjà donné à un Bulime d'Amérique). — Tizi Boulma, Kouriez, crê- 
tes du Jurjura occidental. 

— Cirtanus Morelet. — Dans presque toute la Kabylie, sur le calcaire. Bou- 

gie, route du grand Phare, Arbolou , Ait Ziki , Ait Ouabam. 
var. major, — Gorges de Tisser. 

— Poupillerianus Bourguignat (B. Numidicus Bourguignat olim). — Gor- 

ges de Tisser R. RR. 

— Pupa Bruguière [Hélix Pupa Linnée). — Commun dans toute la Kabylie. 

Bougie, Jurjura, Taourird Amek'kéren, Fort-National (O. Debeaux), 
gorges de Tisser. 

— Bourguignati A. Letourneux (B, Seemanni Morelet !). — Gorgesde Tisser. 

— KaJbylianus A. Letourneux. — Grands rochers à gauche des gorges de 

Tisser. A. G. 

Testa profunde ac plus minu8?e perforata, obeso-ventrlcosa, valide turgida, 
le?iter calcarea, irregulariter obliquo-striatula, candida ac ad supremos 
anfractus rufofasciata et ad apicem corneo-luteola ; — spira turgido-obesa , 
ad apicem subito attenuata; apice mamillato, laevigato; — Anfractibu 
6 ad 6 1/2, conTexioscuUs, regulariler ac sat celeriter cresceotibus , 
sutura impressa separatis; ultime majore, non dcscendente, convexo, 
circa perforationem subangulato; — apertura vir obliqua ac parum lu- 
nata, semi-oblonga; — peristomate acuto, inlus leviter labiato, ad basim 
paululum expansé, columella recta, expansa; margine externo prope 
insertionem labrl recte acuto, ad columellam conyergente; marginibus 
tenui callo junctis. 

Coquille obèse- ventrue, très renflée, sillonnée de striations obliques assez 
grossières et pourvue d'une perforation profonde, plus en moins ouverte 
suivant les échantillons. Test blanchâtre, tirant un peu sur une nuance 
cendrée bleuâtre^ orné vers ses tours supérieurs, de fascies roussAtres, à 
Texception de l'extrême sommet, qui est d'un jaune corné assez brillant. 
Six tours à six tours et demi légèrement convexes , à croissance régulière, 
assez rapides , séparés par une suture prononcée. Dernier tour plus grand 
que l'avant dernier^ non descendant vers Touverture et offrant en dessous 
une partie anguleuse qui circonscrit la perforation ombilicale. Ouverture 
à peine oblique, peu échancrée , seml-oblongue. — Péristome aigu , légè- 
rement labié à l'intérieur, un peu réfléchi vers le bord basilaire. Golu- 
melle rectiligne, dilatée. Bord externe, droit vers l'insertion , se prolon- 
geant sur la convexité de l'avant dernier tour, en convergeant vers la 
columelle. Bords marginaux réunis par une faible callosité. 

Haut. 16, diam. 8 1/2 millim. 



HISTOIRE NATURELLE. 291 

Habitat. — Tizi R'ir, au dessus des gorges de l'Isser. Cette belle espèce un 
des Bulimes les plus intéressants de l'Algérie, appartient au groupe des 
^ Bulimus obesatfUf episomus et pseudo epUomus. 

Bnlimus obscurus Linnée. — Azrou-n-Tdjar auprès du col de Tirourda. 
Papa Brauni Rossmôssler. — Alluvions de Tisser : sans doute massif des Ait- 
Khalfoun : 

— Granum Draparnaud. — Alluvions Tisser et de Toued Sahel , Tizi R'hir, 

Fort-National. 

— Isserica A. Letoumeux. 

Testa auguste perforata, cylindriformi, fragili, subpellacida, fcre lœyigata, 
uniformiter cornea; — spira cylindrica, yîx acuminata, sat elongata; — 
apice valido, pallidiore, obtusissimo; — anfractibus 7 subconvexiusculis , 
lente crescentibus , sutura parum impressa separatis ; — ullimo paululum 
majore, con?exo, subtus sat turgido; — apertura parum obliqua, rix 
lunata, suboblonga, eolumella rectiuscula; — peristomale pallldiore, 
recto, subexpansiusculo. 

Coquille cylindriforme , fragile, un peu transparente, presque lisse, d'une 
teinte uniforme cornée et pourvue d'une très petite perforation ombilicale 
spire cylindrique assez allongée , à peine acuminée et terminée par un 
sommet gros, très obtus, d'un ton plus pâle que le reste de la coquille. 
Sept tours peu convexes, s'accroissant lentement, séparés par une suture 
peu profonde. Dernier tour relativement plus grand , convexe , as^ez renflé 
en dessous. Ouverture faiblement oblique, peu échancrée, suboblongue. 
Columelle assez droite. Péristome droit, très légèrement évasé et d'une 
nuance plus pâle. 

Haut. 4, diam. 2 millim. 

Cette espèce^ intermédiaire entre le groupe des umbilicata et celui de 
inomata a été recueillie à Tizi-R'ir, au dessus des gorges de Tisser. Rare. 

— Michaudi Terver. — Bougie (Dupotet, Terver), Ait Occabou dans le 

Jurjura , gorges de Tisser. 

— umbilicata Draparnaud. — Alluvions de Tisser, mousses humides dans 

le Jurjura. 

— Aucapitainiana Bourguignat. — Dans les mousses , sur les chênes verts, 

à Tizi-n-Djemâ près Tirourda, mousses des rochers chez les Ait 
Daoud. 

— Penchinatiana Bourguignat. — Cette espèce espagnole habite les pa- 

rois abruptes des grands rochers calcaires à Thabbourt Bouzgueur, 
A. Tizi Cheriâ, sur les massifs au sud du col, on trouve une variété 
lancéolée de ce Pupa. 

— avenacea Moquin Tandon ÇBulimus avenacetts Brugnlères, Pupa Avena 

Draparnaud). — sur les rochers calcaires du grand massif de Tab- 
bourt Bouzgueur. 

— Kabyliana A. Letoumeux. 

Testa rimato-perforata , subpellucida , omnino cornea ; eleganter, argutissime 
ac oblique costulata; — spira elongato-attenuata; apice obtuso nitido, 
laBvigato, sicut mamiilato; — anfractibus 7 convexo rotundatis, regu* 



292 LA KABYLIE. 

lariter ac sat céleri ter crescentibus , sutura prorunda sépara tis; — pe- 
nultimo maximOf turgido; ultimo minore , ad aperturam descendente; — 
apertura tIx obliqua, lunata, semioblonga , sexdentata, scilicet : duabus 
dentibus in con?e\i(ate anfraclus penultimt (una mediana, profunda, 
validiore; altéra minore, prope inserlionem labri); duabus in columella 
(una validiore, supera, altéra minore); duabus parietalibus immersis, 
lamelliformibus; peristomate acuto, leviter expansiusculo, intus pau- 
lulum labiato; margine externo ad iusertionem labri recto; columella 
recta expansa. 

Coquille fusiforme, un peu transparente d'une teinte cornée, pourvue d'une 
fente ombilicale assez ouverte. Test orné de costulations obliques, régulières 
et fort délicates. Spire alongée , atténuée , terminée par un sommet lisse , 
brillant, comme mamelonné. Sept tours convexes, arrondis, à croissance 
régulière, assez rapide, séparés par une suture profonde. Avant dernier 
tour très développé comme gonflé et plus volumineux que le dernier, qui 
suit une direction ascendante très prononcée. Ouverture à peine oblique, 
échancrée , deml-oblongue , ornée de six denticulations ainsi placées : deux 
dénis palatales sur la convexité de lavant dernier tour dont une petite 
près de l'insertion du bord externe, et l'aulreplus forte, médiane et plus 
enfoncée; deux dents columellaires, dont la supérieure plus forte; enfin 
deux dents pariétales, profondes, lamelliformes, que l'on aperçoit exté- 
rieurement par transparence. La dent lamellaire supérieure est la plus 
allongée. Peristome aigu , légèrement évasé vers la base de l'ouverture et 
un peu labié à l'intérieur. Bord externe droit vers l'insertion du labre 
Columelle rectiligne, évasée. 

Haut. 5 millim, diam. 2 3/4. 

Kochers au dessus de Tablabalt, près Fort-National. 

Celte espèce appartient au groupe des Pupa Savii (Charpentier); — Phi- 
lipii (Cantraine) et rupestris (Philippi), de Sicile et d'Italie. 

Isthmia Muscorum Locard {Pupa Muscorum Draparoand non Lamarck, 
yertigo Muscorum Michaud). — Alluvions de Tisser. 

Vertigo Dupoteti Terver (Pupa rupestris Rossmossler) — Bougie (Dupotet). 
Sidi Yahia , gorges de risser. 

— Numidica Bourguignat {Pupa Angllca Morelet) et var. Zonala — sur 

les bois pourris à Aclierchour-en-Tensaout, à Bou-Ilef, dans les 
mousses humides ù Tirourda, chez les Ait Daoud et les Ait Ouaban. 

— yéprica Bourguignat. — Alluvions de Tisser. 

— Âtaresi Bourguignat. — Alluvions de Tisser. 

— discheilla Bourguignat. — Alluvions du Sébaou. 

Ferussacia lamellifera Bourguignat {Glandina lamelUJera Morelet, 
Azeca lamellifora L. Pfeififer). — Bougie. 

— scaptobia Bourguignat. — Bougie , Sidi Yahia. 

— abia Bourguignat. — Thabbouri Bouzgueur, haut Jurjura. 

— eremiophila Bourguignat. — Bougie. 

— Terver i Bourguignat. — Fort-National, gorges de Tisser. 

— «ceap/w/a Bourguignat. — Arbalou-Toudja , Bougie. 

— gracllenta Bourguignat. — Fort-National. 

— gracilenta var. major. — Gorges de Tisser. 



HISTOIRE NAIURELLE. 293 

Hoheni^arthia thamnophila Bourguignat ÇFemssacia thamnophila olim). 

— AUuvions de Tisser. 
Ramina decoUata Risso {Hélix decollata Linnée , Bulimus decollatus Bru- 

guière). Très commuii partout : les plus gros échantillons connus de 

cette espèce ont été recueillis à Bougie. 
GoBcilianelIa raphidia Bourguignat. — AUuvions de Flsser. 

GLÀNDINIDÉS. 

Olandina dllatata Ziégler. — Thabbourt Bouzgueur, Isser. 

— Algîra Heck {Bulimus Àlgirus Bruguière). — Bougie, Gouraïa, forêt 

de Taourirt Guir'ii, Fort-National. 

AURICULIDÉS. 

Garychinm minimum M ûller {Hélix Carychium Gmelin, Bulimus minimus 
Bruguière, Àuricula minimus Draparnaud). — Bougie (Aucapitaine) 
Tala Tamziebt-ellaz dans les mousses humides. 

AJexia Âlgerica Bourguignat. — AUuvions de Tisser. 

S 2. — PULMOBRANCHES. 

LIMNKIDÉS. 

Planorbis aclopus Bourguignat. — Tizi-el-Bir. 

— spirorbis Miiller {Hélix spirorbis Linnée . P. Fortex Morelet non Mill- 

ier). — Bougie (Morelet). 

— lœvis Alver {P. hispidus Terver non Draparnaud). — Bougie (H. de la 

Perraudière). 

— agrcCulus Bourguignat. — Tala Meknea. 

— Kabfjlianus A. Letourneux. 

Testa minuta, inflala, sopra profonde perrieqne centro-concava , subtus va- 
lide concava, subpellucida , parum nitente, fulvo-rnbella; — anfractibus 
4 V^ celeriter crescentibus, inflatis, leviter involventibus, fera rotundatis; 
ultime maxime, supra paululom declivi, apertura obliqua, ampla, lanata, 
leviter tran verse suboblonga aut fera rotundata; — peristomate simplici, 
acuto, recto; margine superiore leviter arcuato ac paululum antice pro- 
vecto; marginibus remoUs. 

Coquille de faible taille, renflée, non comprimée, assez transparente, peu 
brillante, d'une teinte fauve-rougeàtre. Quatre tours et demi, renflés, 
presque arrondis en dessous, tandis qu'en dessus, vers la partie suturale; 
ils sont légèrement anguleux. Dernier tour très grand, proportionnellement 
volumineux et un peu incliné en dessus en forme de toit. Ouverture 
ample, obUque, échancrée, légèrement oblougue dans le sens transversal, 
ou plutôt presque arrondie. Péristome droit, simple et tranchant. Bord 
supérieur faiblement arqué et projeté en avant. Bords marginaux écartés. 

Haut 2, diam 3 V^ miUim. 

Cette nouvelle espèce habite dans les fontaines à Tala Meknea et à Tala 
Semda (col d'Akfadou.) 

— Numidicus Bourguignat. — Acherchour-en-Tensaout , Tizi-n-djemâ , 
fontaine au-dessous d'Azrou Gougan, Ait Ouaban. 



294 LA RABYLIE. 

Physa contorta Michaud. — Marais de Ticherait, Djemâa Saharidj (Auca- 
pitaine). 

Limnœa palustris Fleming (Buccinum palustre Mûller). — Djemâa Saha- 
ridj , Tala Meknea, Fort-NatioDal. 

— peregra Lamarck (Buccinum peregrum Millier, Limnseus pereger Dra- 

pamaud). — Hammam Melloiûen, Thabbourt Bouzgueur. 

— truncatula Moquin-Tandon (Buccinum truncatulum^Umnceus, trunca- 

tulus Millier, Limnœus minutus Drapamaiid). — Très commun 
dans toute la Kabylie. 

ANCYLIDËS. 

Ancylus simplex Bourguignat (LepcLS simplex Buchoz. — La variété costata 
(A, costcUus et A, fluvioMlis Aucapitaine et G. Debeaux) est très 
commime dans les ruisseaux de la montagne. Tagunifoust, Tala Med- 
dour, Hora, Hammam Melloulen, etc. Bougie (Forbes). 

— costulcUus Kiister. — Environs de Bougie (Brondel), Jurjura. 

— gibbosus Bourguignat (A. deperditus Ziegler, non Drapamaud) var. 

Djurjurensis (A. fluviatilis var. Djurjurensis 0. Debeaux). Sour- 
ces froides du Jurjura. Ait Boudrar (0. Debeaux) , col de Tirourda 
(Aucapitaine). 

IL — GASTÉROPODES OPERCULÉS. 
§ L — PULMGNACÉS. 



CYCLOSTOMIDKS. ^ 

Cyclostoma sulcatum Draparnaud. — Assez conmiun dans toute la Kabylie. 
Mesegguen, Tablabalt (Aucapitaine), Bougie. 

var. B. multisulcata. — Bougie. 

— — var. F. unizoncUa. Route de Bougie au grand Pbare. 

var. G. muUizonata (C. pkaleratum Ziegler). — Avec la variété 

précédente. 

var. H, fusco'violacea. — Rochers du grand Phare. 

Pomatias Maresi A. Letourneux. 

Testa iinperforata> turbinata, lanceolato-turrita, sat gracili, fulvo-cineras- 
ceote ac obscure zonulis aut roaculis rufulis vix perspicuis ornata, dégan- 
ter confertimque costulata; ^ spira lanceolata; apice cornée, lœvigato ac 
obtuso; — anfractibus, tumidis, rotundatis, lente regalariterque crescen- 
tibos, sutura profunda separatis; uUImo ad aperturaro ascendenle ac 
valde dilalato; — apertura verticali, exacte rotundata; — peristomate 
undique expansé, non labiale, sedsimplici et acuto; auricula celumellari 
locum perforatienis ebtegenlc; marginibus calle jnnctis; opercule 

Coquille imperferée, élégante, de forme grêle, très allongée, conique. Test 
d'un fauve cendré, orné de zones eu de taches reuss&tres, obscures, sou- 
vent à peine perceptibles , et sillonné de petites coslulatiens élégantes et 
serrées. Spire lancéolée à sommet corné, brillant, lisse et obtus. Neuf 
tours renflés, bien arrondis, à croissance lente, très régulière, et séparés 



HISTOIRE NATURELLE. 295 

pour une suture profonde. Dernier tour ascendant, et se dilatant beau- 
coup Ters Touverture. Celle «ci est verticale et parfaitement ronde. Péris- 
tome évasé de tous côtés, non labié, mais au contraire simple et tranchant. 
Bord columellaire auriculé. Bords marginaux réunis par une faible callo- 
sité. — Opercule inconnu. 

Haut. 9, diam. 3 millim: 

Le long des grandes masses calcaires du Jurjura. TIzi-n-cheriâ , AU Ziki, Aït- 
Ouâban, Aït-Daoud, Thabbourt Bouzgueur. 

Nous dédions ce Pomatias à M. le docteur Mares, qui nous accompagnait 
dans nos courses et qui l'a découvert avant nous. 

Atlanticus A. Letourneux. 

Testa imperforata, lanceolato-acuminata, gracili, pallide fulvo cinerascente, 
.sat pellucida, costata (costœ obliquas plus minusve validée acproductœ); 
— spira acuminata; apice obtuso, mamillato, albido, lœvigato; — anfrac- 
tibus 9 turgido-rotundatis, lente regulariterque crescentibns , sutura per- 
profunda separatis; prioribus; laevigatis; c«eteris costatis; ultimo minus 
costato, ad aperturam recto, inferne tantum leviter dtlatato; — aper- 
lura paululum obliqua, exacte rotundata; — peristomate leviter (vix ad 
labrum externum) expanso, acuto; margine columellari breviter auricu- 
Iato; marginibus tenui callo junctis. 

Coquille imperforée, grêle, assez transparente, d'une teinte fauve-cendréo 
assez pâle et d'une forme lancéolée régulièrement acuminée. Test pourvu 
de petites costulations obliques, plus ou moins fortes et saillantes. Spire 
acuminée, terminée «par un sommet obtus, mamelonnée, lisse et blan- 
châtre. Neuf tours arrondis , — excessivement renOés, à croissance régu- 
lière et très lente, séparée par une suture très profonde; les deux pre- 
miers tours lisses; les tours du milieu assez fortement costulés; le dernier 
tour orné de côtes plus délicates, rectiligne vers la partie supérieure de 
l'ouverture, seulement un peu dilaté à sa partie inférieure. Ouverture fai- 
blement oblique, bien ronde. Péristome aigu, presque droit vers le bord 
externe, seulement un peu évasé vers le bord columellaire, qui est légère- 
ment auriculé; bords marginaux réunis par une faible callosité. 

Haut. 8, diam. 3 millim. 
Habite les gorges de l'Isser sur des rochers calcaires nummulitlques et 
crétacés. 

Ce nouveau Pomatias ne peut être confondu qu'avec l'espèce précédente, 
dont on le distinguera par ses tours de spire plus ventrus, plus gonûés, 
séparés par une suture plus profonde; par son mode d'enroulement plus 
relier et encore plus lent; par son dernier tour non dilaté ni ascendant 
vers la partie supérieure de l'ouverture comme celui du P. Maresi ; par 
son ouverture légèrement oblique et non verticale, par son péristome à 
peine évasé, presque droit vers le bord externe, etc... 

Pechaudi Bourguignat, species nova. 

Testa perforata, perelongata, regulariter ac leviter acuminata, gracili, cine- 
rea, subpellucida, relative valide costata, — (cost^e obliquœ, subundulatœ, 
pallidiores aut potius sub-albescentes) ; — spira elongata , paulatim atte- 
nuala, ad summum obtusa ac quasi submamillata (apex obtusus et lœvi- 
gatus); — anfractibus 9 rotundatis, perlente crescentibus, sutura profunda 
divisis; prioribus duobus lœvigatis, cœteris costatis, ultima equaliter benc 



2»6 LA KABYLIE. 

costato, rolundato, ad insertionem ascendente, ad aperturam subito coiii- 
papulatim ampUcato; — apertura verticale, rotundala, superne, obscure 
angulata; — peristomate duplici {internuni continuum, prominens, ex- 
iemum eiigunm , ad columellam leviter dilatatum ac quasi snbauricula- 
tum); operculo (Ignoto}. — AU. 8, diam. 3, ait. op. 2 noilliin. 

Coquille imperforée, très allongée, d'une forme grêle, allant en s'acumi 
nant d*une façon insensible et régulière. — Test cendré, assez transparent, 
sillonné de fortes côtes obliques, faiblement onduleuses, se détachant en 
teinte plus claire de la surface de la coquille. Spire allongée, diminuant 
peu à peu et terminée par un sommet lisse, obtus et comme mamelonné. 
Neuf tours arrondis, à croissance très lente, séparés par une profonde 
suture (les deux premiers lisses, les autres sillonnés décales). — Dernier 
tour également bien costulé, cylindrique, ascendant à l'insertion et offrant 
à l'ouverture une brusque dilatation ressemblant au pavillon d'un cornet 
acoustique. Ouverture verticale, arrondie, néanmoins légèrement angu- 
leuse supérieurement Péristome double; l'interne continu, obtus et 
saillant, l'externe exigu, plat, entourant l'interne comme une collerette 
et présentant vers la columelle une dilatation subauriculiforme. 

Le type vit au djebel Bouzegza entre Tisser cola Mitidja. Dans le Jurjura 
cette espèce a été constatée à Tizi Boulma et à Thabbourt Bouzgueur. 

Ce Pomatias. dédié au malacologiste Jean Péchaud, appartient par l'ensem- 
ble de ses caractères au groupe des P. Maresi et P. Atlaniicus (Voir 
Prodrome Tunis, p. 135); on le distinguera très facilement de ces deux 
espèces à l'ouverture simple par son double péristome. 

Acme Lallemanti Bourguignat. — Alliivioiis de Tisser, gorges de Palestro 
sons les mousses. 

§ 2. — OPERCULÉS A BRANCHIES. 

PALUDINIDÉS. 

Bytinella nana Issel (Paludina nana Terver). — D'après M. 0. Debeaiix , 
cette espèce vit dans les sources de la région montagneuse inférieure) 
ù Fort-Xational, sur le chemin de Taourirt Imek'k'eren et près Souk 
el-tleta, chez les Ait Iraten. 

Amnicola luteola Bourguignat {Palustina luteola Kûster, P, rubèns Morelet) 
var. minor, — Fontaine du lavoir de la mosquée, et Djemâa Saha- 
ridj. 

— Dupotetiana Bourguignat (P. Dupotetiana Forbes). — Ilammaro Mel- 

loulen, Tiferdhoud, Sebtdu AU Yahia, col de Thellata, Traguem- 
mount Ih'addaden (Aucapitaine). 

— perfora ta Bourguignat (P. Idria pars Rùster}. — Bougie. 

— aerambleia A. Letourneux. 

Testa aperte rimata, ventricosa, subpellucida , uniformiter cornco-viridula , 
striatula; — Spira brevi, acuminala, ad apicem obtusissimum sicut trun- 
cata; — anfractibus 4V^ — 5 ventricosis, rotundatis (prope suturam 
profundara subplanulatis), celerrime crescentibus; ultimo magoo, ventroso, 
dilatalo, non descendenlc; apertura leviter obliqua, suboblonga, fere ro- 
tundata; — peristomate continuo, recto, acuto, intus subincrassatulo; 
marginibus (basali et columellari) leviter expansiusculis; marginibus 
valde approximalis , callo valido junctis. 



HISTOIRE NATURELLE. 297 

Coquille ventrue, uo peu transparente, striée, uniformément cornée-verdâ • 
tre et pourvue d'une fente ombilicale bien ouverte. Spire courte, acumi- 
née et tcr.ninée par un sommet fort très obtus, ce qui lui donne une ap- 
parence tronquée. Quatre tours et demi à cinq tours, ventrus, renflés à 
croissance rapide et présentant vers la suture, qui est profonde, une par- 
tie assez aplatie. Dernier tour développé, ventru, arrondi et non descen- 
dant. Ouverture peu oblique, presque oblongue ou plutôt subarrondie. 
Péristomc continu, droit, aigu, légèrement épaissi à l'intérieur. Bords 
(basilaire et Columellaire) dilatés et un tant soit peu réfléchis; bords mar- 
ginaux excessivement rapprochés, réunis par une forte callosité. 

Haut. 3 1/2, diam. H millim. 

Col de Tironrda (Jurjura), dans les mousses. 

— Rouvieriana A Letourneux. 

Testa rimata, oblonga, sat elongata, fragili. subpellucida , cornea, striatula 
aut fere sublœvigata ; — spira acuminato-elongata-, apice sat acuto; — 
anfractibus 6 convexo-rotundatis, celeriter crescentibus, sutura profunda 
separatis; ultimo oblongo-rotundato, non descendente, dimidiam parlem 
allitudinis non sequante; — apertura sat obliqua , oblonga; — peristo- 
mate recto, acuto; margine basali vix expansiuscula , marginibus approxi- 
matis, callo junctis. 

Coquille perforée, oblongue, assez allongée, fragile, un peu transparente, 
cornée, un. peu striée ou presque lisse. Spire acuminée, allongée terminée 
par un sommet assez aigu. Six tours convexes arrondis, à croissance rapide 
séparés par une suture profonde. Le dernier tour oblong, arrondi, non 
descendant, n'égalant pas la moitié de la hauteur totale de la coquille. 
Ouverture assez oblique, oblongue, péristome droit, aigu. Dord basilaire 
à peine dilaté; bords marginaux rapprochés, réunis par une callosité. 

Haut. 3 1/2, diam. 3 1/2 millim. 

Le type ne se trouve pas en Kabylie, mais nous avons recueilli à Toudja la 
variété ohesa, 

— Sercalniana A. Letourneux, annales de Malacologie^ 1870, p. 318. 

Testa parvula, rimata, oblongo-oblusa , subpellucida, cornea, sœpius limo 
inquinata, sub validissimo lente substriatula; spira obtuse acuroinata; 
apice obtuso; — anfractibus 4 convexis, celeriter crescentibus, sutura pa- 
rum impressa separatis; ultimo maxime, — oblongo, convexo, dimidiam 
altitudinis — œquantc ad aperturam lente regulariterque descendente; — 
apertura obliqua, oblonga; — perislomatc recto, acuto; margine columel- 
lari superne expanso; marginibus albido callo junctis; operculo... 

Coquillede petite taille, perforée, obtuse, de forme oblongue, un peu transpa- 
rente, d'une teinte cornée, mais le plus souvent encrassée de limon et pourvue 
d'une fente ombilicale. Test ne paraissant strié que sous le foyer d'une forte 
loupe. Spire obtuse» bien qu'acuminée. Sommet obtus; quatre tours con- 
vexes à croissance rapide, séparés par une suture peu profonde. — Dernier 
tour relativement très grand, oblong, convexe, égalant la moitié delà 
hauteur et offrant vers l'ouverture une direction légèrement descendante. 
Ouverture oblique, oblongue. Péristome droit, aigu. Bord columellaire 
dilaté à sa partie supérieure. Bords marginaux réunis par une callosité 
blanchâtre. 

Haut. 2 1/2, diam. 1 1/2 millim. 

Mousses humides des fontaines au-dessous du col des AU Onâban. 



298 LA RABYLIE. 

Anmioola Pomariemis A. Letourneux, Annales de Malacologie, 1870 p. 317. 

Testa perforata, Tentricosa, crassa, ponderosa, rabello-cornea aut sœpius 
limo Tiridalo incrassaU, sublenle eleganter striatula; spira panim pro- 
dncta; apice obtuso, anfracUbus 4 1/2 turgido-ventricosis , circa saturam 
profundam planalatis, celerrime crescentibus ultimo maximo , rentroso-ro- 
tandato; apertara vix obliqua; ovata, intus corneo-lâtea; peristomate con- 
tinno, recto, aocto, intus subincrassatalo ; margine columellari sabex- 
pansius operculo... 

Coquille perforée, yentrue^ épaisse, relatireinent pesante, ordinairement 
encrassée d'un limon yerdâtre mais paraissant lorsqu'elle est dépouillée de 
ce limon, cornée-rougeàtre. Test offrant, sous le foyer d'une forte loupe 
une surface sillonnée de petites striations fort élégantes. Spire peu élan- 
cée, terminée par un sommet obtus. 4 tours 1/2 arrondis, ventrus, comme 
gonflés, à croissance très rapide et offrant, vers la suture, qui est pro- 
fonde, une partie assez plane. Dernier tour très grand, ventru, arrondi. 
Ouverture à peine oblique, ovale, d'une teinte cornée-jaunâtre à l'intérieur. 
Péristome continu , droit, aigu l^èrement épaissi à l'intérieur. Bord colu- 
mellaire un tant soit peu dilaté et réfléchi. Opercule (inconnu). 

Haut. 4, diam. 3 millim. 

Cette espèce, qui se rencontre typique aux cascades du Sefsef, près Tlemcen, 
se trouve représentée en Kabylie, à Tizi-n-DjemA , par une forme un peu 
plus obèse et un peu moins épaisse. 

MOLLUSQUES ACÉPHALES. 
LAMELLIBRANCHES. 

SPHÉBIDÉS. 

Pisidimn Casertanum Bourguigaat (Cardium Coserlanum Poli) var. aus- 
trale, — Djemâa Saharidj , Tizi-n-Djemâ près Tirourda. 
var. Lunstemianum. — Fontaine prèô Mesegguen. 

— nitidum Jenngus. — Ait Daoud , dans les mousses humides. 

UNIONIDÉS. 

Unie rhomboideus. Moquin Tandon {Mya rhomboidea Schroter, U. Ut- 
toralis Draparnaud). — Oued Isser ! — Probablement aussi dans le 
Sébaou et dans Toued Sahel. 

— pictorum Philippson [Myapiciorum Linnée). — Haut Sébaou près Mebla 

Berouag et oued Boghni (Aucapitaine). — D*après cet auteur, les 
Igaouaouen recherchent les valves de cette coquille qu*ils nomment 
Tima/irin ^ , les percent à Tune de leurs extrémités et les suspen- 
dent au cou des enfants en guise de talismans. 

^ Témahrin est la forme kabyle plurielle du mot Arabe, m'har, a coquillage , 
coquille ». 



LES KABYLES. 

STATISTIQUE, RACES, LANGAGE, RELIGION, TOPOGRAPHIE MÉDICALE^ 
HYGIÈNE, MALADIES, AGRICULTURE, INDUSTRIE ET COMMERCE. 



-ococ/ro- 



DIVISIONS POLITIQUES 

ET 

ADMINISTRATIVES. 



STATISTIQUE DE LA POPULATIONS 

Dans rorganisation française, la Kabylie du Jurjura, telle que 
nous l'avons délimitée, forme la subdivision de Dellys. 

Cette subdivision se partage en quatre cercles, dont les chefs- 
lieux sont : Fort-Napoléon, Tizi Ouzzou, DrA-el-Mizan et Dellys. 

Chaque cercle comprend un certain nombre de tribus. 

Chez les Kabyles, Tunité politique et administrative est le vil- 
lage. 

Quelquefois deux ou plusieurs hameaux sont réunis administra- 
tivement sous Fautorité d'un seul amin. Ils forment alors ce qu'on 
appelle un toufik, qui est assimilé au village. 

La réunion de deux ou plusieurs villages constitue la tribu. 

1 Nous avons conservé sans aucune modificalion; à titre de document historique, ce 
chapitre qui rappelle tonte Porganisation ancienne de la Kabylie et nous avons laissé 
les chiflres de Vancienne statistique. 

Nous donnons plus loin la statistique actuelle d'après le dénombrement quinquennal 
de 1891, avec les nouvelles circonscriptions administratives, communes mixtes et de 
plein exercice etc. 



300 



LA KABYLIE. 



Deux ou plusieurs tribus, unies entre elles par certains liens 
fédératifs, composent une thakebilt, mot que nous avons Iraduit 
par confédération. 

Dans la partie de cet ouvrage consacrée à Torganisation admi- 
nistrative, on trouvera des détails circonstanciés sur chacune de 
ces divisions. Il nous suffit ici de les indiquer. 

Nous donnons plus loin un état statistique faisant connaître le 
chiffre de la population des confédérations ; tribus , villages , tou- 
fiks, et hameaux composant les toufiks. 

Dans cet état, de môme que sur la carte annexée à ce volume , 
nous avons tenu à ne nous servir que de noms kabyles employés 
par les Kabyles, à Texclusion des mots de fantaisie dont on se sert, 
en français le plus souvent, et qui sont des altérations arabes ren- 
dant les véritables noms méconnaissables. C'est ainsi , pour ne 
donner qu'un exemple, que le kabyle Thak'erbouzt est devenu 
pour nous Grzbissa, en passant par Tarabe. Nous en avons indiqué 
aussi la signification , toutes les fois que cela nous a été possible. 

Les chiffres de notre statistique sont ceux du recensement de 
1866. Nous les avons vérifiés nous-mêmes , partout où nous avons 
pu, au moyen des Timecheret ou partage de viande *, qui per- 
mettent de connaître très facilement le nombre des habitants d*un 
vilkge ou d'un toufik à une unité près. 

Cet état peut se résumer dans le tableau suivant : 



CERCLES. 


POPULATION 

IKDIQËXE. 


SURFACE 

en 

HKCTAUKS. 


NOMBRE D'HABITANTS 

pM- kilomëtro cftiré 
ou population Bpédflqoe. 


Fort-Nai)oléon . . . 

Tizi Ouzzou 

DrA el-Mizao 

Dellys 


76.616»» 
100,334 
48,U3 
50,446 


65.309 

124,071 

78,486 

98,038 


118.70 

80.59 

61.67 

51.36 


Kabylie du Jur- 
jura ou subdivi- 
sion de Dellys. 


275,809 


365,904 


75,25 



Nous nous abstenons d'autres renseignements, parce que nous 



1 Voir Hanoteau, Essai de Grammaire tamachek, p. 289. 



STATISTIQUE DE LA POPULATION. 301 

ne pensons pas qu'avec les moyens dont nous avons disposé jus- 
qu'à présent on puisse obtenir des approximations suffisamment 
exactes. 

En comparant les données de ce tableau avec celles que fournit 
la statistique de la France, d'après T Annuaire du Bureau des Lon- 
gitudes de 1864, on arrive aux résultats suivants : 

1° Six départements français seulement, dont deux, la Seine et 
le Rhône, sont tout à fait exceptionnels, ont une population spéci- 
fique supérieure à celle du cercle de Fort-Napoléon, qui se trouve 
classée entre celle du Haut-Rhin et celle du Pas-de-Calais. 

Ce résultat, d'autant plus remarquable que le sol du cercle de 
Fort-Napoléon est le plus ingrat du pays, est dû incontestablement 
à Tétat d'indépendance dans lequel ont vécu les habitants de ce 
cercle, sans exception, jusqu'en 1857. 

Dix-huit départements sont plus peuplés spécifiquement que le 
cercle de Tizi Ouzzou ; quarante-quatre sont plus peuplés que le 
cercle de Drâ el-Mizan, et soixante-deux , plus peuplés que celui 
de Dellys. 

2° La population spécifique moyenne de la Kabylie , représentée 
par 75.25, est sensiblement supérieure à celle de la France, qui 
n'est que de 68.837. Sur les quatre-vingt-neuf départements, vingt 
et un seulement sont donc plus peuplés spécifiquement que la 
Kabylie , soixante-huit sont moins peuplés. 

3^ La Kabylie est deux fois plus peuplée spécifiquement que les 
départements des Landes, de la Corse et de la Lozère, et trois fois 
plus que les Hautes-Alpes et les Basses-Alpes. 

4° Trois départements français, la Seine, le Rhône et Vaucluse , 
sont moins étendus en surface. 

5^ Dix-huit départements sont moins peuplés que la Kabylie , 
savoir : Basses-Alpes, Hautes- Alpes, Alpes-Maritimes, Ariège, 
Aube, Cantal, Corse, Creuse, Indre, Loir-et-Cher, Lozère, Haute- 
Marne , Hautes- Pyrénées , Pyrénées-Orientales , Haute- Savoie , 
Tarn-et-Garonne , Vaucluse et Savoie. 



LA KABYLIE. 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 



CERCLE DE FORT-NAPOLEON, 



Confédération des AIt Iraten. 
bus : IrdjeD, Ait Akenna, Ait Ousamroeiir, Ait Oumalou, Aouggacha. 



Tbibu des Ibdjen. 

Hameaux el vUlsgei compownl lea louliks. Habllanli 

iEddjemâa (le Ueu de réunion , le \ 
vendredi) 1 
Agadir (l'escarpement) 1 
MeEtiga { 1,190 
Bechchacha (lieu privé de soleil). L 
Tar'aoiiut (le roseau ou le figuier i 
de l'espèce appelée TaKantmO- / 
/ Tiguert Hala (le p^t cbamp de | 

\ Hala) / 

Taset't'a (l'arbre) \ 1,000 

I Ibahalal (les amples d'esprit). , \ 

\ Boujelil ' 

nara (la foataîae d'.4n]ara) 130 

lli (les descendants de Halli) &00 

oub (les enrants de Jacob) 710 

1 ou Zeggao (les enfants de Saîd fils de Ziiau) 410 

g (les descendants de Hag) 440 



Tamazirt 
leDâDl Bui haliiiaUona). 



ToUl 4,390 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 



:s08 



Tribu dbs Ait Akerma. 

Villages et touflks. Hameaux et villages composant les touGks. Habitants 

' Ibachiren (les descendants ou la 

famille de Bachir) 

Tagiiemmount (le petit mamelon). 
Tir'ilt Oufella (la crête d'en haut), 
lâzzouzen ' Ait el-Ouathck' (fils de rÉternel). y 1,080 

(lesdescendantsdAzzouz.^). \ Ei.^'ontra (le pont) 

£1-H'ara Ouoiu*gaii (la demeure 

d'Aourgan) 

^ Tazder't (rhabitaUon) 

Bou Sahel (qui est dans le bas pays). 

Achlouh' (la tente) 

Ta'kats (}e terrain plan, le sol 

d'une maison) 

Tizi Rached / ,j.,j, oumecheddal (la crête de ) 1,720 

(le col de Rached). i j^h^mme des Imecheddalen ») . 

Tik'irroucht (le petit piton). . . 

Igounan (les plateaux) 

Bélias 

Agouni Oujilban (le plateau des 

pois 

Agouni Oujilban ^ Ir'zer-n-etsouith (le ruisseau de V 250 

(le plateau de la gesse). / Tabreuvoir) 

Ak'bou(la voûte) 

Tacherahit ' (Pécole des commentaires de Sidi Khelil) 580 

Afensou (lieu des signaux de nuit, de <7/anoi«« y signal?) 170 

Ir'il Guefri (la crête de Fescarpement) 490 

Taguemmount Gouadfel (le petit mamelon de la neige) 160 

Tir'ilt-el-Hadj Ali (la petite crête d'El-Hadj Ali) 160 

Ir'il-en-Tazart (la crête des figues sèches) 140 

Imâînceren (les pressoirs)., j /^ ^ a "^ ( ^66 

Aguemmoun (le mamelon) 268 

Taza 260 

Total 5,444 



1 Amcheddal veut dire : un homme de la tribu des Imecheddalen. 
^ Tacherahit est occupé maintenant par les anciens habitants du village d'icherâï- 
onen. 

C'était autrefois une marnera où étaient expliqués les commentaires de Sidi Khelil. 



LA KABTLIE. 



Tbioc des AiT OOSAMMEUB ;ies geos du versaat sud-est). . 
villages et louOlis. Hameaui el villages composanl les louflks. Habitants. 

TaourirtMebli'erei] (le grand monticule). 1,160 

Ait Atellt (les desceadauts d'AtcIIi) 1,040 

ATt Ferah (les desceadaDts de Fcrah) 1,038 

I Imatouken (les descendants de i 

l Matouh) j 

.,, ,. ,, „ , I .Agoulmini (la mare) ' _.„ 

Ikhelidien (es hameaux . . ' ... -^ , \, ,, .- , . - 620 
J ' , laounrtel'Ala [le monticule supë- [ 

I lieur) \ 

\ Ait Ali (les enfants d'Ali). ... I 

Tot;il 3,8« 

Tridl' des Aït OuMALOi! (les gens du versant nord;. 

villages et louDkii. [laDicaut et villases composanl Ict louOks. Habllauli. 

ilr'il Boiih'amaroa (la cr£te de la \ 
colombe) i 
Tagiiemmount Idbbondcn (le mon- \ 670 
liciile des lâbboudcn) . . . . i 
Ir'il Bouanoii (ta crête du pulls). | 
Aârous (l'escargoi; 150 

,, .-■ ( irnaiën 1 ,_„ 

Ifnaien !„■■., I 370 

( Boiijeha ] 

Agouni Bour'er (le plateau de l'or) 300 

Tablabalt 390 

j Taddait Onfella (le village d'en \ 

Ait Moussa ou .\ïssa 1 ~ . . / '„" ' ,'. ' .,' ' ."., ' ..'■ ' i 
„ , . J ., i., ' Taddart Bouadda (le vi agc a en I „._ 

(les enlanls de Moussa fits ' , ' " ^938 

(lasklaoïiin (les descendants de Si 1 
Askiaoui] 1 

Taguemmount Ihaddaden (le monliciile des Torgerons) 300 

Igati'DOunen (les descendants de Sah'noun) > 70 



Total 3,088 

Tbibu des AOL'GGACBA. 

Baiiioaui CI villages composant le touOk. Hablunts. 
/ El-Mlçer Onfella (El-Miçer d'en ] 

1 liant) • ■ ■ ■ ( 384 

i £1-Miçer Bouadda (El-Mlrer d'en i 



X reporter. 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 805 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les touOks. Habitants. 

Report 384 

Tasaft Guezra (le chêne des rochers) 240 

Ir'ii-en-Tiguemmounin ( Ir'il-en-Tiguemmoniiib j 

(la crête des petits mamelons). ^ AgouniBouslen (le plateau du frêne), j 

Ait Meraou 400 

Aguemmoun Izem (le mamelon du lion) 360 

Icherridben 420 

^. ( Ihaddaden (les forgerons) 

Alt Mimoun y ^^ ^^^^^ ^^ enfants de Jacob) . \ 540 
(les enfants de Mimoun). i . . .; . ^ ' 

Total 2,728 

Population totale de la confédération des Ait Ibatbn : 19,408 habitants. 



IGAOUAOUEIf. 



Deux confédérations : Ait Bethroun et Ait Menguellat. 



Confédération des Aït Bethroun. 



Quatre tribus : Aït Tenni, Aït Ouasif, Aït bou Akkach, Alt Boudrar. 



Tbibu des Aït Tenni. 

VUlages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Aït el-Ahsen (les enfants d'Ahsen) 1,680 

Aït el-Arba 020 

Taourirt Mimoun (le monticule de Mimoun) 860 

Taourirt el-Hadjadj (le monticule des pèlerins) 660 

Agotmi Ahmed (le plateau d* Ahmed) 373 

iTigzirt \ 

Tensaout (le lieu bas entouré de [ 646 

hauteurs) \ 

Total 5,139 

1. 20 



306 LA KABYLIE. 



Tbibu des Ait Ouasif (les gens de la rivière). 

Villages et toufiks. Habiianls. 

Ait Abbès (les enfants d'Abbès) . 1,272 

Zoubga ^ (le tas de fumier) 348 

Aït bon Abd er-Rahman (les enfants du flls d'Abd er-Rahman) ... 1,212 

Tikldount (le sommet de montagne en forme de tente) 972 

Tikichourt (la pointe de montagne pierreuse) 984 

AïtErbah' 384 

Tasaft Ouguemmoun (le chêne du mamelon) 360 

Total 5,532 



Tbibu des Ait bou Akkach. 

villages et toufiks. Habitants. 

Tirouel 1,116 

Zaknoun 1,212 

Tiguemmoimin (les petits mamelons) 480 

Aït Sidi Athman (les enfants de Sidi Athman) 312 

Total 3,120 



Tbibu des Ait Boudbab (les gens de la montagne). 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Ir'il Bouammas (la crête du milieu) 1,344 

Tala-n-Tazart (la fontaine des figues sèches) 948 

Ait Ali ou Harzoun (les enfants d'Ali fils de Harzoun) 1,400 

Irll-n-etsedda (la crête de la lionne). 
Taguemmount bou Afir (le petit ma- 

Bou Adenan { melon du retranchement). . , . . ) 1,248 

Ait Salah (les enfant de Salah) . . . 
Aït Ouhanich 

Dama 618 

AitOuâban 400 



Total 5,958 

Population totale de la confédération des Ait Bethboun : 19,749 habitants. 
^ C'est sans doute l'arabe Zoubia. 



ETAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 



307 



Confédération des Ait Hengdellat. 



Quati'e tribus : Ait Menguellat, Ait Attaf, Ak'bU, Ait bon Yousef. 



Tbibu des Ait Menguellat. 



villages et touflks. 



Alt Ikhelef 



THurirt-en-Tidits 
(le monticule de la chienne). 



Ouar'zen (Fogre) 
Ouaîtslid. . . . 
Ait Allen). . . . 
Tamejjout . . . 



Ait Ameur ou Saïd 

(les enfants d' Ameur fils de 

Saîd). 



Tililit (le laurier-rose) 

Aourir-n-Ameur ou Saïd (la mon- 
tagne d* Ameur fils de Saïd) . 

Ir'il Bougueni (la crête du pla- 
teau) 

Tbasega Melloul (le coin blanc). 

Ir'ïl K'eçir (la crête courte). . . 

Tamekerest (le petit champ (la- 
bouré) 

Tar'ezzout (Falluvion) 



940 



Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 

Azrou Ouk'ellal (le rocher de la 
cruche à huile) 

Tizi bou Afrioun (le coi des feuilles 
ou des ailes) 

Ikbef Ousammeur (la tête du ver- 
sant sud) 

Taskenfout 

El-K'om (mot arabe : la corne). 

Taourirt-en-Tidits 

Ait Sidi Saïd (les enfants de Sidi 
Saïd) 

Djâma-n-Aït Sidi Saïd (la mos- 
quée des Ait Sidi Saïd). . . 

Azib-n-Aït Sidi Saïd (Pazib des 
Aït Sidi Saïd) 



816 



250 
120 
335 
359 



1,910 



Total 



4,730 



308 



LA KABYLIE. 



Tbibu DBS Ait Attaf. 



villages et toufiks. 



Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 



A!a Saâda (les fils de Saâda; 
Alt Daoud (les fils de David). 



Alt Daoud 

Alt Moussa (les fils de Moïse) . . 
Tazar'art (la petite plaine) . . . 



1,020 
1,375 



Total 2,8ft5 



Villages et toufiks. 



Tbibu d'Akbil. 



Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 



Agouni-n-TeseleDt (le plateau du fréoe). . 

AïtHamçi 

/ Alt H'adda 



840 
386 



Ait el-Aziz (les enfants d'£l< 
Aziz). 



1 



AltMislaïn. . 



Aourir Ouzemmour 
(la montagne de Tolivier) 



Aït Ouaggour 

Tir'ilt-en-Tala (la petite crête de 
fontaine) 

Aït Ahmed ou lounès (enfants 
d'Ahmed fils de Jonas). . . . 

Ait Rached (enfants de Racbed). 

Ait Mahmoud (enfants de Mah- 
moud) 

Aït Mislaïn 

Aït Eddjemâa 

Aourir Ouzemmour 

Akâouj (le piton) 



1,194 



1,103 
406 



Total 3,956 



Tbibu des Ait bou Yousef (les enfants du fils de Joseph). 



Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Tiferdoud 540 

Taourirt Amran (la petite montagne d'Amran) 678 

( Tazrout J 

Tazrout(le petit rocher). , < Aït Adallah > 940 

( Takhelidjt (le petit hameau). . . ; 

AïtSellan ^^ 



A reporter. 



2,748 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 309 

Toufik. Hameaux et villages composaut le toufik. Habitants. 

Report 2,748 

Aït Khelifa ) 

Aït Khelifa l Ichelliban J 600 

AitKeggar \ 

Ait Sidi Ahmed / 

Total é 3,348 

Population totale de la confédération des Aït Mbngdellat : 14,429 habitants. 
Population totale des lOAOUAOUBPr : 34,178 habitants. 

Tribu des Illiltbn. 

ViUages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Tlrourda 106 

Takhelidjt-n- Ath Atsou (le petit hameau des Aït Atsou) 190 

Aït Aîssa ou Tahia (les enfants d'Aïssa fils de Yahia) .199 

( Tizit 

^. .^ ,, . , \ Ikhfilen (les scilles) / ^j^ 

TlZlt(lepeUt col) ^ *-• i ir. ju- /i r * J ir ^ ^^^ 

'^ i Alt el-K'adhi (les enfants du Ka- 

( dhi) 

Zoubga (le tas de fumier) 490 

AltAdallah 270 

Azrou-n-Ath lllilten (le rocher des Illilten) 160 

Taourirt Amrous (la petite montagne d'Amrous) 120 

Taourirt Boudlès \ 

(le monticule du diss) / Taourirt Boudlès ) ^^q 

ou Takhelidjt Ihaddaden i Ait Sider ) 

(le hameau des forgerons). / 

Tifilkout(la fougère). . 750 

Tar'ezzout (l'alluvion) 165 

Population de la tribu des Illilten. ...... 3,030 

Tbibu des Aït Itsoubab. 
Deux fractions : Imesdourar, Imessouhal. 



Imesdoubab (les montagnards). 

Villages et toufiks. Habitants. 

Soummeur 205 

AïtArbi 209 

A reporter 414 



310 



LA KABYLIE. 



villages et touflks. 



Tikiisa 



Hameaux et villages composaDl les toafilts. Habitants. 

Report 414 

. 150 



Iferabouaeo 



Taourirt-n-Aït Ali ou Naceur 
(la petite montagne des en- 
fants d'Ali fils de Naçeur). . 

Aït Ali ou Yahia ( 

(enfants d'Ali fils de Yahia) . ( 
Aït £l-Mançour (les enfants d'El 

Ah'adhouch 

Bechchar 



Iferahounen 

Ait Hammou (les enfants de Ham- 

mou) 

Ait Idir ou Ali (les enfants d'Idir 

fils d'Ali) 

Taourirt-n-Ait Ali ou Naçeur . . 

Menéâ 

Bou Aïdel 

Ikhedachen 

Imezouer' (le terrain rouge) . . . 

Aït Ali ou Yahia 

Iberber 

-Mançour; 



Aït Anzar 



Aït Anzar 
Tir' ebith 

Total. 



427 



419 



300 

210 
299 
171 

400 



2,790 



Imessouhal (gens du bas pays). 



villages et toufiks. 



Hameaux et villages composant les toufiits. Habitants. 



. \ 



Bou Messaoud 
Tizi Guefrès . 



Tizi Guefrès 
(le col du défrichement). 

Ait Ouatas 

/ Rerrouch 

Kerrouch (le rocher escarpé) . < Bou el-Maïz {mot arabe : l'endroit 

( des chèvres; 

H'afir (le fossé) 

Asker 

TiziBouifed 

Ir'il Igoulmimen 

Iguer el-K'erar (le champ bien 

gardé) 

Tanalt 

Timerér'outs 

El-Mourass 



Asker. 



Irll Igoulmimen 
(la crête des mares). 



Tanalt 

(le goûter, repas à 2 ou 3' 

du soir). 



242 
8ô 

470 

495 
100 

253 



232 



A reporter 1,877 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. SI! 

Toufik. Hameaux et villages composant le touOk. Habitants 

Report 1,877 

AîtTousef ou Ali ( Aït Yousefoii Ali \ 

(les eofants de Joseph fils < AîtMeddour > 130 

d'Ali}. ( AîtSeliman ) 

Total 2,007 

Population de la tribu des Aïr Itsourar' : 4,797 habitants. 

\ 
Tribu des Ait Yahi4 (les fils de Jean}. 

Trois fractions : Taka, Imesdourar, Imessoiihal. 



Tara. 

Touflk. Hameaux et villages composant le touOk. Habitants. 

Taka 

Aït Si Amara (les enfants de Si 
Amara) 

Ait Ahmed (les enfants d'Ahmed). 

Bou Thetchour 

Taka (le genévrier; ( Lemekherda (le tour du tourneur). } 1,940 

Agouni Giiesad (le plateau d'Isâd). 

Isendelen 

Taferaout 

Ir' il Ichikhounen (la crête des des- 
cendants d'AchikhouD) .... 



Imesdourar (les montagnards). 

Villages et touQks. Hameaux et villages composant le touOk. Habitants. 

BoudafaI (le lierre) 190 

.-^ „. . ( Aït Hichem ) ^.^ 

^'' ^''^'"^ AïtMendil ^ ^"^ 



Aït Ziri 



...... , Thaguelmimth (la petite mare). . . .^^ 

^"^*" '^ Aït Ouâli (les enfants du fils d'Ali). ^ 



Iguesdhem 



.-. . . ^ Aït Anteur ) .^^ 

Alt Anteur ^ .-.» r.- u i ^^ 

Alt Djebara ) 

A reporter 1,710 



812 LA KABYLIE. 

Toufik. Hameftux et Tillages composant le toufik. Habitants. 

Report 1,710 

,, „ , , , AU Mêlai 

^ï*M«^«' ^gourés \ J 329 



Total 2,039 



Imessouhal (les gens du bas pays). 

villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Koukou 

Alt Haroun (les enfants de Haroim). 

Koukou j Bouguettonl [ 600 

AU Bali 

Taguemmount (le petit mamelon), 
rril H'afadh (la crête du salut) . . 

iXagounits \ 
Taguemmoimt-n-Aït Mekebel . . / ^^ 
Abedoua ( 
Tifir'outh ) 

Takenna (plancher au-dessus de récurie) 131 

Total 1,431 

Population de la tribu des Ait Yahia : 5,410 habitants. 



Tribu des Illoulen Oumalou (Illoulen du versant nord.) 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Tabouda (le typha) 804 

Ir'il Gueltounen j Jf^» Gueltounen | 

( Ikherdouchen ) 

!AU Ali ou Mohand 
El K'oubbeth (le tombeau voûté en 
dôme) ] 450 
Takhelidjt (le hameau) 
Sidi Ahmed ou Dris 

Haîjeb 200 

Marer'na ( Marer'na 

( Igreb 

Abourer'es j Abourer'es 

Ihamziin 



375 
500 

A reporter 1,949 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 313 

i VillageB et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 



Report 1,949 

Agousim ( Agousim 

(récorce de la racine de noyer). ( Igueraoun 

A!t el-Ahsen (les enfants d'Ahsen) 150 

Meçella (le lieu de prières) 150 

Alt Aziz (les enfants d'Aziz) 460 

Mezegguen 400 

Population de la tribu des Illoulbn Oumàlou 3,299 



Tribu des Aït Ziki. 

villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitantts. 

Agoimi Ifilkan i Agouni Ifilkan ) 

(le plateau des fougères). I Talaâbth (le lieu où Ton joue). . \ 

Taourirt Bouar 50 

Iguer Amran (le champ d'Amran) 120 

ÎAmek'erez J 
Tir'ilt-en-Terbah (la petite crête où > 80 

Ton fait sécber les figues) . . . ) 
( Iguer Madhi ) 

^ ( Ir'il Iguenni (la crête du ciel). . ) 

«^ , ,. ( Berk'is > 



Population de la tribu des AÏT Zi Kl 490 



CONFÉDÉBATION DES AlT IdJEB. 

Qvatre tribusj Imesdourar, El-Djeur Alemmas, Aït H'antela, Tifrit-n-Ath 

ou Malek. 



Tbibu des Imesdoubàb. 

VUIages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Aït Salah 400 

Ahora 

Abora ^ Aït Berkath ^ 20o 

Aït Sidi Saïd 

A reporter 600 



314 



LA KABYLIE. 



Villages et tonflks. 



Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 



Report 

Ah'arik (la forêt sur la montagne) 

Takoucht (le four) 

Aït Feraâcb 

Ait Azouan 

AïtFeraâch ( Aït Tamâoucht 

Tisemlal (les arbres appelés Isem- 

lel) 

Aguer Saffen ( Aguer Saffen 

(entre les rivières). ( Timri (le rocher) 



600 
100 
400 



195 



400 



Total 1,695 



Tribu d'El<Djbur Alemmas. 



Villages et tou6ks. Hameaux et villages composant les touOks. Habitants. 

Taourirt-n-Ath Idjer (la petite montagne des Aït Idjer) ...... 500 

580 
( iguerasen (les cailloux rouies; . . ) 

Sidi Ameur ou El-Hadj 200 

Aitlkhelef. . 

Aït Ikhelef l Ih'aïtousen 

Tizzouin 



Bou Zeircan \ ^^" ^^^^° ^ 

^^ ( Iguerasen (les cailloux roulés) . . ) 



Aït Aïcha. 
Mehagga . 



Total 



400 



130 
165 



1,975 



Tbibu des Aït H'antela. 



Villages et touûks. 

Sah'el (le bas pays) 



Tazrout ( le petit rocher) 



Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 



Aït Said 



Tazrout 

Ibouyousefen (les enfants des fils 

de Joseph) 

Ikoussa 

Ait Saïd 

Aït Iken 

Ibekkaren 

Ir'il-en-Tesibboua (la crête des 

petits sacs de cuir) 



600 



400 



500 



A reporter, 



1,500 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 3J5 

Villages et toufiks. HabitaDts. 

Report 1,500 

Ir'eraïD 184 

Ir'il-em-bon Kiasa (la crête de la politesse) 60 

Total 1,744 



Taibu de Tifbit-:^-ath ou Malek. 

Villages et touflks. Habitants . 

Tifrit-n-Ath ou Malek (la petite grotte des Aît ou Malek) 350 

Bou AouD 150 

Total 500 

Population de la confédération des Ait Idjbr : 5,914 habitants. 

RÉCAPITULATION. 

Confédération des Aït Iraten 19,498* 

Confédération des Ait Bethroun . .) , « -^« 

Confédération des Aït Menguellat. .^ I<^^ouaouen 34,178 

Tribu des Illilten 3,030 

Tribu des Ait Itsourar' 4,797 

Tribu des Aït Yahia 5,410 

Tribu des Illoulen Oumalou 3,299 

Tribu des Aït Ziki 490 

Confédération des Aït Idjer 5,914 

Population du Cebgle DE Fobt-Nàtionàl. . . . 76,616 



316 



LA KABYLIE. 



CERCLE DE TIZI ODZZOU. 



Tbibu des Iabiràouîbn. 
Deux fractions : lâmraouïen Boiiadda, lâmraouîen Oufella. 



Iambàouïbn Bouadda (lâmraouïen d'en bas). 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. 

Tizi Ouzzou (le col des genêts épineux) 

Irjaounioun el-Bour (les Irjaounioun du terrain inculte) 

Irjaounioun-en-Techt (les Irjaounioun des chênes appelés Tevht) . 

Aklan-en-Chamlal (les nègres du chrysanthème) 

Aït bou Khalfa 

Itama 

Zebboudj* K'ara (les oliviers de 

K'ara) 

Litama {arabe : les orphelins). { Iguessoumen (les descendants de 

Kassem) 

Zaouïa 

Drâ Rhelifa 

Tala Mouk'keren (la grande fontaine) 

Ezzlmoula 

Sidi Nâman 

El-Harcha 

Kettous 

Aouicha 

Aït Ouareth 

!Drâa ben Khedda 
AzU) Oulad Allai 
Aïn Faci 

Bordj Sébaou ( Tazelmat' (la gauche) ' 

(le fort du Sébaou) ( El-Haouara .... ; 

Kaf el-Aogab (le rocher du milan) 

Agouni bou Meh'ala 

Total 



Habitants. 

1,367 
415 
313 
396 

732 



Sidi Nâman. 



Kettous 



604 



302 
204 

303 

100 
85 

1,158 

491 

486 
159 

7,113 



1. Le mot arabe zebbondj, qai s'applique, à Alger, aux oliviers sauvages, désigne en 
Kabylie les oliviers greffés. Le nom kabyle de l'olivier greffé est azemmonr. 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 



317 



683 



Meddour) 
Tamda el-Bladh ^ 



676 
800 



Iàmbaocîbn Oufellià (lâmraouïeD d'en haut). 

Villages et toufikB. Hameaux et villages composant les touOks. Habitants. 

Timizar Ler'bar ( Timizar Ler'bar 

(les champs fumés). ( Irehaleo 

Isikhen Oumeddoiir (les escarpements de TAmeddour, homme des Aït 

558 

Tamda 

, Tazazraît 

Meklâ* 

Tikobaïn 

Ihadikaouen Oufella 

Ihadikaouen Bouadda 

Amalou (le versant nord) .... 
Tiaouinin (les petites sources) . 

Azib - en - Djebla 

Tala Athman 

Total 4,742 

Population de la tribu des Iàmràouïbn : 11,855 habitants. 



Tikobaïn (les alouettes) . . . 



1,659 



469 



Confédération des Alt Alssi. 

Sept tribus : Ait Abd el-Moumen^ Ait Ameur ou Faïd, Ait Mahmoud, 
AU Douala, Aït Zmenzer, Iferdioun, Ihassenaouen. 



Tribu des Ait Abd el-Moumen. 

Touflk. Hameaux et villages composant le toufik. Habitants. 

Tasoukit 

Tirllt-n-Ellazouk (la petite crête 

Tasoukit 1 ^^8lu). 

(le petit champ inculte) . . { I^'e^Wen Oufella (les occidentaux > 683 

d en haut) 

Ir'erbien Bouadda (les occidentaux 
d'en bas) 

A reporter 683 

1 On appelle temda l'endroit d'une rivière où l'eau est dormante et profonde; el- 
bladh veut dire une pierre plate. 

> Mekld vient sans doute de l'arabe ^ « arracher ». Les Kabyles appellent mekld 
un barin. 



»18 LA KABYLIE. 

Villages et tOttttiLS. Hameaux et villages composaDt les touflks. Habitants. 

Report 683 

Ir'U-n-Ath Chila (la crél» 4es Ait Ghila) 310 

T AA ^f\ r w ( ï^d^si'^^ Oufella 

laûûan uuieiia \ ^^^ Omnezzir i}a petite crête de \ 286 
fle viJlage d'en haut). j la branle). . 

Total 1,279 



Tbibu des AIt Ameub CD Faïd. 

Villages et touûks, Hameaux et villages composant les touûks. Habitants. 

[ Taguemmount Oukerrouch . . . 
TaguemmouDt Oukeirouch (le\ Icherdiouen Bouadda (les Icher- 
mamelondu chêne A^erroiicÀ).) diouen d'en bas) ( 983 

[ Our'erizen 

Ait Meçbah 

Alt Meçbah ^ Icherdiouen Oufella (les Icher- V 628 

diouen d'en haut) 

Total 1,611 

Tbibu des Ait Mahmoud. 

villages et touflks. Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 

TiziHibel 

Agouni Aârous (le plateau de Tes- . 

Tizi Hibel (le col de la folie).) cargot) ' ' 

Taguereguera' 

Taourht Moussa ou Ameur( n. .^ x* 

,, ^., ^ j \ Taourirt Moussa ou Ameur .... , ^^^ 

Aït Sidi M'hammed el-Hadj 413 

Timeguenounin 180 

AïtKhalfoun 400 

Taguemmount Azzouz (le petit mamelon d'Azzouz) 1,304 

Total 5,248 

I Taguereguera , dans le dialecte des^^Touaregs , veut dire : celle du milieu. 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 319 



Tribu des Ait Douala. 

villages et touûks. Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 

Taddart Oufella l Taddart Oufella j 

(le village d*en haut). | Ikhouchaten | 

Tala KbelU (la fontaioe de KhelU) 257 

Ait bou Yahia j Ait bou Yahia | 

(les enfants du fils de Jean).( Amsioun j 

Irll Mimoun (la crête de Mimoim) 252 

Ait Idir (les enfants d'Idir) 182 

Ait Ali ou Ali (les enfants d*Ali fils d'Ali) 225 

Tamar'oucht (la gorge). . . \ '^.Ti!^'^''^^^' ' ' ' '.. \\'[ 538 

" ( AitSidi Salem ou Makhelouf. . S 

Taboudriist' 179 

Ait Halal (les enfants de Halal) 187 

Ait bou Ali (les enfante du fils d'Ali) 291 

Total 2,917 



Tbibu des Aït Zmbnzbr. 

Villages et touflks. Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 

Tir'ilt-em-Mahmoud (la petite crête de Mahmoud) 431 

Ir'il el-Mal 

Ir'il-el-Mal \ Tbasega Melloul (le compartiment 

(la crête des bestiaux). { blanc) } 819 

Tir'ilt Guir'il el-Mal (la peUte crête 
de la crête des bestiaux) . . . 

AïtIzid J 

Aït Izid J Aït IzidOuguemmadh (les AïtIzid [ 

de l'autre côté de la rivière) . \ 

Akenjour (le piton rocheux). J ^ ^ 251 

Ait Anan-n-Ettebel 489 

Aït Ouanech 525 

Bouhinoun 798 

Agouni Bouffai (le plateau du Ferula Ferulago) 879 



139 



Total 3,831 



1 Taboudriist est le féminin de aboudriis, qui signifie un endroit où croît abon- 
damment le Thapsia Garganica , plante de la famille des Ombellifères , appelée en 
kabyle Adoriis et en arabe Derias. 



820 LA KABYLIE. 



Tribu des Ifbrdioun. 

Villages et touflks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 
Ir'il Bouzrou (la crête du rocher) 885 

Agucmmotin (le mamelon) . .| ^^"0^^"^. . . . • * ) ^^ 

Ihaddaden (les forgerons) . . . . \ 

t;«',^«» 1^ /^*»u ^.iaa^,.\ ) Alt Moussa (lesenfanls de Moussa), i ^^ 

Tir zert le (petit ruisseau) . . < „ . „ # ,1 /.. > 309 

' Taguemmount Zouggar en (le petit ( 

mamelon rouge) / 

Total 1,480 



Tribu des Ihàssen aouen (les enfants d'Ahsen). 

ViUages et touflks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Oummaden (les plantes appelées Oummad) 130 

Ait Ahsen (les enfants d*Ahsen) 545 

Taddart Tamek'k'erant ( Taddart Tamek'k'erant ) « 

(le grand village) ( Ait Mançour ) 

Total 1,547 

Population de la confédération des Ait Aïssi : 17,913 habitants. 



Confédération des Maatka. 



Trois tribus : Maâtka , Ibethrounen, Ait Khelifa. 



Tribu des Maat&a. 

Villages et touOks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants 

Alt Ezzaïm ( Ait Ezzaîm 

(les enfants du brave). ] Gheurfa el-Bour bou el-Hadj (les \ 899 

( Cheurfa du terrain inculte) . . 

Alt Ahmed ( Ait Ahmed 

(les enfants d'Ahmed). ( BouHamdoun 



A reporter. 1,403 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 321 

illages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Report 1,403 

/ Tala Hammou. . \ 

Tala Hammou \ Tizi Aâmeur (le col d'Aâmeur). . / 

(la fontaine de Ham mou), y Taourirt (le monticule) ( ^^* 

( Melban {nom cTune plante) . . . ) 

!Aït Halima \ 
El-Kouadbi ^ ' . > 198 

Tiouririn (les monticules) . . . 

Icherkiin (les orientaux) . . .| '^^^ ! ! i ; ! ! ! ; i 1 ; ^ 406 

Alt Aïssa ou Zeggan ( 

(les enfants d'Aïssa fils ) "^^^ Mennous 

de Ziian). / ^'* ^'«sa ou Zeggan 

Ir'il Zouggar'en (la crête rouge) . 

Tiguemmi Oufella fle bien d'en 

haut) 

^•^^"'■^^ / Tiguemmi Bouadda (le bien d'en \ 646 

bas). .• 

Aïn ez-Zerzour (la fontaine de Té- 

tourneau). 

/ Mâmera-en-Sidi AU ou Moussa. 
Iguer Ahmed (le champ d'Ahmed). 
Taârkoubth (la peUte pièce de 

Ait Sidi AU ou Moussa ] ,..,^"? " ; u 

(les enfants de Sidi AU fils / ifK/''^.^'r^'' ^'^ ^^^^'^^^ \ i 045 

de Moussa). ,. t^^^ er-Rahman) ) ^^^^ 

Alt Mançour (les fils de Mançour). 
Abaziz 

Tizi-n-£chcbeurfa (col des 
Cheurfa) 

Aïtlfrek ........... 

Tizi-n-Tezouggart (le col du juju- 
Ait Ifrek (les enfants d'Ifrek).{ hier nain) . > 423 

Agouni Bousien (le plateau du 

frêne) 

Alt Ahmed ou Ifrek / ,.., ^. . ,. . 

(les enfants d'Ahmed fils ) t i T?, """ . '''j 

d'Ifrek). / Toudheft (la pièce de terre). . . J *^* 

Ir'endousen . . 

Ir'il Ousioiian (la crête du milan) ' */ ^^j 



A reporter 5,9^3 



21 



illages et lauflks. 

ddadeo (les rorgeronsi. 

I Arfa 

jaben 



L\ RABYLIE. 

HameftUK el viUi«cs compouut les loiiaka, Hibituti. 

Report 5,963 

/ Ait Maliiou (les enfants de Ma- \ 

\ l>'o") ( 42< 

■ ) Tir'ilt (la petite crête) i 

f Takheribt (la petite ruine). . . . / 

( Bou Arfa ) 339 

■ l Aneggali' (le lieuduchocV . . . > 
, ISdjaben \ 

S Igat'den ( 3^^ 

) Isebouaken (les marchands habi- i 
( les) ^ 



Total. 



Tribi; des Ibethbocnën. 

Haineau\'el vllbRcs <'anipo!<aiil lestouflks. HabilsnU. 



nmouden (les martinets). 



Ait Mohammed j 

enfants de Mohammed).] 



Ikenimouden i 

Tir'ilt ou Hamza (la petite crête > 

du Gis de Hamza) ) 

Ir'il Ouberouak (la crête de l'as- 1 

phodèle) 

Tarkeft (le pétillement de la pou- J 

dre) \ 

Taddart Oufella (le village d'en L 

haut) I 

Imezdaten(ceuxquivonte&avant) / 

Total 



Tbibu des Aït Khelifa. 



Hgineiut et ti liages 



imposant le toufik. Habitants. 



Ourthi Bouakkach 
verger du Bouakkach ' ). 



Bouakkach veut dire : 



Ourthi Bouakkach \ 

Tir'ilt-en-Terah' (la petite crête i 
ou l'on fait sécher les figues). > 

'/ Tazrout (le petit rocher) \ 

( Ahrouka } 

A reporter. . 

D homme de la Iribu des Aït boa Akkach. 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 323 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufilcs. Habitants. 

Report 564 

Taddart TamekVerant (le grand village) 1,059 

AârouT (le dos) 272 

Tiachach 

T:.^;fK:« ) Talemmast (celle du milieu) . . . , -„^ 

Tirmithin s *••• ai- /i r * j»ai-x ^ ^37 

^ Alt Ah (les enfants d Ab) .... 

Ait Ameur (les enjfants d*Anieur) . 



Total 2,432 



Population de la confédération des Maàtkà : 11,062 habitants. 



Confédération des Aït Ouaguennoun. 



Deux tribus : Aâfir, Ait Aïssa ou Mimoun. 



Tbibu d'AaFib. 
Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

IserradjenOesseJKers) 1 ^u'^'jt '.'.:'.'.':':'.] «'«' 

Aâfir (le retranchement ) . . 600 

Total 1.751 



Tbibu des Ait Aîssa ou Mimoun (enfants d*AIssa fils de Mimoun). 

Toufik. Hameaux et villages composant le toufik. Habitants. 

Azib Ouhaddad (l'azib du forge- 
ron) 

El-Kelâa (le piton élevé; 

AU Braham ] Aït ou Ramdhan (enfants du fils 

(les enfants de Braham). \ de Ramdhan) 

Aït Ismaïl (les enfants d'Ismaïl). . 

Aït Bel Kassem (enfants de Bel 

Rassem) 

A reporter 3u 



324 



LA KABYLIE. 



Villages et touflks. 



Ikhelouïen (les solitaires) 



Bouçouar 
(Fendroit fermé par une en- 
ceinte). 



Igounan Aâmeur 
(les plateaux d' Aâmeur). 



Tahanouts 
(la boutique du forgeron). 



Ak'aoudj (le piton rocheux). 



756 



761 



Rameaux et villages composant les touQks. Habitants. 

Report 3tl 

Ir'il Bouchchen (la crête du cha- 
cal) 

Mendjah' 

Aït Ouachchiou (les gens à cor- 
nes, les braves) 

BQou. 

Tala ou Abbadh (la fontaine du fils 
d'Abbadh) 

Aït el-Haoussm (les fils d'Ël-Haous- 
sin) 

Bouçouar \ 

Imek'k'echcren (les écorceurs de 
liège) 

Tir'ilt Ifouzzar (la petite crête des 
mauvais terrains) 

Menâam 

Tizi-n-Tekherroubt (le col du ca- 
roubier) 

Igounan Aâmeiu* 

Aït Ouanouch (les enfants du fils 
d'Anouch) 

Tahanouts 

Taguemmount (le petit mamelon). 

Tir'ilt Mezzater (la petite crête 
de la menthe) 

Aït Ougaoua (les enfants de 
rhomme des Igaouaen). . . . 

AïtOuahand (les enfants d*Ahmed). 

Tizi-n-Tezouggart (le col du juju- 
bier nain) 

Ak'aoudj 

Ifouzzar (les mauvais terrains cail- 
louteux) 

Imelikchen 



479 



483 



530 



Total 



3.320 



Population de la confédération des Ait Ouaguennoun : 5,071 habitants. 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 



325 



Confédération des aIt Djennad. 
Trois tribus : Ait Adas, Ait Kodliéa, Ait Ir'zer (les gens du ravin). 



Tbibu drs Ait Adas. 



VUlages et touflks. 



Izarzen 



Abizar. 



Aît Mâmeur 
(les enfants de Mâmeur). 



\ 



1,576 



1,667 



Hameaux et Tillages composant les touflks. Habitants. 

Bou Aïssi 

Ihammichen (les descendants de 
Hamniich) 

Bou Sahel (l'endroit facile dans le 
bas pays) 

Tir'ilt-n-Aït Baba (la petite crête 
des Alt Baba) 

Tazelmat (la main gaucbe) . . . 

Aît SiSaïd (les enfants de Si Saïd). 

AU Rabah (les enfants de Rabah). 
f Ait Malek (les enfants de Malek). 

Ihammichen (les descendants de 
Uammich) 

Ait Abdallah (les enfants d'Abdal- 
lah) 

Imesbahen (les descendants de 
Mesbah) 

Ait Mançonr (les enfants de Man- 
cour) 

/ Ihamham 

' Ait Saïd Ahaddad (les fils de Saïd 
le forgeron) 

Aît Bel Kassem (les enfants de Bel 
Kassem) 

ladjemadh 

Aît Taleb (les fils du Taleb) . . . 

Boukberoub (Fendroit du carou- \ 
hier) ' 

Ibazizen (les descendants d*Aba- 
ziz) 

Ir'erbien (les gens de Touest) . . 

Ik'ermouden (les tuiles ou les tui- 
liers) 

Taouint (la petite fontaine). • . . / 

A reporter 4,048 



805 



lA KABYLIE. 

Hameaux et villages composant les (ouOks. Habilaols. 

Report 4,048 

j Imahmouden (les desceodaDts de \ 

Mahmoud] 

I Aïl el-Ar'a (les enfants de l'Agha). 
\ AïtHoussallesenfantsde Moussa). 
1 Ait Halal (les enfants de Hatal). 

{ Imegrouhen 

I Tir'zert (le petit ruisseau) . . . 

F Ibouftrouren 

Ait Bel Kasseœ ou Saîd ; Aima bou- 

Antan (la prairie de l'eau). . , 

{ Ibondhalfen 

j Timizar 

I ImeniaD 

>' Acherouf-ein-Mira (le rocher de | 

1 Mira) 

1 Akennich (le rocher pointu). 

1 Berl>er 

1 ATtOuah3nd(le8enfantsd' Ahmed). | 

I Agouni Mira (le plateau de Mira). 

I Aît Ouggareth (les enfants d'Oug- 

\ gareth) 

Total 6,635 



Tribu dks ATt Kodhéa. 



Hameaui cl vUlagcs i:onipDBaDt les louBks. Habitants. 

^ Tala-en-Tegana i 

Adrar-n-Aît Kodbéa (montagne ( . „_. 

I des AîtKodhéa) ( ' 

\ Azrou Mesguen / 

(, Taguersirt . ) 

( Ikherban (les ruines) \ ^'"^ 



obligé^ 



A reporter, 3,295 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 



327 



Villages et toufiks. 



Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 



Aït bou Ali 
(les enfants du fils d*Ali). 



Report 

Timerzouga (les laiterons) .... 

Tir'ilt-n-Aït bon Ali (la peUte crête 
des enfants du fils d^Ali) . . . 

Agouni Messaoud (le plateau de 
Messaoud) 

Tacherouftlcheraîoun (le petit ro- 
cher des Icheraioun) 

Iguer Boiiiran (le champ des ja- 
velles) 



Ar'erib, 



Tazrout (lé petit rocher) 

Rebodh. . 

Boujelil 

Tamâssith (le corps de garde) . . 

Agueraradj (endroit caillouteux) . 

Ait Ouchcheu (les fils du chacal). 

Aitel-Adeur ( Taouint Oudafal (la petite source 

du lierre) 

Ibeskrien (les descendants du Bis- 

kri) • . 

Azrou bou Ammar (le rocher de 

répervier) 

Hendou 



1 



2,295 



804 



574 



2,585 



Total 6,258 



Tbibu des Ait Ir'zeb. 



Touflk. 



Taboudoucht. 



Hameaux et villages composant le toufik. Habitants. 

Ichekkaben (les fémurs) 

Taboudoucht 

Ihamouchen (les descendants de 
Hamoueh) 

Isoummathen > ^'^^^ 

Ahoubelli 

En-Nadhor-em-Bou Beker (l'obser- 
vatoire de Bou Beker) .... 



A reporter i,288 



328 LA KABYLIE. 

Villages et touflks. Hameaux et Yillages composant les touflks. Habitants. 

Report 1,288 

Tiboudiouin (les typhas ou massettes) 162 

Ir'il lâggachen (la crête des Aît Aggach) 5G7 

Ir'UMehani 610 

Cheurfa Bour'zik (les Cheurfa d'Our'zik) 334 

Total 2,956 



Population de la confédération des Ait Djenrad : 15,839 habitants. 



Tribu des Izer'faouen. 



Villages et touflks. 



ATtMelloul 



IzerTaouen 



2,654 



Hameaux et villages composant les touhks. Habitants. 

/ Azeffoun \ 

Bouzerka 

Aît Ouandelous (les enfants de l'An- 

dalou) 

IberVouthen. . ^ 

Ihamziouen (enfants de Hamza). . 

Agoulid 

Tifrest (le défrichement) 

lâchchouben 

Kanis 

Ait lUoul (les enfants de riUoul , 

de la tribu des lUoulen) . . . 

Tîzza (les cols) 

El-Khibia j 

Tala Ahadid (la fontaine du fer) . 

lâbach 

Taguemmount Guizer'faouen. . . 

Cheurfa - en -Tiguert- en- Tala (les 
Cheurfa du petit champ de la 
fontaine) 



265 



A reporter 2,919 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 



829 



Alt Mâcheflou 



Alt Sidi Yahia 



Ait Sidi Ahmed ou Yousef 

(les enfants de Sidi Ahmed 

fils de Joseph}. 



Ichalalen (descendant de Chalal) . 

Ouikhou 

Alt Ali ou £1-Madhi (les enfants 
d'Ali fils d'El-Mahdi) 

Ir'il Meh'and (la crête de Moham- 
med) 

AzibOuchettab(razibdubûcheron) 



248 



Villages et touflks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Report 2,919 

El-Kélâa 

Tidmimin (les aubépines) .... 
Alt ou Aïssa (les enfants du fils 

d'ATssa) 

Ir'il Oumalou (la crête du versant 

nord) 

Irll Ameur ou Tahia (la crête d*A- 

meur fils de Tahia) 

Agouni Imezzaïn (le plateau des 

Imezzaîa) 

Imediksen 

Ir'il Ler'zel (la crête du fil de lin). 

R'errou 

(les enfants de Sidi Yahia).] Tikoutaïn 

Azib Bouzgueur (l'azib du boeuf) . 
Aima Halal (la prairie de Halal). . 
Tifezouin (les argiles friables). . . 
Iguer el-Rermoud (le champ des \ 

tuiles) 

Agoimi-n-Errehan (le plateau du 

myrte) 

Tiaîncert (la petite source). . . . 
Taguemmount Boudrar (le petit- 
mamelon de la montagne). . . 
Igouchdal 



1,737 



1,883 



Population de la tribu des Izbr'paouen 6,787 



Tribu de Tiguebin (les petits champs). 

Villages et toufliLS. Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 



ÎTiguerin 
Azib Boundjîah. . 
Cheiu*fa Ibaharizen 



5Ô3 



A reporter. 



553 



880 LA KABYLIE. 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les touGks. Habitants. 

Report 558 



813 



SIbaharizen ] 
Ibouâch f 
Ir'il-em-Bouzid (la crête de Bou- \ 
zid) * . . . ) 

Taguemmount Ijirmenen ( Taguemmount Ijirmenen . . . . ) 

(le petit mamelon des Ijirme-s Tessonina > 281 

nen). ( Bou Boudi (le maître du beurre) . ; 

Population de la tribu de TiGUERiN 1,147 



Tribu des Ait H'asaîn. 



villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Alma-n-Tegoumma ( AUna-n-Tegoumma , ^^ 

(la prairie des propriétés). ( Aguemmotm (le mamelon). . . . 



Bou Nâman 

BouNâman { Tala Iboudaden ^ 269 

Azib Bouadda (Pazib d*en bas) . . 

Tizer'ouin 

Tizer'ouin (les maisons). . . .) Bour'euch { 428 

Taharikt bou Amara (la petite forêt 
du fils d'Amara) 

Ir'il Mekhelouf ( Ir'il Mekhelouf 

(la crête de Mekhelouf). | Agoimi Aïssa (le plateau d'Aïssa). ^ 297 

( Tigmirt (le petit bouquet d'arbres). 

Tir'zert (le peUt ruisseau) . . ijj^'^^^' \'''. ri 131 

( Iiguellougal (les petites cuvettes). ) 

TalaMâalla. 834 



Population de la tribu des AÏT H'asaîn 2.123 



Tribu des Iazzouzen (les descendants d*Azzouz). 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les touGks. Habitauts. 

Ifedasen 400 

Ait Hammad (les enfants de Hammad) 398 

Ait Ali ou AddaUah (les enfants d*Ali fils d'Abdallah) 315 

El-Koudia (les Kadhis) 208 



A reporter 1,321 



ÉTAT STATISTIQUE DE L\ POPULATION. 



331 



Villages et toufiks. 



Ir'il lâzzouzen 
(la crête des lâzzouzen). 



Taguemmount Boulmou 



Hameaux et villages composant les touGks. Habitants. 

Report ^ . . . . 1,321 

/ Irli AU (la crête d'AU) 



Ihandouchen (les enfants de Han- 
douch) 

Ir'il lâzzouzen 

Taferaout {nom cTune plante) . . 

Azib el-Meurdj (l'azib des marais). 

Agouni Guir'il (le plateau de la 
crête) 

Eldjemâa Bouchchafa 

AzÛ) Kassi (Fazib de Kassi) . . . 
Taguemmount Izammen (le petit 

mamelon des lions) 

AïtChafa 

Agouni Boulmou (le plateau de 

l'orme) 



( 



Population de la tribu des Iàzzouzen 



471 



695 



2,487 



Tribu d'Ib'il-bn-Zbkbi. 



Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Talbant 

Imadalen ^ Taouînt (la petite fontaine) , . . \ 729 

Tabouda (le typha ou la massette). 



Tabârourt. 

Tabârourt (la terre humide) .^ Iguer Iguemmounen (le champ des 

mamelons) 



Taâroust (le petit escargot). 



Terga Ah'aggoun 
(la rigole d'Ah'aggoim). 



Alt Aîadhi 



Taâroust 

Azra (les terrains pierreux). . . . 
Timizar Ahand (les champs d'Ah- 
med) 

Terga Ah'aggoun 

Taharikt (la petite forêt) .... 

Aînsis 

Taferka-n-Zeggan (le jardin de Zi- 

ian) 

Aîadhi ( 

Alloum ) 



702 



6Ô4 



268 



350 



A reporter. 



2,703 



332 LA KABYLIE. 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Report 2,703 

Magoura (le lieu élevé) . . . S J^agoura ) ^^^ 

f Bousaada ) 

Population de la tribu d'iR'iL-BN-ZEKRi 3,074 

Tribu des Aït Flik. 

villages et touflks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Tir'ilt Bouksas ( Tir'ilt Bouksas J 

(la petite crête du frisé). ) Thouggana. . .' > 389 

^ Mâgach j 

Bou Mançour 891 

Aït Aïssi (les enfants d'Aïssi) '. 318 

Trifrit-n-Aït El-Hadj (la peUte grotte des Ait El-Hadj) 339 

AJma Ouguechtoum ( Aima Ouguechtoum ) . 

(la prairie d*Aguechtoum). ^ Azrou (le rocher) ) 

Tigounathln (les petits plateaux) 431 

Tiguerourin (les petits bouquets d*arbres) 252 

Lekçar 183 

Vit bou Seliman (les enfiauits du fils de Seliman) 234 

K'isoun 

K'isoun ^ Imançouren (les descendants de ^ 197 

Mançour) 



Population de la tribu des Ait Flik 3,168 



Tribu des Ait R'oubri. 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 

Tizi-n-Ter'idet (le col de la chevrette) 129 

El-Hara Oufella (la demeure d'en 

Vmeleha ) haut) , ^^^ 

El-Hara Bouadda (la demeure dPen 

bas 

Iak'k'ouren 

Azib Chefer ('azib au pied du ro- 

lak'k'ouren (les rossignols). .{ cher) \ 702 

Iguer Athman (le champ d'Ath 
man) 

AhamU (la langue de terre). .( ^**^°"' • • • l 106 

( Azrou (le rocher) ) 

Chebel 237 



A reporter 1,332 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 333 

Yinages et touflks. Hameaux et villages composant les touOks. Habitants. 



Report. 



Mek'néa.. . . 



^ Mek'oéa 
l Haïdous 



Achallam 

Ifir'a 

Tabbourt-en-Deggan 

Aourir-n-Aït Isaâd (la montagne des Ait Isaâd) 



AîtIsaâd (les enfants d*Isaâd) .< 



Alt Bouâdha. 



Gheurfa-em-Bahaloul 

(les Cheurfa descendants du 

simple d'esprit). 



Alt Isaâd 

Ihassanen (les enfants d'Ahsen) . . 

Bek'enennoii 

Ihalalen (les enfants de Halal) . . 
Ir'ii-en-Tizi (la crête du col) . . . 
Mouïa 

Bou Haïber 

Tir'ilt Ikerriouen 

Taguemmount (le petit mamelon). 
Isiakhen (les éboulements) .... 
Tala Yâla (la fontaine de Yâla). . 

Taddart Tamek'k'erant (le grand 
village) 

Chetirfa-em-Bahaloul 

Tala Hammou (la fontaine de Ham- 
mou) 

Feliki 

Tinekicht (le petit verger) .... 

Tizra (les petits rochers) 



Bouhini. 



Taguemmoimt (le mamelon) . 
Tirllt 



;:S 



Tir'ilt (la petite crête) 

Tizi Bouchchen (le col du chacal). 

lâzzouguen \ ir'zer-n-Ikhelef. 

(les sourds ou les descendants/ bou Ilef (l'endroit du sanglier) . . 

du sourd). J Taâzibt (le petit azib) 

Aima ou Hadri (le pré du citadin). 
Cheurfa 



1,332 
267 

86 
866 
218 
224 



394 



472 



370 



347 



1,156 



Population de la tribu des Ait R'oijbri 



5,732 



S34 LA KABYLIE. 



Tbibu des Ait bou Chaïb. 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les touQks. Habitants. 

AitZellal 642 

Bel R'ezii (la fabrique du fil de lin:. 275 

Çouamâ (les mioarets) 1 ,049 

Igoufaf 825 

Iguer Guedmimen ( Iguer Guedmimen ) 

(le champ des aubépines). ( Tanajelt (la ronce) ) ' ^ 



Population de la tribu des Ait bou Chaïb 3,945 

Tribu des Ait Khelili. 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Ak'erroui-em-Bou Yâla (la tête de Bou Yâla) 355 

Mr'era 471 

Bou Yâla 453 

£l-Kelâa Ichennoufen 417 

Tizi Bouaman (le col de Teau) 310 

AïtKhir 216 

Tendelest. . 104 

Agoulmin (la mare) 125 

Bou Achir 76 

AU Hichem 160 

Sahel (situé dans le bas pays) .^ ^'' ^j'°^^ ^ 411 

( Temda S 

Population de la tribu des Aît Khelili 3,108 

Tbibu des Ait Fbaouçeiv. 

Villages et toufiks. - Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Djemâat es-Sahridj (le vendredi du bassin) 2,253 

Ait Mekki (les gens de Mekki) 300 

Mahmoud 232 

Igoulfan (les essaims' 416 

Bou Zeh'arir 33 

Ler'erous (les plantations de figuiers} 140 

Maouïa 449 

Tizi-n-Terga (le col de la rigole) 404 

Ainazoul (la poutre) 240 

Ait Mançour ou Ahmed ) ...^-_ au j 

„ r * j li* «i«f AitMançour ou Ahmed ) ,,ç 

(les enfants de Mançour filsv ... . . ? I *'^ 



d'Ahmed). 



Ait laïch. 



A reporter 4,482 






ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 335 

Toufiks. Hameaux et villages composant le toufik. Habitants. 

Report 4,842 

Agouni Bouâfir (le plateau du retranchement) 648 

El-Mesloub 566 

Taourirt Aden (le monticule d*Aden) 580 

Taliouin (les fontaines) 201 

Ait Moussa ou Braham (les enfants de Moïse fils d'Abraham). . . . 186 

■ f — 

Population de la tribu des Ait Fraougen 7,023 

RÉCAPITULATION. 

Tribu des lâmraouïen 1l,855i> 

Ck>nfédération des Alt Aïssi 17,913 

Confédération des Maâtka 11,062 

Partie de la confédération des Aït Ouaguennoun 5,071 

Confédération des Alt Djennad 15,839 

Tribu des Izerïaouen 6,787 

Tribu de Tiguerin 1,147 

Tribu des Aït H'a^aïn 2,123 

Tribu des lâzzouzen 2,487 

Tribu d'Irll-en-Zekri 3,074 

Tribu des Aït Flik 3,168 

Tribu des Aït R'oubri 5,732. 

Tribu des Aït bou Châïb 3,945 

Tribu des Aït Khelili 3,108 

Tribu des Aït Fraouçen 7,023 

Population du Cercle DE Tizi OuzzoL 100,334^ 



3S6 LA KABYLIE. 



CERCLE DE DRA EL-MIZAN. 



Confédération des Aït Sedka. 

Sept tribus : louadhien , Aoukdal , Ait Ahmed , Aït Chebla , Ait Irguen , Ait 

Ali ou Illoui , Ait Bouchennacha. 



Tbibu des louADHiEN (ies gcDS de la plaine?). 

villages et touûks. Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 

Tikioucht (le petit piton) 270 

Aït Abd el-Kérim (les fils d'Abd el-Kérim) 578 

Taourirt Abdallah (la petite montagne d'Abdallah) 525 

( Adr'ar' Amellal \ 

Adr'ar'AmeUal \ tî«,o«.«.î To!u iJ ,.«h.5«.^«. I ccc 

, , , < Tiguemmi Laziz (le patrimome > 556 

(la pierre blanche). ) d'EI-Aziz) \ 

AïtHalal 225 

Aït Berjal 378 

Ir'il Igoulmimen (la crête des mares) 246 

AïtChelala 240 

Taguemmount ej-Jedid (le petit mamelon neuf) 735 

Total 3,753 



Tribu d'Aoukdal (la prairie). 

Villages et toufiks. Hameaux et viUages composant les touflks. Habitants. 

Tah'achchat'. 

Taourirt Ifertassen (le monticule 

des teigneux) 

Tah'achchat' (le sauvageon)./ Aït Saïd ou Dali (les enfants de \ 432 

Saïd fils de Dali) 

Taourirt-en-Tezgui (le monticule 

de la forêt) i 

Tigounsed 278 

Iguer Adeloun (le champ d'Adeloun) 571 



A reporter 1,281 



ETAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 



S37 



Villages et toufiks. 



Habitants. 



Report 1,281 

Ait Mohammed ou Toudert (les enfants de Mohammed fils de Tou- 

dert) 755 

AïtOuahlan 264 



Total 2,300 



Tribu des Ait Ahmed. 



Villages et touûks. 



Hameaux et villages composant les touQks. Habitants. 

Alt bou Madhi 

Ait Sidi Yahia (les enfants de Sidi ^ 1,183 
Yahia) 

Timer'eras 

Tikheribin (les ruines) S, 679 

Aït el-Delloul 

Ait Abd el-Ali (les enfants d\\hd ei-Ali) 527 

Total 2,389 



Vît bou Madhi 

Timer'eras 
(les plants de figuiers). 



Tribu des Aït Chebla. 

villages et louQks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Agouni Oufourrou (le plateau des partages de viande) 751 

Tizi Mellal ( Tizi MeUal • . ) ^^^ 

(le col de la terre blanche). ( Toumelilt (la terre blanche) . . . ) 

Total 1,295 



Touflk. 



Taguemmount 
(le petit mamelon), 



Tribu des Ait Irguex. 



Hameaux et villages composant le touûk. Habitants. 



TaguemmouDt 

Tazek'k'a (la maison) 

Tagueroudja (le bosquet d'arbres). 

Tlguert Imahmouden (le petit 
champ des descendants de Mah- 
moud) 

Tinsouin (les lieux bas , entourés 
de hauteurs) 

Taounrt (la petite montagne}. . . 

Iselnan (les frênes) 

Tir'ezza (les alluvions) 

A reporter 



\ 



950 



950 



22 



'I ■ P-^ 



ÏRiBD DES Ait Ali ou Illoul (les enfants d'Ali (ils d'Illoiil *). 

Villages et touflks. Hameaux et villages comi osant les toufiks. Habitants. 

'ro^«««,«^«»«* ( Taguemmount ) 

laguemmount ? ... ,r .. > fiOft 

^ ( Alt ou Yahin S ^^^ 

Mecherek (lieu exposé à Test) 668 

Aït Abd eUOuahab 

»•. *uj 1 ^ u I ) Tala Melbacer (la fontaine bonne f .«^ 

Alt Abd el-Ouahab. < , • V V 169 

pour les yeux) 

AitChâban 



Total 1,445 



Tribu des Aït Bouchei^nàcha. 



Villages et touflks. Hameaux et vilLiges composant les toufiks. Habitants. 

Agouni Guir'eran (le plateau des jeux appelés Ir'eran^ espèce de 

mail) 565 



Thafsa Boummad. ( Thafsa Boummad \ 

(l'éclosion de ÏOummad , ) ''"'il bou el-Mer'era (la crête de la ( 

plante). / ««^e) i 

l Aït Daouït / 



590 



371 



Aït el-Kaïd (les enfants du ^ Aït el-Kaïd ) 

Kaïd) f Ait Seliman ) 

lâzzounen (les descendant de TAzzoun , homme de la tribu des Béni 

Azzoun) 240 

Total 1,766 



Population de la confédération des Aït Sedka : 14,109 habitants. 
1 Illoul veut dire : un homme de la tribu des Illoulen. 



"^ 



338 LA KABYLIE. 

Toufik. Hameaux et villages composant le toufik. Habitants. 

Report. 950 

Aït Aggad (les enfants d'Aïad). . \ 

Ait Aggad l Ir'aladen (les murs en pierres se- v 211 

ches) ^ I 



Total 1,161 



ETAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 339 



Confédération des Igouchdal. 

Neuf tribus: Clieurra Guir'il Guek'k'en, Ir'il Imoula, Amechras, Ait bou 
Addou , Ait bou R'erdane , Ait Mendès , Ait Koufi , Ait Ismaïl , Frikat. 



Chelbfà Guir'il Gubk'k'en (Cheurfa de la crête d'attache). 

Villages et touflks. Hameaux et villages composant les loufiks. Habitants. 

Ait El-Hadj AU (les enfants d'El-Hadj Ali 399 

Alt ou Ali (les enfants du fils d'Ali) 293 

Meur'z ei-Mal {nom d'une planté) 249 

.-^ .. . ( Ait Abed ) 

Alt Abed ? t,. . [241 

Tinsouin ) 

Total 1,182 



Tribu dTr'il Imoula (la crête des forêts) 

Toufilc. Habitants. 

Ir'il Imoula (la crête des forêts) 1,070 

Tribu des Ameghras. 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 

L Ait Ali ou Aïssa \ 

Ait Ali ou Aïssa. < Ir'ersathen (les planteurs) . . . . ( 293 

/ Idebakhen (les cuisiniers) . . . . \ 

Ihassenaouen (les enfants d'Ahsen) 237 

/ Tazrout (le petit rocher) 

Iboukalen \ Tir'ilt Ijekouanen v ^^g 

(les petites cruches). \ Tar'ardamt (le scorpion) 

( Tala Ouguellid (la fontaine du roi). 

Ait Imrour 

Alt Irar'our \ Imedjk'anen \ 935 

Ait bou Hamçi 

Total 2,113 



LA KABYLIE. 



Tribu des ATt bou Addou. 

Hamraui et villages ram|iosant Ira Inufiks. 

I Ait Kbalfa 

^ ThakliaradjitCpetiieouvertiiredaDS . 

( une haie) 

I Ait Douala ' 

l Tainkadouith 

eur (les fils d'Ameur] 

a (les deseeDdants de Badis) 

El-ïladj (les enfanta du (ils d'EI-Hadj) 

ma 



Ait Mdallem 
enfants du maître). 



Tribu df.s Ait boit R'erdanë. 

n nt Iniinks. Hamenux et Tillages compount Jes toullks. Habita 

, Er-Çoimiâa (le minaret) \ 

1 Akherib Aïssa ^les mines de la mai- i 

... 1 son d' Aïssa) f 

Alt Hajïfioun } ^^^^^^ ^^^^^^^ j,^ ^^^^^ ^.^^ > : 

f haut) ] 

\ Boudjanâ ' 

mari i 

assem : 



Tbibu hes AÎt MENoàs. 
I el Inuliks. nameaui et villages compnBniit les loull 

/ laoïidaren (les estropiés) . . . . J 
n ) AîtCliâban(leseiifantsdeChâban). ( 

( Ait Çer'ir , . . . ) 

/ Tala-n-Braham \ 

rala-n-Braham ) Ir'JlOufella (la crête d'en haut). . / 

staine de Braham). ) Ait Ougoumad (les gens de l'autre i 

( cdté du ruisseau) ' 

A reporter 



ETAT STATISTIQUK DE LA POPULATION. 341 

Villages et toufiks. Hameaux et villages composant les touliks. Habitants. 

Report 318 

Ir'il-en-Tegerfiouin (la crête des corbeaux) 806 

Alma-em-Besseri 110 

Ir'il-em-BU 

AïtBouftouh 

Ir'il-em-Bil. , { Tala Mellal (la fontaine à la terre ) 304 

blanche) 

Ait Malek (les enfants de Malek). 



Total t,538 



Tribu des Ait Koufi. 

Villages et touliks. Hameaux et villages composant les touliks. Habitante. 

Iboujellaben (les fabricants ou les 

porteurs de djellab) 

Ir'zer INechbel { Ait K'ara (les enfants de K'ara). . ) 445 

Ait Tek'oubbet (les gens du dôme). 
Ait Saàdi (les enfants de Saâdi). 

Ait bou el-Melah . 

Ait Ali-n-Aït Koufi . . . . ^ AitSeliman ou Ali (les enfants de \ 301 

Seiiman fils d'Ali) 

Maâlla \ 

.Vmrous . . f 

Maâlla. *.{ Ir'bir'en (les tas de pierres) . . . > 551 

ifouzathen les mauvais terrains). 

lâbjelilen 

/ Ihadriin 

i Taguemmount (le monticule). . . 

„ , .. . . , . \ Ait Hamida (les enfants de Ila- 

Ihadriin (les descendants dui mida^ 

Hadri, c'est-à-dire du cita-^ Ail Hammar! ] W [ '. '. \ '. '. \ ^^* 

Tala Yousef ;la fontaine de Joseph) . 

Taraazirt Bouâfir (le champ du re- 

\ tranchement) 



din\ 



\ 



Total 1,968 



Tribu des Ait Ismaïl. 

Touflk. Habitants. 

Halouan 6t6 

A reporter 616 



L\ KABYLIE. 
uDLs. Hanieaui et villages i^mposant les iDuBks. Il 

Report 

;s enfants de T'elh'a) 

I Aima (la prairie) j 

nnmasen ) Aourir [la montai^ne) f 

> du milieu;. j Amslou (le versant nord-ouest). . i 

f Ail Baâli 1 

I (l'endroit où l'on arrête les voyageurs) 

l Bou Noueuh' ) 

) Ibouhathen / 

j IKhalfounen f 

[ Chebabath (les jolis; ) 

[ Tizi-em-Medden j 

ni-Medden Ijebbaren lies recéleiu^ ou les rac- ( 

des hommes), j «mmodeu,-s) S 

Kliellouf ( Tala Khi-Uoiif f 

1 de Khellouf), ( Iguer Eftah ) 

t .Vît Boiizerdaiii ) 

"■"■""■) Tiziel-Leliad (le col du dimanche), \ 

Total. ........ 



Tribu des Kbik^^t. 
Deux fraetiiins : Aït Kbellouf, Aïl Matas. 

AïtKkellouf. 

iiiSks. Hameaux ci lillaei^s i'<iiii|H)!ianl les louliks 

f Ail Ali 

iiifauls d'Ali). . . Ihherdas (les défilés' 

' ) Alt Babas 

[ Cheurfa 

iAït bel Abbès 
Bou Pcdekil 
Ir'il Bounefous (l;i crcte du reposj. 
.iîl bou Maurour 

Ait MATAs(les i;ens de Matas). 

{ Ait bou Maza 

( Ak'atous 



A reporter. 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 343 

Villages cl toufiks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habilanis. 

Report 1 ,587 

( Aït Messaoud ou Yahia (les enfants 
Bour Guir'zer ) de Messaoud fils de Yahia). . . 

(le terrain. inculte du ruisseau)./ Aït Hamidan 

^ Aït iranîcli 

Ait Ilakem 

Vit Hakem ^ ^'^ ^^^ er-Rahman (les enfants 

/i ., ^ r •« j II I N < d'Abd er-Rahman) \ 527 

les entants du Ilakem). ),,,.. „ . . j,^, 

larbithen (les descendants d El- 

Arbi) 

Total 2,608 



Popidation de la confédération des Igouchdal : 17,060 habitants. 



Tribu des Aït el-Aziz. 

Villages et louflks. 

El-Amra (arabe : la rouge) 

Izouggar'en (les rouges) 



Habitnnls. 

183 
174 



Population d'une partie de la tribu des Ait el-Aziz ... 357 



Thibu des IIahchaoua. 



Villages et louflks. 

Ouled Djellada 

Ben Ilaroun 

Doukkara (le caprifiguier) 
Chabet el-Akhra 



Population de la tribu des IIarchaoua 



Habilanis. 

179 
231 
170 

285 

865 



TouGk. 



Rouachda (les enfants de Ra- 
chedî 



TiiIBU DES iNEZLIOL'iX. 



Hameaux et villages composant le (oulik. Habitants. 

Rouachda 

Chendoueh i 

Ik'arathen (les enfants de K'ara). f 

Aïn Cbegga » 

Itellachen (les descendants de Tel- \ 



592 



lach). 



A reporter 



592 



LA KA.BYL1E. 
Hameaux et villages composanl les louflks. HsliltaDU. 

Report 593 

Aîl Mflalla \ 

Tazrout (le petit rocher} î 380 

Rezazoïia \ 



I Kerma (le 6guier) 

\ El-Foudia. . .......... 

' Ait-en-Naçeur (les earants de Su- 
ceur) 

' Ait el-Djouher 

, El-Aïûseur (la source) 

/ Aourir (la montagDe) \ 

\ TaclieDtirl (le piton boisé) . . . . i 
l tialouan ', 

(Dril el-Mi/an (la crête de la ba- \ 
iHDce) ) 

: K'erouaD ■. 

\ Guergour f 

) Zérarka i 



\ Hénia 

I Chabet Ikhelef \ 

1 Sidi Ali Moussa f 

1 Senadkias i '^"^ 

( Thabboiirtli (la purlej. .... 

ibu des iKtzLlouN 3,-145 




ÉT.\T STATISTIQUE DE LA POPULATION. 



34o 



TbIBU DBS AÏT KHALFOUN. 



Villages et toufiks. 



Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 



Imoiithas. 



Immouthas 

Tizi-n-Tefsa 

Alt Ahed 

Alt Kassi 

Ait Bel Kassem ou Aïssa 

Ant'assen 

Alt Yahia 

Barkat 

Alt Boukhedimi 

AïtTaâlla 



\ 



842 



Aït Ali 



/ Ait Braham \ 

\ Zaouia Takedimt (rancienne Za- ( 

ouia) { 

Aït Ali ^ 



( 



842 



Agouilal. . . 
Imakiioukheu 
Ait Brahim . 
Ait ou Naçeur 

Amara .( AU ou Çalah. 

Aït Hamich . 



930 



Irezzouguen (les descendants de 

Rezzoug) 

Ait bou Doukhan 



lliazzamen (les sorciers) . 



Ihazzamen. . 
Aït Aïssa . . 
AïtSidiAmeur. 
Aït bou Rebach 



683 



Ait Enzar 



/ Aï Sidi el-Mahdi 

Ait el-Hadj Ali 

Ait Sidi Abd el-Aziz 

Taliouin (les fontaines) 

Djibeur 

Aït Tizi ^les gens du col). . . . 

Ait el-Aç 

Ait Ammara 

Aguergour 

Tala Our'anim (la fontaine du ro- 
seau) 



1,092 



Population de la tribu des AïtKhalpoun 



4,389 



346 



LA RVBYIJE. 



Confédération des Iflissen Oum-el-Lil. 

Deux iribiis : Imzalen, Imkiren, font partie du cercle de Drâ-el-Mizan. 



Tribu des Imzalen. 

Hameaux et villages composant les touflks. Habitants. 



Villages et touflks. 

/ Ait Ter'erbith (}es enfants de la 

\ femme de Fouest) 

Tala Yâla (la fontaine de Yâia).w i^jj^^^jjjjg (,g ,,,„yère) 

( Ameddah (le chanteur, le poète) . 
Bon Taka ou Bou Tebena (Fendroit 
du genévrier ou de la paille). . 

IhatValen 

Izerrouken I Tala ou Ameur (la fontaine 

(les descendants de Zerrouk).) d' Ameur) 

Tamellalth (rœuf) 

ïizl-n-Tedoukkarth (le col du ca- 

prlfiguier) 

Sennana 

Ait Itchir 

Bou Taka (l'endroit du genévrier) 

/ Ichekeren \ 

, . . \ lâoumaren (les descendants d'Aou- f 

Ichekeren s ^. i 

à mar). y 

I 1i.f rtwvkrvkmiw ' 



Mammeur 



916 



527 



619 
846 
218 



906 



Total 4,032 



Villages et tuuUks. 



Tafour'alt 



Taka (le genévrier) 



Tala Aziz 



Tribu des Imkiren. 



i 



751 



Hameaux et villages composant les touûks. Habitants. 

Tafour'alt 

Ait Oumezzian (les enfants d'Amez- 
zian) 

Imezzouren (les coupeurs de route) . 

/ Taka . 

\ Ait Ali 

Agaoua 

EMIammam. ) 

Ir'ilbouAlid ) 

Takidhount S 



965 



467 



A reporter. 



2,183 



ETA T STATISTIQUE 
viirages et louHlis. Hameaux e 

/ AU Ml 

AU Moliumnied ou Saïd \, Tar'ar 

(les eoraots de Molianained ' Tir'ilt 

dis de Said). j du 

Imehaoden (descendants de McliaDd). 

I Si bou 
Ait Taleb ou Bel Kassem \ Ibahai 

( Ait Al 

AU hieisaoud ou Aïssa 

IroelikcheD 



PopiilatioD de la eonrédéralion des Ifli 
de Drd-el-niizan 



RÉCAPIT 

Coofédération des AU Sedka 

ConfédératioD des Igouchdhal .... 
Partie de la tribu des Aît-cl-A/ii;. , . 

Tribu des Harchaoïia 

Tribu des Ineziîoun 

Tribu des Ablan 

Tribu des Ait-KhaKoun 

Partie de la confédération des Iflissen 
Population du Cercle uë 



L\ KABYI.IE. 



CERCLE DE DELLYS. 



'ÉDÉRATION DBS ULISSEN EL-LkBAUAB. 

is : Ait Zuuaou , Aft Alhmed , Aïi Zerara , Tifra. 



Tribu des AÏt Zouaou. 

Hameaui el villages i-oni|i. 



ites appelées OK//i»t£u/| 

vous) 

noelon) 

I (la montagne des Aïl lliiroim) . 



!te de la hotte) . 

^ Taoi 

^ ïasirra (le rocher] . 



; Issenadjen. , 

;rs). . . .] Babcd-nar(aco6c ; laporte de la [ 

( maison) 

I (le wjI de l'olivier} 



TniBu Dts Ait Aïii.hed. 

;hamp de SalemI 

A reporter , . 



ETAT STATISTIQUE DE LA POPULO 

Villages et touDka. 

Report. . . 

Bou Kellal [lii fabrique de pots h huile) 

Takbkhamt el-Lilam (la maisonnette de la bannière) . 

Ir'il Irta (la crêie de l'os) 

Ach Ouralhou (le nid du Taucon) 

OiiâDeDDas 

Icberkiin (les orientaux) 

Ibaddaden (les TorgeroDS) 

Aït Si Ali (les enfants de Si AU) 

Ait Yasine 

Total. . . 



Tribu des Ait Zebara. 
VilliRca et touflks. 
Tigiiert-en-Tala (le petit champ de la fontaine) . . . . 

Tizi-n-Temellelt (le col de la terre blanche) 

Ifalkan (les faucons} 

Iguer Ençer (le cbarop de Naçenr) 

Ait Yousef (les Bis de Joseph) 

Iknache (les mesures) 

Tala-n-Cbebaha (la fontaine oii l'on satisfait sa soif). . 

Taourirt Arbâcb 

Taguersift 

Taksebt (la Kasba) 

Ir'il Aaiflur (la crête d'Ametir) 

lalfan 

Total. . 

Tribu de Tifra. 

Villages Gl (ouflka. 

Taguemmount (le petit mamelOD) 

Tensa (le lieu encaissé) 

Timedoucht (la petite cuvette) 

Azra 

Total. . 

Population de la confédération des Iflissem el-Leb> 



LA KABYLIE. 



CONFÉUÉRATION DES AlT OcAGnBNXOUN. 



ibus: Atoucb, Alt Sidi Hamza, Aït Saïd, lâskaren, AU Mesellem, IsU- 
teo, Cheurfa. 



Tribu d'Atouch. 



Hibilanls. 
165 



iken (les desceDdantsdeZerrouk) II6 

n (les éboulements) 122 

a-el-Loueb (la petite crête de la trappe) 119 

iDen (les enfants d'Alisen] 1 13 

namÎD (les petites mares). 113 

Bouaklan (le plateau des nègres) 175 

liera. 113 

rt (mauvais terrain pierreux ou le Oguier appelé Tazerarl). . 184 

abaou 56 

es lauriers-roses) 113 

Bouar 142 

es 100 

(le petit azih) 77 

lin (les petits jardins) 106 

a (les descendants d'Azâîcb ou les figuiers appelés J^alch). 147 

izen 84 

Total 2,134 



Tbibu des Ait Sidi Hamza (les enTants de Sidi Hamza). 

Ter'erast(la fontaine de la ruche). . . . 

la 

art (le ressaut de terrain) 

le rocher) ..... 

a . 

la 

Total 



ETAT STATISTIQUE DE L\ POPULATION. 



351 



Tribu des Ait Saïd (les enfants de Saïd). 

villages et touGks. Habitants. 

Merabtin Semr'oun 81 

Akbendouk' (rencaissement) 59 

Tamazirt ou Rabah (le champ de Rabah) 136 

Tizi-em-bou Ali (le col du fils d'Ali) 65 

Tibechcharin (les pourboires) 117 

Tala Mimoun (la fontaine de Mimoun) 117 

Alt Iften (les enfants d'Iften) 56 

Semr'oun 166 

Azrouil (plante) 143 

Tarsift (la pierre plate) 145 

Mayach • I58 

Total 1,243 

9 

Tbibij des Iaskeren. 

Villages et touUks. Habitants. 

Ichtouanen (les descendants de Chatouan) 149 

lafadjen 80 

Ait Ameur ou Moussa (les enfants d'Ameur fils de Moussa) 165 

Aït Hamadouch 121 

Total 515 

Tribu des Ait Mesellem. 

Villages et loullks. Habitants. 

Takhkhamt-n-el-Djir (la maisonnette de la chaux) 145 

Ir'zer-n-Egna 179 

Tisegouin (les champs en pente) 175 

Taribant (le myrte) 217 

El-Mâden (la mine) 109 

Ibakouken 128 

Tigounathin (les petits plateaux) 91 

Aoulaïn' 131 

Total 1,175 



352 



LA KABYLIE. 



Tribu des Istitf.n. 

Villages el louGks. Habitants. 

Istiten 327 

Tanrihist 60 

Icbikar 71 

Agouni Hammich (le plateau de Hammicb) 92 

Total 560 

Taibu des Cheubfa. 

Villages et toufiks. Habitants. 

Cheurfa 106 

Azaïb 130 

Tikioucht (le petit piton) 39 

Mazer 37 

Rebodb (le lieu où se réunissaient les champions de la guerre sainte). 16 

Tala-n-Teslhan (la fontaine des vaches) 26 

Ait Ouri 20 

Total 374 

Population de la confédération des Ait Ouaguennoun : 6,522 habitants. 



Tribu bes Ait Slegguem. 

Villages et touflks. Habitants. 

Aâfir Oukoufi (le retranchement de TAkoufi) 154 

Tala Ajous (la fontaine de l'escargot) 88 

Tadjenant (la treille) 59 

Toumdjadj 47 

Abada 157 

Aima Bouaman (la prairie de Teau) 80 

Rennout 43 

Tasirra (le rocher) 56 

Tadbount (la réunion des fossés pour Técoudement des eaut) .... 63 

Méchcbouka * 13^; 

Tala Aggach 150 

Arbiâï 67 

Azib 77 

Chaîna 52 

A reporter 1,225 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 353 

Villages et touflks. Habitants. 

Report • • • 1,225 

BouMati 15e 

AU bel Hizem 112 

Bechali 23 

Ifedjdan 22 

Azib et-Tolba (Pazib des Tolba) 18 

Population de la tribu des Ait Slegoubm 1,55e 

Tbibu des Brni Thour. 

Villages et touaks. Habitants. 

Dar Rabah (la maison de Rabab) 139 

Ech-Chegga 97 

Tizer'ouin (les maisons) 29t 

Azrou-n-Aît Saber (le rocher des Ait Saber) 189 

Azrou (le rocher) 69 

Le Brarat (les plaines) 327 

Aït el-Majonb 16S 

BenAmara 172 

Bou K'enach 52 

Sidi Yahia 64 

Cheurgnia 216 

Bou-Harcbaou 139 

Bou-Ament 143 

Bent Echcharef 39Î 

OuledHamidan 311 

Cherarda 428 

Eç-Çibi 189 

Oulad Kheddacha 162 

Si Abdallah ou Moussa 116 

Ben Nechoud 113 

Touabet 575 

Tala bou Aklan (la fontaine des nègres) 56 

Açouaf 54 

Takedemt 402 

Population de la tribu des Béni Thoub 4,850 

Trtbc de Tàocboà (lourgioun). 
Villages et toufiks. Hameaux et vUlages composant les toufiks. Habitants. 

Béni Attar (les fils du parfumeur) 278 

r El-Keçâa 64 

Taourga (la fourmilière) . . .] El-Oukalla 432 

( Aâfir (le retranchement) 196 

A reporter 970 

I. 23 



354 LA KABTLIE. 

Villages et toufiks. Habitants. 

Report 970 

Ouhabachou 2S4 

Amazzeur 75 

Tazrout (le petit rocher) 148 

El-R'edaïr 66 

Dâr el-Bidlia (la maison blanche) 289 

Bar'lia 363 

Population de la tribu de Tàourgâ 2,14S 



Tribu des Isser ed-Djedian. 



Villages et touaks. Habitants. 

Lamer'na 89 

Esmachia. . . 124 

Ouled Taleb 141 

OuledRached 127 

Milidj 109 

Oiilcd bel Kassem ou Ali 118 

Bechchar 128 

El-R'erraf. 80 

Tafour'alt SS 

Igoulfan (les essaims) 132 

Tala bon Ameur (la fontaine du fils d*Ameur) 161 

El-Hamrouni 47 

Haouch Mahmoud 38 

Ouled Abdallah 18i 

Azib-en-TakIits (l*azib de la négresse) 10 

Aguebet ed-Djemel (la montée des chameaux) 86 

Ouled Sidi Amari 60 

Ouled bel Arbi 18 

Ouled Beridj (Rezouan) •". 194 

El-Aziba 128 

Haouch bou Derba 12 

Chaïba 34 

Massoum 24 

El-Anatra 114 

Ouladbel-Aïd 59 

Lalla Aouda 48 

Ouled Si Djelilali 45 

Ouled Embarek 120 

A reporter 2,485 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 355 

Villages et toufiks. Habitants. 

Report 2,485 

Ouled Si el-Mokdad 51 

Ouled Mohammed 220 

El-Kouanin 380 

Maharchia 83 

Haouch Salem 111 

Population de la tribu des IssER ed-Djedian 3,380 



Tribu des Isseb Ouled Smib. 

Villages et toufiks. Habitants. 

Ouled Ali 274 

Haouch-en-Nekbel (la ferme des palmiers) 91 

Zerark'a 88 

Ouled ben Ali 134 

Taoura 151 

Ouled Sidi MahToud 54 

El-R'erraf 88 

Haouch ben Ouali 117 

Ouled R'cnem 47 

El-Mekhakhcha 53 

Ouled Sidi Senoussi 91 

Haouch Badhi 63 

El-H'amadna 110 

Ed-Djennad 188 

Amazzeur 137 

Ouled el-Arbâ 35 

Ouled ben Noua 94 

Ouled Nebri 36 

Bensari 38 

Kouria 10 

Haouch bel-Kheir 23 

Aîn el-Âmhra 136 

Ahelel-Oued 192 

Ouled Stiti 93 

Haouch Chérif 70 

El-Ardja 178 

Haouch el-Oudjani 70 

Abd el-Ouiret 561 

Ouled Siderrock 28 

Douia-en-Nouaceur 57 

A reporter 3,002 



856 LA KABYLIE. 

VUlages et toufllui. Habitants. 

Report 8,002 

Oulcd bou Rahla 47 

DarMendil 119 

Haouch el-Cald Soflani 74 

Ouled Si el-Arbi 83 

Ouied Hamouda 69 

Population de la tribu des IssEB OcLED Smib 8,844 



Tbibd des Issbb el-Ouidan. 



VUlages et touflks. 

Mandoura • 




Habitants. 
118 


Bou Cara el*Rebir 




19 


• 

Bou Cara el-Cer'ir 




: 91 


Chouïcha (abandonné) .... 




» 


Drâa-en-Nesissa 




.... 113 


Guellal 




42 


Ben Scl)â 




21 


Ben Séria 




71 


Ouled Abdallah 




S2 


Zenimouri 




54 


Ouled el-Arbi 




27 


Aïn el-Kereni 




82 


Decheret Ali 




71 


Mâouïa 




107 


Moudrabin 




24 


Ouled Allai 




71 


BeniKehthir 




101 


El-Rouès 




63 


Ouled Zian 




162 


Bou Ghetta (abandonné) . . . . 




» 


Ben Gastalo 




59 


Ben Hanunouda 




61 


Ben Delhoum 




33 


Ben Bâta 




72 


Ben Tarzi 




2o4 


Oïded Ëmbarek 




76 


Ali ben Baïou 




27 


Ouled Mançour 




19 


Lefisata 




157 


■^*'oo***" 


A reporter. . • 






2 022 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 357 

Villages et touflks. Habitants. 

Report 2,022 

Rafâï 31 

Bou Ameur 122 

Population de la tribu des IssEB EL-OoiDÀN 2J75 



Tribu des Isssb Dbouà. 

Villages et touflks. Habitants. 

Ouledben ChabaD 225 

Ben Arous 149 

Ouled Bouçada 81 

Aïssa ben AU 57 

Ouled Smir 44 

Ouled Amer 64 

El-R'eïcha 152 

Kara Ahmed 73 

El-Guenanna 196 

Ouled Rah'moun 195 

Bach Assas 64 

Ouled Bakhti 96 

Ouled Amara 20 

Ouled Saâfa 142 

Ouled Khelif 201 

Ouled Debbou 178 

Ouled Aïssa 245 

Djerabat 134 

Thak'erbouzt (Gribissa) 49 

Ben Bakhti 88 

Ouled Guesmir 188 

Ouled Rabah 195 

Chouabet 125 

El-Guechala 190 

Haouch Sebéah 83 

Ben Açoul 115 

Onled Ahmed ben Aïssa 106 

El-Melâab 40 

Haouch Abd-el-Hak 54 

Brahim bel-Hadj 34 

Haouch ben Maïch 93 

Haouch ben Taiëb 185 

Haouch ben Teldja 160 

A reporter 4,041 



358 LA KABYLIE. 

Villages et toufiks. Habitants. 

Report 4,041 

Haouch bcn Delala 24 

El-Relâa 70 

Abd el-Zaïd 5« 

Bon Guecbtouli 25 

Leggata 62 

Ouled bou Ami 20 

ÎBouAîdel 131 

Tala-em-Mahdi 248 

BouSmaîl 137 

Population de la tribu des IssER Dboua 4,790 

Tbibu des Zemodl. 

VUlages et louflks. Habitants. 

Amnaïl 458 

Ouied Moussa (abandonné) » 

Terfa-el-Tah'ata 86 

Abid 212 

Terfa el-Fouaga 118 

Population de la tribu des Zbmoul 874 

Tbibu db Sébaod el-Kedim. 

Tonfik. Habitants. 

Sébaou el-Redim 387 

Confédération des Ifussbn Oum-bl-Iil. 

Douze tribus : Ait Amran, Ait Bourouba, Irâfan, Ir'emrasen, AU Mekia, 
Ibouâzzounen , Arch Alemmas, AU ChiUnoun, Ait Chennacha, Ait Yahla ou 
Moussa, Iltaïen, AU Arif. 



Tribu des Ait Amran (les fils d'Amran). 

Villages et touOks. Habitants. 

AU Mohammed ou Saïd (les enfants de Mohammed fils de Saîd) ... 63 

Tigounathin (les petits plateaux) 215 

ibouziden (les descendants de Bouzid) 92 

Aït Aleggan (les fils d'Aleggan) 138 

A reporter 508 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 859 

villages et touflks. Hameaux et Tillages composant les louflks. HabltaDts. 

Report 608 

Azib-en-Zamouro ( ^^J ' * le*,.,l Vi *#'.'•" *j " i' ) 

a'azib de Zamoum). | ^'^^016^ ) 

Aïâch 24 

Mer'anim 62 

AUAmran 85 

Total 853 

Tribu des Ait Bourodba. 

Villages et touûks. HabitanU. 

Ait Mohammed (les fils de Mohammed) 148 

Igariden 129 

AU bel-Khettab 72 

Ait Chaouch (les enfants du Chaoueh) 70 

Aït el-Hamrl 89 

Alt Saïd (les enfanls de Saïd) 53 

Aït Sliman ou Ameur (les enfants de Sliman fils d*Ameur) 70 

Aït Ameur (les fils d* Ameur) 33 

Aït Ougouni (les gens du plateau) 75 

AïtEl-Hadj 111 

Zcrâa 32 

Takhilouant (le sureau ou le ricin) 69 

Total. . 951 

Tribu des Irafàn. 

VUlages et touGks. Habitants. 

Azrou (le rocher) 212 

Rechdi 204 

Ihaddaden (les forgerons) 237 

Ammouch 105 

Ir'lr 63 

Aït Sidi Ameur (les enfants de Sidi Ameur) 67 

Aït Abbad (les enfants d'Abbad) 150 

AMr Irâfan (le retranchement des Irâfan) 160 

Ir'zer Gounès (le ruisseau de /ou7i^«, « Jonas 9 ) 237 

Toursal 75 

DJelouha 82 

Bider 160 

Oumsaden 143 

Bou Misra 76 

Cbelout 219 

Total 2,190 






360 LÀ KABYLIE. 



Tbibu des Ib'embasen. 

Villages et touflks. HabitanU. 

Aâfir (le retranchement) 116 

AU Ouaouali (les enfants du fils du saint) 35 

Idjadhidhen 77 

Chelala 57 

Ait Ahmed 67 

Ir'a Medjout 51 

Total 403 



Tbibu des Ajt Mekla. 

Villages et touBks. Hameaux et villages composant les loufiks. Habitants. 

lâzzouzen ( Ir'il Nekaouch ) «^ 

(les descendants d*Azzouz).( Tir'ilt Nath Mohand ou £1-Hadj. 
..... [ Izitounen (les descendants du Zi- 

(les descendants de TAkkach).; ,, , , 

^ ^ f Ikhedachen 

louennour'en ( r r hh ) 

(les descendants de l'Ouen-J .-, Jf ., > 230 

^ ,., j Alt Bouider S 

noiuri). r ^ 

( Lemçella 



140 



!L.emçeua \ 
Ibelaïden (les descendants de Bel- ( 
Aid). y 

Taksebt (la Kasba) ) 

Alt Ahmed (enf.ints d'Ahmed) 135 

Atsafath 174 

Alt Abdallah ou Ali (enfants d'Abdullah fils d'Ali) 105 

Total 1,322 

Tbibu des Ibouazzounbn. 

Villages et touflks. Hameaux et villages composant les touûks. Habitants. 

, . , , ( Ichalalen ) 

icnaïaien ^ au Abdallah (les enfants d'Abdal- ( 216 

(les descendants de Chalal). ) . . v ( 

.-^ « „., ( AUBellil ) .^c 

Alt Bellil. î , I j . s 165 

( Imkidehen ) 

Aâfir (le retranchement) . . . \ ^^^^ ' ; l 166 

( Imerrach ) 

A reporter *. . . 547 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 361 

Villages et touflks. Habitants. 

Report 647 

OuledZiian 226 

Azeraraten 180 

TotaL . . . 958 

Tbibu d*Abch Albmmàs (la tribu du milieu). 

Villages et toufllcs. Habitants. 

Ibouharen 170 

Ait Selimau (les enfants de Seliman) 207 

IhaminadeD (les enfants de Hammad) 133 

louriachen 190 

Total 700 

Tbibu des Ait Chilmoun. 

Villages et toufiks. Habitants. 

Ir'il-n-Aît Yabia ou Ali (la crête des Aït Yahia ou Ali) 206 

Yannau 273 

Mekara 227 

Total 706 



Tbibu des Aît Chennacha. 

Villages et touflks. Habitants. 

AâGr (le retranchement) 13ô 

Tizi Bouadbou (le col du vent) 46 

Tala Our'anim (la fontaine du roseau) 43 

Aît Ilammou (les enfants de Hammou) 145 

Tadmaît (le palmier nain) 162 

Bou Arous 36 

Bou Kerram 43 

Bou Aïssi 24 

Total 634 

Tbibu dbs Ait Yahia ou Moussa (les enfants de Jean fils de Moïse). 

Villages et touflks. Habitants. 

AU At'alla (les enfants d'Afalli) 132 

Tala-n-Errabeth 109 

Azib-en-Tifaou 265 

Taddart-n-Eddjamâ (le village de la mosquée) 165 

lâllalen (les enfants d'Allal) 182 

Aït Tsarik 211 

Aït Seliman (les enfants de Seliman) 210 

A reporter 1,274 



362 LA KABYLIE. 

Villages et touflks. HablUnts. 

Report 1,274 

Aâfir (le retraochement) 214 

Tachalalt 94 

Tasguedelt (la paraëe) 205 

HalU 112 

ImeksaDen 75 

Zaouiat Berrou 125 

laîçiten 255 

Imoulek 197 

Total 2,551 



Tbibu des Iltàïen. 

Villages et touflks. Hameaux et villages composant les toufiks. Habitants. 

Ait Yahia (les enfants de Jean) ... 231 

Alt Khercha \ Aâfir (le retranchement) 342 

Aït Boiiadif 277 

Ait Ouarezdin 475 

Alt Ouarezdin { Ait Marner (les enfants de Marner). . 268 

Ikherbouchen 237 

Aït Irll (les gens de la crête) . . 

lacherithen 

Ihaïdousen { Tir'ilt bou Mâouch 

Aït Ahmed 

Aït Abdallah 

Tiâouinin (les petites fontaines) . 

Ir'erbien 

Azib Ir'erbien (l'azib desir'erbien) . 
Ir'erbien (les occidentaux). . { Aâfir Ir'erbien (le retranchement > 386 

des Ir'erbien) 

Ihaddaden (les forgerons) .... 
Aït Saâda (les enfants de Saâda) 859 

Total 4,048 



ÉTAT STATISTIQUE DE LA POPULATION. 363 



Tribu des Ait Abif. 

Toufik. Hameaux et villages composant le touflk. Habitants. 

AïtArif 

Izerrouden 

A!t Arif } ^^^^^^ ('^ simples d'esprit) . . 

Izannouten l 1»267 

El-Menacera 

Iberkanen (les noirs) 



Total 1,267 

Population de la confédération des Iflissen Oum-el-Lil : 16,578 habitants. 

RÉCAPITULATION. 

Confédération des Iflissen el-Lebabar 3,901 

Confédération des Ait Ouaguennoun 6,522 

Tribu des Ait Slegguem 1,550 

Tribu des Béni Thour 4,850 

Tribu de Taourga 2,145 

Tribu des Isser ed-Djedian 3,330 

Tribu des Isser Ouled Smir 3,344 

Tribu des Isser el-Ouidan 2,175 

Tribu des Isser Drouâ 4,790 

Tribu des Zemoul 874 

Tribu de Sébaou el-Kedim 387 

Confédération des Iflissen Oum el-Lil 16,578 

Population du Cercle de Dellys 50,446 



CIRCONSCRIPTIONS ADMINISTRATIVES DE LA KABYLIE 
d'après le dénombrement 









9M 


3i 


5.901 

i.eta 


3W 


^.m 

3.133 




3.»3 






10,513 


» 


1.386 


10 


B.SIO 


«88 


I0.4ït 












COMMUNES 


"-"•"■" 


)8.S90 




m 


• 


18. HG 


118 


«„ 


Benl-Mansour 


I9.SI8 




17. 




la.KW 


« 


19,818 


Pslesiro 

ToUu« 


H.ioa 




*H 




W.SU 


IM 


41.169 


89.007 




1.419 


i 


91.8TO 


» 


89 WT 












RÉCAPITU- 


































Communes mixlcs. 
Tolaui pour r»r 


88.aoi 








S7.S70 


316 


89.an 


















too.iw 


S9 


t. M» 


tl 


SB. 380 


804 


100.031 



365 



ET STATISTIQUE DE LA POPUUTION PAR COMMUNES 



quinquennal de 1 89 1 . 





" 


CIRCONSCRIPTIONS 












JUDICIAIRIS. 










H 




CUOOMSClUPTIOns 


DATE 












âaotoctlM. 


deUeréfttlon 


OBSERVA- 




S S 1 

M S 

a. «s 

B 
W 


Tribananz 
de 


JlUtlM* 

de 
paix. 


(Coiueil gteénl.) 


«M 

coounviMt. 


TIONS. 




D'ALGE 


R. 










PILiKIN EXERCICE. 








43.186 


Alger etxBouIra et Drâ- 












Tizi-Ouzou. El-Mizan 


XXVIII. Bouîra 


D. 9 avril 1879. 






4.990 


Alger 


Palestre 


XIII. BordJ-Ménaîel. 


D. S5 janvier 1879. 






i8.116 




fVTIXTKS. 








95.005 \ 1 

/Alger < 

9i.635 \i i 


Aln-Bessem et 

1 Bouîra 

|Boo7ra 


1 < 

xxviu. Bouîra ^ 

XIII. Bordj -Ménaîel. 


r 

|a.G. 17 février 1879. 
Ia.G. 1«» déc. 1880. 

A.G. S6 déc. 187i. 






67.365 . 


1 1 


.Palestro 




255.005 




LA-TION. 
■ 








iS.liO 










t55.095 








t 


S73.il 1 









366 



CIRCONSCRIPTIONS ADMINISTRATIVES DE LA KABYLIE 

d'après le dénombrement 



COMMUNES. 



Boi»^cré 



BordJ-Ménalel. 

Dellys 

Dra-El-Mizan.. 
Fort-National . 
HaussoDviller. 

Isserville 

Mékla 

Mirabeau 

Rébeval 

Tizi-Ouzou 

Tizi-Reniff .... 



Totaux. 



POPULATION 



TOTALE. 




POPULATION MUNICIPALE. 



a 

I 

1 



g 



â 






. 



1 
1 


.D 


î 


!^ 




C» 




ARRONDISSEMENT 

com:m:xjn'B3S i>b3 



7.408 

14 433 

13.104 
4.185 
9.434 

13.«77 
7.i00 
7.800 
5.013 
4.711 

36.007 
4.384 



117.554 



» 

60 
30 

39 



34 

1 
137 




374 

393 

1.074 
571 
395 
511 
434 
150 
136 
316 

1.041 
150 



76 



1 

18 



103 



7.113 

13.883 

11.603 
3.531 
9.117 

lft.9S4 
6.736 
7.350 
5.436 
4.413 

34.650 
4.334 



111.113 



31 

356 

303 

65 

33 

53 
50 

> 

15 

83 

171 

5 



7.406 

14.433 

13.044 
4.165 
9.434 

13.548 
7.300 
7.500 
5.588 
4.710 

35.88d 
4.384 



943 117.393 



Azeffoun 
Dellys.... 



Djurjura 

Drâ-el-Mizan. 

Fort-National. 



Haut-Sebaou 



Totaux. 



COMMiXJNBJS 



39.853 
33.635 



59.1 
4i.0H 

f(3.804 

41.045 
358.189 



37 
36 



73 



369 
97 

100 
363 

115 



34 



13 



1.613 



37 



39.358 
33.533 

69.700 
41.571 

53.643 



40.431 



101 
6 

13 
71 

10 



39 



356.337 



340 



39.853 
33.635 

59.832 
43.004 

53.768 



41.045 



358.116 



RECA.r»IXXJ- 



Communes de plein 

exercice 

Communes mixtes. 

Totaux pour Tar- 
rondisdement.... 



117.554 
358.189 



375.743 



361 

73 


5.135 
1.613 


103 
37 


334 


6.747 


140 



111.113 
356.337 



367.310 



943 
340 



1.183 



117.393 
358.116 



375.409 



ET STATISTIQUE DE LA. POPULATION PAR CCMMUNES 

quinquennal de 1891 



367 



H 

mm 

ta. 
18 
M 



CIRCONSCRIPTIONS 

JGDiaAIRES. 



Tribnnftox 



JaatloM 
paix. 



CIRCONSCRIPnO!(8 
Alaotonlai. 



DATE 
de 1» création 

dM 



DE TIZIOUZOU. 
PLKIN B3XKRCICK. 

i0.40e \ iDellysetBordJ- 

Ménaîel 

BordJ-Méuaïel . 

Dellys 

Dra-El-Mizan... 
Fort-National.. 



17.4A5 

14.438 

7.963 

3.688 

19.919 

is.a» 

4.896 
5.747 
7.it5 
17.187 
8.716 



^Tizi-Ouzou.i 



Bordj-Hénalel. 

Fort-Nalional.. 

Tizi-Ouzou 

Dellys 

Tizi-Ouzou 

DrA-El-Mizan... 



XII. Dellys 

XIII. Bordj-Ménaîel.. 

XII. Deliys 

XIU. Bordj-Ménalel.. 

XXVn. Ti^i-Ouzou 

XIII. Bordj-Ménaîel.. 
XIII. Bordj-Méniael.. 



XXVII. Tizi-Ouzou. 



XII. 
XXVII. 
Xlll. 



Dellys. 

Tizi-Ouzou 

Bord j-Ménalel. . 



D. du t3 juillet 1875. 
A.P^ 18 nOT. 1870. 
D. 31 déc. 1856. 
D. 17 sept 1873. 
D. 11 sept 1873. 
D. 17 avril 188«. 
D. 90 déc. 1880. 
D. 98 février 1887. 
D. 94 février 1888. 
D. 17 avril 1884. 
D. 11 sept. 1873. 
D. 6 novembre 1885. 



MIXTKS. 

51.153 
99.393 



XXVII. Tizi-Ouzou 



,Port-Gueydon.. 
1 Dellys et Tizi- 

1 Ouzou 

93.704 1 IMichelet 

59.968 r jDrâEl-Mizan et 

Tizi-Ouzou.rT.i^j.<)^ou.... 
30.051 I iFort- National, \ 

f Tizi-Ouzou ctf 
Michelet >XXVII. Tizi-Ouzou 



XII.DeUys 

XVII. Tizi-Ouzou 

XIU. Bordj-Ménaîel.. 




lAzazga 



f 



A.G. 95 aoOt 1880. 

A.G. 15 déc. 1875. 
A.G. 95 août 1880. 

A.G. 94 janvier 1874. 
A.G. 95 août 1880. 



OBSERVA- 
TIONS. 




UATION. 

118.151 
938.689 

356.833 



368 



CIRCONSCRIPTIONS ADMINISTRATIVES DE LA KABYLIE 



d'après le dénombrement 



COMMUNES. 



Akbou 

Bougie 

El-Kseor 

Oued-Amizour. 



ToUox. 



POPULATION 
TOTALE. 



fi "S"» 



POPULATION MUNIQPALE. 



o 




ARRONDISSEMENT 



com:m:xjnks i>b: 



i.aot 

49.381 

903 

1.936 



16.613 



8 


6i3 


• 


155 


3.933 


336 


• 


307 


39 


» 


970 


13 


163 


3.439 


381 









605 
8.580 

588 
1.600 



11.373 



67 

1.0T7 

66 

53 



1.963 



1.9M 

19.996 

993 

1.996 



16.449 



Akbou 

Soummam. 



Totaux. 



OOBlMiXJNKS 



61.165 
90.996 



159.161 



• 


961 


4 


10 


917 


95 


10 


478 


99 



60.881 
90.664 



151.545 



19 
80 



99 



61.165 
90.986 



159.151 



REOA.PITXJ- 



Communes de pleiu 

exercice 

Communes mixtes. 

Totaux pour l'ar- 
rondissement.... 



[L 



16.619 
159.161 



168.773 



163 
10 



173 



3.439 
478 



3.910 



381 
99 



410 



11.373 
151.545 



169.918 



1.963 
99 



1.369 



16.449 
159.151 



168.600 



ET STATISTIQUE DE LA POPULATION PAR CO>LMUNES. 



369 



quinquennal de 1891 



(4 



:is 



M 

D 
«0 



CIRCONSCRIPTIONS 

JUDICIAIRES. 



TrnmnMuc 
1** instuuM. 



JustlMa 
paix. 



CIRCO:<SCRIPTIO?iS 
ilectonlet. 

(CoDMil f énénl.) 



DATB 
de U eréfttlon 



cummanca. 



OBSERVA- 
TIONS. 



DE BOUGIE. 



PLEIN sxercice:. 



8.860 
5.679 
4.S95 

5.748 



^Bougie.., 



[Akbou... 
Isougie . . 

El-Kseur 



XXIX. Akbou D. 90 mars 4883. 

D. 17 Juin 185i. 
XXVn. Bougie <D. l«'décemb. 1879. 

D. <8 juillet i878. 




M:IXTB38. 



iOS.190 
li3.850 



I 



Bougie.. 




XXIX. Akbou. 



|a.G. !•' déc 1880. 
/A.G. 5 mars 1888. 




JL.ATION. 



Si.88i 

918.740 



MS.ati 



24 



370 



L.\ KABYLIE. 



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RACES. 371 



RACES. 



La irès grande majorité des populations de la Kabylie du Jur- 
jnra appartient incontestablement à la race Berbère, c'est-à-dire 
à cette race d'hommes qui, depuis les temps anté-bistoriques, 
occupe le nord de l'Afrique depuis TÉgypte jusqu'à FAtlantique. 

Quelle est cette race? D'où vient-elle? A quel rameau de la fa- 
mille humaine doit-on la rattacher? Quel est enfin son nom vé- 
ritable, puisqu'il est à peu près démontré que celui qu'on lui 
donne n'est qu'un sobriquet dédaigneux, employé d'abord par 
les Grecs, papêapoi, et plus tard par les Romains, Barbari? 

Toutes ces questions ont été Tobjet de discussions déjà nom- 
breuses, mais qui n'ont, il faut bien le reconnaître , que très im- 
parfaitement dissipé l'obscurité qui les couvre. 

N'^ayant pas de lumières nouvelles à apporter dans la discus- 
sion , nous accepterons les faits tels qu'ils existent dans l'état ac- 
tuel des connaissances ethnographiques. 

Nous avons dit que la plus grande partie des habitants de la 
Kabylie appartient» sans contredit, à la race berbère; mais il est 
non moins certain que cette population a dû subir de nombreux 
mélanges. Chercher à démêler les éléments et à fixer les propor- 
tions de ces mélanges serait entreprendre une tâche impossible. 
En France et dans toutes les parties de l'Europe qui, de même 
que le nord de l'Afrique , ont subi de nombreuses invasions et où 
des peuples de races diverses se sont entrechoqués , le problème 
est insoluble; à plus forte raison ne doit-on pas espérer le résou- 
dre dans un pays où les documents historiques font défaut d'une 
manière à peu près absolue. 

Tout ce qu'il est permis de se proposer est la recherche des 
causes probables de ces mélanges. 



372 LA KABYLIE. 

Sans remonter au delà de Tère chrétienne , il en est plusieurs 
que Ton peut signaler et qui ont dû agir activement. 

Les débris des colonies grecques et romaines ont fourni sans, 
doute un large contingent à ces mélanges de races. On peut bien 
admettre que les familles riches , fuyant devant les invasions , aien t 
cherché un refuge en Italie et dans le reste de FEurope; mais la 
masse du peuple, les pauvres, les esclaves, les serfs de la glèbe, 
tous les déshérités de la société antique, sont nécessairement 
restés dans le pays. Eussent-ils voulu émigrer, que les moyens, 
leur auraient manqué ; et, d ailleurs, pourquoi Tauraient-ils vou- 
lu, puisqu'un changement de maîtres ne pouvait aggraver leur 
position et leur offrait au contraire des chances de l'améliorer? 

Les persécutions religieuses contre les ariens et les donatistes , 
qui préparèrent si efficacement Tavénement de Tislamisme , du- 
rent avoir aussi une part considérable dans ce résultat. En effet ^ 
il n'est pas à supposer que les victimes se soient décidées à s expa- 
trier pour aller se remettre volontairement sous le joug de leurs, 
persécuteurs, lorsque les conquérants leur offraient toute liberté 
pour leurs croyances, moyennant une simple augmentation d'im- 
pôt, et même l'égalité absolue avec eux, à la condition d'em- 
brasser l'islamisme. 

La décadence si rapide du christianisme , suivie bientôt de sai 
disparition complète , indique assez que les indigènes ne se con- 
vertirent pas seuls à la religion nouvelle. Dès le xui" siècle, il 
n'est plus question de chrétiens en Afrique ; on ne parle que de 
musulmans berbères ou arabes. Qu'étaient donc devenus les peu- 
ples de race grecque et de race latine? Évidemment ils s'étaient 
fondus dans la masse de la population indigène , et on ne les en^ 
distinguait plus. 

La Kabylie , comme le reste du pays , a reçu sans doute une 
partie de ces éléments étrangers, et nous ne pensons pas qu'on, 
s'écarte de la vérité en disant que bon nombre des familles 
kabyles de nos jours ont eu des ancêtres de race européenne , an- 
ciens habitants des villes de Rusazouz , lomnium , Rusucurru, Bida 
Municipium, etc. La croyance populaire attribue, en effet, cette 
origine aux Alt Bida, chez les Ait Fraouçen ; aux Ibekkaren et 



RACES. 373 

aux Alt Salem y chez les Alt Iraten, et à la tribu des Alt Rodhéa, 
chez les Alt Djennad. Des recherches suivies avec soin, surtout 
dans les tribus du bord de la mer, augmenteraient certainement 
•cette liste. 

La beauté des femmes des ATt Ouaguennoun, qui est proverbiale 
dans le pays, est regardée aussi comme un indice de leur origine 
étrangère. 

Bien que nous n'attachions pas , en général , une grande im- 
portance aux traditions kabyles, nous croyons cependant que ces 
indications ne doivent pas être négligées. 

L'élément arabe a été introduit plus tard , à la suite des inva- 
sions , beaucoup moins par la prise de possession violente du sol 
que par Tinfluence de Tislamisme. 

Les Isser, formant une population de 13,639 habitants, sont 
les seules tribus constituées qui paraissent être réellement arabes. 
Us se donnent pour tels , et les Kabyles ne contestent pas cette 
assertion. Ces tribus se sont mêlées aux populations voisines par 
de nombreux mariages, et il est probable que maintenant c'est le 
sang kabyle qui prédomine chez elles. 

C'est par les marabouts surtout que la race arabe a pris pied en 
Kabylie. Nous ne croyons pas que tous les membres de cette caste 
religieuse soient arabes, comme on l'a prétendu*; mais il n'est 
pas contestable qu'un certain nombre de familles arabes se soient 
établies comme missionnaires dans le pays au moment de la con- 
version à l'islamisme. 

La domination turque, bien que s'étendant sur une faible partie 
du pays, n'a pas moins favorisé d'une manière sensible les croi- 
sements de races. 

Pour la formation de ses tribus makhzen des làmraouïen , des 
Zemoul d'Amnaïi, des Inezlioun, elle fit appel aux gens de tous 
les pays. La majeure partie de ces tribus fut composée , croyons- 
nous, de familles kabyles fuyant leurs villages sous le coup de 
dettes de sang ou pour d'autres motifs ; il est acquis , néanmoins, 
qu'elles reçurent dans leur sein un certain nombre d'étrangers , 
dont il serait assez difficile de retrouver la nationalité. 

^ Nous reyiendrons sur cette question , en parlant des marabouts. 



374 LA KABYLIE, 

Les colonies nègres établies à Chemlal et à Bour^nî , pour la 
protection des forts de Tizi Ouzzou et de Bour'ni , introduisirent 
chez leurs voisins une notable quantité de sang noir. Les descen- 
dants des premiers colons, qui forment maintenant une popu- 
lation de neuf cents habitants environ, sont tout à fait blancs; ce 
qui prouve que les croisements ont été très actifs. 

L'esclavage a , du reste , infusé le sang noir chez les Kabyles 
en proportion bien plus grande que ces colonies. Chez les Aït Ira- 
len , les Alt Ouasif , les Alt Henguellat et autres tribus , qui n'ont 
jamais contracté d alliances avec elles, on trouve des kharoubas 
entières d'origine nègre, et qu'on ne distingue plus des autres 
habitants. 

En dehors de ces causes accidentelles de mélange, dont l'his- 
toire a conservé le souvenir, il en est une autre , que Ton pour- 
rait appeler « croisement par infiltration » , et qui a été peut-être 
la plus efficace de toutes. 

La Kabylie, ayant conservé son indépendance pendant des 
siècles, a été, à toutes les époques, le refuge des mécontents, des 
proscrits et des malfaiteurs. Tout étranger qui se présentait dans 
un village y était toujours bien reçu : on ne lui demandait 
compte ni de son passé ni de sa nationalité, et il était placé sous 
Vanaïa du village ou de la tribu . Le plus souvent, il trouvait des 
individus qui mettaient une maison à sa disposition et lui ache- 
taient une femme, à la seule condition qu'il ferait partie de leur 
çof. A défaut des particuliers, le village faisait les frais de son éta- 
blissement. Combien d'hommes de toute race ne sont-ils pas venus 
terminer ainsi, dans les montagnes kabyles, une vie aventureuse ! 
Le secret de leur origine est mort avec eux; mais on en retrouve 
les traces évidentes dans ces nombreux types de races blonde et 
rousse qui sont répandus dans toutes les tribus, et n'appartiennent 
certainement pas aux races africaines ni asiatiques. 

Il n'est pas jusqu'à des déserteurs français qui ne soient venus 
grossir le nombre de ces éléments de croisement. Plusieurs nous 
ont été signalés. Nous en connaissons un , natif d'Angers, qui est éta- 
bli près de Fort-National depuis plus de vingt-cinq ans. Amnistié 
après la conquête , il a renoncé à sa nationalité et a préféré rester 



RACES. 375 

Kabyle. A part un fort penchant à Tivrognerie, qu'il satisfait 
volontiers dans les cabarets du fort, il a perdu toutes les habitudes 
de sa jeunesse, et rien ne le distingue plus de ses nouveaux com- 
patriotes. 11 a des enfants qui ne savent pas un mot de français, 
sont des musulmans fanatiques, et nous sont aussi hostiles que le 
reste de la population. 

La question des races en Kabylie, que nous ne pouvons qu'ef- 
fleurer ici, mériterait d'être approfondie sérieusement; mais son 
examen sous les différents aspects qu'elle présente, origine des 
tribus, origine des familles, etc. exige un travail assidu de plu- 
sieurs années, auquel nous n'avons pas eu le loisir de nous livrer. 
Si les circonstances ne nous permettent pas de l'entreprendre 
nous-mêmes plus tard, nous le signalons à l'attention de nos 
successeurs. 

Dès à présent néanmoins, on peut, croyons-nous, conclure 
que, s il est vrai, comme le prétendent certains physiologistes, 
qu'un peuple est d'autant mieux préparé à recevoir la civilisation 
qu'il a subi des croisements plus nombreux , la population de la 
Kabylie se trouve, à cet égard, dans d'excellentes conditions. 



376 LA KABYLIE. 



LANGAGE. 



La langage parlé en Kabylie est un dialecte de la langue ber- 
bère. Il est mélangé de beaucoup d'arabe, et déjà un certain 
nombre de mots français ont commencé à s*y introduire. On lui 
donne le nom de thaV ebaïlith , « kabyle » . 

Ce dialecte est en usage non seulement dans la Kabylie , telle 
que nous Tavons délimitée , mais encore dans FOued Sahel et 
dans tout le massif montagneux compris entre Bougie et Sétif. 

Le Kabyle ne possède pas de caractères à lui propres pour re- 
présenter ses sons , il ne s'écrit pas , et n'a d'autre littérature que 
des cantiques religieux, des chansons, des poésies diverses, qui 
se transmettent oralement. Lorsque les marabouts, seuls lettrés 
du pays, ont à rédiger un acte ou une lettre, c'est toujours la 
langue arabe qu'ils emploient. Ils ont aussi recours aux caractères 
de cette langue toutes les fois que , par hasard , ils veulent écrire 
des mots kabyles. 

Une langue qui se transmet dans de semblables conditions ne 
saurait offrir un caractère d'unité bien complète ; aussi y trouve- 
t-on , suivant les contrées , d'assez nombreuses divergences : va- 
riantes de prononciation, locutions préférées , expressions locales. 
Il ne faut pas toutefois s'en exagérer l'importance ; sans se servir 
des mêmes mots que son voisin , chacun les connaît , et les dis- 
semblances de langage , qui paraissent à un étranger des obstacles 
insurmontables, n'empêchent pas les Berbères de se comprendre. 
Avec un peu d'attention, les Kabyles du Jurjura comprennent 
même les Chaouïa, les habitants du Chenoua et les Béni Henasser. 

La question du classement de la langue berbère n'a pas encore 
été résolue par les philologues; tout ce qu'on peut dire, dans 



LANGAGE. 377 

Tétat présent de la science , c'est que , si elle n'est pas sémitique , 
elle a subi au moins une influence sémitique considérable. 

Nous n'entrerons pas dans l'étude de la langue kabyle; c*est 
une question toute spéciale, qui nous entraînerait hors des limites 
de notre cadre, et les personnes qui voudraient l'approfondir 
peuvent recourir aux ouvrages publiés sur ce sujet. 

ARGOTS. 

Les Kabyles, peuple voyageur par excellence, ont souvent be- 
soin de se communiquer leur pensée sans risquer d'être compris 
par les étrangers au milieu desquels ils se trouvent. Cette nécessité 
a donné naissance parmi eux à un certain nombre de langages de 
convention ou argots. Chaque profession a le sien. Pour donner 
une idée de ces créations bizarres, nous indiquerons quelques 
mots de chacune des principales. 

L'argot des colporteurs (iâUaren) des Igaouaouen se nomme 
Mn-en-ner^ « la nôtre ». Ekhdem thin-en-ner', « travailler » ou 
« faire la nôtre », veut dire : parler cet argot. En voici quelques 
locutions : 

FRANÇAIS. KABYLE. ARGOT. 

Ud homme. . . Ergaz ///btt«6ourin (une poignée d^alfa). 

Une femme. . . Thamet't'outh Tliinezet' (petit fil, poil follet); 

tkafetouith (la petite main, me- 
notte). 

Couscous. . . . Seksou //am/nicA (nom propre d*homme). 

Pain Ar'eroum Ali Nafh Ali (idem). 

Eau Aman Thimousaï. 

Figues Tazart Mohand ou Mdmar (nom propre) . 

Yiande fraîche . Jhsoum azigzaou . . . Jî'ab ou Sadd (nom propre). 

Viande sèche . . Jksoum akouran. . . . Ahmed ou Melloul, 

Froment .... Irden Lekherachich (nom de tribu). 

Orge Thimzin ifou/e/i/ (nom de yillage). 

Voler Jker Ekhdem Saddi (faire Saâdi). 

Fuir Erouel Ekhdem Kcusi (îdlrtKassï). 

]ja mort .... El^mouth Thagounsa. 

Tuer Eur' Ekhdem thagounsa. 

Le rire Thadhesa T/<i/t 6(m/72an (celle des dents). 



378 LA KABYUE. 



FRANÇAIS. KABYLE. - ARGOT. 

t^™»»* ^^'t'c^ //^ôérnA;' rAer (l'œil devient noir}. 

Chercher .... Nadi Ekhdem el-bourak' (travailler Té- 
clair). 
Se séparer Ekhdem ath Ouendelous (faire 

comme les fils de TAndalousl. 

Marcher la nuit. Esri A^A/iû^maou/yioit/ (faire le lièvre). 

^""S^"^ Idrimen Ihammouthen {nom d'un village). 

^^^ Tharialt r/<aA^6ott6€c/4^(Dom d'une famille). 

1/4 de réal //nazoïim (jeune homme qui com- 
mence à jeûner). 

Un franc. IcAcA€r (un ongle). 

Mensonge. . . . Lekedeb ifthisen (alluvions). 

Silence! .... Sousem TAar'esotti/* (bord d'une rivière). 

^*^*' ^serdoun Mehath Kassi (nom d'homme). 

^^^^^ ^h'joun.aidi El-Mokhtar [idem]. 

Parle kabyle! . . Eïneslals eth kebaïlith!, EkhdemthinenMekdUCherkith! 

(fais celle de Mohammed-n-Aît 
Cherkith !). 

Les poêles chanteurs (feçahà) donnent à leur argot le nom de 
tasadith (félicité) . En voici quelques mots : 



FRANÇAIS. KABYLE. ARGOT. 

Un homme . . . Ergaz /iguiou (nom du léopard). 

Une femme. . . Thamet't'oul/i Gif csa/a (gazelle). . 

Enfant Âkchich .^6ezou/c)^ (petit moineau). 

Vieillard .... Amr'ar Akermam (le décharné). 

Honnête homme. Ergaz d'el Àâli . . . . JzegmL 

Un coquin Amkhair. 

Un Arabe . . . Mrab Adjerlat (qui ne comprendxien) . 

Un chrétien . . Roumi ^ot^Aî^omA (homme au cœuc dur) . 

Juifs OuSaîn Do ua(/^m (qui sont toujours asser- 
vis), 

La bouche . . . hni El-meukeb (le taillant). 

L'œil Tkit' . . . • noaMarf (le viseur), 

Argent Idrimen Imh'aniin (qui adoucissent le 

cœur). . 

Bourse Thazdamt Thabelimth, 

Marabouts . . . Imrabdhen Iroubas» .... 

La mort .... El-mouth Moukhi, 

Égorgement. . . Thîmezliouih Achendikh. 



LANGAGE. 



879 



FBANÇAIS. 



KABYLE. 



ARGOT. 



Maison Akhkham Amakoun, 

Manger Elch Thegoun. 

Venir As FertheL 

Il est venu à ma 

maison . . . lùusa d s akhk/iom imi . Iferthel ed s amakoun nesraï. 

Les étudiants quêteurs, en leur qualité de lettrés, ont imaginé 
un système plus compliqué et plus méthodique, mais qui est peu 
commode et ne permet pas d'émettre rapidement la pensée. Ils 
ont donné des noms de convention aux lettres de Talphabet arabe , 
et lorsqu'ils veulent énoncer un mot, ils nomment successivement 
chacune des lettres qui le composent. Voici ces noms : 



I 



t 

z 
z 



Amalou bennia. 

Bab el-Moudjas. 

Tsalif. 

Ttiaouab Allah. 

Dja radjoulani. 

H'allm el-Hokroi. 

Khalii AUah. 

Dalil el-K'oum. 

D'al el-Ichara. 

Rouhiats el-Menam. 

Ziarat el-Meurdha. 
rarik el-Adeli. 
Dharoura. 
Kaf el-Ichara. 



Lemnoudji. 
Mim el-Djemâî. 
Nour Allah. 



J 

^ Car ma car. 
^ Lidhamir. 

Aïbika fi Saterouh. 

R'alàts Allah. 

Fehamouki. 

K'abkousini. 

Sif es-Soltan. 

Chaour ma chitsa. 
9 Houa Allah. 
• Ouaou lil Atef. 
^ la ounida. 



t 

t 






Pour énoncer le nom de Mohammed , on dira donc , dans ce 
langage : « Mim el-djemâi h'alim el-hokmi mim el-djemâi dalil 
el-k'oum. » 



380 LA KABYLIE. 



RELIGION. 



Tous les Kabyles, sans exception, professent la religion mu- 
sulmane orthodoxe; ils appartiennent au rite maléki, c'est*à-dire 
qu*i1s ont adopté les doctrines de l'imam Malek pour Tinterpréta- 
tion de la loi religieuse et des parties de la loi civile qu'ils ac- 
ceptent. 

On a souvent répété que les Kabyles sont mauvais musulmans, 
qu'ils tiennent peu à leur religion, et l'on en a conclu qu'ils 
étaient plus disposés que les autres musulmans de l'Algérie à 
accepter notre domination. Quelques personnes ont même été jus- 
qu'à dire qu'ils embrasseraient volontiers le christianisme ; d'au- 
tres, prenant leurs désirs pour des réalités, n'ont pas hésité à 
publier que cette conversion était prochaine , et que des mission- 
naires catholiques n'avaient qu'à se présenter pour voir les po- 
pulations accourir en foule, à leur voix, sous la bannière de la 
croix. 

Nous ne saurions partager ces illusions. Assurément, aux yeux 
d'un vrai croyant , les Kabyles peuvent ne pas être des musulmans 
irréprochables; car, en un grand nombre de cas, ils font bon 
marché des prescriptions de la loi civile fondée sur le Coran, 
disant , avec beaucoup de sens , que ces prescriptions ont été faites 
pour un pays très diflTérent du leur et pour un peuple qui n'avait 
ni leurs mœurs ni leur manière de vivre. Hais, en tout ce qui con- 
cerne le dogme et les croyances religieuses, leur foi est aussi 
naïve, aussi entière, aussi aveugle que celle des musulmans les 
plus rigides. 

Loin de les regarder comme plus favorables que d'autres à 
notre domination, nous les croyons, au contraire, plus hostiles. 



RELIGION. 3g r 

parce que cette domination ne froisse pas seulement leurs préju- 
gés religieux, mais blesse profondément le sentiment, si vivace 
chez eux, de Tindépendance. Le résultat le plus facile à constater 
de notre occupation a été , sous le rapport religieux , une recru- 
descence de fanatisme, manifestée par les affiliations de plus en 
plus nombreuses aux associations religieuses. 

Nous n'en sommes pas moins convaincus que, de toute TAlgé- 
rie, les populations du Jurjura sont celles qui se rapprocheront 
de nous le plus facilement ; mais ce sera par des motifs tout à fait 
étrangers à ridée religieuse , c'est-à-dire parles intérêts matériels. 
Ces populations sont avares , le sol qu'elles habitent ne peut les 
nourrir, et elles sont obligées de demander leurs moyens d'exis- 
tence au commerce et à l'industrie. Mieux que tout autre gou- 
vernement, nous pouvons leur assurer la sécurité des routes et 
les initier à nos procédés industriels , à nos arts mécaniques , pour 
lesquels elles ont une aptitude très remarquable. Une fois cette 
voie ouverte, le rapprochement s'opérera de lui-même par le 
mélange des intérêts. 

L'absence des principes religieux dans les institutions politiques 
et civiles nous sera aussi un puissant auxiliaire pour développer, 
avec le temps, ce qu'il y a de bon en germe dans ces institutions. 
C'est seulement à ce point de vue tout négatif que l'idée religieuse 
peut venir en aide à notre mission civilisatrice. 

Quant à la conversion prochaine des Kabyles au catholicisme^ 
c'est une pure chimère , dont ne peuvent se bercer que les per- 
sonnes qui voient toutes choses à travers le prisme de leur ima- 
gination. 

Nous ne savons pas et personne ne peut savoir si les Kabyles 
se convertiront un jour à notre religion ; peut-être arriveront-ils 
plutôt à l'indifiTérence religieuse ; mais ce qu'on peut affirmer, sans 
viser au rôle de prophète , c'est que ce jour est fort éloigné , et bien 
certainement notre génération ne le verra pas. 

La propagande chrétienne en Kabylie trouvera toujours devant 
elle, nous le croyons, un obstacle insurmontable dans l'étroite 
solidarité qui lie l'individu à la famille, la famille à la kharouba, 
la kharouba au village, et le village à la tribu. A moins d'une 



382 LA KABYLIE. 

couvcrsion en masse du pays, chose fort improbable , Tindiviâu, 
la famille même qui voudraient abjurer Tislamisme, devraient, 
de gré ou de force, quitter le pays. 

On a dit aussi que les Kabyles avaient conservé le -souvenir du 
christianisme comme ayant été la religion de leurs ancêtres; et 
l'on donne comme preuves les tatouages en forme de croix ob- 
servés chez quelques femmes* 

La première question que soulève cette assertion est ceUe-ci : 
les Kabyles ont-ils jamais été chrétiens? A; cette question on peut 
répondre , croyons-nous , que cela est possible > mais que rien 
n'est moins sûr. 

Nous savons en effet que , à Fépoque des invasions lurabes , 
une partie des tribus berbères , et notamment celles de l'Aurte , 
professaient le judaïsme; d'autres étaient restées païennes, sans 
avoir jamais accepté le christianisme*. Pourquoi celles du Jur- 
jura, où les établissements romains n*ont jamais dû avoir une 
grande importance , ne seraient-elles pas classées dans Tune ou 
l'autre de ces catégories? Aucun document historique ne vient, 
il est vrai , à l'appui de cette hypothèse , mais aucun non plus ne 
la contredit^. La solution reste donc Indécise ; il ne peut y avoir 
de présomptions suffisamment fondées que pour les familles des- 
cendant des colons romains. 

Les tatouages en forme de croix nous paraissent un argument 
bien faible. Si les femmes qui les tracent obéissaient, sans le sa- 
voir bien certainement, à une tradition ancienne, ils seraient 
d'un usage général; ce qui n'a pas lieu : ils sont au contraire 
très rares. Là encore on serait, à notre avis, aussi près de la 
vérité en les attribuant à la seule fantaisie des artistes, qui ne 
voient dans ces ornements que des dessins gracieux et d'une 
exécution facile. En examinant avec attention nos dessins d'orne- 



t Voir Ibn Khaldouo, traduclion de M. le baron de SIane,.t 1, p. 208,212. 

* La lisle des évècbés d'Afrique ne fournit aucune indication certaine de diocèses 
appartenant au Jurjura proprement dit. Les seuls sièges qui puissent être attribués 
à la région qui nous occupe sont ceux des colonies romaines de la côte ou des val- 
lées : lomnium, Rusucurru , Rusazouz et Bida, auquel il faut joindre celui de Vepit- 
copus Tetraportensis, qui résidait auprès du col des Aît Aîcha. Chaque diocèse 
n'avait qu'une étendue très restreinte. 



RELIGION. 383 

mentation sur les étoffes, les broderies, les papiers peints, par 
exemple, on rencontre une foule de figures qu'on peut, à la ri- 
gueur, prendre pour des croix, et dont les auteurs, à coup sûr, 
n'ont pas eu Tintention de faire des symboles religieux. Ne peut- 
il en être de même des artistes en tatouages kabyles? 

La vérité est qu'avant notre arrivée les Kabyles ne soupçon- 
naient pas que leurs ancêtres eussent pu être chrétiens : leurs 
connaissances historiques ne remontent pas si haut. Si quelques- 
uns le répètent maintenant, c'est qu'ils nous Font entendu dire, 
et que, dans un but d'intérêt personnel, ils cherchent à nous être 
agréables, en se laissant donner une origine qui ne les flatte nul- 
lement et qu'ils répudient au fond du cœur. 

Chez les Kabyles, comme chez les autres habitants de l'Algérie, 
on ne trouve, du reste, nulle trace du fatalisme musulman, cette 
vieille fable qui, acceptée sans examen comme un axiome, a fait 
commettre tant d'erreurs et dont il serait bien temps que les gens 
sensés fissent justice. Tous les textes du Coran que l'on peut citer 
comme devant produire le fatalisme ne prouvent qu'une chose , 
c'est le danger d'ériger en fait des théories fondées seulement sur 
des écrits inertes, et qui n'ont pas reçu la sanction de l'expérience. 
L'observation la plus superficielle des hommes dans leur conduite 
privée ou publique ne peut laisser aucun doute à cet égard , et 
suffit pour démontrer que ces textes ne sont pas plus pris à la lettre 
que tant d'autres passages des livres sacrés de toutes les religions. 
Ce qu'on a pris pour du fatalisme n'est en réalité qu'une résigna- 
tion beaucoup plus complète que la nôtre à la volonté de Dieu. 

Nous nous attendons à voir une foule de personnes se récrier 
contre cette nouvelle manière d'envisager la question. Il est si 
pénible de renoncer à une théorie commode, qui dispense de tout 
examen! Mais nous prions ces personnes de vouloir bien, avant 
de se prononcer, faire comme nous, et étudier les hommes dans 
la pratique de la vie. Elles verront que , lorsqu'un Kabyle redoute 
un malheur, il ne néglige aucun des moyens en son pouvoir pour 
le conjurer; il développe même, dans ces circonstances, une force 
de volonté et une ténacité qui sont la négation la plus éclatante 
du fatalisme. Si, malgré ses efforts, le malheur se réalise, il dé- 



384 LA KABYLIE. 

ploie la même activité pour en atténuer les conséquences. Enfin, 
il ne se résigne qu'après avoir bien constaté que tous les moyens 
humains sont impuissants à le préserver. Mais alors sa résigna- 
tion est sincère et complète, et se traduit par le fameux mektoub 
rebbi, qu'on a traduit à tort par « c'était écrit dans le livre du des- 
tin, » et qui n'a d'autre sens que « Dieu Ta écrit, c'est-à-dire 
l'a voulu, que sa volonté soit faite * ». 

1 S'il y a, du reste, dans le Coran, des versets pouvant servir de base à la doctrine 
du fatalisme, on en rencontre en aussi grand nombre au moins d'où Ton peut déduire 
le librearbitre, la responsabilité et l'initiative personnelles. 

Les personnes curieuses d'étudier ces questions et comparer les idées émises dans 
le Coran touchant le fatalisme , la responsabilité personnelle, l'initiative personnelle, 
la grâce et le libre arbitre, pourront consulter les passages suivants : 

Fatalisme^ quant aux individus. — Sourate lu, verset 139; vi, 2; xi, 8; lvii, 22; 
Lxv, 3 ; Lxx, 4. 

Fatalisme, appliqué aux peuples et aux cités. — Sourate vn, verset 32 ; x, 50 ; 
XV, 4, 6; xvu, 60; XXIII, 45; xivii, 76, 77; xxxiv, 3; xxxv, 12; UV^ 51. 52. 53; UX, 
3; LXXII, 26, 27. 

Responsabilité personnelle. — Sourate iv, verset 36; vi, 104; xxix, 5; xxxix, 9. 

Initiative personnelle. — Sourate vi, verset 135; xxxix, 40. 

Résignation. — Sourate n^ versets 150, 15 1; vi, 163; xviii, 23; vm. 22; in, 25. 

Grdce. — Sourate li, venais 4, 5, 6, 61, 99, 209, 246, 254. 256, 272, 274; m, 66, 
67, 124; lY, 17, 85; VI, 25, 83, 88; Vil, 28, 177. 185; IX, 28; X 60, 96, 97, 100; \1, 
120; XXXII, 13; XU, 110; XIII, 26, 30, 33; xvi, 9, 95; xxxv, 9; LXXiv, 34; XVI, 110; 
XXIV, 21 ; XLV, 22. 

Libre arbitre. — Sourate x, versets 108, 109; xm, 12: xvn, 86; xvm, 6, 28; xiix, 
2; XL, 9; XUI, 19; XLV, 21; LUI, 32, 39, 40, 41, 42; XC, 10; XCI, 7, 8, 9, 10; xu, 46; 
LXXIV; 41, 54; LXXVI, 29, 30, 31. 



TOPOGRAPHIE MEDICALE. 385 



TOPOGRAPHIE MÉDICALE». 



La Kabylie , envisagée dans son développement territorial , est 
constituée par un sol tourmenté, montueux, qui s'étend, par une 
série d'étages successifs et inégaux, depuis la mer au nord jusqu'au 
Jurjura au sud. Dans cet espace, dont la profondeur continentale 
est à peu près égale à 50 kilomètres, les altitudes changent à 
chaque pas; par suite, les conditions climatériques et météoro- 
logiques les plus variées et les plus dissemblables s'y rencontrent. 
Pour l'étude de toutes ces conditions différentes, il serait néces- 
saire de jalonner la route suivie par l'observateur, au moyen d'un 
certain nombre de postes étages comme le terrain, et lui offrant, 
à des hauteurs proportionnelles entre elles , les éléments de ses 
recherches. Dans l'impossibilité où nous nous trouvons de multi- 
plier les observations sur un grand nombre de points à la fois, 
nous pourrons cependant diviser la Kabylie en trois zones d'alti- 
tude différente, et dans lesquelles des études suffisantes ont été 
faites. Dellys constituera la zone maritime; Fort-National ré- 
sumera les conditions météorologiques moyennes de la zone des 
hauts contre forts; Tizi Ouzzou enfin représentera une zone inter- 
médiaire ou des vallées profondes, zone naturellement tracée dans 
le massif du Jurjura par le cours du Sébaou. 



1 M. le docteur Hatlute, médecin en chef de l'hôpital militaire de Fort-National , a 
bien voulu , à notre demande, nous prêter son concours et rédiger les observations 
que plusieurs années de séjour en Kabylie, à diverses époques, l'ont mis à même de 
faire sur la topographie médicale du pays^ sur l'hygiène et les maladies des Kabyles. 
Qu'il nous permette de lui offrir ici l'expression de notre reconnaissance pour ces 
études, qui sortent des limites de notre compétence et sans lesquelles cependant notre 
travail eût été incomplet. 

I. 25 



386 LA KABYLIE. 

Nous nous contenterons d'exposer les faits topographiques et 
météorologiques les plus saillants sur ces trois localités, et nous 
nous efforcerons de faire ressortir les conséquences les plus immé- 
diates qui peuvent en résulter pour leur constitution médicale. 

Dellys est placé géographiquement par 36* 55' 30'' de latitude 
septentrionale et par 1** 35' de longitude orientale. Cette ville est 
construite sur le cap Bengut. Le quartier militaire, où ont été 
faites les observations météorologiques dont nous donnons plus 
loin le résumé , se trouve élevé de 48 mètres au-dessus du niveau 
de la mer. Ce quartier est occupé par les casernes et Thôpital. La 
ville coloniale s'étend à ses pieds, sur les deux versants d'un ravin 
peu profond, dans lequel coule un petit ruisseau sans nom, qui 
est à sec pendant la plus grande partie de Tannée. 

Les eaux potables sont assez abondantes à Dellys. Elles provien- 
nent de sources et de puits. Les eaux de sources sont amenées en 
ville de deux points principaux : d'un mamelon appelé El-Açouaf, 
qui domine le cap Bengut et se trouve à un kilomètre et demi 
environ de l'enceinte; d'Aïn bou Abbada, éloignée seulement de 
600 mètres. 

Ces eaux circulent dans des conduits en briques cimentées. Leur 
analyse qualitative donne les résultats suivants : 

1* L'eau de la fontaine El-Açouaf est incolore, inodore, lim- 
pide , assez sapide , neutre au papier réactif. Elle coagule immé- 
diatement une solution de savon ; son degré hydrotimétrique est 
égal à 54. Les réactifs y produisent, savoir : 

P La solution d'azotate d'argent, un précipité assez abondant; 

2^ La solution d'oxalate d'ammoniaque , précipité moyen ; 

3<> La solution de phosphate d'ammoniaque, précipité assez abondant : 

4*^ La solution de chaux, précipité faible; 

5<^ La solution de chlorure de baryum, précipité abondant; 

6<^ La solution de chlorure d'or, réaction nulle ; 

7<^ La solution de cyanure jaune de potassium , précipité sensible. 

Cette eau contient donc : 

i^ Chlorure de sodium, forte proportion; 



TOPOGRAPHIE MEDICAXE. 387 

2^ Carbonate de chaux, proportion moyenne; 

Z^ Sels de magnésie, forte proportion ; 

4^ Acide carbonique libre, proportion minime; 

5<> Sulfate terreux, forte proportion; 

6^ Matières organiques, pas de trace; 

7^ Fer, des traces. 

2** L'eau d'Aïn bou Abbada est incolore, inodore, limpide, fade 
au goût, indifférente au papier réactif; elle coagule rapidement 
la solution de savon; son degré hydrotimétrique est égal à 67,5. 
Elle donne par les divers réactifs : 

1^ Azotate d'argent, précipité assez abondant ; 

2<^ Phosphate d*ammoniaque , précipité très abondant ; 

3* Chlorure de baryum , précipité moyen ; 

4^ Eau de chaux, précipité faible; 

S^ Cyanure jaune de potassium et de fer, pas de précipité; 

6^ Chlorure d*or, pas de précipité. 

Cette eau contient donc : 

i^ Chlorure de sodium, forte proportion; 
2^ Sels de magnésie, très forte proportion; 
3° Sulfates terreux, quantité notable ; 
40 Acide carbonique libre, des traces; 
5* Fer, pas de trace; 
6*^ Matières organiques , pas de trace. 

L'eau de Bou Abbada est, en résumé, assez mauvaise; impro- 
pre 9txxx usages domestiques , elle a sur l'économie une action 
laxative prononcée , qui devrait en faire proscrire l'usage comme 
boisson habituelle. 

L'eau de la fontaine El-Açouaf, quoique assez fortement miné- 
ralisée, est la seule potable à Dellys ^ 

Nous ne parlerons que pour mémoire de l'eau d'un puits situé 
dans la ville basse; son degré hydrotimétrique très élevé (177,3), 
son goût désagréable, la prédominance dans sa composition de 
fortes proportions de chlorure de sodium et de magnésium, la ren- 
dent complètement impropre à servir de boisson et à être employée 

1 Depuis la rédaction de ce travail, on a amené à Dellys les eaux d'une troisième 
source, Aln.Khandok', 



388 LA KABYLIE. 

ausavonnage; c'est une eau sau maire , dans toute Tacception du mot. 

L'orientation générale de la ville de Dellys est à Test, comme 
celle de presque tous les ports de la côte algérienne, comme Alger, 
Bougie, Djidgelli, Stora; cependant le quartier construit sur le 
cap Bengut est exposé au nord et à l'ouest. Au sud et à l'ouest , la 
ville est entourée de collines peu élevées, détachées des derniers 
contre forts descendant de la chaîne qui borde la mer. De cette 
disposition il résulte que Dellys n'est qu'incomplètement abrité 
des vents du sud et principalement des vents du sud-ouest. Ces 
derniers, après avoir travereé en diagonale les plaines de lisser et 
du Sébaou, ne sont que faiblement déviés par les mamelons et les 
éminences rocheuses qui se trouvent entre le Sébaou et la banlieue 
de Dellys; ils y apporteraient facilement les effluves marécageux 
des embouchures fluviales, si la brise de mer, qui souffle habituel- 
lement chaque jour au moment où le sol a été le plus échauS'c 
par le rayonnement solaire, ne produisait un changement brus- 
que dans la direction des courants atmosphériques. On peut re- 
marquer la fréquence des vents d'ouest et du sud-ouest dans le ré- 
sumé des observations météorologiques prises à Dellys par M. le 
docteur Foch (tableau n** 1, p. 402). Mais hàtons-nous de dire que 
ces observations, au moins pour ce qui concerne la direction des 
vents, ont été faites à 9 heures du matin, et que par conséquent 
elles ne font pas mention des changements aoémologiques de la 
journée. 

La température oscille, à Dellys, "entre des degrés thermomé- 
triques assez éloignés : dans les années 1865-1866, 1866-1867, le 
minimum a été de 3'',2; le maximum a été de kk^'jd^ au mois 
d'août 1865; dans le période annuelle suivante, il n'a été, à la 
même époque, que de 38®. 

Par la comparaison de la marche de la température à Dellys et 
à Alger , on peut conclure une identité à peu près complète pour 
ces deux localités. Dans les observations faites à Alger, en 1865 et 
1866, par MM. les docteurs Rietschel et Loyer , les extrêmes de tem- 
pérature , au mois de février et au mois d'août , sont égaux à 6* et 
à kk'*, et par conséquent sensiblement rapprochés des extrêmes 
notés par les observateurs de Dellys. 



TOPOGRAPHIE MEDICALE. 389 

Les écarts dans les indications fourmes par le thermomètre en 
vingt-quatre heures sont toujours assez considérables à Dellys, 
comme à Alger : nous trouvons (tableau n° 1 , p. 402 et 403) 
pour ces deux villes des amplitudes maxima de 10**, 11° et jusqu'à 
17%9. Cependant cette comparaison nous donne pour Alger les 
amplitudes les moins fortes. Il résulterait de cette donnée que le 
climat d'Alger serait plus favorable que celui de Dellys à Thygiène 
ou à la curation des maladies de poitrine. 

L'uniformité dans la température est la condition la plus essen- 
tielle à rechercher dans la constitution météorologique des loca- 
lités où devront vivre des phthisiques. A ce titre , le climat de la 
côte d'Afrique ne justifierait pas la confiance qu'on lui accorde 
généralement, ou que Vqn désire lui attirer. M. le docteur de Pie- 
tra Santa, en avouant que les températures changent rapidement 
à Alger et parcourent subitement de vastes étendues de l'échelle 
thermométrique, a soin de conclure que l'heureuse influence de 
son climat n'est appréciable que dans le cas où il ne s'agit que 
de combattre des prédispositions; que cette influence devient fa- 
tale lorsque l'évolution tuberculeuse est commencée*. Qu'il y a 
loin de cette promesse d'immunité, que donnerait à des gens me- 
nacés de phthisie l'habitation de l'Algérie , aux promesses de gué- 
rison de la phthisie arrivée à la période de ramollissement qui 
ont été formulées par quelques médecins de notre métropole co- 
loniale ! 

Quoi qu'il en soit, nous ferons remarquer que les affections 
pulmonaires sont rares à Dellys , et qu'elles ne figurent dans la 
constitution médicale de cette localité que pendant un mois de 
l'année, en décembre. 

L'humidité atmosphérique se tient, à Dellys, dans les limites 
moyennes : le chiflre hygrométrique maximum , 76 centièmes, a 
été constaté au mois de février; il ne s'est élevé qu'à 68 pendant 
l'année suivante. 

La quantité de pluie tombée en un an, du mois de juin 1865 
au mois de juin 1866, a été de 470 millimètres. 

1 Voir Du climat d'Alger dans les affections chroniques de la poitrine, par de 
Pietra Santa; Paris, 1860. 



390 LA KABYLIE. 

Tizi Ouzzou est placé à 1** 42' 54'' de longitude orientale , et à 
36^ 42' 56" de latitude septentrionale. Ce poste , essentiellement 
militaire à son origine, se compose de deux parties distinctes : un 
fort, ancien bordj turc, et un village de colons européens. Le fort 
est à 240 mètres d'altitude, et le village, à 189 mètres. Les cons- 
tructions militaires ou coloniales sont situées sur un col qui leur 
a donné son nom : Tizi Ouzzou^ en effet, est une expression kabyle 
qui se traduit en français par col des Genêts épineux. 

Pour comprendre facilement la topographie médicale de Tizi 
Ouzzou , il est nécessaire d'être parfaitement renseigné sur la posi- 
tion du col des Genêts épineux , et, pour cela, d'examiner sur une 
carte le cours du Sébaou. Ce fleuve, qui prend naissance dans 
les massifs jurjuriens des Ait Idjer, des lUilten, des Alt Itsourar 
et des llloulen Oumalou, se dirige à peu près exactement, sous dif- 
férents noms, du sud au nord jusqu'à la hauteur des Alt Khelili. 
A partir de ce point, il coule directement de l'est à l'ouest, dans 
une large vallée mamelonnée, jusqu'à sa rencontre avec l'Asif 
Ibahalal et l'oued des Alt Alssi. Détourné alors de sa direction 
par l'élévation subite du sol qui constitue le col des Genêts épi- 
neux, il s'infléchit vers le nord et s'engage dans une gorge pro- 
fonde , qui coupe brusquement la chaîne des Alt Aïssa ou Mi- 
moun. 

La gorge du Sébaou est donc une incisure gigantesque de la 
montagne; ses deux rives, presque taillées à pic, sont constituées 
par des pitons abruptes : le Belloua, sur la rive gauche, atteint 
une hauteur de 710 mètres; l'Erbourd, sur la rive droite, s'élève 
à 600 mètres. Après un trajet de 4 à 5 kilomètres, le Sébaou re- 
prend sa drection de l'est à l'ouest , en pays de plaine. 

Le col des Genêts épineux fait communiquer entre elles les por- 
tions de la vallée du Sébaou qui se trouvent en deçà de la gorge 
et celles qui se trouvent au delà. Le fleuve décrit donc autour de 
Tizi Ouzzou un arc de cercle dont le passage du col représente 
assez exactement la corde. En se plaçant au Bordj , si Ton se 
tourne vers le sud-ouest, on apei*çoit le confluent de l'oued Alssi 
et du Sébaou ; vers Test , on a devant soi la montagne du Belloua; 
vers le nord- ouest enfin, on voit reparaître le Sébaou, qui re- 



TOPOGRAPHIE MEDICALE. 391 

prend sa course, un moment déviée de sa ligne normale. De cet 
examen il résulte que Tizi Ouzzou, quoique placé sur un col qui 
s'élève d'à peu près 100 mètres au-dessus du fleuve, peut être 
considéré comme se trouvant réellement dans la vallée que celui- 
ci parcourt. 

Au point de vue de la constitution médicale du village du Tizi 
Ouzzou , les détails topographiques que nous venons d'esquisser 
sommairement offrent une grande importance. Ils expliquent par- 
faitement comment le col des Genêts est le passage nécessaire des 
effluves marécageux qui sont entraînés du haut Sébaou par les 
vents du sud-est, et, réciproquement, des émanations du bas Sé- 
baou , refoulées en sens inverse par les vents du nord-ouest. 

La principale source d^nfection palustre pour Tizi Ouzzou est 
formée par les débordements annuels de l'Asif Ibahalal et de la 
rivière des Att Aïssi. Ces deux cours d'eau, par des crues inces- 
santes pendant la saison des pluies, transforment en vaste marais 
les bords du Sébaou près de leur embouchure. Une portion assez 
considérable de la plaine dans laquelle sont enclavés le village 
d'Isikhen Oumeddour et plusieurs fermes appartenant à des indi- 
gènes est complètement inondée pendant l'hiver et le printemps, 
desséchée par évaporation pendant Tété et une partie de l'au- 
tomne. Alors les fièvres intermittentes sévissent rigoureusement 
sur les populations de laboureurs éparses dans la plaine pour les 
travaux de la moisson. Les grands propriétaires, pour échapper 
à l'endémie palustre, quittent leurs asiles pour aller respirer un 
air pur dans la montagne ; ils laissent à leurs khammès le soin et 
la garde de leurs récoltes. Ceux-ci , à leur tour, après avoir été 
éprouvés à plusieurs reprises par les fièvres intermittentes , se re- 
tirent, mais en emportant l'empreinte fatale d'une cachexie pro- 
fonde. La population d'Isikhen Oumeddour est désolée par les 
fièvres d'accès , où les formes rémittente et pernicieuse dominent. 
Tizi Ouzzou enfin , mal protégé par une altitude insuffisante , est 
ravagé à son tour par le fléau, que lui apportent les courants 
atmosphériques. 

Plus rapprochés de Tizi Ouzzou , deux ruisseaux d'un volume 
peu considérable forment, l'hiver, quelques marécages qui se des- 



392 LA RABYLIE. 

sèchent plus ou moins complètement Tété. Ces cours d'eau sont : 
Toued Medoua et Toued Sebt. Le premier, qui vient des Ihas- 
senaouen , va se jeter dans le Sébaou , à son entrée dans la gorge 
du Belloua , et contourne Tizi Ouzzou , à une petite distance de 
sa face sud; le second, venu aussi du massif des Alt ÂTssi, rejoint 
le Sébaou après sa sortie de la gorge. 

Pour compenser Tinsalubrité de son atmosphère , Tizi Ouzzou 
n'apasTavantage de posséder une végétation vigoureuse, comme 
celle des montagnes de la Kabylie. Les arbres s'arrêtent sur les 
dernières pentes des Aït Iraten , d'une part , et des Alt Alssa ou Mi- 
moun, d'autre part. La plaine, couverte de luxuriantes moissons 
pendant quelques mois de l'année , est complètement nue et dé- 
solée pendant les autres. Les tamarix, les roseaux, les joncs, et 
d'autres représentants de la flore des marais, ainsi que les ricins, 
persistent seuls le long des cours d*eau , ou sur des terrains qui 
doivent à la constitution de leur sol ou à leur position déclive 
de retenir un peu d'humidité pendant la saison sèche. 

Les eaux potables viennent presque toutes, à Tizi Ouzzou , de la 
montagne du Belloua : elles sont apportées au centre du village 
français et au Bordj par des conduites en fonte. Deux autres 
sources fournissent accessoirement de Teau en petite quantité, ce 
sont : la fontaine turque , à l'entrée sud-est du village , et la fon- 
taine du marché , un peu plus éloignée des habitations que la pré- 
cédente et située sur la route de Tizi Ouzzou à Alger. 

Les eaux du Bordj et de la fontaine du village sont originaires 
des mêmes sources et présentent une composition identique. 
Elles sont limpides, incolores, inodores, peu sapides. Leur tem- 
pérature, prise au mois de janvier, a été de 7®,8, celle de l'air 
extérieur étant de i^'*,^. Elles marquent de 39 à 40 à la liqueur 
hydrotimétrique. 

Ces eaux donnent toutes deux les mêmes réactions : 

10 Parle chlorure de baryum, précipité de moyenne intensité; 
20 Par Tazotate d'argent, précipité assez abondant; 

Par Toxalate d'ammoniaque, assez abondant; 

Par le phosphate d'ammoniaque, précipité abondant; 
3^ Par le chlorhydrate d'ammoniaque ammoniacal, précipité faible; 
40 Par l'eau de chaux, précipité très faible, liqueur louche; 



TOPOGRAPHIE MEDICALE. 393 

5** Par le cyanure jaune de potassium, virage au bleu très faible; 
6^ Par le chlorure d'or, réduction nulle pour Teau du Bordj ; 
réduction bien accusée, pour la fontaine du village. 

Elles peuvent donc être considérées comme composées de : 

1^ Sulfate de chaux, assez abondant; 

2^ Chlorures de calcium et de magnésium , prédominants -, 

Z^ Alumine et cilice, proportions faibles; 

4^* Acide carbonique libre, proportion très faible; 

5® Fer, traces; 

6<^ Matières organiques, proportion notable au village, nulle au fort. 

Ces deux eaux sont donc potables , mais d'assez médiocre qua- 
lité. 

L'eau de la fontaine turque présente avec les précédentes une 
grande analogie de composition; elle leur est un peu inférieure 
par son degré hydrotimétrique, qui est égal à 42 ; elle contient 
par conséquent un proportion plus forte de sels terreux ; elle est 
aussi moins fraîche. 

Les vents les plus fréquents à Tizi Ouzzou sont ceux qui suivent 
la direction de la vallée du Sébaou ; ils soufflent de Test à Touest 
ou du sud-est au nord-ouest ; leur marche peut être inverse , mais 
elle se produit toujours dans le sens de Taxe du col. Ces vents , 
dans les saisons de pluie ou d'inondation, se chargent d'une assez 
forte proportion d'humidité, qu'ils prennent sur les terrains sub- 
mergés de la plaine. 

L'hygrométrie moyenne de la plupart des mois de l'année dé- 
passe 70 centièmes; le maximum s'est produit au mois de janvier 
et s*est élevé à 87 centièmes; le minimum, au mois d'août, a été 
de 51 centièmes. 

Le température, pendant les douze mois des observations con- 
signées au tableau n^2 (p. 404), a atteint un maximum de 45^,3; 
le minimum, constaté le 18 février 1865, a été de 1** au-dessus de 
zéro. L'écart considérable qui existe entre ces deux chiffres et 
l'élévation du maximum sont remarquables. Ce dernier atteint, à 
deux degrés et une fraction près, la plus haute température qui, 

1 Actuellement Tizi-Ouzon reçoit aussi des eaux prises dans un puit creusé dans 
les alluvions du Sébaou et refoulées par une machine. 



394 LA KABYLIE. 

selon Kraëntz, ait été notée sur les divers points du globe. Le 
chiffre de kT,h, que ce météorologiste donne comme Textrême de 
température maxima, a été observé par Burkardt à Esné, dans la 
haute Egypte, pendant un khamsin ou vent du sud*. L'année sui- 
vante donne pour Tizi Ouzzou un maximum un peu moins élevé, 
42°,2; il peut être considéré comme le plus* haut degré thermo- 
métrique dans les années moyennes. 

Les pluies sont abondantes à Tizi Ouzzou pendant au moins six 
mois de Tannée; ^lles commencent ordinairement à la fin d'octobre 
pour se prolonger pendant Tautomne et Thiver. Après quelques 
intermittences d'une durée variable , elles s'établissent définitive- 
ment, et ne cessent guère que vers le mois de juin. Dans les mois 
d'août et de septembre quelques orages surviennent, surtout 
après les séries de journées pendant lesquelles souffle le vent du 
sud ou sirocco; ils apportent dans la constitution de l'atmosphère 
une fraîcheur bienfaisante, mais malheureusement trop passagère. 

Fort-National est situé à 36** 29' 20" de latitude nord, et à 
1^45' 41'' de longitude est, à^peu près exactement au centre de 
la Kabylie. Son altitude est de 961 mètres au point culminant, 
de 901 au point le plus déclive. Les constructions coloniales et les 
divers établissements militaires que ce poste renferme sont étages 
sur la face nord d'un vaste mamelon raviné , qui faisait partie , 
avant l'occupation française, du territoire d'Icheràïoun en, viUage 
des Aït Iraten. La face sud de ce mamelon est presque taillée à 
pic au-dessus d'un ravin de plusieurs centaines de mètres de pro- 
fondeur. 

Si la solide position stratégique de Fort-National satisfait , pour 
l'avenir de notre domination en Kabvlie, nos tacticiens et nos in- 
génieurs militaires, elle peut répondre aux désirs des touristes 
amateurs des sites pittoresques et des horizons larges et acci- 
dentés. 

Si Ton se place sur le point culminant du fort, on a devant soi, 
en se tournant vers le sud, les massifs des Aït Yenni, des Alt Bou- 
drar, des Aït Aïssi, entre lesquels serpentent, en se sculptant 

* Kraëatz, Traité de météorologie ^ 1858, p. 157. 



TOPOGRAPHIE MEDICALE. 



395 



un lit dans le rocher, Toued Takkoukht et Toued Djem&a. Des 
contre forts, tantôt gris, rocheux et pelés, tantôt revêtus d'une 
verte parure de bois et de moissons, se détachent sur le rideau 
dénudé, déchiqueté et dentelé que forme au dernier plan la grande 
chaîne du Jurjura. Les principaux pitons de cette chaîne sont : 
TAlzer, qui s'élève à 2066 mètres; Lalla Khedidja, qui atteint 
2308 mètres ; TAzrou-n-Tidjer et rAzrou-n-Tehour, dont la hauteur 
dépasse 1800 mètres. Il serait difficile de donner une idée des bi- 
zarres effets de lumière qui se produisent sur ces montagnes, lors- 
que, l'hiver, elles sont couvertes de neige : à chaque instant, se- 
lon l'obliquité des rayons solaires, on y découvre de nouveaux 
détails avec les formes les plus inattendues, les colorations les plus 
variées et les plus riches. 

Du côt^ de l'ouest, au fond d'un ravin vertigineux, serpente 
l'oued Alssi; plus loin, au-dessus du massif des Alt Alssi, Tœil 
rencontre les sombres arêtes des HaÀtka et des Iflissen. A l'est, 
l'horizon s'étend jusqu'à la chaîne des Aït Idjer, qui sépare la 
vallée du Sébaou de celle de l'oued Sahel. Enfin, au nord, le re- 
gard plonge sur le cours du Sébaou, depuis les Aït Fraouçen jus- 
qu'à Tizi Ouzzou ; entre les sinuosités décrites par les sommets 
des montagnes des Alt Djennad et des Ouaguennoun, la mer se 
détache par une ligne glauque de l'azur du ciel. 

Parmi les points habités dans le haut Jurjura, il en est peu qui 
dépassent de beaucoup l'altitude de Fort-National. On trouve 
cependant quelques villages situés à plus de 1000 mètres; nous 
citerons : Iferahounen, des Alt Itsourar', qui est à 1196; Tala-n- 
Tazart, à 1142; Tiferdhoud, des Alt bou Yousef, à 1182. Les posi- 
tions culminantes dans les divers massifs sont : Icherridhen, des Aït 
Iraten, à 1055 mètres; Halouan, des Igouchdhal, à 991; Tililit, 
des Aït Menguellat, à 971; Ait Salah, des Alt Idjer, à 966; Aït 
el-Arbà, des Aït Yenni, à 888. Les villages des Aït Aïssi, des Maâ- 
tka , des Aït Djennad, des Iflissen, des Aït Ouaguennoun, occupent 
tous des altitudes inférieures à 900 mètres. 

Ces chiffres peuvent être considérés comme faisant partie ou 
s'approchant beaucoup de la moyenne des altitudes habitables, 
si l'on se rappelle que des centres de population sont établis sur 







à 



■ J 



396 LA KABYLIE. 

divers points du globe à plus de deux mille mètres au-dessus du 
niveau de la mer. A ces hauteurs extrêmes où il est donné à 
l'homme de vivre, toute son économie est influencée par la raréfac- 
tion considérable de Tatmosphère. Les Européens, transportés sur 
les hauts plateaux du Mexique, éprouvent des accidents qui ont 
surtout été bien décrits par H. Jourdanet^, et, plus récemment, 
par plusieurs de nos médecins militaires, M. Cavaroz, entre 
autres-. Le premier phénomène qui se produit est Taccélération 
des mouvements respiratoires ; elle a pour but de suppléer, par 
la multiplicité des ampliations du thorax, à l'insuffisance de Thé- 
matose. On observe au contraire, dans l'appareil de la circula- 
tion, une perturbation qui se traduit par la diminution de fré- 
quence et de force des battements du cœur. Le poumon n'a pas 
Tampleur nécessaire pour absorber sous un énorme volume d'air 
la quantité d'oxygène nécessaire à la réparation du sang et à l'ex- 
citation du cœur. Le résultat de ce défaut d'équilibre entre les deux 
fonctions est une dépression des forces , un affaiblissement de la 
constitution , qui peut être bientôt suivi des désordres les plus 
graves. M. Jourdanet a tracé un tableau éloquent de la maladie 
des montagnes; il oppose au portrait de l'Européen qui tente 
l'acclimatement aux altitudes extrêmes celui de l'indigène, qui 
possède une poitrine dont l'ampleur dépasse les proportions qu'on 
devrait attendre de sa taille peu élevée. 

Aux altitudes kabyles, si le trouble des fonctions est peu pro- 
noncé chez les individus qui y séjournent accidentellement, il 
n'en est pas moins appréciable; il serait fatal à ceux qui porteraient 
en eux un germe de phthisie ou seulement une simple prédisposi- 
tion à cette maladie. Chez le Kabyle qui est né dans l'atmosphère 
raréfiée mais pure du Jurjura, le chiffre normal élevé des mouve- 
ments respiratoires devient favorable au développement des mus- 
cles et de la cage du thorax; la force de la circulation se met en 
équilibre avec l'activité de la respiration ; son énergie se traduit 

i L'air raréfié, dans ses rapports avec l'homme sain et avec Vhomme malade, 
Paris, 1862. — Note sur l'anémie dans ses rapports avec Valtitude (Séances de 
l'Académie de médecine, 1863). 

^ De la respiration sur les hauts plateaux de ÏAnahuac (Mémoires de médecine 
militaire , 3« série , t. XIV). 



TOPOGRAPHIE MEDICALE. 397 

extérieurement par la turgescence et la coloration du système 
capillaire. Comme conséquence de cet équilibre, Tappétit est éner- 
gique, la digestion facile , la nutrition parfaite. Le montagnard 
kabyle a la poitrine large et développée, le teint coloré, les mas- 
ses musculaires saillantes , les insertions tendineuses sèches, Tes- 
prit vif et les passions mobiles. Le Kabyle de la plaine ou des val- 
lées, au contraire, est pâle, bouffi; son système musculaire est 
grêle, ses articulations sont plus ou moins engorgées; son allan- 
guissement physique se traduit au moral par la paresse intellec- 
tuelle et rinsouciance. Le premier est sanguin nerveux, le second 
est lymphatique. 

Toutes les eaux, dans la haute KabyUe, sont courantes; on ne 
rencontre que par exception les conditions dans lesquelles se for- 
ment les marécages. La déclivité du sol, sa constitution rocheuse, 
qui le rend imperméable, facilitent le rapide écoulement des eaux. 
Nous verrons plus loin, en parlant des maladies des Kabyles , de 
quelle façon des sources miasmatiques artificielles peuvent être 
créées aux alentours des villages par la négligence des habitants. 

 Fort-National, deux fontaines, placées à mi-côte du ma- 
melon des Icheràlouden, suffisaient avant la conquête aux besoins 
de la petite communauté kabyle. Depuis la création de rétablis- 
sement français, leur débit s'est trouvé trop faible pour une gar- 
nison de 800 à 900 hommes, et une population coloniale de 200 
individus. Des sources abondantes ont été captées sur la monta- 
gne d'Aboudid, située à un kilomètre du fort; leurs eaux arri- 
vent, par des conduits de maçonnerie, à un réservoir établi dans 
la portion est de la ville, et sont distribuées ensuite dans les dif- 
férents quartiers au moyen de tuyaux en fonte et de bornes-fon- 
taines. Deux puits ont de plus été creusés près de la face nord de 
Tenceinte et dans une position déclive. 

Toutes les eaux qui approvisionnent Fort-National sont essen- 
tiellement potables ; leur examen chimique qualitatif, que nous 
devons à Tobligeance de H. Bonnard, pharmacien en chef de 
Thôpital militaire, donne les résulats suivants : 

L'eau de la conduite d'Aboudid est incolore, d'une transparence 
parfaite, d'une saveur agréable. Sa fraîcheur est médiocre en rai- 



i 



1 



400 LA KABYLIE. 

mars; il dépasse rarement 3 degrés au-dessous de zéro. Pendant 
les deux années dont nous donnons les observations, la tempéra- 
ture la plus basse pour Fort-National a été 4°,5. La différence 
entre les points thermométriques extrêmes constitue, pour ce 
poste, une échelle assez étendue de variations, mais néanmoins 
plus limitée qu à Dellys et surtout à Tizi Ouzzou. L'écart maximum 
a été, en 1865, de 40**, 7 pour Dellys, de 44*", 3 pour Tizi Ouzzou; 
Tannée suivante, il a été de 34'',6 pour Dellys, de 41°,4 pour 
Tizi Ouzzou. 

Dellys doit à sa position littorale, à la prédominance des vents 
du large et à T heureuse action de la brise marine, d'échapper aux 
influences de Tendémie algérienne. Ce fait, que la météorologie 
fait prévoir, concorde avec l'observation. Les prédominances mor- 
bides sont rares à Dellys; les fièvres intermittentes n'y apparais- 
sent que pendant quelques jours au printemps et à l'automne; elles 
sont, en général, sans gravité et de courte durée. Les maladies 
de poitrine sont à peine mentionnées dans le résumé des obser- 
vations de MM. Foch et Lafon. 

A Tizi Ouzzou, les fièvres d'accès, sauf pendant l'hiver, figurent 
dans la constitution médicale de chacun des mois de l'année; elles 
y sont généralement graves , et revêtent la forme pernicieuse à 
l'époque où le dessèchement du sol se produit par les grandes 
chaleurs. Pendant les mois d'automne apparaissent les ophthal- 
mies catarrhales ou muco-purulentes, qui y prennent un carac- 
tère véritablement épidémique, à tel point que presque tous les 
habitants, soit indigènes, soit Européens, en sont atteints. On peut 
désigner comme l'une des causes de ces ophthalmies l'éclat de la 
lumière réfléchie par un sol privé de végétation et poussiéreux. 
Enfin l'hiver même amène avec lui les maladies inflammatoires 
des voies aériennes. 

A Fort-National, les fièvres intermittentes ne s'observent qu'ex- 
ceptionnellement dans la population civile. L'élément militaire 
en est plus fréquemment atteint, à cause de sa mobilité. En effet, 
dans les années où la garnison est renouvelée , les fièvres sont 
assez fréquentes chez les soldats , mais seulement chez ceux qui 



TOPOGRAPHIE MÉDICALE. 401 

ont pu prendre le germe de ces maladies dans des postes où sévit 
Tendémie palustre. Nous nous proposons du reste de revenir plus 
loin sur ce fait d'observation. Pendant la majeure partie de Tan- 
née , les changements brusques de la température qui accompa- 
gnent la formation des brouillards, les vents violents et subits, 
provoquent des maladies inflammatoires souvent assez graves. Ce 
sont surtout les organes de la respiration qui subissent Tinfluence 
des perturbations météorologiques. 

Nous pensons qu'il est rationnel d'étendre aux trois zones alti- 
tudinales de la Kabylie, dans une mesure que doivent nécessaire- 
ment modifier certaines conditions locales, ce que nous avons dit 
de Dellys, de Tizi Ouzzou et de Fort-National. La région mari- 
time jouit d'une constitution médicale exceptionnelle, qui se 
caractérise par l'absence de toute prédominance morbide. La ré- 
gion des plaines et des grandes vallées présente, à des degrés 
différents, le catalogue pathologique de Tizi Ouzzou : sur le cours 
de l'oued Alssi , de l'oued Bougdoura , du haut Sébaou , partout 
enfin où la constitution du sol, la pente des terrains, ne favori- 
sent pas la progression des alluvions et l'écoulement rapide des 
eaux débordées, on trouvera les cachexies paludéennes et les 
affections viscérales qui les accompagnent. Dans la zone des mon- 
tagnes, à partir d'une altitude de quatre à cinq cents mètres, on 
observera des conditions climatériques semblables à celles qui 
caractérisent Fort-National : une atmosphère pure, mais des 
vicissitudes pénibles de température , qui impressionnent fâcheu- 
sement les organismes fatigués ou les constitutions faibles. 



1. 



26 



LA K.ABYL1E. 



Tablead h* I. 



' Ritumé memuel des oburoalioiu 
par M. k 





BAROHËTRE A ZËHO. 


TEMPÉBATURB 


— 




DATES. 


î 

1 


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FéTTier 18S5. 


767 


65 


746 


S3 


756 


04 


10 


36 


19,8 


6 




IS.l 


10.8 


8.72 


76 




Hara 


786 


50 


74t 


10 


765 


95 


9 


33 


25.6 


4 




18.0 


14.4 


7.07 


67 




Avril 


763 


96 


761 


87 


75S 


08 


12 


09 


î7.a 


5 




17.6 


13.5 


10.49 


71 


































es 






































Juillet 


761 


64 


748 


10 


758 


55 




10 


34.0 


19 




26.1 


1Ï.6 


16 00 


69 




Août 


7GI 


20 


7Ô9 


30 


7S8 


16 


6 


60 


44.9 


20 




28.3 


17.8 


14.00 


4S 




Septembre... 


783 


10 


766 


60 


761 


07 


. 


10 


35.0 


19 




26.9 


12.0 


15.96 


68 




Octobre 


769 


40 


762 


00 


757 


73 


7 


90 


31.9 


16 




93.3 


U.2 


11.61 


68 




NoTembre.... 


768 


00 


751 


90 


759 


82 


10 


60 


28.3 


10 




19.1 


4.9 


8.26 


67 






789 


00 


753 


ÏO 


763 


79 


B 


20 


27.0 


8 




11.! 


6.8 


7.85 


68 




JtnTier 18SG . 


770 


80 


758 


00 


763 


23 


8 


80 


22.8 


9 




IS.O 


11-7 


7.50 


67 




FéTrier 


■ 




> 




" 






» 


- 






Mare 


» 




" 


» 










» 






ATril 


« 












■ 


• 


' 



























(1) Température ob»«rvèe à Alger par HH. Loyer et Rletschel. 



TOPOGRAPHIE MÉDICALE. 



métiarotûgiquet faites à Dellys, en 186S et 1866, 
docteur FoçH, 



0.8.-0. 
0.8.0. 



constiti;tio,h médicale. 



TEHPËHATUKE D'ALGER. 



.8 


7.0 


12.48 


.4 


fl.û 


13.70 




6.4 


16.76 




n.! 


1B.90 




17.0 


24.00 




19. & 


2S.O0 




19. B 


JB.B7 




la.D 


34.86 




16.5 


23.06 




fl.O 


17.65 






13. 3& 




8.0 


11.5* 



LA. KABYLIE. 



Tableau h" II. — Itétumé menêuel dtt obseroationa 
par M. le docteur 



BAHOHËTRE A ZÉRO. 



TBBBMOMËTRE 



FéTri«r 1865. 

Mars 

ATrii 

Mai 

Juillet 

AoAt 

Septembre . . , 

OctiAw 

Novembre . . . 
Décembre. . . 
Janfier 1B66. 



7*7.19 
7*5.68 
735.90 
734.61 
731.70 
734.80 
747.80 



730. 50 
7Ï7.7I 
72S.46 
716.4(1 
7Ï9.M 
7Î7.IO 
727.70 
741.50 
735.10 
735.90 
737.10 
73t.60 



737.88 
733.80 
732.10 
731.94 
736.40 
731.15 
744.65 
741.00 
743.00 
746.36 



Quantité de pluie tombée eD un ai 



TOPOGRAPHE MÉDICALE. 



405 



météorologiques faites à Tizzi Ouzzou^ en 1865 et 1866 
Delcominète. 



HYGROMÉTRIE 



s. 
t 






7.18 



6.58 



10.19 



12.04 



13.78 



13.92 



13.92 



14.00 



12.50 



8.66 



7.13 



6.73 



3 



H 



ÉTAT 



IfOYXX 



da ebt 



83.0 



80.0 



75.5 



68.0 



62.0 



52.0 



51.0 



60.0 



76.0 



85.0 



85.0 



87.0 



7.4 



7.0 



5.1 



4.2 



4.5 



0.8 



2.1 



2.5 



5.5 



3.8 



5.2 



3.8 



PLUIE. 

TOTAUX 

mensntls 
(mOUm.). 



142.3 

204.0 

116.0 

154.8 

36.2 

0.0 

1.6 

4.6 

61.4 

81.5 

129.0 

54.0 



985.4 



VENTS. 



Divaeikm. 



0. s.o. 

0. 

0. 

0. 

N.-O. 

Variable. 

S.-O. 

Variable. 

Variable. 

N.-E. 

N. 
N.-E. 



CONSTITUTION MÉDICALE. 



1.6 ; 



1.0 \ Aff eotkmt pulmoiudrw { flèrroc intennittantet. 



1.2 



1.5 
1.4 
1.5 
1.6 
1.2 
1.2 
1.2 
1.0 
1.9 



\ 



FUttm IntennittantM. 

ViiTm intermittentes ; aff «étions palmonalres 
rnrea. 

yièrres intermlttentee et rémittcntet. 

Fièmc intennittentes et rémittontee; tkrtéê 

Flèrrot Intennittentee ; ophthAlmiet. 



Qwheil— paludéennes ; affections polmonairea. 



Afleotions polmonaires ; rarlole ; ophthalmlM. 



Bhamationes ; affeotkms des Toles respiratoires. 






406 



LA KABYLIE. 



Tableau n^ III. — Résumé des observations météorologiques 

par M, le 




FéTrier 1865 

Mars 

AyrU 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre . . 

Octobre 

Novembre... 
Décembre... 
Janvier 1866 



BAROMÈTRE A ZÉRO. 



THERMOMÈTRE 

A l'ombre. 



689.93 



688.96 



687.06 



687.26 



687.89 



687.64 



689.45 



690.28 



689.44 



691.91 



691.74 



692.39 



i 


I 



672.68 



669.12 



678.38 



678.95 



681.97 



681.95 



681.99 



683.98 



677.81 



678.55 



678.75 



676.49 



e 



681.30 



679.04 



682.76 



683.10 



684.93 



684.79 



685.72 



687.13 



683.62 



685.23 



685.24 



684.44 



i 
1 

I 

•a 

< 



9.97 



7.12 



5.42 



5.40 



3.00 



3.89 



4.38 



3.41 



5.38 



6.40 



8.64 



10.76 



i 

B 


• 

1 



S 


1 


15.0 


1.5 


6.75 


16.5 


2.2 


7.75 


24.0 


1.0 


11.50 


31.2 


8.0 


19.60 


29.5 


12.0 


20.75 


33.3 


14.8 


24.05 


36.8 


16.0 


25.90 


29.2 


13.2 


21.20 


25.9 


8.2 


17.05 


20.2 


3.2 


11.70 


16.7 


1.2 


7.75 


15.8 


0.8 


8.30 



% S 



5 



11.5 



12.3 



14.4 



15.3 



14.7 



19.8 



16.5 



11.9 



14.4 



10.2 



8.2 



10.1 



Quantité de pluie tombée en un an. 



TOPOGRAPHIE MÉDICALE. 



faites à Fort-National, de février 1865 à 1866, 
doctevr Hattutb. 



moj»». 


1 


1 


6.25 


80 


S. 07 


7S 


7.89 


CI 


7.6S 


44 


10.63 


5S 


11.87 


47 


10.32 


'■ 


9.81 


61 


9.12 


68 


6.67 


56 


6.7S 


8Ï 


5.34 


75 



K.-O. O. 

N.-O.O. 

N.-O. 0. 
N.-O.S.-E. 
H.-E.N.-O- 

B. ^.-0. 

E. N.-O. 
N.-K. 

N.-O.O. 

N.-O.O. 

M. -0.0. 

0. S.-O. 



CONSTITUTION MËDICALB. 






LÀ KABTLIE. 



HABITAIIOnS. 



S peuple kabyle, confiné par des circonstances origiaelles, 
des nécessités politiques, dans d'étroites limites territoriales, 
, fixé résolument au sol qu'il devait défendre , pendant une 
i de siècles, contre les efforts envahissants des races conqué- 
es. La vie pastorale et errante des Arabes était impossible 
Kabyles, en raison du blocus auquel les soumettaient des 
tns hostiles et vigilants. Ils se sont donc solidement retranchés 
s leurs montagnes, et y sont devenus essentiellement agricul- 
s, industriels et commerçants. Sollicités d'ailleurs par les 
mpéries du climat, ils ont construit des habitations, et les ont 
lomérées dans un but de mutuelle assistance. 
a voyageur qui traverse la Kabylie est frappé par la situation 
>resque des villages, qui couronnent la plupart des saillies 
uleuses des contreforts du Jurjura. Le blanc minaret d'une 
quée domine souvent des maisons de pierre, recouvertes de 

iS. 

es villages ont nécessairement ta configuration des crêtes sur 
uelles ils sont construits; ils sont généralement longs et étroits, 
maisons sont rangées assez régutièremeot suivant une voie 
icipale, à laquelle aboutissent des nielles strictement Eissez 
;es pour livrer passage à un mulet chargé. La situation des 
iges sur les crêtes avait sa raison, avant l'occupation française, 
s ta nécessité, pour chaque tribu ou chaque fraction de tribu, 
>epousser facilement les attaques ordinairement fréquentes de 
ins querelleurs. Chaque hameau, chaque village, était une 
te place de guerre. La mosquée, crénelée et barricadée, ser- 
de réduit aux derniers et plus vaillants défenseurs. La 



HYGIENE. 409 

position des villages a encore un autre motif : la terre cultivable , 
suffisant à peine aux besoins d'une nombreuse population, est 
ménagée autant que possible ; les crêtes dénudées, rocheuses, inu- 
tiles à lagriculture, sont réservées à Tassiette des habitations, 
pour peu qu'elles soient abordables par des sentiers muletiers. 
Quelques villages cependant sont situés sur des plateaux en contre- 
bas des crêtes; ils sont, d'ordinaire, occupés par des familles 
de marabouts et des zaoulas : ils échappent alors , par leur des- 
tination reconnue d'utilité publique et par le saint caractère de 
leurs habitants, aux nécessités de la défense. 

De la position des villages sur les croupes des montagnes, ré- 
sultent des conditions qui entraînent, au point de vue de l'hy- 
giène, des conséquences variables. Si le sol sec et rocheux sur 
lequel les maisons sont bâties est une circonstance favorable à 
leur salubrité ; leur élévation les expose à être continuellement 
battues par les vents, ordinairement assez violents, de quelque 
direction qu'ils soufflent. 

Dans la plus grande partie de la Kabylie, les centres de popu- 
lation se présentent sous un aspect pittoresque et riant; mais cette 
apparence d'un bien-être décevant est loin de s'oflfrir partout 
aux yeux de l'étranger. On trouve souvent de grossières huttes 
de pierre et de boue, recouvertes d'une charpente primitive, revê- 
tue elle-même de plaques de liège irrégulièrement assemblées; 
dans certaines vallées du littoral, on voit des gourbis de branches 
entrelacées et réunies entre elles par un mortier de terre et d'ex- 
créments d'animaux. 

Dans les beaux villages, les maisons, construites en pierres et 
en mortier de terre, sont réunies à angle droit par deux ou trois, 
de façon à ménager entre elles une cour intérieure. Dans chaque 
corps de logis habitent non-seulement les membres d'une famille 
humaine, composée en moyenne de trois ou quatre individus, mais 
encore toute la domesticité animale : l'âne ou le mulet, la vache, 
la chèvre ou le bouc. Tout ce monde vit, respire, au moins pen- 
dant la nuit, dans un espace que l'on peut à peine évaluer àsoixante 
mètres cubes, et dans lequel le renouvellement de l'atmosphère 
semble soigneusement prévenu. La quantité d'air contenue dans 



410 LA K4BYLIE. 

cet espace suffirait à peine à alimenter la respiration d'un adulte 
pendant dix heures, en admettant avec Pécletque le volume d^air 
à fournir dans les habitations doit être égal à six mètres cubes 
par individu et par heure. 

L'intérieur de la maison kabyle est invariablement distribué de 
la manière suivante. 

La porte, seule ouverture capable de donner au réduit de Tair 
et de la lumière , est assez basse pour qu^un homme de moyenne 
taille soit obligé de se baisser pour y passer; elle se trouve à peu 
près au milieu d'une des longues faces du corps de logis. L'uni- 
que pièce de Vhabitation est divisée en deux parties inégales 
par un petit mur {bank) , qui s'élève à un demi-mètre au-dessus 
du sol. La portion la plus vaste est habitée par la famille; son 
étendue est égale à peu près aux deux tiers de la capacité de la 
chambre; elle est un peu élevée au-dessus du sol extérieur par un 
pavé de maçonnerie. La portion la plus étroite est réservée aux 
bestiaux : c'est une écurie assez mal tenue , dans laquelle s'en- 
tasse une litière malpropre et où séjournent les déjections anima- 
les. Sur le mur qui sépare ces deux compartiments sont rangées 
de grandes jarres de terre, dans lesquelles on conserve les pro- 
visions de fruits secs, de grains et de farine. Au-dessus de Técurie 
se trouve une sorte de soupente (thakenna), sur laquelle sont em- 
magasinés la provende des bètes et les ustensiles de toute espèce. 
Dans Tespace réservé à la famille se rangent des nattes et des tapis, 
que Ton transforme en lits, en les étendant le soir sur le sol; des 
coffres et des vases culinaires. A une distance de trente ou quarante 
centimètres de la muraille et au fond de la chambre , une cavité 
circulaire de quelques centimètres de profondeur à son centre 
est creusée dans le sol ; c'est le foyer domestique [kanoun] . 

Le Kabyle est donc placé, dans son habitation, au milieu des 
conditions les plus défavorables à la conservation de la santé. Les 
vapeurs ammoniacales de l'écurie, se mêlant à la fumée du foyer, 
qui ne s*échappe que lentement par les interstices de la toiture, 
constituent une atmosphère des plus infectes et des moins propres 
à la respiration. Si l'on joint à ces circonstances le renouvelle- 
ment insuffisant de l'air, l'absence de lumière , l'humidité , l'en- 



HYGIÈNE. 411 

combrement, on complétera la liste des causes les mieux recon- 
nues de la détérioration des constitutions les plus robustes , du 
développement de certaines aflections générales, telles que Tané- 
mie, la scrofule; d'accidents locaux, comme les ophtalmies; enfin, 
de Torigine et de la transmission de maladies infectieuses , telles 
que le typhus et la fièvre typhoïde. 

Dans tous les villages existe une sorte d^édifice public où, pen- 
dant le jour, se rassemblent les oisifs qui veulent échapper à 
Tatmosphère infecte de leurs habitations. La Djemâa (lieu d'as- 
semblée) est ordinairement établie à l'entrée du village , sur un 
point isolé et culminant. Elle consiste en une assez vaste salle , 
garnie, sur les grands côtés, de larges bancs de pierre; deux 
portes y assurent une ventilation suffisante. Les hommes seuls 
fréquentent la Djemàa; ils viennent y faire la sieste, ou s'y réu- 
nissent pour discuter les questions d'intérêt commun, ou bien 
encore pour y échanger les nouvelles politiques ou scandaleuses. 

Quelques villages sont assez proprement tenus, ce sont les plus 
rares; dans le plus grand nombre , les rues sont encombrées par 
les dépôts d'immondices, et reçoivent directement les liquides qui 
s'écoulent des écuries par un petit chenal. Les fumiers, les débris 
de toute espèce, s'amoncellent autour du village et y constituent, 
à la longue, un humus fertile. Le rocher disparaît bientôt sous 
ces amas, dont la végétation s'empare. Des figuiers, des frênes, 
des pampres, encadrent alors coquettement les habitations et leur 
donnent par une fraîche verdure un air d'aisance et de galté. Le 
voyageur qui s'engage dans les sentiers qui conduisent à ces 
riantes oasis en est bientôt repoussé par une foule de sensations 
désagréables. 

VÊTEMENTS. 

Quelle que soit l'altitude qu'il habite, et malgré les variations 
saisonnières de la température, le Kabyle est uniformément vêtu, 
et pour ainsi dire à demi nu. 

Les hommes portent une large chemise de cotonnade ou de laine 
grossière [thadjellabt) ; par-dessus cette chemise, un ou deux bur- 
nous. Leur tête est couverte d'une ou plusieurs calottes imbriquées, 



412 LA KABYLIE. 

de laine tricotée; la plus extérieure est ordinairement de drap 
rouge. Leurs bras, leur cou, leurs jambes, sont nus. 

La chaussure confectionnée est un objet de luxe en Kabylie ; les 
gens les plus riches portent des babouches, comme les Arabes ; les 
pauvres, lorsqu'ils ont à faire de longues routes, enveloppent 
leurs pieds dans un morceau de cuir quadrilatère et oblong, dont 
les angles, repliés derrière le talon et sur les orteils , sont fixés dans 
cette position par des cordes de sparterie, qui s*entre-croisent sur 
le cou-de-pied et se nouent au-dessus des malléoles. Dans la saison 
des pluies ou de la neige, le Kabyle chausse le kobkah, espèce de 
patin de bois d'une seule pièce. Ce patin consiste en une semelle 
ovale et plane, de la face inférieure de laquelle se détachent deux 
tasseaux verticaux, d'une hauteur de cinq à dix centimètres; par 
cette disposition, la semelle est complètement isolée du sol et pré- 
servée de rhumidité. Le kobkab se fixe au pied par deux brides 
de cuir; Tune passe transversalement au-dessus du cou-de-pied; 
Vautre, fixée à la partie antérieure de la semelle, se rattache à la 
première en passant entre le premier et le second orteil. Cette 
chaussure, assez mal assujettie au pied, est beaucoup trop élevée 
pour la surface qu'elle présente au sol : elle expose les individus 
qui la portent aux entorses et à leurs suites graves. 

Les femmes ne sont pas vêtues d'une façon plus hygiénique que 
les hommes. Une grande pièce d'étofi^e de laine ou de coton fait, 
le plus souvent, tous les frais de leur habillement : pliée en deux 
suivant la longueur, elle se dédouble sur Fun des côtés du corps ; 
les deux chefs sont réunis sur les épaules par deux fortes broches 
de fer ou d'argent, et serrés autour de la taille par une ceinture 
de soie ou laine. Les bras passent par des échancrures ménagées 
dans les plicatures de ce vêtement, qui a quelque analogie, par 
la façon dont il est drapé, avec la tunique de la statuaire grecque. 

La coiffure des femmes est constituée par un capuchon de lin 
ou de soie [achouaou thabenikt), serré autour de la tète par des 
mouchoirs et flottant en arrière du cou et sur les épaules. 

Ces vêtements, strictement nécessaires pour sauvegarder la 
pudeur, mais certainement insuffisants pour préserver le corps 
des injures du froid, sont les seuls que portent habituellement les 



HYGIÈNE. 413 

femmes. Dans les grands jours de cérémonie , elles y adjoignent 
quelques mouchoirs à couleurs voyantes, fixés aux épaules ou aux 
hanches, ou jetés sur la tète en manière de Voile. Leur parure con- 
siste en bijoux, quelquefois assez finement ouvragés et élégam- 
ment émaillés, d'argent pour les riches, d*un alliage de peu de 
valeur ou de cuivre pour les pauvres. Ce sont des bracelets de 
jambe [khalkal) , et de bras {imkiasen) , des anneaux d*oreilles 
[lethrag)^ des colliers {tazlagt)^ etc. 

Les vêtements des hommes et des femmes kabyles, lorsqu'ils 
sont propres et convenablement ajustés, présentent à l'œil un en- 
semble original, qui ne manque pas d'une certaine grâce; mais, 
le plus souvent, les déchirures, la crasse et la boue leur font subir 
une transformation défavorable à leur élégance. Les Kabyles por- 
tent leurs vêtements jusqu'à une usure avancée sans les passer 
au savon ni à la lessive ; les plus riches seuls mettent quelque 
vanité à se revêtir d'un burnous blanc les jours de grandes fêtes 
ou de démarches officielles. 

ALIMENTS. 

Le couscous est en Kabylie, comme en pays arabe, la base de 
l'alimentation; il y porte le nom de seksou ou de tadm. Le taàm 
n'est autre chose que de la farine granulée par une opération ma- 
nuelle qui entre spécialement dans les attributions des femmes. 
Placée dans un vase en terre dont le fond est criblé de trous, cette 
farine granulée subit une sorte de coction par la vapeur qui se dé- 
gage d'un récipient inférieur, qui contient de l'eau , de la viande, 
des légumes et des plantes aromatiques. 

Les individus qui sont dans l'aisance mangent le taÂm guirden, 
qui est fabriqué avec la farine de froment, les pauvres, le tadm- 
en'ttmzin ou de farine d'orge, le taàm el-bechna ou de farine de 
sorgho, le taàm oubellout ou de farine de glands. Lorsque la pâte 
est arrivée à un degré de cuisson convenable, on la renverse sur 
un grand plat de terre vernissée ; la viande est mise par-dessus; 
chaque convive creuse dans la pâte avec sa cuiller une cavité dans 
laquelle il verse le bouillon. Ce bouillon , très relevé en goût par 
une assez forte proportion de poivre et de piment, coloré en rouge 



414 LA KABYLIE. 

par de la poudre de tomates, constitue la sauce du taàm ou la 
merkda. Tous les convives sont rangés autour du même plat, 
comme nos soldats à la gamelle. 

La viande que Ton met à la marmite pour la préparation du 
couscous est tantôt la chair du mouton [aksoum), tantôt celle du 
bœuf [aksoum bouzgueur), La viande est encore assez ordinaire- 
ment servie, dans les repas kabyles, sous forme de rôti [akamf] ; 
on prépare de cette façon la perdrix, la caille et, en général, 
tous les petits oiseaux. 

Malheureusement, la viande n*est pas, pour un grand nombre 
de Kabyks, la nourriture la plus habituelle : beaucoup n'en man- 
gent qu'une ftii& par semaine , le jour du marché ; les plus pau- 
vres seulement lorsqu'un événement important devient l'occasion 
d'une timecheret ou distribution, à laquelle participent tous les 
membres du village, riches oa Indigents. Cependant, il faut bien 
l'avouer, cette nourriture essentielleimm^t réparatrice est, en géné- 
ral, plus à la portée de toutes les bourses en Ibbylie que dans cer- 
taines régions de la France pour nos paysans. A c^ACun des mar- 
chés qui se tiennent une fois par semaine dans chaq«^ grande 
tribu, on abat des bœufs, des moutons en assez grand noaubre; 
les gens qui y viennent en foule pour y vendre les produits de leurs 
industries ou de leurs terres retournent rarement chez eux sans 
consacrer une partie de leurs bénéfices à l'achat d'une provision de 
viande, si petite qu'elle soit. 

Le lait est servi dans presque tous les repas, ou bien frais {aïfki)y 
ou bien sous forme de caillé [tiklilt, agouglou); à l'époque 
des grandes chaleurs, le lait aigri (tV'e) constitue une boisson 
agréable et rafraîchissante. 

Les principaux légumes qui entrent abondamment dans l'ali- 
mentation des Kabyles sont : l'artichaut et le scolyme cultivé , 
dont les nervures foliales sont mangées crues ou bien cuites dans 
le bouillon ; de nombreuses variétés de légumineuses proprement 
dites, pois, haricots, fèves; auxquelles il faut joindre, par analogie 
de composition, le gland doux (beilout), fruit du Quercus Balloia. 
Ces produits féculents sont cuits à l'eau , ou réduits en farine et 
granulés pour entrer dans la préparation du couscous. 



HYGIÈNE. 415 

Le pain, préparé avec des farines imparfaitement blutées, se 
présente sous un aspect assez grossier. Le levain {ires-en-them- 
thount), obtenu par la fermentation d'une petite quantité de pâte 
pendant dix-huit à vingt heures, est incorporé par le pétrissage à 
une masse de pâte nouvelle. Après les manipulations convenables, 
cette pâte est divisée en petites portions aplaties , que Ton sau- 
poudre de farine, à la surface desquelles on incruste des graines 
aromatiques , et que Ton met au four ou dans une casserole de 
terre. Le pain ainsi fabriqué [ar'eroum-en-temthouni) est mal 
levé, imparfaitement cuit, par suite, d'une digestion assez dif- 
ficile. Une autre espèce de pain {ar'eroum akouran) est préparé 
sans levure et avec des farines de qualité très inférieure; on trouve 
ce pain dans les pauvres ménages, sous forme de galettes noires 
et d'un aspect peu appétissant. 

Les fruits abondent en Kabylie et entrent pour une part consi- 
dérable dans Talimentation. Le figuier est cultivé partout où la 
nature du sol le permet ; ses fruits, séchés [tazart) pour être con- 
servés pendant l'hiver, sont, parla grande abondance de leur pro- 
duction et parleur valeur vénale peu élevée, une grande ressource 
pour les gens nécessiteux. Un colporteur kabyle quelconque part 
pour Alger en n'emportant, comme provisions de bouche pour 
l'aller et le retour, que deux ou trois galettes de son pain le plus 
noir et à peine un kilogramme de figues sèches. Les fruits du 
Cactus Opuntia, que nous appelons figues de Barbarie, et que les 
Kabyles appellent, par opposition, figues des chrétiens, sont aussi 
très communs; ils se donnent plutôt qu'ils ne se vendent. Les jar- 
dins fournissent aussi presque tous nos fruits européens : du raisin 
délicieux, des poires, des pommes, des melons, des pastèques, etc. 

En i*ésumé, au point de vue de la qualité, le régime alimentaire 
de la majorité des Kabyles présente la plupart des conditions que 
l'hygiène peut prescrire : c'est un régime mixte, composé à peu 
près également de substances végétales et animales , et qui réunit 
dans sa constitution tous les principes trophiques immédiats. 
Malheureusement les exceptions sont nombreuses : les habitants 
des hautes régions ne vivent guère que de farine de glands, 
aliment non-seulement repoussant , même pour des appétits peu 



.116 LA KABYLIE. 

délicats, mais encore incomplet dans ses propriétés nutritives. Au 
point de vue de la quantité , le régime n'est que trop insuffisant 
en Kabylie pour de nombreuses individualités. Les maladies qu'en- 
gendre Finanition, les maladies de la misère, y sont probablement 
plus fréquentes que dans nos grands centres populeux , où certes 
les sentiments humanitaires ne manquent pas d'occasions de s'af- 
fliger de leurs sévices. 

COSMÉTIQUES. 

Si Tart d'appliquer au corps humain les substances ou les pré- 
parations destinées à dissimuler ou à réparer les outrages du temps 
et des maladies est encore à l'état d'enfance en Kabylie , il y est 
cependant assez généralement pratiqué. 

Les cosmétiques employés par les Kabyles sont peu nombreux, 
et presque tous à l'usage des femmes, pour lesquelles, même dans 
les pays les plus primitifs, la coquetterie a ses exigences et ses lois. 

Les femmes teignent leui*s cheveux, non seulement dans le but 
d'en dissimuler la décoloration anticipée, mais surtout dans le but 
de leur donner une rigoureuse teinte noire, qui seule est de mode. 
Si beaux et si noirs que leur cheveux soient naturellement, ils ne 
le sont jamais assez à leur gré. Le procédé qu'elles emploient est 
le suivant : un mélange de trois parties de noix de galle et d'une 
partie à'hadida * est délayé dans une proportion suffisante d'huile 
d'olives pour constituer une pâte presque liquide ; cette pâte est 
soumise à l'action de la chaleur pendant le temps nécessaire pour 
lui donner une belle couleur noire. Ainsi préparée, la mixture est 
appliquée sur la chevelure et y est maintenue pendant trois jours, 
au moyen de linges. A l'expiration de ce terme , les cheveux sont 
peignés, huilés; l'opération est terminée. 

Les sourcils se teignent par le même procédé. 

Les cils reçoivent une teinture spéciale, le koheul, destinée tout 
à la fois à parer l'œil et à le préserver de la vivacité et de l'éclat 
des rayons lumineux. Le koheul s'obtient par la pulvérisation du 

1 Vhadida est un alliage de sulfure d'antimoine et de pyrite de cuivre; il est ob- 
tenu sous forme de lamelles brunes, sonores, à cassure cristalline et brillante; il se 
réduit facilement en poudre par trituration dans un mortier de fer. 



HYGIÈNE. 417 

iazouli ou sulfure de plomb natif (galène) K Les femmes conser- 
vent le koheul d$ms un étui en roseau ouvragé, souvent suspendu 
dans les plis de leurs vêtements, en guise de parure. Une aiguille 
dépolie d'argent ou de fer, plongée dans la poudre métallique, 
est ensuite passée entre les cils sur le bord libre des paupières; elle 
communique à ces parties^ en se dépouillant sur elles de sa couche 
pulvérulente, une coloration noire bleuâtre, quia pour effet prin- 
cipal de donner de la douceur au regard. 

Pour épiler certaines régions de leur corps, lepénil et Vaisselle, 
le front (dans le but de Vélargir ou de l'exhausser) , les femmes 
kabyles emploient une composition qu'elles ne manient pas tou- 
jours sans danger. Elles préparent avec de la chaux vive {djir), 
avec du sulfure jaune d*arsenic ou orpiment {radj) et du savon 
vert , ime pâte très liquide , qui ne doit rester appliquée sur les 
parties à dénuder que quelques minutes ; mais qui dépasse souvent 
le but à atteindre, en étendant aux téguments son action éminem- 
ment caustique. Une vésication plas ou moins étendue et profonde, 
et même des symptômes d'empoisonnement peuvent résulter de 
rinexpérience ou de la maladresse dans l'emploi de la mixture 
épilatoire. 

Le fard, dont on colore fortement les joues des jeunes filles 
lorsqu'elles se marient, tranche assez désagréablement, par son 
rouge un peu vif, avec le bistre de leur visage. La substance prin- 
cipale qui entre dans la composition du fard est la gomme laque 
[louk). Cette gomme, qui possède une couleur rouge très belle, 
est réduite en poudre et mêlée avec de Talun [azarif), à parties 
égales. Le mélange est ensuite incorporé à une pâte faite avec 
des raisins secs, triturés avec une quantité suffisante de salive 
obtenue en mâchant Técorce de racine de noyer. On produit ainsi 
une sorte d'opiat dont on forme des trochisques coniques , que 
Ton roule dans une poudre odorante [sembel) 2, et que Ton fait 

> On a soayent dit et répété que le koheul arabe est un sulfure d'antimoine. Ou 
bien on s'est trompé, ou bien le koheul kabyle est d'une autre nature. Toutes les 
fois que nous ayons demandé celte substance, on nous a présenté soit de la galène, 
soit une poudre noire qui, traitée par la flamme du chalumeau, nous a donné pour 
résidu une petite masse de plomb métallique. 

> Sembel ou sumbul, ombellifère originaire de Perse. 

I. 27 



i 



418 LA KABYLIE. 

ensuite sécher. Lorsque les femmes veulent se farder, elles mouil- 
lent préalablement leurs joues avec de la salive, puis les frottent 
légèrement avec la matière colorante. 

Le tatouage [ticheradh) est fréquemment pratiqué par les Ka- 
byles. La plupart des femmes portent sur le front, sur le menton, 
sur les joues, sur le tempes, sur le cou et les bras, des dessins 
assez délicatement tracés et plus ou moins élégamment exécutés, 
dont les contours sont variés à l'infini et au gré de la fantaisie in- 
dividuelle; ce sont : des losanges^ des épis, de feuilles, des an- 
neaux ou des spirales de perles, ete. 

Le tatouage n'a, le plus souvent, pour les femmes, qu'un but 
de coquetterie; il n'est guère employé parles hommes que comme 
un moyen prophylactique ou curatif de certaines maladies : appli- 
qué aux tempes, il prévient la fièvre et les maux de tète ; sur les 
membres , il guérit les douleurs rhumatismales , fait disparitre les 
roideurs tendineuses ou articulaires; dans certains cas, il masque 
des cicatrices disgracieuses. 

Les Kabyles pratiquent le tatouage en faisant avec le couteau, 
suivant un dessin tracé à l'avance, de petites incisions qui inté- 
ressent l'épîderme et le corps miiqueux jusqu'aux papilles du 
derme. Les petites plaies sont recouvertes d'un mélange de noir 
de fumée, d'indigo [nit) et d'eau, qui doit sécher sur la peau et y 
rester appliqué pendant plusieurs heures. 

Le tatouage n'est pas usité dans les familles distinguées ou riches. 

La balnéation est une pratique hygiénique pour ainsi dire in- 
connue en Kabylie. Les ablutions prescrites par la loi du Coran 
sont à peu près les seules qui soient mises en usage par le vul- 
gaire; souvent elles sont plutot un simulacre qu'une réalité. Le 
savon mou i base de potasse qui se débite sur tous les marchés est 
considéré, parle plus grand nombre, comme une denrée de luxe 
au point de vue cosmétique; il est surtout employé à des usages 
industriels. Les maladies de peau engendrées et entretenues par 
la malpropreté revêtent souvent chez les Kabyles, des apparences 
assez bizarres, et se caracterisent aussi par une chronicité déplo- 
rable. 

Les Kabyles se servent, pour l'entretien des dents et des gen- 



cives, d'un excelleat masticatoire, l'écopce de racine de noy 
dont les propriétés toniques et astringentes préviennent a' 
succès le scorbut buccal. L'n seul reproche peut Atre fwt à ce 
substance, c'est la coloration brune qu'elle communique pas: 
(fèrement A la muqueuse des lèvres. 



4â0 lA KABYLIE. 



MALADIES ET MÉDECINE. 



Elxposer toute la série des maladies que Ton peut observer 
parmi la population kabyle n'est pas le but que nous devons cher- 
cher à atteindre dans cette partie de notre tâche. Procéder ainsi 
nous exposerait à dresser un liste pathologique qui n'offrirait au 
lecteur qu'un médiocre intérêt, et qui pourrait mettre sa patience 
à une épreuve fatigante et inutile. Notre intention est seulement de 
donner, par quelques aperçus aussi succincts que possible^ la phy- 
sionomie spéciale que peuvent revêtir, selon les habitudes de nos 
indigènes, selon leurs mœurs, selon les influences climatériques 
auxquelles ils sont soumis, les maladies dont ils sont le plus fré- 
quemment atteints. En essayant de faire ressortir les circonstances 
étiologiques dans lesquelles cesmaladies peuvent se produire, nous 
indiquerons nécessairement suivant quelle direction les efforts 
de la prophylaxie ou de Thygiène devront s'exercer. Signaler les 
plaies humanitaires les plus vives chez nos nouveaux sujets, indi- 
quer les remèdes que nos sciences sociales peuvent y apporter, 
n'est-ce pas ainsi que la médecine peut venir en aide aux vues 
civilisatrices de la conquête et seconder ses tendances d'assimi- 
lation? 

Nous ne chercherons pas davantage à caractériser par des pré- 
ceptes généraux la médecine des Kabyles. La médecine propre- 
ment dite, science dont les déductions procèdent de la connaissance 
de l'organisation du corps humain , des fonctions des appareils 
constitués par la réunion de certains viscères , des désordres de la 
matière ou des perturbations dans les lois qui régissent la vie, est 
complètement inconnue des Kabyles. Quelques-uns conservent quel- 
ques traditions thérapeutiques, qui passent par plusieurs géné- 
rations, jusqu'à ce qu'elles tombent dans l'oubli; d'autres, au re- 



MALADIES ET MÉDECINE. 421 

tour d'uû pèlerinage à la Mecque, s'arrêtent dans les grandes viUes 
de FÉgypte ou de la Tunisie , se mettent au service de médecins 
plus ou moins instruits, recueillent quelques notions assez vagues 
de pathologie , collectionnent quelques formules de médicaments, 
apprennent à connaître certaines drogues simples ou quelques 
plantes, et reviennent utiliser dans leur pays le petit bagage mé- 
dical dont ils ont pu rapidement charger leur mémoire. Ils font 
eux-mêmes des élèves parmi leurs proches. Un amdaoui * (médecin) 
des Aït Iraten avec lequel nous avons été plusieurs fois en rela- 
tions, et à qui nous devons quelques renseignements intéressants, 
Aômar Naît Moussa, du village d'El-Bfiçer Oufella, avait ainsi appris 
la médecine de son frère, qui, lui-même, avait été le disciple d'un 
praticien en vogue de Tunis. 

Nous ne parlerons ici que pour mémoire de la médecine des 
amulettes et de certaines pratiques superstitieuses dont les mara- 
bouts ont le monopole. Toute maladie qui ne se traduit pas exté- 
rieurement par un désordre physique bien évident est considérée 
par les Kabyles comme un effet de Faction prochaine du démon 
ou des esprits. Certaines névroses, telles que Fépilepsie, lachorée, 
rhystérie, la démence, sont dans ce cas. Les conjurations, des fu- 
migations d'encens accompagnées de prières, des sacrifices, des 
versets du Coran renfermés dans des enveloppes de cuir ou de 
métal et suspendus au cou du malade , attachés quelquefois à 
certaines régions de son corps, doivent neutraliser ou combattre 
les influences du pouvoir occulte qui a causé la maladie. 

Nous passerons donc en revue, par ordre de fréquence, les prin- 
cipales maladies des Kaybles , et nous indiquerons, à propos de 
chacune d'elles, après avoir insisté sur leur étiologie spéciale , les 
moyens curatifs que leur oppose la médecine indigène. 

FIÈVBES INTEBMITTENTES. 

Au premier rang des maladies fréquentes en Kabylie doivent se 
placer les fièvres d*accès. Il ne se passe pas de jour sans qu'un 
nombre assez considérable de fébricitants se présentent aux con- 

1 Du verbe arabe ^53^ à ia 3« forme, « soigner, traiter un malade ». 



422 LA KABYLIE. 

sultations médicales, pour y demander du sulfate de quinine, mé- 
dicament héroïque dont la réputation est incontestablement éta- 
blie chez les indigènes. Ilsprofitentordinairementd'unjour démar- 
ché pour venir solliciter du médecin français une petite provision 
de sulfate de quinine, qui servira aux besoins de toute la famille 
pour la semaine. 

Les Kabyles désignent la fièvre intermittente sous le nom de 
thaoula. Ce mot exprime pour eux le caractère gépérique de la 
maladie ; quant aux types différents, ils sont rendus par les expres- 
sions thaoula-en-koul as , fièvre de chaque jour ou quotidienne ; 
ihaoula tharnihaltih^ûèvre tierce; thaoulatamek'k'erant, la grande 
fièvre ou fièvre quarte. 

L'endémie intermittente est loin de sévir avec la même intensité 
sur tous les points de la Kabylie : la zone maritime et celle des 
hauts contreforts donnent un moins grand nombre de fiévreux 
que les pays de plaines. Les Aït Alssi, les làmraouXen, certaines 
fractions des Alt Fraouçen , qui vivent dans les vallées basses et 
marécageuses qui confinent au cours du Sébaou ; les Inezlioun et 
les Amechras, qui habitent les plaines de Drà el-Hizan et Bour'ni, 
portent presque tous l'empreinte de la cachexie palustre la mieux 
caractérisée : peau terreuse et blafarde , infiltrations séreuses , 
hypertrophie de la rate et engorgement du foie. A mesure que Ton 
s'élève vers le Jurjura, on trouve les indigènes plus forts, plus 
musclés et d'une apparence de santé plus satisfaisante que ceux 
que l'on a rencontrés dans les terres inférieures. 

En général le Kabyle de la montagne se trouve placé, pour éviter 
la fièvre intermittente , dans des conditions plus favorables que 
celui de la plaine, qui respire, pendant au moins sept mois de l'an- 
née , dans les saisons chaudes et sèches , les émanations provenant 
d'un humus épais , complètement inondé et marécageux l'hiver. 
Sur les hauts plateaux, les eaux sont courantes pendant toute 
l'année, le sol végétal est à peu près constamment sec. 

Malgré les garanties assurées au montagnard contre les atteintes 
de la fièvre intermittente par la pureté de l'air qu'il respire et la 
constitution du sol qu'il habite, il n'est cependant pas exempt de 
cette maladie, dont il est facile de constater la fréquence chez les 



MALADIES ET MEDECINE. 433 

Alt Meoguellat, les Alt Iraten, les Alt Yeni, les liloulen. Ce fait 
coniredirait-il la théorie des influences maremmatiqnes dans la 
production des fièvres d'accès? Nous ne le croyons pas, et Texpli- 
cation de ce fait est facile. 

Les Kabyles des hauts contreforts, qui ne trouvent pas dans 
la culture d'un sol sec et rocheux , par conséquent infécond , les 
ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins et à ceux de 
leur famille , se font colporteurs , et s'expatrient une grande partie 
de l'année. Après avoir labouré et ensemencé leur petit champ, ils 
s'en vont en pays arabe pour y faire du commerce. On rencontre 
des Kabyles du Jurjura jusque dans les oasis les plus avancées dans 
le sud. Ces colporteurs, soumb à des fatigues excessives, ne peu- 
vent-ils contracter la fièvre intermittente dans les pays qu'ils par- 
courent? Beaucoup d'entre eux, du reste, ne regagnent leurs 
montagnes que lorsque leur santé, gravement altérée , les force à 
interrompre leurs courses. 

D'autres causes contribuent encore à développer ou à rendre 
fréquentes les fièvres intermittentes chez les habitants des points 
du Jurjura les mieux situés comme altitude et les plus éloignés 
des foyers marécageux naturels : parmi ces causes, il faut compter 
la malpropreté des habitations et les déplorables errements de 
l'édilité des villages. Les habitations sont déjà connues ; il nous suf- 
fira de rappeler que les hommes partagent avec les animaux un 
espace insuffisant, dans lequel les fumiers s'entassent et se décom- 
posent. Les ruelles qui séparent les maisons sont le réceptacle 
naturel des eaux ménagères et des déjections de toute nature, qui 
s'y évaporent lentement et constituent de véritables marais arti- 
ficiels. Que l'on parvienne à faire justice de l'indifférence témoi- 
gnée par les Kabyles pour les lois les plus simples de l'hygiène 
des habitations, et on les préservera des sévices de la fièvre in- 
termittente. 

Fort-National se trouve dans des conditions topographiques 
identiques à celles de la plupart des villages des hautes régioAs 
de la Kabylie. Grâce à notre hygiène publique, les fièvres d'accès 
y sont rares. On a toujours constaté que les troupes qui y tenaient 
garnison y apportaient un contingent de fébricitants, dont la 



j 



424 LA KABYUE. 

guérison était assurée lorsque leur séjour s'y prolongeait au delà de 
quelques mois. Pendant deux ans nous avons pu nous convaincre 
que les neuf dixièmes des militaires qui entraient à Thôpital pour 
des fièvres à quinquina n'étaient atteints que de fièvres récidivées, 
contractées principalement dans le sud de la province d'Alger ou 
pendant les expéditions ; un dixième seulement se présentait pour 
des pyrexies de première invasions, auxquelles les travaux de ter- 
rassement aux environs de la place pouvaient d ailleurs ne pas 
être étrangers comme condition étiologique . 

C'est à la suite d'observations suivies et continues que nous 
croyons pouvoir affirmer que Fort-National pourrait remplir, 
à regard des malades atteints de fièvres intermittentes, et spécia- 
lement à regard de ceux qui présentent les symptômes de Tanémie 
et des engorgements viscéraux consécutifs à ces fièvres, le rôle 
d'un dépôt de convalescents. 

Nous signalerons encore une cause d'intoxication paludéenne , 
à laquelle les femmes kabyles sont particulièrement exposées. 
Elles sont chargées, en été et en automne , de l'entretien et de 
la culture des potagers, jardins ordinairement ménagés dans le 
lit des rivières, ou sur d'étroits plateaux où l'on amène l'eau du 
ruisseau voisin par de petites rigoles. Ces jardins deviennent 
promptement des marais boueux, au milieu desquels les femmes 
pataugent , en plein soleil , une grande partie du jour. 

La médecine kabyle est assez pauvre en moyens de traitement 
contre la fièvre intermittente : le plus souvent, les amulettes et 
les conjurations sont seules employées* 

u Je tiens de H. le capitaines Devaux, dit H. le docteur Vincent^, 
que, depuis un temps immémorial, les Kabyles font usage contre 
la fièvre, avec quelque succès, de la décoction d'écorce de pêcher 
et d'une préparation arsenicale qui a pour base l'orpiment. » 

U ne nous a pas été possible de vérifier dans le sens affirmatif 
l'assertion intéressante de M. le capitaine Devaux. Après des in- 
formations multiples prises auprès de plusieurs imdaouîen et de 
personnages instruits et éclairés, nous croyons pouvoir dire, en 

* Exposé clinique des maladies des Kabyles traitées à Vhôpital militaire de 
DellySf dub novembre 1859 au 10 octobre 1861, br. Paris, 1862. 



MALADIES ET MEDECINE. 425 

toute connaissance de cause , que les préparations arsenicales ne 
sont employées par les Kabyles que pour Tusage externe , soit 
comme épilatoire, soit dans le traitement topique de certains 
ulcères de mauvaise nature. Les auteurs arabes d*ouvrages de 
médecine qui pourraient être lus de nos jours par les Algériens, 
Rhazès, Avicenne, ne connaissaient pas les propriétés antipériodi- 
ques de Farsenic ni de ses composés. Les Arabes modernes , trop 
peu inventifs en toutes choses, n'ont certainement pas eu l'idée 
d'employer dans le traitement des fièvres d'accès une substance 
aussi dangereuse que l'orpiment. 

Le remède populaire de la fièvre intermittente en Kabylie est 
la centaurée, qui y croit abondamment et qui y est connue sous 
le nom kelilou. Les sommités de cette plante sont mélangées avec 
des fleurs de laurier-rose; on prépare avec le tout une infusion 
concentrée, qui est administrée au malade pendant quel ques jours. 

Si cette médication ne suffit pas, on a recours au sulfate de 
quinine, que tous les médecins indigènes ont entre les mains, et 
qu'ils se procurent à Alger. Le sulfate de quinine se vend , très 
cher il est vrai, sur tous les marchés, sous forme de poudre ou de 
pilules. 

Certaines complications aux symptômes de la fièvre sont traitées 
par des moyens spéciaux : les céphalalgies violentes, la rachialgie, 
sont combattues par des applications de ventouses scarifiées sur 
les régions temporales , à l'occiput , ou bien encore de chaque 
côté de la colonne vertébrale. L'instrument dont se servent les 
Kabyles pour pratiquer cette opération est simplement une petite 
corne de h(B\iî[tikchouth, « petite corne », ventouse,) dans laquelle 
ils opèrent la raréfaction de l'air. Les scarifications sont faites avec 
le couteau ou le rasoir. 

Contre l'hypertrophie de la rate {adheK anmouk'k'er) on met 
encore en usage les ventouses, ou bien des scarifications sur Thypo- 
condre gauche avec un instrument tranchant rougi au feu. On 
applique quelquefois, dans les cas rebelles, sur la région spléni- 
que ce que les médecins kabyles appellent le « feu froid » {iimes 
asemmadh)^ c'est-à-dire un caustique énergique. On emploie pour 
cela les feuilles fraîches de Vazenzou {Clemaiis Flammula), Ces 



436 LA RABYLIE. 

feuilles sont pilées et réduites en une p&te y avec laquelle on remplit 
des cupules de glands. Ces cupules sont ensuite renversées et appli- 
quées sur la peau, pour mettre leur contenu en contact avec elle. 
Ce topique détermine, par une application dont la durée varie 
avec l'effet que Ton veut obtenir, la rougeur, l'inflammation ou 
r ulcération plus ou moins profonde du tégument. 

Lliydropisie ascite , qui succède aux invasions répétées de la 
fièvre intermittente, est traitée par les mêmes moyens, auxquels on 
joint des boissons aromatiques (sauge) , additionnées de melh eU 
baroud ( » sel de la poudre », nitrate de potasse). 

VARIOLE [tAZBRZAÏt). 

La variole sévit épidéniiquement presque chaque année en Ka* 
bylie. Bien certainement Finoculation variolique, qui y est large- 
ment pratiquée, n*est pas étrangère à cet état de choses. En effet, 
s*il est à peu près prouvé que Finoculation du pus de la variole à 
des individus sains ^ en temps d'épidémie, produit sur eux une 
éruption moins grave et moins étendue que celle qui succède à 
la contagion ordinaire, elle multiplie, avec le nombre d'individus 
varioles, les chances de transmission directe. 

Quand un varioleux est reconnu dans un village kabyle, les ha- 
bitants jusqu'alors préservés des atteintes du fléau ouvrent les 
boutons du malade , de gré ou de force , pour y prendre du pus, 
qu'ils slnoculent et qu'ils inoculent à leurs enfants et à leurs pro- 
ches. Un foyer d'infection qui aurait pu se limiter dans une 
maison et n'avoir d'action que sur quelques individus s'étend bien- 
tôt à tout un village, et, par transmission contagieuse, de sembla- 
bles foyers se forment dans les villages voisins. 

M. Bousquet disait, avec grande raison , à l'Académie de méde- 
cine, en 1864., en parlant de l'inoculation de la variole : « Cette 
méthode avait des inconvénients immenses; douce aux individus, 
elle semait l'épouvante et la mort dans les populations, à cause 
des germes qu'elle produisait et reproduisait, et plus elle était 
cultivée , plus elle faisait de mal. » 

Les Kabyles s'inoculent la variole par une incision faite assez 



MALADIES ET MÉDECINE. 427 

profondément , avec le couteau , dans Tespace intermétacarpien 
du pouce et de l'index. La cicatrice qui en résulte est dissimulée 
sous un tatouage plus ou moins élégant. 

Malgré Tanalogie qui existe entre Tinoculation variolique et la 
vaccination , il est assez étonnant de constater la défiance avec la- 
quelle les Kabyles acceptent cette dernière opération. Lorsqu'un 
médecin français se présente dans un de leurs villages, il met en 
fuite les habitants; tous, enfants et parents, cherchent à se sous- 
traire à la terrible lancette aussitôt qu'elle apparaît. 

Les causes de la répugnance des Kabyles pour la vaccine sont 
difficiles à indiquer ou à préciser : ils évitent les explications. La 
vaccine , a-t-on dit , laisserait sur les bras de leurs enfants une 
cicatrice qu'ils ne considéreraient que comme une marque d'es- 
clavage ou de soumission à la France. On a dit encore qu'ils 
l'accusaient de rendre leurs femmes infécondes et leurs fils im- 
puissants. 

Il ressort de nos informations que nos montagnards craignent 
rinoculation vaccinale comme toute chose qu'ils ne comprennent 
pas et qui n'a pas été consacrée par la tradition ; ils ne s'expli- 
quent pas son efficacité prophylactique, en raison des effets peu 
apparents et peu étendus qu'elle produit; l'inoculation variolique 
leur semble plus puissante, parce qu'elle est suivie d'une réac- 
tion générale intense et d'une éruption qui apparaît sur tous les 
points du corps. Ils nous disent encore : Pourquoi nous apportez- 
vous une maladie que nous n'avons pas aujourd'hui dans notre 
village, et qui n'y viendra peut-être jamais? Le but philanthro- 
pique de nos démarches, de nos efforts réitérés pour les convain- 
cre, échappe complètement aux Kabyles; peut-être aussi que le 
itmeo Danaos et dona ferentes pourrait exprimer leur secrète 
pensée. 

Cependant des essais de vaccination tentés dans le cercle de 
Fort-National, en 1865, ont donné des résultats très encoura- 
geants. Des Kabyles influents par leur position officielle , leur for- 
tune , leur caractère religieux , se sont employés activement à dé- 
montrer à leurs compatriotes l'utilité prophylactique du vaccin , 
soit en faisant publiquement vacciner leurs enfants, soit en in- 



I 



428 LA KABYLIE. 

vitant à les imiter leurs serviteurs, leurs proches, leurs amis. 
D'autres se sont offerts comme vaccinateurs et se sont mis à la 
disposition du médecin du bureau arabe pour le seconder. En 
six mois, le chiffre des vaccinations s'est élevé, dans le cercle, à 
1,800 1. 

Le traitement que les Kabyles emploient contre la variole dé- 
pend des symptômes ou des accidents qui se produisent dans le 
cours delà maladie. Au début, ils favorisent Téruption par des 
diaphorétiques , administrés en abondance ; ils emploient princi- 
palement une décoction de figues et de raisins secs aromatisée avec 
des sommités de menthe ou de sauge. Lorsque Téruption est com- 
plète, ils prescrivent les boissons acidulés, telles que l'eau vinai- 
grée, l'orangeade, etc. 

Quelques moyens sont employés particulièrement contre Té- 
ruption : si les démangeaisons deviennent intolérables au ma- 
lade , on lui fait mâcher du safran , et avec sa salive on badi- 
geonne les régions douloureuses. Selon le précepte des médecins 
arabes , formulé si explicitement par Rhazès , et qui se conserve 
traditionnellement en Kabylie, on ouvre de bonne heure les 
boutons de variole pour prévenir les cicatrices profondes. Pour 
arrêter le développement des pustules qui apparaissent sur le globe 
oculaire, on pratique fréquemment des insufflations, ou bien on 
recouvre le bord des paupières avec un collyre sec , composé de 
safran [zafran) et de galène {tazoult). 

Le régime alimentaire que les imdaouïen kabyles prescrivent 
aux malades atteints de variole offre des particularités qui mé- 
ritent d'être signalées : les viandes noires sont sévèrement pros- 
crites; on y substitue, pendant tout le cours de l'éruption, la 
chair de poule préparée par décoction. Le bouillon, fortement 
aromatisé avec la cannelle [keurfa), le poivre noir [ifelfel aber- 
kari), le safran [zafran), jouit de propriétés sudorifiques et exci- 
tantes très énergiques, qui amènent un développement rapide 
des boutons. Cette alimentation incendiaire est loin d'être bien 
supportée par tous les malades; elle n'en est pas moins religieu- 

1 La vaccination est aujourd'hui acceptée comme un bienfait par la majorité des 
Kabyles. (L T.) 



MALADIES ET MEDECINE. 429 

sèment mise en usage , dans la persuasion qu'elle doit assurer la 
guérison. 

ROUGEOLE, SCARLATINE (TABOUZOUGGAR'TH). 

Les médecins kabyles confondent sous un même nom la rou- 
geole et la scarlatine, qu'ils ne distinguent pas encore, malgré 
leur fréquence, par des symptômes parfaitement tranchés. Ils 
reconnaissent la nature contagieuse de ces exanthèmes, et, sauf 
rinoculation , leur appliquent le même traitement général qu'à 
la variole. 

Si trois enfants sur dix meurent chaque année par suite de va- 
riole, nous disait A6mar Naît Moussa, il en meurt bien encore un 
par suite de tabouzougga/th, 

OPHTALMIES [àT AN BOUàLLEN), 

Les maladies des yeux attirent par leur fréquence l'attention de 
l'Européen qui parcourt la Kabylie. Il suffit de traverser quelques 
villages ou de visiter quelques marchés pour rencontrer un 
grand nombre de malheureux atteints de cécité , de déformation 
des paupières ou de purulence des yeux. Chaque marché a ses 
aveugles attitrés , qui implorent d'une voix dolente la pitié publi- 
que , en se recommandant du nom de quelque saint marabout. 
Ces mendiants fréquentent aussi en assez grand nombre les cen- 
tres de population française, où la charité ne leur fait pas dé- 
faut. 

11 est bien peu de Kabyles, pauvres ou riches, sur lesquels on 
ne trouve des vestiges d'ophtalmies qui ont altéré , à des degrés 
variables^ soit le globe de l'œil, soit les paupières; ce sont : des 
albugos, des leucomas^ des staphylômes de la cornée, des dépôts 
exsudatifs dans le champ pupillaire, des adhérences de l'iris, des 
atrophies des globes oculaires consécutives à l'évacuation des hu- 
meurs par perforation spontanée, etc.; conjointement à ces dé- 
sordres, des blépharites chroniques, des entropions, des ectro- 
pions. 

Toutes les altérations dont nous ne donnons ici qu'une énu- 



430 LA KABYLIE. 

mération incomplète , succèdent à des inflammations aigu^ , qui 
se manifestent sous trois formes essentielles , que Ton peut rap- 
porter aux ophtalmies catarrhale , purulente et granuleuse. 

La forme catarrhale ne se montre à Fétat de simplicité que 
chez un petit nombre de Kabyles; chez les enfants principale- 
ment y elle est souvent liée à un état constitutionnel , la scrofule, 
qui. lui imprime un caractère de ténacité, remarquable. Cette 
ophtalmie se définit sommairement par les signes suivants : tu- 
méfaction oedémateuse des paupières , agglutination des cils par 
une sécrétion muco-purulente desséchée , qui se rassemble aussi 
par flocons épais dans le grand angle de Tœil; vascularisation 
d'un rouge intense et boursouflement de la conjonctive, dépoli 
et aspect granuleux de la cornée ; enfin , photophobie plus ou 
moins intense. A un degré plus avancé de la maladie ou , pour 
mieux dire , plus complexe , on trouve sur la cornée des phlycté- 
nules, qui, par leur rupture, se transforment en petits ulcères. 

Ces deux degrés de la même maladie, qu'on les appelle, à 
l'exemple de plusieurs ophtalmologistes , le premier, conjoncti- 
vite catarrhale simple ou ptiro-catarrhale, le second, conjonctivite 
ou ophtalmie phlycténulaire , se rencontrent, disons-nous , plus 
spécialement sur de jeunes sujets scrofuleux. On comprendra la 
fréquence de son développement, si Ton admet que, à la prédis- 
position individuelle, vient s'adjoindre l'influence topique des 
gaz ammoniacaux engendrés par les fumiers des étables , qui sa- 
turent , en même temps que la fumée du foyer, les habitations de 
nos Kabyles. Ces causes d'évolution primordiale de l'ophtalmie 
catarrhale ne sont pas les seules, très probablement; nous ver- 
rons que la contagion doit les compléter. 

La forme purulente est caractérisée : par l'œdème, la rou- 
geur luisante et le gonflement considérable des paupières; par 
la sécrétion abondante d'un liquide puriforme , étendu de liquide 
lacrymal ou de pus, qui s'échappe difficilement entre les bords 
roidis des paupières , ou jaillit brusquement quand on les écarte ; 
par la turgescence et l'infiltration séreuse de la conjonctive ocu- 
laire , qui vient former autour de la cornée un bourrelet saillant , 
un chémosis; enfin, par des ulcérations de la cornée, soit cen- 






MALADIKS ET ^MÉDECINE. 431 

traies, soit annulaires et périphériques. Pour compléter le tableau 
de cette ophtalmie y rappelons la rapidité avec laquelle peuvent 
se produire le ramollissement du tissu cornéen , sa perforation , 
et enfin la perte complète de Torgane. 

La forme granuleuse de Tophtalmie des Kabyles affecte essen- 
tiellement une marche chronique. Le plus souvent, le larmoie- 
ment et la photophobie sont intenses; la sécrétion puro-mu- 
queuse épaisse , concrétée sur les bords ciliaires ou dans Taugle 
caronculaire de Toeil, la rougeur des paupières, appellent un 
examen plus complet ; que Ton renverse sur elle-même la pau- 
pière supérieure, que Ton abaisse Finférieure, v^n constatera 
alors la vascularisation réticulée de la muqueuse , la présence i sa 
surface d'élevures saillantes, mamelonnées, d'un rouge vif; entre 
celles-ci, d'autres saillies plus pÀles, presque jaunâtres ou d'un 
blanc sale ; enfin , dans le sillon palpébral inférieur un troisième 
ordre de saillies, ovalaires, blanchâtres, se rapprochant du 
volume d'un grain de millet. La conjonctive bulbaire participe , 
quoique à un degré moins développé , à cet état granuleux. Sur la 
cornée on trouvera soit un pannus plus ou moins étendu , soit des 
phlycténules , soit des ulcérations à bords déchiquetés, à surface 
anfractuense. Si ces ulcérations sont en voie de réparation , leurs 
bords sont arrondis, leur fond lisse. 

Nous avons rarement rencontré sur nos Kabyles Tophtalmie 
granuleuse telle qu'on devrait la comprendre classiquement , c'est- 
à-dire avec prédominance de cet élément granuleux essentielle- 
ment néo-plastique , que Ton appelle aujourd'hui la granulation 
vraie, pour la différencier et de l'hypertrophie papillaire de la 
conjonctive, et de l'hyperplasie du tissu cellulo-fibreux péripapil- 
laires. Cette dernière altération est suivie , comme la formation 
ou l'évolution des vraies granulations, de ces rétractions fibreu- 
ses qui deviennent la principale cause des difformités des pau- 
pières que l'on constate à la suite des ophtalmies de longue 
durée. Pour nous, l'ophtalmie granuleuse, celle du moins que 
nous avons observée sur les Kabyles, peut être caractérisée 
anatomiquement, 1^ par l'hyperplasie papillaire, 2^ par la 
présence de granulations vraies ou néo-plastiques pures , 3° en- 



! 

I 



432 LA. KABYLIE. 

fin par l'hypertrophie des follicules clos du cul-de-sac ôculo-pal- 
pébral. 

11 nous est arrivé plusieurs fois de trouver, dans les villages ou 
aux consultations du bureau arabe, les trois types différents 
d ophtalmies chez les membres d'une même famille. Un homme, 
par exemple, nous amenait son fils atteint d'ophtalmie puru- 
lente aignô; lui, il avait des granulations conjonctivales et des 
ulcérations coméales indolentes. Dans un village nous trouvions , 
chez certains individus, des ophtalmies purulentes, d'autres, 
des ophtalmies catarrhales ou phlycténulaires, chez d'autres 
enfin, des granulations ou des trachomes. 

A des altérations diverses, mais qui dans le même temps, dans 
le môme lieu, parmi les membres de la même famille, appa- 
raissent à la fois sur les mêmes organes chez un grand nombre 
d'invidus, n'est-il pas rationnel de soupçonner une cause unique, 
essentiellement contagieuse? La contagion de chacune des trois 
formes d'ophtalmies que nous venons de décrire parait admise 
de nds jours par tous les. auteurs; mais si tous reconnaissent 
qu'une même maladie peut se produire sur des sujets différents, 
soit par transmission directe des produits de sécrétion , soit par 
infection, la transformation d'une forme dans une autre n'est 
encore acceptée qu'avec quelques défiances. Cependant, au mo- 
ment où le congrès de BruxeUes agitait la question d'origine de 
l'ophtalmie militaire , nous voyons M. Lustreman affirmer l'iden- 
tité de l'ophtalmie catarrhale et de l'ophtalmie purulente ^ ; 
H. Desmares ^ considère aussi ces deux maladies comme des de- 
grés de la même affection; enfin, selon Wecker^, si le catarrhe 
de la conjonctive a ordinairement peu de tendances à se trans- 
former en ophtalmie purulente, il n'est cependant pas rare de 
voir un catarrhe aigu ou chronique dégénérer en ophtalmie pu- 
rulente, de voir aussi des personnes atteintes primitivement 
d'une ophtalmie catarrhale avoir ensuite des granulations pal- 
pébrales. Si ces transformations se produisent sur un sujet unique, 

» Mémoires de médeeine et de chirurgie militaires, 2* série, t. XX, p. 96. 

* Voir Traité des maladies des yeux. 

3 Traité des maladies des yeux, Paris, 1864, 1. 1, p. 23. 



MALADIES ET MEDECINE. 433 

n'est-il pas permis de supposer qu'elles peuvent se faire dans le 
passage de la maladie par voie contagieuse sur des sujets dif- 
férents? 

Nous croyons donc à l'identité spéeifique des trois genres 
d'ophtalmies que nous avons observés sur les Kabyles : de la 
description que nous avons donnée de ces trois genres on peut 
conclure une parfaite similitude de la maladie avec l'ophtal- 
mie épidémique qui , sous des noms différents , ophtalmie inili- 
iairCy ophtalmie des armées, ophtalmie égyptienne , se produit 
partout où existent des agglomérations d'hommes et des condi- 
tions d'encombrement. 

Nous ne chercherons pas ici à déterminer l'élément essentiel de 
la contagion; que cet élément soit la granulation palpébrale ou 
le pus granuleux , comme M. Thiry a essayé de le prouver au con- 
grès de Bruxelles; que ce soit simplement le muco-pus des dif- 
férentes formes de l'ophtalmie; peu importe au résultat final de 
la transmission, puisqu'il est à peu près impossible de rencontrer 
des granulations sans trouver aussi le muco-pus du catarrhe ocu- 
laire simple, et réciproquement. 

Une question plus intéressante au point de vue pratique est de 
savoir quels sont les modes de la contagion chez nos Kabyles , et 
son point de départ, Taccident primordial qui la met en action. 

La contagion s^opère, dans les habitations, par la promiscuité 
des êtres qui y sont entassés et serrés dans un espace étroit ; elle 
se fait par les caresses, par les attouchements échangés entre 
tous les membres d'une même famille, hommes, femmes et en- 
fants, qui dorment côte à côte sur la même natte; par des vête- 
ments sales, imprégnés de larmes ou de pus, vêtements des parents 
sur lesquels se frottent les figures des enfants. 

Quant à l'accident primordial, il nous a été plusieurs fois pos- 
sible de le saisir sur quelques-uns de nos consultants au bureau 
arabe ou à l'hôpital; dans des séries d'ophtalmiques, nous avons 
pu trouver sous un burnous ousous l'autre, malgré les vives pro- 
testations de nos clients, un écoulement blennorrhagique. 

De l'urètre à l'œil d'un individu donné il n'y a qu'une distance 
fictive , que la main de cet individu peut singulièrement abréger. 

1- 28 



J 



il-" 



434 LA KABYLIE. 

Sans parler de la métastase , que quelques médecins invoquent 
encore , on peut parfaitement expliquer, par le transport du pus 
en nature , le passage de la maladie de Turètre à la muqueuse 
oculaire. 

L'inoculation d'œil à œil, sur deux individus différents, se pro- 
duit donc, selon nous, par les conditions de promiscuité entre 
les membres de la société kabyle. Une ophtalmie « blennorrha- 
gique chez un sujet, se transformera, chez un autre, par voie 
d^inoculation ; en ophtalmie purulente; à un second degré de 
contagion , la maladie prendra le caractère granuleux; à un troi- 
sième degré , le caractère catarrhal. La chronicité , les applicata 
accidentels, la fumée du foyer, les vapeurs ammoniacales qui 
emplissent les habitations, changent, par une action irritante 
substitutive, la forme de la maladie sur les différents individus 
atteints. Les tempéraments, les constitutions, ajoutent leur in- 
fluence aux causes précédentes pour compléter la transmutation 
pathologique, aussi bien dans la maladie qui nous occupe que 
dans une autre. 

M. le docteur Chassagnc, dans un travail sur Fophtalmie 
muco-purulente en Kabylie*, rejette, assez légèrement, croyons- 
nous , de Tétiologie de cette maladie , Tinfluence de la contagion 
et de Tinfection , pour la mettre sur le compte de répercussions 
sudorales , qui se feraient des glandes sudoripares de la face ex- 
terne des paupières sur la conjonctive oculo-palpébrale. Cette 
donnée, tout hypothétique, conduit ce médecin à oublier com- 
plétement le caractère épidémique de Tophtalmie des Kabyles; 
elle le conduit aussi, ce qui est plus grave, à nier à peu près 
toutes les conclusions du congrès de Bruxelles sur la contagion 
de Tophtalmie belge. 

M. le docteur Chassagne assure aussi que les granulations sont 
très rares sur les conjonctives kabyles. Pour expliquer le désac- 
cord très apparent qui existe entre ses opinions et les nôtres, il 
faut , ou bien qu'il ait été très malheureux dans ses recherches , 
ou bien que la maladie ait changé de forme et de nature depuis 
Tépoque de ses observations. 

1 Bulletins de la Société de médecine d: Alger, 1862, n» 3. 



MALADIES ET MÉDECINE. 435 

Les moyens thérapeutiques employés par les Kabyles contre 
l'ophtalmie muco-purulente sont peu nombreux. Ordinairement 
ils opposent à Finflammation aiguë initiale , à titre de substitutif, 
le sulfate de cuivre [toutia) , soit en poudre , soit à l'état solide. 
Lorsque la maladie prend une marche chronique , lorsque sur- 
tout elle revêt la forme granuleuse , ils emploient un collyre mou 
d'une formule assez complexe , qui mérite, par son originalité et 
sa bizarrerie, d'être reproduite. La voici telle qu'elle nous a été 
donnée par Aômar Naît Moussa, des Alt Iraten. 

Prenez parties égales de 

Chnadjer el-fet ah (chlorhydrate d'ammoniaque), 

TazouU (galèoe, sulfure de plomb), 

Toutia (sulfate de cuivre), 

Azendjar (acétate de cuivre), 

Zafran (safran), 

Ifeîfel aberkan (poivre noir), 

Ferbioun (gomme résine d'euphorbe) . 

Pulvérisez ces substances, et ajoutez : 

Ketran (goudron). 
Aman tibselt (eau d'oignon), 
Aman tiskert (eau d'ail), 
Zit (huile d'olives), 
Khal (vinaigre), 

Mettez de chaque substance une quantité suffisante pour faire 
une pâte de consistance d'électuaire. 

Une quantité de ce collyre égale au volume d'un pois est in- 
troduite tous les soirs entre les paupières; le matin, le malade se 
lave les yeux avec de Teau savonneuse ou de l'eau salée. Cette 
application est répétée tous les jours jusqu'à guérison. 

Ce médicament agit non seulement comme irritant substitutif 
énergique , mais encore comme un caustique assez violent. 

Contre les taies de la cornée [ithran^ « les étoiles ») qui suc- 
cèdent aux ophtalmies aiguës, les médecins kabyles emploient 
fréquemment un collyre sec, composé, à parties égales, d'aloès 
[sebbara) et d'acétate de cuivre {azendjar). Son usage est seule- 
ment réservé au cas dans lequel les albugos ne sont plus ac- 
compagnés de phénomènes inflammatoires; l'irritation qu'il 



436 LA KABYLIE. 

détermine, mais qui devient souvent assez violente pour trans- 
former la maladie en ophtalmie aiguë assez grave, favorise, 
si elle reste dans de justes limites , la résorption des opacités. 

Le trichiasis {anzaden) s'observe fréquemment à la suite des 
ophtalmies granuleuses. Les imdaouïen arrachent les cils, et 
cautérisent ensuite les bulbes pileux avec une aiguille rougie à 
blanc. Nous avons été surpris de retrouver en Kabylie ce procédé, 
qui, sauf quelques variantes d'exécution, est employé par quel- 
ques oculistes français; nous citerons seulement Carron du 
Villards. 

MALADIES CUTANÉES SIMPLES ET PARASITAIRES. 

La malpropreté individuelle des Kabyles les expose, on peut le 
prévoir, à de nombreuses maladies du système tégumentaire. 
Rien donc de plus fréquent que de trouver sur eux, à Tétat sim- 
ple, c'est-à-dire en dehors des maladies spécifiques, comme la 
syphilis ou la scrofule i, soit des dartres, soit des éruptions ac- 
cidentelles , qui , dans la plupart des cas, ne reconnaissent pour 
cause que l'irritation mécanique de la peau par les enduits im- 
purs qui s'y incrustent; ou bien encore les diffonnités qui 
succèdent à des plaies mal soignées ou négligées. 

Faire l'énumération complète des espèces que nous avons 
rencontrées nous conduirait à reproduire la série de presque 
toutes les dermatoses. Nous indiquerons ici seulement les plus 
communes. 

Parmi les maladies de la peau qui se produisent par des causes 
fortuites, et qui sont indépendantes des influences diathésiques 
ou héréditaires qui caractérisent étiologiquement les dartres, 
nous citerons : le zona, l'impétigo, Tecthyma, le rupia, Tacné, 
le prurigo. Ce dernier, à l'état le plus simple, c'est-à-dire sans 
alliance avec la gale, se trouve sur tous les Kabyles. Toutes ces 
maladies reconnaissent pour cause, avons-nous dit, à un degré 
plus ou moins élevé, l'irritation mécanique de la peau par les 
crasses, quelquefois antiques, dont elle est revêtue. 

Si les dartres proprement dites ne sont pas immédiatement 
engendrées par la malpropreté chez nos indigènes, elles en 



MALADIES ET MEDECINE. 437 

reçoivent tout au moins des caractères bien remarquables de 
persistance et souvent d'acuité. Nous citerons, dans cet ordre de 
lésions, une éruption lichénolde très commune, qui s*étend sur 
presque toute la peau de certains individus, la recouvre de squam- 
mes farineuses, et la ride, avant Tàge, comme celle du vieillard. 
Le psoriasis affecte principalement la forme circinée, et constitue 
cette dermatose que presque tous les auteurs décrivent sous le 
nom de lèpre vulgaire^ dénomination assez peu exacte, en ce 
qu'elle désigne une maladie qui n'a aucun rapport avec la lèpi*e 
antique, celle des Juifs, des Grecs, des Arabes, ni avec la lèpre 
plus moderne des Mexicains. Une variété très fréquente du 
psoriasis en Kabylie est celle qui siège sur le cuir chevelu, et qui, 
par sa disposition en plaques sèches, écailleuses, très épaisses, a, 
pour des yeux peu exercés, la plus grande analogie avec la 
teigne. 

Nous n'avons rencontré, pendant deux ans d'observations, 
qu'un cas de lèpre tuberculeuse éléphantiasique. 

Paimi les maladies qui succèdent à des plaies irritées pendant 
longtemps ou qui ont été mal pansées, nous citerons comme 
très commune la kéloïde cicatricielle. Nous nous rappelons par- 
ticulièrement une jeune fille , que nous avons vue à Tizi Ouzzou, 
qui avait à une jambe, sur des cicatrices de brûlures, des tu- 
meurs saillantes énormes : Tune de ces tumeurs pouvait avoir le 
volume d'un œuf de pigeon, et envoyait dans l'épaisseur du der- 
me environnant des digitations ou brides fibreuses très résis- 
tantes. Les difformités de ce genre sont le résultat, chez nos 
Kabyles, du bourgeonnement excessif des plaies sous l'influence 
de topiques irritants, tels que la bouse de vache, le henné*, 
l'argile. 

La fréquence des affections cutanées parasitaires s'explique 
par la facilité de transmission, dans chaque maison, entre les 
membres de la famille, dans la djemàa, entre les habitants du 
même village. 

De ces maladies la gale est celle pour laquelle on vient im- 

1 Poudre des feuilles du Lawsonia inermis. 



438 LA KABYLIE. 

portuner le plus souvent le médecin du bureau arabe. Dans le 
cercle de Fort-National, la pommade d'Helmérieb a acquis une 
vogue légitime; on en fait une consommation énorme. La gale 
est rarement simple chez les Kabyles; le plus souvent elle est 
compliquée de prurigo, d'eczéma ou d'ecthyma; elle est d'au- 
tant plus confluente, par suite d'autant plus tenace, que 
beaucoup de nos indigènes entrent en composition avec Yacarus 
qui les ronge y plutôt que de dépenser un sou pour le détruire. 
Cet ennemi est parfaitement supporté de ceux dont la sensibilité 
cutanée est peu développée , et c'est le plus grand nombre. 

Les imdaouïen emploient pour guérir la gale une médication 
dont le soufre {kebrit) et les lotions alcalines constituent les 
éléments. Le soufre s'administre à l'intérieur et en frictions. 
Pour l'usage interne, on fait avec ce médicament, avec de la 
farine de blé et une quantité d'eau suffisante, une bouillie 
liquide, que l'on soumet à la coction jusqu'à ce qu'elle ait acquis 
une consistance colloïde. Le galeux avale, par jour, de quinze à 
trente grammes de cette bouillie, pendant toute la durée du 
traitement externe. Pour les frictions, on fait une pommade avec 
du soufre sublimé, un œuf cru et une suffisante quantité d'huile 
d'olives un peu rance. Le malade se frictionne trois jours de 
suite pendant une demi-heure; pendant trois autres jours, il fait 
de fréquentes lotions avec une lessive de cendres de laurier-rose 
et de lentisque; les habits sont lavés chaque jour au savon. 

Nous ne parlerons que pour mémoire des parasites animaux, 
pediculi de toutes les espèces connues, qui, avec Tacarus de la 
gale, font élection de domicile sur le corps et dans les vêtements 
de nos indigènes. 

Les médecins qui seraient curieux de vérifier les résultats des 
belles recherches de Gruby et de MM. Bazin et Hardy sur les pa- 
rasites végétaux trouveraient en Kabylie de nombreuses occasions 
de s'exercer. La teigne se rencontre à chaque pas : la forme la 
plus commune est la faveuse , caractérisée par la présence de 
YAchorion Schœnleini; elle existe sous les trois variétés décrites 
par M. Bazin sous les noms de favtis urcéolaire ou en godets, 
favus sctitiforme ou nummulaire , et favus squammeux. 






MALADIES ET MEDECINE. 439 

Le Trichopyton tonsurans est plus rare que VAchorion; cepen- 
dant on voit encore assez souvent sur les Kabyles la teigne qui 
est due à ce fongolde, et qui avait été désignée par Cazenave 
sous le nom à'Hef*pès tonsurans, par Mahon sous celui de teigne 
tondante. 

Nous n'avons pas rencontré en Kabylie les teignes ophirsique 
et achromateuse. 

Le traitement que les Kabyles emploient contre la teigne est 
encore assez primitif, et bien éloigné de la méthode perfectionnée 
et infaillible de M. Bazin, méthode qu'il serait très utile de vul- 
gariser en Kabylie , si, malheureusement, elle n'offrait des dan- 
gers entre des mains inhabiles. Le moyen d'éviter des accidents 
serait peut-être de créer un dispensaire de teigneux, où le remède 
serait appliqué méthodiquement, et ne serait pas livré à des gens 
ignorants de ses propriétés toxiques. 

Voici le procédé des Kabyles : on coupe les cheveux aussi ras 
que possible, on lave la tète , à plusieure reprises, avec de Feau 
savonneuse ou de Teau salée , dans le but de faire tomber les 
croûtes; puis on applique une pommade qui se compose de vieux 
beurre {oudï), d'huile rance [zit takedimt), de gondvon (ketran), 
de henné , de chlorhydrate d'ammoniaque, de sulfate de cuivre , 
enfin d'une petite proportion d'opium [afioun). Après vingt- 
quatre heures d'application de cette mixture, on lave de nouveau 
la tète avec du savon, on fait une nouvelle onction, et ainsi de 
suite jusqu'à guérison. Ce traitement demande sept jours, si la 
teigne est récente; quinze jours au moins, si elle est ancienne. 
Les insuccès fréquents de ce traitement font que la plupart des 
teigneux n'attendent que du ciel leur guérison, ou, pour mieux 
dire, ils attendent qu'une calvitie complète mette un terme à 
leur mal. 

SCROFULE. 

Les maladies chroniques de la peau, du système glandulo-gan- 
glionnaire, des os et des articulations, se rencontrent à un haut 
degré de fréquence chez les montagnards du Jurjura. 

Dans des séries nombreuses de sujets atteints de ces tristes et 



440 LA KABTLIE. 

horribles maladies, et qui se présentent chaqoe jour à soo dbser- 
TatioD, le médecin est souvent très embarrassé poor déterminer 
rorii?ine diathésale on constitntionnelle des accidents. La dartre, 
la syphilis, la scrofnle, ont tant de points de contact, tant de ca- 
ractères similaires dans lenr mode d'évolntion, se traduisent 
extérieurement par des accidents d'a^ects si analogues, pour les 
deux dernières surtout , par des gradations symptomatiques si 
parallèles , qn*(m ne peut leur refuser des liens de parenté bien 
réels. En Kabylie la scrofule et la syphilis se greffent sur un même 
organisme , y mettent des empreintes séparées ou s'y confondent 
sur un même point et dans une lésion unique. 

Nous n'émettons, quant à présent, cette proposition que dans 
le but d'indiquer notre intention de faire ressortir plus loin les 
raisons qui nous font croire que certaines maladies, auxquelles 
on a donné des noms spéciaux, et que Ton a décrites comme 
appartenant en propre à la Kabylie, se confondent avec la scro- 
fule ou la syphilis, on résultent de la combinaison topique de ces 
deux affections diathésales. 

La scrofule a-t-elle, en Kabylie, une physionomie particulière? 

M. le docteur Mncent , auteur d'un remarquable travail sur les 
maladies qu*il a observées dans cette partie de nos possesâons 
algériennes, croit devoir répondre d'une manière affirmative ^ 
Il a recherché les caractères de la constitution scrofuleuse chez 
les Kabyles, à son point initial, c'est-à-dire au moment où appa- 
raissent chez les sujets scrofuleux les manifestations primitives de 
la maladie. « La constitution scrofuleuse de nos montagnards, 
dit M. Vincent, pan-enue au degré de maturité qui précède 
réclusion des phénomènes idiopathiques, nous a paru repré- 
sentée principalement par une exiguïté de formes coporeUes, un 
arrêt de développement et un état de maigreur qui contrastent 
vivement avec Tembonpoint si fréquent de nos scofuleux d'Eu- 
rope et la polysarcie de même nature d'un grand nombre de 
jeunes IsaréUtes et de Maures indigènes. L'exubérance lym- 
phatique que l'on rencontre si souvent dans la scrofule d'Eu- 

' Voir Exposé clinique des maladies des Kabfles, etc. br. Paris, 1863. 



- j 



iMALADIES ET MÉDECINE. 441 

rope , et qui y a fait voir à quelques médecins une exagération 
de tempérament, manque donc à peu près complètement chez 
les Kabyles. Aussi la forme glanduleuse de la maladie confirmée 
est-elle assez rare parmi eux , malgré la fréquence des lésions 
cutanées .qui tendent à la produire. Le ventre seul, presque 
toujours gros et étalé , échappe à cette loi de gracilité générale 
^t rompt l'harmonie du tout par son développement exagéré. 
L'encolure épaisse et courte, signalée par la plupart des auteurs 
comme un des signes de la prédisposition aux écrouelles, est 
plutôt grêle et allongée chez nos montagnards , sauf les cas où 
le goitre se met de la partie, ce qui a lieu fréquemment chez les 
femmes. La finesse de la peau, sa transparence et sa fraîcheur, 
qui constituent, chez un grand nombre de scrofuleux européens , 
une trompeuse beauté, sont remplacées le plus souvent, chez 
nos indigènes, par la rugosité, la sécheresse et la teinte feuille- 
morte du tégument externe. Le squelette est plus ou moins 
difforme, par suite du renflement des extrémités osseuses, des 
dépressions, des voussures et des irrégularités thoraciques, de la 
largeur des mâchoires, de la saillie des pommettes, de Tépais- 
sissement de la racine du nez et du développement souvent 
très marqué de la boite crânienne , surtout dans le sens pos- 
térieur. L'appétit est vorace, la nutrition imparfaite, Factivité 
intellectuelle, sensitive et locomotrice est diminuée; enfin, la 
virilité est retardée ou amoindrie. » 

Ce portrait du scrofuleux kabyle est frappant de ressemblance, 
mais prouve-t-il, ce que son auteur a Tintention de prouver, 
que ces traits sont spéciaux au pays? H. Bazin*, qui a fait un ta- 
bleau si saisissant de la scrofule d'Europe, a reconnu aussi la 
fréquence de la teinte blême, bistrée, caractéristique, qui se rap- 
proche plus ou moins de la coloration du masque des femmes 
enceintes, ou de celle qui est propre aux sujets qui, depuis un 
temps plus ou moins long, se trouvent sous le coup de la fièvre 
paludéenne. Il considère comme une des manifestations de la 
scrofule abdominale cette confluence pigmentaire, qu'un médecin 

» Voir Leçons sur la Scrofule, Parte, 1861. 



442 LA. KABYLIE. 

anglais, Addison, rattachait à une altération des capsules sur- 
rénales; pour M. Bazin, la maladie bronzée n'est qu'un des pro- 
tées de la scrofule. La cachexie paludéenne s'ajoute, chez un 
grand nombre de nos Kabyles scrofuleux, à leur maladie ori- 
ginelle ; ils puisent encore dans Faction d'un air vif et brumeux, 
dans des insolations fréquentes , enfin dans des conditions 
normales de race , la teinte bronzée ou bistrée de leur tégument. 

Le lymphatisme exagéré du scrofuleux européen, s'il est moins 
accusé chez Thomme , est complet chez la femme et un grand 
nombre d'enfants kabyles, dont les habitudes sont sédentaires , 
qui vivent plus fréquemment sous le toit delà famille que dans les 
champs et au grand air. On retrouvera, chez ceux qui subissent 
incessamment les influences de l'habitation, le développement 
de l'embonpoint, la bouffissure de la face, la flaccidité des chairs, 
l'épaisseur des lèvres et des traits du visage , les engorgements 
ganglionnaires cervicaux, le goitre naissant, Tindolence, l'ob- 
tusion des facultés intellectuelles , etc. 

La scrofule à l'état latent, alors qu'elle ne se traduit encore que 
par des signes physionomiqués généraux, précurseurs d'accidents 
locaux, est imprimée sur la majorité des individus qui composent 
la société kabyle; nous n'affirmerions pas qu'il soit possible de 
limiter à deux ou à trois dixièmes la proportion de ceux qui 
jouissent d'une immunité complète devant cette maladie. 

M. Bazin rattache à la scrofule l'hypertrophie du corps 
thyroïde; le goitre, selon lui, existerait, dans un grand nombre 
de cas, sur les individus écrouelleux. « Si le goitre etlecré- 
tinisme tiennent, dit-il, à l'absence de l'iode atmosphérique 
dans Tair des contrées où ces affections sont endémiques, nous 
n'y verrons qu'une preuve de plus en faveur de notre opinion , 
puisque la scrofule règne dans les mêmes contrées , et que l'iode 
est un des agents thérapeutiques les plus actifs que Ton puisse 
mettre en usage contre cette dernière maladie*. » 

La relation qui existe entre le goitre et la scrofule est parfaite- 
ment justifiée, par nos observations en Kabylie : les goitreux et 

1 Bazin, toc. dt. p. 17, note. 



MALADIES ET MEDECINE. 443 

surtout les goitreuses y sont très nombreux. M. le docteur Lucien 
Leclerc , dans sa mission médicale en Kabylie , rend compte d'un 
certain nombre de goitres observés chez les Ait Fraouçen , les Aït 
Iraten, les Illilten, les Alt Ouasif, etc. Après avoir énuméré ces 
observations^ il rappelle une communication faite à l'Académie 
des sciences par un médecin en chef de Farmée d'Afrique , que 
nous croyons être M. Guyon. Ce médecin considérait Tabsence de 
la lumière comme cause du goitre , et appuyait son opinion sur 
ce fait, qu'en Algérie, tous les goitreux venaient de la montagne. 
M. Leclerc repousse la condition étiologique par le fait lui-même : 
il a vu , dit-il , des goitreux à Tikichourt , qui est à une altitude 
de 570 mèti*es; à Tifiikout, qui est à 892 mètres; à Koukou, qui 
est à 933 mètres; à 1200 mètres, chez les Alt Itsourar'. L'air et la 
lumière, pense-t-il, ne manquent pas aux habitants de ces loca- 
lités. M. Leclerc oublie que les Kabyles viveut dans des maisons 
obscures, à l'air confiné, où, l'hiver, ils restent emprisonnés par 
la continuité des pluies ou du mauvais temps. Cette circonstance 
est surtout remarquable pour ceux qui habitent les régions 
les plus élevées. Les femmes , qui sont plus fréquemment attein- 
tes de goitre que les hommes , ont des habitudes très sédentaires; 
elles ne quittent guère le foyer que pour aller à la fontaine ; elles 
ne respirent un air pur que par de courtes intermittences ; c'est 
dans l'ombre que se passe la majeure partie de leur existence. 

En mettant à part l'action des eaux , à laquelle on a at- 
tribué une grande importance dans la production du goitre, im- 
portance sinon hypothétique du moins exagérée , si l'on s'en rap- 
porte au récent mémoire de M. Poulet * , on peut admettre que 
cette maladie se développe dans les mêmes conditions que les 
autres accidents de la scrofule, conditions dans lesquelles les 
habitations malsaines jouent un si grand rôle. 

Les Kabyles appellent le goitre ah'azkoul-en-tamegueret ou «r'- 
bal-en-tamegueret. Pour dissimuler la diflFormité que cette aflFec- 
tion produit, les femmes emploient ordinairement un tatouage 
assez original, qui dessine un collier à plusieurs rangs. 

1 Du GoUre à Plancher -les-Mines^ mérooire présenlé à TAcadémie des sciences, 
1864. 



444 LX RABYLIE. 

Les manifestations de la scrolale sont si variées dans leur as- 
pect, que la classification est devenue une méthode nécessaire 
dans leur étude. M. Bazin, en rangeant les manifestations scrofu- 
leuses dans quatre groupes principaux, qui correspondent à des 
périodes de plus en plus avancées de la maladie principale cons- 
titutionnelle , nous indique la marche la plus naturelle à suivre 
pour le compte rendu de nos observations sur les Kabyles. 

La scrofule primitive est caractérisée par les maladies les plus 
superficielles du système tégumentaire ; ce sont principalement 
ces éruptions qui sont désignées vulgairement sous le nom de 
ffourmes, et que M. Bazin appelle scrofulides bénignes exsudati- 
ves, scrofulides bénignes boutonneuses, dont Teczéma, Teczéma 
impétigineux , le strophulus, Timpétigo, Térythème papuleux, 
le prurigo Tacné constituent les variétés. Ces dermatoses sont en 
minorité sur le relevé présenté par M. le docteur Vincent dans son 
Exposé clinique des maladies des Kabyles. Il donne pour raison de 
leur rareté apparente que ces sortes de lésions , appartenant à la 
première enfance , n*ont été traitées qu'accidentellement dans son 
service à Dellys, et seulement lorsque les sujets atteints entraient 
à rhôpital avec leurs parents. Cette remarque est parfaitement 
justifiée par ce que Ton peut voir ordinairement dans les villages, 
où Ton trouve sur un grand nombre d'enfants les variétés dont 
nous venons de faire Ténumération. L'eczéma et Timpétigo du 
cuir chevelu y sont principalement remarquables par leur fré- 
quence, et il est quelquefois difficile de les distinguer de la teigne 
proprement dite. Comme elle , ils produisent des sécrétions granu- 
lées , qui agglutinent les cheveux , seconcrètent en croûtes épais- 
ses; mais ils s'en différencient le plus souvent parleur extension 
au visage et au cou, par leur apparition sur des parties dépourvues 
de poils. 

La teigne proprement dite n'esi pas plus rare , chez les jeunes 
scrofuleux , que les éruptions exsudatives. Doit-on en conclure 
pour cela que cette maladie est une manifestation propre de la 
scrofule, comme M. le docteur Vincent* nous semble disposé à le 
croire, à l'exemple de M. Milcent? D'après ce que nous voyons en 

1 Loc. cU.j p. 31. 



MALADIES ET MEDECIME. 445 

Kabylie , la teigne , par ce seul fait qu'elle est une affection para- 
sitaire et essentiellement contagieuse , nous parait se développer 
aussi bien sur les individus robustes et indemnes de tous vices 
constitutionnels que sur ceux qui sont faibles, rachitiques et scro- 
fuleux. Ces derniers, cependant, constituent d'excellents terrains 
pour la germination de VAchorion ou du Trichophyton, végétaux 
qui, on peut le dire, caractérisent la flore de la malpropreté, de 
la misère et de Fencombrement , comme la scrofule en constitue 
le caractère pathologique. 

A côté des formes exsudatives des scrof ulides primitives , il faut 
placer les dermatoses papuleuses ou papulo-érytbémateuses. 
Parmi celles-ci , nous avons été supris de l'extrême rareté , chez 
les Kabyles , du strophulus, qui est si commun chez les scrofuleux 
de nos régions européennes. Quant au prurigo , constatons sa pré- 
sence, soit qu'il se rattache à la scrofule, soit qu'il dépende delà 
diathèse dartreuse , soit enfin qu'il se lie au parasitisme pédicu- 
laire. 

L'ophtalmie puro-catarrhale est la plus commune des scrofu- 
lides primitives des muqueuses. Nous rappellerons ici ce que nous 
avons dit plus haut (p. k29) des causes de cette ophtalmie. Elle 
a, croyons-nous, des rapports intimes avec la scrofule, mais on 
doit faire, dans sa production sur un grand nombre de sujets, une 
large part à la contagion directe. Que cette contagion s'opère par 
la translation, sur des yeux sains, du muco-pus sécrété par des 
conjonctives granuleuses ou purulentes ; qu'elle se communique 
par la voie des caresses que font à leurs enfants ou à leurs proches 
des individus atteints d'écoulements blennorrhagiques ou leucor- 
rholques, elle ne saurait être mise en doute. La prédisposition 
individuelle fait éclore et fructifier le germe , auquel il ne fallait 
que des circonstances favorables à son développement. 

Les scrof ulides secondaires, si elles ne se montrent pas sur les 
Kabyles avec plus de fréquence que les formes superficielles que 
nous venons de passer en revue , s'y rencontrent au moins aussi 
souvent. Les traces de ces maladies, lorsque la manifestation pri- 
mitive ou aiguë s'est épuisée par le fait de l'âge et de la transfor- 
mation de constitution ou de tempérament , sont imprimées sur 



44C LA KABTLIE. 

beaucoup de nos indigènes; ce sont des cicatrices enfoncées et ri- 
dées, ou saillantes, bridées, farcies de tissus fibro-plastiques. 
Nous n'entrerons pas dans le détail descriptif de ces dermatoses , 
dont le lupus érythémateux ou tuberculeux, le rupia, Timpétigo 
rodensy certaines variétés d'ecthyma, constituent les principales 
espèces. Elles ont été réunies, par M. Bazin, en trois groupes, 
sous les noms de scrofulide érythémateiise , scrofulide tuberculeuse 
et scrofulide crustacée ulcéreuse. 

M. le docteur Amoult, professeur agrégé à Fécole du Val-de- 
Grâce , a publié dans le recueil des Mémoires de médecine mili- 
taire * un travail très intéressant sur une maladie qu'il a observée 
en Kabylie, alors qu'il était attaché, en qualité d'aide-major, au 
service de M. le docteur Vincent, à l'hôpital de Dellys. Selon lui, 
cette maladie, propre à la Kabylie , liée par des rapports plus ou 
moins intimes avec la syphilis dans un grand nombre de cas , en 
serait indépendante dans d'autres, et n'aurait aucune analogie 
avec la scrofule ; ce serait une maladie spéciale à laquelle il con- 
viendrait de donner un nom spécial aussi, celui de lèpre kabyle. 

Cette dénomination n'est pas , croyons-nous , exempte de re- 
proches , en ce sens qu'elle ne donne que la. notion d'un mal bi- 
zarre dans ses manifestations, inconnu dans sa nature. Doit-on 
entendre ainsi la lèpre , depuis les travaux de MM. Rayer et Dever- 
gier? « Quoi de plus propre, dit ce dernier^, à jeter la confusion 
que ces dénominations de lèpres par pays où on les rencontre ? 
Elles ne laissent rien à l'esprit, elles n'apprennent rien. » — « La 
lèpre, dit-il encore, est une maladie générale* de l'économie, plus 
spéciale à certains pays, à certaines contrées qu'à d'autres, mais 
qui peut naître sous tous les climats. Je relaterai ici plusieurs 
exemples de la lèpre française , qui a toujours une marche lente . 
chronique , menaçante pour la vie , et qui est caractérisée par les 
phénomènes d'hypertrophie ou d'atrophie des parties malades, 
dans lesquelles on observe l'existence de tubercules plus ou moins 
nombreux et plus ou moins volumineux, celle de taches ou déco- 
loration de la peau avec insensibilité de la partie affectée , cette 

1 Dermatologie africaine, La lèpre kabyle. {Mém. méd, milit, 3* série, t. VII.) 
^ Traité pratique des maladies de la peau, 1854, p. 530. 



_t f_ 



MALADIES ET MEDECINE. 447 

dernière condition se remarquant surtout dans la lèpre avec atro- 
phie. Quant aux sécrétions, aux ulcérations et à la gangrène, elles 
ne se voient qu'accidentellement et ne constituent pas un phéno- 
mène commun , comme ceux que je viens de signaler. » 

M. Arnoult admet deux formes de lèpre kabyle , la forme épi- 
dermique pure et la forme ulcéreuse. 

En résumant les caractères de la forme épidermique, d'après 
M. Arnoult , nous trouvons : éruption d*élevures ou papules sail- 
lantes, ayant depuis le volume d'une tête d'épingle jusqu'à celui 
des pustules d'impétigo. Ces papules sont colorées en rouge violet, 
ou rouge brun , ou lie de vin ; elles sont ordinairement disposées 
en groupes arrondis, formant une couronne qui s'élargit de plus 
en plus; le centre, ayant été le premier atteint, est aussi le pre- 
mier abandonné par le mal et tend à la guérison. L'érup^ 
tion, chez certains malades, est recouverte d'une desquamation, 
qui lui donne de la ressemblance avec certains psoriasis. Cette 
forme se termine par le rétablissement du niveau normal du té- 
gument et par la reconstitution, en apparence, des couches épider- 
miques; mais la coloration rouge persiste, avec des modifications 
de tons qui en font une teinte ardoisée, chocolat, marron, ou 
même bistre. Ces teintes ne sont peut-être pas indélébiles , mais 
leur persistance me porte à croire que l'épiderme n'est pas com- 
plètement restauré, et qu'il reste longtemps plus mince qu'à l'é- 
tat sain. Ce serait un intermédiaire entre l'épiderme normal 
et le faux épiderme des cicatrices. » 

On trouve dans cette description les principaux caractères de 
certaines éruptions secondaires de la scrofule. En la comparant avec 
celle que M. Hardy donne de la scrofulide érythémato-squam- 
meuse* [lupus érythémateux de Cazenave et de M. Bazin, érythème 
centrifuge de Biett) , il est facile de se convaincre de l'identité de 
ces deux maladies. Nous ajouterons que la scrofulide érythémato- 
squammeuse siège, en général, sur la face, sur le cou et sur la 
partie supérieure du thorax; par exception, sur les membres et 
sur la partie inférieure du tronc. Nous avons trouvé fréquem- 
ment, sur des Kabyles âgés, une éruption dartreuse qui offre , au 

^ Hardy, Leçons sur les maladies de la peau, l'« partie, p. 138. 



448 LA. KABYLIE. 

premier aspect, de Tanalogie avec celte scrofulide, que nous ne 
trouvions que sur des enfants ou des femmes jeunes; nous voulons 
parler de Therpès circiné , à large plaques, sur les membres infé- 
rieurs et autour du bassin. La considération de Tàge des malades 
et un examen local attentif suffisent , dans des cas analogues , 
pour éloigner les causes d'erreur et fixer le diagnostic. 

Suivant M. Arnoult, la forme ulcéreuse de la lèpre kabyle suc- 
céderait, dans certains cas, à la forme primitive superficielle dont 
nous venons de parler; dans d'autres , elle se déclarerait d'emblée. 
Aux descriptions que l'auteur donne des variétés de cette forme, 
il est facile de reconnaître les éruptions que M. Bazin appelle 
scrofulides malignes crustacées ulcéreuses^ ou syphilides puslulo- 
cimstacées ulcéreuses, tuberculo- crustacées ulcéreuses ^ tuberculo- 
crustacées serpigineuses"^, 

MM. Vincent et Arnoult ont observé les mêmes malades à l'hô- 
pital de Dellys : tandis que l'un appelle lèpre kabyle les affections 
ulcéreuses qu'il a vues, l'autre en fait des manifestations de la 
syphilis cutanée^. 

Les obsei'vations de M. Arnoult, à la fin de son travail , sont di- 
visées en trois groupes. Dans le premier il range, sous le nom 
de lèpre avec syphilis démontrée, des cas de dermatoses pustulo- 
ulcéreusesou tuberculo-ulcéreuses évidemment spécifiques. De ce 
que ces éruptions se manifestent, sur un ou plusieurs sujets, en 
même temps que les accidents d'un ordre plusavancé delà syphilis, 
doit-on pour cela les mettre sur le compte d'une lèpre conven- 
tionnelle à évolution propre? Un individu qui porte sur différents 
points du corps une syphilide pustulo-crustacée et des gommes 
n'est pas atteint de lèpre et de syphilis; il a la syphilis sous deux 
formes. Dans le second groupe d'observations M. Arnoult décrit 
des lèpres paraissant simples^ c'est-à-dire indépendantes de la sy- 
philis. Dans quelques cas compris dans ce groupe il est facile de 
reconnaître l'herpès circiné [obs. 12, 13, 14); dans d'autres , des 
scrofulides {osb. 15, 16 et 17), de l'ecthyma [obs. 18), etc., des 

^ Leçons sur la Scrofule, p. 220 et suiv. 

3 Leçons sur la Syphilis et les Syphilides, 1869. 

3 Vincent, loc, ciY.^p. 61. 



MALADIES ET MEDECINE. 449 

dermatoses enfin parfaitement connues. Pour quelques- unes de 
ces observations, hâtons-nous de dire, pour justifier M. Arnoult 
du reproche qui pourrait lui être adressé de ne pas avoir insisté 
suffisamment auprès de ses clients sur le commémoratif de leur 
maladie , surtout en ce qui touche la syphilis , que les renseigne- 
ments anamnestiques sont souvent impossibles à tirer des Kabyles. 
Ils montrent leur mal au médecin et semblent lui dire : « Vois, 
touche , devine ce que la pudeur ou Tentôtement nous engagent 
à te cacher, et guéris- nous si tu peux; nous jugerons si tu es pers- 
picace, savant et habile. » 

M. Arnoult, tout en faisant un travail remarquable dans ses 
détails par une exposition minutieuse des faits, a peut-être eu le 
tort de créer une entité morbide avec des formes pathologiques 
très diverses par leur nature. Pour nous, qui avons pu , pendant 
une assez longue période , observer des dermatoses kabyles , il 
nous a toujours été facile de rattacher à la dartre , à la scrofule, 
à la syphilis ou au parasitisme, les échantillons qui passaient sous 
nos yeux. Si quelquefois nous avons pu reconnaître des combi- 
naisons dans les espèces ou les variétés, il nous a paru pour le 
moins inutile de considérer ces combinaisons comme le produit 
d'une maladie nouvelle, spéciale, d'une lèpre , en un mot, dont 
la création nous semble le résultat d'une opération de synthèse 
systématique, qui ne peut avoir pour effet que de compliquer la 
nosologie et d'égarer la thérapeutique. 

A la scrofule secondaire se rattachent les engorgements et les 
suppurations de l'appareil ganglionnaire superficiel. Cette forme, 
si fréquente en Europe , où elle est désignée par le vieux nom 
écrouelles, n'est pas commune en Kabylie. Les adénopathies que 
nous avons observées ne nous ont jamais paru primitives, c'est-à- 
dire s'être développées spontanément , d'emblée, mais symptoma- 
tiques d'accidents cutanés plus ou moins profonds, tels que les 
scrofulides secondaires ou les plaies accidentelles. 

La scrofule tertiaire, caractérisée par la localisation articulaire 
ou osseuse , se rencontre assez souvent chez les Kabyles. Les tu- 
meurs blanches et les osléopériostites sont cependant moins fré- 
quentes que les accidents strumeux primitifs ou secondaires, et 

I. 29 



450 LA KABYLIE. 

s'observent en général sur des sujets adolescents. Constatons en- 
core Textrème rareté, chez les enfants, de la coxalgie, maladie 
que Ton voit si souvent atteindre les jeunes scrofuleux de nos 
grandes villes de France. Cependant, bien que peu d'enfants 
kabyles soient amenés par leurs parents dans les hôpitaux français 
pour des arthropathies graves, il ne faut pas conclure absolu- 
ment que ces maladies les épargnent. Dans les villages ou sur 
les marchés , on rencontre des infirmes de tout âge avec des anky- 
loses du genou , du coude , des luxations spontanées de la hanche, 
des cicatrices enfoncées et adhérentes aux extrémités articulaires , 
déformations pathognomoniques de tumeurs blanches guéries 
ou en voie de guérison. 

Par sa localisation dans les os et les articulations, la scrofule 
offre, avec la tuberculisation en général, un point de contact bien 
remarquable. Cette analogie explique la fréquence de la phtisie 
pulmonaire en Kabylie. Dans les produits des arthropathies stru- 
meuses ou des ostéopériostites de même nature ne trouve-t-on 
pas, sinon dans tous les cas, du moins dans un grand nombre , 
le tubercule à ses diverses phases d'évolution? Chez un certain 
nombre d*enfants ou d'adultes atteints de scrofule osseuse, nous 
avons pu vérifier la loi formulée par Louis, en trouvant des signes 
non équivoques de tuberculisation pulmonaire. 

M. Vincent rapporte* un fait très probant de phtisie scrofu- 
leuse observé sur un Kabyle de trente-cinq ans. « Ce fait, dit 
M. Vincent, s'interprète en quelque sorte tout seul, et il nous 
ramène à la question de parenté entre les diathèses scrofuleuse et 
tuberculeuse. » 

Cette question si importante compte trois opinions parmi les 
auteurs, savoir : 1^ la séparation absolue des deux diathèses, mais 
avec une coïncidence fréquente de leurs produits ; c'est l'opinion 
soutenue par un micrographe distingué, M. Lebert; 2® l'identité 
complète de nature des deux maladies générales, indiquée par 
Lugol et soutenue par Rilliet et Barthez , qui englobent les deux 
genres morbides sous le nom de diathèse scrofulo-tuberculeuse ; 
3** enfin , Texislence , le plus souvent isolée mais quelquefois com- 

* Loc. cit., p. 39. 



MVLADIES ET MEDECINE. 451 

mune, des deux diathèses, avec relation de cause à effet de la 
scrofule au tubercule. C'est l'idée de Morton, reprise par M. Mil- 
cent et adoptée par H. Bazin. C'est celle à laquelle les faits que 
nous avons observés semblent le plus donner raison. 

Si la scrofule tuberculeuse viscérale a quelquefois son siège , 
chez les Kabyles, dans le parenchyme pulmonaire, on la renconti*e 
à un haut degré de fréquence sous la forme de phtisie abdomi- 
nale ou mésentérique *. On voit, dans les vallées de Toued Aïssi, 
du Sébaou , dans les plaines de Drà el-Mizan , de malheureux en- 
fants, paies, amaigris, souffreteux, à peau sèche et ridée, à ex- 
trémités grêles, avec un ventre énorme et ballonné, offrant enfin 
les signes caractéristiques de cette maladie , à terminaison presque 
toujoui*s fatale, que les anciens pathologistes appelaient le car- 
reau. En même temps que la phtisie abdominale, nous avons 
presque toujours pu constater, chez ces enfants, des affections 
scrofuleuses primitives ou secondaires des muqueuses ou de la 
peau, caractères qui ne pouvaient nous laisser de doutes sur la 
nature de la maladie principale. 

Nous avons remarqué que le carreau s'observe surtout, en Ka- 
bylie , dans les régions oà sévissent avec intensité les fièvres palu- 
déennes. Les engorgements spléniquQ et hépatique, symptoma- 
tiques de la pyrexie intermittente , en se produisant sur des or- 
ganismes primitivement scrofuleux, ne peuvent- ils déterminer 
l'engorgement des ganglions mésentériquest Cet engorgement ne 
peut-il être considéré comme le premier stade de l'évolution de 
|a matière tuberculeuse qui existe, àTétat primitif ou de crudité, 
dans le stroma ganglionnaire? 

Les Kabyles ne connaissent la scrofule que par ses symptômes 
les plus apparents (ils appliquent surtout le mot akhanzir aux 
hypertrophies ganglionnaires qui accompagnent certaines ma- 
ladies de la peau); sa nature diathésale, unique dans la variété 
de ses accidents locaux, ne les a pas mis sur la voie d'une théra. 
peutique spéciale. Pour eux, la scrofule n'est qu'une syphilis 
modifiée par son passage dans un nombre indéterminé de géné- 
rations; à Tune et à l'autre ils appliquent le m^m8 traitement. 

* Nousa?on8eQ sonrenl l'occasion de vérifier ce failà rhô;»iul civil de Mustapha (L. T. 



452 LA KABYLIE. 



SYPHILIS. 



Comme la scrofule, la syphilis est Tune des plaies de la Kabylie; 
elle s'y montre sous toutes ses formes, depuis les plushénigoes 
jusqu'aux plus hideuses, et y est désignée sous le nom de aCan 
ameKKeran, « grande maladie ». 

Il est très rare que le médecin puisse suivre, chez les Kabyles, 
révolution complète des accidents syphilitiques ou leur filiation 
exacte. Pour des raisons qui sont intimement liées aux mœurs 
musulmanes, à la décence prescrite par le Coran, la constatation 
des accidents primitifs , de la contamination initiale, est entourée 
d'obstacles quelquefois insurmontables. Il est donc presque im- 
possible de saisir, chez nos indigènes, la syphilis à son berceau , 
c'est-à-dire dans la manifestation génitale , que ce soit une bien- 
norrhagie, une érosion papuleuse superficielle, comme dirait 
H. Langlebert, ou une ulcération indurée. 

L'accident secondsiire se voit sur les Kabyles plus souvent que 
l'accident primitif; mais il est à remarquer qu'en général, ils 
ne viennent consulter, pour ce genre de maladie , que tout autant 
que la profondeur de la contamination , son étendue , sa forme 
horrible, apportent dans leurs occupations, leurs habitudes, leurs 
relations, des obstacles tels, qu'il leur devient indbpensable 
d'appliquer au mal un prompt remède. Pour tout observateur 
inattentif, la syphilis tégumentaire ne se présenterait en Kabylie, 
s'il se contentait de voir seulement ce qu'on lui montre, que sous 
ses formes graves ; mais, en y regardant de près, en cherchant 
les syphilis bénignes sur des individus qui ne les accusent pas, on 
reconnaîtra la fréquence de ces roséoles, de ces érythèmes papu- 
leux, de ces lichens miliaires, qui passent souvent inaperçus des 
malades eux-mêmes, si l'œil du médecin ne les découvre sous leur 
thadjellabt. 

Nous ne pourrions rapporter ici les cas de syphilides que nous 
avons pu observer, sans faire l'énumération complète de toutes les 
espèces décrites par les auteurs. Nous dirons seulement que les 
plus fréquentes ont été : les plaques muqueuses ou végétantes, 
l'impétigo et Tecthyma, groupés ou disséminés; les papulo-vési- 



MALADIES ET MÉDECINE. 453 

cules de l'herpès ci rciné spécifique; enfin ces formes graves d'é- 
ruptions ulcératives confondues par M. Amoult sous le nom de 
lèpre kabyle y et qui ne nous paraissent , pour la plupart, que les 
espèces qui ont été décrites par M. Bazin sous les noms de syphi- 
lides pustulo-ulcéreuses j tuberculo-ulcéranles gangreneuses , ul- 
cérantes serpigineuses. 

La syphilis cutanée des Kabyles n'a de spécial que l'étendue et, 
souvent , la profondeur de ses ravages , étendue et profondeur 
qu'il est facile d'expliquer par la malpropreté habituelle et invé- 
térée des individus. 

Les coucbes épaisses de crasse qui entourent les plaies, les 
topiques pulvérulents dont on les recouvre (henné, bouse de 
vache, etc.), les défigurent tellement, leur donnent un aspect si 
bizarre et si inattendu , que l'on est tout disposé à prendre pour 
des maladies nouvelles toutes les éruptions que l'on voit. Des 
bains, des cataplasmes, de simples lotions suffisent pour leur 
rendre leur aspect normal et pour permettre de leur trouver une 
place dans les classifications connues. 

Si l'on voulait trouver à la syphilis tégumentaire des Kabyles 
une physionomie particulière, il faudrait la chercher, non dans 
ses formes, mais dans la rapidité de sa marche. La suractivité des 
fonctions de la peau par l'influence du climat rend parfaitement 
compte des désordres considérables qui se produisent à sa surface 
ou dans ses couches prof ondes, 'pendant un temps relativement 
(rès court. Cette influence n'est pas douteuse en Kabylie. Plu- 
sieurs fois nous avons pu constater chez certains individus des 
éruptions de formes multiples et de gravité différente dans Téchelle 
nosologique : sur un sujet, nous trouvions, en un point de son 
corps, une syphilide résolutive, un ecthyma ou un herpès; en un 
autre point , une gomme sous-cutanée ramollie ; sur un autre sujet, 
des plaques muqueuses génito-anales et une mentagre ulcérée. 

Les Kabyles qui se présentent aux consultations des médecins 
français avec des accidents secondaires , ou des accidents de tran- 
sition entre les deux premiers degrés de la syphilis, accusent rare- 
ment, pour cause de leur maladie, des rapprochements sexuels ou, 
comme filiation symptomatique , soit une blennorrhagie, soit une 



454 LA KABTLIE. 

ulcération primitive. Le plus souvent ils attribuent leur mal à la 
cohabitation avec des individus infectés; dans d'autres cas, au 
repas pris chez un hôte , à Tusage d'ustensiles ou de vases culi- 
naires souillés par des étrangers. Dans d'autres cas, enfin, la cause 
contagieuse a échappé à leurs observations : la grande maladie, 
comme ils rappellent, est le présent d'un sort ennemi ou fatal. 
Quand cette explication lui est donnée, le médecin, s'il a quelques 
doutes sur la nature réelle des accidents, doit eu chercher l'ori- 
gine génitale ; il est rare qu'il ne trouve pas la cicatrice de la con- 
tamination primitive. La transmission contagieuse des accidents 
secondaires par voie directe ou indirecte, c'est-à-dire par contact 
simple ou par des intermédiaires matériels, est admise sans conteste 
en Kabylie. Il n'est pas sans intérêt de rappeler combien il a 
fallu, chez nous, d'écrits, de discussions académiques et d'expé- 
riences pour faire prévaloir la même vérité sur les théories et les 
échafaudages systématiques de la science. Enfin, depuis les expé- 
riences de Wallace , 4^ Walter de Prague , de Vidal de Cassis , 
d'Auzias Turenne; depuis les derniers orages de 1859 à l'Acadé- 
mie de médecine et les conclusions de M. Gibert, la contagion et 
rinoculabilité des accidents secondaires sont reconnues. Les Kaby- 
les n'ont plus rien à nous apprendre sur ce point de doctrine. 

Le résumé que nous faisons ici ne peut nous permettre d'entrer 
dans le détail d'observations médicales proprement dites. Cepen- 
dant nous ne pouvons omettre de signaler sommairement des 
exemples de contagion des accidents secondaires. Plusieurs fois 
nous avons vu des enfants tenir, de leurs parents atteints de syphi- 
lides cutanées, des plaques muqueuses du pharynx ou des lèvres. 
Une famille du village d'Imâïnceren nous montra , à la consulta- 
tion du bureau arabe : le père, des pustules muqueuses génito- 
anales; la mère et une jeune fille de dix ans, des pustules buccales 
simples ou ulcérées. 

M. le docteur Vincent rapporte, dans son Exposé clinique^ un 
exemple de faits du même ordre ; parmi les observations de M. le 
docteur Leclerc *, on peut trouver quelques documents sur la fré- 
quence du mode de contagion dont nous parlons. 

1 Voir Mission médicale en Kabylie, art. Stphius. 



MALADES ET MÉDECINE. 455 

Si, à Texemple de M. Arnoult, on voulait faire de la syphilis 
kabile une entité morbide sous un nom spécial , comme celui de 
lèpre, il faudrait la rapprocher de ces maladies extraordinaires 
dont M. RoUet de Lyon a démontré avec succès la nature spéci- 
fique *, aflTections endémo-épidémiques, appelées : mal de Sainte- 
Euphémte , pian de Nérac , maladie de Brunn , scherlievo, fa- 
caldine , sibbens d'Ecosse, radésyge, mal de la baie de Saint- 
Paul, etc., qui toutes s'expliquent par des circonstances particu- 
lières de contagion, de climats, d'habitudes, et par l'intervention 
plus ou moins active de la médecine. « Comme la syphilis, dit 
M. Rollet , est beaucoup moins vénérienne que la blennorrhagie 
et le chancre simple , en ce sens qu'elle constitue une maladie 
générale non moins contagieuse à la période secondaire qu'à la 
période primitive, et se transmet en dehors de tout rapport sexuel 
aussi bien que par le coXt, il est bien naturel qu'on l'observe seule 
dans les localités peuplées d'habitants encore plus misérables que 
débauchés, et que quelques auteurs Taient appelée, dans ces 
pays, la syphilis insontium. » Ce passage, tiré des conclusions 
du travail de M. Rollet, représente fidèlement l'un des traits les 
plus saillants de la syphilis chez les Kabyles. 

La syphilis tertiaire est largement représentée en Kabylie ; il 
n'est pas de jour, où l'on ne constate, sur les consultants du bureau 
arabe , des exostoses ou des ostéopériostoses , les caries des fosses 
nasales, enfin la phtisie laryngée. Chez ceux de nos indigènes 
qui se présentent avec la raucité ou l'extinction de la voix, l'éma- 
ciation delà phtisie confirmée, qui accusent des hémoptysies, ce 
ne sont pas les sommets des poumons qu'il faut examiner d'abord ; 
avant de s'adresser aux signes stéthoscopiques, on trouvera moins 
péniblement une explication des symptômes dans l'inspection du 
pharynx et de la surface tégumentaire : des brides cicatricielles , 
des pertes de substance, des ulcérations sur le voile du palais ou 
la voûte palatine ; sur la peau, des traces de syphilidesulcératives. 

Une remarque intéressante, et que nous avons pu vérifier, a été 

1 Recherches sur plusieurs maladies de la peau réputées rares ou exotiques, 
qu'il convient de rattacher à la Syphilis, (ArchîTes générales de médecine, 18G0- 
1861 .] 



456 Lk KABYLIE. 

faite par M. Vincent, c'est Tabsence des douleurs ostéoscopes noc- 
turnes chez les Kabyles atteints de syphilis osseuse. « Le mode 
habituel de coucher des Arabes, borné à Temploi d'une natte placée 
sur le sol, et leurs habitudes diurnes de presque nudité, réduisent 
considérablement le phénomène de Texacerbation nocturne. Il est 
bon de se rappeler cette particularité quand on examine pour la 
première fois un malade indigène. En tout cas, le séjour à l'hôpi- 
tal, dans des conditions ordinaires d'habitation, met vite un terme 
à ce silence nocturne du symptôme principal de l'affection *. » 

A la syphilis tertiaire il faut rattacher les accidents qui ont 
pour siège les systèmes fibreux et musculaire. Rien de plus fré- 
quent chez les Kabyles que ces douleurs rhumatoldes qui, à leur 
début, ne sont accompagnées, dans les régions qui en sont le 
siège, d'aucune lésion matérielle appréciable, mais qui, au bout 
d'un certain temps, sont suivies de la production de tumeurs 
plastiques , de nodi, qui ont été décrits, dans ces derniers temps, 
par MM. Ricord, Virchow etBouisson. 

La syphilis viscérale serait-elle rare en Kabylieî Sauf un cas 
douteux, il ne nous a pas été donné de l'observer. Il s'agissait 
d'un homme de quarante ans environ , entré à l'hôpital de Fort- 
National, se plaignant de toux et de douleurs dans la continuité 
des membres supérieurs. Outre les signes d'une phtisie pulmo- 



naire, nous trouvâmes chez lui des cicatrices de gommes ulcérées 
sur divers points du corps, une carie des os propres du nez et 
une perforation de la voûte palatine. La considération del'àge du 
sujet nous fit penser que la syphilis pouvait ne pas être étran- 
gère à l'évolution tardive de l'élément tuberculeux; les hémo- 
ptysies et la toux ne s'étaient déclarées, disait-il^ que depuis peu de 
temps. Comme la plupart de nos malades indigènes, cet homme 
demanda à quitter l'hôpital aussitôt qu'une légère amélioration se 
fut prononcée ; il emporta les éléments d'un traitement spécifique, 
et nous ne le revîmes plus. 

En terminant cet exposé de la syphilis chez les Kabyles, nous 
ne devons pas omettre de faire ressortir deux faits importants , 
qui donnent à la maladie un cachet particulier. Le premier con- 

» Exposé clinique, etc., p. 53. 



MALADIES ET MEDECINE. 457 

siste dans la vigueur et Ténergie avec lesquelles se développent, 
chez les indigènes, les accidents successifs qui constituent les di- 
verses périodes de l'évolution diathésale ; le second réside dans la 
rapidité d'action du traitement. On a souvent peine à saisir chez 
les Kabyles les transitions d^une période à Tautre ; les accidents 
se succèdent en général sur chaque individu avec une telle rapi- 
dité, que la marche de l'un ne s'est pas encore complétée lorsque 
celui du degré immédiatement supérieur fait son apparition. 

Ces accidents eux-mêmes se présentent dans chaque ordre sous 
leurs formes les plus graves et les plus profondes. La syphilis des 
Kabyles semble donc se rapprocher de ces syphilis malignes qui 
se caractérisent, dans chacune de leurs périodes, par la brutalité 
de leur marche et par l'étendue, soit en surface, soit en profondeur, 
des lésions auxquelles elles donnent naissance. 

Cette physionomie de la syphilis chez les Kabyles peut trouver 
sa raison d'être dans Texistence, chez la plupart d'entre eux, de 
la scrofule. Cette dernière, si elle ne se trouve chez un certain 
nombre de sujets qu'à l'état latent, ou si elle ne s'est manifestée 
chez eux que par des contaminations superficielles et de peu de 
durée, se réveille sous l'influence de l'inoculation, puis de l'évo- 
lution du virus syphilitique, et marche parallèlement à lui en lui 
imprimant quelques-uns de ses caractères. Ainsi, l'ulcération pri- 
mitive est bientôt accompagnée d'adénises à larges décollements, 
sur lesqueUes la peau s'amincit, s'ulcère, se détruit, et laisse à 
nu de vastes surfaces ir régulières, constituées par des chaînes de 
ganglions hypertrophiés, qui, par la suppuration, s'isolent du tissu 
cellulaire ambiant, et se détruisent par une élimination progres- 
sive de leur propre substance , lorsque le chirurgien n'intervient 
pas pour en opérer l'énucléation. Un autre exemple pourra faire 
ressortir la possibilité de la combinaison des deux maladies : les 
formes de syphilidesles plus communes chez les Kabyles sont sur- 
tout celles qui ont le plus d'analogie avec les scrofulides que l'on 
trouve assez souvent chez d'autres indigènes, indemnes du virus 
syphilitique. Chez les uns on constatera des scrofulides crustacées 
ulcéreuses; chez les autres, des syphilides tuberculo-crustacées 
ulcéreuses, entre lesquelles on ne reconnaîtra de différences sen- 



4Ô8 LA. KABYLIE. 

sibles que dans des nuances fugaces décoloration ou des particu- 
larités douteuses de commémoratif. Sur un même sujet on trou- 
vera, en différents points du corps, ici le tubercule inflammatoire 
ou fibro-plastique de la scrofule, là le tubercule gommeux syphi- 
litique de la face profonde de la peau , avec son caractère ulcérât if 
scrpig-ineux ; sur un autre, enfin, on observera une syphilide tuber- 
culo-ulcéreuse sur le tronc ou les membres, et des suppurations 
ganglionnaires strumeuscs à la région cervicale. 

Une poussée scrofuleuse cutanée qui existe sur un individu au 
moment de Tinvasion syphilitique peut certainement, dans un 
temps donné, favoriser l'évolution d'une poussée syphilitique de 
même forme. 

Aux lésions mixtes des deux diathèses pourrait justement s'ap- 
pliquer l'expression scrofulate de vérole, qui a été employée par 
M. Ricord. Cette dénomination, si elle n'est pas rigoureusement 
scientifique, est assez pittoresque pour caractériser d'une manière 
frappante les faits dont nous parlons. M. Ricord l'appliquait pres- 
que exclusivement aux accidents de la syphilis tardive originelle ; 
on peut, croyons-nous, l'étendre à la forme de syphilis acquise 
dont il vient d'être question. 

Le traitement de la syphilis par les préparations mercurielles 
agit sur les Kabyles avec une rapidité qui surprend tous les mé- 
decins appelés à leur donner des soins. On peut trouver à ce fait 
plusieurs causes plausibles. La sobriété habituelle des indigènes, 
en conservant à leur tube digestif son intégrité fonctionnelle , 
doit nécessairement avoir une influence favorable sur l'absorp- 
tion des médicaments qui leur sont administrés. La privation des 
boissons alcooliques, qui est chez eux une règle non seulement 
hjiégnique, mais religieuse, est en général assez bien observée. 
Elle les exempte de ces gastralgies et de ces phlegmasies chroniques 
de l'estomac, qu'il est souvent difficile de concilier, chez nos ma- 
lades européens, avec les exigences du traitement antisyphilitique. 
Enfin, l'influence du climat n'est peut-être pas étrangère au succès 
de la médication mercurielle. L'état habituel de diaphorèse au- 
quel sont soumis les habitants des altitudes algériennes est un ad- 
juvant utile à cette méthode thérapeutique ; laperspiration cutanée 



MALADIES ET MÉDECINE. 450 

que Ton cherche à obtenir dans le traitement de la syphilis n a 
d'autre but que de provoquer à la surface de l'intestin un travail 
d'assimilation supplémentaire des pertes qui se font par la peau. 
Les mercuriaux réussissent peu dans les régions froides du globe : 
au dire de M. Boeck, de Christiania, leur inefficacité a été telle- 
ment bien constatée en Norwège, qu'on a renoncé à leur emploi 
et qu'on les remplace par la syphilisation curative. 

Les médecins kabyles possèdent sur la syphilis des opinions qui 
ont avec celles des syphiliographes modernes quelques points de 
contact qu'il est assez intéressant de constater. Aômar Naît Moussa 
résumait devant nous ses convictions de la manière suivante : 

« L'upétrite {tesfiia) était rare en Kabylie avant l'arrivée des 
Français; elle peut être suivie de maladies de peau longtemps 
après sa guérison ; elle peut encore produire des pustules dans la 
bouche. 

« Le chancre {solian bouat'an amek'k'eram, « le roi de la grande 
maladie ») est le plus souvent la source de tous les accidents de la 
vérole. 

« La vérole se montre sous plusieurs formes : les maladies de la 
peau, boutons, ulcères, tumeurs ; les maladies des yeux ; les ma- 
ladies des os; enfin^ les maladies des organes intérieurs, et surtout 
du cerveau. 

« Elle se transmet d'un individu à un autre par les rapproche- 
ments sexuels ou le simple toucher, par les cuillers pendant le 
repas, et par le vase auquel boivent les convives. 

« Il n'y a qu'un seul remède qui guérisse de la vérole, c'est le 
mercure sous différentes formes. » 

Les Kabyles traitent l'urétrite par des moyens assez primitifs, 
pour ne pas dire barbares. L'un de ces moyens, basé sur l'action 
que lacantharide exerce sur les organes génito-urinaires, doit être 
connu des médecins qui peuvent être appelés à donner leurs soins 
aux indigènes. Ceux-ci viennent souvent consulter pour des stran- 
guries, des ischuries ou des hématuries, dont ils ont bien soin de 
cacher la cause, et qu'il faut attribuer, dans le plus grand nombre 
de cas, à la médication suivante : 

On pulvérise deux mouches cantharides {jlzam elHend, « mou- 



460 L4 KABYLIE. 

ches de Tlnde ») et on les incorpore à environ quarante ou cin- 
quante grammes de miel ; cet opiat doit être pris en une seule fois. 

Ce traitement incendiaire provoque sur la muqueuse des voies 
urinaires une vive inflammation, qui peut, à la rigueur, éteindre 
Tinflammation morbide, en s'y substituant, mais qui dépasse 
presque toujours le but. 

On préfère généralement à ce moyen des applications topi- 
ques : on fait fondre à chaud de Tencens [asebrar) dans de 
l'huile ; lorsque la solution est complète et assez épaisse, on y 
trempe une mèche de coton, que Ton introduit dans rurètre. 

Les boissons diurétiques sont recommandées comme auxiliaires 
de ces médications. On emploie particulièrement les infusions de 
persil [mddenous) ou d'absinthe [tamemmaït). 

Les bulbes d'orchis sont aussi prescrites contre Furétrite ; la 
superstition seule leur prête des propriétés curatives. 

Les accidents de la syphilis confirmée sont traités par le mer- 
cure ou ses composés. Pour l'usage interne, il se donne en pilules, 
qui se vendent sur tous les marchés; elles y sont connues sous le 
nom de « pilules de Paris » {habb el-Baris), Elles contiennent 
tantôt du bichlorure, tantôt du proto-iodure de mercure. 

Le mercure métallique est administré extérieurement sous 
forme de fumigations. On prépare de la manière suivante des 
trochisques dont la combustion doit produire le dégagement des 
vapeurs mercurielles. Avec cent grammes de poudre de henné et 
une quantité suffisante de salive obtenue par la mastication 
d'écorce de racine de noyer, on forme une pâte , à laquelle on 
ajoute les substances suivantes, qui ont été pulvérisées à part : 

%nc^ns(djaoul asehrar) j De chaque subsUnce, 5 grammes. 
Sel ammoniac {nechader), ) 

On éteint dans cette mixture, par trituration, trente grammes 
de mercure. La masse est ensuite divisée en vingt trochisques, 
qui pèsent de huit à dix grammes, et que Ton fait sécher à loffl- 
bre. Un de ces trochisques suffit pour une fumigation. L'opération 
se pratique de la manière suivante : le malade s'accroupit sur le 
sol ; il est enveloppé de son burnous, dont le capuchon est ra- 
battu sur sa tête, serré autour de son cou, pour éviter la péné- 



MALiVDlES ET MÉDECINE. 46î 

tiation des vapeurs mercurielles dans les voies aériennes. Sous 
le burnous, on introduit une tuile sur laquelle on a placé des 
charbons ardents; sur ces charbons, enfin, on projette un tro- 
chisque. 

La durée du traitement par les fumigations est fixée à quarante 
jours, pendant lesquels le malade doit suivre un régime spécial. 
Les légumes frais lui sont sévèrement interdits; on ne lui permet 
que la galette , les fruits secs , tels que raisins , figues , dattes , 
noix; parmi les viandes, que le mouton rôti, sans sel ; il ne doit 
prendre pour boisson que la décoction de Machâba (salsepareille), 
additionnée de safran et de cannelle ^ 

Les fumigations mercurielles produisent quelquefois très rapi- 
dement la salivation; d'autres accidents suivent, malheu- 
reusement trop souvent, leur emploi. Certains malades , mis en 
possession du médicament, en doublent ou en triplent la dose à 
chacune des séances, et deviennent les victimes d*une intoxication 
mercurielle aiguë. Les précautions nécessaires pour prévenir 
l'aspiration des vapeurs sont souvent négligées, et les patients 
sont atteints de phlegmasies pulmonaires graves, ou succombent 
à Tasphyxie. Nous avons pu constater des cas de ce genre. 

MALADIES DES VOIES RESPIRATOIRES. 

On a rarement l'occasion de traiter, dans les hôpitaux ouverts 
aux indigènes, des malades atteints d'affections des voies respira- 
toires. Du 5 novembre 1859 au 10 octobre 1861, M. le docteur 
Vincent^ n'a constaté, dans son service àThôpital de Dellys, sur 
423 civils, venus presque tous des montagnes de la Kabylie, que 
5 cas de bronchite, 6 de phtisie pulmonaire et 3 de pneumonie. 

Sur 116 malades admis, pendant un an ^ à la consulation du 
bureau arabe de Fort-National, pour des affections pulmonaires, 
H. le docteur Leclerc^ a rencontré \ cas de phtisie; le chiffre 

> Ce traitement a la plus grande analogie arec celui qui est connu, depuis M. Tri- 
bes, sous le nom de traUemenl arabique ou diète sèche, (Voir Journal des con- 
naissances médico-chirurgicales t décembre 1845. 

> Exposé clinique, etc. 

3 Voir Mission médicale en Kabylie, 



462 LA KABYLIE. 

des bronchites s'élève à 100. A Thôpilal de Fort-Nalional , sur 
93 malades indigènes reçus en 1865 et en 1866, on a constaté 
cinq cas de phtisie confirmée. Quoique ce champ d'observations 
soit assez restreint, il démontre suffisamment la fréquence de 
la phtisie en Kabylie. 

Nous pouvons ajouter que cette maladie, au dire des médecins 
et des chefs que nous avons pu interroger, serait la cause de la 
majorité des décès pendant Thiver. Ce fait s'explique par les 
perturbations météorologiques qui se produisent aux altitudes 
kabyles, par Tinsuffisance de vêtements chez les indig-ènes, 
circonstances sur lesquelles nous avons insisté plus haut et que 
nous nous contentons de rappeler ici. 

Les médecins kabyles emploient très souvent la saignée dans 
les maladies aiguës du poumon * ; ils connaissent comme traitement 
interne les boissons excitantes sudorifiques, telles que les in- 
fusions de menthe [zaler), de fleur de sureau, de sauge [soudk 
en-Nebbî), les décoctions de salsepareille [achàba iskerchi), ou de 
figues sèches {tazart). 

M. le docteur Vincent rapporte, d'après l'assertion du capitaine 
Devaux, que la fumée du benjoin projeté sur des charbons ar- 
dents, ou celle qui résulte delà combustion des cônes de cèdre, 
jouent un grand rôle, en Kabylie, dans le traitement des affec- 
tions chroniques du poumon. Nos médecins indigènes n'ont pu 
nous renseigner sur cette pratique. 

Les fumigations mercurielles sont quelquefois employées 
contre les bronchites chroniques ou les laryngites, lorsqu'il y a, 
chez le malade, des antécédents syphilitiques. Une femme du 
village d'imâinceren , qui se vante de quelques connaissances 
médicales, la nommée Alni Naît Amara, élève du médecin El- 
Hadj Mohammed , traite les vieux rhumes comme la vérole ; la 
phtisie n'est pour elle, comme pour beaucoup des médecins 
kabyles, qu'une syphilis viscérale. La manière dont on pratique 
les fumigations est légèrement modifiée dans ce cas : on bourre 

> Nous ayons tu entre les mains de l'un de ces médecins des lancettes de Char- 
rière. II pratiquait la saignée sur les Teines du pli du bras. Jamais, disait-il, tes 
opérations n'a?aient été suivies d'accidents; il connaissait à peu près les rapports 
de Tartère buroérale. 



MALADIES ET MEDECINE. 463 

une pipe avec du henné , on y fait brûler un Irochisque mer- 
curiel; le malade aspire la fumée. Nous avons vu un phtisique 
ainsi traité succomber à un ramollissement tuberculeux suraigu 
presque foudroyant. 

Les bronchites chroniques et la phtisie {achekhi) se traitent 
plus souvent par la sudation au moyen du bain de sable. Voici 
comment on administre ce bain : le malade est couché dans une 
fosse de cinquante centimètres de profondeur et exposé en plein 
soleil ; on l'y recouvre de sable chaud , en ne laissant libre que la 
tète. Lorsque le soleil n'est pas assez ardent pour échauffer au 
degré convenable la couche de sable qui enveloppe le patient, on 
creuse à côté de la fosse qui le renferme, à sa droite et à sa 
gauche , des fourneaux dans lesquels on entretient des feux de 
broussailles. On ne sort le malade de ce bain que lorsque la suda- 
tion s'est prolongée pendant plus d'une demi-heure, ou lorsqu'il 
demande grâce ; on le revêt alors d'épais burnous ou halks de 
laine superposés, de façon à Tentretenir encore pendant quelques 
heures dans un état de diaphorèse abondante. 

Ce procédé thérapeutique n'est autre, sauf quelques légères 
modifications, que ïarénation. Il était principalement recom- 
mandé , par les maîtres de l'école de Cos, et en particulier par 
Galien , contre les hydropisies. Il a été probablement transmis 
aux Algériens modernes par les écrits des Arabes du viii' et du 
ix"* siècle; la tradition qui en a ensuite consacré Fusage jusqu'à 
nos jours en a élargi les indications jusqu'à l'appliquer à la 
phtisie. 

Les médecins kabyles font boire à leurs phtisiques une tisane 
aromatique préparée avec la menthe (zater) et la rue {aow*mi). 

TYPHUS EXANTHÉMATIQCE. 

En 1863, H. Léonard, médecin en chef de la division d'Alger, 
et H. Harit, médecin principal à l'hôpital du Dey, eurent mission 
de se rendre au milieu de tribus limitrophes des cercles de Fort- 
National et de Sétif, les Benî Aldel et les Béni Arrach, pour 
reconnaître la nature d'une épidémie qui y sévissait avec in- 
tensité. 



464 LA RABYLtE. 

Cette épidémie que les Kabyles appelaient choléra, plutôt pour 
exprimer sa vigueur que pour caractéiiser ses symptAmes, 
frappa en six semaines plus de trois cents individus sur une 
population de deux mille habitants. 

D'après le rapport de MM. Léonard et Marit', la maladie qui 
faisait tant de victimes était un véritable typhus Dosocomial, ana- 
logue à celui qui sévit ordinairement dans les camps, les prisons 
et les villes assiégées. L'exposé lucide, fait par ces observateurs , 
des caractères principaux de l'épidémie kabyle, ne laisse aucun 
doute sur sa véritable nature. Selon eux, les épidémies typhiques 
ne se présenteraient pas, par exception, A des époques très éloi- 
gnées les unes des autres, mais se renouvelleraient fréquemment 
eo Kabylie. C'est du moins ce qui résulte des informations qu'ils 
ont prises auprès de personnes notables et intelligentes du pays. 

Les épidémies de typhus n'ont d'autres causes, en Kabylie, que 
la misère des populations, l'encombrement et la saleté des habi- 
tations, conditions dans lesquelles se dévoloppent toutes les 
maladies infectieuses-. 

EUPOISOWXEMENTS . 

Une plante qui croit spontanément dans presque toute l'Al- 
gérie, et qui est surtout commune en Kabylie , où on la désigne 
sous le nom d'addad, cause très fréquemment des empoison- 
nements, 
"n 1816, M. Tabouret, médecin de l'hdpilal deBenAknoun, 
itate le décès de deux enfants par l'action toxique de cette 
ite. En 185!^, M. Commaille, pharmacien militaire, assiste à 
lort de trois autres enfants de Douera, qui avaient mangé la 
ne d'une carduacée d'espèce indéterminée. En 1863, M. Ga- 
ie, médecin en chef de l'hàpital de Fort-National, donne ses 

^oir Mémoires de médecine et de chirurgie militaires, 3* série, l. X. 

le typhus des Kabyle» est esienlidleiueat contagieux, l'ageat de contagion te ré- 
dans l'air qui fDtoure les malades. 
fièvre typhoïde lue parait eicesRlTement rare cbei les Indigmes en général et 

la bien des annés que j'ai l'atlenlioa éfeilt^ sur ce fait, je n'ai pu obscrTer no 

ca3 de Ijpboïde chei uo Kabjle ou uu Arabe [L. T.) 



MALADIES ET MÉDECINE. 465 

soins à quatre enfants du village de Taourirt Mek'k'eren empoi- 
sonnés par YaddadK 

Ces accidents éveillèrent Tattention des naturalistes, et les en- 
gagèrent à étudier Vaddad et à déterminer son classement dans 
nos nomenclatures botaniques. M. Horin, pharmacien militaire^ 
croit devoir rattacher la plante incriminée au genre Carlina des 
carduacées et à Tespèce Carlina acanthifolia'^, M. Commaille, 
en rappelant, dans une Note insérée dans les Mémoires de mé- 
decine et de chirurgie militaires^, les faits dont il fut témoin à 
Douera en 1854-, discute les raisons qui lui font considérer ïad- 
dad comme une espèce du genre Atractylis, M. Morin , dans une 
seconde étude complémentaire^, se range à Fopinion de son con- 
tradicteur, décrit minutieusement les caractères de la plante et, 
de la discussion, conclut la synonymie suivante : addad, Carlina 
gummifera Lesson, Atractylis gummifera Linné, Cnicus gum- 
mi fer Tournefort. 

Le principe vénéneux de V Atractylis gummifera parait résider 
exclusivement dans la racine. En admettant que les pétioles ou 
les nervures des jeunes feuilles, que les réceptacles charnus des 
fleurs, qui sont utilisés par les Kabyles comme aliment, con- 
tinssent une faible proportion de ce principe, la coction le 
neutraliserait complètement. Le col de la racine laisse écouler 
spontanément ou par incision, un suc visqueux, qui s*épaissit par 
une évaporation lente ; ce suc concrète est jaune-blanchàtre , et 
s'étire comme le gluten. 11 est employé par les femmes kabyles 
pour compléter Tépilation qu*elles pratiquent avec la p&te 
arsenicale ; en l'appliquant sur la peau et en l'arrachant ensuite 
brusquement, elles déterminent Tavulsion des poils incom- 
plètement détruits par le caustique. Le suc de Vaddad est encore 
utilisé par les enfants pour la fabrication de la glu [lazouk). 

Les symptômes de l'empoisonnement par Vaddad sont : au 
début, des vomissements et de la diarrhée; après un temps 
variable de douze à vingt-quatre heures, la cyanose de la face , 

1 Voir Gazette des hôpitaux, 1864, p. 324. 

s Journal de chimie médicale^ octobre 1864. 

8 3« 8érie, t. XIV. 

*• Mémoires de médecine et de chirurgie militaires , 3* série, t. XVI. 

I. 80 



406 lA KABYLIE. 

la fixité du regard, la dilatation des pupilles, la dépression des 
forces, la faiblesse de la respiration, la petitesse du pouls, le 
refroidissement de la peau, enfin un coma profond, que la mot*t 
vient terminer. A Tautopsie, on trouve quelques traces d'une 
irritation intestinale de médiocre intensité, une injection veineuse 
considérable des méninges et du cerveau; dans le gros tronc 
veineux et le cœur droit, un sang noir et Ûuent. 

Vaddad parait donc, par les symptômes et les altérations qull 
détermine , agir sur l'économie , tout à la fois à la façon des 
poisons narcotico-âcres et des sepliques. Il se rapproche des 
premiers par son action irritante sur le tube digestif et stupéfiante 
sur le système nerveux, des seconds par Talté ration du sang. 

Les Kabyles cultivent un certain nombre de légumineuses dont 
les graines, soumises à la mouture, sont mêlées en proportion 
variable avec la farine des céréales pour entrer dans la fabrica- 
tion du pain ou du couscous. Parmi ces légumineuses se trouve 
celle que nous appelons gesse chiche onjarosse [Lathyrus sativus, 
en kabyle ajilban), 11 arrive fréquemment que la farine de gesse 
occasionne des accidents, ce sont : des convulsions dans les 
muscles des membres et des flexions toniques des articulations; 
enfin, au bout d'un certain temps, des paralysies partielles^ 

On a pu, à diverses reprises, constater, en France, des cas 
d'intoxication par la gesse chiche. Dans tous ces cas , les phéno^ 
mènes convulsifs attribués par les Kabyles à l'action de la même 
plante ont été notés. Il nous suffira de rappeler les faits cités par 
MM. Briand et Chaude, dans leur Manuel de médecine légale. 
« Cette maladie, disent-ils, observée déjà à Bourgueil (Maine-et- 
Loire), a été signalée à l'Académie en 1829, par M. Desparanches, 
médecin des hospices de Blois, qui a eu l'occasion de l'observer 
dans huit villages de l'arrondissement de Vendôme. Le sieur 

E ayant nourri ses domestiques avec du pain qui contenait 

de la farine de jarosse, cinq devinrent infirmes. En 1847, M. Vil- 
morin a appelé de nouveau lattention sur cette singulière af- 
fection^. » 

1 Boorlier, Lathyrisme et Alger médical 1880. 

* Briand et Chaude, Manuel complet de médecine légale^ 1852, p. 500. 



]MALADIES ET iMÉDECINE. 4G7 

En comparant les symptômes de Tempoisonnement par la 
jarosse avec ceux que produit le seigle ergoté, on peut constater 
leur analogie. La première période de Fergotîsme est, en efifet, 
caractérisée par des convulsions et des contractures, phénomènes 
nerveux qui sont suivis de la gangrène des membres dans un 
certain nombre de cas , mais qui , dans d'autres, constituent à 
eux seuls toute la maladie et ont pour dénoûment la mort. Cette 
terminaison serait la plus ordinaire après Tempoisonnement par 
Vajilban. Quant à la gangrène spontanée des extrémités, que 
Ton observe fréquemment dans la Kabylie, on devrait l'attribuer 
suivant les indigènes, à une autre cause. * 

Nous reviendrons plus loin sur cette question intéressante. 

Le sulfure jaune d'arsenic entre, avons-nous dit, dans la com- 
position du cosmétique épilatoire des femmes kabyles; à ce titre, 
il se trouve dans toutes les maisons. Dans les mains maladroites 
de gens ignorants, il cause de nombreux accidents; dans les 
mains de gens haineux, il est souvent l'instrument du crime. On 
ne se donne quelquefois pas la peine de changer par une mani- 
pulation préalable l'aspect du radj. Dans un cas , l'estoinac de la 
victime en renfermait des fragments assez volumineux pour que 
leur nature pût être reconnue à uçi premier coup d'œil. Le 
coupable, ayant mékngé le poison à un aliment granulé, qui est 
avalé sans mastication , n'avait pas jugé utile de le pulvériser 
finement pour en mieux déguiser la présence. 

GANGRÈNKS SPONTANÉES. 

On trouve , dans le recueil des Mémoires de médecine et de 
chirurgie militaires , deux observations de gangrènes spontanées 
des extrémités. La première en date a pour auteur M. Dufour, 
médecin aide-major à l'hôpital militaire de Bougie. En voici le 
résumé* : 

Un marabout kabyle des Béni Aldel est apporté à l'hôpital le 
25 octobre 1858; il a perdu par la gangrène plusieurs orteils du 
pied droit, les orteils et le métatarse du pied gauche en totalité. 

1 Voir Mémoires de médecine et de chirurgie militaire^, 3* série, t. III. 



468 LA. KABYLIE. 

Ce malheureux, outre ces lésions, a les deux mains dans la 
demi-flexion, par suite de la rétraction des fléchisseurs; ses 
muscles antibrachiaux sont atrophiés. 

Nous trouvant à Bougie à cette époque , nous avons pu exami- 
ner le malade et assister à plusieurs applications d'électricité par 
induction , qui lui ont été faites dans le but de remédier à la 
paralysie et à Tatrophie de ses avant-bras. 

M. Dufour n'entre pas, au sujet de ce malade, dans le détait 
des causes qui ont pu amener les troubles de la motiUté et de la 
nutrition. 

M. Luc, Médecin aide-major, rapporte* qu'en 1861, il reçut, 
à la consultation du bureau arabe de Tenez, un indigène qui avait 
perdu les deux jambes par la gangrène ; ces membres s'étaient 
détachés spontanément à environ cinq travers de doigt au-dessous 
de Tarticulation du genou. M. Luc discute les causes possibles 
de la gangrène chez le sujet de son observation : celles sur les- 
quelles il insiste particuUèrement sont l'anémie et l'épuisement 
par défaut d'alimentation pendant une année de disette , et une 
syphilis antérieure ; mais il avoue que ces circonstances étiologi- 
ques ne le satisfont pas entièrement, et il déclare négliger à des- 
sein d'autres causes de gangrène spontanée chez Tadulte, comme 
ne pouvant s'appliquer à son malade. 

Dans l'espace de deux ans, nous avons vu à Fort-Napoléon plu- 
sieurs indigènes atteints de gangrène spontanée des extrémités ; 
nous résumerons brièvement nos observations. 

1*^ Mohammed Sald, de la tribu des Alt Henguellat, entre à 
l'hôpital au mois d'avril 1865. Il n'a jamais été malade avant 
d'être atteint de la lésion pour laquelle il réclame des soins. Les 
deux pieds sont devenus douloureux, puis noirs et desséchés en* 
plusieurs jours. Après un mois d'invasion du mal , ils se sont dé- 
tachés, ou, plus exactement, ils ont été séparés de la jambe avec 
un couteau par le malade lui-même. Les téguments et les chairs 
du tiers inférieur de chaque jambe on été ensuite éliminés par la 
suppuration. Les jambes représentent deux moignons bourgeon- 

1 Mémoires de médecine et de chirurgie militaires, 3« série, t. VIII. 



MALADIES ET MÉDECINE. 469 

nants et irrég^uliers, au sommet desquels les os nécrosés sont un 
peu mobiles, saillants de dix ou douze centimètres et dénudés 
jusqu'à leurs extrémités articulaires tarsiennes. Cet homme , qui 
ne semble vivre que par T&me et Tintelligence, tant sont extrêmes 
son épuisement et sa misère , nous fait encore voir, en implorant 
notre pitié et nos secours, des mains horriblement déformées. Voici 
la raison des lésions que présentaient les extrémités supérieures : 
objet de dégoût et d'horreur pour ses voisins et sesparents, Moham- 
med Sald était resté abandonné dans sa maison. Obligé de pour- 
voir seul aux soins de sa malheureuse existence, il employait le 
moyen de locomotion suivant : assis à terre, comme un cul-de- 
jatte, il s'aidait de ses deux poings fermés pour se traîner d'un 
endroit à un autre. Peu à peu, ses doigts s'étaient déviés sous le 
poids de son corps; les articulations phalangiennes et carpiennes 
s'étaient enflammées chroniquement, des tumeurs blanches s'é- 
taient enfin développées sur plusieurs d'entre elles. Ces accidents 
n'étaient autre chose qu'un réveil de la diathèse scrofuleuse qui 
avait passé sur le jeune âge du sujet, et dont les traces se trou* 
valent facilement sous forme de cicatrices à la région cervicale. 

Deux amputations des jambes furent pratiquées successivement, 
à un mois d'intervalle , au lieu d'élection ; les moignons se cicatri- 
sèrent assez rapidement et sans accidents. Mohammed SaTd, retenu 
longtemps à Thôpital par l'état de ses mains, en sortit enfin, au 
bout d'un an , dans un état assez satisfaisant , obtenu par un trai- 
tement dont l'iodure de potassium, l'huile de foie de morue, les 
ferrugineux et le quinquina avaient été les composants. Ses forces 
étaient revenues, et il marchait parfaitement sur deux pilons, en 
s'aidant de béquilles. 

L'examen des jambes amputées démontra l'existence dans les 
artères, au-dessus du cercle éliminatoire, de caillots obturateurs, 
qui remontaient, dans chaque vaiseau, à peu près jusqu'à la par- 
tie moyenne des membres. Les amputations avaient donc été pra- 
tiquées au-dessus des obstacles au cours du sang. Les parois arté- 
rielles ne présentaient pas de traces d'altérations organiques. 

2'' Mohammed ou Ali , du village des Alt Ali , des Alt Iraten , âgé 
de vingt-deux ans environ, est apporté, le 6 mars 1866, à rh6pital 



J70 LA KABYLIE. 

de Fort-National, dans Tctat suivant : la jambe droite s'est dé- 
tachée spontanément au tiers moyen ; le pied et le tiers inCèriear 
de la jambe gauche sont entièrement momifiés, noirs et desséchés; 
le cercle d'inflammation éliminatoire a nlcéré les parties molles 
jusqu'aux os; le tibia est complètement divisé, de telle sorte que 
la portion gangrenée n'est retenue au reste du membre que par 
le péroné , dénudé dans une étendue de deux travers de doigts. 
Mohammed ou Ali fut amputé de ta jambe gauche , au lieu d^élec- 
tion; son moignon droit, assez régulier, fut conservé intact et 
soumis à des pansements méthodiques. Fait assez remarquable, 
ce moignon mit un temps très long, dix mois, i se cicatriser, tandis 
que le moignon d'amputation fut complètement guéri, quarante 
jours après l'opération. Cbez ce sujet, comme chez le premier, 
nous trouvons les artères de la jambe amputée oblitérés par des 
caillots, dans une certaine étendue au-dessus du point de sépara- 
tion des parties sphacélécs et des parties saines. 

Trois autres cas de gangrène spontanée se présentèrent , dans 
le cours de l'année 1866, à la consultation du bureau arabe. 

3* Un homme de quarante ans vient de perdre toute la portion 
phalangienne et métatarsienne du pied gauche, les cunéiformes 
et le scapholde. La tête de l'astragale fait saillie au milieu d'une 
escarre cornée, formée par les téguments et les parties muscu- 
laires du dos et de la plante du pied. L'invasion de la maladie 
remonte & deux ans. Sujet affaibli , épuisé , sans maladies anté- 
[îenres. 

V Un homme de trente ans a le gros orteil du pied droit dur, 
aoir^ momifié, l'ongle s'est détaché, la phalangette fait saillie au 
milieu des chairs. Un orteil du pied gauche s'est séparé spontané- 
ment; ce moignon est cicatrisé. 

5° Un homme de quarante ans environ vient de perdre par la 
gangrène le gros et le petit orteil du pied droit; les plaies sont en 
voie de cicatrisation; la tête du métatarsien du gros orteil n'est 
pas encore complètement recouverte par le bourgeonnement; elle 
paraît saine. 

Ces trois malades refusèrent d'entrer à Vhdpital; nous ne les 
revîmes plus. 



MALADIES ET MEDECINE. 471 

En présence de ces faits, qui témoignent de la fréquence de la 
gangrène spontanée en Kabylie, il est impossible de ne pas croire 
à Texistence d'une cause unique, ou, au moins, de circonstances 
similaires capables de développer cette grave affection chez les 
différents individus qui en sont atteints. 

Nous avons eu tout d'abord Tidée de diriger nos recherches vers la 
qualité des substances alimentaires, voyant dans les faits que nous 
venons de résumer une analogie frappante avec ïergotisme. Ce- 
pendant, le seigle, qui, de toutes les céréales, produit plus spécia- 
lement Tergot, n'est pas cultivé en Kabylie. Le blé, Torge, le maïs, 
qui servent à l'alimentation des Kabyles, ne présentent que par 
exception, on le sait , le champignon vénéneux dont nous parlons ; 
ik sont plus souvent le siège d'une autre production parasitaire , 
la rouille, à laquelle il est difficile d'attribuer une action toxique. 
La rouille, en effet, est une poussière très ténue , qui est élimi- 
née des grains par l'opération du battage et ne peut entrer, par 
conséquent, qu'en proportion très faible dans la composition 
des farines. Hais n'y a-t-il pas en Kabylie des substances alimen- 
taires capables de développer une maladie semblable à l'ergo- 
tisme? * 

Nous avons déjà parlé des accidents convulsifs dus à l'usage de 
la farine de jarosse. En comparant ces accidents à ceux de la pre- 
mière période de l'ergotisme, on ne peut se refuser à constater 
leur identité. 

Nos Kabyles atteints de gangrène nous ont déclaré avoir mangé 
plus ou moins immodérément de Vajilban, Aucun d'eux ne se 
souvenait d'avoir éprouvé des convulsions ; un seul , Mohammed 
Sald, avait des souvenirs vagues de troubles nerveux de cette na- 
ture. Chez le marabout de M. Dufour, les contractures et la gan- 
grène avaient marché de pair. La question de l'action physiolo- 
gique de Vajilban méritait d'être résolue expérimentalement : un 
chien, nourri pendant deux mois avec cet aliment , n'éprouva au- 

1 Le sorgho est très souvent atteint par des Ustilago {V. Sorghi) qui ont à peu 
près les mêmes propriétés que l'ergot de seigle. D'après les analyses de VVstilago 
tnaydis employé aux États-Unis aux mêmes usages que le seigle ergoté — il se 
peut donc très bien que les gangrènes des extrémités observées relèvent de l'er- 
gotisme. (L. T.) 



472 LA KABYLIE. 

can trouble de la locomotion ni de la circulation. Quoi qu*il en 
soit, les convulsions toniques produites par lajarosse chez Thomme 
sont trop bien constatées par la tradition kabyle et par des exem- 
ples authentiques en France, pourqu*on puisse les mettre en doute, 
malgré Tinsuccès de notre expérimentation sur un chien; elles 
doivent, croyons-nous, entrer en ligne de compte dansTétiologie 
des gangrènes que nous avons observées. 

L'action de la jarosse sur le système nerveux de la vie de rela- 
tion ne peut-elle se propager, par Fintermédiaire du grand sym- 
pathique, anx nerfs vaso-moteurs, et déterminer par leur excita- 
tion convulsivela parai j^e tonique, la contracture prolongée des 
artères des extrémités des membres? Cette contracture, à son tour, 
ne peut-elle favoriser la formation de caillots, par ralentissement 
de la circulation dans un sang altéré? Nous reviendrons plus loin 
sur Fétat du sang de nos malades. Chez nos deux amputés nous 
avons trouvé, avons-nous dit, des caillots oblitérants dans les ar- 
tères, dont les parois n'offraient pas de vestiges d'un travail patho- 
logique quelconque. 

Hàtons-nous de le dire, la cause que nous invoquons ici, et que 
nous ne présentons qu'avec réserve, n'explique pas suffisamment 
les faits. Si l'on s'en rapporte aux expériences d'Hébréard et de 
Wolf, les ttx)ubles de l'innervation ne peuvent, à eux seuls , pro- 
duire la gangrène. 

Avons-nous eu affaire à de véritables gangrènes emboliques , 
c'est-à-dire se produisant par le fait de caillots migrateurs formés 
plus ou moins loin de Tarbre circulatoire où on les trouve? Les 
caillots constatés dans les artères des jambes de Mohammed Sald 
et de Mohammed ou Ali étaient parfaitement symétriques, s'arrê- 
taient dans chaque vaisseau à la même hauteur, et semblaient , 
par conséquent, avoir été formés sur place. On ne comprendrait 
la gangrène symétrique des extrémités inférieures par embolie que 
dans le cas où le caillot obturateur se trouverait situé au-dessus 
de la bifurcation de l'aorte ou, en d'autres termes, au-dessus 
de l'origine des iliaques primitives. Ce fait peut se produire, 
il est vrai, mais par exception, eu égard au calibre de l'aorte ; dans 
ce cas, toute l'étendue des membres inférieurs serait envahie par 



MALADIES ET MEDECINE. 473 

la gangrène. Dans l'observation de M. Pierre*, les caillots avaient 
^té chassés dans Tartère iliaque primitive droite ; le membre 
droit seul avait été atteint de gangrène. 

L'embolie ne pourrait donc être soupçonnée que pour les deux 
cas de gangrène asymétrique que nous avons rencontrés à la 
consultation du bureau arabe (obs. 3 et 5). Nous considérons donc 
•comme autochthones ^ c'est-à-dire formés sur place, les caillots 
de nos amputés; et ce qui vient encore à Tappui de cette opinion , 
c'est que, chez tous les sujets observés, il n'existait pas de signes 
stéthoscopiques de maladies organiques du cœur, maladies qui 
donnent le plus souvent naissance aux embolies. 

Chez tous les malades une circonstance frappante était Téma- 
«iation prononcée, la décoloration des muqueuses, la teinte brune 
bistrée du tégument, signes certains d'une cachexie profonde, et 
auxquels se joignaient des bruits vasculaires cervicaux. Cet ensem- 
ble symptomatique ne pouvait laisser de doutes sur l'existence 
<ie la chloro-anémie à une période avancée. Tous les sujets étaient, 
<du reste, de malheureux journaliers, voués à une existence pré- 
•caire, et qui n'avaient pas leur alimentation assurée tous les jours, 
même lorsqu'ils se livraient à des travaux pénibles. 

Depuis les belles recherches hématologiques d'Ândral et de 
^avarret, nous savons que le sang des anémiés a une tendance 
manifeste à la coagulation rapide ; qu'il peut se prendre , en de- 
hors des vaisseaux, en un caillot à bords retroussés, à surface 
couenneuse; que ces propriétés peuvent trouver leur explication 
•dans l'augmentation relative de la fibrine, le chiffre des globules 
•descendant au-dessous de la moyenne normale. Nous savons aussi, 
et, pour ce fait nous nous en rapportons au témoignage de H. Mon- 
neret, que la fibrine peut se coaguler dans les vaisseaux, pendant 
la vie, chez les chloro-anémiques*. M. Honneret ne parle, il est 
vrai, que des granulations globulaires et verruqueuses adhérentes 
aux valvules cardiaques, circonstance qui pourrait remettre en 
•question la nature embolique des gangrènes de nos Kabyles; 



1 Voir Bulletin de la Société anatomique, JanTier 1858. 
^ Voir Pathologie médicale, t. I, p. 580. 



^ 



474 LA KABYLIE. 

mais nous avons dit plus haut les motifs qui nous font rejeter cette 
explication. Nous ne pouvons nous défendre de croire que le sang 
anémique peut produire, sous Tinfluence de causes accessoires, des 
coagulations autochthones dans des parties du système vasculaire 
plus ou moins éloignées du cœur. Ces causes accessoires ne seraient- 
elles pas la contracture des parois artérielles sous Tinfluence de 
Texcitation des vaso-moteurs, contracture faisant obstacle au 
cours du sang? Les gangrènes qui se montrent si fréquemment 
dans les épidémies de disette, gangrènes partielles, quelquefois 
symétriques, ne sont-elles pas liées à Fanémie que détermine 
Falimentation insuffisante? 

La gangrène spontanée des Kabyles peut-elle se rattacher à la 
glycosurie? En réponse à cette question, nous rappellerons que 
M. Marchai de Calvi considère les gangrènes glycosuriques comme 
le produit d'un travail inflammatoire développé, sur des points 
quelconques du corps, sous Tinfluence d'une cause générale , la 
glycohémie, et à l'occasion d'accidents locaux fortuits. Ce travail 
inflammatoire se traduit par des furoncles, des anthrax, des 
phlegmons diffus^ des escarres, etc. Avec M. Demarquay, M. Mar- 
chai sépare , au double point de vue de la pathogénie et du dia- 
gnostic, les gangrènes diabétiques de celles qui sont dues à des 
oblitérations artérielles ^ Rappelons que, chez nos deux am- 
putés, des oblitérations vasculaires ont été constatées. Chez l'un 
d'eux, enfin, l'épreuve de l'urine par la liqueur de Barres\%Tl 
nous a donné un résultat négatif. 

Chez un seul de nos Kabyles, il y avait eu une maladie fébrile 
antérieure à l'invasion de la gangrène : rien de semblable chez 
les autres. I^s gangrènes consécutives aux fièvres graves sont rare- 
ment symétriques; elles sont le plus souvent partielles, et ne se 
déclarent guère que sur des points du corps qui subissent des 
compressions continues. 

De cette discussion nous croyons pouvoir conclure que les 
gangrènes chez les Kabyles, gangrènes sèches, évidemment dues 
à des obstacles au cours du sang dans les artères, se produisent 

p 1 Voir : Marchai de Calri, Recherches sur les accidents diabétiques, p. 426; 
Paris, 1864. 



MALADIES ET MÉDECINE. 47;> 

très probablement par le fait : 1** de la sarfibrination relative du 
sang, ^''dela contraction tonique artérielle, sous Tinfluence d*une 
alimentation toxique , qui parait agir primitivement sur le système 
nerveux à la manière de Tergot du seigle. Ces gangrènes seraient 
justement appelées gangrènes des affamés. 

La pathologie des Kabyles peut se résumer en un mot : misère. 
Ce mot a été développé surabondamment et à chaque page de 
notre travail. Examinons maintenant comment la charité admi- 
nistrative de la France s'eflForce de rendre à la population kabyle 
la charge de ses maux moins lourde et moins douloureuse. 

Depuis le premier jour de notre occupation en Kabylie, l'en- 
trée de nos hôpitaux a été largement ouverte aux indigènes : les 
plus malheureux y sont traités gratuitement; ceux qui possèdent 
quelque aisance et les riches sont admis moyennant une redevance 
qui est loin de couvrir les dépenses que Ton y fait pour eux. Les 
uns et les autres sont soignés avec autant de dévouement que nos 
soldats et nos colons. 

Dans toutes les communes, un médecin de colonisation donne 
tous les jours des consultations, distribue gratuitement des objets 
de pansement et des médicaments; il est quelquefois littérale- 
ment assiégé parla foule des malades, des écloppés ou des infir- 
mes. Ce médecin se transporte dans les villages où régnent des 
épidémies, propage la vaccine, accompagne enfin les officiel de 
police judiciaire pour les opérations de médecine légale. Par- 
tout il reçoit , par les sollicitations pressantes de trop nombreux 
clients, des témoignages de la confiance qu*il inspire. 

Notre bienfaisante action médicale parait donc, au premier 
abord, convenablement assurée au milieu des populations kabyles, 
nous pourrions dire dans toute l'Algérie. 

Hais les Kabyles qui entrent dans nos hôpitaux sont en très petit 
nombre , comparativement à la masse de ceux dont les maladies 
exigeraient un traitement de longue durée, des soins complexes 
ou assidus de chaque jour. En mettant à part certaines difficultés 
administratives, qui se présentent quelquefois, il est triste de 
constater que, sur dix admissions à l'hôpital offertes aux malades, 



476 LA KABYLIE. 

deux à peine , et nous sommes large dans notre appréciation , sont 
acceptées. Sur dix indigènes entrants , huit demandent leur exeat 
après quelques jours y quelquefois même avant le commencement 
de leur traitement. 

Cette situation peut s*expliquer en deux mots : 

Les indigènes sont trop bien couchés, trop bien vêtus, trop 
bien chauffés, trop bien traités, en résumé, dans nos hôpitaux : 
le bien-être matériel qu'ils y trouvent est pour eux une véritable 
souffrance par le changement de leurs habitudes. Ils ne compren- 
nent pas le langage des infirmiers qui les soignent, ils n en sont 
pas compris. La nourriture, principalement, n'est pas, dans nos 
établissements, à leur goût et à la convenance de leurs préjugés. 
La religion du Coran défend Tusage de la chair des animaux abat- 
tus ou qui n'ont pas été saignés à la gorge ; elle défend encore la 
chair de certains animaux. Nos indigènes hospitalisés croient 
reconnaître , dans tous les mets que nous leur présentons , un ali- 
ment prohibé ; notre pain seul leur plait. 

Le seul moyen de faire profiter les Kabyles ou, en général, les 
musulmans , des bienfaits de la charité française , serait de créer 
pour eux des hôpitaux spéciaux , où ils seraient soignés par des 
gens parlant leur langue , où ils porteraient des vêtements d'une 
forme habituelle , où ils seraient couchés , comme dans leurs habi- 
tations, un peu durement. Leur nourriture y serait préparée par 
les mains d'employés indigènes ; le couscous , le laitage , la viande 
égorgée selon le rite, en constitueraient la base. 

Installés selon ces principes, les établissements d'assistance 
publique , en Kabylie et dans toute T Algérie , seraient réellement 
profitables aux indigènes. 



AGRICULTURE. 477 



AGRICULTURE. 



L'agriculture est en grand honneur chez les Kabyles. Le travail 
de la terre est celui qu'ils préfèrent ; et si quelques tribus émigren t 
ou se livrent au commerce , c'est uniquement parce que le sol in- 
grat de leur pays est insuffisant pour les occuper et les nourrir. 

Tout ce qui sert à la culture des champs ou peut la favoriser 
est l'objet du respect public. La coutume, les mœurs, les préjugés 
même la protègent et l'encouragent. 

Le vol d'une charrue est considéré comme un sacrilège et dés- 
honore à tout jamais le coupable , qui , d'après la croyance popu- 
laire, doit mourir de faim. Aussi, la charrue ne rentre-t-elle à la 
maison qu'à la fin des labours; elle est toujours laissée sur le sil- 
lon commencé ; le laboureur n'emporte avec lui , le soir, que le 
soc et les courroies du joug. 

La fabrication des charrues est une œuvre pie. Le plus grand 
nombre des ouvriers qui les confectionnent n'acceptent aucun sa- 
laire; les gens riches seuls les nourrissent pendant la durée du 
travail. 

Beaucoup de ces ouvriers parcourent les campagnes au moment 
des labours, s'enquérant, auprès dés cultivateurs qu'ils rencon- 
trent , si leurs instruments aratoires n'ont pas besoin d'être répa- 
rés. Le soir, ils rentrent chez eux , se considérant comme assez 
payés par l'estime et la considération de leurs concitoyens, qui, 
du reste, ne leur font jamais défaut. 

Quelques tribus cependant , qui ont des bois à leur disposition ^ 
telles que les Alt bou Addou , Alt Idjer, Alt R'oubri , se livrent à 
la fabrication des charrues , et les vendent sur les marchés. 

Le jour où commencent les labours est un jour de fête publi- 



47S LA KABYLIE. 

que. Le village bit les frais d'une timecheret^, et chaque maison 
fournit, selon sesmoyeos, du couscous ou du pain en quantité 
suffisante pour que tous les pauvres du village soient abondam- 
ment nourris toute la journée. 

Chaque propriétaire donne en outre à ses colons partiaires du 
pain et des beignets pour toute leur famille. Tlrois jours après , il 
ajoute à cette libéralité un plat de couscous à gros grains, appelé 
berkotikés. 

Des pratiques superstitieuses analogues à celles qu*on rencontre 
chez tous les peuples, même les plus civilisés, signalent cette so- 
lennité agricole. Un des caractères distinctifs de ces pratiques 
chez les Kabyles, c'est qu'à la plupart d'entre elles préside une 
idée de bienfaisance. 

Dès le matin , on enterre quatre œufs durs, quatre grenades et 
quatre noix par paire de bœufs. On les laisse en terre toute la 
journée ; le soir, ces friandises deviennent la proie des enfants du 
village. 

Avant de quitter la maison , chaque laboureur place sur la tête, 
sur les cornes et le cou de ses bœufs, du pain , des beignets , des 
gâteaux, que les pauvres et les enfants se disputent; puis il frotte 
d'huile les cornes et le cou de bœufs, pour préserver de toute ma- 
ladie, pendant l'année, sa personne et ses animaux de labour. 

Arrivé sur le lieu du travail , il commence par répandre sur la 
terre une poignée de semences mélangées, froment, orge, fèves, 
pois, etc.; puis il fait une nouvelle distribution de comestibles 
aux assistants; enfin on récite en commun le fatha, et le travail 
commence. 

Les labours se font à peu près exclusivement avec des bœufs. 
On rencontre quelquefois dans la vallée du Sébaou des chevaux 
attelés à la charrue ; mais ce sont des exceptions qui deviennent 
de plus en plus rares , à mesure que , par suite de la paix , le 
nombre des chevaux diminue , les goums n'étant plus astreints 
à un service actif de guerre. 

La charue kabyle [el-maoûrrC) est un araire des plus simples et 

^ Voir, à la 2« partie, le chapitre de la TimechereL 



AGRICULTURE. 479 

des plus primitifs. Elle se compose de deux pièces de bois assem- 
blées : le corps de la charrue, appelé ihisileis, et la flèche, athe- 
moum. 

Le corps a la forme d'un compas ouvert suivant un angle un 
peu plus grand que Tangle droit. La branche qui repose sur le 
sol et reçoit le soc en fer [thaguersa) est un peu plus longue que 
Tautre. On la nomme «c la langue » [ilés) de la charrue. A son 
extrémité sont fixées^ de chaque côté, des oreilles en bois {ise-m- 
mousa) , qui prolongent le soc et font l'office de coin. L'autre 
branche, qui se relève dans un plan vertical , est amincie à son 
extrémité de manière à ce qu'on puisse la saisir facilement avec 
la main. C'est le manche de la charrue {a fous en-tisilets) , au 
moyen duquel le laboureur dirige le travail. 

La flèche est fixée au corps par une cheville [thazdhout) , daus 
l'angle formé par les deux branches. Par l'extrémité , elle repose 
sur le joug, faisant avec la langue de la charrue un angle aigu, 
dont l'ouverture varie suivant la taille des bœufs. Une planchette 
[thizeft) glissant dans des mortaises pratiquées dans la flèche et 
la langue , et arrêtée par un coin de bois [oudefir), maintient l'é- 
•cartement au degré voulu. 

La flèche est attachée au joug au moyen d'une courroie {tha- 
zithma), qui s'enroule autour de trois chevilles, placées, deux 
sur le joug, et la troisième sur la flèche. 

Le joug {azaglou) est une pièce de bois de deux mètres vingt 
•cantimètres environ de longueur; il est posé sur le cou des bœufs, 
un peu en avant du garrot. A chacune de ses extrémités se trouve 
un véritable collier, formé de deux longues chevilles de bois [thi- 
Jchellal) , entre lesquelles on fait entrer le cou du bœuf. Les extré- 
mités inférieures de ces chevilles sont reliées par une corde en 
jonc ou en halfa. Entre le joug et le cou des bœufs on place, 
pour éviter les blessures, des coussinets [thifekalin) faits avec du 
diss ou avec une plante appelée thabouda [Typha)^ vulgairement 
« massette ». 

Lorsque , au lieu de bœufs , on se sert de chevaux ou de mu- 
lets , le joug est attaché sous le ventre des animaux. 

La grande longueur du joug facilite les évolutions de la char- 






480 LA KABYLIE. 

rue dans les tournants, et permet aux bœufs de se mouvoir plus 
librement dans les terrains en pente rapide; mais elle a Tincon- 
vénient de décomposer la force de traction , le joug ne restant 
jamais perpendiculaire à la flèche. 

On n'attelle jamais que deux bœuEs aune charrue, et un seul 
homme suffit pour la conduire. D'une main il tient le manche de 
la charrue; de Tautre il excite et dirige les bœufs au moyen d'un 
long aiguillon [anzel). S'il veut verser la terre à droite, il tient 
le manche de la main gauche , et réciproquement. 

Le système de charrue est le même pour toutes les espèces de 
terres ; on fait seulement varier les dimensions du bois suivant 
les terrains. 

La charrue kabyle , quelque imparfaite qu*elle soit , nous pa- 
ralt convenir aux montagnes , où le sol arable est léger et a peu 
d'épaisseur. Une charrue qui remuerait plus profondément la terre 
mettrait, à chaque pas , le rocher à nu. Dans les terrains argileux 
des vallées et des parties basses , elle est évidemme